Voici quelques liens pour réfléchir sur le simple, le compliqué, le complexe et le chaos. Si notre société nous a habitués à "simplifier" toute situation "complexe", il semble que la maîtrise du chaos demande des qualités qui ne sont pas encore reconnues, ni systématisées.
Voici des pistes de réflexion pour penser l'accès à l'information infini et notre entrée dans l'ère des "organisations sans organisation".
My Brain Hurts
"Young & Rubican´s presentation on how technology is leaving the user behind". (via HyperConception)
Simple compliqué, complexe, chaotique
Jean-Sébastien Bouchard donne une introduction aux 4 termes dans le but d'un futur document qui aborderait les types de leadership et leur pertinence face à des situations complexes. Complète très bien les diapos de Y&R juste avant.
Du simple au complexe. A propos d'un diaporama chez JS Bouchard
Réflexions de jadlat, un Ancien du DESS CVIR, sur le même thème que le lien précédent.
Cynefin
"name of a decision making framework which has been used in knowledge management as well as other applications including conflict resolution". Point de départ du document de JS Bouchard
Complexity, Collaboration and Unconferencing
"This is a presentation about learning to make the transition to a more more sustainable lifestyle, business, school community or whatever. In advance, apologies for the 'clutter' on a few of the slides"
The Collusion of Mediocrity
"The Collusion of Mediocrity goes some way towards explaining why, all too often, unconferences and big collaborative gatherings fail to realise their full potential."
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03 novembre 2008
0
28 novembre 2006
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Mythologies de la connaissance [3]
Le Petit Larousse définit, je crois, le mythe comme un système de communication, un message ou une construction de l'esprit qui ne repose pas sur un fond de réalité.Je me suis attardé dans mes deux derniers billets sur des publicités bien banales trouvées dans le New York Times. Être tombé coup sur coup sur elles, en quelques pages, malgré leurs inoffensives apparences me fit penser que l’accès à la connaissance participe à une mythologie qui ne date pas de l’arrivée d’Internet.
Boule à mythes
Après m’être interrogé sur le mythe de l'apprentissage à distance puis le mythe de l'apprentissage en tout temps, il ne me reste plus qu’à soulever, oh juste le coin, d'un dernier mythe tenace alors même que déferle en Occident un déluge d’information de toute sorte permettant, théoriquement, de mettre tout le monde (branché) à un clic de tout le savoir.
3- Le mythe de tout apprendre
Attardons-nous en premier au titre du livre que vante cette publicité : " Comment presque faire un million de dollars". Notez l’hilarité de l’adverbe. Alors, il a fait faillite ou il a réussi? Le sous-titre n'est pas plus rassurant, "Je l'ai presque fait. Vous pouvez presque, vous aussi, le faire". On se demande s’il le fait exprès. Décontextualisé ainsi, le titre ne fait pas grand effet, mais ce n’est pas le but ce mon propos. C’est le genre auquel il appartient qui m’intéresse ici.Cette mode de livre « how-to » (surtout quand on propose au quidam une façon de devenir riche) semble prendre le lecteur pour un imbécile qui s'ignore. Toi, dit-on, qui lis ma couverture, tu n’as pas encore compris? La recette est dans le livre, idiot !
Comme si le statut économique dépendait de la possession d'une information --ce qui ne veut pas dire que ce n’est jamais le cas, mais statistiquement ce n'est pas le cas pour tout le monde--.
Dans le cas présent, l'annonce ajoute que "la moitié du monde peut lire ce livre dans leur propre langue". Si tout ce beau monde pouvait le lire, ç'en serait fini de la pauvreté!
On oublie vite que dans un système capitaliste, quand tout le monde « s’enrichit », ça crée de l’inflation - - ce qui annule toute richesse!!
À moins que ce soit un appel à faire vite : devenez riche avant que l'autre moitié de l'humanité le devienne (notre système capitaliste récompense toujours ceux qui vont plus vite que les autres).
Learn everything
Mais voilà, ce livre, et tous les livres de ce genre (le « how-to » du savoir pratique) -- et dont certains sont certainement très utiles -- joue sur la possibilité de « comprendre » en « possédant ». Si de tels livres existent, c’est qu’il y a une très grande propension du public à croire que l’information pour apprendre quelque chose de pratique se fait par la simple acquisition de l’information.
En possédant ce livre -- ou plutôt, en achetant ce livre-- on se fait croire que le savoir va suivre.
On vous vend que vous allez "comprendre" les mécanismes de la bourse. Fera-t-il automatiquement de vous un bon investisseur? "Devenir riche", est-ce une connaissance que l'on peut enseigner? Il ne s'agit pas ici de savoir comment planter un clou. Il s'agit d'un état d'esprit.
Les bonnes compétences
La clef de l'apprentissage est la maîtrise efficace d'aptitudes d'apprenant. Ce qui n'est pas inclus dans le livre. La patience que demande la pratique qui fortifie les compétences ne relève pas de la magie, mais bien de l'endurance, du temps et d'une bonne connaissance du type d'apprenant que nous sommes (par exemple, visuel, auditif, déductif, linéaire, etc) et du type d'environnement formateur (solitaire, en groupe, en classe, en labo, etc.).
Alors, "Ne pas pouvoir tout apprendre" peut se comprendre de deux façons :
- il y a des savoirs qui dépassent vos compétences
- l'acquisition d'un savoir étant longue, vous êtes limité dans le nombre de savoirs que vous pouvez acquérir
Le web semble offrir le phantasme ultime dans ce domaine. Tout est virtuellement accessible (ou le deviendra). Remplissez del.icio.us, gonflez vos signets, abonnez-vous à tous les fils web, imprimez toutes les pages web que vous voulez, vous n’arriverez pourtant pas à retenir le dixième de ce que vous avez lu.
Pour apprendre, il faut se concentrer, prendre du temps. Et inéluctablement cela veut dire rejeter certaines connaissances et en retenir d’autres. Nul ne peut faire le grand écart et donc, à la fois, critiquer Kant, jouer à la bourse, programmer en Java et s’occuper d’un bonzaï. (ou alors si vous y réussissez, vous n'avez jamais lu Duras, ne parlez pas italien et ne savez pas piloter un avion).
Getting things learnt
Il est rare que l’on puisse plonger facilement dans un livre et en sortir expert. Ceux qui ont lu Getting Things Done, dont pourtant de grands pans de la théorie sont accessibles sur le web, comprennent de quoi je parle.
Il faut assimiler, digérer, pratiquer. Et pratiquer encore. Ainsi deviendrez-vous un bon gestionnaire de votre temps. Mais pas en même temps un bon jardinier de Bonzaï. Ni un "day trader". Car le temps passé à bien appliquer vos nouvelles connaissances n’a pas été passé à faire autre chose.
Additionnez tout ce temps et vous verrez qu’une vie n’est pas assez pour apprendre l’ombre de la poussière du début de toute la Connaissance. Mais nul n'est tenu de tout savoir...
Bloguer pour apprendre
J’ai commencé à bloguer quand j’ai compris que tout ce que je savais était supérieur à ce tout ce que je pouvais exprimer oralement. Et que ce que j’exprime oralement est supérieur à tout ce que j’ai le temps d’écrire. Et que tout ce que j’écris est supérieur à tout ce qu’un lecteur peut lire. Et ce qu’il peut lire est inférieur à ce qu’il peut retenir. Et ce qu’il a retenu est inférieur à ce qu’il peut exprimer, ensuite, à d'autres.
J’ai ainsi compris qu’il ne fallait pas avoir peur de retransmettre ses savoirs. Que personne n'allait me déposséder de mes connaissances. Et que le meilleur qu’il pouvait m'arriver, c’est que cela engendre l’émulation et que moi en retour j’apprenne éventuellement quelque chose.
Et quand le niveau ambiant augmente, tout le monde y gagne.
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21 novembre 2006
3
Mythologies de la connaissance [2]
(2ième de 3) Voir première partie : Le mythe de l'apprentissage à distance
Nous sommes dans un monde où la production, le traitement et la diffusion d’informations exponentielles nous font subir une surcharge informationnelle intolérable. Il est normal que l'on doive se fier à des tiers pour se tenir au courant.
Le New York Times fait partie de ces joueurs sur lesquels on peut compter. Mais quand ils emploient des méthodes marketing pour nous inciter à nous abonner, ils utilisent une méthode qui joue sur notre faiblesse à évaluer la valeur des choses en quantité de temps.
Hier j'abordais la mythologie de la connaissance en pointant du doigt ceux qui pensent que l'apprentissage peut se faire n'importe où. Aujourd'hui, je pourfends ceux qui pensent que l'on peut apprendre tout le temps.
2-Le mythe de l'apprentissage en tout temps.
Par apprentissage, j'entends cet acte d'apprendre une nouvelle information, de la digérer et de pouvoir la placer correctement dans sa carte mentale afin de faire coïncider le monde perçu avec notre vision a priori. Je dépasse en fait largement le cadre pédagogique.
Mais cette invitation à un abonnement à domicile ci-jointe, trouvée dans l'édition du New York Time de dimanche dernier, insiste sur le bénéfice de "rester au courant grâce au journal". Comme si le contraire, le fait de l'acheter sporadiquement le journal, faisait de moi une épave à la dérive dans le déluge informationnel.
Il apparaît clair pourtant "qu'être dans le courant" nous force à rester à fleur d'eau, alors que de la rive il nous semble qu'on possède une vue d'ensemble plus stable.
La source qui donne toujours soif
S'abreuver d'information demande du temps pour digérer. Il est peut-être derrière nous le temps où "il était possible de tout suivre l'actualité". Et non devant. Aujourd'hui on oublie que si l'accès à l'information n'est plus un frein, le temps lui, mes respects à Einstein, n'est pas extensible.
Si absorber l'information prend déjà une certaine somme de temps en soi, il y a nécessairement un autre moment supplémentaire qu'il faudra dédier pour analyser, réfléchir et emmagasiner l'information correctement. On oublie vite que si nous sommes entrés dans la soi-disant 'société de l'information', il n'y a pas eu d'extension à l'horaire pour consommer et digérer toute cette nouvelle information.
Les médias ont décuplé leurs offres depuis les deux dernières décennies. Les outils de communications ont envahi chaque pli de notre sphère privée. La quantité d'information retournée sur un sujet dans les moteurs de recherche est elle-même impossible à digérer (aux dernières nouvelles, il y avait 88 900 résultats pour "zéro seconde" sur Google).
Le temps ce n'est pas de l'argent
Le mythe qu'apprendre ne prend pas de temps est faux. Vous avez tous expérimenté l'achat d'un livre, d'une revue ou d'un journal, (ou l'impression de grande quantité de pages web) pour vous rendre compte que vous n'aviez pas plus de temps pour le lire. L'avoir dans les mains ou sur les tablettes du marchand ne change strictement rien au fait que votre horaire est inextensible, même si votre budget financier peut l'être : la compréhension du contenu du livre vous est aussi inaccessible que si le lanciez au fond du plus profond des ravins. Le temps n'est pas monnayable. (La raison que vous ne vous donnez pas le temps pour le lire relève d'un autre ordre).
Learn anytime
Comment peut-on rester ainsi toujours "au courant" ("in the know")? Nécessairement, il nous manquera toujours quelques choses à savoir. C'est infini. L'accroche de la pub joue sur la tendance très humaine à ne pas maîtriser le calcul avec les "infinis".
Si vous manquez 5 jours de nouvelles, rapporté sur l'infini, ce n'est pas vraiment moins que manquer une journée: ce n'est toujours qu'une différence de degré d'infini. La différence entre 1 divisé par l'infini et 5 divisé par l'infini tend vers zéro.
Faites le calcul, il y a 86400 secondes dans une journée, divisée par toute l'information disponible en ligne et ailleurs (simplifions : une infinité d'informations), le temps consacré pour chaque information tend vers... Zéro Seconde.
Prochain billet : 3- Le mythe de tout apprendre
Nous sommes dans un monde où la production, le traitement et la diffusion d’informations exponentielles nous font subir une surcharge informationnelle intolérable. Il est normal que l'on doive se fier à des tiers pour se tenir au courant.Le New York Times fait partie de ces joueurs sur lesquels on peut compter. Mais quand ils emploient des méthodes marketing pour nous inciter à nous abonner, ils utilisent une méthode qui joue sur notre faiblesse à évaluer la valeur des choses en quantité de temps.
Hier j'abordais la mythologie de la connaissance en pointant du doigt ceux qui pensent que l'apprentissage peut se faire n'importe où. Aujourd'hui, je pourfends ceux qui pensent que l'on peut apprendre tout le temps.
2-Le mythe de l'apprentissage en tout temps.
Par apprentissage, j'entends cet acte d'apprendre une nouvelle information, de la digérer et de pouvoir la placer correctement dans sa carte mentale afin de faire coïncider le monde perçu avec notre vision a priori. Je dépasse en fait largement le cadre pédagogique.Mais cette invitation à un abonnement à domicile ci-jointe, trouvée dans l'édition du New York Time de dimanche dernier, insiste sur le bénéfice de "rester au courant grâce au journal". Comme si le contraire, le fait de l'acheter sporadiquement le journal, faisait de moi une épave à la dérive dans le déluge informationnel.
Il apparaît clair pourtant "qu'être dans le courant" nous force à rester à fleur d'eau, alors que de la rive il nous semble qu'on possède une vue d'ensemble plus stable.
La source qui donne toujours soif
S'abreuver d'information demande du temps pour digérer. Il est peut-être derrière nous le temps où "il était possible de tout suivre l'actualité". Et non devant. Aujourd'hui on oublie que si l'accès à l'information n'est plus un frein, le temps lui, mes respects à Einstein, n'est pas extensible.
Si absorber l'information prend déjà une certaine somme de temps en soi, il y a nécessairement un autre moment supplémentaire qu'il faudra dédier pour analyser, réfléchir et emmagasiner l'information correctement. On oublie vite que si nous sommes entrés dans la soi-disant 'société de l'information', il n'y a pas eu d'extension à l'horaire pour consommer et digérer toute cette nouvelle information.
Les médias ont décuplé leurs offres depuis les deux dernières décennies. Les outils de communications ont envahi chaque pli de notre sphère privée. La quantité d'information retournée sur un sujet dans les moteurs de recherche est elle-même impossible à digérer (aux dernières nouvelles, il y avait 88 900 résultats pour "zéro seconde" sur Google).
Le temps ce n'est pas de l'argent
Le mythe qu'apprendre ne prend pas de temps est faux. Vous avez tous expérimenté l'achat d'un livre, d'une revue ou d'un journal, (ou l'impression de grande quantité de pages web) pour vous rendre compte que vous n'aviez pas plus de temps pour le lire. L'avoir dans les mains ou sur les tablettes du marchand ne change strictement rien au fait que votre horaire est inextensible, même si votre budget financier peut l'être : la compréhension du contenu du livre vous est aussi inaccessible que si le lanciez au fond du plus profond des ravins. Le temps n'est pas monnayable. (La raison que vous ne vous donnez pas le temps pour le lire relève d'un autre ordre).
Learn anytime
Comment peut-on rester ainsi toujours "au courant" ("in the know")? Nécessairement, il nous manquera toujours quelques choses à savoir. C'est infini. L'accroche de la pub joue sur la tendance très humaine à ne pas maîtriser le calcul avec les "infinis".
Si vous manquez 5 jours de nouvelles, rapporté sur l'infini, ce n'est pas vraiment moins que manquer une journée: ce n'est toujours qu'une différence de degré d'infini. La différence entre 1 divisé par l'infini et 5 divisé par l'infini tend vers zéro.
Faites le calcul, il y a 86400 secondes dans une journée, divisée par toute l'information disponible en ligne et ailleurs (simplifions : une infinité d'informations), le temps consacré pour chaque information tend vers... Zéro Seconde.
Prochain billet : 3- Le mythe de tout apprendre
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20 novembre 2006
2
Mythologies de la connaissance [1]
Il faut reconnaître que la production, le traitement et la diffusion d’informations numériques exponentielles que l’on observe aujourd’hui représentent une vague de fond sans précédent qui nous fera émerger dans une nouvelle société, dans un monde où l'accès à l'information n'est plus un obstacle.On a tendance à penser que l'apprentissage de n'importe quelle connaissance peut se faire n'importe où, n'importe quand. Si l'accès n'est plus un frein, l'acquisition de la connaissance n'est pourtant pas devenue facile pour autant. Si toutes les informations du monde sont disponibles, se dit-on, il n'y a plus aucune raison de rester ignorant! Et pourtant si. Nous sommes encore aux prises avec d'anciens réflexes.
Par un heureux hasard commercial, j'en tiens pour preuve 3 publicités anodines dénichées hier dans le New York Times (papier) du dimanche. Des pubs banales, comme on peut en trouver ailleurs, pas nécessairement les meilleures, mais suffisamment adéquates pour le besoin de ma démonstration
1. Le mythe de l'apprentissage à distance
Regardez cette pub. Elle reprend un thème qui a émergé dès l'apparition des premiers appareils de communication à distance. "Apprenez n'importe où". "Étudiez avec les meilleurs professeurs sans vous rendre aux cours!". "Apprenez à votre propre rythme, quand vous voulez, où vous voulez".L'enseignement à distance utilise ensuite une image forte : un adulte dans le métro de banlieue, question d'optimiser son downtime quotidien dans les transports infernaux. La variante que vous avez peut-être vu près de chez vous : une étudiante en pantoufle évaché auprès du foyer hivernal, un étudiant avec son café sur son balcon, ou écoutant son cours sur le sable chaud ...(ajoutez ici les autres lieux de vos rêves)...
L'enfer c'est les cours
Cette image est insidieuse. Tout étudiant sérieux sait que l'environnement le plus sain est celui qui n'offre aucune tentation. Pour se concentrer, ironiquement, il faut faire abstraction de l'environnement. Un bon endroit pour apprendre est souvent hors de chez soi, à la bibliothèque, ou... dans les cours. La cause d'une concentration réussie est une volonté. Mais avoir de la volonté ne s'achète pas. Avoir les CD ne veut pas dire que l'on va comprendre comment fonctionne le mystérieux mécanisme de la volition.
Quelqu'un qui a bien compris ça et qui possède le savoir-faire du savoir-apprendre est complètement indifférent face à cette annonce, car l'accroche vise une autre clientèle: celle qui pense que savoir c'est posséder.
Mais posséder un CD, un livre, c'est comme avoir des signets dans son navigateur web. Ce ne sont que des pointeurs. Sous l'avalanche de signes, ils n'ont pas appris que l'acquisition de connaissance se fait avec effort. Que même si le savoir (savant) possède des ressemblances structurelles avec l'opinion (intuitive), il s'en distingue par sa persistance et sa cohérence.
Learn anywhere
Un cours appris dans un métro bondé, évaché sur un sofa près du foyer, ou sur le balcon au dessus du trafic ne peut rien faire transcender. Ces poses sont celles du repos ou de la rêvasserie. Or apprendre ne se fait pas en étant sur la lune.
Accéder à toute la connaissance du monde, via le web (ou ici avec des CD de cours à distance), n'est le gage de rien sinon d'une apparence de pouvoir. Le pouvoir de posséder une information. Mais le vrai pouvoir résidera toujours dans l'acte d'appréhender la surcharge informationnelle et de filtrer intelligemment l'information.
L'illusion tient dans le fait que l'on n'apprend jamais "à son rythme" (moi mon rythme naturel, c'est les orteils en éventail avec un bon rhum épicé). C'est l'apprentissage qui demande son propre rythme : de l'effort et du temps. Ce qui n'a rien à voir avec un quelconque rythme vacancier.
Prochain billet : 2-Le mythe de l'apprentissage en tout temps.
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