ZERO SECONDE (par Martin Lessard)

ZERO SECONDE

Impacts d'Internet sur la communication, notre société, nos vies.

Twitter, comme outil de validation de la représentativité en politique?

On me pose à l'instant une question sur l'usage des politiciens de Twitter.

«Les politiciens bâtissent-ils des discours politiques en tenant compte de Twitter comme 'média social' uniquement, ou fondent-ils une communauté autour de l'actualité politique en ciblant sur la force du 'réseau social'?». Je vais faire mon Mario Asselin de moi et vous partager à chaud ma réponse.

Comme Twitter est une plateforme sans essence, toute forme d'usage est possible, et aucune n'est prescrite dans l'outil lui-même. Les contraintes sont sociales et dépendantes donc d'une convention. Venant de la base (et non pas du haut) chacun y va de son interprétation et agrège ceux qui pensent de la même façon.

Les politiciens n'agissent pas autrement et utilisent Twitter comme ils l'entendent. Ils bâtissent des discours politiques en fonction ou non des communautés, selon leur croyance ou leur expérience terrain. Seul la rencontre du «succès» les encourage de poursuivre de l'avant dans leur approche ou non. Par succès on entend une réponse de la communauté Twitter autour du politicien que celui-ci considère comme positive et allant dans le sens qu'il pense optimal pour atteindre ses objectifs.

Comme plusieurs approches sont possibles et qu'il y aurait donc techniquement de multiples stratégies politiques applicables pour un politicien sur les réseaux sociaux, la question qu'il faut se poser est celle de connaître le point commun entre toutes ses stratégies. Il est probable qu'à terme, ce commun dénominateur serait un vecteur essentiel pour comprendre les motivations des politiciens à utiliser les réseaux sociaux, et Twitter en particulier, et ce, qu'importe leur type d'usage.

Il appert, à mon avis, que le socle commun est la popularité. Qu'importe l'usage de l'outil, qu'importe le message envoyé, qu'importe les motivations, le politicien voit en temps réel non seulement le support qu'il a sur son idée, mais aussi sur sa personne. La foule, même virtuelle, a toujours été, en démocratie, un rapport de force dans les agoras.

Le politicien qui, qu'importe son usage, peut se vanter d'avoir X abonnés, détient un argument supplémentaire pour faire valoir son idée, ou du moins son approche, ou au minimum la validité de sa représentativité. Et ce, face à d'autres qui n'auraient pas le même nombre d'abonnés, de plusieurs ordres de magnitude (X/100 par exemple).

La «popularité» (relative), le «score (pseudo) démocratique», la «légitimité du nombre (virtuel)» sont divers libellés que l'on peut appliquer à ce jeu de la validation de la représentativité. Le politicien cherche à valider qu'il est toujours en résonance avec une audience (je n'ai pas dit l'électorat) pour stimuler la légitimité de sa position, de ses dires, de son approche. Ce n'est pas en remplacement des autres méthodes, c'est un complément.

C'est, autrement dit, un outil du star-système, en miniature, appliqué au champ politique.


Comment le FBI américain peut-il fermer un site d'Hong Kong comme MégaUpload?


On ne défendra pas ici l'indéfendable. Héberger et diffuser des copies de films sans payer les redevances aux ayants droit est un accroc au droit d'auteur. MegaUpload était un tel site et amassait des millions chaque années en percevant des frais (un "abonnement") qui permettait de télécharger plus rapidement.


S'il y a une chose à retenir de la fermeture du site de piratage en ligne et de l'arrestation des dirigeants par le FBI, c'est qu'il n'y a aucun, mais aucun, besoin de projet de loi tel que SOPA et PIPA pour y arriver. Les lois en place existent déjà et sont efficaces.

Ce qu'on peut se demander, par contre, c'est comment la Justice américaine peut sévir hors de son territoire. MégaUpload était basé à Hong Kong et les dirigeants étaient en Nouvelle-Zélande.

La justice a le bras long

MegaUpload n'était pas qu'une simple firme «basée à Hong-Kong» dont par hasard certains Américains s'adonnaient à le fréquenter. Le site avait plus de 1000 serveurs en Amérique du Nord, dont 525 dans l'État de Virginie, chez un hébergeur américain. Et c'est là que les problèmes de MégaUpload ont commencé.

Le paiement des "abonnements" se faisait via PayPal, firme américaine. Pour donner une idée de l'ampleur du piratage, 110 millions de dollars ont transité par ce canal au fil des années.

MegaUpload utilisait aussi des régies publicitaires pour arrondir ses fins de mois, avec Google AdSense (jusqu'en 2007) et AdBrite (pour un total de plus de 800 000 $). Dans sa magnanimité, MegaUpload payait aussi les top usagers qui déposaient les films sur ses serveurs (le fameux «Uploader Reward»). Entre pirates, on s'encourage.

Mais voilà, un des usagers qui se faisaient payer par MegaUpload, habitait l'État de la Virginie. La boucle est bouclée;  le FBI peut intervenir.

Le motif d'arrêt est supporté par le fait que la violation des droits d'auteurs a eu lieu en Virginie. Les serveurs sont en territoire américain, l'abonnement se fait par une firme américaine, les clients sont américains, et même les top uploaders sont américains. Pourquoi la loi américaine ne s'appliquerait pas?  

Je laisserai des spécialistes comme Anthony Hémond et Rémy Khouzam se prononcer sur la recevabilité de cette logique, mais il faut croire que les autorités néo-zélandaises ont acheté cette version.

La question du territoire dans le cyberespace

Le cyberespace n'a rien d'éthèrique. Ils se fait avec de vrais humains dans de vrais espaces. Elle brouille bien évidemment les définitions de frontière et de territoire, mais MégaUpload deviendrait probablement une étape de plus dans l'ancrage d'Internet dans le Droit réel. Avec un précédent: le territoire américain s'étend maintenant au virtuel...

Source

Les jeux vidéos comme «10e Art»

«Le jeu vidéo est devenu un art à part entière. On le nomme même le 10e art.» -  Guy Berthiaume, président-directeur général de la BAnQ (Bibliothèque et Archives nationales du Québec)

Image: Br1dotcom
Dans son billet de ce matin, Laurent Lasalle reprend la nouvelle sortie hier sur le fait que la Grande bibliothèque accueillera dès le mois de mars 2012 des jeux vidéos sur notre blogue collectif, à Radio-Canada, Triplex.

Le studio montréalais Warner Bros. Games offrira des jeux vidéo, pour l'emprunt. Ubisoft, autre firme montréalaise, suivra prochainement, selon Le Devoir. Montréal, étant une capitale du jeu vidéo, ce n'est qu'un juste retour des choses.

Ce n'est pas une nouvelle anodine

La déclaration de Berthiaume, que le jeu vidéo est devenu  le 10e art, ne tombera pas dans les oreilles de sourds.

La SODEC propose un virage numérique pour toute l'industrie culturelle québécoise et on en verra les aboutissants au cours des prochains mois et années. J'ai participé d'ailleurs à la rédaction des orientations stratégiques et à la rédaction du rapport à la Ministre de la Culture du Québec.

Or, une question qui revenait toujours était celle de considérer ou non les jeux vidéos comme de la "culture". 

Si la réponse est oui, comme le suggère Berthiaume (et comme WB Games et Ubisoft ont intérêt à le promouvoir), cette industrie pourrait recevoir des subsides de la SODEC, organisme d'État chargé de supporter les "arts" comme la musique, cinéma, télé, etc.). 

Avec comme conséquence, la diminution de la tarte à se séparer entre tous.

Ce n'est pas une déclaration anodine et le geste d'intégrer les jeux vidéos dans le temple de la culture qu'est la Grande bibliothèque aura un impact probable dans l'avenir...

Internet remplacera-t-il la télévision en 2012 ?

Comme source d'information? Peut-être. «En seulement douze mois, Internet comme principale source d’information des Québécois a connu une progression fulgurante, passant de 15 % en 2010 à 30 % en 2011.»

La nouvelle étude NETendances du CEFRIO montre que chez certains groupes d’âge Internet a dépassé la télévision, quoique, de façon globale, la télévision constitue toujours la principale source d’information utilisée pour consulter l’actualité et les nouvelles par les adultes québécois (41%).


Plus de détails ici sur le site du CEFRIO: Internet comme source d'information (PDF)

SOPA/PIPA : Honni soit qui passe cette loi

Imaginez un monde où Internet était muselé par les grandes compagnies. Le projet de loi SOPA est un mauvais projet de loi. En solidarité avec Wikipédia, qui a fermé sa version anglaise pendant 24 heures, ZÉRO SECONDE passe au noir aujourd'hui 18 janvier 2012.


La section anglaise de Wikipédia bloque aujourd'hui l’accès à toutes ses pages pour protester contre le SOPA et envoyer un signal fort à la communauté : Internet doit rester libre. Wikipédia disparait, comme s’il était sur la liste noire du SOPA. Seulement 24 heures, imaginez si le projet de loi passe.

Un Internet où les grandes corporations américaines domineraient

Le projet de loi Stop Online Piracy Act (SOPA) -- et son projet de loi compagnon, le Protect Intellectual Property Act (PIPA), donnent le droit de poursuivre tout site web qui contreviendrait à la législation sur les droits d’auteur, qu’il soit américain ou non.

Les projets de loi rendent possible de forcer les fournisseurs d’accès à Internet à bloquer tous les sites web contrevenant aux lois américaines sur le droit d’auteur. Ils permettraient aussi de poursuivre les moteurs de recherche, blogues et répertoires de sites qui ne mettent pas en place une liste noire de sites à bloquer. Et, nerf de la guerre, ces lois forceraient les agences de placement publicitaire à retirer leurs pubs de tels sites.

Business as unusual

Tout le monde sur la planète se trouve concerné. Votre site pourrait se retrouvé bloqué aux États-Unis par la moindre compagnie qui décide de le demander.

PROTECT IP / SOPA Breaks The Internet from Fight for the Future on Vimeo.

Si votre site au Canada ou en France ne plaît pas à une entreprise aux États-Unis, les fournisseurs d’accès et les moteurs de recherche américains n’auront pas d’autre choix que de bannir votre adresse en ligne sur simple demande grâce à la liste noire, et ce, avant même qu’il n’y ait procès.

ZÉRO SECONDE passe au noir pendant 24 heures



La différence entre réseaux sociaux et médias sociaux


J'écrivais à Marie-Claude Ducas aujourd'hui, pour ajouter dans le livre que nous écrivons sur les médias sociaux, avec Guillaume Brunet (plus d'info bientôt) un bout de texte qu'on veut ajouter en introduction: en quoi consiste la différence subtile entre les réseaux sociaux et médias sociaux?  Je vous la soumets pour connaître votre point de vue. 
Cette définition s'adresse à des non-spécialistes, propriétaires d'entreprises, grandes ou petites, qui cherchent à comprendre comment les médias sociaux peuvent répondre à leurs objectifs d'entreprise. 

Ce n'est probablement pas la définition sémantique par excellence, mais le but est de rester pragmatique. On part de la notion de médias sociaux telle que définie par Fred Cavazza dans son célèbre panorama des médias sociaux. Avec le développement de Facebook et l'arrivée de Google Plus, ça tiens un peu moins la route, mais je ne crois pas que dans l'introduction du livre, il faille en dire plus.
La différence entre réseaux sociaux et médias sociaux.

Même si aujourd'hui on tend à interchanger ces termes, nous y voyons une différence subtile entre les deux. Le "réseau social" fait allusion aux liens sociaux et aux interconnexions entre les individus comme potentiel de rejoindre des individus. Autrement dit, les réseaux sociaux tiennent la relation entre les individus comme fondamental à sa raison d'être (comme Facebook ou MySpace).

En revanche, le terme "média social" concerne l'ensemble des communications et des échanges d'information qui s'effectuent dans les réseaux sociaux. Les médias sociaux se servent des réseaux sociaux comme canaux.

De plus, tout n'est pas un réseau social. Les blogues ont la publication comme vecteur principal. Pour YouTube ou Flickr, c'est le partage de vidéos ou de photos. Le réseautage vient en surcroît, il n'est pas leur raison d'être; ce n'est pas nécessairement leur but premier, même s'il y a tout de même toujours un peu de réseau social dans tout. D'où le fait qu'on appelle toute plateforme un réseau social, de Twitter à Foursquare.

Si on parle davantage de médias sociaux, c'est parce que ce terme englobe tous les autres (réseau de publication, réseau de partage, réseau social, etc.). Les plateformes  de réseaux sociaux en tant que tels ne seraient donc qu'une sous-partie des médias sociaux, selon cette façon de voir. Mais de plus en plus cette distinction tend à s'amoindrir et plusieurs ont tendance à interchanger les termes.  
Je vous invite à me partager vos commentaires ci-dessous, par courriel ou sur Twitter...

3 nouveaux types de contenu apparaîtront dans vos résultats Google

Hier, Google a intégré davantage les contenus de G+ aux résultats de votre recherche (Lire «Search, plus Your World»)

Résultat personnalisé: ce sont vos propres publications et vos +1. Et le contenu partagé avec vous par vos réseaux. Incluant le contenu partagé en privé --mais ce contenu n'est visible qu'à vous seulement pour vous.


Profils des membres de G+: vos contacts apparaîtront dorénavant dans les résultats de recherche.
  Comptes et pages G+: les pages affaires et les grands usagers de G+ seront aussi affichés dans la colonne de droite selon le mot-clé.  
C'était une question de temps avant que cela ne se produise. Le numéro un mondial des moteurs de recherche cherche a réunir deux univers d'information jusqu'à maintenant séparés: le monde des documents (pages web) et le CGU (contenu généré par les utilisateurs -- du simple +1 aux billets sur G+)

«Organiser les informations à l'échelle mondiale dans le but de les rendre accessibles et utiles à tous». Tel est la mission de Google. Le flou qui existait entre les livres et les sites web s'étend maintenant entre les pages web et les échanges épistolaires entre amis. Tout est du contenu indexable.

Cela donnera probablement un boost au réseau G+. Plusieurs personnes sont inscrites, mais peu s'en servent vraiment.

Mais la vraie révolution arrivera s'ils arrivent à entrer dans Twitter et Facebook, pour ne pas indûment privilégier G+ dans les résultats. Sinon, on peut imaginer qu'il faille aller sur Bing pour chercher Facebook et une certaine balkanisation se fera sentir sur le web...

introduction aux Enjeux des technologies émergentes

Les objectifs du cours de maîtrise CRM 809 - Enjeux des technologies émergentes, de l'Université de Sherbrooke, dont j'ai donné le premier cours hier consistent en deux points:
- Développer une compréhension globale des enjeux associés aux technologies émergentes et aux environnements médiatiques en mutation.
- Savoir évaluer et utiliser les nouvelles plateformes numériques de diffusion dans les stratégies de communication. 
Autrement dit, faire le grand écart entre la théorique (compréhension globale) et la pratique (savoir utiliser).

Je vais partager ici, au courant de la session, autant que faire se peut, quelques notes sur les contenus du cours et sur les réflexions connexes pour aller plus loin. Vous êtes bien sûr invité à commenter et à alimenter la discussion

Introduction

Dans mon introduction au cours, je fais référence aux soulèvements du Printemps arabe et un rapport de Franck La Rue, des Nations unies, en mai dernier, qui a proposé de reconnaître Internet comme un outil incontournable pour supporter les droits de l’Homme (PDF page 22, Point B, deuxième ligne). L'accès Internet est-il un droit de l'Homme? Pourquoi en sommes-nous rendus à poser cette question? Comment, en 20 ans de web et 40 ans d'internet, on peut associer si rapidement cet outil à la condition humaine? Les technologies émergentes posent de vrais enjeux

(Sur la question des droits de l'Homme, lire Internet Access is Not a Human Right, de Vinton Gray Cerf, co-inventeur du TCP/IP, donc d'Internet),  L'accès à Internet n'est pas un droit de l'Homme (mon billet qui élabore sur le point de vue de Cerf) et le sondage de la BBC qui montre que quatre personnes sur cinq dans le monde considèrent l’accès à Internet comme un droit fondamental.)

Acculturation par le réseau

Entrer sur Internet, c'est s'exposer à une culture marginale qui teinte lentement la globalité de la société. Ce n'est pas une culture, mais un amalgame de cultures, comme le disait Manuel Castells, dans La galaxie Internet, (2002). J'en vois 6, qui en pelure d'ognon, se superposent et ont fait répandre dans la société des  notions de "auto-publication", "décentralisation", "participation", "reconnaissance des pairs"... (Lire Les 6 cultures d'Internet)

Les médias sociaux comme mutation

L'outil émergeant, c'est les réseaux socionumériques. Dans une société qui est passée d'une rareté à une surabondance d'information, rendant tout contenu une commodité (merci Google), le filtrage émerge comme une stratégie de survie pour retrouver du contenu qui "fait sens". Le "sens minimal" c'est de signifier que l'on appartient à la même communauté.

C'est donc pour cette raison que l'axe privilégié durant la session sera de se développer une présence dans les réseaux sociaux. Avec ces nouveaux outils, on y échange ce qui est intéressant.. pour les autres, pas nécessairement pour soi.

Qu’avons-nous d’intéressant à partager? Les étudiants auront à identifier dans un premier temps ces paramètres.


  • - Qui êtes-vous / qui représentez-vous? 
  • - Que souhaitez-vous développer comme présence? Avec quel but?
  • - Vos points forts / vos points faibles
  • - Votre présence en ligne actuelle
  • - Identifiez les communautés pertinentes.
  • - Identifiez les personnalités de votre domaine visibles en ligne.

Ce premier exercice aidera les étudiants à se préparer pour un plan stratégique de présence en ligne.

Pour les étudiants

Le prochain cours sera un laboratoire (avec des ordinateurs sur place) où on touchera à quelques outils essentiels (ouverture de compte, échange en ligne, etc).

- Date: dimanche 15 janvier 2012 (09:00 - 16:00)
- Local du cours: 6660
- Activer votre code d'identification personnel (CIP)
- Pour créer votre courriel Usherbrooke.ca :

Vous aurez besoin du CIP et du courriel pour activer les ordinateurs

Lecture pour le prochain cours




Les médias sociaux et le Bye Bye

Au fond, ce n'est plus parce qu'il y a un Bye Bye que les gens sont devant la télévision au passage de l'an, c'est parce qu'il a des gens devant la télévision qu'il y a un Bye Bye. Mais la formule n'est plus adaptée aux années 2000. Voici pourquoi.






Le Bye Bye, émission de fin d'année à la télévision publique (SRC), ne laisse jamais indifférent. On déteste, on adore. SRC a bien tenté, il y a fort longtemps de se sortir du créneau (la controverse ne date pas d'hier, rappelez-vous "Bonne année Roger"), même si n'est pas le créneau qui est le problème.

C'est que les deux fonctions du Bye Bye sont devenues obsolètes.

Les deux fonctions (dysfonctionnelles) du Bye Bye

Cette émission a toujours tenté une revue de l'année sous le mode de l'humour. Les époques se sont succédés et les comédiens aussi. La formule n'a pas changé. C'est la société qui a changé.

Les deux fonctions, faire rire et faire discuter, sont devenus obsolète dans sa formule actuelle, parce qu'inévitablement la société a changé.

On pourrait invoquer des raisons concernant le degré de qualité du contenu du Bye Bye, mais elles me semblent secondaires face à la montée d'Internet, entre autres.

1) La fonction de l'humour



La première fonction du Bye Bye, à l'origine, était de dérider le public face à l'angoisse du monde que la télévision donnait à voir.

Le Québec s'ouvrait au monde par la petite lucarne et l'humour était le liant entre toutes les couches de la société. Une façon souveraine de se reconnaître uni une fois l'an.

Les critiques ont déjà noté que depuis deux décennies, les émissions d'humour et de critiques humoristiques de l'actualité ont suffisamment envahie les ondes télévisuelles pour rendre fade la revue annuelle --qui ressemble à une redite, incapable de répondre aux attentes démesurées de plaire à tous et à son père.

La balkanisation de l'humour au Québec a créé une série de ghettos impénétrables qui divise la société. L'humour trash, le cynisme branché, les farces grasses et méchantes ont leurs fans qui s'excommunient mutuellement.

L'humour de Cloutier et Morissette, concepteurs du Bye Bye de cette année, plaira ou non selon les allégeances. Seuls les critiques avertis, comme Stéphane Baillargeon du Devoir, auront compris que c'est l'humour comme liant qui ne fonctionne plus.

Sur les réseaux sociaux, les LOLcats, les FAILblog et autres, remplissent tous les interstices de notre vie, réduisant l'humour (?) à un nihilisme permanent et la transformant en commodité à portée de clic.

Internet, via les réseaux sociaux, vient remplir notre besoin de se dérider de l'actualité en temps réel --entre deux émissions d'humour à la télé...



2) La fonction d'initiateur de conversation

La deuxième fonction du Bye Bye est de se remémorer les événements annuels pour provoquer une ultime réflexion sur le temps qui passe et les changements intervenus durant l'année.

Je crois que la montée des réseaux sociaux joue ici un autre grand rôle dans la désaffection de cette fonction d'une telle revue de l'année.

Je ne parle pas du gigantesque clavardage à ciel ouvert qu'est devenu Twitter, même si des dérapages, comme l'étrange cas du mystérieux double maléfique de Jorge Contreras, sont devenus un spectacle en soi.

Le Bye Bye était un moment privilégié pour ouvrir la discussion sur l'actualité avec toute la famille, réunie pour l'occasion.

Or, aujourd'hui, cette discussion a lieu sur les réseaux sociaux au moment même où l'événement a lieu. On épuise complètement le sujet au moment où l'événement se passe. On commente, on "like", on partage.

La revue de l'année ne réussit, au mieux, qu'à nous faire sourciller. Tout a été dit et il n'y a plus de discussion possible.

Si la télévision a conservé sa place de rendez-vous collectif, elle n'a plus le monopole d'initier des catharsis collectives à travers le simple fait de remémorer les événements.

Les sujets sont maintenant commentés dans une conversation permanente tout au long de l'année.

Revoir l'année autrement

Qu'est-ce qui reste? Un spectacle artistique, parodique, avec des moyens de music-hall, pour passer le temps avant de se donner le baiser de début d'année. Sans le fard d'un passage initiatique. Ce n'est que de la télévision.

Les réseaux sociaux demandent de revoir complètement la notion de revue de l'année, du moins dans la façon qu'elle est pratiquée dans le Bye Bye annuel.

Il ne s'agit plus de souligner anecdotiquement l'année --ça, les réseaux sociaux le font allègrement et mieux.

Le Bye Bye n'est qu'un symptôme. Les grands médias dans leur ensemble sont touchés.

Les grands médias n'ont d'autre choix que d'aller là où ils ne peuvent être que les meilleurs: approfondir un sujet, donner du contexte, prendre du temps, éviter le superficiel.

C'est-à-dire donner ce recul nécessaire et salutaire. Pour le reste, les réseaux sociaux s'en chargent très bien.

Les immigrants en circuits imprimés

En faisant la chronique techno, pour l'émission La Sphère à la Première chaîne de la Radio de SRC, durant la saison d'automne 2011, j'ai parlé, entre autres choses, de robots. J'ai été surpris de voir que la robotique était si avancée et que la réalité n'a plus grand-chose à envier à la science-fiction.

Et ce qui m'a sauté aux yeux, plus que tout, c'est que le Japon et la Corée (du Sud) sont très en avance de ce côté.




Que l'Asie soit plus en avance que l'Occident me surprend moins que les raisons qui les poussent à l'être.

L'immense majorité des avancées robotiques concerne le soin aux aînés ou certains travaux manuels répétitifs. Ces robots, "aidants mécaniques", se veulent la relève d'une force de travail en déclin: les populations japonaise et coréenne vieillissent, il y a moins de jeunes sur le marché de travail. La relève n'est pas là. Et les hôpitaux et les centres pour personnes âgées se retrouvent avec un déficit de personnel. D'où la recrudescence de robots "aidants"...

De gros robots carrés sans âme au début, ces robots ont depuis pris une allure humaine de façon si poussée que ceux qui n'ont pas suivi les progrès de la robotique japonaise seront surpris de voir à quel point les robots ont une forme humanoïde très ressemblante -- et troublante.

Compréhensible. Qui veut être soigné par une boîte de conserve? La robotique a pris depuis 15 ans une tournure du côté de la recherche de l'émotion artificielle, question de paraître plus humaine.


Mais ce que je retiens, c'est qu'une caractéristique culturelle -- le refus de se mélanger avec d'autres?-- ont motivé les asiatiques à bâtir une industrie qui avance à une telle vitesse que leur société sera complètement modifiée et où ne circuleront que des vieux portés par de jeunes robots...

Et du coup, ici aussi, nous serons touchés.

Ce qui expliquerait pourquoi une télé suédoise propose une série télé "Äkta Människor" --"Real Humans"-- (bientôt en anglais) sur, justement, un monde où on ne distingue plus un humain et d'un robot...






(bande annonce de la série télé) Via Spectrum.ieee.org

Qu'en pensez-vous?


GoDaddy perd des dizaines de milliers de sites


Le projet de loi Stop Online Piracy Act (SOPA), nom soporifique, mais Ô combien dangereux, veut permettre au gouvernement américain et aux ayant droits d'attaquer en justice et de barrer sur Internet tout site web suspecté de diffuser du contenu sous copyright sans autorisation.

«Barrer sur Internet» comme dans liste noire, censure et disparition complète des moteurs de recherche.

Banksy
Si vous pensiez que ça ne concerne que les Américains, détrompez-vous, si votre site dans votre pays ne plaît pas à une entreprise aux États-Unis, les fournisseurs d’accès et les moteurs de recherche américains n’auront pas d’autre choix que de bannir votre adresse en ligne sur simple demande grâce à cette liste noire, et ce, avant même qu’il n’y ait procès. C'est une arme commerciale de plus.

Vous pensez encore à l'abri? Vérifiez où se trouvent vos serveurs (et vos datas dans l'infonuagique!). S'ils sont chez un fournisseur américain, hé hé, bonne chance.

29 décembre: Dump GoDaddy Day

Heureusement, les internautes américains ne se laissent pas faire:
«Le registrar GoDaddy a été l'un des premiers à en subir les conséquences : à peine son nom figurait dans une liste de sociétés favorables au texte de loi [PDF] que l'entreprise perdait 21 000 noms de domaine en une seule journée, ces propriétaires de sites migrant leur bien vers un autre registrar pour montrer leur mécontentement.

Un site demandant le boycott de GoDaddy a même été mis en place, amenant la société à retirer son soutien au texte de loi.

Autant dire qu'à partir de maintenant, les sociétés vont faire attention avant d'afficher leur soutien à Sopa...»

Source: Abondance Actualité, SOPA : la loi qui veut censurer et blacklister le Web
Malgré sa rétraction, GoDaddy ne va pas s'en tirer facilement. Un site rapporte que c'est plus de 37 000 sites qui ont quitté le fournisseur. Le 29 décembre est déclaré: Dump GoDaddy Day. La riposte fait mouche!

Cette vidéo donne un aperçu de SOPA:
 
PROTECT IP / SOPA Breaks The Internet from Fight for the Future on Vimeo.

Plus d'info sur le site de Matt Cutts

Lire aussi Read Write Web: How SOPA Would Kill Art & Creativity Online


Scenius: La scène géniale

Une écologie des idées demande un ensemble d'acteurs, pas seulement quelques génies. Pour qu'émergent des "génies", il doit d'abord y avoir un écosystème fertile rempli de joueurs de talents. Un génial acteur ne peut apparaître seul: il a besoin de supports, de collègues, de lieux, d'investisseurs, de facilitateurs, chacun étant un petit génie dans son domaine, pour permettre à un "grand" d'émerger et de passer à l'histoire.


Brian Eno propose le terme "scenius" (contraction de genius et scene) pour décrire ce qui rend un lieu (spatio-temporel) si fertile pour ses joueurs. Il dit qu'il serait même plus pertinent de voir le tout comme une "scène géniale" (scenius) plutôt que de tenter d'expliquer les succès sous forme de "grands génies" sortis de la cuisse de Jupiter.
Brian Eno (2009) : «I was an art student and, like all art students, I was encouraged to believe that there were a few great figures like Picasso and Kandinsky, Rembrandt and Giotto and so on who sort-of appeared out of nowhere and produced artistic revolution.

As I looked at art more and more, I discovered that that wasn’t really a true picture.What really happened was that there was sometimes very fertile scenes involving lots and lots of people – some of them artists, some of them collectors, some of them curators, thinkers, theorists, people who were fashionable and knew what the hip things were – all sorts of people who created a kind of ecology of talent. And out of that ecology arose some wonderful work. 

The period that I was particularly interested in, ’round about the Russian revolution, shows this extremely well. So I thought that originally those few individuals who’d survived in history – in the sort-of “Great Man” theory of history – they were called “geniuses”. But what I thought was interesting was the fact that they all came out of a scene that was very fertile and very intelligent. 

So I came up with this word “scenius” – and scenius is the intelligence of a whole… operation or group of people. And I think that’s a more useful way to think about culture, actually. I think that – let’s forget the idea of “genius” for a little while, let’s think about the whole ecology of ideas that give rise to good new thoughts and good new work.» (source
Internet permet de connecter la scène des idées à Montréal et au Québec en général. Pour qu'un bon blogueur soit reconnu, il lui faut un bon public. Webcom, Yulbiz, la maison Notman, Alliance Internet, tous les camps, ont besoin d'un écosystème pour rayonner. 

Il n'y a pas d'initiative isolée. La scène doit être géniale pour qu'émergent des acteurs géniaux.

Scenius St-Hyacinthe

J'encourage ces temps-ci la création d'un Yulbiz à St-Hyacinthe. Le premier travail consiste à faire prendre conscience aux acteurs du coin qu'un certain talent numérique se trouve dans cette région. Un Yulbiz est une rencontre qui permet d'envoyer ce signal à tous les acteurs de la région que localement un écosystème peut se mettre en place. 

Et cet écosystème mettra en relation des acteurs de talents qui sauront émerger pour créer un scenius distinct (ou complémentaire) de Montréal, comme il existe déjà à Québec et se forme à Trois-Rivières (et probablement ailleurs aussi au Québec)

Un travail qui demande patience et persévérance. 

Un de mes clients de la région, l'Hôtel des Seigneurs, se veut un rassembleur. Il organise un Yulbiz en début 2012 (date à déterminer). Étant au fait que les réseaux sociaux représentent une opportunité, il n'hésite pas à provoquer l'émergence d'une scène locale pour qu'elle prenne conscience de son existence (au lieu d'être éclipsée par Montréal, Sherbrooke et Trois-Rivière.)

Et chaque joueur a ensuite intérêt de voir cette scenius se développer près de chez eux.

Le red light d'internet

Depuis une semaine et demie, les adresses internet se terminant part .xxx au lieu des traditionnels .com ou .net sont disponibles à la vente.

Le nouveau nom de domaine, qui a été approuvé au début de cette année par l'Icann, organisme chargé de la réglementation des noms de domaine dans le monde entier, est devenu une réalité après des années de combats. 

On se rappelle que l'Icann refusait en 2006 d'ouvrir ce type d'adresse (voir mon billet). Mon avis à l'époque était: à quoi peut bien servir un tel suffixe? À part d'être une trappe à con pour faire payer toutes les grandes marques du monde pour éviter que leur nom de domaine soit squatté...

Les dessous intimes d'une adresse louche

Selon les estimations, on pense que 500 000 sites pourraient s'ouvrir avec un .xxx. Un sacré pactole.

Selon des chiffres de l'ONG Internet Engagement social et Responsable (ICSR), la pornographie sur internet génère 3000$ de revenus à la seconde (!!) dans le monde, et le terme «sexe» représente un quart des recherches les plus fréquentes sur la toile.

Premier avantage: les sites en .xxx peuvent être facilement bloqués dans les entreprises. Mais qui est encore assez con pour naviguer sur un site porno au bureau. Mais je ne crois pas que ce soit leur cible primaire.

Ça reste en fait une taxe déguisée, car les grandes firmes ont réservé leurs noms de marque et de produit pour se protéger contre les petits malins (Pepsi, Coke, Hydro-Québec).

En fait, ce qu'on risque de voir, ce sont des barrages de top domain level a un niveau étatique: certains pays vont commencer par filtrer les .xxx au nom des moeurs. Ensuite, j'imagine qu'ils auront carte blanche pour filtrer d'autre site à la pièce... 

Photo: Mark Hillary

Un cyberombudsman sur Facebook pour contrer l'intimidation à l'école

Dans le dernier mois, la notion d'intimidation chez les jeunes et de cyberintimidation (cyberbullying) dans les réseaux est passée au premier plan de l'actualité. Voici ressources et une idée pour votre école: un cyberombusdsman pour Facebook.
Beaucoup de ressources existent pour l'école et les professeurs pour contrer les cyberintimidation.

- Des ressources pour la classe destinées à contrer la cyberintimidation (5e année jusqu’au secondaire)

- Plan de module (ado-santé)

- Guide d’intervention pour les écoles secondaires

Édouard Morissette propose ici une liste de ressources si vous désirez aller plus loin.

Le sujet n'est clos pour autant, ni nouveau (François Guité en parlait dès 2008 et probablement Mario Asselin aussi), mais je désire apporter une piste de solution dans le débat.

Que doit faire un professeur sur Facebook?

Il n'y a pas encore de convention clairement établie pour l'usage d'un compte Fcebook pour les professeurs. Il semble que la tendance pousse les professeurs à ne pas accepter les demandes de mise en contact sur Facebook de leurs étudiants (particulièrement pour les jeunes étudiants).

Le professeur a complètement intérêt à séparer sa vie "privée" (si privée veut dire quelque chose sur Facebook) de sa vie scolaire, et avec raison. Ou alors, il gère son compte personnel comme il gère un compte corporatif. Il est préférable pour un professeur de s'ouvrir une page professionnelle sur Facebook pour ses étudiants, s'il veut garder son compte perso pour ses (vrais) amis. Sur sa page professionnelle, il a alors tout le loisir d'orienter les discussions uniquement sur les cours.

Mais comme il n'a pas accès à ce qui est échangé entre les étudiants sur leur compte personnel, c'est une piètre solution pour contrer la cyberitimidation sur Facebook (ce qui dépasse de toute façon son mandat).

Voici une idée pour aider une élève en détresse sur Facebook:

Un cyberombudsman pour l'école comme ami Facebook

Je pense que cette idée vaut la peine d'être développée: créer un compte "ombudsman Facebook" pour l'école, un compte "personnel" mais clairement identifié comme étant un compte de "l'ombudsman" de l'école.

Pour des raisons économique, mais aussi éthique, ça pourrait aussi être un ombudsman de la commission scolaire ou d'un regroupement d'écoles.

Cet "ombudsman" peut être géré par une ou plusieurs personnes, mais de façon complètement confidentielle (probablement des psychologues ou autres intervenants professionnels).

Les enfants qui se sentent menacés d'intimidation sauront qu'ils peuvent "devenir ami" avec cet ombudsman qui pourra alors scruté les conversations pour offrir une aide personnalisée.

Avoir un cyberombudsman permet donc, comme un surveillant dans la cour d'école, de signaler que les règles de civilité s'appliquent aussi en ligne.

La pratique doit être strictement encadrée (en particulier pour tout ce qui concerne la confidentialité). Mais une fois ces paramètres balisés , votre école pourra donner suite à des appels au secours de jeunes qui se disent dans une situation de cyberintimidation («devient ami avec ce compte-là!»). La contrepartie pour l'élève, c'est de laisser ce "surveillant" venir observer ce qui se dit réellement afin de lui venir en aide.

Il se peut que l'école ait à travailler avec un réseau social plus étendu pour supporter cette initiative. Ceux qui sont sérieux à vouloir lutter contre la cyberintimidation (sur Facebook) devrait se pencher sur cette idée.

N'hésitez pas à commenter pour améliorer cette idée.

Duplex maison en direct du LeWeb

À Paris, pour LeWeb 2011, Christian Aubry (@amicalmant) s’était donné comme défi de faire, sur place, des entrevues de blogueurs et autres experts en techno, en direct sur la plateforme de Ustream. Puis il les téléchargeait sur YouTube. Partage du premier essai en duplex avec Montréal.

Avec lui, on a essayé de voir si l’on pouvait faire une entrevue en passant par Skype, ce qui demandait de faire entrer ce flux dans sa console pour qu’elle repasse ensuite par Ustream, et ce, en direct!

Dans la vidéo ci-dessous, vous verrez notre premier essai, live. Le résultat final est somme toute très intéressant, vu les conditions. Il faut savoir qu’il y avait une distorsion épouvantable dans mes écouteurs; j’entendais à peine l’interviewé, qui lui ne m'entendait que si je parlais fort et près du micro. De plus, le décalage de cinq secondes entre l’image et  le son de mon côté, ça rendait l’entrevue plus difficile.

C’était un bon essai, qui démontre la faisabilité d’un « duplex maison ». Il ne reste qu’à peaufiner la technique pour que dans les « coulisses » ça se passe mieux.

Premier essai

Dans le premier interview, je questionne Benoît Descary qui se trouvait à Paris. «Qu’est ce qu’un blogueur qui est quotidiennement à l’affût des nouvelles technologies et des usages numériques vient chercher à LeWeb ?» Benoit se livre ici à un tour d’horizon très sincère sur ce qu'il pense de ce type de colloque



 [0:25] Il donne sa première impression du LeWeb 2011: la valorisation de ce type de colloque tient dans les échanges que l'on peut avoir avec les autres participants.
[1:43] Interrogé à savoir si c'est alors une forme de 5 à 7 de luxe, il précise que c'est plutôt une façon simple d'échanger avec des gens de son réseau qui sont en France et qu'il n'a pas l'occasion de voir aussi souvent.
[3:20] Est-ce qu'alors, être à Paris, plutôt qu'ailleurs apporte un avantage différent? Oui, car la culture y est fort différente sur la façon de percevoir les nouveaux services

D'autres interviews se retrouvent sur mon blogue de Radio-Canada

CRM 809 Enjeux des technologies émergentes

Je donne un cours à la maîtrise à l'Université de Sherbrooke en communication appliquée cet hiver. Le thème est cousu main pour moi: les enjeux des technologies émergentes. Le cours sera donné les lundis soir au Campus Longueuil. La particularité de ce diplôme est qu'il est ouvert aux adultes dans une optique de formation continue. Il reste des places. Plus d'info ici ou écrire à Dany Baillargeon, coresponsable de programme.
Crm809
Objectifs

Développer une compréhension globale des enjeux associés aux technologies émergentes et aux environnements médiatiques en mutation.

Contenu

Après une décennie qui a vu la montée et l’imposition des médias sociaux comme un ensemble de technologies émergentes incontournables dans la société, les communications et sur le marché, nous assistons à une consolidation de ces nouvelles pratiques et l'émergence de nouveaux modèles d'affaires

Nous verrons comment rester critique face à la montée des nouvelles technologies, mais sans cacher qu'elles indiquent des points de rupture à plusieurs niveaux dans les médias, la société et les entreprises.

La surabondance des contenus générée par les nouvelles technologies émergentes change les rapports de force entre les individus, les consommateurs, les organisations et les compagnies. Nous aborderons ces nouveaux changements via ce qui est convenu d'appeler les médias sociaux et examinerons les impacts dans la société civile en général et les entreprises en particulier et sur les notions d’autorités et d’expertise.

Plan de cours

La première partie du cours portera sur les impacts des médias socio-numériques sur la communication. La deuxième partie sera axée sur les stratégies d'entreprises pour être présente dans les réseaux sociaux. La dernière partie touchera la culture du web 2.0.

Les travaux permettront aux étudiants de se familiariser avec les outils dans un but de comprendre empiriquement comment réussir une présence en ligne selon des objectifs qu'ils se sont fixés. L'emphase est moins mise sur l'établissement d'un plan rigide que de rester flexible pour l'adapter aux réalités.

Le processus devrait mener un étudiant novice dans les médias sociaux à posséder un ensemble de compétences qui lui permettra de rayonner dans sa sphère d'expertise au bout de quelques mois.

Plan de cours CRM 809 Enjeux des technologies émergentes 2012

Bande de veinards

Pour les lecteurs de Zéro Seconde, je vais publier, autant que faire se peut, tout au long de ces 15 cours des documents complémentaires au cours que vous pourrez consulter gratuitement et vous êtes les bienvenus pour commenter. Si vous suivez le mot clé #crm809, vous serez même en mesure de profiter des conseils que je vais prodiguer à la classe.

(source image)

Des robots mous, Google indoors, surveillance massive

Voici en résumé le contenu de ma chronique que j'ai donné aujourd'hui à l'émission La Sphère à la Première Chaîne de la radio de Radio-Canada, animée par Matthieu Dugal, le samedi 3 décembre 2011 (disponible en ballado).


Voici les thèmes abordés:

Des ressources pour la classe destinées à contrer la cyberintimidation
Plusieurs leçons sur la cyberintimidation (5e année de primaire à secondaire) disponibles pour les éducateurs, et elle sont vraiment très pertinentes:
Des robots mous

On connait les robots sous formes humaines, en fer et en OS. Mais on n’avait pas encore essayé de fabriquer un robot mou comme un mollusque, sans aucun morceau dur, qui se tortille pour passer sous les obstacles. (via Ars Technica)

Bâti avec du polymère élastique, sans aucune composante dure à l’intérieur, il se déplace dans un mouvement qui rappelle celui de l’étoile de mer et à la fois celui de la chenille, par air comprimé. Il arrive à passer sous les portes.


La preuve de concept ici consiste à démontrer que les robots mous programmés avec une série d’actions très simples peuvent avoir des types de mouvement très complexe.

Google Map rentre à l’intérieur des bâtiments avec Google Indoors

Le célèbre logiciel de cartographie va bientôt vouloir rentrer chez vous dans votre maison. Google Map cartographie l’intérieur des grands centres d’achat et des aéroports. Un module «faites-le vous même» est disponible pour les entreprises qui veulent cartographier leur intérieur. (Via Ars Technica.)

Le service est offert uniquement sur mobile Android.



Google rattrape ainsi son retard, car Microsoft offre déjà les cartes d’intérieur des grands magasins pour ces cellulaires Windows et des aéroports pour les ordinateurs.

Wikileaks s’attaque aux réseaux de surveillance massive

287 documents rendus publics jeudi par Wikileaks montrent que le marché de surveillance de masse représente 5 milliards de dollars. Une industrie florissante se bâtit depuis 2001 sur le filtrage des flux internet et téléphonique à l’échelle d’une nation entière.

Sources:
http://spyfiles.org/
http://owni.fr/2011/12/01/spy-files-interceptions-ecoutes-wikilleaks-qosmos-amesys-libye-syrie/
http://projects.wsj.com/surveillance-catalog/#/
http://www.rue89.com/2011/12/01/wikileaks-revele-un-marche-mondial-de-lespionnage-et-de-la-surveillance-227131

Knol plie bagage

Google fait le ménage. Quelques canards boiteux devront rentrer chez eux. Knol en fait partie.



Knol se voulait une plate-forme encyclopédique ouverte au public. Comme Wikipédia. Une encyclopédie ouverte au "contenu généré par les utilisateurs". Mais contrairement à Wikipédia , les auteurs signaient leurs articles et pouvaient se voir payer par la publicité gérée par Google.

Camille Gévaudan sur Écran résume bien la situation
Le fait que les auteurs ne soient pas tenus à la neutralité de point de vue, comme sur Wikipédia, a contribué à tirer vers le bas la qualité de l’ensemble.
Contre toute attente, la collaboration quasi anonyme dans Wikipédia a généré plus de qualité que dans Knol.
Les Knols ne sont pas des articles encyclopédiques ; ce sont des opinions, des billets de blog. Les critiques de films et de jeux vidéo, les recettes de cuisine et les tutoriaux ont pullulé, mais pas de la main de critiques professionnels ou de chefs reconnus. 
Lors de son lancement en 2008 je me demandais si Knol n'était pas une tentative de Google d'entrer sur le terrain de la diffusion de contenu en devant d'une certaine manière éditeur et non plus simple agrégateur.

Visiblement Google est plus à l'aise de travailler avec des robots et des algorithmes qu'avec des gens et du contenu...

Knol fermera ses portes définitivement en 2012.

Du journalisme sans journaliste


Je suis du coin de l'oeil le développement du journalisme à l'ère de réseau. Je m'intéresse plus particulièrement à l'arrimage entre les médias et le réseau en traquant la façon dont l'écosystème se modifie.

Pour l'instant, comme chroniqué, ici, sur mon blogue sous la catégorie Journalisme, on a pu voir comment lentement les deux sphères se sont rapprochées, et de quelle façon la greffe a pris.

Je crois qu'un «nouveau journalisme» émergera de cette rencontre. Ce terme est celui utilisé pour nommer les nouvelles pratiques journalistiques, pas nécessairement pour annoncer la mort ou le replacement du journalisme actuel en tant que tel. Le journalisme traverse une crise qui a débuté bien avant le Web mais qui s'est accélérée avec celui-ci.

Nul n'est journaliste en son pays

Les journalistes membres de la Fédération des journalistes du Québec (FPJQ) iront à leur congrès annuel la fin de semaine prochaine. Gageons avec eux qu'ils n'avaient pas en tête cette image du «nouveau journalisme» tel que décrit par Stéphane Baillargeon dans son article de ce matin intitulé Les Kleenex de Québecor:

«Un journal sans journalistes, sans pupitreurs et sans photographes se prépare. À partir de maintenant, le contenu rédactionnel de 24 Heures - Montréal sera en bonne partie fournie par l'agence QMI, dont le JdeM, puisque les deux médias couvrent le même territoire. Le tout nouveau patron du journal gratuit vient aussi du journal payant. »

Mais peut-on être surpris? Les journaux comme le Journal de Montréal (JdM) sont complètement court-circuités par les médias sociaux. Vous voulez voir du gore ou du trash en première page? Pas besoin d'attendre le lendemain matin. Vous avez déjà tout reçu sur Tweeter ou Facebook. Et sous plusieurs angles. Merci au «journalisme citoyens». Quel intérêt d'avoir une photo de Kaddafi mort, si on a pu le voir se faire massacrer en direct sous des caméras cellulaires la veille (voir mon billet : Le retour de la brutalité en temps réel).

Ce type de «journalisme» a complètement été submergé par les réseaux sociaux.

Follow, baby, follow

Mais ce journalisme n'est pas mort pour autant. Il se transforme. Il fait maintenant des "reportages" ou des "sondages" pour surfer sur «l'indignation rampante». Ça existait avant, ça va simplement s'accélérer. Le "data-journalisme" sous forme d'épluchage de compte de dépense ou en fouillant les poubelles, ça c'est quelque chose que le «journalisme citoyen» ne fera pas facilement. Ça, c'est une opportunité. Et vous en verrez de plus en plus.

Qu'un lectorat s'y abreuve est un tout autre débat.

Qu'ensuite on automatise le tout, en employant le moins possible de personnel, n'est qu'une conséquence d'une vision industrielle de l'information comme commodité. La «nouvelle jetable» est rentable... si on contrôle toute la queue de la longue traîne. Ce que Québécor tente probablement de faire.

Je n'avais pas nécessairement ça en tête quand je me réjouissais de la greffe entre les grands médias (terme que je préfère à média traditionnel) et les médias sociaux (terme pour signifier toute plateforme permettant une autoproduction et une autodiffusion d'information).

À ce niveau, il n'est plus question de savoir si les médias sociaux sont des parasites ou non des grands médias. Avec ce «nouveau journalisme» qui s'installe dans cette partie de la sphère journalistique, on est passé à une fusion symbiotique. On ne sait plus qui se nourrit de qui.

Compte rendu (partiel) du Web-in 2011


Petit retour (partiel) sur le Web-in de lundi dernier dont je vous avais parlé. Je reprends un partie de ce que j'ai écrit sur Triplex pour le bénéfice des lecteurs de Zéro Seconde!
Jean-François Poulin met la table dès le début : sur l’échelle de Kardashev, méthode de classement des civilisations basée sur la quantité d’énergie qu’elles sont capables de capter, nous ne serions qu’une civilisation inférieure au type I (civilisation capable de bien gérer toute l’énergie de sa planète mère).
Notre civilisation est loin d’avoir atteint son plein potentiel (après le type I, une civilisation de type II parvient à capter toute l’énergie de l’étoile centrale : vous voyez le chemin à parcourir!  – et je vous laisse deviner ce qu’il faut pour appartenir au type III!). Elle n’en est même qu’à ses tous premiers balbutiements.
Dans ce contexte, Internet s’avère probablement le meilleur moyen pour conserver l’expérience et la retransmettre afin de s’améliorer collectivement. Pour ce qui est de rassembler cette masse d’information, Luc Gauvreau se propose de commencer par colliger tout ce qui concerne Montréal dans son Montréalscope, une énorme base de données (images et textes) concernant exclusivement Montréal. En rêvant de capturer aussi tous les gazouillis et les géopositionnements librement consignés par ses habitants, il veut laisser au futur des traces du présent.
Il soulève en passant que si la problématique de la géolocalisation est désormais bien réglée, grâce à une multitude d’outils disponibles aujourd’hui, la « chronolocalisation » reste un enjeu (et on voit, avec Facebook Timeline, les premières tentatives pour situer des événements dans le temps). Représenter les mouvements géographiques sur une ligne chronologique n’est pas quelque chose de très développé encore (plus de détails ici).
Vous voyez un peu le niveau. On était seulement à la mi-matinée! Le reste de la journée s’est écoulé sur le même ton, en s'accélérant!
Véronique Marino propose de faire le parallèle entre deux désarrois : celui que nous ressentons face à la surabondance d’information et celui que peuvent ressentir des personnes autistes. Parce qu’ils éprouvent de la difficulté à concevoir des notions abstraites, ils ont du mal à donner du sens à ce qui les entoure – probablement un sentiment partagé par plusieurs d’entre nous lorsque nous sommes confrontés au tsunami de l’information et à l’accélération de l’innovation.
Il y aurait beaucoup à apprendre des techniques que les autistes ont appris à utiliser pour survivre au bombardement d’information (voir le programme TEACCH). Alvin Toffler annonçait déjà dans les années 70 que la brièveté, la nouveauté et la diversité (exactement ce qui effraie les autistes) étaient d’importantes sources d’angoisse et que les illettrés au 21e siècle se trouveront parmi ceux qui ne sauront pas « apprendre, désapprendre et réapprendre ».
Une des manières d’apprendre, justement, serait de le faire par l’intermédiaire de ces communautés en ligne, ces forums ou réseaux sociaux. Bruno Boutot, lui, considère ces médias sociaux comme complémentaires aux médias traditionnels. En créant un lieu virtuel d’échange en ligne (de commentaires, de photos, etc.) en périphérie des médias traditionnels, on ne les remplace pas (car ils sont et doivent fondamentalement rester unidirectionnels), mais on leur donne la possibilité de connaître l’identité de leur auditoire, qui cesse donc d’être une simple statistique.
Il signale alors l’erreur d’appréciation qui a généré tant de tension au moment de l’arrivée du web dans la sphère des médias : il ne faut pas voir ces communautés virtuelles comme une extension des médias, mais comme un espace voisin, les deux vivant en symbiose. Il est même souhaitable que ce ne soit pas nécessairement les mêmes qui gèrent les deux extrémités de cette chaîne médiatique.
Ce n'est qu'une vue partielle de qui s'est dit au Web-in! Vous pouvez voir l'entièreté de l'événement ici.
Vivement Web-In 2012!