ZERO SECONDE

Impacts d'Internet sur la communication, notre société, nos vies.

28 novembre 2009

tck tck tck

Ça faisait un p'tit bout de temps que je voulais mettre en ligne ce que Dominic Arpin, le patrouilleur du net, était venu tourner au Yulbiz d'octobre. Le voici!

« L’idée de Kofi Annan était simple : inviter les internautes de la planète à enregistrer un « tck » à la caméra afin de former une horloge humaine, une chaîne vidéo sans fin qui sera remise aux dirigeants gouvernementaux lors du Sommet sur le climat à Copenhague [le 7] décembre prochain. Time for climate justice était né.» (source Dominic Arpin)

« [L]es blogueurs d’ici devaient d’abord montrer l’exemple. [Son] projet était donc le suivant: réaliser une vidéo d’une minute dans laquelle 60 blogueurs québécois allaient chacun "interpréter" une seconde. »

60 blogueurs, 60 secondes, une bonne cause. (Par Dominic Arpin)



Pour mémoire, je suis autour de la 40e seconde (photo Arpin)

http://www.flickr.com/photos/freeparking/1279927021/

Tag: COP15

26 novembre 2009

Le climat et la communication : plus que du vent

Sur les dangers climatiques, les scientifiques ne convainquent pas. Ils démontrent, par la raison. La population ne veut pas raisonner mais croire. Hum. On va avoir comme un problème, bientôt.

http://www.flickr.com/photos/freeparking/1279927021/ Si on veut du changement et freiner la catastrophe environnementale, on doit tous changer nos comprtements. Mais que faire? Qui croire?

«Les climatologues ont toujours mal saisi la dynamique de la crédibilité et la confiance populaire. Ils tiennent pour acquis que la conviction se bâtit à coup de faits et que le confiance du public s'appuie sur l'autorité institutionnelle. Sauf quelques rares communicateurs hors pair, ils évitent souvent de faire appel à des valeurs plus profondes ou de créer des rapprochements émotionnels avec le public – en fait, ils voient ça comme une atteinte à leur indépendance professionnelle.(George Marshall, The guardian.co.uk)

Or l'enjeu planétaire qui se joue avec le réchauffement du globe ne laisse que peu de marge de manoeuvre: nous devrons communiquer et ce à grande échelle, pour transmettre de formidables et complexes informations: que ce se passe-t-il dans notre écosystème? et que faire pour la protéger?

Un des enjeux dans les prochaines années sera que cette information -- la bonne information -- soit retransmise. Des informations sur l'état réelle de la situation (et de s'entendre sur la façon de la mesurer) et des informations sur comment éviter le pire (et s'entendre aussi sur les actions à prendre).

Gaston Bachelard avait écrit: "La science, dans son besoin d'achèvement comme dans son principe, s'oppose absolument à l'opinion."

Mais c'est actuellement l'opinion qui fait bouger les choses. Une adéquation nécessaire est demandée entre les journalistes, les politiciens, les scientifiques et les médias sociaux pour retransmettre les connaissances appropriées à une prise de décision efficace.

Oui j'ajoute les médias sociaux car ils forment une courroie de transmission virale qui pourrait être bénéfique pour une action à grande échelle et sur le court terme...

Du 7 au 18 décembre c'est la Conférence de Copenhague. A quelles conséquences pouvons-nous nous attendre, et que pouvons-nous faire? À suivre de près sur le site de conférence (en français) car peut-être qu'Internet recevra le Nobel de la paix en 2010 (en anglais) ?

(Image : L’aube en hiver)

25 novembre 2009

Yulbiz : rencontre de la numéricratie montréalaise

Le Yulbiz est une chose vivante. Il a une vie en soi et évolue par lui-même. Ça m'a frappé hier, lors du dernier Yulbiz, qui avait lieu au Jello bar: plus tout à fait le même, différent, mais toujours une même énergie vitale de se rencontrer.

YulBizD'emblée je le dis, le Yulbiz n'est plus ce qu'il était : mais il est ce qu'il est; plus, il sera ce qu'il doit devenir.

Au début, un peu dans la tradition du Yulblog dont il est issu, l'événement se passait à endroit fixe. Succès immédiat, les fondateurs, Philippe Martin et Michelle Blanc, il y a plus de trois ans, pouvaient s'enorgueillir d'avoir démarré ce qui se voulait une communauté d'intérêt ad hoc autour de l'usage du blogue comme outil professionnel

En discutant hier soir avec Philippe il nous apparaissait évident que depuis que le Yulbiz est devenu itinérant, se déplaçant d'un endroit à l'autre chaque mois, il s'est acquis une nouvelle clientèle: ce qui semblait être au début une secte (lieu fixe = membership de type club) est devenu un rendez-vous d'initiés branchés (lieu mouvant = seules les connexions permettent de retrouver le lieu et la date).

Renouvellement
De quelques blogueurs, mâles en majorité, du début, voilà que s'est rajouté une nouvelle foule dans la mouvance des réseaux sociaux, de la WebTV et de Twitter, équilibrant le ratio homme femme, augmentant celui des 'peoples', abaissant la lumière et augmentant le son de la musique. Voilà ce qui ressemble plus à party mensuel branché.

Ceux qui me suivent savent comment j'ai rapporté les Yulbiz précédents depuis 3 ans, à ma façon: discussion, rencontres, réflexions. Dans Yulbiz en 35 sujets de discussion écrit il y a 2 ans, on peut y voir le chemin parcouru jusqu'à aujourd'hui. On n'y discute plus de la même façon.

De rares, les moments de rencontres entre gens de la numéricratie montréalaise se sont depuis généralisés, diversifiés, spécialisés --les 'camps' et autres non-conférences ont pris l'espace de discussion et de réflexion-- et le Yulbiz est devenu l'after-party où on se voit, se fait voir et regarde l'élite numérique. Car quand la musique est si forte et la lumière si basse, les paroles deviennent inutiles.

Translation
Yulbiz était au début "un regroupement de blogueurs d'affaires qui vise à favoriser le réseautage et la pratique des blogues dans un contexte professionnel". C'était la façon qu'on le présentait alors que j'étais sur le conseil d'administration. Il est aujourd'hui le lieu de rencontre branchée et de réseautage d'une élite web, de micro-entrepreneurs et d'artistes.

Un élément de plus pour le rayonnement internet de Montréal. Pas étonnant que Tourisme Montréal se soit associé au précédent Yulbiz...

23 novembre 2009

Guy Kawasaki et l'entrepreneuriat 2.0 à Montréal

Guy Kawasaki était à Montréal la semaine dernière pour l'événement Rendez-Vous 2009 de ChallengeYourWorld.com.

ChallengeYourWorld.com est un site de crowdsourcing d'idées encourageant les idéateurs à entreprendre des projets réconciliant le social, l'environnement et les profits. Le Rendez-vous était leur premier événement phare servant de lancement. J'accompagne ce client depuis plus d'un an afin de lui bâtir leur présence en ligne et sur réseaux sociaux, ainsi que lui développer les mécanismes de crowsourcing.

- «Le crowdsourcing qu'est-ce que c'est?» ( Sur Zéro Seconde, 15 septembre 2009)
- «Crowdsourcing: mettre la foule à profit » ma conférence donné à WebCom 2009 concernant ChallengeYourWorld
- «Ma conférence sur le crowdsourcing, version vidéo»
La soirée a accueilli près de 700 personnes, une performance hors pair pour un premier événement de la part d'une compagnie inconnue du grand public. Je vous raconterai un peu plus tard ce qu'est Challenge Your World, une compagnie à but non lucratif que j'aime beaucoup --et qui m'a tenu dans les deux derniers mois assez à l'écart de ce blogue ;-)

Dès que j'aurai compilé quelques statistiques sur les réseaux sociaux et l'achalandage sur le web ce soir-là, je vous en ferai part (nous sommes arrivé numéro 2 sur les hash tag twitter franco ce soir-là!)

Guy! Guy! Guy!
Guy KawasakiLa soirée accueillait Guy Kawasaki, célèbre évangéliste chez Apple et maintenant partenaire et entrepreneur résident de Garage Technology Ventures, société de capital risque initial présent à Montréal.

J'aime bien quand il parle de "sauter à la prochaine vague" (to jump to the next curve): il ne suffit pas de créer une meilleur produit, ou d'augmenter de 10 % l'efficacité d'un produit ou d'un service. Un entrepreneur doit carrément chercher la prochaine vague, la créer même. C'est que que ChallengeYourWorld propose: voir le développement durable comme la prochaine grande courbe (que de toute façon nous allons tous prendre de force...)

Le contenu de la conférence de Guy a été admirablement bien résumé ensuite par une foule de personnes compétentes présentes dans la salle:

Guy Kawasaki donne 10 conseils pour innover au Rendez-vous 2009 de Challenge Your World, par Jean-Sébastien Chouinard (Adviso)
Guy Kawasaki : la sagesse d'un hockeyeur de 55 ans, par Alex Lesieur
Ship, then test!” says Guy Kawasaki, by Lisa Chandler
10 conseils pour les entrepreneurs par Guy Kawasaki, by Thoma Nadeau
Challenge Your World : inspirer pour réaliser, par Audrey Myrand-Langlois (Les Affaires)
Guy Kawasaki : «Foncez, les jeunes», par Audrey Myrand-Langlois (Les Affaires)
Le tour de force de Guy Kawasaki…, par Claude Malaison (Émergenceweb)
Rendez-Vous 09 - Challenge Your World avec Guy Kawasaki, par Emmanuelle Vincent
Top 10 tips for innovative entrepreneurs from Guy Kawasaki, by Julie Matlin (NFB)
Guy Kawasaki « Il n’a jamais été aussi facile de démarrer une entreprise. », par Vallier Lapierre (RezoPointZero)

We are off to see the wizard of us
Même si on a déjà vu Guy Kawasaki, je crois qu'il y avait une atmosphère ce soir-là assez magique, rendant la conférence inspirante et fraîche, qui nous permettait de le redécouvrir et de se laisser imprégner par son discours entrepreneurial. J'adore quand il y a un petit "plus" qui rend un événement véritablement "expérientiel " et non seulement "consommable".

Sûrement que la salle (le théâtre Impérial, aux allures du Rex) et la gestion de l'événement par Lulu&Castagnettes étaient pour beaucoup. ChallengeYourWorld a bien réussi son entrée au monde. On s'en reparle.

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08 novembre 2009

Webtv: les cobayes

Le dimanche matin est propice pour découvrir les nouvelles wetélé. Voici Les Cobayes de Véronique O'Reilly.

Les Cobayes

Les aventures de Véro, qui, pour sa thèse de maîtrise, filme ses amis, crée des situations... et mets en ligne les résultats. Ce sont les cobayes de Véro!

Le premier épisode est en ligne.

Ce type projet utilise les procédés qui sont selon moi les caractéristiques de la webtv : équipe réduite, scénario éclair, quasi-improvisation, situation quotidienne ou simili-"caméra réalité". La simplicité n'exclut pas la qualité. Ce ne sont juste pas les mêmes critères que la télévision conventionnelle... et c'est frais!

03 novembre 2009

"Web Analytics" de Malo et Warren

Mesurer le succès et maximiser les profits de votre site web, c'est ce que propose le livre de Nicolas Malo et Jacques Warren, Web Analytics, qui sort ces jours-ci. Après 20 ans, bâtir un site web demande une telle diversité de ressources et de compétences que l'on se demande s'il peut exister des "petits sites". L'analyse des résultats de votre site web, elle aussi, demande un oeil exercé et un minimum de bagage.

Web Analaytics de Malo & WarrenVoilà pourquoi j'ai été enchanté du livre "Web Analytics", aux Éditions Eyrolles: un livre simple, clair et en français.

La première fois que Jacques m'a parlé du concept Web Analytics, il y a quelques années, j'étais loin de me douter qu'allait y naître une industrie.

Pas que ce soit, en soi, compliqué - il n'y a rien de vraiment cryptique- mais les éléments forment maintenant un ensemble qui s'apparente à une science.

Ou du moins, à une méthode et des paramètres mesurables. Et ce n'est plus toujours facile de s'y retrouver.

La formule de base est simple:
Traffic --> Site web --> Résultats

Mais les auteurs varient ensuite divers paramètres pour nous faire voir l'importance de tel ou telle valeur. Évidemment, ils insistent sur cette équation Web + Analytics = Profit. Je ne sais pas si je vais devenir riche avec ce livre, mais je le lis avec profit.

Le livre est bâti de façon plus académique que le livre de Avinash Kaushik : Web Analytics, One hour a day. Ce dernier, très axé sur la pratique, empêche de se bâtir un point de vue stratégique. Si vous voulez une comparaison, le livre de Kaushik serait pour l'analyste terrain et le livre de Malo & Warren serait pour le cadre ou le stratège qui cherchent à acquérir une nomenclature commune pour converser avec son équipe et bâtir des plans stratégiques. (Pour voir à quel moment on doit réfléchir à la chose en bâtissant un site web, lisez mon guide des meilleures pratiques web.)

La première partie liste les raisons d'être et les objectifs de votre site web. Même un site artistique possède des "raisons d'être". Et cela peut se mesurer. Mais on imagine bien que les sites de cybercommerce ont plus à y gagner. Comme pour les autres secteurs de l’entreprise, le web demande ces indicateurs clés de performance et son propre tableau de bord.

"Il n'y a aucun bénéfice à mesurer quelque chose que l'on ne peut pas changer" disent les auteurs.
Un indicateur de performance possède 10 qualités:

1- S'aligner sur la vision stratégique (si la haute direction ne tient pas en compte vos données dans leur décision, il fort à parier que votre plan sera déchiqueté à la première bourrasque)
2- Être assigné à un individu ou une équipe (Management 101: si personne n'est responsable ou ne possède pas les leviers pour influencer une mesure, elle tombera en désuétude au premier rush)
3- Permettre la prédiction (c.-à-d., une donnée aléatoire n'apportera rien de neuf à la compréhension du système).
4- Susciter l'action (on devrait toujours savoir comment influencer une donnée dans le sens voulu
5- Être peu nombreux (au maximum une quinzaine)
6- Être facile à comprendre (Éviter les indices à plusieurs variables, sous peine ne pas pouvoir isolé ce qui modifie l'index)
7- Être déclencheur de changement (Les données doivent être utilisées pour s'améliorer)
8- Être standardisé (La signification d'une mesure est la même à toute les hiérarchies -- ne sous-estimé pas ce point)
9- Être mis en contexte (Une donnée seule ne signifie rien: quel est l'historique, quel seuil faut-il surveiller, quelle cible faut-il atteindre)
10- Être pertinents (Les indicateurs ne sont pas éternels; il faut les revoir régulièrement

J'aime bien la base décimale, mais je m'en tiendrais à cinq: les numéros 1 à 3, 5 et 8. Pourquoi faire plus compliqué.
Je vais sûrement y faire référence à ce livre dans mes prochains billets, tellement je le trouve stimulant. Le livre offre des compléments en ligne : http://www.webanalyticsprofits.com/fr/complements.html

Je crois vraiment que c'est un livre de base, essentiel, à ceux qui veulent connaître le web analytics. Ceux qui ont aimé mon guide des meilleures pratiques web. et qui s'intéresse à l'étape 1 (stratégie) ou 5 (maintenance) seront ravis. Bravo aux auteurs.

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29 octobre 2009

Une étincelle, une idée, une entreprise

Toutes les grandes compagnies commencent par une idée. Afin de marquer la Semaine mondiale de l'entrepreneuriat, ChallengeYourWorld.com lance un « défi idées» vous offrant l’occasion de pousser votre idée plus loin et en faire une entreprise durable grâce à un fonds de développement de 5 000 $ US et trois mois de services et soutien.

L'idée est simple: elle vous trotte dans la tête depuis longtemps. Elle a des ailes, mais vous ne savez pas par où vous envoler? Poster la sur challengeyourworld.com (un très court descriptif et un visuel) et invitez la communauté à voter pour elle. Un choix sera fait parmi les 10 meilleurs du palmarès et l'heureux idéateur recevra le fonds et une aide pour passer à la prochaine étape et transformer ainsi son idée en solution d'affaires à potentiel élevé. Agissez d'ici le 8 novembre 2009

Note: j'assiste depuis 1 an ChallengeYourWorld.com à s'offrir une présence sur Internet et les réseaux sociaux. Ça m'a donné une grande chance pour réfléchir sur la "sustainability", le développement durable. Il faut allumer l'étincelle écologique dans toutes nouvelles idées qui germent, car le futur est l'affaires de tous.

27 octobre 2009

Un jour...

Nous assistons depuis quelques années à une prise de conscience planétaire en Occident: issu des cercles écologistes de la première heure, elle s'étend à la sphère économique et porte sur la durabilité de notre régime civilisationnelle, linéaire et aveuglément progressiste, rencontrant dramatiquement les restrictions naturelles et limitées de l'écosystème qui abrite la vie dans cette partie de la galaxie.


One day... from Challenge Your World on Vimeo.

Ce vidéo provient d'une série surChallenge Your World. Je l'aime pour sa candeur. Elle illustre bien le développement durable, qui possède peut-être des défauts, mais qui me semble la voie de transition nécessaire à court terme.

Challenge Your World 20/20 est un partenariat entre Motionographer et Challenge Your World où 20 artistes vidéos sont appelés à créer 20 machines débridées, fantastiques et non conventionnelles pour résoudre des problèmes environnementaux. Si nous voulons changer le monde, il faut penser autrement...

(note: j'assiste depuis 1 an ChallengeYourWorld.com pour les aider à s'offrir une présence sur Internet et les réseaux sociaux, Je vous en parlerai davantage dans les prochains jours, en partie pour promouvoir certains trucs qui peuvent vous intéresser, mais surtout pour introduire un aspect de plus à Zéro Seconde: réfléchir sur la "sustainability". Je risque sûrement d'avoir plus de questions que de réponses...)

En ligne, qui êtes vous?

«Nous n’échapperons pas au Web c’est-à-dire à l’exploitation maximale de la puissance des données par l’analyse, la combinaison, la représentation, la recherche fine, etc. Pas plus que nous n’échapperons au fait que les données deviennent chaque jour un peu plus personnelles, même - surtout - celles qui nous semblent les plus anodines.» (Hubert Guillaud - InternetActu - Que faire face à la puissance des données ?)

Penser l'identité numérique devient un enjeu. Si vous voulez vous en convaincre essayez Personas, du célèbre MIT Lab.

PersonaWeb http://personas.media.mit.edu/personasWeb.html

Entrez votre nom et le logiciel scannera le web pour toute information vous concernant et sert à caractériser votre identité en ligne. Il classe selon des catégories prédéterminé par un algorithme pour créer automatiquement une profil sur vous.

Exactement le genre de chose que l'on peut craindre d'une agence de surveillance débordé et manquant de ressource humaine. Mais à quoi bon avoir des humains, on a des algorithmes!

«Que pouvons-nous faire pour rendre aux gens un peu de contrôle sur les données qu’ils libèrent abondamment dans les sites sociaux notamment ?» Lisez le billet de Hubert Guillaud. Ça dessille.

- Dans le même ordre d'idée, voir aussi l'article de Stéphane Baillargeon dans le Devoir d'aujourd'hui: Ego inc. (abonnement)
- The bachelor thesis IDENTITAT - The "Gestalt" of digital identity
- Who Is Managing Your Online Identity? The shiftedLibrarian (février 2009)

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26 octobre 2009

Clavardage en direct

Votre entreprise doit-elle investir dans les réseaux sociaux ? Quels sont les avantages pour un travailleur autonome d'être sur Twitter?

Vous pourrez discuter de ces questions lors d’une séance de clavardage en direct avec moi jeudi 29 octobre, à midi. Elle sera animée par le chroniqueur et blogueur René Vézina sur lesaffaires.com. Je vous invite à vous inscrire sur http://www.coveritlive.com/

Ça sera ma première expérience. Je vous conterai ensuite...

13 octobre 2009

Twitter, sous-traitant des moteurs ?

Jean-Michel Salaün propose une lecture intéressante de la situation actuelle de Twitter: puisque la compagnie ne semble pas vouloir se faire racheter (la "stratégie de sortie" des compagnies web 2.0), se pourrait-il qu'il se positionne comme revendeur de valeur de liens?

« (...)Twitter ne cherche pas à être racheté, mais à vendre les informations procurées par le flot de milliards de gazouillis lancés par les 54 millions d'utilisateurs mensuels. En théorie, ce flot devrait permettre d'affiner le pagerank puisque nombre de ces messages sont en réalité des liens flottants répétés et donc facilement modélisables. Inversement, ces recommandations échappent aux moteurs et donc effritent leur efficacité. Twitter deviendrait une sorte de sous-traitant des moteurs. Reste qu'il s'agit encore une fois d'un pari, notamment sur la pérennité des accros au service.» (source)

La valeur du web en temps réel n'est pas passée inaperçue pour Google (en mai dernier Larry Page ne l'a pas caché). Ni pour les autres (le "real-time Web" est le sujet de la prochaine conférence LeWeb). JM Salaün débusque tout de même le talon d'Achille de Twitter: étant un réseau social, il est est à la merci des usages sociaux, et, comme Second Life, peut passer de l'endroit "hot" en ville à un lieu démodé (voir mon billet sur Second Life, La métaphoe du bar "in").

Google est dans le marché du "knowledge Just-in time", Twitter serait-il viable dans un marché du "real-time web?"....

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02 octobre 2009

Leçon d'un con

On connait tous l'histoire. Sur Facebook, cette semaine, un sondage généré par un utilisateur sur Facebook demandait « Obama doit-il être assassiné ? ». Rien de moins. Les services secret du président en question ont vite retrouvé les traces du délinquant... un ado.

"Attention à ce que vous postez sur Facebook, cela pourrait se retourner contre vous tôt ou tard." Le président américain ne croyait pas si bien dire, mardi 8 septembre, devant d'une école.

Et oui! 3 semaines après, voilà un jeune qui n'a rien compris du message. C'est que, affirmait Obama, "(...) quand on est jeune, on fait des erreurs, on fait des trucs idiots ". Aujourd'hui, les services secrets ont dû lui répéter ce que le président avait dit. Après avoir été « interrogé en présence de ses parents », le mineur délinquant en question ne serait pas poursuivi, ont-ils dit.

Si vous ne connaissez pas l'histoire, c'est bon signe. Vous ne passez pas votre temps devant l'ordinateur. De plus, il y a fort à parier que votre journal favori n'en a pas parlé (ce qui fait changement du temps, pas si lointain, où les rédactions faisaient les gorges chaudes de la paille dans l'oeil d'internet avant de comprendre qu'ils étaient du mauvais bord de la branche qui se faisait scier)

Avons-nous tirer toutes les leçons de la mésaventure du petit con? Oui? Vraiment? Je ne suis pas si sûr. Reprenons.

"Pour commencer, je voudrais que vous tous fassiez attention à ce que vous postez sur Facebook parce qu'à l'époque de Youtube, quoi que vous fassiez, on vous le ressortira à un moment ou un autre de votre vie" (Dixit Obama , source Le Monde 9 septembre 2009)

Si vous avez compris qu'il ne fallait plus mettre de sondage en ligne sur Facebook, vous n'avez qu'un seul point sur quatre. Même pas la note de passage.

Il y a trois autres apprentissages.

1- l'anonymat et la vie privée n'existe pas. Oubliez les 'privacy policy'. À tout moment, quand le pouvoir en place le décide, il n'y a plus rien qui ne tient: Facebook ou pas, la plateforme va collaborer pour retrouver le délinquant. La Chine le fait. L'Occident aussi. Cessez de croire qu'un droit numérique vous protège dans l'anonymat. Les outils à votre disposition, qu'il soit 2.0 ou non, avec un Privacy Policy béton ou non, vous lâcheront à la première occasion. Appelons ça un attrape-con. La ligne des mineurs fait sa propre auto-sélection.

2- Compte tenu du point 1, il n'y a maintenant plus aucune raison de croire qu'un sondage de ce type puisse être sérieux. Aucun terroriste professionnel ne s'afficherait ainsi. Reste donc les losers. Croire à une conspiration relève du domaine psychiatrique. Quand elle apparait sur Facebook, une telle ânerie ne doit qu'entraîner un appel de service rapidement reléguer aux bleus en formation. Il n'y a peut-être que Dan Brown ou William Gibson pour y trouver une inspiration créative.

3- Les points 1 et 2 montre que la motivation à un tel geste est tout autre. La notoriété. Cet ado ne cherchait ni à faire un acte politique, encore moins terroriste, ni à communiquer un message. Il cherchait la notoriété. Aujourd'hui, l'acte artistique est warholien. Quelle est la question de sondage qui apporte la plus grande viralité? La question a été créé dans le seul but de provoquer le maximum d'impact viral. Tel est la condition humaine à l'ère du 2.0.

Notons que le jeune possède cette double compétence, celle de programmer une application Facebook et de saisir l'esprit du temps, ce qui fait de lui un magnifique spécimen fonctionnel dans la société d'aujourd'hui.

On aurait peine à croire que les américains stresseraient à propos d'un 'Faut-il tuer yzokraS?' (je verlan pour éviter les indexations hors contexte) ou la même chose avec Ahmadinejad.

Il faut être en diapason avec son milieu et son époque pour provoquer. "Pour commencer, je voudrais que vous tous fassiez attention à ce que vous postez (...)". L'ado a bien compris le message. Il a fait très attention à ce qu'il a posté...

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01 octobre 2009

Documentaire interactif recherché

Hugues Sweeney de l'ONF m'envoie ce petit rappel concernant l'appel de projets interactifs au Doc Circuit Montréal dans le cadre des Rencontres Internationales du Documentaire de Montréal (RIDM 2009).
Trois projets seront retenus pour une présentation devant jury et public le 12 novembre

Le gagnant recevra une bourse de $7500 pour le développement d’un projet de documentaire interactif.

Date limite de soumission: 9 octobre 2009

Détails: www.onf.ca/defi-multimedia-2009

30 septembre 2009

Péché originel des réseaux sociaux numériques

«Les merveilles des réseaux sociaux en ligne»
Harold's Planet: The wonder of online social networking

Cette image que j'ai extraite d'une caricature très british de Harold's World s'intitule «the Wonder of Online Social Networking» et circule sur internet (Via @Samia_Ghozlane, Via Henri Kaufman).

L'humour fait sourire. Pourquoi? pcq au fond, on se sent qu'il touche une corde sensible. Ou plutôt, qu'il touche un cliché: le net isole au point que l'on ne prend plus le temps de se lever et de rencontrer notre "friend" à côté. Comme une culpabilité originelle. Pourtant l'amitié en ligne n'est pas nécessairement moins sincère. Pourtant un réseautage numérique bien fait mène à plus de rencontres réelles.

Cercle
Le réseau, on le sait depuis le début, rapproche davantage ceux qui sont proches que ceux qui sont loin : on envoie davantage de courriels à des gens qui sont finalement à moins de 100KM de chez soi (rappelez-vous la promesse de «vous connecter avec le bout du monde». Les réseaux sociaux, Facebook notamment, ont permis plus de retrouvailles entre amis que tout autre autre invention de l'Homme: combien de connaissances avez-vous "retrouvés" depuis l'avènement du web (ou du web 2.0)?

Carré
Le cliché persiste tout de même. Les «merveilles des réseaux sociaux en ligne» isolent les individus, atrophient l'espace sociale, coupent les communications "naturelles".

C'est tout l'inverse. Cet outil, bien utilisé, permet même d'augmenter le suivi de son cercle de connaissance au-delà de ce qui était habituel auparavant. J'écrivais hier que l'on devrait traduire «follow» par «accompagner». Les réseaux sociaux ne fabriquent pas ex-nihilo nos amis. Il permet seulement d'inclure dans le cercle des suivis, nos «friends» et nos «followers» qui sont des »compagnons» sur la route de notre vie. La possibilité est offerte. On l'accepte ou pas.

Point
Au fond, ce qui était pris comme un ridicule de situation dans la caricature n'est qu'un constat de vérité. Il n'y a que ceux qui ne l'acceptent pas qui peuvent faire vibrer la corde sensible de la culpabilité chez ceux qui l'acceptent. Il est temps de s'affranchir de ce «péché original»...
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À lire aussi:
Facebook: connecting you to your screen
Pour ou contre Facebook?

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29 septembre 2009

Le point avant basculement

De nombreux bruissements me disent que le présent cycle démarré avec Facebook et Twitter arrive à son apogée et qu'une transmutation est en cours. Dans quelques jours devraient sortir les premières invitations de Google Wave. Faisons le point sur le monde avant le basculement.

Google WaveOn dirait qu'on oublie vite comment "c'était avant". "Avant", sur le web, ça veut dire deux ou trois ans. Google Wave s'en vient et je me propose de me faire une petite note sur ce quelques réflexions sur Twitter, pour mémoire. Et se rappeler ce que l'on disait avant cette "vague" qui s'en vient.

Longtemps, je me suis logué de bonne heure
On ouvre Twitter la première fois : on ne comprend rien. En fait, le site web de Twitter n'est pas l'outil qu'il faut utiliser. Du moins pas si on possède plus que quelques dizaines de personnes à suivre. Il faut aller sur un "client Twitter" comme Twirl, Seesmic, Nambu ou Tweetdeck. Au-delà d'un certain nombre de personnes, il faut arriver à segmenter par panneau ou dossier. Et même là, on ne fait que diminuer que faiblement l'impression de flot.

On n'utilise pas Twitter, on s'y noit.

Apprendre à nager devient donc essentiel. Et les bouées sont les gens que l'on veut suivre. 40 % des gazouillis sont inutiles? Mais honnis soit qui mal follow!! Tendez l'oreille dans la rue et vous aurez ce même ratio. Et pourtant, normalement, vous devriez êtes concentré sur la personne qui vous accompagne. "Follow" devrait être traduit en français par "accompagner". Vous écoutez ceux qui vous accompagnent.

Et quand vous êtes bien entouré, l'outil devient intéressant.

Twitter n'a d'autre valeur que votre réseau qui vous accompagne. Ils sont tous sur Facebook? Allez-y. Ils sont à la Chambre de commerce? restez-y. Twitter n'est pas pour tout le monde. Il y a une diversité d'outil pour tous les goûts.

Twitter vaut bien une messe
Olivier Ertzscheid a développé cet été un excellent billet sur Twitter L'hiératique contre le hiérarchique : Sur Twitter, l'information est brute. Les industries de l'information ont pour métier d'y mettre de l'ordre, or, Twitter, fait tout l'inverse: «pas d'éditorialisation, pas de "niveau supérieur" de l'information. Donc, Twitter est littéralement illisible. ». Vous vous sentez soulagé?

C'est grâce au filtrage collaboratif que le sens émerge de Twitter: on "RT", on cite "@", on "#" et on "bit.ly" et . Perdu? Bien sûr! C'est que, souligne Olivier Ertzscheid, le manque d'espace (limité à 140 caractères) force l'émergence de ces hiéroglyphes. Ce n'est pas tout.

« [C]e qui est le plus intéressant dans Twitter, ce sont les stratégies qu'il met en place pour gérer l'infobésité accrue par le temps réel sur lequel il s'efforce de se caler, et ce sans jamais faire appel à de classiques techniques de hiérarchisation, mais en préférant faire appel à des stratégies visuelles, cognitives et scripturales d'évitement, de substitution.»

Blog sans microblog n'est que ruine de l'âme
À peu près au même moment, Fred Cavazza proposa sur son blogue : comment le microblog a bouleversé les pratiques de blog : Twitter et Facebook ont supplanté le blogue comme support de prédilection pour de l’information chaude. L'écologie du système se diversifiant, il est normal que l'on voie un repositionnement des outils en place. Y compris dans l'écosystème plus large incluant les mass-media.

Il m'apparaît que nous sommes à la veille d'un changement similaire avec l'arrivée de Google Waves. Fred Cavazza résume en une formule le nouvel outil : Google Wave = Email + IM + Wiki + Mashup

Google Wave est à la fois un outil de collaboration, de discussion de document et une plateforme ouverte et extensible. En temps réel. Un (long) document vidéo circule, expliquant le nouvel outil; vous pouvez le voir en cliquant ici. (PS: voici un court)

Actuellement, je dois entrer dans Tweetdeck ou Nambu pour lire les gazouillis de mes contacts, et retourner sur le web pour Facebook. Et ouvrir Mail pour mon courriel. Puis Skype sur mon bureau. Et je n'ai pas encore géré mes SMS et mon Del.icio.us, ni mon compte linkedin ou Flickr...

Je suis le soldat qui tombe devant l'ennemi, écrasé par le poids ses propres armes. Serais-je soulevé par la "vague"?

Relisons-nous dans un an et voyons si la situation a évolué...
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Autre billets sur twitter:
la sérendipité des discussions de couloirs numériques
Parler pour ne rien dire: 40% des gazouillis sur l'outil de micro-bloggage Twitter serait du bavardage futile
Virilio et la peur de l'immédiat « L'immédiateté est le contraire de l'information » (Paul Virilio)
Rupture ou continuité?
un 14 juillet 1789 sur Twitter
Le JT de 140 caractères
Twitter entre dans l'armement stratégique américain
Une révolution 140 caractères à la fois On n'est plus spectateurs de l'événement, on y "participe".
La demi-vie de twitter
Ecosysteme de l'information

23 septembre 2009

L'avenir de la musique à travers les applications Iphone

Voilà un billet (qui est de la musique à mes oreilles) que nous propose ReadWriteWeb France: Oubliez les iTunes LP, l’avenir est à l’application iPhone. Le format musical de l'avenir n’est plus l’album, mais l’application.

LP vs iPhoneSarah Perez et Guillaume Galuz expliquent comment iTunes LP, lancé récemment et qui propose un nouveau format "d’album digital", réplique l’expérience d’achat d’un album, avec paroles, notes de livret, illustrations, photos, etc. «Le seul problème est que ce format supposé interactif est en réalité tout sauf interactif.» Destiné à redresser les ventes de disques cet effort «serait bien mal inspiré» car «il essaie désespérément de forcer la porte du nouveau paradigme digital avec un modèle économique largement obsolète.»

Laissez tomber les albums, achetez une application
Certains artistes commencent à mettre au point des choses qui ne ressemblent en rien à un «album». Une application iPhone, «l'outil idéal qui permet aux fans d’interagir avec du contenu produit par ses artistes préférés». Perez et Galuz citent plusieurs applications d'artistes qui offrent la possibilité d’interagir avec d’autres fans, de partager de photos, d’écouter des morceaux et des playlists exclusives, de remixer des morceaux et pleins d'autres voies de traverse. (lire l'article)

Feu l'album?
Je le pense aussi, en voyant la montée fulgurante du iPhone en 2008, que les artistes devraient vendre des applications, et non pas des disques, s'ils veulent réellement contrôler leurs redevances numériques. Surtout les artistes qui ont certaines affinités avec la technologie (ce qui n'est pas gagné).

On ne se le cachera pas, le mobile possède un avantage immense comparé au web fixe. Les Telcos possèdent un guichet payant qui manque cruellement sur Internet (qui n'a jamais été pensé pour être une plateforme de micro-paiement).

L'album ne tirera pas sa révérence de sitôt. Mais au fur et à mesure que les générations montantes s'initieront au maelström de flux qu'est Internet, la notion d'avoir un objet fixe, surtout numérique, se marginalisera davantage. Le LP a sa place à côté de la Playlist, mais il me semblera se cristalliser comme objet de collection plutôt qu' objet de consommation de masse comme jadis...

22 septembre 2009

Meilleures sites québécois 2009

Voici la liste des gagnants des prix jumeaux, version épurée par Sylvain Carle, à partir du site officiel des prix Gémeaux, le "24e gala québécois de la télévision, d'internet et des nouveaux médias*

  • Les Appendices Meilleur site Web pour une émission ou série : dramatique, humour, variétés ou animation: Marie Brissette (Productions Marie Brissette), Nadine Dufour, Julie Duhaime (Télé-Québec)
  • D’Est en Ouest Meilleur site Web pour une émission ou série : affaires publiques, documentaire, magazine ou sport: François Veillette, Pierre Blais – (Trinôme)
  • Tactik Meilleur site Web pour une émission ou série : jeunesse: Francine Forest, Jean-Pierre Morin, Nicholas Vachon (Vivavision), Marc Beaudet, Christiane Asselin (Turbulent)
  • Têtes à claques – Saison 3 – Meilleure émission ou série originale produite pour les nouveaux médias : dramatique, humour, variétés ou animation: Michel Beaudet (Salambo Productions)
  • Le tapis rose de Catherine Meilleure émission ou série originale produite pour les nouveaux médias : affaires publiques, documentaire, magazine ou sport: – Catherine Beauchamp (Les Productions Rose Nanan)
* On pourrait sauter de joie en se fiant à liste de médias et penser qu'internet et les nouveaux médias ont une part égale, mais c'est le premier mot qui compte le plus dans ce gala: télévision. La liste ci-haut le démontre bien.

On remarque que ce gala cherche, avec raison, à étendre son emprise culturelle à d'autres support. Mais j'ai l'impression que jamais on pourra "englober internet et les nouveaux médias". Un jour il faudra non plus parler de support mais de vecteur: le gala des artistes ou des scénaristes ou des producteurs de contenus culturels, de divertissements médiatiques, etc...

18 septembre 2009

Bon voyage Renée

La nouvelle a déchiré mes fils web. Comme une tenaille qui te saisit brusquement le coeur. Puis cette sensation d'incrédulité fragile qui frénétiquement te pousse à emprunter la lignée de liens de plus en plus vite vers la page fatale. Et là, Twitter s'emballe. Tout déboule de partout. Confirmant l'impensable. La recherche est terminée. Renée Wathelet a réellement été assassinée.

RIP Renée Wathelet

Lanchero asesina a una turista en Isla Mujeres

On venait de tailler un portrait d'elle, deux jours auparavant, à la mesure des rêves qu'elle générait.
Une Québécoise à Isla Mujeres: adopter une île

Et hier, son dernier billet sur son blogue, pour nous montrer comment elle aimait ce qu'offre la vie.
Tranche de vie (6) – Des pas sur le sable, au petit matin

RIP Renée Wathelet: ses derniers pas sur terre, la veille de sa mort
La mort a réussi à nous arracher Renée, notre blogueuse nomade. Twitter ne gazouillera plus en direct des îles. Comme le dit Vallier Lapierre, «on va tout faire pour prolonger tes «pas sur le sable au petit matin».

Longtemps je voyais apparaître son visage, au sourire de Joconde, dans les stats de visites de mon blogue. Et à intervalles réguliers, sa présence venait mettre de la vie lors de nos rencontres Yulbiz. Elle me fascinait avec son étonnante vie à cheval entre la bruyante ville nordique (Montréal) et les lointaines îles du Sud (au large de Cancún, Mexique). Elle aimait les vagues d'un côté et les murmures de la cité de l'autre. Le meilleur des deux mondes. En alternance, 6 mois. L'art de vivre du nomade numérique.

Sa porte était grande ouverte et elle m'invitait à aller la voir un jour. Trop tard. Elle est dans un autre monde maintenant. Par contre, cette fois-ci, je sais qu'éventuellement, un jour, j'irai la rejoindre. En attendant, j'attends qu'elle ouvre @endirectduparadis. Bon voyage, Renée.

«La vie est la conservation du possible» (Paul Valery)
Galerie de photos "en direct des îles"

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PS
(Guy, fils de Renée) «Du a l’ampleur médiatique que semble prendre ce triste évènement nous demandons au médias de bien respecter notre deuil. Pour les autres, tout commentaires, pensé etc. sont bienvenus à l’adresse suivante: enmemoirederenee@gmail.com. Un service commémoratif sera organisé à notre retour du Mexique» (date à préciser).

15 septembre 2009

Le crowdsourcing : dompter la folie des foules

«Le crowdsourcing qu'est-ce que c'est?» C'était la question que l'animateur Benoit Cantin, ce matin, me posait au téléphone, en direct de la radio de Radio-Canada à Toronto. Hésitation. Quand on cause "crowdsourcing" à une émission grand public, le matin, avant 09h00, on sent que l'on vient de traverser quelque chose.

Photo: lifeLe mot lui-même, rappelons-le, serait un terme inventé par Jeff Howe dans le Wired de juin 2006 . Il combine l'anglais Outsourcing (sous-traitance à l’externe) et Crowd (foule) pour donner Crowdsourcing, sous-traitance à “la foule”.

Autrement dit, c'est l’externalisation de ressources humaines (ou plutôt de l'acquisition de connaissance) qui permet de puiser hors de l'entreprise dans un ensemble des talents disséminés, dans cette longue traîne des talents (Pisani), une “sagesse des foules” ( Surowiecki ) qui saurait répondre à un besoin interne.

Bon, dit comme ça, peut-être que plusieurs auditeurs se sont étouffés avec leur gorgée de café. Il faut savoir ce que l'on veut. Il faut appeler un chat un chat, quoi. On me pose une question, je réponds.

Crowdsourcing goes public
Le crowdsourcing me semblait jusqu'à ce matin relever plutôt d'un concept pointu rattaché à la niche de la haute technologie et du multimédia web. Le mot, pas particulièrement beau, propose malgré tout une vision alternative de ce qu'est la "foule".

Tout démarre d'un constat : dans certaines circonstances le choix de groupe, en général, se révélerait meilleur, en moyenne, que celui d'un seul individu en tout temps, même spécialiste. Clay Shirky, dans Here comes everybody, raconte avec moults exemples dans quel type de secteur le choix de groupe est plus prolifique. Il n'est nullement question ici de laisser la foule bâtir à coup de vote et de SMS une fusée interplanétaire.

L'antinuit de crystal
On associe souvent la foule à des excès. On ne connaît souvent de la foule que par son côté instrumentalisé: que ce soit des gouvernements autoritaires (pensons aux atrocités qui précédaient la seconde guerre mondiale) ou les médias avides de cotes d'écoute (où elle instrumentalise la foule pour faire émerger la futilité lors de spectacles de télé-réalités.

Dans ces conditions, il est normal alors de ressentir une peur viscérale à toute prétention de faire appel à une quelconque intelligence de la foule.

Le futur pluriel
Ce que j'ai ressenti ce matin, c'est ce passage du négatif au positif. Le crowdsourcing deviendrait un "lieu commun" dans la moulinette des médias. La foule ne possède plus seulement l'aura de folie collective (n'a-t-on pas dit que le quotient intellectuel de la foule est inférieur à la somme de ses composantes?), mais offre dans certaines conditions des fruits autrefois inaccessibles, et ce, grâce à la mise en réseau massive de la population.

Face au défi qui attend l'humanité confrontée aux limites de la biosphère, pouvoir avoir avoir un accès potentiel à chaque 'bit' de savoir dans la tête des humains pour trouver une solution ne relève plus nécessairement de la science-fiction.

Le magazine Seed cette année avait mis sur sa couverture le titre "la dernière grande expérimentation" (En): les mathématiques sociales, les réseaux sociaux et les sagesses des foules peuvent-ils être mis à contribution pour trouver la bonne idée qui nous évitera le mur qui se dresse devant nous. Quelque part, quelqu'un a la réponse. Le crowdsourcing peut lui donner une chance d'être entendu.
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Autre lien sur Zéro Seconde
Crowdsourcing, mettre la foule à profit (présentation et powerpoint et vidéo)
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Image Life

12 septembre 2009

Les 5 étapes de réalisation d'un site web

L’industrie de production web arrive à maturité et a établi un processus de construction d’un site web qui suit cinq étapes distinctes. Ces étapes permettent au client et aux fournisseurs d’évaluer ce qu’il y a à faire et de s’entendre sur la marche à suivre pour réussir un projet de qualité.

J'ai écrit pour le compte de l'Alliance numérique, un guide des meilleures pratiques pour développer un projet web.

Le voici, mis en page par Egzakt et grâce à l'aide de toute l'équipe de la cellule Internet de l'Alliance, un bon guide à offrir à vos clients ou pour vous même afin de bien comprendre dans les grandes lignes, les étapes de A à Z pour monter un site web.

Le processus général de réalisation
Qu’il s’agisse de créer de zéro un site web ou d’y apporter des améliorations, trois phases fondamentales se recoupent pour former les cinq grandes étapes d'un projet web :

Les 5 étapes de réalisation d'un site web

1- La planification stratégique : elle identifie les besoins de votre entreprise. Elle débouche sur la rédaction du document d’orientation stratégique.

2- La conception : on établit les paramètres concrets qui sont ensuite détaillés dans le livrable critique (le cahier des charges) qui sert de guide pour l’intervention de tous les prestataires lors de la production.

3- La production : elle concerne la réalisation technique et artistique proprement dite du projet.

4- La mise en ligne : on y fait le déploiement et on assure la visibilité du site auprès du public visé.

5- L’exploitation et la maintenance : la vie du site commence et une surveillance adéquate est nécessaire pour assurer son succès.

Les résultats sont comparés aux objectifs de départ et enclenchent le processus en boucle pour le prochain projet de refonte.

Expertises interdisciplinaires
Puisque chacune des trois phases fondamentales (réflexion, développement et maintenance) fait appel à des expertises différentes, il n’est pas rare de devoir gérer plusieurs équipes se succéder pour l’ensemble du processus, avec un certains recoupement au niveau des expertises. D'où l'importance que chaque mandat soit alors clair et bien délimiter les étapes ils couvrent.

Guide gratuit
Ce guide n'aurait pas pu voir le jour sans l'aide de plusieurs personnes, dans la révision et les précisions. Leurs noms apparaissent à la fin du guide. Cette version du guide est considérée un "beta", car maintenant il est offert à a communauté, qui peut se l'approprier et l'améliorer, à cette adresse: http://www.alliancenumerique.com/guideweb.html (s'il y a un problème d'accès, laissez moi un commentaire)

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09 septembre 2009

40 ans, 75 minutes, 6 personnes, 1 émission

Je serai en compagnie de Michel Cartier, Jean-Claude Guédon, Hervé Fischer, Philippe Leroux et Karl Dubost lors de l'émission Citoyen Numérique de Michel Dumais à CIBL demain jeudi 10 septembre 2009 de 13h30 à 14h30 (heures de Montréal) (+ 6 h à Paris ; - 4h à San Francisco)

Nous aurons un plus qu'une bonne heure pour discuter d'Internet à l'occasion de ses 40 ans. Il n'y a pas de podcast, malheureusement. Mais si j'arrive à l'enregistrer et à le transférer, je le mettrai en ligne. Accès à l'enregistrement ici.

Voici un aperçu des intervenants:

Michel Cartier, considéré comme le grand-père du multimédia québécois, professeur à la retraite, est connu pour penser la culture du numérique à travers trois pôles, le sociétal, l'économique et le technologique. Ce théoricien a a réussi à galvaniser durant les 3 dernières décennies des hordes successives d'étudiant(e)s à développer ce champ des communications qui allait un jour s'appeler le multimédia et les réseaux.

Jean-Claude Guédon, professeur au Département de littérature comparée a écrit Internet, Le monde en réseau chez Gallimard où il suit les premières traces de révolution Internet. Il a été président d'ISOC-Québec.

Hervé Fischer a écrit plusieurs livres, dont La planète hyper et Nous serons des dieux et cherche à penser la culture en mutation avec les réseaux. Il me semble être le seul à recourir à la philosophie grecque pour expliquer les divers aspects des mondes virtuels.

Philippe Leroux, président de ex- VDL2, devenu récemment Phéromone, est présent dans la sphère web depuis ses débuts. Il est un des observateurs des avancés d'Internet au pays et livre régulièrement, avec le CEFRIO des études statistiques d'utilisation des internautes québécois.

Karl Dubost, qui était au W3C, poète urbain de La Grange, a été au coeur du HTML, le code moteur de la révolution Internet.

Et moi, présent, bien content d'être si bien entouré.
Et aux commandes, Michel Dumais, journaliste et chroniqueur technologique, à Branchez-Vous, au Devoir (jusqu'à récemment), maintenant animateur de Citoyen Numérique depuis environ 2 ans.

Pour réfléchir
Quelques repères sur l'émergence d'ARPANET, d'Alexandre Serres

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04 septembre 2009

Google Holodeck

Imaginez une immersion totale dans Google Earth. C'est comme voler non pas dans Second Life, un monde numérique imaginaire, mais au-dessus de notre Terre numérisée. C'est Google Holodeck.



J'ai glissé quelques mots sur ce blogue sur Google Earth comme interface commerciale pour la planète. On pourrait voir Google Earth comme interface touristique. Qui a encore besoin de voyager comme touriste lambda quand on peut utiliser Google Holodeck.

Interface touristique
Certains voyages touristiques de masse peuvent être avantageusement remplacés par un voyage numérique (spécialement si c'est pour visiter des monuments architecturaux au pas de course, comme cela arrive étrangement). Du moins, à un niveau scolaire, on peut apprendre sans se déplacer. Dire « j'y ai été » prend une toute nouvelle tournure

Interface sociale
Maintenant, je pense qu'il ne manque pas grand-chose pour avoir Google Earth comme interface sociale. Avec des avatars, ou de la vidéo en temps réel, il y aurait moyen d'aller visiter de la parenté sur un autre continent, ou suivre les péripéties « sur place » d'un voyageur. Sans oublier encore un contact direct avec un commerçant (« envolez-vous vers ce nouveau magasin qui vient de s'ouvrir sur la 5e Avenue à Manhattan! »).

30 août 2009

Les moteurs de confiance

Alex Cambell (DTDigital / OgilvyInteractive, Melbourne) écrit dans son blog aujourd'hui: I no longer depend on Google to find stuff (via BrunoBoutot)
«Today I had a stark realisation: I no longer depend on Google to find stuff. I still use it to locate things: e.g. “find me the Wikipedia page on Ted Kennedy’s acquatic activities”. But I rarely - if ever - use it to find businesses, places to visit, interesting blogs, etc.»
"Je ne dépends plus de Google pour trouver de nouvelles choses" dit-il en substance. Google est toujours utilisé, comme assistance à la recherche, trouver ce que l'on cherche (une page Wikipédia, par exemple) mais les réseaux sociaux servent à trouver des choses, des recommandations, des suggestions, des découvertes... (ex. Twitter, Praized, Facebook, Friendfeeds, Linkedin, Viadeo, etc)

In Google we trust?
Il pointe quelque chose d'intéressant: les réseaux sociaux sont basés sur la confiance ("trust"). Ce que n'a pas Google, dit-il.

Il exagère un peu, mais sur le fond, on peut dire qu'avec la montée en puissance des professionnels du rayonnement web, on peut se demander si la pertinence est toujours au rendez-vous...

Je dirais pour être plus juste, Google est plutôt un outil de popularité. Les réseaux sociaux tablent eux vraiment sur la confiance. Voilà une nuance fort pratique lorsqu'il s'agit d'expliquer la valeur stratégique du web 2.0.

La montée de réseaux sociaux
Le genre de discours que porte Cambell rejoint les échos qui grandissent depuis la montée des réseaux sociaux depuis quelque temps. Son mérite est de le formuler d'une façon percutante et libératrice ("nous ne sommes plus dépendants de Google") et en ce sens il rejoint mon point fait hier dans le billet Les couloirs numériques, où je présente Twitter comme outil de sérendipité professionnel.

Mais Cambell s'arrête en chemin -- il fait une conclusion typique de la blogosphère anglophone très portée sur le fonctionnel et l'impératif ("if your brand is not social then it doesn’t exist"). L'ouverture qu'il a créée mérite que l'on ferme la parenthèse pour lui, pour notre plus grand bonheur cognitif.

Descendre du piédestal
Voilà ce qui se passe : Google est en passe de devenir ce qu'il a toujours été : un simple moteur de recherche, un outil pour trouver quelque chose que l'on cherche. Jusqu'à tout récemment son monopole de succès le rendait maître des lieux. Il représentait par métonymie l'Internet au complet.

Ce que Cambell dit, c'est que la sérendipité («fortuité» selon le Grand Dictionnaire) n'est plus une exclusivité de Google. «Fait de trouver quelque chose alors même qu'on recherche autre chose» se fait en butinant sur les réseaux sociaux maintenant. Mais qu'est-ce que chercher?

IR
Olivier Ertzscheid et Gabriel Gallezot, dans Chercher faux et trouver juste, serendipité et recherche d’information (PDF) expliqué qu'il y avait un sens double à "rechercher".

- Il y a « rechercher » de la recherche d’information (Information Retrieval en anglais, IR)
- Et il y a le « rechercher » de l’épistémé, la recherche (Research en anglais).

Bon, ne vous sauvez-vous pas parce que j'ai employé "épistémé": "recherche" est trop ambigu, alors je garde le terme académique.

Pour l’IR, Google est un outil du traitement de l’information sur un corpus documentaire.

Pour l’épistémé, le but est de découvrir, de produire de nouvelles connaissances.

Vous êtes comme M.Jourdain et vous faites de l'épistémé sans le savoir à chaque fois que vous découvrez quelque chose sur les réseaux sociaux (d'ailleurs comment avez-vous "découvert" ce billet?)

Les trois recherches
Ertzscheid et Gallezot résument les 3 « états initiaux » de l'IR (Information Retrieval / recherche d’information).

1- [Je sais] [ce que je cherche] . On fait alors des requêtes (Querying). C'est l'usage que Cambell semble vouloir faire de Google quand il cherche une page Wikipédia sur un sujet.

2- [Je ne sais pas] [ce que je cherche]. On procède par exploration (Searching), induction et abduction (avec moi vous avez des mots qui comptent triple pour le Scrabble). C'est le type de découverte que vous faites en librairie en repartant avec le livre à côté de celui que vous recherchiez. La structure de l'endroit ou du classement favorise ou non la sérendipité. Un BarCamp permet ce type de découverte.

3- [Je sais] [que je ne sais pas ce que je cherche]. Ici, nous sommes en mode d'apprentissage (Learning). C'est l'état dans lequel vous êtes quand vous entrez dans un réseau social. Vous pourriez autant trouver la référence au billet de Cambell que le fait que votre ami mange un sandwich...
Google nous a offert pendant plusieurs années ces trois types de recherche. Ce qui a été dit ici, c'est que le troisième type n'est plus l'apanage de Google, qu'il a perdu (définitivement?) son emprise sur ce secteur.

Quand on dit que ne sommes plus dépendant de Google, c'est affirmer que l’influence de la sérendipité en matière de construction de connaissances ne repose plus dans les mains monopolistiques du géant de Mountain View.

Les réseaux sociaux sont nos moteurs de confiance et carbure à notre saine curiosité. Ils répondent à ce besoin de confort communautaire de construction de la connaissance...

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Révolution rhétorique?

Narcissique, futile, décadent. Quels ne sont pas les qualificatifs que nous n’entendons pas à propos de la génération Internet. Le plus grand médium écrit de tous les temps, Internet demande pourtant un alphabétisme plus que basique. Rhétorique, stylistique, pragmatique sont en passe de se voir révolutionner par la base comme jamais depuis longtemps.

«new litteracy»Andrea A. Lunsford, professeur à l'Université de Stanford n'hésite pas à aller plus loin: "I think we're in the midst of a literacy revolution the likes of which we haven't seen since Greek civilization" rapporte Wired dans sa dernière édition (en).

Nous oublions bien vite qu'avant Internet la majorité des citoyens n'avaient plus aucune incitation à écrire après l'école ( sauf pour les travailleurs du savoir).

Produire un texte n'était que l'apanage d'une minorité.

Cette expertise se démocratise et Lunsford a trouvé que jauger une audience (on écrit toujours pour une audience) et adapter son ton et sa technique d'écriture pour "passer leur message" devenait une compétence de plus en plus répandue et recherchée.

Voir l'article écrit par Clive Thompson qui n'est pas très long (en anglais): Clive Thompson on the New Literacy (630 mots, 3 min)

Objet trouvé
J'y ai trouvé une notion intéressante : le «kairos», pratique de rhétorique qui gouverne le choix d’une argumentation, dans un but persuasif.

Je m'empresse de voir comment il s'applique à notre domaine.

  • Envoyer un gazouillis à la bonne heure pour maximiser sa diffusion;
  • Usage des mots clefs ou de hastags pour augmenter la probabilité de reprise;
  • Technique de suivi (following);
  • Échange de liens
  • "Followfriday"
Ce sont autant de manières d'attirer l’attention des auditeurs pour augmenter les chances que son message passe. Autrefois réservé aux médias de masse, le «kairos» se démocratise et prend des formes nouvelles. Intéressant.
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Image: Smithsonian

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29 août 2009

Les couloirs numériques

L'écart grandissant entre la lecture courte et la lecture profonde (voir mon billet sur l'article de Vanderdorpe) attire le regard des observateurs sur l'impact social et intellectuel du microbloggage et particulièrement de l'outil Twitter. Ce dernier entraîne un usage tout à fait original dans le numérique et répond à un besoin très précis: la sérendipité des discussions de couloirs.

LIFE coffee machineTwitter, on conviendra tous, n'a aucun sens, seul. Toute sa valeur repose sur l'engouement de son usage sur le réseau. Affirmer ceci met en lumière un paradoxe étrange: nous voilà devant un cas autogénéré de "l'oeuf ou la poule". Le hasard et la nécessité a créé ce service improbable (il ne répondait à aucun besoin a priori) et pourtant essentiel (pour la technorati, blogorati et la linkerati particulièrement)

Succès exogène
Twitter, je le signale, ne doit son succès qu'à Facebook. Plus précisément au service "statuts " de Facebook. Twitter correspond à cette fonction, mais "désencloisonné" des murs faussement protecteurs du monde numérique artificiel de Facebook. Ce dernier l'a d'ailleurs bien compris, toutes ses récentes mises à jour tournent autour de ce service. Twitter a eu besoin de Facebook pour faire comprendre à quoi il servait. Il faut le comprendre à petite échelle pour saisir son potentiel à grande échelle.

Twitter est un descendant de l’IRC, un canal de chat partagé, mais hybridé avec l'apparition des identités numériques et les conversations du web 2.0.

Le plus pauvre des pauvres sera le premier à entrer dans le royaume du web 2.0
Plusieurs critiquent sa pauvreté d'interface (peu de fonctionnalités, limite de 140 caractères, perte de suivi de conversation, etc.) et propose des "améliorations" qui toutes tombent faute d'appui de la masse: on dirait que les défauts mêmes de Twitter en font son succès.

Et pourtant certains modes alternatives de microbloggage existent et ont même du succès. Mais détrompez-vous, ils ne sont pas sur le même créneau que Twitter.

Vous voulez conserver une trace d'une conversation (ce que le "statut" de Facebook fait de façon remarquable)? vous n'êtes que dans un microforum ad hoc centré sur le commentaire. Vous voulez faire des recherches sur les archives (ce qui est la base même du web)? vous voilà revenu sur le nerf de la guerre des moteurs de recherche.

La beauté cachée des laids des laids
Non, Twitter marche parce qu'il se limite à 140 caractères (le nombre exact importe peu, l'ordre de grandeur davantage), qu'il n'offre pas de suivi de conversation aisé dans le temps (avez-vous déjà reçu un message faisant référence à un gazouillis dont vous aviez oublié déjà l'existence?), qu'il ne conserve pas les messages antérieurs à plus de 10 jours (dans la base de recherche). Voilà de quoi renvoyer à la planche à dessin n'importe quelles applications.

Ce qu'offre Twitter, et en ce sens il se retrouve aujourd'hui inégalé, c'est d'offrir la possibilité de (re)vivre des conversations de couloir. On parle souvent de "Water Cooler meeting" ou ces discussions autour de la machine à café.

Éternel Twitter
Twitter est et restera Twitter tant et aussi longtemps qu'il restreindra ses fonctions à de courtes salves de texte, en temps réel et sans permission de voir le contexte (du moins sans en faciliter le retour en arrière).

C'est exactement ce que vous avez dans une conversation de couloir: vous prenez la conversation au bond, sans pouvoir remonter en arrière (sauf à interrompre la conversation par une demande de mise à jour inopportune) et sans possibilité de suivi quand vous quittez le groupe.

Il faut être là au bon moment.

D'où l'importance de choisir ses couloirs où vous voulez accrocher au hasard une bonne conversation.

ROI, Retour sur l'investigation
La valeur ajoutée? Demandez-le à n'importe quel collègue fumeur. La sérendipité des découvertes sur n'importe quel sujet (futile ou stratégique) se passe dans ces fumoirs et a toujours laissé sur le bas côté de la route les gens soucieux de leur santé pulmonaire. D'ailleurs, je serai curieux de savoir si les mises à pied touchent plus souvent les non-fumeurs vu leurs incompétences à accéder à des informations stratégiques.

Twitter offre ces conversations de couloirs au travailleur du savoir, en général à la pige (freelance en français), soucieux de rester en contact phatique avec leurs pairs pour partager compétence, liens, informations ou simplement le fait qu'il mange un sandwich...

PS (lundi): autre de mes billets sur le sujet écrit le lendemain : les réseaux sociaux comme moteur de confiance, nous ne dépendons plus de Google!
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Photo: Life

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28 août 2009

La lecture en éclats

"Le véritable supplément à la mémoire n’est plus le document ni même la bibliothèque, mais Google". Christian Vandendorpe, l'auteur de l'excellent Du papyrus à l'hypertexte: Essai sur les mutations du texte et de la lecture, propose un brillant exposé pour raconter le divorce de la lecture longue et de la lecture courte (via JM Salaün).

Star Pupil, 1954Dans La lecture en éclats, publié dans la revue Arguments l'an passé [3400 mots / 15 min], il soutient que "’hypertexte donne au lecteur la même liberté de coq-à-l’âne que la conversation familière". La lecture, on s'en doute maintenant, serait influencée par le support.

Première victime de la "technologie"
Le rouleau de papyrus, par exemple, qui fut durant trois mille ans le support de l’écrit, a été remisé aussitôt le codex apparu. Cet ancêtre de notre livre actuel ayant montré qu'il était meilleur support pour la lecture, nous raconte le professeur au Département de français de l'Université d'Ottawa. Le livre, alors, restera-t-il au côté de l'ordinateur? Il ne va jusqu'à annoncer sa disparition.

Ce qu'il fait par contre c'est de décrire le déploiement de la lecture courte et le retranchement de la lecture profonde causé par les nouvelles technologies.

"Le livre étant une totalité finie, il propose implicitement un contrat de lecture qui va de la première à la dernière page." "L’imprimerie a fait de la lecture une activité privée".

"Le roman est [...] le livre par excellence, que le lecteur va lire de la première à la dernière page et dans lequel il peut se laisser absorber au point de perdre toute conscience du monde extérieur."

Cette activité de lecture de la continuité, sur lequel reposait le livre, a volé en éclat. L'art du romancier a comme base le temps, et consiste à retarder le dénouement tout en le faisant désirer de plus en plus fortement, dit-il. La lecture profonde demande un abandon.

L'écran superficiel
Mais on ne lit pas de livre à l'écran. Du moins, premièrement, l'équipement actuel n'autorise ni un confort visuel, ni une aisance dans la position de lecture et deuxièmement l'offre interactive ou sociale se trouvant souvent à un clic, il y a peu de chance que Proust ou Tolstoï puissent compétitionner avec Facebook, YouTube ou vos courriels.

Vanderdorpe appelle cet espace un "espace de séduction" où abondent icônes et couleurs, alertes et correspondance qui ont l'heur de distraire le lecteur de l’attention cognitivement exigeant que la véritable lecture de fond requiert. (Avez-vous réussi à tenir jusqu'ici sans basculer la fenêtre de zéroseconde?)

Lire comme on converse
"L’art d’écrire, tout comme celui de raconter, consistait jusqu’ici à créer des attentes chez le lecteur pour ensuite les satisfaire." rajoute l'auteur, or l’hypertexte offre des occasion à un interlocuteur pour facilement "saisir au bond un élément quelconque pour changer le sujet en suivant ses jeux d’association."

La "conversation" caractérisant le "web 2.0" trouve ainsi sa source.

"[L]e lecteur cédera facilement à la tentation de changer de sujet, de soulager la tension mentale que pose sa lecture en dérivant sur un sujet connexe". Ce qui est l'apanage de la lecture courte.

"[U]ne lecture «en immersion», mobilisant totalement l’imaginaire du lecteur sur une longue période de temps" est la caractéristique de la lecture profonde.

Avec l'arrivée imminente des tablettes et l'amélioration des liseuses electroniques, pourra-t-on revoir resurgir une lecture profonde qui "est une excellente école pour entraîner la mémoire, l’attention au détail et la capacité de synthèse"?

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Image : Superbomba

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26 août 2009

Rue89 débarque au Québec

Quebec89.com est le nom du site et est l’extension québécoise du site français Rue89. Géré par Branchez-vous! partenaire officiel de Rue89, sa rédaction est entièrement québécoise et indépendante de celle de Rue89 ( et elle est aussi indépendante de la rédaction de Branchez-vous! matin ).

Quebec89

Donc, 65 ans après le débarquement des Québécois en Normandie, les Français débarquent dans le paysage médiatique québécois avec l'aide de la résistance de Patrick Pierra et qui constituera constitue en quelque sorte le «magazine journalistique et participatif d’actualité» du groupe.

Il est annoncé que la filiation entre les deux sites est "directe", mais que "Québec89 présente quelques caractéristiques qui le distinguent de son grand frère" :

- Une spécialisation sur le Québec et l’actualité directement pertinente pour les Québécois (pasi d’information internationale) : politique, médias et société

-Une équipe et des moyens plus réduits (le Québec est dix fois plus petit que le marché français): environ un article est prévu par jour.

- Une fonction « En direct » permettant aux usagers de "publier plus immédiatement leurs informations et leurs commentaires".

- L’association au portail d’information BRANCHEZ-VOUS.com, dont Québec89 constitue en quelque sorte le «magazine journalistique et participatif d’actualité».
Pourquoi «Québec89»? parce que Rue89. Pourquoi «Rue89»? «89» pour évoquer les 3 révolutions: la liberté (Révolution française de 1789), les «murs qui tombent» (Berlin, 1989) et l’invention du Web (1989).

Petits caractères

Vous voulez participer? Le site accepte seulement les contributions les journalistes professionnels (ou les étudiants en journalisme). Tous les autres collaborateurs sont bénévoles. Les articles sont achetés à prix fixe : 50$, quelle que soit sa longueur (Si jamais par la suite, il ne peut être publié alors qu’il a été livré, la compensation de 25$. Maximum 12 articles rémunérés par mois.

Ce qui donne un gros max 600$ (383 EUR) de revenus pour le journaliste pigiste = 7200$ par année (4600 EUR). Finalement, il n'y a pas beaucoup plus de différence que de bloguer gratuitement sur le web...

MàJ : 3 pigistes/correspondants réguliers assureront l'armature du site, et les efforts de développement et de gestion (technique, promotion, vente).(source)

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18 août 2009

Parler pour ne rien dire

Curieuse statistique : 40% des gazouillis sur l'outil de micro-bloggage Twitter serait du bavardage futile ("pointless babble"), c'est-à-dire "parler pour ne rien dire". Ça a fait le tour du monde... blogosphèrique. L'étude sortie la semaine dernière a fait chauffer beaucoup de pixels. Et si c'était plutôt l'étude qui parle pour ne rien dire?

Et pourtant, elle n'est pas inintéressante, cette étude, au contraire. Rappelons les faits, pour ceux qui étaient offline sur la plage.

Résumons
En capturant au hasard près de 2000 gazouillis, entre 9 heures et 5 heures, du lundi au vendredi, deux semaines de suite et en répartissant les résultats dans 6 catégories, voici le résultat:
  • (3.6%) News: les fils des médias trad comme Radio-Canada ou France-Info (ils excluent Techcrunch et autres médias sociaux)
  • (3,.75%) Spam: ils proposent les mêmes âneries que pour le courriel (en espérant que vous le captiez en faisant une recherche), ils squattent les mots clefs (#hastags) populaires (ex "see how I enlarge you twitter follow-up base")
  • (5.85%) Self-Promotion: ces gazouillis qui redirigent vers le blog ou le site du gazouilleur pour promouvoir son contenu.
  • (40.55%) Pointless Babble (bavardage inutile): "Je mange un sandwich"
  • (37.55%) Conversational: Tout gazouillis dialoguant avec un usager (en utilisant un @)
  • (8.7%) Pass-Along Value (relais): tout gazouillis qui retransmet la conversation d'un autre usage (en utilisant un RT)
Quel titre pensez-vous que la plupart ont utilisé pour transmettre l'information? 40% des gazouillis sont du bavardage inutile.

Pourtant
On aurait pu aussi bien additionner les deux dernières catégories (conversation et relais) comme représentatives du média social (échange des informations bottom up ou à l'horizontale) et obtenir 46% des gazouillis est des informations utiles socialement (37.55% + 8.7%).

Les "conversations utiles" sont divisées en deux à cause d'un vecteur objectif (l'usage ou non du code @ ou RT). Mais quand est-il d'un usage implicite? Si je dis "je suis sortie du métro" et qu'un groupe m'attend au restaurant, ne suis-je pas en train de converser (j'annonce que je ne tarde pas à arriver).

"Je mange un sandwich" peut être une nouvelle pour la famille d'un anorexique ou pour tout un groupe qui l'attend pour commencer une réunion.

Et alors?
"What are you doing?" (qu'est ce que vous faites) était la question originale demandéapr Twitter (il est maintenant "Partager et découvrez ce qui se passe maintenant, partout dans le monde") et alors selon qui vous suivez, ce sera la révolution iranienne ou cette personne qui mange un sandwich.

J'imagine bien Einstein aujourd'hui gazouiller "Wunderbar, E=MC2" et le voilà classé dans le bavardage inutile.

Si on prenait un échantillon de tous les articles publiés, de tous les livres publiés, des émissions de radio diffusées, des appels téléphoniques, nous allons toujours, je dis bien toujours, trouver un nombre effroyable de bavardages insensés, inutiles, futiles, ridicules. Il n'y aurait plus de journalisme, de littérature de reportage, que du babillage. En moyenne.

Parce que, voyez-vous, dans la communication médiatique, sociale ou traditionnelle, on n'écoute pas tout, on choisit. La communication n'est rien d'autre que ça : repérer du signal dans une mer de bruit.

Il est donc inutile de souligner que 40% des gazouillis sont futiles, ce n'est que répéter qu'il y a du bruit (qui ne fait pas de sens pour nous) et on ne fait que parler pour ne rien dire.

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Post-scriptum du lendemain :

Lire aussi Jean-François Renaud (Adviso) : Twitter, un outil pour rejoindre les ambassadeurs (18 août 2009)
«on dit que 5% des utilisateurs créent 75% de l’activité [Sysomos]. C’est le même constat que l’on fait dans les réseaux sociaux en général où 1 à 10% des utilisateurs créent du contenu dont 100% profite. La question dont peu d’articles font état, c’est la notion d’actif. Est-ce qu’un utilisateur qui ne fait que lire des twitterers plus actifs que lui et qui clique sur les liens proposés doit être considéré comme inactif ?»

Et aussi Danah Boyd Twitter: "pointless babble" or peripheral awareness + social grooming? (16 aût 2008) (via Yann Leroux)
«I challenge each and every one of you to record every utterance that comes out of your mouth (and that of everyone you interact with) for an entire day. And then record every facial expression and gesture. You will most likely find what communications scholars found long ago - people are social creatures and a whole lot of what they express is phatic communication.»

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12 août 2009

Infidélité online

Vous voilà arrivé à la mi-temps des vacances. En entrant dans votre chambre d'hôtel, vous retombez sur votre iPhone dans le fond de la valise. Votre être bien aimé est sur la plage, vous avez quelques minutes avant de vous retrouver au restaurant. Vous N,arrivez pas à vous retenir. Le crime est si léger, allez, ouvrez internet et hop offrez vous un petit fix: voilà ce qui s'est passé quand vous étiez down dans les 15 derniers jours...

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02 août 2009

Réalité augmentée chez les commerçants

Je vous parlais des premiers essais de la réalité augmentée en mai dernier. Les marchants s'y mettent déjà: bestbuyin3d.com

Réalité augmentée chez Best Buy

En recevant une carte spécialement marquée, l'acheteur peut se faire une idée du type d'objet que le marchand propose.

Tous ceux qui sont dans la publicité, en particulier le marketing direct, auront de quoi à suggérer à leurs clients pour la rentrée scolaire. Comme toute nouveauté, dans le domaine de la pub, ça ne durera pas longtemps.

En général, ça développe l'expertise dans l'industrie et la connaissance est ensuite partagée dans les autres sphères.

Plusieurs usages peuvent en découler :

  • On peut imaginer des intranets d'entreprise l'offrir à leurs employés dans le cadre de formation ou d'indications demandant un aspect de visualisation spatiale.
  • On peut voir dans les manuels de classe de sciences des exemples "poppant" réellement hors du livre pour expliquer la structure d'une molécule, d'une organe ou d'un objet mathématique.
  • On peut croire que certains agents d'immeuble vont proposer des vues 3 D de propriété éloignée.
  • On peut espérer que les sculpteurs ou les musées présenter des oeuvres dans leur portfolio de cette façon.
  • On peut peut-être raconter des histoires à des petits.
D'autres pistes?

PS (19 août 2009) voir aussi l'excellent récapitulatif de ce qui se fait en termes de réalité augmentée... sur le blogue du longboard-Montréal

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01 août 2009

Premier Rendez-vous des médias citoyens

Le premier Rendez-vous des médias citoyens offre des échanges autour de la création de contenu, des nouvelles plateformes technologiques et les différents modèles d'affaires pour la communauté des médias collaboratifs. À la SAT le 26 août 2009 à 14h30.

Le Rendez-vous des médias citoyens

L'événement visent les blogueurs, les cinéastes engagés, les photographes et les journalistes citoyens (experts des médias, praticiens des médias alternatifs et autonomes). Il est organisé par Paroles Citoyennes / Citizen Shift et L'Institut du Nouveau Monde et Média@McGill.

Où vont les médias citoyens?"
La programme de la demi-journée tentera de répondre à ces questions:
  • Quels sont les défis inhérents auxquels ces projets médiatiques font face en 2009?
  • En quoi un projet médiatique du web social devient-il structurant pour la communauté?
  • Quelles opportunités devons-nous saisir aujourd'hui afin de propulser des voix multiples et alternatives?
  • Comment pouvons-nous nourrir la participation citoyenne à un projet médiatique sans se brûler?
Plusieurs intervenants sont prévus, dont Véronique Marino (INIS), Geraldine Cahill (The Real News Network), David Beers (The Tyee), Laurent Mauriac (Rue 89) et David Beers (The Tyee, ex-Mother Jones) et animé par Rufo Valencia (Radio-Canada International) + Mahalia Verna (CBC)

L'évènement est ouvert à tous et l'inscription est gratuite, mais obligatoire (attention, les places sont limitées).

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31 juillet 2009

Sommaire du mois de juillet 2009

Juillet, mois de vacances, mais pas du cerveau. La blogosphère ralentit, alors tournons-nous vers des grands auteurs.

Seth Godin : sortie de son livre Tribus, en version française.
Paul Virilio : « L'immédiateté est le contraire de l'information ». Vraiment? Pourquoi cette attaque contre Twitter. On décortique.
Bernard Poulet : compte rendu de son livre : La fin des journaux.
Michel Foucault : vivons-nous une rupture ou une continuité.
Chris Anderson : copie, persiste et signe.

Et des petites brèves
Parole Citoyenne passe aux mains de l'INM
Tweeter dans les cours d'Histoire?
Joost est-il mort?

Et tweetons le 14 juillet 1789 !

29 juillet 2009

Tribus -version française

À l'occasion de la sortie du livre Tribus, la version française de Tribes de Seth Godin (voir mon interview avec lui), voici un extrait de la préface, écrite par Marylène Delbourg-Delphis, tirée du blog de l'éditeur Diateino.

TRIBUS de Seth GODIN« Seth Godin a publié son livre avant l’élection d’Obama (en octobre 2008) et note simplement que « dans le monde d’aujourd’hui, Barack Obama parvient à lever 50 millions de dollars en 28 jours ». De fait, Obama a levé 500 millions de dollars au cours de ses 21 mois de campagne pour la Maison-Blanche. Un record, à coup sûr. Mais comment se fait-il qu’Obama ait été si extraordinairement efficace et que ni Hillary Clinton (lors des primaires des démocrates) ni John McCain (lors de l’élection présidentielle) n’aient su bénéficier d’Internet dans des proportions comparables ? »

«(...) Jusqu’en 2006, Internet est essentiellement un media ayant pour fonction d’informer et d’accéder aux masses – avec le présupposé que plus on touche de gens, mieux c’est. Avec Obama, Internet est une plateforme pour identifier et générer des réseaux différenciés de fans, des micro-mouvements d’activistes, des tribus très différentes entre elles, mais qui sont interconnectées par un message. Ce message, exprimé au travers d’informations transmises en temps réel, a opéré comme une sorte de protocole de communication établissant un langage de base commun. Les internautes auxquels s’est adressée la campagne Obama n’étaient pas seulement des millions de paires d’yeux, mais une myriade de petites tribus dans chacun des 50 États des États-Unis, chacune étant susceptible de se retrouver sous un angle ou sous un autre dans la tribu Obama globale. »

« (...) L’approche Obama, ajoute David Plouffe [le directeur de campagne d’Obama], « a déchaîné l’imagination et le talent de millions d’Américains dans la détermination du résultat ». Ces millions d’Américains se sont approprié le message d’Obama en restant dans leur sphère à eux et leur imaginaire. Internet n’a pas seulement consisté à diffuser le même mot d’ordre à tout le monde, mais un même message que les gens pouvaient traduire dans leur langage à eux sur le terrain, ce qui est très différent. Comme l’écrit Seth Godin : « Ce que font les leaders : ils donnent aux gens des histoires qu’ils peuvent raconter eux-mêmes. Des histoires sur le futur et le changement. »

« (...) L’important n’est peut-être pas tant dans le fait qu’une tribu est toujours une tribu, qu’elle soit ou non numérique ; l’important est le type de coopération qu’un leader établit entre sa tribu dans le monde physique d’une part et sa représentation Internet de l’autre. »

« Le versant Internet d’une tribu est son architecture organisationnelle, qui permet une communication immédiate et à tout le monde de savoir quoi faire à tout moment : Internet ajoute une dynamique et une réactivité impossibles à imaginer hors-ligne et peut donc changer l’impact d’une tribu d’une façon considérable. »
La version électronique peut être achetée ici. Le livre papier devrait atteindre les tablettes à partir de la mi-août 2009.

Pour en savoir plus sur Seth Godin, voir mon billet.
Pour lire l'interview que j'ai fait avec lui en avril 2009.

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28 juillet 2009

Virilio et la peur de l'immédiat

« L'immédiateté est le contraire de l'information » Paul Virilio, source JDD.

Ce penseur de la vitesse, depuis plus d'une décennie, contemple une fois de plus que "l'Histoire s'accélère". Dans le Journal du Dimanche (JDD), il y va d'une petite tirade contre Twitter.

«Prenez l'Iran. Au moment où l'empathie devenait réelle, Michael Jackson est mort, et c'était fini. On a célébré le dieu mort du show-biz, universellement et instantanément, et l'Iran a été chassé de l'immédiat. L'instant était passé.»

Il a raison. Twitter a joué le rôle de révélateur de l'épiderme des peuples. Mais il passe sous silence le fait que c'est Twitter, l'immédiat, qui a amené l'Iran sur la scène médiatique d'où il serait passé inaperçu. Le phénomène Jackson n'avait pas besoin de Twitter pour occuper la une et le prime time.

«Plus on entre dans l'accélération des phénomènes, plus on brouille les repères. On n'a plus d'affrontement entre la vérité et le mensonge, mais une succession toujours plus rapide d'instants irréfutables: des émotions globales, synchrones, instantanées, à l'échelle du monde entier

Accélération et réflexion ne font pas bon ménage. Paul Viriio le répète depuis longtemps. Il cherche à démasquer l'instantanéité trompeuse comme source d'une catastrophe appréhendée.

«La démocratie s'adresse à un corps social réfléchi, pas à un agrégat d'individus rois faussement unis dans une émotion collective. Tant qu'on n'aura pas pensé ce problème, on n'arrivera pas à inventer une démocratie de notre temps. Il faut inventer une "économie politique de la vitesse"».

Mélange tes codes
Quand il dit que l'immédiateté est le contraire de l'information, il fait malheureusement l'amalgame entre la vitesse du signal et le contenu du message. Si nous devions intégrer les gazouillis de Twitter comme autant d'influx nerveux, comme des lignes d'instructions, l'immédiateté ne serait pas seulement nuisible, mais impraticable.

Il faut rester pragmatique: un gazouillis de Twitter n'est qu'un signal, retransmis si affinité, mais pas plus instructif qu'un gros titre dans un journal. Disons qu'il possède la faculté d'être "immédiatement propagé" s'il rencontre une ligne de résonance dans la culture des twitternautes. Sans plus.

Dire que l'immédiateté est le contraire de l'information, c'est dire que le transport du signal n'est pas le contenu du message...

Alerte dans le twitterspace
Peut-être que l'on simplifie beaucoup sa pensée en se limitant à quelques extraits, mais ça suffit pour comprendre que la vitesse effraie Virilio: hystérisation des foules, folies irrationnelles des marchés, pensée plate et sans recul - voir Alerte dans le cyberespace ! qu'il a écrit en 1995 dans le Monde Diplomatique à ce sujet.

Soit. Et son appel est entendu ("penser la vitesse et son incompatibilité avec la réflexion démocratique"). Il n’y a jamais d’acquis sans perte, dit-il. Un acquis se traduira nécessairement par une perte (il reprend une formule d'Hannah Arendt "Le progrès et la catastrophe sont l'avers et le revers d'une même médaille." On invente le train? On invente le déraillement - lire "Le krach actuel représente l'accident intégral par excellence" sur le Monde).

Il suffit de ne pas prendre les mouvements des tags populaires pour des votes démocratiques.

Redistribution
Mais faut-il avoir peur de l'immédiat pour le reste? Dans une société de l'information, la mise en place des éléments du nouvel écosystème exige la présence d'outil de partage démocratique de l'information. Ces outils sont tout aussi puissants et rapides que ceux qu'avaient les magnats du début du siècle dernier. Ils sont seulement mieux distribués.

Dans le cas précis qui nous concerne, Twitter, en tant qu'outil de distribution d'information électronique, il n'y a aucun sens de recevoir l'information "plus lentement": l'instantanéité de la transmission est nécessaire. Je parle ici de sa réception -peut-être que dans son émission, pour certains, un délai peut-être bénéfique ;-)

Mais l'instantanéité de l'internet est le contraire de l'instantanéité de la télévision. Ce serait même l'inverse, comme le dit ThierryL dans un commentaire chez Narvic, "contrairement à la continuité vidéo de la télévision sur laquelle on ne peut pas revenir, on a tout le temps du monde en tant qu'utilisateur de lire et relire les textes, voir et revoir les vidéos."

Enseigne-t-on ça au jeunes ? En tout cas, on l'enseigne aux journalistes en Chine: Twitter Seen As Tool For Social Change In China
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Référence : L'instant contre la démocratie, par Paul Virilio (sur le Journal du Dimanche)
Plus d'info:
Interview de Paul Virilio : infantilisation et temps réel (vidéo chez les Humains associés)
Un paysage d'événements. Entretien avec Paul Virilio (1995 sur la République des lettres)
Dromologie : logique de la course (1991 sur Multitudes)
Paul Virilio : "Le krach actuel représente l'accident intégral par excellence" (2009, Le Monde)
Paul Virilio : la crise actuelle est sans référence (2009, vidéo sur Utime)

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22 juillet 2009

La fin des journaux

La presse et les médias vivent une révolution, une rupture, un effondrement. Quand on titre "La fin des journaux" un livre écrit par le rédacteur en chef à l'Expansion, il y a péril en la demeure.

La fin des journauxUn petit livre, La fin des journaux, de Bernard Poulet, sorti cet hiver et que je viens de terminer (ah les vacances!) résume bien la situation. Si vous voulez vous mettre à jour sur la situation de la presse, en français dans le texte, je vous le conseille: il vous pointera les endroits chauds du dossier de l'heure (mais sans toutefois les approfondir).

Les tendances lourdes («montée en puissance d'Internet, migration des budgets publicitaires et des petites annonces vers les médias électroniques, désaffection du jeune public pour l'écrit, culture du tout-gratuit») que Bernard Poulet observe sont à l'origine de la " révolution en cours de la presse écrite". S'il avait lu mon dernier billet, il aurait pu dire que la presse vit une "rupture".

« Une rupture est une période où la société est en quête de sens ; il y a perte de sens parce que les idéaux qui ont animé notre culture se dérobent. » (Michel Cartier, source).

L'idéal du journalisme est mis à mal par Internet. Et son intervention cherche à réveiller principalement ses pairs, francophones, mais surtout français, qu'ils jugent trop amorphes face à la situation, alors que depuis déjà quelques années les Américains les abordent de front. Son discours résume, aujourd'hui, l'état de la question.

Peut-être est-il le temps de paniquer
C'est le titre de son premier chapitre. Il montre comment devant la "montée des périls" les journaux anglo-saxons ont réagi. Peut-être pas toujours avec succès, encore, mais avec une véritable combativité. Il déplore que les milieux de la presse française trouvent « exagérés » les coups de tocsin. Bernard Poulet illustre à grand renfort de statistiques l'hécatombe en cours.

Publicité : les journaux asphyxiés
Dans son deuxième chapitre, sous ce titre, il souligne que la «crise ne tient pas seulement à la perte d'audience. Elle résulte du découplage entre les nouvelles et la publicité» (p.32), en citant The State of News Media 2008. « La presse imprimée ne sera bientôt plus le support de base d'une campagne publicitaire » (p.46), citant cette fois-ci un vice-président d'un cabinet d'études américain. Les lecteurs ne font pas que migrer sur Internet, ils abandonnent le navire de la "consommation de news", bref ils s'informent moins.

Les annonceurs peuvent, aujourd'hui, accrocher leur pub ailleurs que sur de l'info. La «réclame», qui faisait vivre le journalisme de qualité tout en permettant de réduire le prix de vente des journaux et de rejoindre un public très large, est un modèle d'affaires cassé (p.67). Qui va "financer" le traitement des affaires de la cité? Comment les citoyens peuvent-ils faire des choix éclairés? Comment les dirigeants peuvent-ils connaître l'histoire qu'ils font? C'est là que l'auteur situe l'enjeu.

Pause
Évidemment, on pourrait répliquer, sans pour autant tomber dans le cynisme, qu'il prend pour acquis que le citoyen (1) utilise ce média pour faire des choix et (2) qu'il est de surcroît un être rationnel dans ces choix "éclairés". Je ne veux pas l'offusquer, mais au vu des "choix éclairés" que les citoyens font parfois on se demande si la presse a une influence --et je ne parle pas du fait que cette presse dérape par moment.

Mais revenons à son livre, comment financer la plus-value qu'apporte le journaliste de qualité? Je ne crois pas qu'il a lu mon blogue, mais il dit ce que je dis depuis 2004, avec d'autres, que les «nouvelles technologies façonnent une autre manière d'être au monde, un autre rapport à la connaissance et à la culture» (p.81)

Éclatement de la scène publique commune
On lira avec profit le chapitre 5 qui porte ce nom. Il aborde le mythe du journalisme d'investigation («invention» récente) et la perte d'autorité du politique, des médias et des intellectuels (sujet dont je vous entretiens ici régulièrement) ainsi que la montée du vedettariat (qui n'a pas commencé avec la blogosphère).

Il débusque avec clairvoyance l'idéologie de la «transparence» qui n'apporte pas que du bonheur. Un pouvoir qui entretient la langue de bois et le "politically correct". D'abord exigé des politiciens, il est maintenant en train de ronger les médias. La transparence délégitimise les institutions alors que la blogosphère s'en accommode bien. «C'est un changement de pouvoir» (p.191)

L'idéologie d'Internet
Dans le chapitre 8, où il parle expressément d'Internet, on aura un bon aperçu de la pensée des journalistes sur notre sujet favori. On notera tout de suite que le ton condescendant que l'on trouve d'habitude dans la presse jusqu'en 2008 (année où j'ai remarqué un changement de ton) est ici moins prétentieux. Il accompagne la quasi-totalité des intertitres d'un pont d'interrogation («le retour de l'utopie?; le triomphe démocratique? Un monde sans experts?; tous journalistes? l'intelligence des foules? Etc.) un peu pour marquer sa désapprobation critique, mais aussi pour éviter des affirmations qu'il sait à contre-courant --et avec lesquels il aura à vivre si le papier meurt).

Il reconnaît que pour survivre, il faudra affronter la bête, monter «à l'assaut du web». Les quelques pistes qu'il explore tournent autour de l'hyperlocal, du partage et de la discussion, bref de créer des liens avec les communautés.

« Si nous ne sommes pas dans les réseaux sociaux. Les lecteurs nous oublieront» (p.185). Bingo! Voilà l'avenir de l'information! Vous ai-je dit que le titre complet était "La fin des journaux et l'avenir de l'information"?
" Se connaître soi-même, c'est s'oublier. S'oublier soi-même, c'est s'ouvrir à toutes choses." Dôgen (1200-1253)

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15 juillet 2009

Épistémè ou mojito?

Même si c'est les vacances, on n'arrête pas de réfléchir pour autant. Petit billet les orteilles de pied en éventail.

Michel Foucault a été l'un des grands penseurs des thèmes de la discontinuité et de la linéarité dans l'histoire.

Il propose de redéfinir de ce que l’on entend par « rupture », « saut », « discontinuité » . Il faut voir ce qui nous semble « nouveau » comme un découpage de période historique entièrement construit à partir d’une lecture «discontinuiste» de l’histoire. Si l’histoire est un continuum, alors la transition d’une période à une autre ( épistémè est le terme qu'il utilise) ne serait rupture que dans la façon de concevoir les choses.

Rupture ou continuité?
On peut étendre sa réflexion et se demander si le web social, ce réseau social du web 2.0, provoque une rupture avec notre passé.

Ceux qui croient en la continuité sont en opposition avec ceux qui voient dans l'apparition d'Internet une discontinuité dans la société. Les premiers pensent que la «continuité de la société» posséderait une permanence absolue puisque la société est ce qu'elle «est» (comme on peut dire que nous sommes toujours identiques à nous-mêmes, même si nous changeons en vieillissant).

Les seconds fondent leur pensée sur une perception parfois indirecte. « Une rupture est une période où la société est en quête de sens ; il y a perte de sens parce que les idéaux qui ont animé notre culture se dérobent. [...] L'être humain vit dans un espace-temps qui façonne la conscience qu'il a de son environnement. Or, parce qu'Internet modifie cet espace-temps, il devient le miroir et le catalyseur des mutations qu'il intensifie pour le meilleur ou pour le pire. » (Michel Cartier, source dans Web Archives)

Dans le doute, accordons-nous pour dire qu'il existerait une «continuité possible dans un changement permanent». J'aime bien le syncrétisme ;-)

Voyons voir, si cela fait sens.

Twitter, Facebook, ne sont rien d'autres que la version élaborée du SMS. Les micro-messages font partie du paysage d'Internet depuis ses débuts. Le courriel est l'arrière-grand-père, toujours bien en forme, de la communication par réseau. On serait bien en peine de définir, autrement que par sa forme, la différence entre la communication via les "réseaux sociaux" comme Facebook, Myspace, etc., et les courriels. Du moins, la filiation est directe.

Anecdote. Cela fait sourire, mais le principe de Twitter, envoyer de courts messages accessibles à tous, semble bien être un besoin qui précède Internet : voir l'annonce du «Notificator» un service d'affichage de notes en public à Londres en 1935.

Qu'est-ce que Twitter, au fond? Un système de micro-messagerie ouvert, basé sur des technologies ayant déblayer le chemin, comme le IM (Instant Messaging) et le IRC (Internet Relay Chat). Sa différence tient moins à sa technologie qu'au facteur social: le rapport entre l'espace privé et l'espace public a changé. Les blogues ont pavé la voie à la culture d'ouverture. Twitter ne serait qu'un IM ouvert à tous.

Internet est utilisé comme un outil de communication horizontale (par opposition à la communication "sommet vers le bas" --top-down-- comme la télévision) basé sur une liberté de parole.

En 1909 on écrivait «Le principal usage du téléphone rural est l'usage social [...]. Le téléphone est utilisé plus souvent pour des conversations de voisinage que pour n'importe quel autre motif [...]» cité par Patrick Flichy dans Une histoire de la communication moderne, p.127

Twitter est notre bon vieux téléphone de campagne où l'on pouvait taper la ligne du rang voisin rien qu'en soulevant le combiné.

L'usage social d'un outil de communication ne nait pas avec la création de l'outil. Selon la lecture et le recul que l'on se donne, le web social ne représenterait donc pas de rupture; la continuité apparaît comme une évidence, et seuls les moyens changent. La discontinuité apportée par les réseaux sociaux ne serait pas significative par essence. On serait d'accord pour le croire.

Mais, pourtant, ces réseaux sociaux virtuels d'aujourd'hui possèdent un véritable impact qui modifie nos comportements, et offre de nouveaux rapports à l'autre et à la connaissance. Voir notamment Clay Shirky à sa conférence TED, "How social media can make history"

Il y aurait donc bien une «continuité possible dans un changement permanent». Je vous l'ai dit, j'aime bien le syncrétisme ;-) On tentera d'y répondre une autre fois... allons prendre un bon mojito maintenant...

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06 juillet 2009

Parole Citoyenne passe aux mains de l'INM

L’Office national du film du Canada (ONF) a annoncé le mois dernier une entente de partenariat avec l'Institut du Nouveau Monde (Michel Venne) pour qu'il reprenne les sites Parole citoyenne et CitizenShift. Premières parmi les plateformes citoyennes au Canada en 2003, l'ONF se recentre sur les valeurs sûres.

À compter du 1er septembre prochain, l’INM deviendra le principal producteur. L’ONF continuera à coproduire du contenu audiovisuel jusqu’à la fin mars 2011, mais, en clair, la filière "média citoyen" est abandonnée et l'ONF se concentre sur la création artistique filmique.

L'institut du Nouveau Monde voit ces deux site comme un modèle d’animation de la participation citoyenne en ligne. La croissance des deux sites ne rentrera plus en conflit avec la mission de l'entreprise, comme c'était le cas avec l'ONF. Le point de départ sera les Rendez-vous des Médias Citoyens le 26 août prochain.

L'INM possède deux beaux joyaux qui ne demandent qu'à prendre de l'expansion et répandre la parole citoyenne québécoise avec une plus grande portée.

J'avais participé à l'élaboration de la deuxième mouture de Parole Citoyenne en 2004. Bien avant toute autre chose, c'est là que j'ai découvert le web social...

(Source)

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05 juillet 2009

L'Histoire en Tweets

Lyonel Kaufmann commente mon billet Un 14 juillet 1789 sur Twitter : "Original, amusant et indirectement une bonne idée d’activité en histoire. Il serait possible d’étudier l’emploi de twitter dans un événement comme les dernières élections iraniennes puis de transposer son utilisation relativement à un événement historique. A méditer/suivre…"

En fait, c'est même une excellente idée qu'il a eue! Twitter (ou un fac-similé dans ce cas) offre tous les caractéristiques d'une histoire dynamique qui se déroule "en temps réel", tel que vu par ceux qui la vivent... Les mouvements populaires, l'activité sur le terrain, la perception de ceux qui créent l'histoire avec leurs actions offrent un excellent complément aux histoires racontées en général du point de vue "extérieur", "top-down", et "stratégique".

Ça pourrait être sous une forme de transcription finale, a posteriori. Ou alors, en temps réel sur les portables des étudiants ou sur un écran dans la classe durant une journée thématique. D'autres idées?...

(Voir aussi : 50 idées pour utiliser Twitter dans le domaine de l'éducation chez Mario Asselin)

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04 juillet 2009

Gratuit, copier/coller et plagiat

Oh oh, Bruno vient de m'apprendre que Chris Anderson, rédacteur en chef de Wired Magazine, auteur de The Long Tail, a reconnu avoir copié plusieurs articles de Wikipédia dans son dernier livre, Free: The Future of a Radical Price.

En fait, c'est le Virginia Quarterly Review (VQR) qui a trouvé le plagiat forçant l'auteur à accuser son éditeur, Hyperion, d'avoir précipité la décision de retirer les citations (les citations dans un livre grand public, allez savoir pourquoi, est repoussoir, et les ventes s'en ressentent) à la dernière seconde. (info débusquée sur NowPublic). Les allégations de palgiat font références à du contenu copié sur Wikipédia (anglais), faute de frappe incluse (selon Silicon.fr qui cite The Guardian).

1- L'ironie, premièrement, consiste à copier une encyclopédie gratuite pour écrire un livre qui fait l'apologie du gratuit comme nouveau modèle d'affaires. Le titre au long est : Free: The Future of a Radical Price: The Economics of Abundance and Why Zero Pricing Is Changing the Face of Business. Plagier est pourtant vieux comme le monde (m'enfin vieux comme Gutenberg).

2- Seconde pensée embarrassante, est-il plus honteux de citer Wikipédia comme une source, ou l'utiliser Wikipédia comme source, comme le souligne un commentateur sur Gawker, cité par Carolyn Kellogg sur le blog Jacket Copy du Los Angeles Times.

3- Troisième réflexion cynique: Wikipédia est la source de référence informelle pour nombre de personnes. Grâce à Anderson, on peut maintenant le citer, via son livre, de façon formelle.

Ce qui est intéressant, quand on regarde les passages copiés (images sur l'article de VQR), c'est de voir la façon de travailler d'Anderson. Il prend un bout de texte, et, à la façon des moines copistes sur les palimpsestes, réécrit par-dessus, enlevant ici et là quelques mots, reformulant ou précisant le sens. (C'est le travail de certains journalistes qui recopient des communiqués de presse -quand ils ne copient pas tout entièrement sans rien changer).

Or, c'est la façon que les rédacteurs de Wikipeédia utilisent pour "améliorer" un texte. Ils réécrivent par dessus un texte existant pour l'améliorer. C'est ce que Anderson a fait. Mais cette version est dans son livre et non sur le site.

Cette méthode "de réécriture à la wiki" est une stratégie très intéressante et il ne faut pas voir cet incident comme isolé. Il permet rapidement de créer du texte comme un artiste pétrie sa glaise. Il permet aussi de reconnaître que certaines pensées se construisent toujours à partir d'une autre. Quoique, dans le cas des passages plagiés, ce ne sont pas des arguments centrales à la pensée du livre.

Notons aussi que le copier-coller ne me semble porter la même marque du Mal qu'avant. Avant l'ordinateur. Avant, on "recopiait", entièrement à la main des morceaux de texte et il était plus difficile de dire, oups, "j'ai oublié de citer". Un copier-coller aujourd'hui est si vite intercalé dans un texte électronique qu'il difficile, surtout sans les précautions de base, de le mélanger avec son propre texte...

Et on devra, tôt ou tard, aussi, crever l'abcès de Wikipédia comme étant persona non grata de la citation...
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Chris Anderson, page sur fr.Wikopedia
Wired Magazine, page sur fr.Wikopedia
Free, livre sur Amazon.com

Pour aller plus loin
(PDF) Les actes du colloque « Copié - collé… » Former à l’utilisation critique et responsable de l’information (débusqué par Éric Delcroix). Particulièrement pour le document de Rachid Safi "Le plagiat à l'heure d'internet (p154) ou il dit "le plagiat est nécessaire, le progrès l'impose" et "Le plagiat n’est pas une fatalité ni une nature humaine, mais une construction sociale et historique"
(PDF) Les usages d’Internet dans l’enseignement supérieur : « De la documentation… au plagiat » où on dit "3 étudiants sur 4 (77 %) déclarent avoir recours au “copier-coller”"

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03 juillet 2009

un 14 juillet 1789 sur Twitter

Tiens, petit aparté, je me demande à quoi ressemblerait la Révolution française si elle avait été gazouillée aujourd'hui:

Gazouillis de la patrie, ton post de gloire est arrivé!

marcel_1764:
#versailles on percoit des troupes royales dans la capital (9:27 AM 13 Juillet 1789 from TweetDeck)
VersaillesBoy: RT @marcel_1764 #versailles on percoit des troupes royales dans la capital (9:28 AM 13 Juillet 1789 from Tweetkit)
ML19: On dit que des députés sont aux arrêts (10:02 AM 13 Juillet 1789 from Twitter)
marcel_1764: RT @ML19 On dit que des députés sont aux arrêts (10:12 AM 13 Juillet 1789 from Tweetdeck)
VersaillesBoy: @marcel_1764 confirme que des députés sont aux arrêts (10:13 AM 13 Juillet 1789 from Tweetkit)
Rolande: RT @ VersaillesBoy @marcel_1764 confirme que des députés sont aux arrêts (10:29 AM 13 Juillet 1789 from m.slandr.net)
Ale70: RT @Rolande RT @ VersaillesBoy @marcel_1764 confirmé! députés aux arrêts (10:36 AM 13 Juillet 1789 from Nambu)
marseilles30: RT ale70 RT @Rolande RT @ VersaillesBoy @marcel_1764 confirmé! dép. arrêtés! cé la #revolution (10:36 AM 13 Juillet 1789 from seesmic)
(...)

Le lendemain

marseilles30: RT @VLR RT @ML19 Foule devant l'hôtel de ville #revolution (08:56 AM 14 Juillet 1789 from seesmic)
marchant: devant l'hôtel. on est plusieurs. pas content, pas content #revolution (08:59 AM 14 Juillet 1789 from iphone)
mimi: La #revolution sera twitterisé ou ne sera pas. La foule ici est impatiente (09:59 AM 14 Juillet 1789 from iphone)
garant: @mimi où es-tu? je suis devant l'aile gauche #revolution (09:01 AM 14 Juillet 1789 from iphone)
denteur54: La porte s'ouvre, la porte s'ouvre #revolution (09:01 AM 14 Juillet 1789 from iphone)
René: @mimi ils prennent les fusils. partout. confusion #revolution (09:02 AM 14 Juillet 1789 from iphone)
Émergeant089: ils semblent que la foule est entrée. confusion selon @rené #revolution (09:03 AM 14 Juillet 1789 from seesmic)
René: À la #Bastille! à la Bastille #revolution (09:34 AM 14 Juillet 1789 from iphone)
Émergeant089: RT @René: À la #Bastille! à la Bastille #revolution (09:35 AM 14 Juillet 1789 from seesmic)
Émergeant089: Bastille sur google map bit.ly/234rte #revolution (09:36 AM 14 Juillet 1789 rom seesmic)
Émergeant089: Qui peut me confirmer ce qui se passe sur le terrain? #revolution (09:39 AM 14 Juillet 1789 from seesmic)
Émergeant089: @georgesW oui, ça barde à #paris on dirait. Suis le canal #revolution (09:41 AM 14 Juillet 1789 from seesmic)
Louisard: arrêtez d'utiliser le RT sur #revolution si ce n'est pas important (09:41 AM 14 Juillet 1789 from iphone)

Quelques heures plus tard

GardeDS: puisante garnison à la #bastille. la foule est dispersée (11:41 AM 14 Juillet 1789 from Twitter)
Émergeant089: RT @GardeDS puisante garnison à la #bastille. la foule est dispersée #bastille #revolution (11:41 AM 14 Juillet 1789 from Seesmic)
René: Qu'est ce que vous racontez?! il n'y a que 82 vétérans invalides et 32 soldats suisses ici! #bastille #revolution (11:42 AM 14 Juillet 1789 from iphone)
Marveric69: SEO Obtenez la première place sur Google #revolution (11:47 AM 14 Juillet 1789 from tweeter)
GardesDS: le gouverneur retrace ceux qui RT la #revolution (11:59 AM 14 Juillet 1789 from Twitter)
momo: changez votre location pour Paris RT SVP (12:01 PM 14 Juillet 1789 from Twitter)
marchant: Mais arrêtez d'occuper #bastille #revolution. On est un millier, ils seulement 100 on devrait pouvoir rentrer (12:02 PM 14 Juillet 1789 from iphone)
deLaunay: Je reçois trois délégués. Retournez chez vous #bastille #viveleroi (12:30 PM 14 Juillet 1789 from Tweeter)
Marveric69: SEO Obtenez la première place sur Google #revolution (12:32 PM 14 Juillet 1789 from tweeter)
GardeDS: confirmé! puisante garnison à la #bastille. la foule est dispersée #revolution #viveleroi(12:45 PM 14 Juillet 1789 from Twitter)
Émergeant089: @gardeDS confirmé! puisante garnison à la #bastille. la foule est dispersée #revolution #viveleroi (12:45 PM 14 Juillet 1789 from Twitter)
Gedeon: la foule attend après le marquis @deLaunay. S'engage à ne pas tirer (12:54 PM 14 Juillet 1789 from Twitter)
Mikel: Not sure what's going on in #bastille on #revolution. Is it about #Paris Hilton anyway?(12:59 PM 14 Juillet 1789 from Twitter)
Merce: #TF1Fail les médias trad ne parlent pas de la #revolution.Ça fait 15 minutes! réveillez-vous! (12:59 PM 14 Juillet 1789 from Twitter)

Plus tard...

René: Il y a eu une explosion ici. Trahison! #bastille #revolution (02:12 PM 14 Juillet 1789 from iphone)
Émergence089: Pas sûr de savoir ce qui se passe à la #bastille. Qui peut confirmer #revolution #viveleroi (02:13 PM 14 Juillet 1789 from Twitter)
Marveric69: SEO Obtenez la première place sur Google #revolution #bastille #viveleroi (02:14 PM 14 Juillet 1789 from Twitter)
GardeDS: Tout est calme à la #bastille. la foule est dispersée (02:15 PM 14 Juillet 1789 from Twitter)
René: Arrêtez vos conneries ! il y a une #revolution ici #bastille (02:16 PM 14 Juillet 1789 rom iphone)
Jonny: Michael Jackson is dead. No confirnation yet. see TMZ #MJDeath it will be a #revolution (02:30 PM 14 Juillet 1789 from Twitter)
Minnie: Oh MY! RT @Jonny Michael Jackson is dead. No confirnation yet. see TMZ #MJDeath it will be a #revolution (02:30 PM 14 Juillet 1789 from Twitter)
Lasswell: RT @Minnie Oh MY! RT @Minnie Michael Jackson is dead. No confirnation yet. see TMZ #MJDeath it will be a #revolution (02:30 PM 14 Juillet 1789 from Twitter)
bendy: RT @Minnie Oh MY! RT #Michael Jackson is dead. No confirnation yet. see TMZ #MJDeath it will be a #revolution (02:30 PM 14 Juillet 1789 from Twitter)
Wallace61: RT @Minnie Oh MY! RT #Michael Jackson is dead. No confirnation yet. see TMZ #MJDeath it will be a #revolution (02:30 PM 14 Juillet 1789 from Twitter)
JackiB : confirmed #Michael Jackson is dead. See Hollywood Scoop net .#MJdeath #revolution (02:40 PM 14 Juillet 1789 from Twitter)
René: mais bon sang liberez #revolution (13:42 14 Juillet from iphone)
Gasp: RT @Minnie Oh MY! RT #Michael Jackson is dead. No confirnation yet. see TMZ #MJDeath it will be a #revolution (02:40 PM 14 Juillet 1789 from Twitter)
Mormon39: RT @Minnie Oh MY! RTJackB #Michael Jackson is dead. No confirnation yet. see TMZ #MJDeath it will be a #revolution (02:41 PM 14 Juillet 1789 from Twitter)
JaneDot: confirmed #Michael is dead. See Hollywood Scoop net .#MJdeath #revolution (02:41 PM 14 Juillet 1789 from Twitter)
deLaunay: Tout est revenu à l'ordre, bonnes gens. retournez à vos chaumière #revolution #viveleroi (02:42 PM 14 Juillet 1789 from Twitter)
Émergeant089: #revolution est un hoax lire Wikipedia bit.ly/12hf0 (03:03 PM 14 Juillet 1789 from seesmic)
Marveric69: SEO Obtenez la première place sur Google #MJdeath (03:04 PM 14 Juillet 1789 from Twitter)

En un mot, pour paraphraser Saint-Just. "Tweeter ! ce mot renferme toute la politique de notre révolution"

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