ZEROSECONDE.COM: webTV (par Martin Lessard)

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Impacts du numérique sur la communication, notre société, nos vies.

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C'est la révolution, parce qu'elle est télévisée

J'ai écrit un billet cette semaine sur mon autre blogue, Triplex, sur le 100e jour du mouvement étudiant et sur CUTV en particulier. Voici une suite (inspirée après la lecture d'un billet sur «CUTV et la révolution» d'une lectrice).
Voici un extrait de mon billet sur triplex:

CUTV, l'effet larsen et les médias sociaux

Les grands médias ont assez couvert de manifestations en temps réel par le passé pour savoir que le fait d’ouvrir les caméras sur une foule provoque en retour un effet de rétroaction sociomédiatique : un effet larsen social des médias qui provoque ce qui n’existait pas.


Une boucle de rétroaction est en place quand l’effet est lié à sa propre cause. La réaction entraîne une amplification progressive vers un emballement chaotique. Les médias sont depuis longtemps un élément de cette chaîne, soit comme agent provocant (en montrant la chose), soit comme régulateur (en relativisant la chose).

Quand les nouveaux médias « montrent tout ce qui se passe », les grands médias se retrouvent dans la position de régulateur. Ce qui rend la neutralité journalistique suspecte (être neutre et couvrir tous les points de vue banalise les événements) auprès des manifestants.

Avec CUTV, la boucle de rétroaction est enclenchée, car les effets observés dans la rue entraînent plus de gens indignés dans la rue, comme on le constate soir après soir.
(Billet complet)
Ce qui m'avait le plus surpris, et qui a été un déclencheur pour écrire le billet, c'est de lire en ligne tous ces gens qui, écoutant en direct CUTV, se demandaient «Mais où sont les médias?» quand les policiers chargeaient la foule.

Ils partageaient cette étrange impression que la réalité à laquelle ils assistaient devait être filmée et reprise dans "les médias".  Avec en surcroît, ce petit soupçon jamais très loin d'une conspiration du silence.

Mais étrangement, au même moment, ces médias se faisaient conspuer pour leur biais dans la couverture (pas assez pro-étudiant, trop à droite, ou ceci ou cela). Biais? Probablement. Mais en aurait-il eu un aussi s'il filmait en temps réel la manif, comme le fait CUTV, montrant les petits et grands drames? Probablement aussi.

Donc on ne critiquait pas l'absence des médias, ni leur parti pris...

On critiquait les médias, tout simplement.



Les médias sont critiquables et s'il y a bien une chose que CUTV a montrée, c'est de faire éclater au grand jour la façon ampoulée de couvrir les événements et la lourdeur de leur processus. Mais ils n'ont pas tout faux, au contraire

Ce que j'ai tenté de décrire dans mon billet, c'est que les médias connaissent l'effet larsen. Ouvrir une caméra, en direct, est déjà une forme de prise de position. Et ils en connaissent les conséquences.
On se rappelle les émeutes des finales de la Coupe Stanley à Montréal en 2008, les caméras ouvertes montraient les émeutiers en délire, ce qui invitait davantage de gens à se joindre au carnage. Comme l’effet de rétroaction décrit par Larsen quand on approche un micro d’un haut-parleur.
(Voir mon billet sur ces événements de 2008)
Quand CUTV s'avance vers les policiers qui chargent, en leur demandant pourquoi ils chargent, on se demande s'il ne provoque pas l'événement plutôt que de le filmer. Ça finit toujours par une mise hors d'onde après une bousculade. Effet larsen.

Est-ce que CUTV prend position? Dur d'en douter. Est-ce que CUTV est à blâmer? À ce que je sache, les policiers auraient chargé quand même, caméra ou non. Est-ce que CUTV montre une réalité que les autres médias taisent par peur d'effet larsen? Probablement.

Mais pourquoi cette retenue?

Il n'y a que sur YouTube que l'on peut voir le constable 728 arroser de poivre les innocents passants. Les médias sociaux n'ont pas de valve de sécurité: on écoute la vidéo en boucle et en boucle et on finit par devenir un indigné. Et le soir on passe à CUTV pour braver les policiers --qui nous chargent en retour. Effet larsen.

Les médias de masse jouent les seconds violons dans ces événements. Ils ne peuvent pas être partout à la fois. Les médias sociaux, oui. Les médias de masse ont un boulot à faire (et les événements n'en sont qu'un parmi d'autres à couvrir, chiens écrasés inclus) alors que les médias sociaux sont toujours sur l'adrénaline, jour et nuit, et uniquement sur ce qui compte pour eux à ce moment-là.

Les médias de masse maintiennent un semblant d'équilibre en étant un régulateur des images auto-excitantes. Le direct n'apporte pas nécessairement le degré de réflexion souhaitée:

- Est-ce le rôle d'un grand média de montrer la manif comme elle montre un défilé? J'en doute dans les conditions actuelles de production audio-visuelle.

-Est-ce que ce type d'«absence» sur le terrain amoindrit la légitimité des télés dans leur couverture? Probablement. Car une certaine pertinence a été accordée de facto à CUTV. Celle de montrer le non-dit, la conséquence concrète de manifester dans la rue, la brutalité policière, l'envers des nouvelles.


Mais tous les médias ne doivent pas tous être mis dans le même panier.

La télé -- média qui montre -- a le plus à perdre en discrédit. Comment peut-on la prendre au sérieux quand elle nous montrent des recettes de poulet alors que la brigade anti-émeute racle le coin St-Denis Maisonneuve?

La presse, grosso modo, se débrouille assez bien -- même si elle se rend compte que son opinion n'est pas majoritaire dans le tintamarre des réseaux sociaux.

La logique interne des médias est de traiter cet événement comme tous les autres événements, de lui retirer son caractère exceptionnel.

Oui l'événement fait la première page, quand ils sont 250 000 dans les rues. Mais a-t-on vu un cahier complet, quotidien? Voyons-nous des émissions quitter l'antenne pour annoncer que des étudiants sont en pris en souricière au coin de telles et telles rues? Non, la logique interne des médias demande de préserver un équilibre.

Et cet équilibre et cette objectivité sont perçus comme un immobilisme et un biais en faveur du statu quo. Alors que CUTV, en étant en direct, montre que c'est un état d'exception. 

C'est leur slogan. "La révolution sera télévisée". Et s'ils filment, c'est que ça ne peut être qu'une révolution.


[vidéo] Balado #6: La télé 2.0

Pour notre sixième balado de Triplex, le blogue techno de Radio-Canada, nous passons en vidéo. C'est tout à fait à propos, puisqu'on y parle de la la webTV, de la télé connectée et la télé sociale.

L'émission est effectivement entièrement filmée. Et le résultat est ma foi très intéressant. Jetez un coup d'oeil, ça vaut la peine.



On y fait le tour de l'état de la webTV, né en catimini comme une façon de s'exprimer hors des institutions, mais qui a pris plusieurs formes aujourd'hui, on discute sur l'évolution du téléviseur sous les coups de bélier de la technologie mobile et informatique et on touche même au transmédia, cette narration créative qui traverse plusieurs médias

L’émission dure 40 minutes :

00:00 – Introduction
01:00 – Est-ce que vous regardez le web à la télévision?
02:40 – La création de contenu vidéo sur le web
10:40 – L’interaction entre la télévision et les médias sociaux
19:45 – La télévision connectée : la télé et l’ordinateur, même mandat
30:40 – Qu’est-ce que le transmédia?
37:40 – Questions en rafale

Vous pouvez vous abonner à la balado sur iTunes ou utiliser le fil RSS pour votre agrégateur.

Équipe de Triplex en balado :

Participants et blogueurs : Gina Desjardins, Laurent LaSalle et Martin Lessard
Animateur : Philippe Marcoux
Musique : Pierre Crube
Réalisatrice audio et au contenu: Marine Fleury
Réalisateur vidéo : Cédric Chabuel
Preneur de son : Martin Boulanger
Caméraman : Marion Carassou-Maillan
Édimestre et photographe : Félix-Antoine Viens
Infographe et intégratrice web : Marie-Anne Seim

Pour voir les autres balados de la série «Triplex en balado»

Complément de conférence

Je donne aujourd'hui un deuxième atelier sur la webTV dans le cadre des ateliers Multitalents pour multimédia organisé par l'INIS pour Téléfil Canada: on a passé en revue les enjeux de la chaîne de valeurs de l'industrie audio-visuelle québécoise.

J'insiste surtout sur la chaîne de valeur, la culture du web et l'importance des réseaux sociaux. encore plus cette année qu'avant. C'est souvent un nouveau territoire pour les gens de l'industrie de la vidéo et du cinéma.

Je vous partage les documents qui peuvent vous servir si vous souhaitez poursuivre la réflexion:
Le guide que j'ai écrit pour l'Alliance Numérique pour établir une charte de qualité dans l'industrie du web.
PS: voici des liens que j'ai présentés:
- L'état d'internet de Jess3 (vidéo)
- Augmented ID
- James Cameron's Avatar Toys Augmented Reality Demo
- Panorama des médias sociaux

Webothon-Haïti: Les médias sociaux, ça change pas le monde?

L'événement Webothon Haïti a lieu le dimanche 21 février 2010, en direct ici sur UStream de 12 h à 16 h (heure de Montréal), 18 h à 22 h (heure de Paris), ou 9 h à 13 h (heure de San Francisco). J'en ferai partie.

Avec le tremblement de terre en Haïti, l'apport des médias sociaux a été amplement remarqué. Pour en témoigner, réfléchir et échanger sur le sujet, Michelle Blanc a eu l’idée de créer un Webothon dans le but à la fois de lever des fonds pour venir en aide à Haïti et de partager les connaissances sur ce nouveau médium.

En direct des studios de VOX Montréal (Vidéotron) et avec Skype Montréal sera en lien avec Paris, Bruxelles, Vancouver, Washington et San Francisco pour discuter comment les médias sociaux peuvent être utilisés par les médias traditionnels et les organismes d'aide afin d'ajouter une dynamique d'interactions entre les intervenants les spécialistes et le public.

Je participe au premier segment de l'émission.

http://www.flickr.com/photos/freeparking/1279927021/

Segment 1 – Théorie médias sociaux

Fred Cavazza (Paris)
Cyrille De Lasteyrie --alias Vinvin-- (San Francisco)
Martin Lessard (Montréal), votre serviteur

Segment 2 – Médias sociaux et ONG /Gouvernement

Denis Coderre (Député fédéral canadien)
Junia Barreau (Vice-consule Haïti)
Claude Malaison (Montréal)
Jon Husband (Vancouver)
Oxfam & CECI

Segment 3 – Médias sociaux et journalisme

Bruno Guglielminetti (Montréal)
Damien Van Achter (Bruxelles)
Mateusz Kukulka (Bruxelles)
Clothilde Le Coz, Reporter sans frontières (Washington)
Carla Beauvais (Montréal)

Segment 4 – Comment faire les médias sociaux

Multilink Haiti (Haïti)
Pierre Coté (Montréal)
Philippe Martin (Montréal)
Christian Aubry (Montréal)

Les présences web du Webothon Haïti
Le blogue http://haiti.guignoleeduweb.org/
La page Facebook http://www.facebook.com/pages/Webothon-Haiti/#!/pages/Webothon-Haiti/305368703692
Le « hashtag » Twitter (le # sur votre clavier suivi du mot-clé) #webhaiti
et le canal Ustream pour écouter en direct partout sur la planète http://www.ustream.tv/channel/webothon-haiti

Comment promouvoir un film avec le web et les médias sociaux

Comment promouvoir un film avec le web et les médias sociaux? Je réponds en live et en public avec Sacha Declosmesnil, mardi prochain 9 février 2010, 17h00-19h30

Carte blanche Multiplateforme : Réseaux sociaux, consultations en direct.

Carte blanche à deux spécialistes en stratégie web & réseaux sociaux : Martin Lessard, Sacha Declomesnil.

La 4e Carte blanche est entre vos mains ! Nous vous invitons à proposer des cas pratiques jusqu’au 20 janvier (une réalisation ou un thème). Les consultants choisiront 6 cas et les travailleront avant la rencontre. Le fruit de leur recherche sera livré pendant l’atelier... C’est ce qui s’appelle une consultation en direct !

L’INIS, FCTNM et le RPM, se sont associés pour proposer cette série d’ateliers pratiques et interactifs reliée aux nouvelles plateformes. Des personnalités de terrain sont invitées à partager leurs expériences et communiquer leur savoir-faire. Les 6 thèmes définis par les organisateurs permettront de couvrir les questions clés relatives à la convergence : de la création de contenu à la mise en marché.
- Une initiative soutenue par Téléfilm Canada, le Fonds Bell, Astral Media, CTVM, Le lien multimedia

Lieu : Salle de visionnement – Edifice Astral Media – 2100 Sainte-Catherine Ouest – 2e étage – métro : Atwater

Prix pour les membres INIS, FCTNM, RPM : 20$ - Non membres : 30$ Pass 6 conférences : 100$ pour les membres, 150$ pour les non-membres Participation limitée à 50 personnes Chaque atelier est précédé d’un cocktail de réseautage.

Lien.

Joost est moort?

Joost, la télé pair-à-pair (P2P) quitte les ondes. Joost avait l'ambitieux projet de proposer aux éditeurs télé de s'affranchir de la grille horaire. Et de faire évoluer le spectateur en télénaute. Le court (Youtube) et le catch-up TV (Hulu) ont eu raison de cette bonne idée. (via Numerama)

Joost est moort?La technologie P2P utilisée par Joost demande aux utilisateurs l'installation d'un logiciel sur leur ordinateur. Alors que YouTube, Dailymotion et Hulu offrent du contenu vidéo directement sur le navigateur, et exportable sur les blogues et les réseaux sociaux, Joost, dans un format propriétaire, fermé et sans possibilité de faire du viral, souffre du web 2.0.

"Pour économiser en frais de bande passante, Joost devait reprendre la technologie P2P (...) pour que les vidéos soient distribuées par les spectateurs entre eux, et non plus uniquement servies par un serveur central. Joost promettait en outre aux studios de télévision et de cinéma de protéger leurs contenus avec un système de chiffrage emprunté à celui de Skype, qui devait rendre les contenus très difficiles à copier." (source)

Qualité en manque de quantité
Joost offrait une des plus belles interfaces utilisateurs et une grande qualité dans la transmission. Mais la quantité de contenus n'arrivaient pas à la cheville de ses compétiteurs, malgré une certaine qualité de contenu (vidéo professionnel entre 20 minutes et 1 heure) et Joost n'a jamais trouvé son public. Dommage.

La compagnie avait tenté un passage au tout-web, délaissant son logiciel. Mais le mal était fait. En avril, Sony décide de ne pas renouveler sa licence avec Joost (et se concentre sur Youtube et Hulu) (source CNET), puis Joost tente de se vendre au cablo (source CNET), puis il décide de convertirer en white label en offrant sa plateforme aux compagnies qui cherchent à diffuser de la vidéo sur Internet (Source Znet.fr).

«Hulu m'a tuer»
Avec l'arrivée de TF1 qui propose du catch-up TV (source Giiks), comme Channel 4 (source WebTVwire) et les succès du iPlayer de la BBC et du iView de ABC, la possibilité de consommer du contenu télé en dehors de l'antenne devient une soupape pour les télés. Ils peuvent rattraper une partie de l'auditoire qui migre en ligne. Mais le "rattrapage" se fait sur l'antenne qui l'a émise, agissant ainsi comme un paratonnerre: les télédiffuseurs conservent donc leur "aura" en ligne.

Catch me if you can
S'il y a des télés qui hésitent encore à faire le saut, il est peut-être bon de leur rappeler que commencer par une ou deux émissions populaires leur permettra de sa familiariser avec la diffusion "en longue traîne" et de créer lentement une série de données sur la demi-vie des émissions en ligne (la popularité décroît rapidement avec le temps), afin de planifier l'infrastructure technologique en conséquence et le type de fonctionnalités nécessaires pour conserver l'usager sur le site...

La WebTV comme un cabaret d'antan

La semaine dernière, en donnant une formation à des producteurs télé sur les façons d'aborder la webTV, l'un d'entre eux, Barclay Fortin proposa une excellente métaphore pour expliquer la webTV aujourd'hui:
"(...) j’ai réalisé une chose: Internet est en train de ramener l’industrie du divertissement à l’époque d’avant les médias de masse. Lancer un site de webtélé comme Chez Jules, c’est un peu comme ouvrir un cabaret ou un théâtre burlesque à l’époque de Jacques Normand et d’Olivier Guimond. Le point commun, c’est le fractionnement de l’auditoire. À la télé, des millions de personnes voit le même «spectacle» au même moment. Sur Internet, par contre, il y a des centaines de «spectacles» à l’affiche et on va voir celui qu’on veut au moment où on veut."
(source Barclay Fortin C'est pas juste de la Télé)
Il ajoute que les "cabarets et les théâtres des années 30 et 40 étaient des entreprises modestes animés par des artisans passionnés qui essayaient tout simplement de gagner leur vie".

Il a décrit la meilleure impression que l'on peut avoir à vouloir faire de la webTV aujourd'hui...

Les mass-media ont été un certain temps une exception à l'échelle de l'histoire de l'humanité: une information pouvait être transmise à des millions de gens à la fois (relisons Wired juillet 2006 The Rise and Fall of the Hit ). Par les réseaux sociaux, l'information possède généralement une moins grande portée (exception faite des rumeurs et autres transmissions virales). On voit un certain retour à une ère du bouche à oreille (aussi rebaptisé buzz marketing pour être plus vendeur) où l'influence et la transmission se fait sur une petite échelle.

L'offre est exponentielle, mais notre attention est linéaire
Dans un court billet hier, Steve Rubel propose ni plus ni moins que The End of the Destination Web Era, la fin des "destinations web", ces lieux virtuels exponentiellement de plus en plus nombreux et qui compétitionnent avec notre attention limitée et fragmentée.

Il expose des chiffres hallucinants (source Nielsen Online), en mars dernier, un américain moyen:
  • n'a visité que 111 domaines différents
  • consulté qu'environ 2500 pages ,
  • avec un temps moyen de 56 secondes par pages.
  • les portails et les moteurs de recherche occupent 12 des 75 heures en ligne
  • les médias sociaux (Wikipedia, Facebook, YouTube) 4,5 heures par mois...
En bon stratégiste de relations publiques, il est convaincu qu'une mention dans un article est plus porteuse qu'une publicité. Une autre façon de dire que la référence par autorité cognitive sera la façon de trier l'information "crédible" du futur.

Une autorité cognitive est cet intermédiaire a qui l'on donne la crédibilité nécessaire de trier l'information pour nous (voir mon billet qui définit le sujet de l'autorité cognitive). Le filtrage par réseaux sociaux est une des stratégies émergentes pour survivre à la surabondance de l'information. L'ensemble de nos connexions trie les informations qui se rendent à nous.

Que ce soit un journaliste, un blogueur, un ami ou la famille, ils trient pour nous et nous font suivre l'information qu'ils pensent qui nous intéressera. C'est eux qui nous diront à quel cabaret se trouve le meilleur spectacle en ville...

Soirée Discussion : Internet et... cinéma, télévision, vidéo

Annonce. Vous voulez voir un panel d'experts invités qui partagent leurs questions et réflexions sur la transformation qu'apporte internet à leur industrie, à leur pratique?

Le panel sera composé de :

* Yannick B. Gélinas, réalisatrice indépendante et artiste en nouveaux médias, pionnière de la vidéo sur le web
* Catalina Briceño, productrice et directrice des opérations de Salambo Productions (tetesaclaques.tv) et récipiendaire du prix 2008 de la Relève de l'association Femmes du cinéma, de la télévision et des nouveaux médias
* François Jacob, co-directeur Artistique de Kino
* Claire Dion, Fonds indépendant de production, Fonds Cogeco de développement d'émissions et Fonds de la radiodiffusion et des nouveaux médias de Bell

Les échanges seront animés par Sylvain Carle, Praized Média.

Date : Mercredi 1er avril, à partir de 18 h
Lieu : O Patro Vys - 356, avenue Mont-Royal Est (au-dessus du Bily Kun) - Métro Mont-Royal (Montréal)
Entrée : gratuite (une consommation offerte)

Organisé par Alliance Internet

Television sur internet

"Peut-elle être assujettie aux mêmes règles que la télévision traditionnelle?"

Mouse Trap.JPG - http://flickr.com/photos/billselak/427719926/Au Canada le débat est miné.

Le paysage audiovisuel canadien, lourdement subventionné, miné de toutes parts par des conventions corporatives, bâti sur une schizophrénique prémisse autistique (il existerait une culture canadienne, qui est en fait double et transparente l'une à l'autre, basée pour l'une sur une volonté de se différencier de son voisin américain et sur l'autre de se reconnaître dans une mer anglophone), ce paysage est une construction artificielle complètement réglementée.
Internet est tout son contraire.

Que veut dire alors la "télévision sur internet" au Canada? Quand le CRTC, un "organisme public indépendant chargé de réglementer et de superviser la radiodiffusion et les télécommunications" fait des audiences sur le sujet, c'est comme donner un coup de pied dans un ruche d'abeilles.

On pourrait résumer l'enjeu de cette façon:

Si internet offre une "concurrence déloyale" aux radiodiffuseurs, alors :
- soit internet doit aussi être réglementé,
- soit les radiodiffuseurs doivent être déréglementés.

Les logiques implacables en jeu sont alors les suivantes :

- Les associations d'artistes sont dans la position intenable de demander de réglementer internet (du moins, de prouver les "effets pervers de l’Internet sur la profession de leurs membres" (voir le billet de Yannick sur la lettre sans équivoque de l'association des réalisateurs régionale), moitié par ignorance, moitié par intérêt vital.

- Les regroupements de télédiffuseurs devront défendre l'évidence : pour avoir une déréglementation dans leur secteur, ils laisseront Internet non réglementé au risque de perdre de l'argent en se phagocytant (déplacer leur clientèle payante vers un canal "gratuit"), mais en gagnant les coudées franches pour pouvoir engranger seul les profits.

- Les télécoms, via leurs fournisseurs d'accès internet, seront poussées par leur actionnariat à réclamer l'arrêt de la neutralité du net --même si ça veut dire tuer le net. (voir le billet de Michael Geist sur l'importance des audiences sur la neutralité du réseau)

- Et le géant du web, Google, doit absolument défendre la neutralité du net pour la simple et bonne raison que le chaos régnant sur le réseau rend son service de recherche incontournable.

Les audiences publiques commencent la semaine prochaine.

Plus d'info:
CRTC - Avis de consultation et d'audience La radiodiffusion canadienne par les nouveaux médias
Les affaires - Le CRTC sommé de réglementer les nouveaux médias
Autres articles sur CRTC sur Zéro Seconde

Restant de tabs

Petite revue de liens glanés qui ont retenu mon attention récemment.

Idées

Comprendre le net pour s'y adapter...
La meilleure revue de liens récents sur la presse trad en déconfiture, la presse en ligne qui se cherche, les usages en mutation dans une économie informationnelle en abondance (novövision)

Comptes rendu du séminaire 2008 de Mémétique
Pour ce 5ième séminaire de Mémétique francophone (Paris les 27, 28 et 29 juin 2008): 3 PDF, Quelle sorte d’humanité après l'individu ?, Mémétique et Enseignement, Mémétique et Transformation de la Société

Enseignements

Enseigner l’identité numérique
Nécessité d’une éducation à l’identité numérique, à la culture informationnelle numérique, par tranche d’âge et segments. Enjeux et pratiques d’une construction identitaire sur Internet (via Florence Meichel).

From Knowledgable to Knowledge-able: Learning in New Media Environments
De Michael Wesch , Kansas State University, professeur en Anthropo digital, qui nous a donné The Web is Us/ing us, les structures physiques, sociales et cognitives nous freinent...

Web et audiovisuel
Réponse à l’ARRQ (Association des Réalisateurs et Réalistrices du Québec)
L'association lance un appel afin de connaître la liste des “effets pervers” de la diffusion des vidéos sur le web.

La WebTV et l'art de se faire voir sur le web
Version écourté d'une présentation de Sacha Declosmesnil

Médias sociaux
La recette du succès d’une communauté en ligne (partie 1)
Un résumé de Guillaume Brunet et Martin Aubut des ingrédients pour réussir sa communauté Web 2.0. La partie 2 est ici.

En vrac

Best Practices in Writing Email Subject Lines
The most 100 popular Twitter Applications

TV5 : un reportage sur la webTV

La semaine dernière, une émission sur TV5 abordait la Webtélé. L'équipe de l'émission québécoise Club Social est venue m'interviewer sur le phénomène.

Ceux qui sont intrigués par le phénomène pourront aussi y voir quelques interviews de certains acteurs de la scène WebTV au Québec et leurs motivations.

Notez au passage la "parodie" que l'équipe télé faite de la webTV: ils simulent une émission web improvisée, mal cadrée, brouillonne et inintéressante. Exactement le contraire de ce qui se fait actuellement sur le marché.

L'émission est ici, MAJ : "Le lien de TV5 n'est plus disponible en consultation") et pour accéder au passage sur la webtélé (environ 10-15 minutes) allez à 25:00 (vous devrez attendre que le vidéo se télécharge pour pouvoir accélérer jusqu'au passage). Ne perdez pas le lien pcq il est quasiment impossible de le retrouver à partir de la page de l'émission...

WebTV: les facteurs de succès

Je donne aujourd'hui, à l'INIS, un atelier sur la webTV dans le cadre des ateliers Makila 2008-2009 organisé par l'agence TOPO. : on passe en revue les enjeux, défis, les stratégies et les facteurs de succès de la WebTV.

Faisant suite à une présentation la semaine dernière de Yannick Gélinas sur et précédent celle de Sacha Declosmesnil, les participants auront droit à un bon aperçu des outils et enjeux dans le domaine de la vidéo en ligne.

Je parle surtout de la chaîne de valeur, de la culture du web et de l'importance des réseaux sociaux. C'est un survol stratégique du nouveau territoire pour les gens de l'industrie de la vidéo et du cinéma.

Je vous partage les liens vers les quelques séries de webTV abordés --il y a tellement d'autres que je ne peux tout aborder-- et les liens les documents de recherche qui sont disponibles sur le web et que je demande aux participants de lire pour en savoir davantage.

Documents de recherches
Cefrio - statistiques NetTendances
Digiworld 2007
Digital Economy Fact Book
Étude AFPTQ : Les nouvelles plateformes de diffusion média - Des mutations profondes pour les industries de l’audiovisuel et du multimédia
Bear Stearns Media Research : The Long Tail: Why Aggregation & Context and Not (Necessarily) Content are King in Entertainment

La culture Internet
Web 2.0 ... The Machine is Us/ing Us (video de M. Wesch)
Les 6 cultures du web (Martin Lessard)

Les webTV

"Talking Heads"
RocketBoom
Daily Mahalo
WallStrip
WebbAlert
Epic Fu
Le Tapis Rose de Catherine (Cinéma, Québec)
"Séries"
L'univers LG15
We Need Girlfriends
Dorm Life
Gravityland
Break a leg (the sitcom)
Hello Geekette (Français comme son nom l'indique)
ChezJules.tvà (Québec)
Inspector Bronco (Québec, traduit du Hindi ;-)
Where are the Jones? (scénario interactif; terminé)
"Films découpés"
Take Me Back (Québec)
Parisk.fr (France)
Survive The Outback (Interactif)
"Sketchs" (Québec) (il y en a tellement plus !)
Têtes à claques
Le cas Roberge (en dormance)
Les Tronches
La minute Blonde (version Québécoise)
Les Trois de Piques
Galacticast (anglais; en dormance)
Kapout.tv
Les Moments de Maman
BananaCam.tv
Didier Ze Mime
TVPT.TV
Urler.tv
Les "agrégateurs"
Kartel.tv
33Mag
Montreal.TV
AlerteRouge.TV
Paroles Citoyennes
Étoiles.TV
Collège de stars
Docu
The story of stuff
The Meatrix
VBS.tv
MidWest Teen Sex Show

TV en direct + FaceBook = TV Sociale

L'offre en ligne pour suivre "live" un événement s'est grandement développée. L'association CNN & FaceBook qui a présenté l'investiture du président Obama hier démontre ce que pourrait être la télé en direct dans un future très proche.

Tout en suivant live l'investiture, on pouvait, sur la même page, "chatter" live avec sa communauté Facebook grâce au partenariat CNN Live et FaceBook Connect.

CNN live + Facebook Connect
Statistiques
De Inside FaceBook (via Mario)

• 1,000,000 de personnes ont mis à jour leur statut facebook via l'application sur CNN.com Live Facebook
• 4,000 mises à jour par minute en moyenne durant tout l'événement
• 8,500 mises à jour du statut Facebook durant la première minute du discours d'Obama

• 25 millions de live video streams Via Beet.TV
• Autres statistiques sur NeeTeeVee.

Facebook tire ainsi le tapis sous les pieds de Twitter
FaceBook avait redonné un regain à Twitter en montrant l'utilité du "status", qui est en fait du micro-bloggage. Pourquoi s'embarrasser de tout l'appareil Facebook quand seulement le "status" suffit pour devenir un "média"?

L'idée géniale de CNN et FB a montré toute la puissance de la communauté de Facebook : suivre l'événement est une chose. La suivre en commentant en ligne en est une autre. La suivre avec sa communauté est tout à fait galvanisant.

Twitter n'a pas perdu la partie pour autant. Il reste un puissant outil de "breaking news", de scoops, du "peer to peer news". Mais ici si on veut regarder ensemble un événement, FaceBook + la télé est le nouvel endroit...

La télé sociale
Je ne crois pas que Twitter (ou autre outil de clavardage ou de forum) aurait offert le même degré de confort social: c'est comme aller écouter un événement sur un grand écran dans un bar ou un café, à la différence, dans le cas de CNN+FB, c'est que dans la salle ne se trouvent que des gens que vous connaissez. Les cris seront les mêmes ("Go Obama Go!") que dans une salle remplie d'inconnus, mais lancés ici par votre réseau personnel centré autour de vous.

Comme Facebook a réussi à paraître plus "personnel" (il n'y a pas d'anonymat sur Facebook), le côté "public" de Twitter semble tout à coup moins approprié... (voir en passant l'analyse d'ExVisu de Twitter sur les données linguistiques entourant Obama).

Une nouvelle audience
Comme l'investiture avait lieu en milieu de journée pour les Américains, les employés au travail ont pu se tourner en masse vers les sites web pour accéder à la diffusion en direct.

CNN a tapé dans le mille en attirant sûrement une grande audience qui avait déserté le petit écran. Les "numériques" ont redécouvert un nouvel usage de cette "télévision" qu'ils trouvaient peut-être trop traditionnelle, unidirectionnelle, dépersonnalisée.

Il ne faut pas sous-estimer ce type d'expérience: quand le réseau sera autant fiable que les ondes, il y a fort à parier qu’« accéder à la télévision» se fera par Internet pour ce type d'événements : on ne veut plus être tout seul devant l'écran.

Autres liens
Si vous avez manqué le discours d'Obama, c'est ici pour la video et ici pour le texte anglais (et ici pour des extraits en français)
Et vous pouvez voir toute la scène en 3D avec PhotoSynth (MS SilverLight 2.0 nécessaire) (via Journal du Geek)

Autres réflexions sur la télé et le web sur Zéro Seconde
Les réseaux sociaux comme extension de la culture de masse
::Où je tire un peu les oreilles de Radio-Canada et explique pourquoi les réseaux sociaux poursuivent une lointaine guerre entre culture d'élite et culture populaire.
Pré-diffusion TV
::Lancer sa saison sur le web avant de la lancer à la télé?
TV et le web : faites court
::Les gens peuvent passer jusqu'à 40 minutes sur YouTube, mais ils le font à coup de clips de deux minutes.
Métamorphoses de la télé
Les grandes mutations qui affectent l'industrie de la télédiffusion créent une fenêtre de nouvelles opportunités pour expérimenter et tester les nouveaux médias.
Pour ou contre Facebook?
Il est trop facile d'en faire un combat "vie réelle" versus "vie virtuelle", la dichotomie fondamentale est plutôt "en ligne/hors-ligne".

2 interviews cette semaine

Deux interviews coup sur coup que j'ai donné cette semaine. L'Atelier , sur les usages des réseaux sociaux en ligne et La Presse Affaires, sur la Web télé.

Montée des réseaux sociaux
Les réseaux sociaux virtuels L'Atelier (un réseau de veille de UNP Paribas) commente une étude (US Media Myths & Realities) sortie récemment qui démontre que près de 33% des consommateurs (américains) fréquentent les réseaux sociaux pour s'informer, contre 17 % en 2006, et l'usage des blogues est passé de 13% à 26%.

"Sur les sites d'achats, les consommateurs partagent des stratégies de vie, de consommation. [...] Cette étude confirme une tendance pressentie depuis plusieurs années" ai-je dit au journaliste. La suite: Sur le Web, le consommateur débat partout (398 mots)

L'étude montre à quel point l'écosystème de l'information se transforme avec les nouveaux outils en ligne (et il faudra bien que je continue ma série de billets sur le sujet). Il existe une fragmentation des usages: les "consommateurs-influenceurs" consomment davantage de canaux alternatifs que la population en général --une autre preuve que sur le web ce n'est pas la quantité, mais la qualité-- et que les sources traditionnelles commencent un lent glissement dans les soudages (de 71% à 65% pour l'usage des réseaux de télévision comme source d'information).

"All channels can now link with one another, allowing more collaboration and participation than ever. The melding of media is also demonstrated in the actions of legacy media, which are continuing to embrace and implement the principles of new media. Conversely, the journalistic principles that underline news organizations - accuracy, timeliness, objectivity and so forth - will move to other delivery channels. Regardless of where we get our information, we want the source to be credible."

La WebTV bientôt à la TV?
La web tv La Presse Affaires parle des téléviseurs branchés et des téléphones intelligents, vus au Consumer Electronics Show, qui place le contenu vidéo tiré d'Internet au centre de l'attention, où de nouvelles dispositions facilitent l'affichage sur téléviseur ou sur téléphone de contenu vidéo tiré d'Internet.

«La télé nous amène à un clic du «couch potato», ce qui fait cruellement défaut aux productions Web d'ici [...] Pour que la Web télé marche, ça prend une masse critique et la télé leur procurerait cette masse critique là." ai-je dit à Alain McKenna. La suite: La naissance d'une industrie de la Web télé grand public?

Aussi interviewé dans l'article, Laurent Maisonnave croit aussi que le « rapprochement entre le web et la télé, c'est le sujet de l'heure». Au Québec, «On a déjà l'avantage culturel: les séries qui collent à la culture québécoise vont davantage intéresser les téléspectateurs d'ici que les séries étrangères» continue-t-il. Dans son blogue, Laurent ajoute que la question majeure est celle de la taille du marché et du volume de publicité. Lire
Le grand public au secours de la Webtélé québécoise.

Tout ça remonte à la problématique question du modèle d’affaires de la WebTV et de sa percée auprès du grand public. Personne n'a vraiment de recette. MoBuzz a fermé avant les fêtes, Le cas Roberge prend une pause.

Je crois fermement que pour subsister en ce moment il faut que les coûts soient réduits au strict minimum et produire plusieurs formules de front: comme il est dur de prédire ce qui marchera, le public tranchera dans les statistiques de fréquentation. Un ensemble de petits succès peut donner des ailes à l'ensemble.

Ça oriente la créativité, ça peut la contraindre même. Mais, comme on dit en anglais, "It's scalable".

Didier ze mime

Après une première série de capsules marrantes sur YouTube il y a un an, Didier Lucien (alias Didierzemime) et le producteur Robert Boulos ont lancé leur site de webTV didierzemime.com où on va retrouver de nouveaux sketches.



Je vous en avais glissé un mot cet été (dans ma série sur le viral) et j'espérais bien qu'ils reprennent du collier pour notre plus grand plaisir. Voilà chose faite!

Mise à jour 27 octobre: Didierzemime a ouvert son compte Twitter

Quel écran bouffe l'autre?

Le CRTC invite de nouveau le public à soumettre leurs observations sur la radiodiffusion au sein des nouveaux médias. Cette consultation précède l'audience publique qui débutera le 17 février 2009. (via Ariane Krol)

En mai dernier, le Conseil a lancé un autre Avis de consultation afin de limiter la portée des questions pouvant être examinées dont j'avais fait l'écho ici: Le CRTC doit-il inclure Internet? Depuis, le CRTC a rendu 2 documents à ce propos.

Dans la foulée de cette consultation, le CRTC souhaite maintenant recevoir des observations relatives à certaines questions précises, entre autres celles-ci :

  • la définition de la radiodiffusion au sein des nouveaux médias
  • l'importance de la radiodiffusion au sein des nouveaux médias et son incidence sur le système traditionnel de radiodiffusion
  • les mesures de nature incitative ou réglementaire afin de favoriser la création et la promotion du contenu canadien de radiodiffusion au sein des nouveaux médias
Vous êtes invitées à soumettre vos observations au plus tard le 5 décembre 2008 en remplissant leur formulaire en ligne.

WebTV: producteur / diffuseur, zone floue

Dans mes ateliers sur la webTV, je souligne souvent l'importance pour un producteur de ne pas seulement se voir comme créateur de contenu ("produire et c'est tout") mais aussi comme une destination qui sert d'agrégateur de contenu (généré par les utilisateurs ou par des professionnels). La barrière entre producteur et diffuseur s'estompe.

Je cite souvent Quarterlife.com comme le prototype réussi d'une webTV qui produit sa propre série web (pouvoir de produire), le distribue sur leur propre site (pourvoir de diffuser) tout en créant leur propre réseau social (pouvoir de rejoindre).

Rededign et repositionnement
Avec le redesign de leur site (oh mon dieu, qu'il était temps) de mercredi dernier, ils réorientent quarterlife moins comme le "site de la web série" et davantage comme un "endroit de contenu de qualité".

Nouvelles séries web
Plusieurs nouvelles séries web vont commencer à être diffusées sur quarterlife.com

  • "I Believe", par Devon Gummersall (de My So-Called Life), documentaire "émotionnel" sur les religions en Amérique.
  • "Film School", par Herskovitz et Zwick (de Quaterlife) sur l'art du "filmmaking"
  • "LA Comedywerkz", capsules d'humours chaotiques.
  • "Unheard", une série sur la scène musicale à travers le pays.
Cette redéfinition du producteur comme (télé)diffuseur fait partie de la redistribution des rôles sur la nouvelle plateforme.

Pré-diffusion TV

Lancer sa saison sur le web avant de la lancer à la télé? "Mange ta ville" le magazine d'Artv propose sa quatrième saison en exclusivité sur Internet cet automne.

mange ta villePaul Cauchon, dans le Devoir de ce matin, rapporte que l'émission Mange ta ville "entreprendra sa quatrième saison exclusivement sur Internet à la mi-octobre".

On y apprend que dix émissions hebdo seront lancés d'ici janvier, date où les trois derniers seront lancés simultanément à la télé et sur le web. Le reste de la saison télé sera composé de reprise des 10 émissions lancés précédemment sur Internet.

Étonnant?
Pas vraiment. Leur site web fait grand place aux réseaux sociaux. La série est déjà financée. Qu'ont-ils à perdre?

Franchement, c'est une bonne décision. L'émission est bonne, le contenu aussi, mais elle est diffusée sur un canal peu regardé (Artv). Le pari, à ce qu'il me semble, consiste à offrir l'accès au plus grand nombre, et provoquer un bouche à oreille qui entraînera probablement une plus grande cote d'écoute à la télé.

Crainte?
Que ceux qui craignent la dilution de l'auditoire (la télé vit dans l'insécurité permanente de la péremption accélérée de son contenu) ne s'en fassent pas.

Il est plus probable que ceux qui s'efforceront de regarder l'émission sur le web provoquent davantage de bruit autour de l'émission auprès de leur entourage que n'importe quelle publicité dont ils n'ont d'ailleurs sûrement pas le budget.

À la télé, l'auditoire aime le rendez-vous. Sur le web, l'usager butine à son gré. Ce n'est pas le même monde.

En élargissant leur bassin, l'émission peut espérer attirer du monde comme elle n'aurait pas pu le faire autrement. À suivre.

La télé en pièces détachées

Michel Dumais m'a invité à son émission Citoyen Numérique sur CIBL cet après-midi pour parler de la WebTV avec Laurent Maisonnave.

Image : kevindooleyVoilà déjà un petit bout de temps que je surveille le créneau de la WebTV. Depuis 1 an c'est l'explosion. Entre autres, Les Germaines, Inspector Bronco, Chez Jules et depuis hier Karteltv.com, pour ne nommer que quelques-uns.

On parlait il y a une décennie ou deux de la télé à la carte, c'est plutôt la télé à la pièce qui se dessine.

Avec l'avènement du web, et des outils qui simplifie la production et la diffusion, c'est à véritable déferlement de contenu auquel on assiste. Les producteurs et les artistes s'affranchissent des télédiffuseurs pour accéder directement à leurs auditoires.

Broadcast-toé, mononcle
La principale surprise, surtout depuis l'arrivée de Youtube, c'est la popularité de contenu vidéo qui autrefois aurait été réservé à des séances familiales très privées.

La "qualité technique" (et même "artistique"), amateur selon les critères de l'industrie, ne "passe pas la rampe". Et pourtant, première surprise, le besoin de qualité technique n'est pas une nécessité et "l'expression artistique" non conventionnelle a trouvé son public.

Se dessine ainsi une forme de média qui posséderait son propre langage. La qualité et l'expression artistique se diversifient et deviennent plus sophistiquées. On risque de voir à très court terme apparaître des produits avec davantage de qualité.

La boucle se refait
Un écosystème se met en place où les producteurs et les artistes se créent des cartes de visite pour entrer dans le créneau industriel (on pense au Cas Roberge qui vient de sortir au grand écran).

Mais il y a aussi ces producteurs et ces artistes qui considèrent sérieusement le web comme plateforme de diffusion et de rentabilité. Ils sont véritablement les premières start-ups culturelles d'Internet. On pense aux Têtes à Claques qui viennent de sortir en anglais et bientôt en espagnol.

À écouter sur CIBL [je mettrai ici le lien vers le fichier audio quand il sera disponible] aujourd'hui jeudi 4 septembre 2008 de 13h00 à 14h30 sur toute la planète.
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Image: kevindooley

Métamorphoses de la télé (2)

De grandes mutations affectent l'industrie de la télédiffusion (mutations de la chaîne de valeur, du public, des contenus et des modèles d'affaires) et plusieurs initiatives de producteurs trad (télé et cinéma), les plus audacieux d'entre eux, commencent à se créer une fenêtre d'opportunité pour eux afin d'expérimenter et tester les nouveaux médias.

Ce billet fait suite à ma première liste publiée le mois dernier. J'ai ouvert à titre expérimental un groupe de veille sur FaceBook à propos des métamorphoses de la télé sur le web.

Voici la récolte des dernières semaines. Les étoiles (*) sont mes sélections préférées.

* MidWestTeenSexShow.com
Une série de docuweb sur... l'éducation sexuelle. Le titre est volontairement provocateur, la facture équilibre ce côté (ceux qui tombent sur ce lien par mots clefs vont être déçus). Expliqué aux ados, dans un mode décalé, original et rafraîchissant. Le contenu se veut plus de la vulgarisation que de l'éducation et je crois ça vise le bon public, pas nécessairement le Midwest américain...

Pas sûr, par contre, de savoir qui est derrière tout ça, ni quel est le modèle d'affaires. Il y a de la qualité et on est curieux de savoir de quoi ils vivent. Le show est aussi diffusé sur blip.tv

* AlerteRouge!
Le monde est bizarre! Le chef de pupitre d’Alerte Rouge est à la recherche de collaborateurs pour nous montrer la face cachée de l’actualité de façon complètement tordue et tordante. Intéressé!?![ Lire le manifeste complet... ]
Capsules de contenu de fiction, déjanté, professionnel, semi-professionnel et généré par les utilisateurs (qui doivent avoir du talent). Par Media Principea de Ex-Centris.

Plus belle la vie France 3 (Concours) (via Benoit Leteneur)
Vous rêvez d'incarner un acteur de Plus belle la vie? Seul, en famille ou entre amis, choisissez votre scène préférée parmi les 8 proposées, filmez-vous avec votre webcam, votre caméra ou votre portable, et envoyez-nous votre vidéo !
Le casting en ligne, par SkemA.

Télévision 2.0 et vidéo numérique
Un blogue en français pour suivre la télévision 2.0, les communautés et le contenu généré par les utilisateurs. Usages, contenu, économie, technologie, marketing, ce blogue est un lieu d'échange autour des mutations de l'audiovisuel. Câble, ADSL, satellite, TNT, web, P2P TV, mobile, TVHD, interactivité, PVR, TV locales, VoD, vidéoblog, podcast vidéo, télévision 2.0, communautés, user generated content.

[samizdat | biblioweb] Vers une ère post-média (via Aurélien Fache)
Un article sur la jonction entre la télévision, la télématique et l’informatique qui est en train de s’opérer sous nos yeux et elle s’accomplira sans doute dans la décennie à venir. La numérisation...
la prochaine étape de la tv2.0 ? : la fusion entre l'ordinateur et la télévision

LeLab.TV - un autre monde est visible ! (via Aurélien Fache)
LeLab.tv, c’est un « laboratoire » télévisuel qui s’est donné pour mission d’explorer les cultures émergentes : nouveaux phénomènes de société, cultures numériques, nouvelles formes d’engagement politique, création audiovisuelle, musique, art contemporain, fiction…

www.18h35.com (via Aurélien Fache)
Qu'est-ce que le JT du Web de 18h35 ? C'est tous les jeudis un JT participatif, alternatif, gratuit, citoyen, politique (rayez les mentions inutiles). Comment participer ? Envoyez-nous vos liens, vos reportages, vos interviews et autres contributions ou critiques à : contact@18h35.com

ZeroTV (via Cyril Skinazy)
Placée sous le signe de l’agression collective de tendresse cette flashkiss marquera d’une pierre blanche les trottoirs parisiens avec ces prises d’otages et ses invasions d’autobus. Un streetcast de Cyril Skinazy pour: www.zerotv.info www.streetkiss.com. "The kiss revolution is upcoming"

* Parisk.fr
Une web série française : PARISK ! C'est l’histoire d’un trio à Paris : Ben, Sam et Sacha. Ben est un voleur. Sam est une femme. Sacha est clandestin et le jour de son arrivée, il se fait voler son argent par les hommes de main de Ben.

Belle photo, réalisation bien faite, épisodes courts et à suivre dans l'ordre (le film a été tourné d'un coup et remonté en web épisodes).

TVPT.TV
Avec Ghislain Taschereau. Sans prétention. Un acteur est aussi un média...