ZERO SECONDE

Impacts d'Internet sur la communication, notre société, nos vies.

08 février 2010

(Webinaire) Les meilleures astuces pour conquérir les médias sociaux

J'aime ces titres très américains, sûr d'eux et frais comme un nouveau-né: «Les meilleures astuces pour conquérir les médias sociaux» est le webinaire que je donne avec Michelle Blanc et Guillaume Brunet pour Les Affaires. Vous y trouverez la meilleure introduction aux médias sociaux pour les entreprises prises en entre deux feux: sauter ou ne pas sauter dans le wagon?

Avec tout le buzz entourant le phénomène des réseaux sociaux, certaines compagnies ne savent plus où donner de la tête.

Si dans le cadre de votre travail, vous êtes appelé à initier, concevoir, planifier ou opérer des tactiques sur ce que l'on appelle le «Web 2.0» et que vous vous retrouvé submergé par toute sorte d'information contradictoire, vous aurez l'heure juste dans ce webinaire.

Non, les médias sociaux ne sont pas faits pour tout le monde, mais, si vous décidez d'y aller, il ne faut pas le faire n'importe comment. Il existe des stratégies de base que j'aimerais partager avec vous...

Plus de 250 personnes se sont déjà inscrites.

Vous êtes invité à participer au séminaire en ligne présenté par le Groupe Les affaires et Les affaires.com:

Grandes tendances du WEB 2.0:
Les meilleures astuces pour conquérir les médias sociaux

11 février 2010, de 12 h 30 à 13 h 30 (Montréal, Temps universel)

Inscription : 50$ membres / 60$ non membres (+taxes)

Les meilleurs astuces pour conquérir les médias sociauxGuillaume Brunet (animateur de ce webinaire),
Directeur marketing et services client, Groupe des nouveaux médias et des solutions numériques, Médias Transcontinental

Michelle Blanc
Spécialiste du marketing sur le Web. Son blogue michelleblanc.com est classé comme l’un des plus influents blogues francophones dans le monde.

Martin Lessard
Conseiller, conférencier, spécialiste en stratégie web et médias sociaux. Il est auteur du Guide des meilleures pratiques web de l'Alliance Numérique et coauteur du livre Pourquoi bloguer dans un contexte d’affaires.

07 février 2010

Fonds TV5 pour la création numérique 2010

Le Fonds TV5 accorde des financements aux créateurs canadiens (18 à 35 ans) pour la production de séries originales de cinq capsules de 1 à 4 minutes chacune.

Les créateurs sont invités à déposer une proposition avant le 1er mars pour un maximum de 15 000 $ pour la production de chaque série. Il est fortement suggéré de faire parvenir un courriel d’intérêt avant le lundi 22 février prochain.

Les objectifs du Fonds TV5 sont :

  • Encourager directement les créateurs canadiens de la relève en vidéo et nouvelles technologies
  • Participer à la recherche et au développement de nouvelles techniques de création vidéo
  • Contribuer à faire rayonner la production canadienne francophone partout au pays et à travers le monde
  • Rejoindre de nouveaux auditoires en offrant des contenus originaux et mieux adaptés aux habitudes émergentes de consommation média
Tous les documents pour la préparation d’une demande sont disponibles ici http://fonds.tv5.ca

06 février 2010

« Ce qu’on a découvert grâce à Huis Clos sur le Net »

#huisclos est terminé. Qu'avons-nous appris? «Ce sont rarement les réponses qui apportent la vérité, mais l’enchaînement des questions» disait Pennac. Oui mais, certaines questions n'ont pas été posées, d'autres réponses ont été il y a longtemps répondues.

Ces conclusions (partielles) que les journalistes (dé)cloisonnées ont parsemées dans les médias traditionnels me laissent perplexe. Voyons celles que j'ai retenues (n'hésitez pas à partager d'autres liens si vous en avez).

Nicolas Willems
« Ce qu’on a découvert grâce à Huis Clos sur le Net, c’est que Twitter est un réseau, un système d’alerte et de recherche de contact. » Le Soir.be
Désolé, Nicolas, celle-là fait partie des prémisses de l'expérience, et n'est en rien une découverte. Twitter n'a pas été choisi au hasard...

Je vous cite d'emblée Nicolas, non pas pour le pointer du doigt, mais bien pour vous signaler au contraire la personne qui a rapporté ses propos. Quand on connaît son sujet, on ne choisit pas cet extrait, on lui repose de nouvelles questions! (voir les miennes ). Nous verrons plus bas en quoi cela est un révélateur.

Anne-Paule Martin (RSR)
« Les gens qui sont sur Twitter sont dans une logique de guerre, de concurrence entre les médias traditionnels et les nouveaux médias comme les réseaux sociaux. Ils ne veulent pas entendre que l’expérience Huis clos n’est pas partisane ». Le Soir.be
Bien vu. Mais, comment dire..., je vais la paraphraser autrement pour expliquer mon point: « Les gens qui sont en Irak sont dans une logique de guerre, de concurrence entre les "traditionnels" et les Occidentaux. Ils ne veulent pas entendre que l’expérience de l'invasion américaine n’est pas partisane ». Vous voyez ce que je veux dire?

Bien sûr, elle a raison, l'expérience a démontré une extrême sensibilité des internautes (qui n'ont pas été toujours tendres envers le huis clos). Mais les journalistes, jadis, ont salement accueilli la blogosphère, et le dénigrement systématique du web 2.0 n'a cessé seulement quand il était clair que la crise des médias allait en s'accélérant (et que l'industrie de la news en portait une grande responsabilité). Que les «habitués des médias sociaux» aient été facilement irritables, n'est que juste retour des choses, non?

Benjamin Muller (France Info)
Il retient trois apprentissages (France Info)

1- La première est la rapidité de relais qu’offre Twitter.
2- Les médias traditionnels nous manquent pour comprendre et pour décrypter l’actualité qui nous parvient. (les médias offrent du contexte)
3- Le troisième enseignement est la hiérarchie qui ressort de Twitter. Hiérarchie évidemment différente de celle des médias classiques.
Point 1, ici, encore, on tente de faire passer une des prémisses de l'expérience en une de ses conclusions. Non seulement la viralité est inscrite au coeur même de ses outils (un clic est c'est retransmis), mais la "rapidité" n'est rien en comparaison à la co-création d« effet de réel » (un support « fait exister » une information qui circule dessus) qui est une des grandes avancées démocratiques de l'outil.

Point 2, là, hors jeu. Je signale que cette contrainte (se couper des médias traditionnels) est une donnée imposée par les auteurs mêmes du projet. Je répète ici mes prédictions données avant le début de l'expérience: ce n'était pas "5 journalistes isolés sur le web", mais bien 5 journalistes isolés de leurs confrères, ressources, contacts, outils pour "faire leur boulot de journalistes". Dans ces conditions il est évident que "décrypter l'actualité" est plus difficile.

Point 3, il a raison, l'hiérarchie y est définitivement différente. Mais voilà déjà quelques années que cette information a été démontrée dans une étude. L'information internationale, partout sur le Net, est en régression. J'y vois là une opportunité pour les journalistes de s'organiser en relais de cette information.

Nour-Eddinne Zidane (France Inter)
«Le principal enseignement est d'avoir eu le sentiment d'être situés "entre deux mondes" : Du côté de ceux qui maîtrisent les réseaux sociaux, (...) ; et de l'autre côté, certains journalistes des médias dits traditionnels considéraient ça comme une expérience tout à fait futile, avec ces réseaux sociaux dans lesquels on ne peut pas avoir confiance ou qui relayent des fausses rumeurs. Il a fallu un peu de temps pour expliquer aux gens qu'on n'était pas là pour démontrer quelque chose, mais pour voir ce qui se passait sur ces réseaux concrètement, sans a priori" RTBF
Recoupant l'apprentissage d'Anne-Paul Martin (les experts en médias sociaux ont grimpé dans les rideaux), il repère un retard certain de (quelques) journalistes francophones dans leur pratique d'internet [MàJ: voir article contre #huisclos d'un journaliste suisse). Ou peut-être de leur rédaction.

Janic Tremblay (SRC)
«Aucun journaliste ne peut concurrencer un tel réseau. Mais sur une base quotidienne, c'est beaucoup plus facile de s'en remettre aux médias traditionnels pour savoir ce qui se passe dans le monde. Ce n'est pas une affaire de supériorité. Simplement de ressources et de temps.»RTBF
D'où les appels du pied d’internautes: on partage le même terrain, mais chacun à sa manière.

«Vous allez me répondre que vous avez compris cela depuis longtemps et que pour vous, Twitter est une source d'information complémentaire et un outil de socialisation", ajoute-t-il.

Oui. Effectivement.

Conclusions?

« Ce qu’il faudra, et c’était prévu depuis le départ, c’est refaire un point dans quelques mois. »RTBF

On peut faire le point tout de suite: comprendre les médias sociaux, ça prend du temps, beaucoup de temps. Comme dans toute pratique.

Commencez maintenant. Lisez les blogues spécialisés dans le domaine, toutes les conclusions y sont dans leurs archives depuis longtemps. Il y a un réseau très bien ficelé d'experts qui partagent ouvertement leurs pensées: si vous voulez, voyez-vous comme des géants sur les épaules des nains.

Et dans ce domaine particulier, la presse anglophone est particulièrement en avance. Il me semble que le monde journalistique francophone n'a pas su profiter de leur expérience. Je mets ça sur un trait culturel: l'écrit est sacré pour les francophones. On n'aime pas quand le peuple s'en empare. La "littérature" anglophone regorge d'idée et de piste sur le "nouveau journalisme".

Voici mes conclusions

L'expérience de huis clos représente en fait un exercice d'arrimage entre les deux mondes. Et c'était une entreprise très agréable en fait. Maintenant, il faut mettre des veilleurs à temps plein et non plus seulement pour "une simple expérience".

Le journalisme hybride doit se voir comme :

- Un reporter qui apporte la bonne histoire, dans le bon format, au bon moment, au bon endroit (par exemple, la nouvelle #lille #boum se passait sur Twitter et dans Facebook. Ne pas attendre que l'audience se rende à vous.

- Un passeur crédible entre communautés, où il apporte, avec sa conversation, un espace d'échange qu'il doit entretenir.

- Un joueur d'équipe a qui on a prêté le rôle important de valider l'information.

- Un courtier d'information parmi d'autres qui juge de la valeur de l'information et doit négocie les sens en tout temps.

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Ma série de billets sur #huisclos
1- IVI: Interruption Volontaire d'Information : Décryptage. Où on repose les questions du projet (et y réponds).
2- Huis Clos J-1: Où peut-être on sens un petit flottement dans la préparation ou du moins l'annonce du projet.
3- Huis clos J+2: Où on effleure de la difficile tâche de synchroniser les hiérarchies de l'actualité.
4- Huis clos : fin de parcours: Où un #boom permet de voir le travail de filtrage à l'oeuvre.
5- « Ce qu’on a découvert grâce à Huis Clos sur le Net » : Où on ne cache pas notre perplexité face à certaines "conclusions".

04 février 2010

Huis clos : fin de parcours

L'expérience «Huis Clos sur le Net» arrive à son terme demain et d'intéressantes conclusions peuvent être déjà apporté sur la façon dont les réseaux sociaux sont intégrés dans l'écosystème de l'information.

Huis clos sur les HoaxOn rappelle que "l'expérience" consiste en cinq journalistes "isolés" sur Facebook et Twitter, sans possibilité de consulter les médias traditionnels ni surfer sur le web (seule la possibilité de suivre un lien donné sur une des plateformes est possible -- mais sans continuer à cliquer plus loin).

Bien sûr l'appellation "huis clos" étonne, car être "isolé" sur le net est exactement l'inverse d'un huis clos. Et aller "s'isoler" physiquement dans le Périgord ne fait pas plus de sens si le but est d'investir les mondes virtuels.

En fait, il s'agissait d'isoler de ces journalistes de leurs propres confrères journalistes et de leur propre réseau professionnel (et personnel) d'informateurs via les outils traditionnels (téléphone inclus).

J'ai expliqué récemment comment en fait les prémices de l'expérience ne sont pas en fait celles annoncées: elle établit les balises d'une interconnexion entre les systèmes de diffusion d'information bottom-up et top-down.

Honni soit qui mal y surfe

Il ne fait aucun doute dans l'esprit des participants que l'accès à l'information ne semble plus être un véritable problème: par contre, la capacité de traitement, de recoupement, de hiérarchisation de cette information a été le vrai défi.

Le bouillonnement sur Twitter et Facebook donne le pouls en temps réel de "l'importance" ressenti par l'audience sur un sujet -- à ne pas confondre avec son importance qui est une hiérarchisation analytique et contextuelle, mais pose tout de même la question de la pertinence de la sélection des nouvelles.

Quand mon Twitter fait #boom

Prenons un exemple. Tard mardi soir, une explosion a été entendue à Lille. Les réseaux ch'ti s'animent, à la recherche de la cause. Rapidement un des journalistes "isolés" écrit sur Twitter : «Quelqu'un aurait-il un lien avec une info sur #Lille ???».
Le «boum» entendu au dessus de Lille ne semble pas être une rumeur, car à moins d'une coordination cachée (toujours possible) la diversité et la spontanéité des sources permettent de conclure que le "bruit entendu" était réel.

Par contre, les causes et les conséquences, elles, sont définitivement moins claires.

Le premier réflexe était de voir si une information sur les réseaux sociaux permettait d'en savoir plus. Puis sur les sites des médias traditionnels (oui, la communauté qui suit #huisclos n'est pas astreint aux règles que les cinq journalistes se sont auto-imposés). Rien à se mettre sous la dent.

Bien sûr, il faut savoir trier le bon grain de l'ivraie dans le flot qui a suivi (#lille et #boom sont devenus rapidement insalubres, et le groupe sur Facebook aussi -- monté à 14 000 membres! ). Que de l'intox se mêle à l'info est courant sur les réseaux sociaux, particulièrement quand il fait parti d'une boucle de rétroaction (sachant que plusieurs se sont ruées sur les réseaux en pensant à une catastrophe, on en remettait!)

Mais déjà, à qui savait trier, il y a quelque chose à interpréter...

Le tweet ne fait pas le moine

Parmi les "accident nucléaire", "incendie de gaz", "crash d'avion" (tous relayés semble-t-il, pour faire rire), pas assez de cohérence: de telles catastrophes impliquent nécessairement une grande quantité de gens et une progression dans les infos. Ici tout était plat. La même info revenait sans cesse (ce qui est normal aussi: on "retweet" en vue d'attirer l'attention de gens (crédible) qui peuvent confirmer...).

Au bout d'un certain temps, une seule conclusion: l'événement, le "boum" (info presque sûre) n'a pas l'ampleur d'une catastrophe (l'incident est mineur; presque sûr). Donc non-événement, au sens médiatique du terme.

Mais le fait est réel tout de même. Les réseaux ont ressemblé à ces charmants citoyens réveillés en pleine nuit, sortant en pyjamas dans la rue, et commentant tous une nouvelle dont ils ne savaient rien: un bon moment, pour se faire peur et ensuite pour faire la conversation. Pour Tintin, tintin.

Les RT ont finalement fait leur boulot. Rejoignant qui de droit. L'affaire a été réglée quand un journaliste a confirmé la nouvelle sur Twitter (un Mirage passant le mur du son dans le cadre d'un exercice). Les médias traditionnels ne font pas dans la conversation de couloir.

Jamais d’yeux sans toi

Mais si vous n'en concluez que les journalistes ont encore une bonne cote de crédibilité (c'est vrai), c'est un peu court. Il faut remarquer le petit détail, celui qui montre que le nouvel écosystème de l'information est en place et se solidifie: c'est que notre contributeur journaliste a relayé article d'un journal et il été porté la nouvelle là où elle avait le plus d'impact. Sur les médias sociaux.

Bien sûr, la nouvelle a besoin d'un bon URL (celle d'une institution crédible --même s'il faut toujours resté vigilant) et d'être relayé par une personne crédible (un journaliste ou toute personne soucieuse de sa propre réputation). Mais au lieu de s'attendre à ce que le public se dirige vers lui, ou attende le lendemain pour sortir et aller chercher le journal, le journaliste se démène pour aller rejoindre sa clientèle.

Ça donne des idées à des journaux?

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Écoutez-moi en parler sur les ondes du 101,1 aujourd'hui à l'émission de Michel Dumais (14h00-14h30)

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Ma série de billets sur #huisclos
1- IVI: Interruption Volontaire d'Information : Décryptage. Où on repose les questions du projet (et y réponds).
2- Huis Clos J-1: Où peut-être on sens un petit flottement dans la préparation ou du moins l'annonce du projet.
3- Huis clos J+2: Où on effleure de la difficile tâche de synchroniser les hiérarchies de l'actualité.
4- Huis clos : fin de parcours: Où un #boom permet de voir le travail de filtrage à l'oeuvre.
5- « Ce qu’on a découvert grâce à Huis Clos sur le Net » : Où on ne cache pas notre perplexité face à certaines "conclusions".

02 février 2010

Huis clos J+2

Fin de la première journée de Huis clos sur le net. Un des journalistes tweet: «Aucune idée si j'ai eu les nouvelles les plus importantes». Ah la phobie de «manquer quelque chose»!

Erreur 404Les «grandes manchettes» c'est comme la mode, la pression est forte pour nous faire sentir à côté, hors coup!

Se débrancher des médias traditionnels, tout la twitterati vous le dira, est une expérience qui donne peut-être au début des papillons dans l'estomac (comme sauter en parachute): on a l'impression qu'il y a toujours une information qui nous manque.

Ou alors c'est l'impression que les médias traditionnels nous donnent (pas de théorie de conspiration, S.V.P.), car ils ont tendance à se copier entre eux et donc font mousser davantage une information plutôt qu'une autre. La concurrence des nouvelles, quoi.

Mais en se libérant de cette emprise, on devient serein. Une information qui doit venir à vous finira par venir.

Miroir, miroir, dis-moi quelle est la dernière nouvelle
Bien sûr, le stress pour les journalistes dans le Périgord réside dans le fait qu'ils ne peuvent pas attendre que la nouvelle vienne à eux. D'où cette impression de ne pas savoir s'ils ont eu les nouvelles les plus importantes. Les journaux, la radio et la télé nous rassurent en confirmant une hiérarchisation standard des nouvelles (et qu'ensuite on veuille s'en dissocier est l'affaire de chacun, mais la référence semble rassurer).

Les journalistes ont la (fausse) impression qu'ils doivent démontrer qu'ils sont sur la même planète que les autres, c'est-à-dire synchroniser les hiérarchies de l'actualité comme les autres journalistes. On ne veut pas être le dernier à apprendre ce qui est arrivé à Haïti.

Mais à trop vouloir savoir ce « qui est important », on ne se rend pas compte que « l'importance » est donné par son réseau social. Ne soyez pas surpris que vous ne connaissiez rien de ce qui arrive aux Philippines, au Sri Lanka, ou en Côte d'Ivoire.

Ça me rappelle ce que Chomsky disait à la fin des années 80 dans « Manufacturing Consent » que la principale fonction des médias de masse aux États-Unis était de mobiliser l'opinion publique autour d'intérêts particuliers du gouvernement et du secteur privé.

Je me demande ce que « huis clos » va découvrir quant à la « fonction des médias sociaux »...

(image source)
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Ma série de billets sur #huisclos (mise à jour 7 février 2010)
1- IVI: Interruption Volontaire d'Information : Décryptage. Où on repose les questions du projet (et y réponds).
2- Huis Clos J-1: Où peut-être on sens un petit flottement dans la préparation ou du moins l'annonce du projet.
3- Huis clos J+2: Où on effleure de la difficile tâche de synchroniser les hiérarchies de l'actualité.
4- Huis clos : fin de parcours: Où un #boom permet de voir le travail de filtrage à l'oeuvre.
5- « Ce qu’on a découvert grâce à Huis Clos sur le Net » : Où on ne cache pas notre perplexité face à certaines "conclusions".

Comment promouvoir un film avec le web et les médias sociaux

Comment promouvoir un film avec le web et les médias sociaux? Je réponds en live et en public avec Sacha Declosmesnil, mardi prochain 9 février 2010, 17h00-19h30

Carte blanche Multiplateforme : Réseaux sociaux, consultations en direct.

Carte blanche à deux spécialistes en stratégie web & réseaux sociaux : Martin Lessard, Sacha Declomesnil.

La 4e Carte blanche est entre vos mains ! Nous vous invitons à proposer des cas pratiques jusqu’au 20 janvier (une réalisation ou un thème). Les consultants choisiront 6 cas et les travailleront avant la rencontre. Le fruit de leur recherche sera livré pendant l’atelier... C’est ce qui s’appelle une consultation en direct !

L’INIS, FCTNM et le RPM, se sont associés pour proposer cette série d’ateliers pratiques et interactifs reliée aux nouvelles plateformes. Des personnalités de terrain sont invitées à partager leurs expériences et communiquer leur savoir-faire. Les 6 thèmes définis par les organisateurs permettront de couvrir les questions clés relatives à la convergence : de la création de contenu à la mise en marché.
- Une initiative soutenue par Téléfilm Canada, le Fonds Bell, Astral Media, CTVM, Le lien multimedia

Lieu : Salle de visionnement – Edifice Astral Media – 2100 Sainte-Catherine Ouest – 2e étage – métro : Atwater

Prix pour les membres INIS, FCTNM, RPM : 20$ - Non membres : 30$ Pass 6 conférences : 100$ pour les membres, 150$ pour les non-membres Participation limitée à 50 personnes Chaque atelier est précédé d’un cocktail de réseautage.

Lien.

31 janvier 2010

L'avent du livre électronique

L'attente messianique du livre électronique (comme, par exemple, la 3ième table biblique offerte par La Pomme cette semaine) suggère-t-il la fin de la «lecture». Je porte à votre attention un bon billet de Jean Larose qui semble le croire.

worth1000L'intellectuel québécois Jean Larose, dans l'Avent du livre électronique, publié dans le Devoir d'hier, est un autre cri du coeur* d'écrivain voyant la "montée" d'Internet et de sa "culture" comme barbare: «Une nouvelle humanité est en gestation dans la matrice, à qui l'étrange mot de «lecture» n'inspirera qu'un sourire de barbare supérieur. »

«Un spectre hante le monde du livre. [...] Le livre électronique n'est pas encore réel, mais chacun sent que toute résistance est vaine». Il s'en prend aux évangélistes, pourrait-on dire, qui annoncent un monde meilleur (Pierre Assouline, Hubert Guillaud, Brad Stone).

En particulier parce qu'ils prêchent une pratique d'une nouvelle lecture qui n'est ni encore effective ni réelle selon lui («je ne connais personne qui ait lu un livre au complet sur un écran»)

Les révélations des «croyants» aux nouvelles pratiques hypertextuelles semblent braquer l'auteur. «L'Avent du livre électronique répond en réalité à une vaste intimidation exercée contre tout ce qui réfléchit seul, lit seul, écrit seul

Je ne sais d'où vient cette sensation de persécution.

J'aimerais bien la comprendre parce qu'elle revient souvent: ceci tuera cela? Je ne crois pas. Nostalgie? Incompréhension? Une erreur de diagnostic? Ou tout simplement des appels de phare pour annoncer un naufrage de la pensée?

Pourtant même à la lecture de Pierre Assouline, qui écrit si bien,( N’ayez pas peur, ceci ne tuera pas cela !) il ne semble pas convaincu.

Sommes nous dans un dialogue de sourds?

Mise à jour: voir la réponse d'Hubert Guillaud à ma question sur La feuille

À lire aussi sur Zéro Seconde sur le même sujet:

* Autres cris du coeur dans Le Devoir dans la dernière année

  • Christian Rioux : "la lecture de longs articles sur internet [étant] tellement fastidieuse qu'elle favorisait le zappage au lieu de la concentration [entraînant] une grave régression intellectuelle" ( Voir mon billet Épidemie blogueuse)
  • Jean-François Nadeau : "Jusqu'à preuve du contraire, le Web ne permet guère une réflexion dans la durée.»(voir mon billet Trois choses dont le livre n'a pas le monopole)
  • Louis Hamelin: «Dans ce merveilleux monde de la Gogosphère où la petite culotte d'une chanteuse et un coup d'État en Ouzbékistan avaient exactement le même poids.» Le devoir, samedi 3 janvier 2009, p. e7
  • Gil Courtemanche: «Tout est permis. C'est le message du monde Web, d'un univers dépourvu dorénavant de références et de paramètres.» samedi 19 septembre 2009, p. c2
Mais au Devoir (heureusement) chacun est «libre de penser».
Source image
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30 janvier 2010

Huis Clos J-1

C'est J-1 avant le début de l’opération « Huis Clos sur le net » où cinq journalistes des radios publiques francophones n'auront ni télévision, ni radio, ni presse écrite, ni dépêches d'agence, mais seulement accès à l'information qui émerge de Facebook et Twitter (voir mon analyse préliminaire: IVI: Interruption Volontaire d'Information).

Leur blogue est maintenant ouvert: le premier billet, très laconique, ne révèle rien de plus. Pas de contexte, pas de liens vers une page expliquant le projet et surtout pas de "hashtag", le mot clef sur Twitter pour colliger bottom up les infos sur le projet.

Pas de contexte?
Il n'y a effectivement pas de trace de contexte explicité : le contexte sera probablement donné par les radios qui participent à l'événement. Il le sera probablement aussi par les réseaux sociaux: pour se rendre sur le site on suivra un lien, en provenance d'une autorité cognitive ou influente, où son sens sera suffisamment explicité pour qu'il donne envie de le suivre.

Le contexte est principalement implicite: il faut être au courant du projet pour découvrir et suivre le blogue (assez courant dans la blogosphère)

Un des journalistes participants, Benjamin Muller, a tweeté "il est temps que #HuisClosNet commence, car on commence à lire tout et n'importe quoi sur le net à ce sujet !!". Je ne sais pas à quoi il fait allusion, mais s'il a déjà cette attitude, il n'est pas au bout de ses peines. S'il y a un déficit d'information, hyperlier les pages qui parlent du projet ne nuirait certainement pas. Ou les compléter non plus. Il y aurait peut-être moins de confusion et alors un tweet vers la page pourrait répondre à bien des questions...

Pas de tag?
Un certain soin a été porté à la diffusion de l'expérience à travers les médias traditionnels (rencontre de presse, interview), mais curieusement, comme aucun hashtag n'a été proposé sur le blogue, on se demande comment ils pensent pouvoir agréger les commentaires en ligne.

Une bonne pratique qui émerge lors de rassemblement qui implique une participation en ligne décentralisée est d'offrir une "hashtag" qui permet aux gens de se "retrouver" et se suivre mutuellement.

Les tags qui émergent actuellement sont #huisclos et #husclosnet. J'aime l'originalité de #8clos (très court) mais moins #huisclossurlenet (trop long). Un hashtag coordonné aurait pu éviter de perdre de nombreux caractères: comme #hcn mais il est plutôt cryptique et trop tard pour le lancer bottom-up.

Un tag parallèle : #perigord, utilisé principalement de façon ironique, comme dans "j'informe le #perigord : le tremblement de terre en Haïti est un coup de la CIA".

Pas de liens?
Par contre, ce qui est intéressant à noter, c'est l'absence totale de lien vers les comptes Twitter ou Facebook des journalistes. Peut-être une politique internet ou une difficulté technique. Ou une volonté de ne pas "exposer" leurs journalistes?
Comme je l'ai mentionné plus tôt cette semaine, les réseaux sociaux vont plus tôt devenir les observateurs et non les observés et que les journalistes vont avoir des supporters de bonne foi pour les "alimenter" en info du monde "extérieur', modifiant considérablement l'expérience.
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Webographie
Le projet :
Huis clos sur le net (les radios francophones publiques)
Les comptes Twitter
@HuisClosNet/lesjournalistes
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Ma série de billets sur #huisclos (mise à jour 7 février 2010)
1- IVI: Interruption Volontaire d'Information : Décryptage. Où on repose les questions du projet (et y réponds).
2- Huis Clos J-1: Où peut-être on sens un petit flottement dans la préparation ou du moins l'annonce du projet.
3- Huis clos J+2: Où on effleure de la difficile tâche de synchroniser les hiérarchies de l'actualité.
4- Huis clos : fin de parcours: Où un #boom permet de voir le travail de filtrage à l'oeuvre.
5- « Ce qu’on a découvert grâce à Huis Clos sur le Net » : Où on ne cache pas notre perplexité face à certaines "conclusions".

28 janvier 2010

IVI: Interruption Volontaire d'Information

«Huis clos sur le net». Cinq journalistes s'isoleront cinq jours durant, coupés de tous médias traditionnels, avec pour seule mission de "resté informé" à travers "les réseaux sociaux" comme seules sources. Décryptage.

Ile déserte

Du 1er février au 5 février 2010, cinq journalistes des radios publiques francophones n'auront ni télévision, ni radio, ni presse écrite, ni dépêches d'agence, seulement l'information qui émerge de 2 réseaux sociaux, Facebook et Twitter.

Mais la réelle expérimentation de ce projet n'est pas là où on le pense...

Description du projet «Huis clos (sur le net)»
«L'idée, c'est de comprendre quelle représentation du monde on se fait à travers les réseaux sociaux, nous allons tenter de faire le tri entre les informations très vite relayées et la surabondance d'humeur» explique un des journalistes à Stéphane Baillargeon dans Le Devoir.

«Notre but est de démontrer qu'il y a différentes sources d'information et de voir la légitimité de chacune de ces sources », ajoute Hélène Jouan, directrice de la rédaction de France Inter dans la Dépêche.

On annonce que ce "jeu" consiste à simuler une consommation d'information strictement limitée au "tweet" et "status" de la communauté en ligne, avec la seule exception d'un suivi de lien (c.-à-d., dans un message Facebook ou Twitter, ils peuvent cliquer sur un lien qui mène à une page web, mais sans cliquer plus loin - le surf est interdit). «Comment être informé et informer à son tour, quand on est coupé des sources traditionnelles d'information ?»

Sur le site des Radios publiques de langue française, qui lance cette initiative "inédite", on dit vouloir mesurer la valeur des infos diffusées sur les réseaux sociaux en se posant ces questions:

  1. La lecture du monde, dans ces conditions, est-elle pertinente ?
  2. Est-on informé de la même manière qu’avec les médias classiques ?
  3. Comment se construit alors l'information ?
Philippe Chaffanjon, directeur à France Info ajoute : «Cette expérience ne cherche pas à démontrer que les médias traditionnels sont indispensables, au contraire. Ce que nous cherchons à faire est de savoir si on s'informe de la même façon à travers les réseaux sociaux qu'à travers les médias traditionnels» (source en anglais) (PressGazette, ouvert, citant Le Parisien, verrouillé)

Pour plus de détails sur le projet, ici: Huis clos sur le net sur France-Info.

Un projet peut en cacher un autre
Que ce projet s'appelle "huis clos" étonne beaucoup: être sur le net est exactement l'inverse d'un huis clos. Qui plus est, sur les réseaux sociaux! Alors comment expliquer qu'un journal titre "Journalistes coupés du monde" (La Dépêche et Le Républicain Lorrain) (l'emphase est de moi)

C'est que, contrairement à ce que le projet laisse entendre, l'isolation n'est pas là où on le pense: un "huis clos" pour ces journalistes, c'est s'isoler de leurs confrères, de leurs réseaux de sources fiables.

Ils ne vont pas seulement être "coupé des sources traditionnelles d'information", ils seront surtout coupés de leur réseau de contacts et de validation!

Dans ma tête, la vraie mission je préfère la résumer tout de suite ainsi:

  • Reformulons: Nos 5 journalistes pourront-ils faire leur boulot de journaliste seulement avec les 2 réseaux de contacts en ligne (et sans pouvoir valider par téléphone, ni par courriel, et surtout sans surfer sur le web pour trouver des répondants ou recouper les sources)?
L'enjeu ici en est une des autorités informationnelles en ligne: comment se crée une autorité cognitive sur Internet dans un monde de surabondance d'information où l'internaute doit développer de nouvelles stratégies pour trier et filtrer l'information. Espérons qu'ils vont partager leurs découvertes et non seulement de cocasses anecdotes.

La candeur des 3 questions citées plus haut peut faire sourire, mais essayons d'y répondre plus bas, question d'éviter que le débat entourant le projet s'enlise trop facilement dans un combat "bonne information" versus "mauvaise information" ou que l'on rejette du revers la main le projet en le pensant pipé d'avance (Numerama -- qui aurait dû tourné 7 fois son clavier entre les mains avant de publier).

Mais il faut admettre qu'il est normal que certains puissent être dubitatifs devant le projet en apprenant les grandes lignes:

«Il y a une volonté de démontrer la supériorité des médias traditionnels pour s'informer. C'est comme si on se disait: "On va utiliser le téléphone, mais on n'aura pas accès au bottin". Il faut poser un regard plus nuancé sur ces outils et l'usage qui en est fait.» ( Colette Brin, professeure agrégée du département d'information et de communication de l'Université Laval cité par Stéphane Baillargeon dans Le Devoir)

Frederic Montagnon, entrepreneur internet, ajoute sur son blogue «On serait mieux informé en habitant à côté de la maison de la radio à Paris que dans un gîte rural dans le Périgord? Sourire.» (source)

C'est vrai que la page web du projet Huis clos sur le net est plutôt laconique sur les raisons sous-jacentes et que les règles sont particulièrement ambitieuses.

Plusieurs journalistes nous ont longtemps habitués à une caricature du phénomène des réseaux sociaux. Alors, ne boudons pas notre plaisir quand on nous propose d'en isoler cinq d'entre eux pour qu'ils nous donnent leur point de vue à chaud... de l'intérieur. D'autant plus que dans la blogosphère, la question de qui informe qui a été évacuée il y a longtemps. On se demande vraiment ce que pourrait être «une lecture du monde SANS les médias traditionnels».

Tirons donc des hypothèses et tentons de comprendre ce qui va se passer la semaine prochaine.

1- «La lecture du monde, dans ces conditions, est-elle pertinente ?»

Ce n'est pas un reproche, mais pour ceux qui s'intéressent aux médias, on se demande si les contraintes qu'ils se sont données a priori (défense de surfer) ne biaisent pas le but de la recherche (y a-t-il une pertinence à lire le monde via les médias sociaux SANS surfer le web?). Mais si on est prêt à jouer le jeu, on doit relever trois mises en garde:
Premièrement, il faut comprendre tout de suite que d'objet d'étude pour ces journalistes, les réseaux sociaux vont plus tôt devenir les observateurs d'une étude inversée où ce sont eux qui deviendront les cobayes et non l'inverse. Ou tout au moins, l'observateur et l'objet d'observation seront en forte interaction. Au pire, l'observateur devient l'observé.

Deuxièmement, tout en reconnaissant que le huis clos est impossible (le public est au contraire tenté de s'inviter), l'isolation relative n'est pas "inédite" : une bonne partie de l'intelligentsia de la webosphère, déjà férue d'interruption volontaire d'information traditionnelle, s'y adonne régulièrement. Ce qui est inédit, ce sont les règles plus strictes (usage limité à Facebook et Twitter) qui accentuent la dépendance aux filtres sociaux d'une façon artificielle.

Troisièmement, les conclusions à la question «La lecture du monde, dans ces conditions, est-elle pertinente ?» sont connues d'avance. Rémy Charest les résume en trois points:

1- Twitter et Facebook sont des illustrations parfaites de l'idée d'auberge espagnole: on y trouve bel et bien ce qu'on amène avec soi.

2- On n'y signale pas nécessairement les nouvelles les plus importantes (déjà reprises ailleurs) mais souvent celles méconnues.

3- À peu près tous les médias offrent des fils de diffusions sur les réseaux sociaux.

Si on tient compte du point 3, les journalistes devront purger leurs signets --ce qu'ils feront (source)-- car effectivement on peut suivre tous les médias dans les réseaux sociaux sans jamais passer par un intermédiaire.

Mais voilà, en ne suivant uniquement que les fils médias, ce serait manquer ce qui fait la particularité des réseaux sociaux --conversation, percolation en direct de l'information, empêcheurs de penser en rond, etc.).

De plus, pour éviter de dénaturer leur projet, ils devraient aussi exclurent leurs "intermédiaires informationnels" fiables habituels (iront-ils jusqu'à les bloquer si leur réseau de confiance cherche à les recontacter?).

Les nouveaux "intermédiaires" devraient provenir d'un nouveau cercle (ce qui est plus passionnant comme défi) et ils devraient éviter de rebâtir leur cercle déjà existant (ce qui est la raison de l'absence de téléphone et de carnets d'adresses).

La vraie essence du projet consiste à faire passer ces journalistes sous respirateurs informationnelles durant tout leur séjour et les sevrer des canaux habituels en ne s'abreuvant qu'à ce qui sera poussé dans les réseaux vers eux pour enrichir leur veille.
On commence à voir, maintenant, que ce sera moins une étude sur les réseaux sociaux que sur les réseaux journalistiques: ils seront en mesure durant 5 jours de mesurer tout ce qui leur manque "hors ligne" pour bien filtrer ce que qui est en ligne...

2- «Est-on informé de la même manière qu’avec les médias classiques ?»

On peut prévoir tout de suite qu'une des trois possibilités d'interprétations suivantes émergera à la suite de l'expérience (dépendant des intérêts et compétences personnels des "Robinsons des communications").

a. Les réseaux sociaux désinforment et ne sont pas pertinents (si on suit @oprah et @aplusk)
b. Les réseaux sociaux informent autant que les médias (si on suit @lemondefr et @nytimes)
c. Les réseaux sociaux complémentent bien les médias trad (si on suit @rue89 et @martinlessard) (joke ;-)

La réponse serait entre b et c. Les réseaux sociaux, contrairement aux journaux, sont des coquilles vides dont la valeur dépend de ce qu'on y bâtit.

Nos journalistes dévoileront plutôt la compétence "transmettrice" du réseau qu'ils ont bâti (c'est donc leur propre "représentation du monde" qu'ils ont construit plutôt qu'un quelconque portrait "des réseaux sociaux" at large).

Ils dévoileront aussi leurs compétences techniques et stratégiques, car la consommation passive d'information ne fait toujours qu'un temps:

  • Quels mots-clés (hashtag) vont-ils suivre sur twitter?
  • Quel groupe vont-ils suivre sur Facebook?
  • Comme vont-ils interpréter les signaux fiables pour hiérarchiser l'information?
  • Et puis, de quelle hiérarchisation est-il vraiment question ici?
Les médias n'ont plus le monopole de "setter les agendas": les médias sociaux sont aussi un percolateur de "sujets d'actualité" (lire mon billet sur l'agenda-setting).

Alors, évidemment non, dirons-nous en guise de réponse, on n'est pas "informé de la même manière qu'avec les médias classiques".

La question à se poser aurait dû être plutôt «Quels sont les codes de reconnaissance sur lequel le journaliste se reposera pour décréter une information pertinente?»

3- «Comment se construit alors l'information ?»

Se constituer un réseau social fiable pour relayer une information de qualité exige temps et compétence. Les journalistes démontreront sans aucun doute leur savoir pour décoder "l'information de l'humeur". En se coupant de leurs pairs journalistes et en se fondant dans les réseaux sociaux, ils auront à rebâtir leur réseau de confiance.

Alors, pour répondre à la question, on doit se poser celle-ci : «Comment se forme les nouveaux réseaux de collaboration entre pairs reposant sur la confiance ?» Le court laps de temps (5 jours) pour rebâtir un réseau rend la tâche plus ardue, mais pas impossible (on verra pourquoi à la fin).

On aimerait bien connaître la façon qu'ils développeront pour discriminer les différents acteurs susceptibles d'entremettre des informations de qualité. Y aura-t-il une réelle collaboration dans le nouvel écosystème qui est maintenant en place entre des relais hors institutions et ceux qui les valident dans les médias classiques?

Il m'apparaît clair que l'usage de Facebook et de Twitter sera très différencié. Je pari sur la supériorité de Twitter pour piquer la curiosité (première ligne d'alerte) et sur Facebook pour donner un peu plus de contexte (Facebook en particulier pour le journaliste québécois qui a annoncé qu'il veut "tenter l’expérience sans sortir des deux sites" (Numérama)).

Au final, un Tweet avec un lien sera définitivement plus performant pour le but de l'expérience (s'informer), ne serait-ce que par son côté ouvert (une information relayée circule plus loin) et l'effet de chambre d'écho (on peut suivre un mot clé sans nécessairement être abonné à un fil).

L'Information se "coconstruit" en développant des affinités, des liens de confiance, basés sur les intérêts mutuels. On touche ici le thème l'identité numérique. Malheureusement, les règles imposées empêchent de valider en ligne, car il faut pour ça surfer.

On peut conclure

Ce sera plutôt «Huis Clos suivi de Les Mouches». Bon OK, le jeu de mots est ringard (Huis Clos de Sartre est souvent suivi par Les mouches dans les collections de poches), mais l'image est la bonne: ce huis clos numérique sera suivi par un essaim de lecteurs numériques.

Et ça, c'est l'ultime donnée non prévue dans ce projet: si la webosphère s'empare du phénomène, comme je l'ai signalé dans ma première mise en garde, il faudra composer avec un bombardement de messages de toute part. Mais seront-ils de l'intox ou de l'info?

- Intox: on peut s'inquiéter (à tort) que de fausses informations leur sera transmises pour les tromper. Mais pour ça il faudrait que tout le monde se mette de connivence. Or j'ai déjà souligné dans un billet antérieur à quel point les réseaux sociaux induisent une imputabilité de l'émetteur: quand je transmets une fausse nouvelle, c'est à tout mon propre réseau que je le transmets et non à une seule personne!

- info: je crois plutôt que le réseau abreuvera le réseau des 5 journalistes de plein de détails. Ils seront gavés d'info et n'auront que l'embarras du choix.

Si l'accès à l'information n'est plus un problème, alors la capacité de traitement de cette information sera le vrai défi: que leur restera-t-il à faire? "Ré-hiérarchiser" l'information! (lire Olivier Ertzscheid Twitter : le hiératique contre le hiérarchique). Dure tâche quand on est "coupé du monde" (des journalistes).

Mais quelle est la signification de faire du journalisme sans être avec des journalistes?

Ma foi, cela démontera qu'il n'existe pas de différence fondamentale entre les processus de hiérarchisation "amateur" et "professionnel". À compétence égale les deux feront tout aussi bien. Le journalisme se distingue seulement par son appartenance au groupe des journalistes qui ont le pouvoir de concentrer l'attention de leur (large) audience.

Mais dans le nouvel écosystème de l'information qui se met en place, et dont ce projet est une belle illustration, ce sera plutôt l'audience qui concentrera l'attention de ce (petit) groupe de journalistes...

L'équipe de Huis clos sur le net (stats en date de mercredi matin)

Communiqué Huis clos sur le net sur France-Info.
@HuisClosNet 0 tweets, 5 Following, 374 Followers,16 Listed
@HuisClosNet/lesjournalistes 295 followers de la liste

@Benjamin_Muller 142 tweets, 341 Following, 367 Followers, 38 Listed
@nicolaswill 12 tweets, 99 Following, 100 Followers, 12 Listed
@janictremblay 54 tweets, 256 Following, 245 Followers, 27 Listed
@zizou78700 53 tweets, 67 Following, 133 Follower, 20 Listed
@AnnePauleMartin 147 tweets, 154 Following, 195 Followers, 14 Listed
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Ma série de billets sur #huisclos (mise à jour 7 février 2010)
1- IVI: Interruption Volontaire d'Information : Décryptage. Où on repose les questions du projet (et y réponds).
2- Huis Clos J-1: Où peut-être on sens un petit flottement dans la préparation ou du moins l'annonce du projet.
3- Huis clos J+2: Où on effleure de la difficile tâche de synchroniser les hiérarchies de l'actualité.
4- Huis clos : fin de parcours: Où un #boom permet de voir le travail de filtrage à l'oeuvre.
5- « Ce qu’on a découvert grâce à Huis Clos sur le Net » : Où on ne cache pas notre perplexité face à certaines "conclusions".

19 janvier 2010

Du financement pour la web-télé au Québec!

Le Fonds indépendant de production (FIP) a approuvé un programme pilote de financement de séries dramatiques destinées aux plateformes de diffusion numériques!

«Dans un contexte où les sources de financement pour les webséries sans licence d’un télédiffuseur sont limitées, le soutien du FIP stimulera le développement de nouvelles formes de contenu.»

Bonne nouvelle!
La contribution aidera les producteurs indépendants à explorer des «formes narratives innovatrices pour la diffusion de séries dramatiques de grande qualité». Le FIP supporte les concepteurs de contenu Web à développer de la fiction sur les plateformes numériques.

Dates de dépôt 2010

31 mars Séries dramatiques pour le Web: Soumission de projets et Projets spéciaux

1er mai Séries dramatiques pour la télé et Projets spéciaux

15 octobre Séries dramatiques pour le Web (selon disponibilités de fonds),

Détails de soumissions de projets sont disponibles ic: www.ipf.ca

140 petites frappes dans le temple des médias

Les médias traditionnels se sont faits détrônés sur deux fronts : rapidité et quantité. Avec Haïti (et l'Iran, et Hudon River, et Mumbai...) qui ne voudra pas croire que les médias sociaux s'imposent comme un acteur de premier plan pour "écrire un premier jet de l'histoire qui se déroule"?

Les médias sociaux à l'assaut des médiasUn nouvel écosystème médiatique s'est mis en place. Avec Twitter, et autre micromessagerie, toute personne peut (potentiellement) "informer la planète" via un simple message texte. Les médias sociaux offrent un genre de "scoop", une nouvelle "brute" qui bouillonne rapidement et créent des remous, avant de passer dans les grands médias.

"Première ligne d'alerte", les médias sociaux ne court-circuitent les médias que dans les premières heures "d'un événement spectaculaire". Comme si les "nouvelles d'intérêts publics" étaient sélectionnées et prises en main par les principaux intéressés.

Couvrir l'actualité en son nom
Mais dans un micro-message de 140 caractères, qu'est-ce qui est transmis? 140 caractères ne produisent ni information ni analyse, au sens journalistique. Ce sont des "titres" d'une actualité en construction. Un nouveau sens doit être donné à "couvrir l’actualité brûlante" (ou plutôt "couver l'actualité" comme on dit "couver une grippe" ;-)

Si le micro-message est comme un court télégramme, alors c'est l'amoncellement de télégrammes qui remplit la fonction d'expliciter le contexte, de donner une certaine "dimension" à l'actualité qui se construit. L'information en réseau est une information en fragments, démultipliée, brute, authentique.

«Authentique» car Twitter a réussi une chose: l'imputabilité de l'émetteur.
Sur Twitter, on doit monter sa propre audience, un a un. C'est un dur labeur et chaque abonné ("followers") doit être mérité et est un labeur de chaque instant (cessez d'être pertinent, et on se désabonne).

Du coup, exit les spammeurs et autres trolls débiles. Pas qu'ils n'existent pas , mais ils ont plus de difficulté: quand ils "spamment", ils affectent leur propre réseau en fait. Qui veut "suivre" un spammeurs, un troll? Plus ils agissent, moins ils ont de "followers".

Ça ne garantit évidemment pas la validité d'un "tweet", bien sûr. Mais si vous montez patiemment votre réseau, vous vous créez une notoriété et une autorité que vous êtes tenu de maintenir le même niveau de crédibilité sous peine d'être rejeté rapidement. C'est votre identité en ligne qui est en jeu. On en a vu des exemples lors des "rumeurs" sur la mort supposée de Johnny et la mort cachée de Lhasa.

Greffe prise, rejet impossible
Les médias traditionnels s'adaptent tant bien que mal à cet ajout dans la chaîne. On a vu cette semaine deux chaînes de télévision importantes incapables de recueillir des interviews lives de première main sur le terrain des opérations de secours en Haïti parce qu'ils n'avaient pas Skype d'installer ou ne savaient comment les utiliser.

«Vous pouvez aider Haïti de l’endroit où vous êtes déjà.[...] Vous pouvez aussi faire des reportages sur Haïti via l’extérieur, avec l’aide des ressources locale déjà présente, sans engorger inutilement le théâtre des opérations.» raconte Michelle Blanc dans Internet Haïti – Les retombées positives d’un simple billet. On voit même des initiatives en ce sens (voir Pierre Côté en communication directe avec Haïti via Skype) en direct sur ustream.

Pour les journalistes, l'ajustement est en train de se faire. (J-C Féraud, a résumé à quoi ressemblerait un «kit de survie à l'heure de la révolution digitale» pour les journalistes). Il ne s’agit pas d'abdiquer bien sûr le rôle de validation de l'information. On s'attend à de la retenue tout de même de la part des médias traditionnels (lire à ce sujet Paul Cauchon dans le Devoir: Haïti, le défi médiatique).

Mais la greffe est prise. Il faut prévoir maintenant un bras de fer avec la possibilité que les journaux se referment derrière des portes payantes (voir la rumeur entourant le NYTimes), dernier mouvant de plaques tectoniques dans l'installation dans ce nouvel écosystème. Ce n'est pas une question de gratuit versus payant, mais bien bien d'économie du lien: comment hyperlier vers des portes payantes? Et surtout comment se faire remarquer dans un monde aux prises avec une surabondance d'information?...

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18 janvier 2010

NYTimes + iSlate =$ ?

La rumeur circule depuis hier matin, New York Magazine rapporte que le New York Times tentera une fois de plus de faire payer les internautes. Tiens, juste à temps pour la sortie probable de la fameuse «tablette Apple» (qui est aussi une rumeur persistante depuis une semaine). Changement en vue?

Serait-on arrivé à ce tournant tant attendu où la fin de la récréation résonne? Le tout gratuit de l'info journalistique a-t-il fait son temps?

Le NYTimes avait tenté avec TimeSelect d'offrir un abonnement à certains chroniqueurs réputés, sans grands succès. Pourtant, le gratuit a amené le journal new-yorkais à devenir le journal de référence globale en langue anglaise. Remettre le contenu derrière un mur payant nuira-t-il à sa notoriété? Il semble que le temps est venu de faire payer le lecteur en ligne...

Le milieu, en mal de plan d'affaires, regardera attentivement l'expérience de près, à n'en pas douter. Mais il me semble que la sortie possible de la tablette Apple («iSlate»?) fait partie de l'équation. Si c'est le cas, faut-il s'attendre à une répétition de l'iTunes et de l'iPod (pour la musique) et de l'Iph
one (pour la téléphonie)? Dans ce cas Apple prépare la sortie de chemin de Damas pour le contenu journalistique en ligne avec sa tablette.

Deux rumeurs, certes, mais leur cooccurrence semble trop bien arrimée...

[Mise à jour: La rumeur pour le NYTimes s'est avéré vraie, mais le portail payant est prévu pour l'an prochain seulement, janvier 2011.]

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17 janvier 2010

Avatarisation de Facebook

Facebook change ses paramètres de confidentialité, transformant les épais murs en minces parois de verre. Changez les conditions d'un environnement et vous verrez ses habitants changer leur comportement. Exit la sincérité, bienvenue aux avatars!

Facebook permet maintenant de voir TOUS les profils des membres à moins de changer ses paramètresFacebook s'est fait reconnaître pour une plateforme de socialisation fermée, où les échanges à l'intérieur n'étaient pas accessible sur Internet à moins d'être (1) membre de Facebook et (2) "ami" avec la personne (ou encore "ami d'amis"). Les changements de paramètres de confidentialité changent la donne et ouvrent à tout vent les contenus intimes de millions de gens.

Cette brusque lumière braquée sur nos échanges épistolaires numériques engendra une rapide «mise en scène» des profils au détriment d'une "franchise", peut-être naïve, mais créateur d'un véritable échange.

Facebook n’est officiellement plus un réseau social fermé, mais une plateforme sociale ouverte (lire Fred Cavazza, «Comment les nouvelles règles de Facebook vont modifier le comportement des utilisateurs», 13 janvier 2010).
«[ L]a confidentialité est un élément moteur dans la dynamique communautaire, changez les règles et vous changez la façon dont les utilisateurs vont se comporter» raconte Fred Cavazza dans un texte à la fois intelligent et intelligible sur le changement de stratégie radicale de Facebook.

«[...] Facebook a depuis le début affiché une volonté de privatisation des échanges, ce qui a participé à son succès pour en faire le lieu de rencontre et de partage de référence dans le monde. Mais maintenant la donne a changé : Les profils sont devenus publics par défaut et tant pis pour les informations personnelles et photos que vous avez publié il y a plusieurs mois / années», dit-il, en tablant sur le fait que peu de personnes iront changer leurs paramètres de confidentialité. Autrement dit, les paramètres «par défaut» ont changé, donc ne rien faire équivaut à accepter le changement.

«[...] la confidentialité est un élément moteur dans la dynamique communautaire, changez les règles et vous changez la façon dont les utilisateurs vont se comporter.» Quels comportements? D'échange épistolaire de l'intime ou du privé, la communication sur Facebook devient publique et un profil se transforme de facto en avatar.

Source des citations: Fred Cavazza, «Comment les nouvelles règles de Facebook vont modifier le comportement des utilisateurs»
Notez bien que la possibilité de retourner aux paramètres privés est possibles, mais sera sûrement peu suivi par la masse...

L'avatar, ambassadeur numérique de l'individu
On imagine souvent l'avatar comme une représentation fantaisiste d'une personne (voir les images associées, les pseudonymes ou les descriptifs dans certains profils de forums ou de plateformes de socialisation)

Mais on oublie que l'avatar peut être votre visage, votre nom et vos "status update": ils créent à eux seuls un avatar en ce sens qu'ils ne sont pas «vous», mais «votre représentation numérique».

L'avatarisation de Facebook signifie que les profils devenus publics auront tendance à contrôler leur image sur la place maintenant ouverte. De la même manière que vous contrôler votre image dans l'espace public.

Vous avez déjà un avatar
Il ne faut pas voir l'avatarisation comme un mal issu du numérique, ce phénomène existait bien avant (même s'il ne portait pas ce nom):

  • Votre CV est votre "avatar" dans le monde professionnel
  • Le choix de votre cravate, de votre robe, votre coiffure ou votre maquillage
  • La marque de votre voiture, votre marque de bière «préférée»
  • Vos sujets de conversation, vos intérêts dévoilés
Tous ces choix que vous vous faites en public révèlent qui vous êtes. Ou plutôt, il révèle pour qui vous voulez vous faire passer. Ensuite, l'adéquation entre le réel et le projeté est une autre affaire : la tension pour équilibrer la "véracité" dépend de la culture sociale ambiante (et changeante).

Mais vous devez reconnaître tout de même que vous avez déjà «avatarisé» votre image publique.

La maison de verre
En en discutant avec Patrick Tanguay dans les jours qui ont suivi la publication de l'article de Fred Cavazza, on remarquait outre l'incongruité du geste de Facebook (ils cherchent à se positionner sur le terrain de Twitter, le "real time", un beau cas inversé où c'est le Boeuf qui veut se faire plus petit que la grenouille), la communauté se retrouve sans réelle alternative:

où aller aller si on veut retrouver l'intimité des premiers temps sur Facebok? y a-t-il une autre alternative? Une place "publique" fédératrice qui permet des "alcôves d'intimité"?

Si plusieurs voient les réseaux sociaux comme une façon de se faire de la visibilité (en lien avec ce que je prône pour les professionnels), je crois, malheureusement pour Facebook, que puisque la grande majoritédu public ne s'y intéresse pas, il lâche du coup la proie pour l'ombre...

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13 janvier 2010

Un Pearl Harbor numérique?

La nouvelle est tombée en milieu de journée, hier, non pas sur les fils de presse ou via une conférence de presse, mais, signe des temps (s'il en fallait un supplémentaire), sur le blogue officiel de Google: A new approach to China révèle les détails d'une attaque cybernétique sur le réseau Google en Chine (et sa réponse). Très révélateur des changements à venir.

Avions se préparant pour un bombardemantComme pour beaucoup d'autres organisations internationales, les attaques de pirates cybernétiques sont courantes. Google a subi à la mi-décembre , apprend-on dans le billet signé par le Chief Legal Officier, une attaque d'une ampleur remarquable ("attaque très sophistiquée et ciblée [de taille]") sur ses infrastructures qui s'est révélées non pas être un incident de sécurité habituel, mais une attaque en règle et massive contre «au moins une vingtaine [d'autres] grandes entreprises».

À l'issue de l'attaque, il était clair, selon Google, que l'objectif premier des assaillants était l'accès aux comptes Gmail de militants chinois des droits de l'Homme. L'attaque semble avoir échoué. «Seuls deux comptes Gmail semblent avoir été consultés, et [...] l'activité était limitée aux informations des comptes (comme la date à laquelle le compte a été créé) et ligne d'objet, plutôt que le contenu des courriels eux-mêmes

Ouverture des hostilités
C'est ensuite que ça se corse, et vous verrez pourquoi cette attaque-surprise me semble un Pearl Harbor numérique.

Dans le cadre de leur enquête interne, Google a découvert que des comptes de divers usagers Gmail à travers le monde (et comme par hasard, des défenseurs des droits de l'Homme) ont été systématiquement «consultés par des tiers» (non pas à travers une brèche de sécurité chez Google, mais à travers de vulgaires «malware» installés sur les ordinateurs des personnes).

Google en a tiré une conséquence politique franchement hors de l'ordinaire. Il mettra carrément la clef sous la porte en Chine si le gouvernement de Pékin ne le laisse pas accomplir sa mission qui est d'offrir l'accès à toute l'information du monde.

Voir le monde de façon différente
Voici les résultats aujourd'hui sur images.google.cn (Chine) pour le terme «Tiananmen»

Recherche de Tianmen sur google.cn

Voici les résultats au même moment sur images.google.com (US) pour le même terme «Tiananmen»
Recherche de Tianmen sur google.cn
Aujourd'hui dans une société de surabondance d'information, rechercher sur le web n'est plus un simple acte technique, c'est une construction d'une représentation du monde et de l'état de ses connaissances à une question posée.

Ici on voit la préoccupation massive des Américains pour un événement géopolitique majeur et on voit que pour les Chinois, elle représente plutôt une information touristique. Ou plutôt, le gouvernement chinois avec ses règles de censures veut le faire croire. Et jusqu'à maintenant, Google y participait...

Chine éternelle
À l'aube d'une décennie naissante on remarque la montée en force de la Chine comme acteur global : après les jeux olympiques en 2008, leur succès dans la crise de 2009, sa victoire morale à Copenhague, et l'exposition universelle de Shanghaï bientôt) et la presse mondiale n'a pas manqué de pointer les inflexions subtiles mais significatives de la baisse de pouvoir des États-Unis face à son nouveau rival (Obama ne reçoit pas le Dalaï-Lama avant de se rendre en Chine; il traite à égalité le président chinois; s'assoie avec le premier ministre à Copenhague; sans compter le silence sur les droits de l'Homme à l'empire du Milieu).

Au moment même où plus aucun politique n'ose affronter le futur dirigeant de la planète, se complaisant dans une attitude si munichoise, on se demande qui va élever la voix et frapper sur la table pour dire que le roi est nu.

Hé bien, Google se lève, tape de rage et revient sur sa décision de "collaborer avec le gouvernement chinois" (voir leur profession de foi en 2006 (En)). Il menace carrément de fermer boutique en Chine si le gouvernement de Pékin ne le laisse pas accomplir leur mission.

Les marchants défendent les citoyens
J'avais déjà remarqué que le géant Internet se substituait de plus en plus à la tâche des gouvernements de protéger ses citoyens, particulièrement du côté de l'information et sa libre circulation.

J'avais écrit dans mon ( Etrangler net ), on se rappelle, que le gouvernement central de la marche nordique de l'empire américain laissait un membre de l'oligarchie local en télécommunication tenter de s'attaquer à la "neutralité du réseau". Google a dû défendre les Canadiens contre leur propre instance gouvernementale.

La liberté d'expression et Internet ne font pas bon ménage en Chine. Mais nos géants favoris -Google, Yahoo, Microsoft- s'y amusaient comme larrons en foire (voir mon billet You got jail ! ). Cette attaque-surprise sonne le glas du "non-interventionnisme" de Google, comme l'a fait Pearl Harbor à une autre époque pour les États-Unis.

Une logique de "guerre" s'enclenche et attendez-vous à une balkanisation du web lézarder Internet selon des lignes de fractures culturelles, politiques et économiques. On commencera par une bi-polarisation de l'imaginaire des mots-clefs...

Enjeu politique
Ce qui s'en suivra, car il ne fait nul doute que Pékin de bronchera pas, est que les marchants deviendront les derniers remparts de la démocratie.

En toile de fond, le capitalisme occidental et oriental s'affronte, sous l'oeil indifférent des nos politiques, pour défendre chacun une vision du monde opposé: l'économie supplante la démocratie comme outil de développement social, et l'issue n'est rien de moins que la pertinence ou non de la démocratie pour le bien-être de la population.

Inutile de chercher la poutre dans l'oeil du voisin, La Canada a déjà choisi son camp en fermant son parlement (lire Démocratie agaçante de Manon Cornellier et Le Parlement nuit à l'économie de Hélène Buzzetti dans le Devoir de ce matin).

Google défend bien sûr ses intérêts. Mais voilà que les droits de l'homme et la démocratie sont à la remorque des commerçants...

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Les médias ne se rendent pas compte qu'ils sont en train de filmer ce qu'ils ont provoqué.

07 janvier 2010

Réseauter en ligne: "no keyword, no candy"

«Réseauter en affaires : une habitude vieille comme le monde !» Mais réseauter en ligne est bigrement différent. Explorons.

réseautageOn se rappelle tous ces pénibles moments dans les cocktails où on sentait "la vente" venir: vendre son CV, vendre ses services, vendre ses talents ou sa compagnie. Pas étonnant que plusieurs pouvaient se vanter de n'entretenir aucun réseau, synonyme d'aucune compromission.

On associe souvent le réseautage à la fâcheuse manie de distribuer ou collectionner des cartes d'affaires

Le réseautage en ligne participe d'une toute autre logique: il ne s'agit plus d'exposer "qui vous connaissez", mais bien maintenant de montrer "ce que vous connaissez" et de "participer à l'échange de connaissance".

«Échange de connaissance»?! Quoi, mais que vend-on alors?

Avant le spécialiste disait: appelez-moi (et payez) pour savoir. La rétention de l'information était l'enjeu numéro 1. Je sais et tu ne sais pas. Paye.

Logique pas mauvaise en soi. Il faut bien vivre.

Mais par contre, dans un monde de plus en plus transparent, où le flux d'information dépasse tout ce qui a pu être imaginé auparavant, la rétention d'information constitue un suicide professionnel. Si vous ne dites pas ce que vous savez sur Internet, on ne vous trouve même pas ("no keyword, no candy").

Participer à la circulation de l'information devient vital, partager ses connaissances (montrer ce que vous savez ou partager ce que vous apprenez) devient un enjeu de taille pour se faire remarquer dans ce monde qui se syntonise de plus en plus sur les algorithmes en ligne. Google montre la voie: pas de contenu, pas d'indexation.

Mais alors que reste-il? Si on dit tout dans un blogue, Twitter, Facebook, qui va nous engager?
Apprenez par coeur cette comptine: ( ">" veut dire est «supérieur à»)

ce que je sais sera toujours > à ce que je peux dire
ce que je peux dire sera toujours > à ce que je peux écrire
ce que je peux écrire sera toujours > à ce que l'autre peut lire
ce que l'autre peut lire sera toujours > à ce que l'autre peut retenir
ce que l'autre peut retenir sera toujours > à ce que l'autre peut dire

Votre valeur tient à cet avantage marginal. Tout le reste n'est que commodité.
Ce qui est partagé aujourd'hui dans les réseaux sociaux, en particulier les réseaux professionnels, ce sont principalement des sources d'information. Mais la valeur reste dans la tête des gens, et c'est le savoir tacite - ce savoir "dans notre tête" que nous avons si souvent du mal à décrire et à expliquer.

Or dans une société de surabondance d'information, le savoir qui compte le plus est le savoir tacite, un type de savoir bien différent du savoir explicite qui lui peut être décrit et diffusé à tous: le savoir tacite ne circule pas facilement. Il demande une très grande "bande passante" de contexte et un bon pouvoir d'interprétation:

Que peut bien signifier un message comme «La stratégie emarketing du #hashtag sur Twitter http://j.mp/8vNZXt»? Il manque trop de contexte pour permettre à une personne hors du domaine de saisir de quoi il en retourne.

Le réseautage en ligne demande ce type de compétence. Il demande d'être en mode partage des aprentissage tout en créant une attirance: celui qui a posté le message plus haut (en l'occurrence Jean-Luc Raymond) exprime sa compétence par le choix du lien (parmi tous les liens possibles et innimaginables) et affiche son utilité (si je m'intéresse aussi à ce lien, il peut peut-être m'aider).

Le réseautage en ligne est en fait un apprentissage continue. En partageant ses connaissances (explicites --on a vu que les connaissances implicites sont difficile à partager) on montre un saine curiosité, un respect pour son audience (dans la constance et a qualité du partage) et même une capacité d'entraide.

En fait le jeu n'est plus un push (on poussait nos compétences dans les cocktails) mais bien un pull (ceux qui ont besoin de votre aide vous retrouveront). Ils se "pré-sélectionnent" d'une certaine façon: s'il n'aiment pas ce que vous diffuser, ils ne vous appellent tout simplement pas...

C'est pour ça que LinkedIn, excellent rolodex de CV, mais très "réseautage 1.0" (il faut "pousser" pour accéder à un réseau) a opté pour la fonctionnalité Question/Réponse: au delà de l'accès à des listes de "compétents" (à travers leur pedigree) on peut juger de leur "compétence" à travers la ou les réponses que la personne donne.

Réseautage en ligne et ses trois avantages:

- Le processus rédactionnel contribue au développement de la compréhension.
- La participation aux échanges de flux informationnels augmente la visibilité et la pertinence d'une personne dans son milieu.
- L'apprentissage en retour nourrie le savoir tacite que l'on possède.

Et c'est le savoir tacite qui a de la valeur!
--
Compléments de lecture

Networking reconsidered, Harvard Business Review, John Hagel III and John Seely Brown.
(4 janvier 2010) Comparaison entre le réseautage traditionnel et en ligne

Vie privée : le point de vue des “petits cons”, InternetACTU, Jean-Marc Manach
(4 janvier 2010) Grand tour d'horizon sur le partage sociale (non-professionnel) des jeunes adolescents

Mes outils web 2.0, Rémi Thibert
(21 décembre 2009) Exemple de partage d'un enseignant: les types d'outils en ligne qu'il utilise

Social Networking: Rethinking Productivity, Steve Pavlina
(23 novembre 2009) Autre exemple de partage: sur les avantage de faire du réseautage sociale

06 janvier 2010

Les 3 catégories de réalité augmentée

Alors que nous réserve de nouveau alors la décennie naissante? Il sera moins du côté médias sociaux (c'était la précédente décennie) que du côté de la « réalité augmentée » où «des objets communicants rendra poreuse la frontière entre le réel et le virtuel, connectant données et les choses, les humains et leur environnement»

Réalité augmentéeAprès l'internet des communautés, c'est l'internet ambiant des objets communicants. En 2010, attendez-vous de voir continuer à déferler la vague de la « réalité augmentée » dans le grand public.

J'ai écrit un article sur le sujet dont la première partie est sortie aujourd'hui sur RézoPointZéro: «Nouvelle décennie, nouvelle révolution : la réalité augmentée (1/2)»

La réalité augmentée, mot générique, (augmented reality en anglais) est aujourd'hui employée de façon plutôt flottante et regroupe divers sens.

Par opposition aux simulateurs et autres cinémas 3D, la réalité augmentée utilise une faible bande passante, une basse définition, un usage constant du réseau (via la webcam notamment) et du cellulaire (via les téléphones de dernières générations).

C’est ce qui la distingue des précédentes innovations plus immersives (et très lourdes).

Virtuel et réel
InternetACTU l'appelle aussi web au carré - pour reprendre l'expression de Tim O'Reilley (Web Squared) - pour évoquer l'évolution géométrique d'Internet. Oubliez le web 3.0, simple incrémentation, nous passerons au web au carré: une communication à deux sens entre le virtuel et le réel. «Nos outils numériques décuplent les infos en enrichissant le contexte de notre environnement physique, et notre monde influence la façon dont les données interagissent entre eux»

Les applications sortent enfin des laboratoires et des ateliers d'artistes où elles ont été développées depuis plusieurs années pour devenir accessibles au commun des mortels. Certaines utilisations sont encore anecdotiques, mais le potentiel est là.

Fille de la réalité virtuelle, les applications de la réalité augmentée se regroupent en trois catégories qui se recoupent partiellement.

Vidéo qui explique la distinction entre la réalité virtuelle et augmentée (Anglais, 2 minutes)


Les trois catégories de réalité augmentée

1- Explorer le 2D en 3D: la première catégorie explore le potentiel de simulation de l'ordinateur via de nouvelles interfaces. On déclenche à l'écran des animations semi-autonomes via des capteurs visuels (webcam). Elle permet l'affichage d'information 3D à partir de code 2D et « augmenter » l'information disponible

2- Explorer le 3D avec le 2D: la deuxième catégorie touche la surimpression de données en ligne au monde ambiant. C'est l'exploration du réel via de l'information ajoutée au contexte. Elle permet de rendre les lieux « parlant ».

3- Connecter les objets et les bases de données: la dernière catégorie recoupe l'interconnexion des bases de données et des objets dans notre monde. La mise en commun massive d'information (de « statuts ») d'objet communiquant rendant la caduque la séparation en-ligne et hors-ligne. Les objets utilisent le réseau pour s'informer sur l'environnement et lui donner des rétroactions.

Ces trois catégories représentent chacune un potentiel d'innovation, une nouvelle course à la recherche et développement qui sera similaire à celle de l'invention du web (1990-2000) et des réseaux sociaux (2001-2009).

Pour de multiples exemples, voir la suite de mon article sur RézoPointZéro: «Nouvelle décennie, nouvelle révolution : la réalité augmentée (1/2)»

Voir aussi sur InternetACTU:
Le rôle des objets et le rôle des hommes
La réalité continue : utiliser le virtuel pour approcher la réalité au plus près
et les 4 articles critiques sur le web au carré (Web²)

Image (CC) Superbomba

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04 janvier 2010

Gestionnaire de communauté à la hausse

Vous aussi, vous avez dû voir passer de plus en plus de demande de ce genre: "recherche gestionnaire de communauté" (ou "Communauty Manager" ) ou "animateur de réseau" ("Network Gardener"). Un job en demande (mais pour combien de temps?)

Jacques Froissant donne une courte (et bonne) description:« "The Community Builder" ou "Community Manager" : [...] son principal objectif est de connecter les gens qui partagent un même centre d’intérêt (en relation avec la marque) et d’animer les communautés ainsi constituées. La marque, projetée au cœur des conversations, en tirera nécessairement des bénéfices en termes de visibilité, de notoriété ou de retour commercial.» (source)
Il me semble que ce type de poste (ou de compétence) est à cheval entre les RP, les communications et la bibliothéconomie. Peut-être aussi le marketing, mais je ne crois pas, pour ma part, que ce soit une bonne idée (l'animateur doit savoir posséder une authentique crédibilité). J'ajouterai peut-être journalisme ou animation communautaire. L'écriture est souvent au coeur de cette compétence.

Par contre, je parie que ce poste sera plus un job de management : à terme il y a une équipe de qui sera affecté à la veille réseau, comme il existe une équipe de téléphonistes. Le "web communauty management" deviendra rapidement à mon avis un job très similaire au "télémarketeurs". Mais axé sur l'écoute plutôt que l'intrusion. Pour l'instant, un poste haut de gamme, mais à terme il devra être entré-de-gamme. Peut-être même 'outsourcé' dans des pays tiers...

01 janvier 2010

Protégez vos enfants des nouvelles addictions

Cette décennie qui commence verra dans l'adoption massive de la culture numérique un des grands changements majeurs pour les civilisations avancées. Elle se répandra à travers la plupart des couches de la société, relayée par les nouveaux journalistes affranchis de leur peur atavique du web.

http://www.flickr.com/photos/rutlo/3532951266/Pour entrevoir le saut culturel que nous allons vivre, je vous invite à lire le message "inquiétant" du psychologue clinicien Yann Leroux qui mets en garde les parents contre l'usage incontrôlé du off-line ("Les nouvelles addictions"):

«Depuis quelque temps [...] dans les cours de récréation, on ne joue plus à Nintendogs ou à Legend of Zelda mais au Loup ! Les enfants se courent après et doivent s’attraper. Pris dans l’excitation du jeu, il arrive que certaines saisies et certaines poussées soient trop brutales et, inévitablement, les cas d’accident se multiplient.»

«Il n’y a rien de moins créatif que ces jeux», dit-il, et les parents devraient s’alarmer de ce que leurs enfants se détournent ainsi de «ce qui consiste le cœur de nos sociétés». C'est-à-dire la culture numérique.

Ironique à souhait, brillant dans sa parodie, Yann Leroux reprend nos travers quand il s'agit de critiquer la culture numérique d'aujourd'hui.

La culture numérique est arrivée
Pourtant, l'informatique a franchi un formidable pas dans la dernière décennie (j'ai écrit récemment que la montée des médias sociaux constituait la nouveauté des derniers 10 ans sur Internet) en montrant qu'elle n'isole plus les individus, mais les réunissait davantage.

On ne dit plus «Internet», le «web» ou le «net», mais bien «réseau», comme dans «réseaux sociaux numériques». Le tabou est tombé, le réseau n'est plus une «dépendance néfaste»; la culture numérique peut commencer à se diffuser (lire mon billet Péché originel des réseaux sociaux numériques et Révolution rhétorique?).

«Ce qui est au cœur de notre culture, c’est la complexité, et c’est de cette complexité que le numérique est à la fois le vecteur et l’image.
Une simple quête de Legend of Zelda ou de World of Warcraft fait surgir succession de quêtes emboîtées les unes dans les autres. Il faut se souvenir des lieux, de la chose à faire, des personnages. Il faut construire la narration, il faut élaborer des hypothèses, il faut construire des stratégies. La complexité augmente encore lorsque l’on joue en multijoueur puisqu’il faut accorder les délicats mécanismes sociaux pour pouvoir réussir la quête.
»

En situant son discours dans un monde où le retour au off-line est pratiqué par les plus jeunes, Yann Leroux parodie les bien-pensants qui paniquent dès que de leurs jeunes ne font pas comme eux: «Voilà que maintenant des enfants tournent le dos aux apprentissages premiers de la complexité [numérique]? Quels types d’adultes est ce que ces enfants deviendront ? »

Lire la suite sur Psychologik : Les nouvelles dépendances, par Yann Leroux...

31 décembre 2009

Éditorialisation a posteriori

J'évoquais en 2004 les 3 conditions pour que le RSS devienne grand public. Les trois conditions ont été accomplies (on dit "fil web" et le logo est normalisé; on peut s'abonner en 1 clic; tous les grands navigateurs l'ont intégré). Mais alors pourquoi le RSS est-il si peu utilisé par le grand public? Parce qu'il est resté cantonné à un usage technique. Le RSS a été remplacé par Twitter et Facebook.

http://www.freemediagoo.com/display.asp?result=202Le RSS est une commodité qui facilite le suivi d'info en ligne. Mais le grand public ne suit pas un fil web. Il suit un collègue, un ami pour qu'il le pointe vers une ressource nouvelle. Un ami (un "relais") joue ainsi le rôle du fil RSS. Un filtre social.

Là où le RSS indiquait ce qui était (techniquement) nouveau, le filtre social permet de trouver ce qui est "socialement nouveau" dans son cercle de relations (pus ou moins étendu). À quoi ça sert de savoir que tel billet est nouveau si personne de son entourage ne s'y intéresse?

Notifications à la main
On veut savoir ce qui éveille l'attention de notre groupe : si le fil RSS permet de suivre ses aiguilles dans la botte de foin, il les présente à plat, sans hiérarchie. Twitter et Facebok offre une fonction d'éditorialisation a posteriori. L'information acquiert une métadonnée supplémentaire: elle représente le Zeitgeist, l'esprit du temps (de son cercle).

Facebook et Twitter offrent la possibilité de faire suivre des liens vers des ressources d'informations quasi instantanément. Facebook, plus privée et Twitter plus public, sont des médias sociaux bottom up.

Le partage de liens constitue, ma foi, l'usage le plus intéressant de ces réseaux. Or, pourtant, Delicious était là bien avant. Pourquoi le "social bookmarking" n'a-t-il pas été adopté par le grand public? Il offre pourtant les mêmes avantages de partage et même plus.

Facebook, parce qu'il permet de restreindre sa communauté à un cercle (plus ou moins) limité. Le partage n'a pas de visée universelle, mais est presque tribal.

Twitter, parce qu'il a su mettre de l'avant le nombre d'abonnés ("followers") entrant ainsi de plain-pied dans l'économie de l'autopublication en adhérant à la monnaie commune : la reconnaissance. Connaître et identifier son audience grandissante offre une "récompense" à celui qui autopublie.

À mon sens, Twitter a une avance sur ce côté. Le nombre d'abonnés sur Facebook fait moins de sens que sur Twitter. Ce dernier se place mieux dans le nouvel écosystème de l'information.

Tri en périphérie
Le filtre social est une réponse à la surabondance d'information des réseaux. Le tri de l'information ne se faisant plus en amont, il est déchargé en aval sur l'utilisateur qui doit adopter de nouvelles stratégies de tri pour gérer cette subite augmentation de connaissance.

Le filtrage social retient ce qui est pertinent dans son cercle de connaissance et répond à une loi toute humaine du moindre effort : une info qui n'est pas de "qualité" (insérez ici vos critères personnels) ne se rend pas jusqu'à vous (ou alors vous vous êtes mal entouré).

Avec la montée des médias sociaux durant cette décennie qui se termine, le filtrage social par la base a atteint une échelle proprement vertigineuse et nous verrons dans les prochains dix ans l'impact que cela aura sur la société. Je suivrai pour vous ces avancés en 2010.

Lire sur le même thème sur Zéro Seconde:

2009-l'année des médias sociaux
Twitter, sous-traitant des moteurs ?
Les moteurs de confiance
Les couloirs numériques
Parler pour ne rien dire
Ecosysteme de l'information

23 décembre 2009

2009-l'année des médias sociaux

2009 comme l'année de Twitter? Peut-être. La révolution manquée en Iran et la mort de Michael Jackson auraient intronisé cet outil auprès du grand public occidental. Et si c'était plutôt celle du passage des réseaux sociaux du côté du mainstream? En fait 2009 clôt une décennie de progression exponentielle des médias sociaux en ligne. C'est l'année qui a consacré les médias sociaux comme partie intégrante d'une nouvelle écologie de l'information.

filtres sociauxLa mutation en cours concerne les consommateurs et les info-brokers, le web participatif rendant encore plus floues les frontières dans la chaîne de l'information. Je vous avais déjà fait la description en 3 parties l'an passé (L'écosystème de l'information: 1- Twitter Surge, 2- Le P2P news, et 3- l'info-broker. Il me reste toujours 2 parties supplémentaires que je promets bien de faire un jour...)

En lisant le livre de conversation, sortie récemment, entre Jean-Claude Carrière et Umberto Eco (N'espérez pas vous débarrasser des livres), ce dernier disait :

«Avec Internet, qui vous donne tout et qui vous condamne [...] à opérer un filtrage non plus par la médiation de la culture, mais de votre propre chef, nous courrons le risque de disposer désormais de six milliards d'encyclopédies. Ce qui empêche toute entente»

Encyclopédies à gogo
Umberto Eco entend "encyclopédie" dans le sens de référents communs et partagés par une communauté. Paris est en France (et non au Texas) et c'est Madonna qui a eu une fois l'air de Maryln Monroe (et non l'inverse). L'encyclopédie commune à une culture permet de dialoguer. Si tous les référents manquent, il n'y a plus de conversation.

Le problème de filtrage a déjà été soulevé à mainte reprise par Umberto Eco, et j'en ai fait écho (sans jeu de mots) ici Le problème du filtrage de l'information sur Internet (2005).

Mes conclusions sont tout aussi valides aujourd'hui: puisque les filtres culturelles ont été court-circuités et que la validation d'un document repose sur l'usager (la crainte de Eco), il doit trouver de nouvelles stratégies de filtrage. 99% de nos informations reçues sont de "seconde main" (le "monde" nous est relayé et rarement acquis de "première main") cette tâche s'accomplit en se fiant à sa communauté, à des "autorités informationnelles", à son filtre social.

Dans ce cas, ce n'est pas vrai qu'il y aura 6 milliards d'encyclopédies. Un filtre social est forcément une affaire de groupe et il est peu probable que ces groupes soient hermétiques les uns aux autres. La perméabilité des cloisons fait en sorte que l'information circule autant qu'avant. À l'exception peut-être pour certaines nouvelles, imposées d'en haut et relayées par les biens pensants de la culture.

Les cerbères de la culture
Cette culture et ces gardiens de la connaissance questionnent cette "compétence collective" émergente. Le filtrage social implique un type de pensée qui renonce à un sens normatif et unique d'interpréter l'information.

Je ne peux décider seul de ce que je vais lire et interpréter si ma communauté d'intérêts ne lit pas et n'interprète pas les mêmes choses que moi. Il y a un travail de co-interprétation, de co-construction des savoirs. Évidement, il faut ensuite apprendre à se mesurer au groupe, provoquer des interprétations divergentes, nouvelles, sous peine de faire aveugler.

Le filtrage "par soi-même" ne se fait pas isolément. Je cherche à calibrer mes sélections, à valider mon interprétation auprès des autres et à défendre mes choix. Il y a aucun intérêt à être tout seul avec son encyclopédie face à toute cette information. La connaissance favorise la socialisation, l'abondance sans filtre ne la défait pas.

Umberto Eco pensait en terme d'autorité traditionnelle. Le nouveau modèle de légitimation qui se met en place pour "valider" l'information brise cette autorité, la confronte et se taille un chemin. Elle ne remplacera pas tout l'édifice. Mais elle ne se noiera pas dans 6 milliards d'encyclopédies...

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11 décembre 2009

Johnny Hallyday, cheval de Troie de Twitter

Jean-Philippe Smet (plus connu sous son nom d'artiste Johnny Hallyday), lors de son hospitalisation récente, a alimenté la machine à rumeur sur Twitter. La France, qui entre timidement sur Twitter (1 million d'abonnés seulement), découvre en masse ces jours-ci le fil de presse de la plus puissante caisse de résonance de l'opinion publique.

Giovanni Domenico Tiepolo, 1773 (Détails)Quand sur France Info la nouvelle annonçant que le mot clé Johnny cartonne au palmarès Twitter passe avant son bulletin de santé il faut se rendre à l'évidence que Twitter quitte la niche des 'early adopters'.

Bien sûr, il y en aura toujours qui vont se gausser que ce canal n'apporte que du futile et du superflu. Pourtant, si on se mettait à écouter toutes les conversations téléphoniques simultanément sur le même thème, je ne suis pas sûr que le niveau sera plus élevé. Alors, pourquoi ne crache-t-on pas aussi sur le système téléphonique pour les mêmes raisons?

À ce que je sache, les usagers de Twitter et du téléphone ne vivent pas sur deux planètes! (On a la fâcheuse tendance d'accorder à l'écrit un statut sacré où tous les usages ne sont pas permis)

Non, l'hospitalisation de Johnny n'est pas autre chose que ce qu'il est, tout canal confondu, journaux compris: un potin. Inutile de tirer sur le canal.

Twitter comme "dial tone" de l'opinion publique
La conversation autour des rumeurs n'a pas attendu Internet et correspond à un processus participatif consistant à entrer dans une boucle de rétroaction sociale où chacun cherche à s'approprier le message qu'il l'a ébranlé en le redistribuant.

Par contre, ce qu'il y a d'intéressant, c'est l'amplification du rôle du canal: comme pour Michael Jackson chez les Américains, qui a connu un sort plus triste, les Français expriment leur passion (ou leur dégoût, c'est selon) sur ce nouveau médium. La rumeur "Johnny" pourrait être ce cheval de Troie qui donnera à Twitter la chance d'acquérir une plus grande audience.

Mais pourquoi diable avons-nous besoin d'un autre canal, puisqu'il y a déjà Facebook comme "média social", demandent certains?

C'est que Twitter participe à un nouvel écosystème de l'information dans nos sociétés de communication de masse. Je n'ai aucun problème à croire que Facebook, aussi, a résonné autant (sinon plus) que sur Twitter sur ce potin. Mais, voyez-vous, Twitter permet la libre circulation de l'information et l'hyperlien. Je m'explique.

Là où Facebok offre une viralité (une des plus hallucinantes de l'histoire de la communication), l'information est limitée par un seul facteur (qui d'ailleurs fait sa force à l'intérieur de ce réseau) le "graphe social", les liens d'affinité explicites. Si je ne suis pas 'friend' avec des gens parlant du potin, je suis non seulement hors circuit, mais j'ai aucun moyen de m'y référencer... aucun moyen de "linker" vers la source primaire du potinage, aucun moyen de rechercher hors de mon réseau.

Médias sociaux, médias horizontaux
Entendons-nous ici sur le sens d'écosystème de l'information: Facebook ou Twitter ne remplacera pas les médias traditionnels ni le bouche-à-oreille. Ils en font partie. Ils en sont une des composantes. Le citoyen s'y appuie pour se forger une opinion, au grand dam de l'élite journalistique.

Et c'est là une des forces de Twitter: quand on apprend la nouvelle que Johnny est hospitalisé, Facebook n'est d'aucuns secours si notre propre réseau ne s'intéresse pas.

Twitter permet l'accès ouvert à tous les "statuts " de tous les abonnés ouverts (il y a moyen de le rendre privé) et la convention "#" avant un mot permet de suivre un "thème" improvisé (n'importe qui peut mettre un # devant n'importe quel mot et ça devient un thème). Plus simplement, la recherche plein texte permet de retrouver l'occurrence "Johnny" et de suivre ce qui se dit.

Là où sur Facebook une information suivait les lignes de moindre résistance dans le "graphe social", sur Twitter, l'information est réellement libre de se rendre à celui qui veut l'accueillir ou la chercher.

Percolation de la qualité
Bien sûr, il reste à trier le bon grain de l'ivraie. Dans ce cas, les RT ("ReTweet", retransmission), autre convention, avant le nom d'un usager, qui indique que l'on a tout simplement retransmis (recopié) ce que la personne a écrit précédemment, est une façon de repérer les informations "importantes" (une forme d'éditorialisation a posteriori).

Un RT acquiert souvent l'aura d'une information "validée" (non pas au sens de vérité, mais au sens d'approuvé par son réseau) --tout le travail restant consiste à se monter un réseau fiable, on s'en reparler une autre fois -- d'ici là, relisez le chapitre 3, Comment le carnet Web stimule la qualité, du célèbre billet de Sébastien Paquet...

Twitter, par son ouverture, offre une possibilité aux autres médias de s'y accrocher, de la mesurer, de s'y (hyper)lier et de la citer ouvertement sur la place publique. Chose impossible pour Facebook (car il faut y être abonné*).

Ceux qui connaissent la valeur d'avoir une voix sur la place publique en comprennent très bien la valeur.

MàJ: * FaceBook, comme pour prouver mon point, commence cette semaine à rendre les fils des statuts accessibles (lire Tech Crunch), ce qui était un réseau privé devient public (et je ne suis pas sûr que ça va plaire à tous!)

MàJ2: 13 décembre: voici un billet sur NouvelObs qui confirme que la France reconnaît Twitter comme un réseau social. Le timing n'est pas anodin...

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10 décembre 2009

Smartsourcing

Si on comprend que le but de toute entreprise est d'acquérir une clientèle, alors il faut accepter qu'elle n'ait seulement que deux fonctions de base: la commercialisation (marketing) et l'innovation (R&D). « Le marketing et l'innovation produisent des résultats, tout le reste : des coûts.» Crowdsourcer l'innovation serait un non-sens selon Graham Hill. Smartsourcing est mieux.

http://www.flickr.com/photos/freeparking/1279927021/Graham Hill, (How Understanding Customer Jobs turns Crowdsourcing into Smartsourcing) ne croit pas que pour l'innovation certaines entreprises peuvent utiliser leurs clients pour générer des idées de nouveaux produits.

Cette pratique est connue sous le terme «crowdsourcing» ou «idéagoras», comme le nomme si joliment Claude Malaison (voir son dernier billet) ou «l’approvisionnement par la foule», pour être plus prosaïque comme Alexis Mons (voir son dernier billet).

Hill démonte deux entreprises de crowdsourcing pour montrer qu'il faut faire du «smartsourcing», c'est-à-dire repérer que les perles et ignorer le gravier...

Les foules peuvent-elles innover?
Par exemple, pour Dell IdeaStorm, les idées qui ont été mises en œuvre à ce jour montent à 2,9% du total. Faible.

My Starbuck idea a uniquement mis en œuvre 315 idées à ce jour, un maigre 0,4% du total. Encore plus faible dit-il.

  • 1er constat: les clients, en très grande majorité, produisent typiquement des idées «moyennes», sans génie particulier, des innovations incrémentales, plutôt que des sauts innovants que les compagnies espèrent.
  • 2e constat: le très faible taux de mise en œuvre, car les clients n'ont en général qu'une faible connaissance du véritable fonctionnement de l'entreprise et de ses capacités d'affaires.
Qui peut innover?
En contraste frappant avec les exemples précédents, Hill donne l'exemple de Toyota qui met en oeuvre plus de 1.000.000 idées des salariés, chaque année, 95% d'entre eux dans les 10 jours de son introduction. Les employés savent exactement où sont les meilleures possibilités d'innovation et ce qui peut raisonnablement être mise en œuvre.

Si on cherche à remplacer son département de R&D, Hill a raison: n'attendez pas que votre consommateur vous donne tout cru dans la bouche la solution à vos déboires. Cela dit, on aurait tort de décrier le crowdsourcing comme inefficace comme il le fait, même si son point est pertinent concernant l'innovation. Sinon comment expliquer que Google Product Ideas permet sur une grande échelle la réception de feedbacks sur leurs produits.

Smartsourcez!
Par contre, son idée de « smartsourcing » consistant à se concentrer sur des idées, sur des points particuliers, sur des «douleurs» (comme on dit dans le métier) ou des opportunités peut se révéler une vraie mine d'or en information sur sa clientèle (qui est le but premier de l'entreprise, rappelons-le).

Il faut donc bien avoir quel type de retour on espère avoir, de façon réaliste. Des fois, une amélioration quantitative est nécessaire (Le Guardian demande à ses lecteurs de parcourir les comptes de dépenses des députés) ou qualitative (voir l'enquête qui démontre le réseautage viaTwitter/Facebook avec les consommateurs est payant).

Le seul fait que la plupart des utilisateurs ne disposent tout simplement pas de bonnes idées n'est pas une bonne raison de ne pas vouloir « harnacher » le désir des usagers à vous aider.

Est-ce que les foules innovent? Je crois que non. Entrez dans une grande surface, regardez la foule faire leurs emplettes. Solliciter leur aide ne fera pas de vous le prochain IKEA.

Mais ne pensez-vous pas qu'ils sont aux premières loges pour vous partager des améliorations sur le management, la disposition, les produits, etc.?

Référence
How Understanding Customer Jobs turns Crowdsourcing into Smartsourcing
ComMetrics on Crowdsourcing Innovation: You’re Doing It Wrong
Crowdsourcing: Three Ways to Find a Great New Company or Product Name Free or at Low Cost
(PDF) Ranking the Top 100 Global Brands. Who’s most engaged?
Facebook et Twitter font bondir les profits

Source image

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28 novembre 2009

tck tck tck

Ça faisait un p'tit bout de temps que je voulais mettre en ligne ce que Dominic Arpin, le patrouilleur du net, était venu tourner au Yulbiz d'octobre. Le voici!

« L’idée de Kofi Annan était simple : inviter les internautes de la planète à enregistrer un « tck » à la caméra afin de former une horloge humaine, une chaîne vidéo sans fin qui sera remise aux dirigeants gouvernementaux lors du Sommet sur le climat à Copenhague [le 7] décembre prochain. Time for climate justice était né.» (source Dominic Arpin)

« [L]es blogueurs d’ici devaient d’abord montrer l’exemple. [Son] projet était donc le suivant: réaliser une vidéo d’une minute dans laquelle 60 blogueurs québécois allaient chacun "interpréter" une seconde. »

60 blogueurs, 60 secondes, une bonne cause. (Par Dominic Arpin)



Pour mémoire, je suis autour de la 40e seconde (photo Arpin)

http://www.flickr.com/photos/freeparking/1279927021/

Tag: COP15

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26 novembre 2009

Le climat et la communication : plus que du vent

Sur les dangers climatiques, les scientifiques ne convainquent pas. Ils démontrent, par la raison. La population ne veut pas raisonner mais croire. Hum. On va avoir comme un problème, bientôt.

http://www.flickr.com/photos/freeparking/1279927021/ Si on veut du changement et freiner la catastrophe environnementale, on doit tous changer nos comprtements. Mais que faire? Qui croire?

«Les climatologues ont toujours mal saisi la dynamique de la crédibilité et la confiance populaire. Ils tiennent pour acquis que la conviction se bâtit à coup de faits et que le confiance du public s'appuie sur l'autorité institutionnelle. Sauf quelques rares communicateurs hors pair, ils évitent souvent de faire appel à des valeurs plus profondes ou de créer des rapprochements émotionnels avec le public – en fait, ils voient ça comme une atteinte à leur indépendance professionnelle.(George Marshall, The guardian.co.uk)

Or l'enjeu planétaire qui se joue avec le réchauffement du globe ne laisse que peu de marge de manoeuvre: nous devrons communiquer et ce à grande échelle, pour transmettre de formidables et complexes informations: que ce se passe-t-il dans notre écosystème? et que faire pour la protéger?

Un des enjeux dans les prochaines années sera que cette information -- la bonne information -- soit retransmise. Des informations sur l'état réelle de la situation (et de s'entendre sur la façon de la mesurer) et des informations sur comment éviter le pire (et s'entendre aussi sur les actions à prendre).

Gaston Bachelard avait écrit: "La science, dans son besoin d'achèvement comme dans son principe, s'oppose absolument à l'opinion."

Mais c'est actuellement l'opinion qui fait bouger les choses. Une adéquation nécessaire est demandée entre les journalistes, les politiciens, les scientifiques et les médias sociaux pour retransmettre les connaissances appropriées à une prise de décision efficace.

Oui j'ajoute les médias sociaux car ils forment une courroie de transmission virale qui pourrait être bénéfique pour une action à grande échelle et sur le court terme...

Du 7 au 18 décembre c'est la Conférence de Copenhague. A quelles conséquences pouvons-nous nous attendre, et que pouvons-nous faire? À suivre de près sur le site de conférence (en français) car peut-être qu'Internet recevra le Nobel de la paix en 2010 (en anglais) ?

(Image : L’aube en hiver)

25 novembre 2009

Yulbiz : rencontre de la numéricratie montréalaise

Le Yulbiz est une chose vivante. Il a une vie en soi et évolue par lui-même. Ça m'a frappé hier, lors du dernier Yulbiz, qui avait lieu au Jello bar: plus tout à fait le même, différent, mais toujours une même énergie vitale de se rencontrer.

YulBizD'emblée je le dis, le Yulbiz n'est plus ce qu'il était : mais il est ce qu'il est; plus, il sera ce qu'il doit devenir.

Au début, un peu dans la tradition du Yulblog dont il est issu, l'événement se passait à endroit fixe. Succès immédiat, les fondateurs, Philippe Martin et Michelle Blanc, il y a plus de trois ans, pouvaient s'enorgueillir d'avoir démarré ce qui se voulait une communauté d'intérêt ad hoc autour de l'usage du blogue comme outil professionnel

En discutant hier soir avec Philippe il nous apparaissait évident que depuis que le Yulbiz est devenu itinérant, se déplaçant d'un endroit à l'autre chaque mois, il s'est acquis une nouvelle clientèle: ce qui semblait être au début une secte (lieu fixe = membership de type club) est devenu un rendez-vous d'initiés branchés (lieu mouvant = seules les connexions permettent de retrouver le lieu et la date).

Renouvellement
De quelques blogueurs, mâles en majorité, du début, voilà que s'est rajouté une nouvelle foule dans la mouvance des réseaux sociaux, de la WebTV et de Twitter, équilibrant le ratio homme femme, augmentant celui des 'peoples', abaissant la lumière et augmentant le son de la musique. Voilà ce qui ressemble plus à party mensuel branché.

Ceux qui me suivent savent comment j'ai rapporté les Yulbiz précédents depuis 3 ans, à ma façon: discussion, rencontres, réflexions. Dans Yulbiz en 35 sujets de discussion écrit il y a 2 ans, on peut y voir le chemin parcouru jusqu'à aujourd'hui. On n'y discute plus de la même façon.

De rares, les moments de rencontres entre gens de la numéricratie montréalaise se sont depuis généralisés, diversifiés, spécialisés --les 'camps' et autres non-conférences ont pris l'espace de discussion et de réflexion-- et le Yulbiz est devenu l'after-party où on se voit, se fait voir et regarde l'élite numérique. Car quand la musique est si forte et la lumière si basse, les paroles deviennent inutiles.

Translation
Yulbiz était au début "un regroupement de blogueurs d'affaires qui vise à favoriser le réseautage et la pratique des blogues dans un contexte professionnel". C'était la façon qu'on le présentait alors que j'étais sur le conseil d'administration. Il est aujourd'hui le lieu de rencontre branchée et de réseautage d'une élite web, de micro-entrepreneurs et d'artistes.

Un élément de plus pour le rayonnement internet de Montréal. Pas étonnant que Tourisme Montréal se soit associé au précédent Yulbiz...

23 novembre 2009

Guy Kawasaki et l'entrepreneuriat 2.0 à Montréal

Guy Kawasaki était à Montréal la semaine dernière pour l'événement Rendez-Vous 2009 de ChallengeYourWorld.com.

ChallengeYourWorld.com est un site de crowdsourcing d'idées encourageant les idéateurs à entreprendre des projets réconciliant le social, l'environnement et les profits. Le Rendez-vous était leur premier événement phare servant de lancement. J'accompagne ce client depuis plus d'un an afin de lui bâtir leur présence en ligne et sur réseaux sociaux, ainsi que lui développer les mécanismes de crowsourcing.

- «Le crowdsourcing qu'est-ce que c'est?» ( Sur Zéro Seconde, 15 septembre 2009)
- «Crowdsourcing: mettre la foule à profit » ma conférence donné à WebCom 2009 concernant ChallengeYourWorld
- «Ma conférence sur le crowdsourcing, version vidéo»
La soirée a accueilli près de 700 personnes, une performance hors pair pour un premier événement de la part d'une compagnie inconnue du grand public. Je vous raconterai un peu plus tard ce qu'est Challenge Your World, une compagnie à but non lucratif que j'aime beaucoup --et qui m'a tenu dans les deux derniers mois assez à l'écart de ce blogue ;-)

Dès que j'aurai compilé quelques statistiques sur les réseaux sociaux et l'achalandage sur le web ce soir-là, je vous en ferai part (nous sommes arrivé numéro 2 sur les hash tag twitter franco ce soir-là!)

Guy! Guy! Guy!
Guy KawasakiLa soirée accueillait Guy Kawasaki, célèbre évangéliste chez Apple et maintenant partenaire et entrepreneur résident de Garage Technology Ventures, société de capital risque initial présent à Montréal.

J'aime bien quand il parle de "sauter à la prochaine vague" (to jump to the next curve): il ne suffit pas de créer une meilleur produit, ou d'augmenter de 10 % l'efficacité d'un produit ou d'un service. Un entrepreneur doit carrément chercher la prochaine vague, la créer même. C'est que que ChallengeYourWorld propose: voir le développement durable comme la prochaine grande courbe (que de toute façon nous allons tous prendre de force...)

Le contenu de la conférence de Guy a été admirablement bien résumé ensuite par une foule de personnes compétentes présentes dans la salle:

Guy Kawasaki donne 10 conseils pour innover au Rendez-vous 2009 de Challenge Your World, par Jean-Sébastien Chouinard (Adviso)
Guy Kawasaki : la sagesse d'un hockeyeur de 55 ans, par Alex Lesieur
Ship, then test!” says Guy Kawasaki, by Lisa Chandler
10 conseils pour les entrepreneurs par Guy Kawasaki, by Thoma Nadeau
Challenge Your World : inspirer pour réaliser, par Audrey Myrand-Langlois (Les Affaires)
Guy Kawasaki : «Foncez, les jeunes», par Audrey Myrand-Langlois (Les Affaires)
Le tour de force de Guy Kawasaki…, par Claude Malaison (Émergenceweb)
Rendez-Vous 09 - Challenge Your World avec Guy Kawasaki, par Emmanuelle Vincent
Top 10 tips for innovative entrepreneurs from Guy Kawasaki, by Julie Matlin (NFB)
Guy Kawasaki « Il n’a jamais été aussi facile de démarrer une entreprise. », par Vallier Lapierre (RezoPointZero)

We are off to see the wizard of us
Même si on a déjà vu Guy Kawasaki, je crois qu'il y avait une atmosphère ce soir-là assez magique, rendant la conférence inspirante et fraîche, qui nous permettait de le redécouvrir et de se laisser imprégner par son discours entrepreneurial. J'adore quand il y a un petit "plus" qui rend un événement véritablement "expérientiel " et non seulement "consommable".

Sûrement que la salle (le théâtre Impérial, aux allures du Rex) et la gestion de l'événement par Lulu&Castagnettes étaient pour beaucoup. ChallengeYourWorld a bien réussi son entrée au monde. On s'en reparle.

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08 novembre 2009

Webtv: les cobayes

Le dimanche matin est propice pour découvrir les nouvelles wetélé. Voici Les Cobayes de Véronique O'Reilly.

Les Cobayes

Les aventures de Véro, qui, pour sa thèse de maîtrise, filme ses amis, crée des situations... et mets en ligne les résultats. Ce sont les cobayes de Véro!

Le premier épisode est en ligne.

Ce type projet utilise les procédés qui sont selon moi les caractéristiques de la webtv : équipe réduite, scénario éclair, quasi-improvisation, situation quotidienne ou simili-"caméra réalité". La simplicité n'exclut pas la qualité. Ce ne sont juste pas les mêmes critères que la télévision conventionnelle... et c'est frais!

03 novembre 2009

"Web Analytics" de Malo et Warren

Mesurer le succès et maximiser les profits de votre site web, c'est ce que propose le livre de Nicolas Malo et Jacques Warren, Web Analytics, qui sort ces jours-ci. Après 20 ans, bâtir un site web demande une telle diversité de ressources et de compétences que l'on se demande s'il peut exister des "petits sites". L'analyse des résultats de votre site web, elle aussi, demande un oeil exercé et un minimum de bagage.

Web Analaytics de Malo & WarrenVoilà pourquoi j'ai été enchanté du livre "Web Analytics", aux Éditions Eyrolles: un livre simple, clair et en français.

La première fois que Jacques m'a parlé du concept Web Analytics, il y a quelques années, j'étais loin de me douter qu'allait y naître une industrie.

Pas que ce soit, en soi, compliqué - il n'y a rien de vraiment cryptique- mais les éléments forment maintenant un ensemble qui s'apparente à une science.

Ou du moins, à une méthode et des paramètres mesurables. Et ce n'est plus toujours facile de s'y retrouver.

La formule de base est simple:
Traffic --> Site web --> Résultats

Mais les auteurs varient ensuite divers paramètres pour nous faire voir l'importance de tel ou telle valeur. Évidemment, ils insistent sur cette équation Web + Analytics = Profit. Je ne sais pas si je vais devenir riche avec ce livre, mais je le lis avec profit.

Le livre est bâti de façon plus académique que le livre de Avinash Kaushik : Web Analytics, One hour a day. Ce dernier, très axé sur la pratique, empêche de se bâtir un point de vue stratégique. Si vous voulez une comparaison, le livre de Kaushik serait pour l'analyste terrain et le livre de Malo & Warren serait pour le cadre ou le stratège qui cherchent à acquérir une nomenclature commune pour converser avec son équipe et bâtir des plans stratégiques. (Pour voir à quel moment on doit réfléchir à la chose en bâtissant un site web, lisez mon guide des meilleures pratiques web.)

La première partie liste les raisons d'être et les objectifs de votre site web. Même un site artistique possède des "raisons d'être". Et cela peut se mesurer. Mais on imagine bien que les sites de cybercommerce ont plus à y gagner. Comme pour les autres secteurs de l’entreprise, le web demande ces indicateurs clés de performance et son propre tableau de bord.

"Il n'y a aucun bénéfice à mesurer quelque chose que l'on ne peut pas changer" disent les auteurs.
Un indicateur de performance possède 10 qualités:

1- S'aligner sur la vision stratégique (si la haute direction ne tient pas en compte vos données dans leur décision, il fort à parier que votre plan sera déchiqueté à la première bourrasque)
2- Être assigné à un individu ou une équipe (Management 101: si personne n'est responsable ou ne possède pas les leviers pour influencer une mesure, elle tombera en désuétude au premier rush)
3- Permettre la prédiction (c.-à-d., une donnée aléatoire n'apportera rien de neuf à la compréhension du système).
4- Susciter l'action (on devrait toujours savoir comment influencer une donnée dans le sens voulu
5- Être peu nombreux (au maximum une quinzaine)
6- Être facile à comprendre (Éviter les indices à plusieurs variables, sous peine ne pas pouvoir isolé ce qui modifie l'index)
7- Être déclencheur de changement (Les données doivent être utilisées pour s'améliorer)
8- Être standardisé (La signification d'une mesure est la même à toute les hiérarchies -- ne sous-estimé pas ce point)
9- Être mis en contexte (Une donnée seule ne signifie rien: quel est l'historique, quel seuil faut-il surveiller, quelle cible faut-il atteindre)
10- Être pertinents (Les indicateurs ne sont pas éternels; il faut les revoir régulièrement

J'aime bien la base décimale, mais je m'en tiendrais à cinq: les numéros 1 à 3, 5 et 8. Pourquoi faire plus compliqué.
Je vais sûrement y faire référence à ce livre dans mes prochains billets, tellement je le trouve stimulant. Le livre offre des compléments en ligne : http://www.webanalyticsprofits.com/fr/complements.html

Je crois vraiment que c'est un livre de base, essentiel, à ceux qui veulent connaître le web analytics. Ceux qui ont aimé mon guide des meilleures pratiques web. et qui s'intéresse à l'étape 1 (stratégie) ou 5 (maintenance) seront ravis. Bravo aux auteurs.

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29 octobre 2009

Une étincelle, une idée, une entreprise

Toutes les grandes compagnies commencent par une idée. Afin de marquer la Semaine mondiale de l'entrepreneuriat, ChallengeYourWorld.com lance un « défi idées» vous offrant l’occasion de pousser votre idée plus loin et en faire une entreprise durable grâce à un fonds de développement de 5 000 $ US et trois mois de services et soutien.

L'idée est simple: elle vous trotte dans la tête depuis longtemps. Elle a des ailes, mais vous ne savez pas par où vous envoler? Poster la sur challengeyourworld.com (un très court descriptif et un visuel) et invitez la communauté à voter pour elle. Un choix sera fait parmi les 10 meilleurs du palmarès et l'heureux idéateur recevra le fonds et une aide pour passer à la prochaine étape et transformer ainsi son idée en solution d'affaires à potentiel élevé. Agissez d'ici le 8 novembre 2009

Note: j'assiste depuis 1 an ChallengeYourWorld.com à s'offrir une présence sur Internet et les réseaux sociaux. Ça m'a donné une grande chance pour réfléchir sur la "sustainability", le développement durable. Il faut allumer l'étincelle écologique dans toutes nouvelles idées qui germent, car le futur est l'affaires de tous.

27 octobre 2009

Un jour...

Nous assistons depuis quelques années à une prise de conscience planétaire en Occident: issu des cercles écologistes de la première heure, elle s'étend à la sphère économique et porte sur la durabilité de notre régime civilisationnelle, linéaire et aveuglément progressiste, rencontrant dramatiquement les restrictions naturelles et limitées de l'écosystème qui abrite la vie dans cette partie de la galaxie.


One day... from Challenge Your World on Vimeo.

Ce vidéo provient d'une série surChallenge Your World. Je l'aime pour sa candeur. Elle illustre bien le développement durable, qui possède peut-être des défauts, mais qui me semble la voie de transition nécessaire à court terme.

Challenge Your World 20/20 est un partenariat entre Motionographer et Challenge Your World où 20 artistes vidéos sont appelés à créer 20 machines débridées, fantastiques et non conventionnelles pour résoudre des problèmes environnementaux. Si nous voulons changer le monde, il faut penser autrement...

(note: j'assiste depuis 1 an ChallengeYourWorld.com pour les aider à s'offrir une présence sur Internet et les réseaux sociaux, Je vous en parlerai davantage dans les prochains jours, en partie pour promouvoir certains trucs qui peuvent vous intéresser, mais surtout pour introduire un aspect de plus à Zéro Seconde: réfléchir sur la "sustainability". Je risque sûrement d'avoir plus de questions que de réponses...)

En ligne, qui êtes vous?

«Nous n’échapperons pas au Web c’est-à-dire à l’exploitation maximale de la puissance des données par l’analyse, la combinaison, la représentation, la recherche fine, etc. Pas plus que nous n’échapperons au fait que les données deviennent chaque jour un peu plus personnelles, même - surtout - celles qui nous semblent les plus anodines.» (Hubert Guillaud - InternetActu - Que faire face à la puissance des données ?)

Penser l'identité numérique devient un enjeu. Si vous voulez vous en convaincre essayez Personas, du célèbre MIT Lab.

PersonaWeb http://personas.media.mit.edu/personasWeb.html

Entrez votre nom et le logiciel scannera le web pour toute information vous concernant et sert à caractériser votre identité en ligne. Il classe selon des catégories prédéterminé par un algorithme pour créer automatiquement une profil sur vous.

Exactement le genre de chose que l'on peut craindre d'une agence de surveillance débordé et manquant de ressource humaine. Mais à quoi bon avoir des humains, on a des algorithmes!

«Que pouvons-nous faire pour rendre aux gens un peu de contrôle sur les données qu’ils libèrent abondamment dans les sites sociaux notamment ?» Lisez le billet de Hubert Guillaud. Ça dessille.

- Dans le même ordre d'idée, voir aussi l'article de Stéphane Baillargeon dans le Devoir d'aujourd'hui: Ego inc. (abonnement)
- The bachelor thesis IDENTITAT - The "Gestalt" of digital identity
- Who Is Managing Your Online Identity? The shiftedLibrarian (février 2009)

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26 octobre 2009

Clavardage en direct

Votre entreprise doit-elle investir dans les réseaux sociaux ? Quels sont les avantages pour un travailleur autonome d'être sur Twitter?

Vous pourrez discuter de ces questions lors d’une séance de clavardage en direct avec moi jeudi 29 octobre, à midi. Elle sera animée par le chroniqueur et blogueur René Vézina sur lesaffaires.com. Je vous invite à vous inscrire sur http://www.coveritlive.com/

Ça sera ma première expérience. Je vous conterai ensuite...

13 octobre 2009

Twitter, sous-traitant des moteurs ?

Jean-Michel Salaün propose une lecture intéressante de la situation actuelle de Twitter: puisque la compagnie ne semble pas vouloir se faire racheter (la "stratégie de sortie" des compagnies web 2.0), se pourrait-il qu'il se positionne comme revendeur de valeur de liens?

« (...)Twitter ne cherche pas à être racheté, mais à vendre les informations procurées par le flot de milliards de gazouillis lancés par les 54 millions d'utilisateurs mensuels. En théorie, ce flot devrait permettre d'affiner le pagerank puisque nombre de ces messages sont en réalité des liens flottants répétés et donc facilement modélisables. Inversement, ces recommandations échappent aux moteurs et donc effritent leur efficacité. Twitter deviendrait une sorte de sous-traitant des moteurs. Reste qu'il s'agit encore une fois d'un pari, notamment sur la pérennité des accros au service.» (source)

La valeur du web en temps réel n'est pas passée inaperçue pour Google (en mai dernier Larry Page ne l'a pas caché). Ni pour les autres (le "real-time Web" est le sujet de la prochaine conférence LeWeb). JM Salaün débusque tout de même le talon d'Achille de Twitter: étant un réseau social, il est est à la merci des usages sociaux, et, comme Second Life, peut passer de l'endroit "hot" en ville à un lieu démodé (voir mon billet sur Second Life, La métaphoe du bar "in").

Google est dans le marché du "knowledge Just-in time", Twitter serait-il viable dans un marché du "real-time web?"....

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02 octobre 2009

Leçon d'un con

On connait tous l'histoire. Sur Facebook, cette semaine, un sondage généré par un utilisateur sur Facebook demandait « Obama doit-il être assassiné ? ». Rien de moins. Les services secret du président en question ont vite retrouvé les traces du délinquant... un ado.

"Attention à ce que vous postez sur Facebook, cela pourrait se retourner contre vous tôt ou tard." Le président américain ne croyait pas si bien dire, mardi 8 septembre, devant d'une école.

Et oui! 3 semaines après, voilà un jeune qui n'a rien compris du message. C'est que, affirmait Obama, "(...) quand on est jeune, on fait des erreurs, on fait des trucs idiots ". Aujourd'hui, les services secrets ont dû lui répéter ce que le président avait dit. Après avoir été « interrogé en présence de ses parents », le mineur délinquant en question ne serait pas poursuivi, ont-ils dit.

Si vous ne connaissez pas l'histoire, c'est bon signe. Vous ne passez pas votre temps devant l'ordinateur. De plus, il y a fort à parier que votre journal favori n'en a pas parlé (ce qui fait changement du temps, pas si lointain, où les rédactions faisaient les gorges chaudes de la paille dans l'oeil d'internet avant de comprendre qu'ils étaient du mauvais bord de la branche qui se faisait scier)

Avons-nous tirer toutes les leçons de la mésaventure du petit con? Oui? Vraiment? Je ne suis pas si sûr. Reprenons.

"Pour commencer, je voudrais que vous tous fassiez attention à ce que vous postez sur Facebook parce qu'à l'époque de Youtube, quoi que vous fassiez, on vous le ressortira à un moment ou un autre de votre vie" (Dixit Obama , source Le Monde 9 septembre 2009)

Si vous avez compris qu'il ne fallait plus mettre de sondage en ligne sur Facebook, vous n'avez qu'un seul point sur quatre. Même pas la note de passage.

Il y a trois autres apprentissages.

1- l'anonymat et la vie privée n'existe pas. Oubliez les 'privacy policy'. À tout moment, quand le pouvoir en place le décide, il n'y a plus rien qui ne tient: Facebook ou pas, la plateforme va collaborer pour retrouver le délinquant. La Chine le fait. L'Occident aussi. Cessez de croire qu'un droit numérique vous protège dans l'anonymat. Les outils à votre disposition, qu'il soit 2.0 ou non, avec un Privacy Policy béton ou non, vous lâcheront à la première occasion. Appelons ça un attrape-con. La ligne des mineurs fait sa propre auto-sélection.

2- Compte tenu du point 1, il n'y a maintenant plus aucune raison de croire qu'un sondage de ce type puisse être sérieux. Aucun terroriste professionnel ne s'afficherait ainsi. Reste donc les losers. Croire à une conspiration relève du domaine psychiatrique. Quand elle apparait sur Facebook, une telle ânerie ne doit qu'entraîner un appel de service rapidement reléguer aux bleus en formation. Il n'y a peut-être que Dan Brown ou William Gibson pour y trouver une inspiration créative.

3- Les points 1 et 2 montre que la motivation à un tel geste est tout autre. La notoriété. Cet ado ne cherchait ni à faire un acte politique, encore moins terroriste, ni à communiquer un message. Il cherchait la notoriété. Aujourd'hui, l'acte artistique est warholien. Quelle est la question de sondage qui apporte la plus grande viralité? La question a été créé dans le seul but de provoquer le maximum d'impact viral. Tel est la condition humaine à l'ère du 2.0.

Notons que le jeune possède cette double compétence, celle de programmer une application Facebook et de saisir l'esprit du temps, ce qui fait de lui un magnifique spécimen fonctionnel dans la société d'aujourd'hui.

On aurait peine à croire que les américains stresseraient à propos d'un 'Faut-il tuer yzokraS?' (je verlan pour éviter les indexations hors contexte) ou la même chose avec Ahmadinejad.

Il faut être en diapason avec son milieu et son époque pour provoquer. "Pour commencer, je voudrais que vous tous fassiez attention à ce que vous postez (...)". L'ado a bien compris le message. Il a fait très attention à ce qu'il a posté...

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01 octobre 2009

Documentaire interactif recherché

Hugues Sweeney de l'ONF m'envoie ce petit rappel concernant l'appel de projets interactifs au Doc Circuit Montréal dans le cadre des Rencontres Internationales du Documentaire de Montréal (RIDM 2009).
Trois projets seront retenus pour une présentation devant jury et public le 12 novembre

Le gagnant recevra une bourse de $7500 pour le développement d’un projet de documentaire interactif.

Date limite de soumission: 9 octobre 2009

Détails: www.onf.ca/defi-multimedia-2009

30 septembre 2009

Péché originel des réseaux sociaux numériques

«Les merveilles des réseaux sociaux en ligne»
Harold's Planet: The wonder of online social networking

Cette image que j'ai extraite d'une caricature très british de Harold's World s'intitule «the Wonder of Online Social Networking» et circule sur internet (Via @Samia_Ghozlane, Via Henri Kaufman).

L'humour fait sourire. Pourquoi? pcq au fond, on se sent qu'il touche une corde sensible. Ou plutôt, qu'il touche un cliché: le net isole au point que l'on ne prend plus le temps de se lever et de rencontrer notre "friend" à côté. Comme une culpabilité originelle. Pourtant l'amitié en ligne n'est pas nécessairement moins sincère. Pourtant un réseautage numérique bien fait mène à plus de rencontres réelles.

Cercle
Le réseau, on le sait depuis le début, rapproche davantage ceux qui sont proches que ceux qui sont loin : on envoie davantage de courriels à des gens qui sont finalement à moins de 100KM de chez soi (rappelez-vous la promesse de «vous connecter avec le bout du monde». Les réseaux sociaux, Facebook notamment, ont permis plus de retrouvailles entre amis que tout autre autre invention de l'Homme: combien de connaissances avez-vous "retrouvés" depuis l'avènement du web (ou du web 2.0)?

Carré
Le cliché persiste tout de même. Les «merveilles des réseaux sociaux en ligne» isolent les individus, atrophient l'espace sociale, coupent les communications "naturelles".

C'est tout l'inverse. Cet outil, bien utilisé, permet même d'augmenter le suivi de son cercle de connaissance au-delà de ce qui était habituel auparavant. J'écrivais hier que l'on devrait traduire «follow» par «accompagner». Les réseaux sociaux ne fabriquent pas ex-nihilo nos amis. Il permet seulement d'inclure dans le cercle des suivis, nos «friends» et nos «followers» qui sont des »compagnons» sur la route de notre vie. La possibilité est offerte. On l'accepte ou pas.

Point
Au fond, ce qui était pris comme un ridicule de situation dans la caricature n'est qu'un constat de vérité. Il n'y a que ceux qui ne l'acceptent pas qui peuvent faire vibrer la corde sensible de la culpabilité chez ceux qui l'acceptent. Il est temps de s'affranchir de ce «péché original»...
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À lire aussi:
Facebook: connecting you to your screen
Pour ou contre Facebook?

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29 septembre 2009

Le point avant basculement

De nombreux bruissements me disent que le présent cycle démarré avec Facebook et Twitter arrive à son apogée et qu'une transmutation est en cours. Dans quelques jours devraient sortir les premières invitations de Google Wave. Faisons le point sur le monde avant le basculement.

Google WaveOn dirait qu'on oublie vite comment "c'était avant". "Avant", sur le web, ça veut dire deux ou trois ans. Google Wave s'en vient et je me propose de me faire une petite note sur ce quelques réflexions sur Twitter, pour mémoire. Et se rappeler ce que l'on disait avant cette "vague" qui s'en vient.

Longtemps, je me suis logué de bonne heure
On ouvre Twitter la première fois : on ne comprend rien. En fait, le site web de Twitter n'est pas l'outil qu'il faut utiliser. Du moins pas si on possède plus que quelques dizaines de personnes à suivre. Il faut aller sur un "client Twitter" comme Twirl, Seesmic, Nambu ou Tweetdeck. Au-delà d'un certain nombre de personnes, il faut arriver à segmenter par panneau ou dossier. Et même là, on ne fait que diminuer que faiblement l'impression de flot.

On n'utilise pas Twitter, on s'y noit.

Apprendre à nager devient donc essentiel. Et les bouées sont les gens que l'on veut suivre. 40 % des gazouillis sont inutiles? Mais honnis soit qui mal follow!! Tendez l'oreille dans la rue et vous aurez ce même ratio. Et pourtant, normalement, vous devriez êtes concentré sur la personne qui vous accompagne. "Follow" devrait être traduit en français par "accompagner". Vous écoutez ceux qui vous accompagnent.

Et quand vous êtes bien entouré, l'outil devient intéressant.

Twitter n'a d'autre valeur que votre réseau qui vous accompagne. Ils sont tous sur Facebook? Allez-y. Ils sont à la Chambre de commerce? restez-y. Twitter n'est pas pour tout le monde. Il y a une diversité d'outil pour tous les goûts.

Twitter vaut bien une messe
Olivier Ertzscheid a développé cet été un excellent billet sur Twitter L'hiératique contre le hiérarchique : Sur Twitter, l'information est brute. Les industries de l'information ont pour métier d'y mettre de l'ordre, or, Twitter, fait tout l'inverse: «pas d'éditorialisation, pas de "niveau supérieur" de l'information. Donc, Twitter est littéralement illisible. ». Vous vous sentez soulagé?

C'est grâce au filtrage collaboratif que le sens émerge de Twitter: on "RT", on cite "@", on "#" et on "bit.ly" et . Perdu? Bien sûr! C'est que, souligne Olivier Ertzscheid, le manque d'espace (limité à 140 caractères) force l'émergence de ces hiéroglyphes. Ce n'est pas tout.

« [C]e qui est le plus intéressant dans Twitter, ce sont les stratégies qu'il met en place pour gérer l'infobésité accrue par le temps réel sur lequel il s'efforce de se caler, et ce sans jamais faire appel à de classiques techniques de hiérarchisation, mais en préférant faire appel à des stratégies visuelles, cognitives et scripturales d'évitement, de substitution.»

Blog sans microblog n'est que ruine de l'âme
À peu près au même moment, Fred Cavazza proposa sur son blogue : comment le microblog a bouleversé les pratiques de blog : Twitter et Facebook ont supplanté le blogue comme support de prédilection pour de l’information chaude. L'écologie du système se diversifiant, il est normal que l'on voie un repositionnement des outils en place. Y compris dans l'écosystème plus large incluant les mass-media.

Il m'apparaît que nous sommes à la veille d'un changement similaire avec l'arrivée de Google Waves. Fred Cavazza résume en une formule le nouvel outil : Google Wave = Email + IM + Wiki + Mashup

Google Wave est à la fois un outil de collaboration, de discussion de document et une plateforme ouverte et extensible. En temps réel. Un (long) document vidéo circule, expliquant le nouvel outil; vous pouvez le voir en cliquant ici. (PS: voici un court)

Actuellement, je dois entrer dans Tweetdeck ou Nambu pour lire les gazouillis de mes contacts, et retourner sur le web pour Facebook. Et ouvrir Mail pour mon courriel. Puis Skype sur mon bureau. Et je n'ai pas encore géré mes SMS et mon Del.icio.us, ni mon compte linkedin ou Flickr...

Je suis le soldat qui tombe devant l'ennemi, écrasé par le poids ses propres armes. Serais-je soulevé par la "vague"?

Relisons-nous dans un an et voyons si la situation a évolué...
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Autre billets sur twitter:
la sérendipité des discussions de couloirs numériques
Parler pour ne rien dire: 40% des gazouillis sur l'outil de micro-bloggage Twitter serait du bavardage futile
Virilio et la peur de l'immédiat « L'immédiateté est le contraire de l'information » (Paul Virilio)
Rupture ou continuité?
un 14 juillet 1789 sur Twitter
Le JT de 140 caractères
Twitter entre dans l'armement stratégique américain
Une révolution 140 caractères à la fois On n'est plus spectateurs de l'événement, on y "participe".
La demi-vie de twitter
Ecosysteme de l'information

23 septembre 2009

L'avenir de la musique à travers les applications Iphone

Voilà un billet (qui est de la musique à mes oreilles) que nous propose ReadWriteWeb France: Oubliez les iTunes LP, l’avenir est à l’application iPhone. Le format musical de l'avenir n’est plus l’album, mais l’application.

LP vs iPhoneSarah Perez et Guillaume Galuz expliquent comment iTunes LP, lancé récemment et qui propose un nouveau format "d’album digital", réplique l’expérience d’achat d’un album, avec paroles, notes de livret, illustrations, photos, etc. «Le seul problème est que ce format supposé interactif est en réalité tout sauf interactif.» Destiné à redresser les ventes de disques cet effort «serait bien mal inspiré» car «il essaie désespérément de forcer la porte du nouveau paradigme digital avec un modèle économique largement obsolète.»

Laissez tomber les albums, achetez une application
Certains artistes commencent à mettre au point des choses qui ne ressemblent en rien à un «album». Une application iPhone, «l'outil idéal qui permet aux fans d’interagir avec du contenu produit par ses artistes préférés». Perez et Galuz citent plusieurs applications d'artistes qui offrent la possibilité d’interagir avec d’autres fans, de partager de photos, d’écouter des morceaux et des playlists exclusives, de remixer des morceaux et pleins d'autres voies de traverse. (lire l'article)

Feu l'album?
Je le pense aussi, en voyant la montée fulgurante du iPhone en 2008, que les artistes devraient vendre des applications, et non pas des disques, s'ils veulent réellement contrôler leurs redevances numériques. Surtout les artistes qui ont certaines affinités avec la technologie (ce qui n'est pas gagné).

On ne se le cachera pas, le mobile possède un avantage immense comparé au web fixe. Les Telcos possèdent un guichet payant qui manque cruellement sur Internet (qui n'a jamais été pensé pour être une plateforme de micro-paiement).

L'album ne tirera pas sa révérence de sitôt. Mais au fur et à mesure que les générations montantes s'initieront au maelström de flux qu'est Internet, la notion d'avoir un objet fixe, surtout numérique, se marginalisera davantage. Le LP a sa place à côté de la Playlist, mais il me semblera se cristalliser comme objet de collection plutôt qu' objet de consommation de masse comme jadis...

22 septembre 2009

Meilleures sites québécois 2009

Voici la liste des gagnants des prix jumeaux, version épurée par Sylvain Carle, à partir du site officiel des prix Gémeaux, le "24e gala québécois de la télévision, d'internet et des nouveaux médias*

  • Les Appendices Meilleur site Web pour une émission ou série : dramatique, humour, variétés ou animation: Marie Brissette (Productions Marie Brissette), Nadine Dufour, Julie Duhaime (Télé-Québec)
  • D’Est en Ouest Meilleur site Web pour une émission ou série : affaires publiques, documentaire, magazine ou sport: François Veillette, Pierre Blais – (Trinôme)
  • Tactik Meilleur site Web pour une émission ou série : jeunesse: Francine Forest, Jean-Pierre Morin, Nicholas Vachon (Vivavision), Marc Beaudet, Christiane Asselin (Turbulent)
  • Têtes à claques – Saison 3 – Meilleure émission ou série originale produite pour les nouveaux médias : dramatique, humour, variétés ou animation: Michel Beaudet (Salambo Productions)
  • Le tapis rose de Catherine Meilleure émission ou série originale produite pour les nouveaux médias : affaires publiques, documentaire, magazine ou sport: – Catherine Beauchamp (Les Productions Rose Nanan)
* On pourrait sauter de joie en se fiant à liste de médias et penser qu'internet et les nouveaux médias ont une part égale, mais c'est le premier mot qui compte le plus dans ce gala: télévision. La liste ci-haut le démontre bien.

On remarque que ce gala cherche, avec raison, à étendre son emprise culturelle à d'autres support. Mais j'ai l'impression que jamais on pourra "englober internet et les nouveaux médias". Un jour il faudra non plus parler de support mais de vecteur: le gala des artistes ou des scénaristes ou des producteurs de contenus culturels, de divertissements médiatiques, etc...

18 septembre 2009

Bon voyage Renée

La nouvelle a déchiré mes fils web. Comme une tenaille qui te saisit brusquement le coeur. Puis cette sensation d'incrédulité fragile qui frénétiquement te pousse à emprunter la lignée de liens de plus en plus vite vers la page fatale. Et là, Twitter s'emballe. Tout déboule de partout. Confirmant l'impensable. La recherche est terminée. Renée Wathelet a réellement été assassinée.

RIP Renée Wathelet

Lanchero asesina a una turista en Isla Mujeres

On venait de tailler un portrait d'elle, deux jours auparavant, à la mesure des rêves qu'elle générait.
Une Québécoise à Isla Mujeres: adopter une île

Et hier, son dernier billet sur son blogue, pour nous montrer comment elle aimait ce qu'offre la vie.
Tranche de vie (6) – Des pas sur le sable, au petit matin

RIP Renée Wathelet: ses derniers pas sur terre, la veille de sa mort
La mort a réussi à nous arracher Renée, notre blogueuse nomade. Twitter ne gazouillera plus en direct des îles. Comme le dit Vallier Lapierre, «on va tout faire pour prolonger tes «pas sur le sable au petit matin».

Longtemps je voyais apparaître son visage, au sourire de Joconde, dans les stats de visites de mon blogue. Et à intervalles réguliers, sa présence venait mettre de la vie lors de nos rencontres Yulbiz. Elle me fascinait avec son étonnante vie à cheval entre la bruyante ville nordique (Montréal) et les lointaines îles du Sud (au large de Cancún, Mexique). Elle aimait les vagues d'un côté et les murmures de la cité de l'autre. Le meilleur des deux mondes. En alternance, 6 mois. L'art de vivre du nomade numérique.

Sa porte était grande ouverte et elle m'invitait à aller la voir un jour. Trop tard. Elle est dans un autre monde maintenant. Par contre, cette fois-ci, je sais qu'éventuellement, un jour, j'irai la rejoindre. En attendant, j'attends qu'elle ouvre @endirectduparadis. Bon voyage, Renée.

«La vie est la conservation du possible» (Paul Valery)
Galerie de photos "en direct des îles"

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PS
(Guy, fils de Renée) «Du a l’ampleur médiatique que semble prendre ce triste évènement nous demandons au médias de bien respecter notre deuil. Pour les autres, tout commentaires, pensé etc. sont bienvenus à l’adresse suivante: enmemoirederenee@gmail.com. Un service commémoratif sera organisé à notre retour du Mexique» (date à préciser).