ZEROSECONDE.COM (par Martin Lessard)

ZEROSECONDE.COM

Impacts du numérique sur la communication, notre société, nos vies.

Qu'est ce qu'une communauté en ligne

La notion de «communauté» qui semble être clairement au coeur du web et des contenus est en fait un terme un peu flou. 

Dans l'industrie du contenu, on est habitué à l'appeler audience.

Pour le grand public, on le mélange avec foule ou un groupe. 

Pourtant, une foule dans une gare n’est pas la même chose que la foule réunie à la SAT aujourd'hui pour participer à l'événement Communauté social et contenu média


Un groupe d’individus qui partage les mêmes intérêts sur un forum est-il la même chose qu’un groupe dans une liste d’envoi de courriels?

Les communautés en ligne peuvent être entendues au sens large comme des groupes qui, à un moment donné, ont un intérêt en commun et surtout qu’on peut rejoindre individuellement. C'est la différence avec l'audience, que l'on traite en terme statistique.

Effectivement, une communauté en ligne, ce n’est pas une audience anonyme, c’est un groupe que vous avez le potentiel de connaître et d’être en moyen de rentrer en relation avec chaque individu si vous le souhaitez.

Quand on parle de promotion de contenu avec les communautés, on parle en fait de bouche à oreille. Depuis la montée fulgurante des médias sociaux, il est possible pour tout producteur de contenu d’avoir des moyens de rejoindre son auditoire qui était autrefois réservé surtout aux diffuseurs.

D'où l'impératif absolu de se débarrasser des codes, conventions et habitudes héritées du marketing traditionnel quand il s'agit de communiquer avec votre communauté.

Post-Scriptum: La réflexion a commencé ici: Communautés sociales & contenu média

Communautés sociales & contenu média

J’aurai la chance d’animer les deux panels d’experts lors d’un événement du Regroupement des producteurs multimédia la semaine prochaine: «Communautés sociales & contenu média».

L’événement aura lieu à la SAT, endroit que j’adore. Les thèmes abordés sont aux confluents de deux domaines qui m’intéressent beaucoup (au moins depuis que j’ai fait ma maîtrise en communication multimédia il y a plusieurs années): la rencontre d’internet et de l’audiovisuel. 

Pour être plus précis, car les termes employés dans le paragraphe précédent sont devenus désuets, c’est la rencontre des communautés socionumérique et des contenus média. Ça été ma motivation première, croyant que cette convergence allait se produire quelque chose de nouveau et innovant. Ça tarde un peu, mais c'est dans la bonne direction.


Vous avez dit communauté?

La communauté en ligne, c’est l’incarnation du bouche à oreille. La notion de communauté, au sens large, doit inclure les conversations qui ont lieu hors de votre site web.

J’avais discuté avec un producteur l’an passé. Il cherchait à «ramener sa communauté» sur son site. Pourquoi? Parce qu’elle se trouvait dispersée sur d’autres forums que le sien, disait-il. Erreur. La gestion de communauté se passe aussi bien sur ces « forums externes », et peut-être mieux. La gestion de communauté se fait aussi ailleurs que sur son site.


Il y a une erreur d’interprétation quand on parle de «communautés» aux producteurs. Si vous devez faire un film d’horreur, pour prendre un exemple facile, il n’y a peut-être pas lieu de bâtir vous-même une communauté. Elle existe déjà sur des forums de discussion, comme celle qui entoure Patrick Sénécal par exemple. Il est plus facile de proposer votre contenu à une communauté existante que de la bâtir de toutes pièces. Durant la progression de votre projet, cette communauté est aussi la vôtre.

Deux approches seront discutées durant cette journée.

1) Communauté et promotion

Le premier panel (impact des communautés sur la promotion d’un contenu média) touchera sur la façon directe et indirecte que les communautés en ligne ont une influence sur le succès d’un oeuvre.

Entre autres, des études de cas seront présentées par Paul Allard de #engagementlabs autour de marques médias (émissions de télé, films, jeux vidéo).

Il peut sembler étrange dans un marché de l’audiovisuel subventionné comme le nôtre que les productions puissent avoir moindrement un souci de ce que des communautés en ligne pensent. Après tout, on pourrait penser que si on présente un projet de film sur mon nombril et qu’il est accepté par les instances de subventions et les télédiffuseurs, qu’a-t-on à cirer de ce que les gens sur Facebook pensent?


En fait, c’est avant l’acceptation d’un projet et à sa diffusion que le poids d’une communauté se fait sentir. Sans tomber dans le populisme, il y a probablement là une forme de légitimation (au moins partiel) d’un projet qui pourrait reposer sur le fait qu’une communauté en ligne manifeste son appui en amont. Si j’ai X milliers de fans qui s’intéressent à mon projet de film sur mon nombril, il y a là matière à regarder de plus près (tous les autres critères d’évaluation étant égales par ailleurs).

Il y a aussi à la diffusion où l’effet sur le public peut être mesuré finement, ou du moins quantitativement, et presque en temps réel sur les médias sociaux. Le brouhaha autour d’un mot-clic (#) n’est pas sans laisser impressionner. Nous verrons avec #engagementlabs le forces et les limites de ces conversations.

2) Communauté et financement

Le sociofinancement, popularisé par Kickstarter, est une façon encore plus concrète de mettre à contribution la communauté. C'est le thème du deuxième panel (Impact des communautés sur le financement d'un contenu média).

Sur place il y aura  Fabien Fournier et Anne-Laure Jarnet, producteurs et créateurs chez Olydri Studio qui nous parleront du financement participatif pour leur long métrage « Noob ».  Cette marque a levé 680 000€ sur Ulule, un record européen. (Alexandre Boucherot d'Ulule sera d’ailleurs aussi sur place pour la conférence d’introduction).


La principale erreur commise avec le sociofinancement. c’est d’ignorer que la communauté précède la demande de participation. On ne lance pas le projet de sociofinancement pour trouver ensuite une communauté qui serait prête à mettre la main à la poche. C’est l’inverse. C’est parce que vous avez une communauté que vous pouvez penser qu’elle peut mettre la main à la poche.

Promo pour les lecteurs de Zéro Seconde

Si ça vous tente, laissez-moi votre courriel dans les commentaires et je vous enverrai un code promo de 25% sur le prix d’entrée de l'événement (sur Eventbrite). Vous pouvez aussi m'écrire à martinlessard (à) gmail.com avec 'code promo' dans le titre.

Pour les autres, je vous tiens au courant sur ce blogue de mes discussions avec les intervenants dans les prochains jours, car je compte bien vous partager ce dont nous discuterons plus profondément sur les panels.

[M2 #8] Conversation et entreprises (avec B. Descary)

Le Graal, c'est les médias sociaux. Toutes les entreprises veulent en profiter. Peu réussissent

Huitième balado de M2. Benoit Descary est un des blogueurs techno les plus suivis au Québec. Consultant, conférencier, formateur, il traite de l’actualité du Web2.0 et des médias sociaux depuis plusieurs années.



«Conversations, conversations, est-ce que j'ai une gueule de conversation?»

De la même façon que le web a changé la façon de faire du commerce dans les années 90-2000, les médias sociaux ont de 2005 à 2010 changé de nouveau la donne. La vitesse à laquelle tout cela change ne doit pas nous faire perdre de vue lʼapproche stratégique : le choix tactique dʼune plateforme doit se faire seulement après avoir développé sa stratégie, et cette stratégie doit être toujours être liée aux besoins de votre entreprise. Et non pas lʼinverse.

Benoit raconte sa vision des choses et partage son expérience. Il y a bien sûr, en partie, un effet de mode dʼêtre présent dans les médias sociaux, mais pour réussir à arrimer cette culture des réseaux avec celle de votre entreprise, ça demande plus que juste d'ouvrir un compte Twitter. Benoit nous dit pourquoi.  Nous l'avons rencontré au Café Cherrier un jour de pluie -- on devait l'interviewer au carré St-Louis.

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Pour écouter juste cette émission: M2 #8 :: Conversations et entreprises (Benoit Descary)

Cette émission vous est proposée par Martin Girard et moi-même. Plus d'info.

Qu'est-ce que M2?

M2, c'est M au carré, car nous nous sommes deux Martin derrière la réalisation de cette balado. M, aussi pour mutation. Mutation au carré, car le numérique accélère comme jamais les changements en société.

M2 se veut des conversations autour des métamorphoses apportées par les technologies numériques. Cette baladodiffusion est un pont entre les savoirs des réseaux numériques, des universités, des médias et de la politique avec des gens qui pensent le numérique.

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Pourquoi partage-t-on des informations aux autres ? [1]

Sur le web, on tombe toujours sur ces chemins de traverse. Ceux qui savent de quoi je parle comprennent très bien ce sentiment: en avançant sur un chemin que l'on trace, on voit s'ouvrir sur les côtés quantités d'autres voies. Une vie n'est pas suffisante pour tout explorer.

Au détour d'une conversation sur un billet , dans les conversations, je tombe sur une information qui m'amène sur un chemin de traverse.

(Pour la petite histoire, tout est parti d'un billet au thème polémique de Xavier de la Porte (Twitter, blogue), animateur de Place de la Toile, à France Culture, publié sur l'incontournable blogue de la FING, InternetActu, tenu par le vaillant Hubert Guillaud: voilà qu'Olivier Auber (Twitter, Site), chercheur indépendant de l'Université libre de Bruxelles, mentionne un de ses collègues avec qui il avait animé deux ateliers dans le cadre d'une série des séminaires conjoints du "Global Brain Intsitute" et de l' "Evolution, Complexity and Cognition group" de la Vrije Universiteit Brussel.)

Dans le cadre des commentaires du billet, qui portait sur la (non) présence des intellectuels critiques dans le numérique, Olivier Auber, donc, citait dans les commentaires Jean-Louis Dessalles, cogniticien spécialisé dans le langage à l’ENST (sa page au Telecom Paristech et une vidéo réalisée par UniverScience.TV sur YouTube) parce qu'il développait une “Théorie de la Simplicité” qui serait à même de nous éclairer sur les phénomènes à l’œuvre sur les réseaux.

Heureuse découverte

Heureuse découverte, oui, car je ne le connaissais pas et pourtant il me semble incontournable. Et hop me voilà engagé dans un chemin de traverse.

En fouillant un peu, on finit par tomber sur une vidéo sur Vimeo qui explique «pourquoi donner des informations aux autres ?», une présentation qu'il a faite il y a 2 ans et qui mérite vachement les 75 minutes d'attention ininterrompue que la vidéo demande.

«En 1978, John Krebs et Richard Dawkins, deux spécialistes des signaux dans le règne animal, ont énoncé ce que l'on peut voir comme la "malédiction" de la communication : si les intérêts de l'émetteur et du récepteur convergent, la communication sera utile, rare et secrète ; s'ils divergent, elle aura une forme publicitaire : pauvre, répétitive et publique.»

Donc, double paradoxe.

1: Si deux êtres ont tant intérêt à communiquer ensemble, leur sphère se referme et exclue les autres.

2: Si l'être A veut passer un message M à un autre être B, et que B ne tient pas à l'écouter, A se retrouve à insister lourdement, formater son message et M devient une pub.

Pourquoi alors sommes-nous là en train de communiquer et d'échanger ensemble de façon ouverte sur les blogues et les médias sociaux (le web en général, en fait)?

Modèle d'émergence de la communication 2.0

Ce long préambule aura probablement fait fuir ceux qui cherchent des réponses bien formatées (un message M qu'ils voudront répéter à B).

Sur le web, et les médias sociaux, la communication humaine semble faire exception au double paradoxe : elle est riche, abondante et ouverte. Le Cluetrain Manifesto ne dit pas autre chose (ce manifeste reste encore et toujours d'actualité; à relire).

Le modèle théorique de Jean-Louis Dessalles explique «comment une communication riche peut émerger entre agents égoïstes et rester stable». Il cite les «pratiques de communication 2.0 (Web, blogs, Twitter...)» comme un beau test à sa théorie.

Je vous laisse écouter (ça fait une 1 heure et quart, tout de même) et on s'en reparle dans le prochain billet.


Pourquoi donner des informations aux autres ? from Fondation Telecom on Vimeo.

Les nécessaires humiliations

Combien d’humiliation subirons-nous avant d’abdiquer « l’intelligence » aux technologies? 

Depuis plusieurs années déjà que se prépare cette sortie. On parle davantage d’intelligence émotionnelle, interpersonnelle, musicale-rythmique et même corporelle-kinesthésique. On diversifie les définitions. "Can Emotional Intelligence Be Taught?» titrait le New York Times le mois dernier. 

«Intelligence», tout court, ce n'est pas suffisant?


La cybernétique, pour reprendre un vieux terme vintage qui a disparu de la circulation, est à l’origine des chamboulements technologiques depuis plusieurs décennies, et, surtout, de cet étrange malaise dans la définition de ce qui fait de nous des humains.

«Intelligent»?

Si pendant des décennies résoudre le cube Rubik représentait l’image d’une « personne intelligente », voilà qu’un robot nous enlève cette illusion.

J'avais écrit il y un an dans le blogue Triplex que les machines arrivaient à résoudre le casse-tête en moins de temps qu'un humain (en 5,27 secondes contre un peu plus pour les humains). Voilà qu'aujourd'hui j'apprends sur le blogue de Vincent Abry qu'un robot le fait en 1 seconde.

Ne clignez pas de yeux:


Le seul charme qui reste au Cube Rubik est celui de l'artisan: le charme suranné de faire quelque chose à la main. Pour la compétition, les robots sont imbattables.

Il va falloir s'y habituer, à ces incessantes, mais nécessaires, humiliations.

Jouer aux échecs, une intelligence logico-mathématique, est passé aux mains des robots quand, il y a plus de 10 ans, Kasparov a perdu contre Deep Blue.

Les questions de connaissances générales ne sont plus l’apanage des  "bollés" depuis que Watson a battu les meilleurs joueurs de Jeopardy.

Ces deuils successifs, principalement du côté déductif et associatif, devant la toute-puissance cybernétique, nous poussent inévitablement à nous redéfinir et à identifier correctement ce qui constitue le génie humain.

Car, côté "intelligence", nous sommes en train d’externaliser à la technologie, un à un, chaque trait de ce qui faisait auparavant notre fierté.

Il y a cet effet perlocutoire sur nous que provoquent ces victoires. Le discours émerge, s'installe, quoi que nous fassions: il va falloir qu'on se redéfinisse, car les machines semblent vouloir le faire à notre place. "Intelligent", tout court, ce n'est plus suffisant....

Lire aussi mon billet: Abdiquer «l’intelligence» aux robots?

[M2 #7] Les mutations tranquilles (avec S. Carle)

Quand Sylvain Carle est en ville, il ne faut pas le manquer. Quand on peut prendre une bière avec lui, c'est encore mieux!

Septième balado de M2. Nous avons rencontré Sylvain Carle cet été sur une terrasse alors qu'il était de passage à Montréal. Il parle de Twitter, de San Francisco et comment Montréal n'est pas loin. De fil en aiguille, vous allez connaître toute la sagesse qu'il a acquise avec les nouvelles technologies et sa passion de partager ses découvertes.



Les mutations tranquilles

La dernière décennie a été celle où la population s'est mise au diapason des techkies de la côte ouest. Et quand tout le monde a ces nouveaux outils, ça ne prend plus grand temps pour que la société change complètement, Voilà pourquoi il est urgent d'avoir un Plan numérique au Québec. Sylvain Carle, même loin là-bas à San Francisco où il travaille pour Twitter, s'intéresse à ce que le Québec va devenir sur le continent numérique.

Pour la petite histoire, c'est Sylvain qui a été à l'origine de notre rencontre, Martin Girard et moi. On s'était rencontré au party de départ de Sylvain pour San Francisco. Il nous a mis en relation quand il a su que chacun de notre côté on voulait faire une balado. De cette rencontre est né M2. Voilà qu'un an plus tard, on le retrouve.

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M2 #7 :: Les mutations tranquilles (Sylvain Carle)

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L'usine à produire des savoirs

Avant que j'oublie, écoute ça:

http://globesonore.org/admin/incoming/20130824110113_Sclerose_ennui_constipation.mp3 


Ça dure juste 30 minutes et ça a autant de densité à la seconde carrée qu'une émission complète de France Culture, l'étalon-mètre, dans chaque oreille. Plus dense et ça courberait l'espace-temps autour de ton oreille et t'aspirerait dans une autre dimension.

Ça donne le même effet en tout cas.

Cet épisode de Zinc, sur Globe Sonore, préparé par Alexandre Gagnon, discute de la condition universitaire à l'ère du capitalisme cognitif, avec Dominic Marion et Alex Bellemare. Ils placent l'université, institution aussi contraignante que libératrice, sur la sellette.

Ils discutent de l'inflation galopante des contenus où tous produisent plus qu'ils n'en consomment sans que cela en résulte en une actualisation des connaissances. Sans véritable consommateur, ses savoirs restent sans suite, sans voix, car elles n'entrent pas dans la sphère discursive.

Que fait-on à l'Université? On y prescrit la "production des savoirs"! Les invités expliquent leur malaise...

Excellent!

[M2 #6] Le iPad à l'école (avec A.Gagné)

Est-ce faire entrer le loup dans la bergerie?

Nous voilà en septembre. Bon moment pour discuter de l'expérience des iPad en classe, qui ne sont plus à l'étape des projets, mais bien des bilans. Alexandre Gagné (conseiller TIC, historien, journaliste, communicateur, prof) a assez de chapeaux pour ne pas parler à travers le sien.



Une tablette pour apprendre?

Sans exception, les élèves qui travaillent avec un iPad en classe affirment qu'ils ne pourraient plus s'en passer. Mais aucun d'entre eux ne souligne que la tablette favorise l'apprentissage. Au Québec, plus de 5000 élèves utilisent de façon quotidienne la tablette en classe. Quels sont les principaux avantages et défis rencontrés? Alexandre en discute franchement. On l'a rencontré au printemps dernier à l'école Jean-Eudes à Montréal.

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M2 #6 :: Le iPad à l'école (Alexandre Gagné)

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Windows 8: branché sur la NSA?

Une étonnante information publiée par le journal allemand Die ZeitBundesregierung warnt vor Windows 8, il faudrait se méfier de Windows 8 !


D'après l'article, l’Office fédéral pour la sécurité dans les technologies de l'information allemand (BSI) trouve que les spécifications de la puce TPM 2.0 (Trusted Platform Module), qui fonctionne avec le système d’opération Windows 8, présente une faille sécuritaire pour son emploi au gouvernement.

La puce TPM 2.0 contient des clés de cryptage qui servent à vérifier l’intégrité du système d’opération (c-à-d: s’il est conforme à ce qu’il doit être et non piraté ou modifié par un virus).  TPM impose donc l'exécution de «code signé» (code approuvé et non modifié), sinon le OS ne fonctionne pas

Le problème se situe ici: la puce est fabriquée en Chine, et il n’y a pas moyen de s’assurer de la sécurité de la puce (une puce espionne?). Et même, pourquoi pas, si la NSA n'est pas passé aussi pour la détourner. Bonjour la théorie de la conspiration!

Les premiers communiqués étaient assez flous pour laisser sous-entendre que la NSA ou même le gouvernement chinois  pourrait entrer par une telle «porte dérobée» (backdoor) pcq ceux qui sont derrière les spécifications de la TPM  2.0 sont uniquement des compagnies américaines.

Dans la foulée des révélations sur l’espionnage de la NSA et de PRISM, et aussi sur la perpétuelle méfiance envers la monopolistique Microsoft, les esprits sont à vif. Le doute est permis, mais la preuve n'est pas faite.

Le réel danger évoqué par la BSI est celui-ci: si pour une raison ou une autre, l'OS est «modifié», malicieusement (par l’externe) ou accidentellement (par l’interne), à la seconde même que ça se produit, la puce TPM 2.0 fermerait le système (supposément par protection).

Et ça, c'est un risque que la BSI trouverait inacceptable pour le gouvernement allemand. Pour tout gouvernement en fait.

Pour Windows 8, dans tous les cas, entre deux mots, il faudra choisir:

- La TPM 2.0 et Windows 8 seront inséparables, pour des raisons de sécurité: personne ne veut utiliser un OS qui aurait été malicieusement modifié.

- Mais en même temps, à l'inverse, l'association des deux fait que la faiblesse se répand à l'ensemble du système et simplement modifier une ligne de code de l'OS suffit pour que tout le système se bloque.

La question qui se pose maintenant et définitivement, plus que jamais, c'est comment vivre dans un monde où, sécurité et surveillance sont définitivement deux faces de la même pièce. 

Le numérique est rendu là.

Sources

(Post-Scriptum: Juste après la pubication de ce billet, j'apprends que Steve Balmer, CEO de Microsoft démissionne. Il ne faudra surtout pas y voir un lien de cause à effet. La Terre n'a plus de place pour une autre théorie de la conspiration...)

[M2 #5] Les nouvelles hiérarchies (avec J.Husband)

Jon Husband est en ville!

Cinquième balado. Nous vous proposons de rencontrer Jon Husband de passage à Montréal, ville où il aime bien s'attarder. Il pense le numérique depuis bien avant qu'on appelle ça le numérique. Il confirme que la montée du numérique érode les hiérarchies en place. Rencontre avec un érudit du numérique qui est entré dans le 21e siècle bien avant nous.



Connexion et collaboration horizontales

On parle de "partager la gouvernance", "d'accroître l'étendue de l'autonomie des gens" et de "créer une démocratie de l'information". Tout ceci se trouvait déjà depuis longtemps dans le concept de wirearchy, l'hiérarchie en réseau, de Jon Husband, qu'il a développé il y a une dizaine d'années. Il en profite pour nous parler de la société et de ce qu'elle a été, de ce qu'elle devient, et vers où nous allons. Nous l'avons rencontré à la Société des Arts technologiques de Montréal.

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M2 #5 :: Nouvelles hiérarchies, entretien avec Jon Husband

Cette émission vous est proposée par Martin Girard et moi-même. Plus d'info.

Qu'est-ce que M2?

M2, c'est M au carré, car nous nous sommes deux Martin derrière la réalisation de cette balado. M, aussi pour mutation. Mutation au carré, car le numérique accélère comme jamais les changements en société.

M2 se veut des conversations autour des métamorphoses apportées par les technologies numériques. Cette baladodiffusion est un pont entre les savoirs des réseaux numériques, des universités, des médias et de la politique avec des gens qui pensent le numérique.

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PRISM: Microsoft collabore avec la NSA

Terribles moments pour Internet. Il rime maintenant et pour toujours avec espionnage et fin de la vie privée en ligne. Pour les générations à venir le mail, cloud, le web 2.0 ne signifieront plus qu'inconscience, naïveté et viol des foules numériques.


Les dernières révélations de Snowden exposent davantage les liens, forcées ou volontairement, entre la Silicon Valley et le gouvernement Obama. Et parmi les coupables, il y a les témoins impuissants et ceux qui participaient au crime en tenant les mains de la victime.

Comme Microsoft

On a appris aujourd'hui par The Guardian que Microsoft a collaboré étroitement avec les services de renseignement américain pour permettre d'intercepter les communications des utilisateurs, et ce même s'ils utilisaient le chiffrement propre de firme

Plus les jours passent, plus on se demande même pourquoi Edward Snowden a gardé si longtemps pour lui toutes les horreurs qu'on apprend sur l'étendue de l'espionnage.

Il est impossible, je dis bien impossible, que quelqu'un puisse encore penser qu'Internet n'est pas une simple boite aux lettres directement connectée avec les services secrets américains. Les Américains, mais les autres aussi. Britannique, Français a-t-on appris. Même l'Allemagne défend le principe de l'espionnage en démocratie. Tous les Européens, en fait. Et le Canada? Il cache encore bien son jeu.

Et bien naïf celui qui pense le contraire: nous espionner tout le temps, par tout le monde.


Pour revenir à Microsoft, les documents de Snowden montrent que:
  • Microsoft a aidé la NSA à contourné son propre système cryptage pour intercepter des conversations à travers son portail Outlook.com
  • L'agence avait une "pre-encryption stage access" aux courriels envoyés sur Outlook.com et Hotmail;
  • Microsfot a travaillé avec le FBI en 2013 pour permettre à la NSA d'accéder facilement au service d'infonuagique SkyDrive (250 millions d'utilisateurs à travers le monde);
  • Microsoft a également travaillé avec le 'Data Intercept Unit' du FBI pour les aider à comprendre les enjeux potentiels entourant une fonction dans Outlook.com qui permet aux utilisateurs de créer des alias de comptes courriels;
  • En juillet 2012, soit neuf mois après que Microsoft ait acheté Skype, la NSA s'est vantée que sa capacité a triplé quant à la quantité d'appels Skype capturés par Prism;
  • Et le bouquet, les "matériaux collectés" par Prism sont régulièrement partagés avec le FBI et la CIA, la NSA décrivant cette activité, dans un des documents, comme un «sport d'équipe».
  • (Source The Guardian)
Et les autres compagnies de la Silicon Valley? C'est une question de temps avant qu'on en apprenne plus sur Google, Yahoo, Apple et Facebook, entre autres, qui sont également impliqués dans le scandale à grande échelle.


Je le répète. Internet et Big data, c'est Big Brother (lire mon billet). C'est fini, basta. Circulez.

Les Russes ont raison de revenir à la bonne vieille dactylo

Juin 2013: Mes billets sur Triplex

Un autre mois, un autre tour du côté de Triplex, mon blogue sur le site de Radio-Canada. Vous ne manquerez pas de lecture durant les vacances.



[Média] Structurer la fosse aux commentaires
Les commentaires dans les sites de presse sont souvent des égouts à ciel ouvert. En lançant un « qu’en pensez-vous? » le journaliste ne fait qu'empirer le débat. Pour que les journaux puissent « domestiquer la bêtise des foules» il doit d'avoir structurer et rendre visible «l'intelligence des foules».

À peu près tout le monde qui sait moindrement ce qu’est une console de jeu le pense aussi : offrir une console qui doit se connecter toutes les 24 heures pour fonctionner est une idée idiote. Microsoft a reculé, mais a-t-il tout dit?

[Vie privée] Coupable par corrélation
Le travail de surveillance est sous-traité à des jeunes de 29 ans, comme Edward Snowden, que les services secrets n’arrivent même pas à contrôler! Mais pour un Tintin comme lui, qui s'est révolté pour le « bien commun », il y a combien de Rastapopoulos qui profitent dans notre dos?

[Médias sociaux] Facebook : le mot-clic devient vraiment multiplateforme
Longtemps considéré comme illisible par le grand public, le hashtag a été associé à un groupe étrange qui s’échange des messages codés. Aujourd’hui, grâce à Facebook, il entre dans la culture générale comme le lol et le fail

L’identité numérique n’est pas seulement vos traces visibles en ligne. Il y a des traces qui ne sont pas des messages volontaires. Votre ombre est composée des données que vous laissez automatiquement quand vous interagissez avec le réseau. Pour les services secrets, plus besoin de taper votre ligne.

Dans les relations internationales contemporaines, l’informatique ressort comme un instrument de guerre et Internet est son champ de bataille. La cyberguerre de demain peut prendre au moins une des quatre formes possibles que j'explique.



MOOC: lignes de fracture et bulle universitaire

Massive Online Open Course. Quatre mots, un acronyme à ne pas oublier. MOOC. Le New York Times a convenu il y a 9 mois que son année était venue. L'enjeu véritable? Mettre toutes les universités de la planète en concurrence entre elles. Mais d'autres joueurs veillent dans l'ombre.


L'arrivée d'Internet a fait naître un espoir de révolution dans l’enseignement universitaire. Les MOOCs ne sont que le dernier avatar du fantasme de la télé-université. Cette fois-ci, les ingrédients semblent être en place pour un changement d'échelle.

Bruits de bottes

Il n'y a que les luddites pour ne s'attarder que sur la paille dans l'oeil pédagogique du Massive Online Open Course et éviter de voir la poutre dans l'oeil de la rupture de la culture didactique.

Des limites au MOOC? Il y en a, assurément! Surtout si on persiste à voir les MOOC comme un «cours "2.0"». 

Il est risible de simplement réduire le phénomène à ses défauts. Des défauts, ça se corrige. Ne l'oublions pas.

Non, il faut voir le réel enjeu qui se trame derrière ce phénomène. Toute université traditionnelle doit être sensible quant au potentiel disruptif des MOOCs pour son avenir.

Ce qui n'empêche nullement de rester critique. Et de ce côté, lisez Hubert Guillaud, L’innovation éducative : une question économique ?, qui offre un bon point de départ ou ce lien référé par JM Salaün, Coursera Jumps the Shark.

Mais cherchons aujourd'hui à comprendre la logique afin de permettre à nos universités, surtout au Québec, à l'heure où leur volonté de représentation commune s'effrite, de ne pas rester seules face à un enjeu qui les dépasse toutes individuellement.

J'ai à quelques reprises bloguer la raison pourquoi les universités devaient considérer d'embarquer dans ce mouvement (La course au MOOC) et surtout pourquoi la francophonie devrait prendre les MOOC très au sérieux (À quand des MOOC en français?) --en particulier pour tout ce qui touche la formation continue, une voie qui me semble cruciale pour l'avenir de l'éducation ("apprendre toute sa vie").

Si j'ai pu écrire qu'un bouleversement de l'université était en vue (Le MOOC, désir de révolution), c'est parce que je souhaitais que les universités francophones ne restent pas les bras croisés. 

Dans mon cas, le tocsin s'est mis à retentir quand, Mario Asselin, toujours au faît des avancées du numérique dans le monde académique, a rapporté sur son blogue cette provocation du professeur Langer de l’Université de Columbia:
« Ne bougez pas, mes amis francophones, nous les anglos sommes prêts à accueillir tous les étudiants qui cherchent à s’instruire sur nos plateformes riches en contenus et propices aux apprentissages. » 
Réveil brutal.

Savoir à l'ère de tous les savoirs



La synthèse la plus claire (et la plus érudite) du sens de la rupture qu'apportent les MOOCs m'a été donné dans un billet de JM Salaün, professeur et auteur d'un livre sur le "néodocument" (lisez un compte rendu que j'ai fait de son livre ,Vu Lu Su).

Voici ce qu'il dit en introduction:
«Après bien des tâtonnements numériques dans l'université, les MOOCs ont ouvert une brèche dans le système, sans doute au profit de pure players du web en déplaçant le marché de l'attention. Il n'est plus, en effet, direct, mais multiface et utilise le calcul et l'algorithmie. Sur ces deux points, les acteurs traditionnels sont faibles et incompétents.»
(source)
Ils sont «faibles et incompétents», rappelle JM Salaün, parce que le système universitaire est basé sur une approche qui n'est «plus adapté[e] à l'évolution des sociétés et au partage du savoir qui caractérise le 21è siècle». 

Cette approche traditionnelle, qui ne serait pas adaptée à la nouvelle rupture, est basée sur deux points, le document et l'éditeur:
  • Le document fondateur dans l'université est le cours présenté en classe, construit sur une économie directe de l'attention.
  • L'éditeur a cristallisé et externalisé ce document académique premier dans le manuel.
Ce qu'il dit, c'est que le cours, ce "document", fonctionne bien tant et aussi longtemps qu'on peut capturer toute l'attention des apprenants: la pédagogie traditionnelle fonctionne si on peut capturer 100% de l'attention autour du professeur.

Dans le désert médiatique et intellectuel des siècles précédents, on pouvait compter sur une attention directe et à peu près indivisée. L'Université était une oasis de connaissance dans un monde sans distraction.

Assoiffé de connaissance, prenant chaque goutte d'eau que lui offrait l'oasis universitaire, l'étudiant traversait le désert intellectuel de sa vie en se concentrant sur les seules sources qu'il avait. Le prof, le cours et le manuel.

Ce n'est plus une fenêtre sur le monde, c'est une passoire! 


Je ne sais pas pour vous, mais ça me rappelle l'image que j'ai d'un village champêtre. La classe ou les champs. Apprendre ou rien.

Aujourd'hui, cet assoiffé de savoirs baigne dans un orgie de connaissance, où à chaque recoin de son univers explosent des sources inédites d'apprentissage sur le monde.

Le cours magistral, exemple canonique de la pédagogie, reprend toutes les caractéristiques du livre, suggère JM Salaün.

L'attention devait être réservée entièrement au manuel, au livre, pour qu'il puisse délivrer ses secrets.  En classe, l'enseignement traditionnelle était dispensé en prenant pour acquis que toute l'attention était captée. D'où le choc quand on fréquente une classe en 2013.

La rupture avec les MOOCs. JM Salaün la place dans le déplacement de l'attention, qui n'est plus direct, franc, uniforme. Elle est fragmentée, multifacettes, dispersée. Le prof n'est plus qu'un des nombreux points de contact avec la réalité intelligible du monde.

Cette rupture dans la méthode traditionnelle de l'enseignement, et dans tout accès au monde et à la connaissance, survient aujourd'hui dans un monde où des adjuvants technologiques d'une puissance inconcevable il y a à peine 10 ou 20 ans (lire mon billet La technologie de Curiosity sur Triplex) viennent décupler nos capacités d'accès, d'acquisition, de traitement et de contribution à la connaissance.

Que veut dire «savoir où se trouve l'Afghanistan» quand Google Map ou Wikipédia offre la réponse au bout des doigts? Quelle valeur culturelle attribuera-t-on à la connaissance de culture générale (du type auquel on fait référence dans le jeu de Trivial Pursuit) quand demain Watson sera dans nos poches (lire mes billets IBM et les « ordinateurs cognitifs » et Intelligence augmentée)?

Face à ces mutations, nos adaptions pédagogiques ont l'air risible. Des professeurs, comme François Guité, ne se gênent même plus pour dire que « les programmes scolaires, dans leur normalisation et dans l’uniformisation des connaissances, sont des laminoirs ». (source)

4 lignes de fracture



MJ Salaün entrevoit au moins 4 lignes de fracture provoquées par les MOOCs. Voici comment je les comprends et résume la différence qu'apportent les plateformes de MOOCs versus l'institution universitaire traditionnelle:

1- Disjonction du lien professeur / apprenant 

Le côté "massif et ouvert" distend le lien direct dans le binôme prof-élève. Le côté "cours en ligne" relativise la place du linaire dans la formation. Cassé aussi est le lien formel de la communauté universitaire : l'inscription est remplacée par un abonnement, l'économie repose sur l'offre à la carte, l'appartenance laisse sa place au clientélisme.

2- Fin du temps long pédagogique

Les cours à la carte, contenant eux aussi des modules à la carte, rend formellement granulaire l'approche pédagogique et réduit le corpus du programme complet à une playlist parmi d'autres. De la même manière que les albums de musique ont perdu de leur attrait quand on pu acheter à la pièce les chansons, on finit par voir les cours du Bac comme une gammick commerciale de bundling excessif qui force l'achat de produits connexes pour accéder à celui que l'on veut.

3- L'autorité éditoriale est challengée par le filtrage social

La valorisation du choix des pairs, augmenté par le côté réellement "massif" de la classe, offre des avantages inédits qui ne retrouvent pas même dans une classe de 400 élèves: accès à une "intelligence collective" et une entraide décentralisée et asynchrone d'où la figure du prof se fait rabattre, dans le pire des cas, comme un G.O. dans ce Club Med académique (figure essentielle, mais échangeable).

4- Personnalisation à l'extrème

L'attention redevient concentrée dès que l'usager suit son propre chemin. Finies les distractions. Sinon, impossible de finir le cours. Le rapport prof-élève semble accessoire: l'étudiant se profile par lui-même, se motive et s'organise pour se concentrer sur ce qu'il a à l'écran. Et s'il veut aller sur Facebook en même temps, c'est son affaire.

Le MOOC réussit là où les classes peinent garder l'intérêt des étudiants...

La "bulle universitaire"



Wallace E. Boston, président & Chief Executive Officer de l'American Public University System, dans un billet publié hier, résume le rapport “The Other Higher-Ed Bubble (The Bubble We Aren’t Talking About).”

Voici les points qui ont accroché mon attention:

1- La demande n'est pas si élastique:  «Gone are the days when higher education was an inelastic commodity.  No longer can schools expect to increase tuitions every year and continue to enroll increasingly larger classes.» Les coûts énormes des universités américaines appellent une réflexion sur le "retour sur l'investissement" (ROI).

2- La différenciation est importante: «[...] most colleges want to be like the most elite but only 5% have any chance of reaching that goal. [...] it’s important for any individual school to differentiate from the others».

3- La valeur des diplômes postsecondaires n'est pas acquise: «Many are beginning to question the value of the academic credential in general.  [...] perhaps higher education does not carry the same value it once did [...]»

Google, Apple, Amazon semblent en savoir plus sur mes goûts et mes intérêts que le prof en avant. La technologie, d'une manière ou d'une autre, doit changer la façon que l'Université fonctionne. Les MOOCs permettent une analyse fine de la clientèle et assurément le feedback permet de s'améliorer.
Combien d'années à ce rythme faut-il pour s'améliorer au-delà du point de non-retour? Et devinez qui sont les meilleurs à ce jeu? Les pures play Internet!

Les MOOCs ont tellement frappé l'imagination que c'est à se demander si les universités ne "dormaient pas au gaz" dans les derniers vingt ans. Certains cours de MOOC sont maintenant crédités. Et ici on ne parle même pas encore d'une révolution pédagogique en tant que telle! Imaginez demain!

Si ce n'est pas perçu comme un défi par les universités, je ne sais pas ce qu'il leurs faut...

[M2 #4] La rupture numérique (avec M. Cartier)

Ce n'est pas anodin. Nous venons de passer le plus grand changement récent dans l'histoire de l'humanité.

Quatrième balado. Nous vous amenons cette fois-ci dans l'antre de celui que l'on a nommé le Grand-père du multimédia au Québec, Michel Cartier, professeur à la retraite, qui a enseigné longtemps les communications et formé toute une génération à la société qui s'en venait.



Hypothèses pour un futur déjà en place

Nous basculons vers l'inconnu, un monde où l’accès à la connaissance est ubiquitaire, tapissé d’écrans et d’objets intelligents, noyé dans un tsunami en temps réel d’informations non validées a priori. Comment allons-nous pouvoir apprivoiser la vie dans une telle société? Michel Cartier a analysé les signes de cette rupture et cherche à nous donner un cadre cohérent pour expliquer ce qui nous arrive.

Allez sur iTunes pour vous abonner à toute la série M2 ou écouter juste cette émission:

M2 #4 ::  La rupture numérique, entretien avec Michel Cartier (balado #4)

Cette émission vous est proposée par Martin Girard et moi-même. Plus d'info.

Qu'est-ce que M2?

M2, c'est M au carré, car nous nous sommes deux Martin derrière la réalisation de cette balado. M, aussi pour mutation. Mutation au carré, car le numérique accélère comme jamais les changements en société.

M2 se veut des conversations autour des métamorphoses apportées par les technologies numériques. Cette baladodiffusion est un pont entre les savoirs des réseaux numériques, des universités, des médias et de la politique avec des gens qui pensent le numérique.

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#Internet + #BigData = Big Brother

La plus grande démocratie du monde espionne ses propres citoyens à une échelle inégalée. Bravo, USA. Maintenant ça confirme qu' #Internet + #BigData = Big Brother

Les atomes des pixels de mon dernier billet sur Triplex n'étaient pas encore stabilisés en ligne qu'un scandale d'une ampleur inégalée a détourné le sens de ma première phrase: «La Maison-Blanche à Washington a le mérite de mettre ses priorités à la bonne place.»

Alors que mon billet était axé sur la cybersécurité inter-état et sur l’espionnage commercial par Internet, sujets de discorde entre la Chine et les États-Unis (où évidemment, dans le rôle des vilains, se trouvent les Chinois) voilà que l'actualité inverse totalement le sens des enjeux de cybersécurité.

La plus grande démocratie du monde joue au Big Brother avec ses propres citoyens !


Une agence de sécurité américaine espionne tous, je dis bien tous, t-o-u-s, tous les abonnés du plus grand service de téléphone au pays!

Je vais le reformuler comme le titre de l'article du Guardian qui a déterré le scandale: Le National Security Agency collecte toutes les données téléphoniques de millions d'Américains, quotidiennement.

Une note pour ceux qui lisent en diagonale: je n'ai pas écrit "de millions de terroristes", j'ai écrit "de millions d'Américains". Indistinctement. Juste parce qu'ils sont abonnés à Verizon.


Par où le scandale est arrivé

L'article qui a tout dévoilé se trouve ici:  (The Guardian) Verizon court order: NSA collecting phone records of millions of Americans daily

L'ordonnance secrète du 25 avril qui force Verizon à trahir tous ses abonnés est ici: Verizon forced to hand over telephone data – full court ruling

Le NSA a un accès illimité aux données concernées, pour une période comprise entre le 25 avril et le 19 juillet. «Les données comprennent le lieu, la date et la durée des appels nationaux et internationaux, ainsi que les numéros de téléphone qui y ont participé. L'agence n'a, en revanche, pas connaissance du contenu des conversations.» (Le Monde)

Prenez vos paris. Quand allons-nous apprendre que les autres réseaux de télécommmunication sont sous une ordonnance similaire?

2013, 1984, même combat

Il peut être justifié qu'un service secret de sécurité fasse des choses secrètes dans le cadre de la sécurité de l'État (sinon on n'appellerait pas ça Service Secret de Sécurité). Mais il semble que les lois en place, dont notamment le Patriot Act, permettent à tous les petits potentats des services secrets, et probablement au chef de l'État lui-même, de jouir de pouvoirs qu'Orwell imaginait dans son livre 1984.

Les données recueillies dans le scandale d'aujourd'hui permettent de faire un "Social Graph", grâce au Big Data. La teneur des contenus téléphonique n'est pas connue, mais il est possible de faire une carte des liens entre les personnes comme on fait une carte des noeuds sur un réseau.

Si le faire pour le téléphone est maintenant possible, imaginez sur Internet! (voir la liste des mots "interceptés").


Malheureusement, en demandant d'espionner tout le monde, sans distinction, la première démocratie vient de discréditer tous les cyberoptimistes. Dorénavant, la technologie connectée signifie perte de vie privée, limite des droits et surveillance. Tout réseau devient suspect!

Si ça arrive dans un pays qui représente la quintessence de la démocratie, imaginez ce que les compagnies techno + telco fournissent comme données dans les oligarchies autoritaires dans les coins sombres du monde.

Pas besoin d'aller à l'autre bout du monde pour trouver des ordures, il y a probablement déjà dans votre coin de pays, quelqu'un qui vous espionne. (C'est tellement facile sur Internet. On le savait, mais on imaginait encore que dans une démocratie on le ferait avec distinction...)

Et si ce n'est pas le cas, de toute façon, tous les services en ligne que nous utilisons sont américains, ou sont hébergés chez les Américains, ou passent par leur territoire. Nous sommes tous Américains, comme l'écrivait Le Monde le lendemain du 11-Septembre.

Quelle ironie! 12 ans plus tard, c'est vrai, mais plus par solidarité devant l'adversité. Par le réseau.

[Mise à jour 1 : Suite à une discussion avec Claude Théoret sur Facebook, j'ai ajouté les références dans le texte permettant de lier l'abus de #Verizon avec abus sur #Internet. «Tout réseau devient suspect!» + lien vers les mots-clés "interceptés" sur les médias sociaux et le web en général.]

[Mise à jour 2 : Pour éviter l'amalgame facile Big Data = Big Brother, je précise que le Big Data (de type white hat) permet d'éviter les faux-négatifs (une grande quantité de données permet de filtrer plus finement, et donc de faire moins d'erreur de diagnostic. Même si ça peut faire peur). Mais avec le coup de Vérizon, le Big Data devient black hat et sert à ficher/profiler tout le monde...]

«C'est vrai, je l'ai vu»

La "Conversation visuelle" est le nom d'une conférence de Martin Ouellette, l'esprit libre qui propulse l'agence Commun. C'est aussi un concept qu'il propose à l'ère du visuel tous azimuts: quand les mots ne suffisent plus, les images prennent le relais. C'est ce qui se passe à #OccupyGezi

Je vous laisse le regarder, car ce serait dommage de résumer en mots ce qui relève du visuel.

 

Martin relance l'idée de l'image publicitaire en lui donnant une twist très médias sociaux. Les gens n'ont pas toujours les "mots pour le dire". Alors ils pointent du doigt par image: «c'est ça!». Ils peuvent aussi «converser avec des images». Plus que jamais, l'image sert à passer des messages.

On pourrait penser qu'il ne fait que revêtir de nouveaux oripeaux au concept classique de l'image publicitaire.

Ce qui me semble l'élément central de son concept tient dans cette expression: «C'est vrai, je l'ai vu». Si je le vois, je le crois. Pour un peuple d'incrédules à la Saint-Thomas, Instagram, c'est la réalité.



Stratégiquement, c'est la raison pourquoi on voudrait faire de la "conversation" + "l'image", c'est-à-dire de la «conversation visuelle»: parce que la crédibilité passe aujourd'hui passe par le visuel, mais aussi par le nombre et non plus (juste) par une autorité.

"Instagramiser" ne veut pas dire "Une image vaut 1000 mots, version 2.0"

Non, ça veut dire "1000 images ne peuvent mentir".



Le nombre fait foi

Selon les époques, certaines formes de communication décrivent plus adéquatement la réalité du monde. Le 19e siècle comptait sur l'écrit: la grande presse et ses reportages. Le 20e siècle proposait l’image photographique: c'était «objectivement» plus vrai à travers un "objectif".

Au 21e siècle, avec une société de plus en plus au fait des manipulations médiatiques et des exploits de Photoshop, nous voyons progressivement dans la multiplication des sources une façon de vérifier un événement.

Probablement qu'il est difficile de se faire une idée de ce qui se passe à Istanbul et en Turquie en ce moment, mais avec les réseaux sociaux, et la multiplicité des sources, il est possible de se faire une idée de ce qui se passe. Avec les médias de masse? Impossible si vous êtes seulement nourri d'un entrefilet d'Associated Press en page 37 ou avec des images de gaz lacrymogène pendant 10 secondes au TJ.



L'image regagne sa crédibilité par le nombre de sources. Les médias sociaux sont au cœur de la contestation en Turquie (lien audio sur Soundcloud) comme le rappelle Alain Gerlache sur RTBL.

L'image au coeur du flux

Les organisme qui veulent crédibiliser une caractéristique de leur produit/service/événements (c'est bon, c'est beau, c'est cool, c'est populaire, c'est...) vont alors tenter de le faire par la «conversation visuelle».

Stratégiquement, ce n'est pas dans le choix ou la création d'images que se trouve la valeur du concept de "communication visuelle" mais bien dans la réflexion stratégique de vouloir "imager quelque chose qui ne se dit pas".



En marketing, si votre produit est le fun, laissez vos clients le montrer (et peut-être que je vais l'acheter). Si votre personnel est joyeux, montrez-le-moi (et je vais peut-être vouloir travailler chez vous).

Le visuel est peut-être le langage le plus adapté au flux permanent du «maintenant» médiatisé dans les réseaux. Le texte, c'est pour les archives!

On n'a pas attendu Martin Ouellette pour mettre des images dans nos pubs, nos événements, etc. Mais on sait maintenant pourquoi c'est important: «C'est vrai, je l'ai vu».

À voir : Conversation visuelle par Commun sur Vimeo.

Note: Martin y croit tellement qu'il offre à la première marque de CPG, de produit de consommation courante, un essai gratuit. À qui la chance?

À lire sur Zéro Seconde, dans la même veine, où je m'interrogeais sur les nouveaux types de communication de masse :



[M2 #3] Journalisme et nouvelles technologies (avec C.Mathys)

Les journalistes sont sur la ligne de front de l'avancée des technologies. Pour le meilleur et pour le pire.

Troisème balado de M2, avec Catherine Mathys, journaliste et chroniqueuse à Radio-Canada qui a terminé sa maîtrise récemment. Elle a rencontré une série de journalistes québécois pour les interroger sur l'évolution de la technologie dans leur métier.



Le rôle des nouvelles technologies dans le travail des journalistes politiques de la presse écrite

Internet, les nouvelles technologies mobiles, et les médias sociaux ont-ils un effet tangible sur les habitudes de travail des journalistes politiques de la presse écrite? Comment les journalistes s'adaptent-ils aux incessantes vagues de changement technologique? Catherine Mathys nous parle de son mémoire de Maîtrise sur le sujet.

Allez sur iTunes pour vous abonner à toute la série M2 ou écouter juste cette émission:

M2 #3 :: Journalisme et nouvelles technologies, entretien avec Catherine Mathys

Cette émission vous est proposée par Martin Girard et moi-même. Plus d'info.

Qu'est-ce que M2?

M2, c'est M au carré, car nous nous sommes deux Martin derrière la réalisation de cette balado. M, aussi pour mutation. Mutation au carré, car le numérique accélère comme jamais les changements en société.

M2 se veut des conversations autour des métamorphoses apportées par les technologies numériques. Cette baladodiffusion est un pont entre les savoirs des réseaux numériques, des universités, des médias et de la politique avec des gens qui pensent le numérique.

Abonnez-vous sur iTunes ou directement sur le fil XML (feedburner) de l'émission.

Pour accéder à tous les billets qui touchent la balado M2, cliquer ici

Mai 2013: Mes billet sur Triplex

Un petit tour du côté de Triplex, mon autre blogue, le temps de vous résumer quelques billets que j'y ai écrit.



[Big data] Les mauvaises connexions
Même le dernier quidam sur Facebook a plus d’information sur sa communauté en une journée qu’un villageois du Moyen-âge durant toute sa vie. Interpréter un  monde par les données demande d’acquérir de nouveaux réflexes: logiques statistiques, probabilité, rationalité, esprit scientifique. Sommes-nous prêts?

[Intelligence augmentée] Le fusil qui tire tout seul
Si vous pensez que l’arme imprimable 3D était la menace ultime, vous venez de changer d’échelle. Derrière chaque arme, il y aura maintenant un tireur d’élite, qui télécharge ses hits par WiFi sur les médias sociaux en temps réels. Bienvenue Terminator.

[Réseaux sociaux] Hadfield : l’étoile des médias sociaux
L'astronaute canadien a su transformer une mission scientifique en une expérience humaine proche de la réalité des gens normaux (c’est-à-dire nous, les terriens). Pour l’Agence spatiale, c’est littéralement un cadeau du ciel.

[Société] Comment le multitâche affecte notre attention
Une expérience récente a mesuré l’efficacité perdue par les interruptions de toutes sortes. Résultat étonnant : on a vu une amélioration de 43 % des résultats dans certains cas!

[Gouvernance] Demain, la ville intelligente 
L’usage des nouvelles technologies permet «d'augmenter» la ville. Mais ne devait-on pas plutôt dire « ville intelligible », une ville qui peut être comprise par l’intelligence? L’enjeu sous-jacent est l'accès et le partage de données. Mais quelles données? Pour quel type de ville?