ZEROSECONDE.COM (par Martin Lessard)

ZEROSECONDE.COM

Impacts du numérique sur la communication, notre société, nos vies.

Balado #5: La mobilité et le SoLoMo

Voici le cinquième balado de Triplex, l'extension podcast du blogue collectif que je tiens avec Laurent et Gina sur le site de Radio-Canada. 

Cette fois-ci, ça porte sur le concept de mobilité et en particulier sur celui de SoLoMo, terme qui désigne cette convergence de trois grands courants du web actuel : le social (so), le local (lo) et le mobilité (mo).

Bien qu’Internet nous ouvre sur le monde entier (en nous permettant de nous connecter avec le reste de la planète), on se rend bien compte que c’est à une échelle hyperlocale qu’on se branche le plus souvent (avec nos amis, avec les lieux et avec les services de proximité).

La mobilité des outils émergents change notre approche au territoire et aussi au temps qu'il faut pour le parcourir. Les interactions qu'on y laisse sont les premières tentatives de mêler le réel et le virtuel, floutant les contours de ce qui était de monde autrefois séparé (le 'en-ligne' et le 'dans-la-vraie-vie').

Bonne écoute!

Voici la version sur Youtube:
 

Balado no 5 : la mobilité ou la montée du SoLoMo 

Vers 01:45 : On définit ce qu’est le SoLoMo.

Vers 06:30 : On échange sur les avantages et les désavantages des applications mobiles qui offrent des services de géolocalisation (lire aussi le billet de Gina).

Vers 10:00 : Le SoLoMo, avant tout une philosophie?

Vers 17:45 : La place de Facebook dans le SoLoMo

Vers 24:14 : L’avenir du SoLoMo passe-t-il par la réalité augmentée? 

Vers 29:00 : Les codes QR sont-ils utiles? 

Vers 32:00 : Questions en rafale : nos applications favorites

Vous pouvez vous abonner à Triplex en balado sur iTunes. Si vous utilisez un autre agrégateur de contenu, copiez-collez l’adresse du fil RSS à l’endroit approprié. Vous pouvez aussi le télécharger ici (.m4a).

Pour voir les autres balados de la série «Triplex en balado»

«L'incendie» de la bibliothèque de Britannica


L'Encyclopedia Britannica a annoncé qu'il arrêtait son édition imprimée, mardi dernier! (source)

C'était devenu évident. Dans un monde de la connaissance infinie et instantanée, l'idée de posséder 32 volumes qui coûtent plus de 1000$ et qui deviennent obsolètes au moment même où vous ils sortent de presse, ne tient plus la route.

Wikipédia a sûrement joué un grand rôle dans la chute de Britannica. On ne doit plus avoir peur de le dire, Wikipédia est probablement la plus grande expérience de collection de connaissance de tous les temps, bien devant la mythique Alexandrie.
Évidemment, il ne faut pas comparer les deux encyclopédies sur le même pied, ni même se réjouir de la perte de Britannica. Nous sommes simplement passés à autre chose. Peut-être mieux. Peut-être pas. Mais sûrement autre chose. Quelque chose qui représente notre époque avec sa propre chance, ses propres aspirations, ses propres forces et faiblesses.

Mais assurément, une époque où la connaissance s'est démocratisée.

(image: d'après Tabarly)


Follement techno!

«Technophiles ou néophytes, petits et grands curieux, venez découvrir et expérimenter sur le thème des technologies de l’information»




Je me suis dit, ouais, génial, allons découvrir l'exposition «Follement techno!» au Musée de la civilisation à Québec. Ce sera une belle sortie avec les enfants durant la semaine de relâche!

Sauf que, voilà! Toutes les activités présentées, Google Earth, Skype, etc, on le fait déjà à la maison!

Pour le dépaysement, on repassera!

Mais voilà qu'une des activités, inédite, incroyable, géniale vole la vedette!

La suite sur Triplex

Le cas Kony

Voilà un beau cas. Vraiment. Imaginez une prise de conscience qui n'émerge ni de la sphère politique, ni de la sphère médiatique, ni de la sphère académique. Bienvenue à Kony 2012!

Quand j'ai commencé à écrire ce billet hier soir, la vidéo, déposée sur YouTube lundi dernier, avait déjà 11,6 millions de visionnements. Elle frôle les 39 millions au moment de terminer ce billet. Combien en aura-t-il quand vous lirez ce billet?

Mais commençons par le début. Fermez Tweetdeck quelques instants, prenez une grande respiration et placez votre vieux 33 tours d'Harmonium sur le tourne-disque pour vous mettre dans l'atmosphère.

On a mis quelqu'un au monde, il faudrait peut-être l'arrêter

Voici, brièvement, l'histoire de Kony 2012. Je reprends une partie du texte de Dominic Arpin qui résume très bien la situation:
«Le réalisateur et activiste Jason Russel a un rêve : l’arrestation en 2012 de Joseph Kony, un seigneur de la guerre ougandais qui enlève des enfants depuis plus de 20 ans pour les transformer en soldat ou en prostitué.

Mais Jason Russel n’est pas qu’un rêveur. C’est aussi un homme d’action. […] il vient de lancer une campagne sans précédent pour provoquer la capture du criminel de guerre.

[…] Essentiellement, Jason Russel souhaite faire de Joseph Kony une vedette. Pour qu’il cesse d’être "invisible". Pour que l’on sache enfin qui il est. Et pour mettre de la pression sur les gouvernements afin qu’ils accentuent leur recherche de ce criminel de guerre.» 
Pour un instant, j'ai oublié son nom

La vidéo dure environ 30 minutes. Elle est en anglais (elle est destinée aux Américains). Sa facture professionnelle et formelle donne de la valeur au contenu. Ce n'est ni un documentaire, ni du journalisme. C'est une vidéo de promotion d'une cause humanitaire.

Et vous êtes prié, dès le début, de bien porter attention, car vous pourrez jouer un grand rôle pour la paix dans le monde, tout en pleurant toutes les larmes de votre corps:



La vidéo illustre la puissance des réseaux sociaux pour changer le monde. L'auteur défend une cause qui lui tient à coeur: le sort des enfants-soldats kidnappés par l'inhumain Kony. Il y décrit sa tactique pour le faire arrêter: si tout le monde sait qui est Kony, il n'aura plus de place pour se cacher. Personne ne doit oublier qu'il est un des criminels le plus recherchés pour crime de guerre de la planète.

Kony 2012 est une campagne pour s'assurer que plus aucun enfant ne perd son enfance aux mains de ce monstre.

Pour en savoir plus:
- Site officiel
- Info sur Kony, Wikipedia
- Kony 2012: la force du nombre (Dominic Arpin) réaction à chaud, plusieurs liens
- We got trouble (Grant Oyston) mise en garde contre le mouvement Kony 2012
Guest post: Joseph Kony is not in Uganda (and other complicated things) (Foreign Policy)
Réponses aux critiques ci-dessus par les auteurs
- Compléments de nouvelles par l'excellent Guardian
- Une mise en contexte du Figaro
-(ajout) Un aparté très bien documenté de JF Lisée.

J'ai regardé si loin, que j'ai tout compris

Maintenant, intéressons-nous davantage à la forme de la vidéo et du mouvement (je vous laisse le soin de prendre position par vous-même sur le fond).

Nous assistons à une véritable prise de conscience publique, que même les médias et le gouvernement n'auraient jamais réussi à faire [Précision: à faire pour le cas Kony].

Ce mouvement de conscience publique est ce qu'on appelle du «grassroot», il vient de la base et ne relève d'aucune institution.

La vidéo joue sur des cordes (naturellement) sensibles et la rhétorique de l'image et du montage est bâtie de telle façon qu'elle suscite l'adhésion spontanée et le partage immédiat (comme on peut le voir sur les réseaux sociaux).

Elle est virale parce qu'elle est «pleine de sens» (qui ne veut pas arrêter le massacre?). Le «sens», ici, ne doit pas être compris de façon intellectuelle ou journalistique. «Fait sens» ce qui résonne en moi comme un vérité fondamentale. Il y a «sens» quand le passage d'un certain contenu dans mon filtre personnel résonne, fait vibrer une corde sensible en moi.

Un iPad 3 peut «faire sens» dans la communauté geek, mais pas ailleurs. La grossesse de Coeur de Pirate «fait sens» pour les fans de l'artiste. L'élection de Poutine en Russie «fait sens» dans la communauté des journalistes et de ceux qui s'intéressent à l'actualité internationale.

Toutes informations circulent bien dans les réseaux où elles possèdent un «sens». Par contre, l'échographie de Coeur de Pirate n'a qu'une mince chance de survie dans l'écosystème des Mac addicts. L'annonce du nouvel iPad hier n'a jamais probablement traversé le mur des tweets des journalistes politiques. Et peu de fans de Coeur de Pirate savent qu'il y avait des élections en Russie la semaine dernière.

Mais quand la viralité est très forte, elle quitte les sphères spécialisée et passe dans la sphère publique.

C'est ce qui est en train de se passer avec le mème Kony.


Des institutions vivent en roi chez moi (moi qui avais accepté leurs lois)

En prenant de l'expansion dans la sphère publique, la campagne Kony 2012 rencontrera naturellement une opposition («Attention: un peu de perspective! Tout n'est pas si simple!...» --natürlich, darling, on appelle ça la vie!)

Un viral comme Kony 2012 rencontrera inévitablement des anticorps. La fonction des anticorps est de freiner la propagation du mème.

Parfois, dans des cas violents, il y a même une tentative de récupération par les anticorps qui s'opposent à la chose qui prétend se propager.

Ça a été le cas de McDonald dernièrement, avec sa tentative ratée dans les médias sociaux en janvier. Avec sa campagne #McDstories sur Twitter (où les gens étaient supposés raconter de belles histoires sur la chaîne de fast food), McDonald s'est vue rapidement submergé par un détournement majeur où les usagers mécontents ont plutôt fait circuler des histoires d'horreurs avec son hastag.

Pour le mème Kony 2012, les anticorps vont s'attaquer à deux choses en particulier:
Tactique 1) Refuser que le temps cerveau et la passion accumulée servent la stratégie de Kony 2012.
Pas qu'ils soient en désaccord sur le fond, au contraire, mais les critiques vont proposer d'autres façons de dépenser ce capital. Vous verrez des expressions comme «bonne cause, mauvaise approche», «c'est non-productif» ou «c'est beaucoup plus compliqué que ça»...


Tactique 2) Détourner l'attention du message principal (pour ralentir la propagation).
C'est en semant le doute sur des éléments secondaires qu'on touchera au «sens», donc à la viralité, du mouvement: on y pensera à deux fois avant de faire suivre le message quand on «apprend» qu'il y a «deux côtés à une médaille», que «rien n'est simple»! Vous verrez apparaître des critiques sur la crédibilité (gestion des fonds, finalité du mouvement), des procès d'intention (finalité réelle du mouvement), ou des précisions documentaires (Kony n'est plus à telle ou telle place; tel ou tel gouvernement est aussi responsable)...
Nous empêcher de penser en rond exerce l'esprit critique. Parfait. Mais les anticorps servent d'autres causes.

Dis-moi, c'est quoi ta toune (qui revient dans tes oreilles tout le temps)

Les anticorps proviendront principalement de deux institutions, la politique et les médias. Leur point de vue sera évidemment distillé dans le public qui reprendra leurs arguments («oui, mais...!»).*

(*Ajout: C'est de la 'logique institutionnelle' de la sphère politique (l'action) et celle des médias (l'information) dont je parle. Elle génère des logiques d'argumentation critique. Mais les critiques elles-mêmes peuvent venir des citoyens qui ont intégrés ces logiques. Mais à mon avis, les plus crédibles des critiques viendront des membres eux-mêmes de ces sphères)

- Politique

Au niveau politique, il y aura soit une tentative de récupération (de la part des opportunistes) ou une tentative de fin de non-recevoir (les «priorités sont ailleurs!»). Ou une troisième voie: ceux qui sont au courant du dossier, mais qui ne veulent pas se faire bousculer.

Dans nos démocraties représentatives, on n'aime pas trop les demandes du peuple qui sortent des ornières des urnes.

Ce que l'institution politique craint le plus, c'est le rapport de force qu'est en train de bâtir Invisible Children (ceux derrière la campagne Kony 2012). En instrumentalisant la foule, Invisible Children se créent une masse critique dans l'opinion publique, qui attirera inévitablement les politiciens opportunistes. Les tenants de la troisième voie feront alors face alors à du lobbying de l'intérieur.

Quand on sait que la solution n'est pas militaire, mais politique, et, dans ce cas-ci, complètement multilatéral, la résistance sera d'autant plus forte qu'on ne voudra/pourra pas agir unilatéralement. Vous entendrez alors du monde dire qu'il faut «réfléchir avant d'agir».

Ce qui compte en fait pour la sphère politique, c'est de ne pas laisser la sphère publique prendre l'initiative. Elle tentera alors d'appliquer la tactique 1 et refusera la façon que la solution Kony 2012 se met en place. Ceux qui croient en la sphère politique prendront cette position.

- Médias

Au niveau médiatique, il y a certainement un effet de courroie de transmission. Les médias ont bien compris la leçon maintenant qu'il ne peuvent plus contrôler l'agenda public et ils devront rapporter le phénomène dans leurs pages.

Sur la plupart des blogues de journaux, il y aura un petit billet en ligne (peut-être même dans les journaux papier) et le niveau d'enthousiasme variera en fonction du fait que ce soit un vieux loup ou une jeune recrue qui écrira le papier.

Les plus sérieux feront leur devoir et fouilleront l'historique du mouvement. Les autres feront le relais sur Twitter.

Ils utiliseront la tactique 2 en détournant l'attention vers des détails. Parce que le film n'est pas un doctorat de 400 pages qui présente exhaustivement toutes les facettes de la situation, ils citeront certaines personnes qui voudront nous dicter comment se comporter face à la «problématique Kony» («Kony oui, mais Kony 2012, non!»

Il y a toujours quelqu'un pour rappeler qu'il y a «deux côtés à une médaille»! Feignant un insensible cynisme le journaliste pèsera le pour ou le contre inlassablement jusqu'au prochain sujet qui dominera la une.

Les médias montreront les «deux côtés de la médaille», même s'il ne s'agit pas de la même médaille : ils montreront les pourcentages des dépenses des dons ou publieront des commentaires de gens sur le terrain. Tout ça pour notre grand bien (et ceux qui ne le feront pas passeront pour de mauvais journalistes).

L'enjeu n'est pas tant la vérité ou l'action que la perpétuation de l'éternel doute et surtout d'empêcher l'autononomisation de la sphère publique d'agencer les priorités publiques sans leur apport.

C'est toi qui es tombé en pleine face 

Mais pourtant, ici, une fois confirmé qu'il ne s'agit pas d'un canular, ni d'une fraude, le mouvement de conscientisation ne pourra pas être arrêté.

Certains mettront en doute la légitimité du mouvement simplement parce qu'il n'a pas été sanctionné par des institutions (politique, médiatique, académique). Les institutions sont celles qui hiérarchisent les priorités. Les institutions refuseront de facto que la sphère publique puisse le faire.

D'autres crieront au vol, car Invisible Children demande 30$ pour recevoir un «kit de propagande». Ces   mêmes gens le twitteront sur leur iPhone à 500$, pour lequel de jeunes Chinois sont morts. Mais ont-ils compris que le 30$ n'est pas un don, mais bien un échange commercial pour payer le matériel (et probablement un peu de profit) et sauvera peut-être de jeunes Africains. Changer le monde ne devrait que se faire sur une base bénévole?

On reprochera probablement à la vidéo de 30 minutes qu'elle n'ait pas tout dit. Mais cette vidéo n'est pas un cours d'histoire, ni un documentaire, ni un bulletin de 20 h. C'est un mes-sa-ge. Elle ne demande ni approbation, ni confirmation. On y adhère ou non

Toute pression sur les dirigeants pour ramener Kony devant le tribunal pénal est probablement une bonne chose. Et si cette demande vient de la sphère publique, qu'on ne pouvait pas entendre auparavant, c'est aussi une bonne chose.

Aujourd'hui je dis bonjour à la vie

Le cas Kony montre comment la sphère publique, s'il fallait une ultime démonstration, peut orienter les agendas publiques de façon autonome.

Avec la passion d'un père de famille, déterminé à changer le monde pour son fils (c'est la rhétorique persuasive utilisée dans la vidéo) et une certaine maîtrise des codes des médias sociaux (faire appel aux sentiments, provoquer le partage, créer un mème), on voit une foule se laisser diriger non pas vers quelque chose qu'elle ne veut pas (ce que les politiques ont souvent tendance à faire), mais vers quelque chose qu'elle veut.

Ce à quoi on assiste, c'est à la levée d'une sphère publique qui tente de dicter au gouvernement ce qu'elle juge comme une priorité. Elle apprend, aujourd'hui encore maladroitement, à appuyer de tout son poids, avec une conscience d'elle-même, sur des enjeux qu'elle aimerait voir régler. Maintenant. Tout de suite. Au nom des droits de l'Homme.

Car Kony 2012, c'est un choix. Celui de faire connaître ce monstre à tous pour qu'il n'y ait plus personne pour dire que ce n'est pas son problème. Pour que Invisible Children puisse sentir qu'il a enfin un rapport de force pour faire bouger les choses.

Car Kony 2012, c'est de la realpolitik. Celle faite de pression et d'alliances objectives. C'est un mouvement d'opinion qui met Kony et les gouvernements sur la sellette.

Car Kony 2012, ce n'est pas la réalité, c'est comment on souhaite que les choses se passent.

Kony 2012, c'est le désir que la justice soit faite.

Et personne n'a le droit de vous retirer ce rêve.

Balado Triplex: de la robotique

Qu'est-ce qu'un robot aujourd'hui. Il n'a plus la même forme (humanoïde), ni les mêmes fonctions (dominer la Terrre). En 2012, comment penser les robots quand on est entouré de toutes nos technologies de communication? Assurément, plus comme avant.

Triplex en balado, à Radio-Canada lance son quatrième balado. Gina, Laurent et moi, animé par Philippe, discutons sur les robots et la façon de se le représenter. A-t-on les mêmes craintes qu'avant? Sommes-nous prêts à les accueillir? Mais ne sont-ils pas déjà parmi nous?


Voici le 4e balado, enregistré à l’École de technologie supérieure à Montréal, divisée en 8 chapitres : 

00:00 – Introduction
01:23 – Qu’est-ce qu’un robot?
05:00 – Devons-nous toujours craindre le robot?
11:39 – À quand les robots « intelligents »?
17:20 – Les trois règles de la robotique
21:30 – Le cyborg ou l’humain amélioré
30:10 – L’éthique en robotique
33:28 – Questions en rafale

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Pour voir les autres balados de la série «Triplex en balado»

La tyrannie du temps libre

Le tissu qui forme la masse des médias sociaux ne prend sa source qu'à un seul endroit: notre temps libre.

Pour la vaste majorité d'entre nous, les outils de réseautage en ligne ne sont utilisés que dans nos temps libres. 5 minutes, 15 minutes, 1 heure par jour? Parfois plus, parfois rien du tout.

Mais le maigre temps discrétionnaire, extirpé à grande peine de votre agenda surchargé, que vous tentez de consacrer à votre réseau en ligne, ne vous retournera jamais autre chose que ce constat impitoyable: celui du spectacle du temps libre de tous les autres.

Même si vous arriviez à prendre quatre heures par jour pour montrer que vous avez vous aussi du temps libre, votre réseau ne vous retournera que des pages et des pages de gens qui ont encore plus de temps libre que vous.

Tous ces films, livres, sorties que vous ne pouvez pas vous permettre, votre réseau, lui, se le permet. Toutes ces discussions, pensées, anecdotes que vous ne pouvez pas noter, votre réseau, lui, vous le balance en pleine face.

Le réseautage socio-numérique centre notre rapport au monde en nous plaçant tout au milieu. Mais si on n'y fait pas attention, il pourrait aussi complètement nous décentrer et donner l'impression au contraire de se retrouver tout en périphérie.
loisir
FOMO, Fear Of Missing Out, l'acronyme forgé pour exprimer cette angoisse générée par l'impression d'être toujours en train de manquer quelque chose, décrit bien le sentiment tyrannique de se retrouver sur la touche: le peur de manquer quelque chose.

Lorsqu' on prend conscience que les réseaux sociaux ne nous exposent que le temps libre de nos amis, on ne cède plus à cette angoisse du FOMO. Comment croire qu'on ne devrait pas être là où l'on est en ce moment. Cruel effet secondaire de la société des loisirs.

Une fonction des médias sociaux est de réintroduire du nouveau dans le système. Or ce média ne s'alimente qu'avec notre temps libre, libre des préoccupations de survie matérielle (manger, travailler, dormir).

Il est clair alors que si ce temps libre ne sert qu'à décrire notre temps libre, ou la façon de le combler, nous ne créons qu'une déformation ce qu'est le monde. Le FOMO vient alors hanter nos moindres mouvements.

Mais si le contenu de ce temps libre sert aussi à partager des stratégies de vie, à échanger comment, nous simples mortels, nous apprenons à jouer le Grand jeu sans vraiment connaître les règles, si nous évitons la tyrannie du temps libre, une partie du tissu des réseaux sociaux peut venir nous envelopper et servir à nous faire grandir.


Balado Triplex: du droit d'auteur à l'ére numérique

Voici mon troisième balado de Triplex, d’environ 40 minutes, enregistré à la librairie Le Port de Tête sur le thème du droit d’auteur et la propriété intellectuelle.




Le podcast est divisée en 8 chapitres :
00:00 – Introduction
06:25 – Législation : y a-t-il risque de censure?
10:30 – Qu’en est-il des lois canadiennes?
13:30 – Comment s’inspirer sans copier
18:20 – Légiférer sans freiner la créativité
23:25 – Creative Commons, une piste de solution
31:45 – Les producteurs de contenus premiers responsables du piratage?
38:10 – Questions en rafale

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Ou, télécharger le fichier (.m4a) au complet gratuitement
Ou le voir sur YouTube, avec images


Équipe de Triplex en balado :
Participants et blogueurs : Gina Desjardins, Laurent LaSalle et Martin Lessard
Animateur : Philippe Marcoux
Musique : Pierre Crube
Réalisatrice : Marine Fleury
Preneur de son et monteur : Martin Boulanger
Édimestre et photographe : Félix-Antoine Viens
Infographe et intégratrice web : Marie-Anne Seim


Pour voir les autres balados de la série «Triplex en balado»

5 liens pour bien commencer la semaine

Petits liens pour bien commencer la semaine, question de partager mes restes de tabs (onglets) avant de les fermer.

Le numérique comme objet d'échange (et pas seulement de copie), une habitude culturelle qui va s'installer?

Pinterest, le réseau qui monte, qui monte! 
Deux liens pour mieux le comprendre:

Je vous en avais parlé à l'émission La sphère il y a quelques semaines. Wired fait un bon papier là-dessus (c'est le dossier du mois et fait la couverture du magazine)
Mais les questions que je me pose sont celles-ci: Que voudra dire cette immense quantité de temps cerveau libéré quand les voitures se conduiront toutes seules? Que ferons-nous? Que consommerons-nous comme contenu durant ce temps? Que produirons-nous? Énorme potentiel pour récupérer de l'attention.

C-11 : le projet de loi sur le copyright controversé
Mon billet sur Triplex pour vous dire que le projet de loi sur le copyright canadien n'est pas offensif. Ne me prenez pas au mot et cherchez par vous même afin de vous faire votre propre idée.

Les fournisseurs internet ne sont pas des radiodiffuseurs
Le rêve de taxer les FAI pour redonner aux créateurs semble s'évanouir. Les tuyaux s'enrichissent quand les créateurs génèrent de l'abondance de contenu. La Cour suprême du Canada a tranché.

Balado Triplex: Les technologies rendent-elle dépendantes?

Voici la deuxième balado de Triplex avec Philippe Marcoux, Gina Desjardins, Laurent Lasalle et moi-même.

«Si la technologie nous rend aujourd’hui plus efficaces au travail ou dans nos communications, est-ce qu’elle est pour autant essentielle à notre existence? Sommes-nous dépendants, voire accros, à nos divers appareils intelligents?»

L’émission est divisée en 8 sections :

00:00 – Introduction
01:34 – Sommes-nous dépendants des nouvelles technologies?
05:32 – Nouvelles technologies : les dangers et inconvénients
12:14 – La pression de suivre le rythme
17:04 – À quand les syndicats de l’esprit?
22:56 – Google nous rendrait-il stupide?
32:59 – Questions en rafale
34:14 – Fin

 

Abonnement via iTunes ou copiez / collez l’adresse du fil RSS dans le menu Avancé / ajouter un podcast. Une version MP3 sera bientôt disponible, pour l'instant vous pouvez télécharger un .m4a
Une nouvelle dépendance?
«Dépendance» est probablement un mot trop fort. C'est un mot valise dans lequel on peut mettre beaucoup de choses, et je crois que nous avons évité de tomber dans une définition «bon versus mauvais»
La médecine décrit la «dépendance» comme un «besoin de continuer à absorber certaines substances toxiques pour chasser le malaise dû au sevrage» (source Antidote), c'est à dire, la consommation de substance (ou l'usage) devenue nécessaire due à une pression physiologique malsaine. Une drogue, quoi.
Par extension, on dit alors que dépendance s'applique à ces trucs dont «on ne peut se passer». Dans le cadre de notre balado, on peut se demander si la techno et les nouveaux gadgets ne sont pas une dépendance. Il aurait été insensé d'y répondre par l'affirmative tout de go. La technologie apporte beaucoup de bienfaits et pas seulement des malaises. D'où la bifurcation à un moment donné dans la balado vers la notion de «risque».
La dépendance aux jeux ne date pas de l'arrivée du web, donc la technologie n'est pas une condition unique pour générer cette dépendance; il faut toutefois reconnaître que la technologie a créé ces jeux en ligne (les MEUPORG) qui peuvent toucher et affecter des gens --vous trouverez toujours un média pour nous le rappeler--. Donc oui, dans ce cas, il y a des risques. Mais la technologie est-elle la cause.
Une dose d'intraveineuses d'info
Moi, la question qui m'intéresse le plus concerne cette addiction à l'information devenue soudainement plus accessible, plus abondante.
Il me semble que cette «dépendance» à l'information touche deux choses:  


(1) le web vient répondre et provoquer à la fois notre soif de savoir, notre curiosité infinie. L'accès à une infinité de documents ne fait qu'empirer notre soif comme l'eau salée que l'on boit en pensant étancher sa soif.
 


(2) une information quand elle est associée à nos réseaux sociaux me semble plus qu'une nouvelle, plus qu'une simple donnée, c'est le liant entre des gens, un liant qui donne sens à l'actualité, à la culture et à la vie. 
Ce deuxième point est particulièrement fascinant. Il est à mon avis vraiment nouveau d'avoir si facilement et si abondamment accès à une information sociale qui vient remplir tous nos interstices de nos vies. 
Le poids des infos, le choc du social 
La raison de la dépendance pourrait être la peur de passer à côté de quelque chose, de ne pas être dans le coup. Les médias sociaux nous mettent au courant d’événements que nous sommes «en train de manquer»! En fait les médias sociaux ne sont que des traces que nous laissons dans nos moments libres (quand on est occupé, on n'est pas en train de tchatter). Les réseaux sociaux nous envoient en pleine face tout le temps libre (et seulement celui-ci) de toute notre communauté. Il y a de quoi être effondré en fait devant ce fait surtout quand on le compare à son propre agenda
Dans nos sociétés hyperproductives, le temps libre, c'est notre vie. Les réseaux sociaux donnent l'illusion que la vie (le temps libre) s'y trouve, comme une bouffée d'air frais, vitale au milieu de l'asphyxie productiviste.
Et comme les réseaux socionumériques reposent plutôt sur la notion plaisante de gratification (notoriété, échange) et nourrissante (apprentissage croisé et mutuel), on a tendance à être en manque quand on n’y a pas accès...
Quand on fini par comprendre que le sens minimal des échanges dans un réseau social comme Facebook c'est l'appartenance, alors on associe le manque d'échange de message à une perte de sens et de lien...
«Social media addiction»
Je vous donne quelques liens pour lire davantage sur le sujet qui intéresse de plus en plus les scientifiques et les académiciens (quoi que peut-être pas assez encore):

Social Network Addiction – A Scientific No Man’s Land? (Brain Blogger) où on s'interroge sur quelques cas où l'addiction à Facebook a fait perdre tout sens rationnel à des quelques personnes et où on se demande si en tant que drogue il n'y aurait pas aussi des effets positifs.

Facebook, Twitter Are Harder to Resist Than Cigarettes, Alcohol (Medical Daily) où une étude récente démontre qu'il serait possiblement plus facile de se priver d'alcool, de cigarette et de sexe que de Facebook. Je ne suis un peu dubitatif --et suspicieux, surtout à la veille du lancement en bourse de Facebook, j'ai tendance à voir de la manipulation médiatique pour rentre attractif les futures actions.


5 Signs of Social Network Addictions (GeekSugar) où on donne une idée des symptômes pour que vous puissiez vous auto-diagnostiquer et 1 ou 2 trucs pour que vous puissiez vous en sortir.
Réseaux sociaux : La maladie des temps modernes, un (trop) court extrait de "L'éloge de la vitesse" de Rafik Smati, qui va, dans ce texte, à mon avis, un peu trop vite pour dire que les réseaux sont addictifs, mais ça permet tout de même de prendre au sérieux la question.


Pour voir les autres balados de la série «Triplex en balado»

Formation de gestionnaire de communauté

L'INIS propose un microprogramme «Devenir gestionnaire de communauté» pour transmettre les connaissances entourant ce nouveau métier, ou à tout le moins, une nouvelle compétence à l'ère des médias sociaux. J'animerai le premier volet cette fin de semaine, accompagné des meilleures spécialistes du domaine à Montréal.
C'est l'aboutissement de plusieurs mois de travail. En travaillant dès la fin du printemps dernier avec l'équipe de Véronique Marino à l'INIS et aussi avec Sacha Declomesnil, à élaborer les bases d'une formation qui serait pertinente pour l'industrie, nous sommes arrivés à mettre en place les bases d'un microprogramme en trois volets.

À l'automne dernier, s'est ajouté l'apport de quatre gestionnaires de communauté reconnue dans le domaine pour préciser les contenus et les rendre le plus proche possible de la réalité terrain du gestionnaire de communauté.

Gestionnaire / animateur

Gestionnaire de communauté («community manager») est le terme consacré pour décrire le rôle des ces gens, à l'intersection des relations publiques, du service clientèle, des communications et du marketing.

Le terme "animateur de communauté" serait peut-être plus approprié si on évitait de restreindre son sens à un aspect simplement récréationnel. Animateur, dans le sens de celui qui se pratique dans les médias (pensez à un talk-show, une speakerine ou porte-parole) est là pour faciliter les échanges, le partage, la prise de parole et le passage de message.

Un gestionnaire de communauté, c'est comme un animateur d'un show dont la ville, la région, le monde sont son studio et où cette personne gère (littéralement) les flux de conversations sur un thème donné.

Dans le cadre de cette formation à l'INIS, on entend par communauté, non pas celle qui existe dans des forums ou des groupes virtuels (ou réels) mais celle des médias sociaux. Donc via les outils des réseaux sociaux, comme Twitter et Facebook.


Buts du microprogramme

Vous trouverez la description du microprogramme ici. Je résume ci-dessous .
  • Habiletés nécessaires pour créer, développer et animer une communauté;
  • Compétences pour interagir efficacement avec les membres d’une communauté et les mobiliser autour d’une marque;
  • Connaissances et les moyens d’évaluer l’efficacité des actions, mesurer l'influence et aptitude en gestion de crise.
Contenu du premier volet : Mission et fonctionnalités (12 heures)

Ce premier volet de douze heures se veut une incursion, les premiers pas, à la fois théorique et pratique dans l’univers du gestionnaire de communauté. Définition du métier, champ d’activités, gestion d’une page fan, utilisation des outils socionumériques, etc.

Je vous invite à faire ce plongeon dans les bases du métier en compagnie de quatre spécialistes qui tour à tour vont venir vous présenter les principaux piliers du domaine.

Bianka Bernier (@biankabernier), gestionnaire de communauté au Quartier des spectacles, abordera les spécificités et traits caractéristiques des différentes plateformes de médias sociaux. Elle touchera aussi la notion de "e-reputation", cette notoriété en ligne et les diverses façon de la comprendre.

Nellie Brière (@nelliebriere), gestionnaire de communauté à Radio-Canada, quant à elle, démystifiera tout ce qui concerne le nuances de Facebook, son paramètrage et la gestion de pages de fans dans un cadre de relation avec le public.

Katerine-Lune Rollet (@katerinerollet), stratège web 2.0 et anciennement de La vitrine culturelle, précisera les différents profils que peuvent avoir un animateur de communauté (titres, tâches, "pedigree"). Elle expliquera les différences entre le domaine des arts et les organismes à but lucratif/marques commerciales
Zelia Lefebvre (@Zelia), gestionnaire de communauté au Groupe Pages Jaunes, présentera des cas concrets (autant succès comme échecs) et la veille stratégique. Elle vous proposera des exercices concrets à faire durant le week-end.



Je serai l'animateur durant toute cette fin de semaine. Je vous attends. Il reste encore quelques place, dépêchez-vous!

Twitter, comme outil de validation de la représentativité en politique?

On me pose à l'instant une question sur l'usage des politiciens de Twitter.

«Les politiciens bâtissent-ils des discours politiques en tenant compte de Twitter comme 'média social' uniquement, ou fondent-ils une communauté autour de l'actualité politique en ciblant sur la force du 'réseau social'?». Je vais faire mon Mario Asselin de moi et vous partager à chaud ma réponse.

Comme Twitter est une plateforme sans essence, toute forme d'usage est possible, et aucune n'est prescrite dans l'outil lui-même. Les contraintes sont sociales et dépendantes donc d'une convention. Venant de la base (et non pas du haut) chacun y va de son interprétation et agrège ceux qui pensent de la même façon.

Les politiciens n'agissent pas autrement et utilisent Twitter comme ils l'entendent. Ils bâtissent des discours politiques en fonction ou non des communautés, selon leur croyance ou leur expérience terrain. Seul la rencontre du «succès» les encourage de poursuivre de l'avant dans leur approche ou non. Par succès on entend une réponse de la communauté Twitter autour du politicien que celui-ci considère comme positive et allant dans le sens qu'il pense optimal pour atteindre ses objectifs.

Comme plusieurs approches sont possibles et qu'il y aurait donc techniquement de multiples stratégies politiques applicables pour un politicien sur les réseaux sociaux, la question qu'il faut se poser est celle de connaître le point commun entre toutes ses stratégies. Il est probable qu'à terme, ce commun dénominateur serait un vecteur essentiel pour comprendre les motivations des politiciens à utiliser les réseaux sociaux, et Twitter en particulier, et ce, qu'importe leur type d'usage.

Il appert, à mon avis, que le socle commun est la popularité. Qu'importe l'usage de l'outil, qu'importe le message envoyé, qu'importe les motivations, le politicien voit en temps réel non seulement le support qu'il a sur son idée, mais aussi sur sa personne. La foule, même virtuelle, a toujours été, en démocratie, un rapport de force dans les agoras.

Le politicien qui, qu'importe son usage, peut se vanter d'avoir X abonnés, détient un argument supplémentaire pour faire valoir son idée, ou du moins son approche, ou au minimum la validité de sa représentativité. Et ce, face à d'autres qui n'auraient pas le même nombre d'abonnés, de plusieurs ordres de magnitude (X/100 par exemple).

La «popularité» (relative), le «score (pseudo) démocratique», la «légitimité du nombre (virtuel)» sont divers libellés que l'on peut appliquer à ce jeu de la validation de la représentativité. Le politicien cherche à valider qu'il est toujours en résonance avec une audience (je n'ai pas dit l'électorat) pour stimuler la légitimité de sa position, de ses dires, de son approche. Ce n'est pas en remplacement des autres méthodes, c'est un complément.

C'est, autrement dit, un outil du star-système, en miniature, appliqué au champ politique.


Balado 1: La tablette

Appelons ça traverser le mur du son. Notre blogue collectif Triplex, sur Radio-Canada.ca, avec Gina Desjardins, Laurent LaSalle et moi-même, vous propose aujourd’hui la première d’une série d’émissions en baladodiffusion sur l’évolution des nouvelles technologies, leurs tendances et leurs répercussions sur nos vies.

Non seulement vous pouvez toujours nous lire, mais vous pouvez maintenant aussi nous entendre.

Dans cette émission animée par Philippe Marcoux, l’ex-Triplex, nous commentons les enjeux abordés dans nos billets, nous nous questionnons et nous nous échangeons des idées.

Triplex en balado, de la techno plein vos oreilles

Dans cette émission, nous discutons ensemble de comment la tablette s’est imposée comme un outil important dans la micro-informatique grand public, et de la façon dont elle s’insère dans notre quotidien, à côté de nos autres gadgets, des cellulaires intelligents aux ultraportables.

Contenu de l’émission 1 : La tablette ou le monde à portée de main
  • Révolution ou technologie de transition? 
  • La tablette et les ultraportables? 
  • Un outil de consommation ou de production? 
  • L’avenir de la tablette 
  • La tablette en entreprise 
  • La tablette à l’école 
Pour télécharger la première émission Pour s’abonner au fil RSS

Comment le FBI américain peut-il fermer un site d'Hong Kong comme MégaUpload?


On ne défendra pas ici l'indéfendable. Héberger et diffuser des copies de films sans payer les redevances aux ayants droit est un accroc au droit d'auteur. MegaUpload était un tel site et amassait des millions chaque années en percevant des frais (un "abonnement") qui permettait de télécharger plus rapidement.


S'il y a une chose à retenir de la fermeture du site de piratage en ligne et de l'arrestation des dirigeants par le FBI, c'est qu'il n'y a aucun, mais aucun, besoin de projet de loi tel que SOPA et PIPA pour y arriver. Les lois en place existent déjà et sont efficaces.

Ce qu'on peut se demander, par contre, c'est comment la Justice américaine peut sévir hors de son territoire. MégaUpload était basé à Hong Kong et les dirigeants étaient en Nouvelle-Zélande.

La justice a le bras long

MegaUpload n'était pas qu'une simple firme «basée à Hong-Kong» dont par hasard certains Américains s'adonnaient à le fréquenter. Le site avait plus de 1000 serveurs en Amérique du Nord, dont 525 dans l'État de Virginie, chez un hébergeur américain. Et c'est là que les problèmes de MégaUpload ont commencé.

Le paiement des "abonnements" se faisait via PayPal, firme américaine. Pour donner une idée de l'ampleur du piratage, 110 millions de dollars ont transité par ce canal au fil des années.

MegaUpload utilisait aussi des régies publicitaires pour arrondir ses fins de mois, avec Google AdSense (jusqu'en 2007) et AdBrite (pour un total de plus de 800 000 $). Dans sa magnanimité, MegaUpload payait aussi les top usagers qui déposaient les films sur ses serveurs (le fameux «Uploader Reward»). Entre pirates, on s'encourage.

Mais voilà, un des usagers qui se faisaient payer par MegaUpload, habitait l'État de la Virginie. La boucle est bouclée;  le FBI peut intervenir.

Le motif d'arrêt est supporté par le fait que la violation des droits d'auteurs a eu lieu en Virginie. Les serveurs sont en territoire américain, l'abonnement se fait par une firme américaine, les clients sont américains, et même les top uploaders sont américains. Pourquoi la loi américaine ne s'appliquerait pas?  

Je laisserai des spécialistes comme Anthony Hémond et Rémy Khouzam se prononcer sur la recevabilité de cette logique, mais il faut croire que les autorités néo-zélandaises ont acheté cette version.

La question du territoire dans le cyberespace

Le cyberespace n'a rien d'éthèrique. Ils se fait avec de vrais humains dans de vrais espaces. Elle brouille bien évidemment les définitions de frontière et de territoire, mais MégaUpload deviendrait probablement une étape de plus dans l'ancrage d'Internet dans le Droit réel. Avec un précédent: le territoire américain s'étend maintenant au virtuel...

Source

Les jeux vidéos comme «10e Art»

«Le jeu vidéo est devenu un art à part entière. On le nomme même le 10e art.» -  Guy Berthiaume, président-directeur général de la BAnQ (Bibliothèque et Archives nationales du Québec)

Image: Br1dotcom
Dans son billet de ce matin, Laurent Lasalle reprend la nouvelle sortie hier sur le fait que la Grande bibliothèque accueillera dès le mois de mars 2012 des jeux vidéos sur notre blogue collectif, à Radio-Canada, Triplex.

Le studio montréalais Warner Bros. Games offrira des jeux vidéo, pour l'emprunt. Ubisoft, autre firme montréalaise, suivra prochainement, selon Le Devoir. Montréal, étant une capitale du jeu vidéo, ce n'est qu'un juste retour des choses.

Ce n'est pas une nouvelle anodine

La déclaration de Berthiaume, que le jeu vidéo est devenu  le 10e art, ne tombera pas dans les oreilles de sourds.

La SODEC propose un virage numérique pour toute l'industrie culturelle québécoise et on en verra les aboutissants au cours des prochains mois et années. J'ai participé d'ailleurs à la rédaction des orientations stratégiques et à la rédaction du rapport à la Ministre de la Culture du Québec.

Or, une question qui revenait toujours était celle de considérer ou non les jeux vidéos comme de la "culture". 

Si la réponse est oui, comme le suggère Berthiaume (et comme WB Games et Ubisoft ont intérêt à le promouvoir), cette industrie pourrait recevoir des subsides de la SODEC, organisme d'État chargé de supporter les "arts" comme la musique, cinéma, télé, etc.). 

Avec comme conséquence, la diminution de la tarte à se séparer entre tous.

Ce n'est pas une déclaration anodine et le geste d'intégrer les jeux vidéos dans le temple de la culture qu'est la Grande bibliothèque aura un impact probable dans l'avenir...

Internet remplacera-t-il la télévision en 2012 ?

Comme source d'information? Peut-être. «En seulement douze mois, Internet comme principale source d’information des Québécois a connu une progression fulgurante, passant de 15 % en 2010 à 30 % en 2011.»

La nouvelle étude NETendances du CEFRIO montre que chez certains groupes d’âge Internet a dépassé la télévision, quoique, de façon globale, la télévision constitue toujours la principale source d’information utilisée pour consulter l’actualité et les nouvelles par les adultes québécois (41%).


Plus de détails ici sur le site du CEFRIO: Internet comme source d'information (PDF)

SOPA/PIPA : Honni soit qui passe cette loi

Imaginez un monde où Internet était muselé par les grandes compagnies. Le projet de loi SOPA est un mauvais projet de loi. En solidarité avec Wikipédia, qui a fermé sa version anglaise pendant 24 heures, ZÉRO SECONDE passe au noir aujourd'hui 18 janvier 2012.


La section anglaise de Wikipédia bloque aujourd'hui l’accès à toutes ses pages pour protester contre le SOPA et envoyer un signal fort à la communauté : Internet doit rester libre. Wikipédia disparait, comme s’il était sur la liste noire du SOPA. Seulement 24 heures, imaginez si le projet de loi passe.

Un Internet où les grandes corporations américaines domineraient

Le projet de loi Stop Online Piracy Act (SOPA) -- et son projet de loi compagnon, le Protect Intellectual Property Act (PIPA), donnent le droit de poursuivre tout site web qui contreviendrait à la législation sur les droits d’auteur, qu’il soit américain ou non.

Les projets de loi rendent possible de forcer les fournisseurs d’accès à Internet à bloquer tous les sites web contrevenant aux lois américaines sur le droit d’auteur. Ils permettraient aussi de poursuivre les moteurs de recherche, blogues et répertoires de sites qui ne mettent pas en place une liste noire de sites à bloquer. Et, nerf de la guerre, ces lois forceraient les agences de placement publicitaire à retirer leurs pubs de tels sites.

Business as unusual

Tout le monde sur la planète se trouve concerné. Votre site pourrait se retrouvé bloqué aux États-Unis par la moindre compagnie qui décide de le demander.

PROTECT IP / SOPA Breaks The Internet from Fight for the Future on Vimeo.

Si votre site au Canada ou en France ne plaît pas à une entreprise aux États-Unis, les fournisseurs d’accès et les moteurs de recherche américains n’auront pas d’autre choix que de bannir votre adresse en ligne sur simple demande grâce à la liste noire, et ce, avant même qu’il n’y ait procès.

ZÉRO SECONDE passe au noir pendant 24 heures



La différence entre réseaux sociaux et médias sociaux


J'écrivais à Marie-Claude Ducas aujourd'hui, pour ajouter dans le livre que nous écrivons sur les médias sociaux, avec Guillaume Brunet (plus d'info bientôt) un bout de texte qu'on veut ajouter en introduction: en quoi consiste la différence subtile entre les réseaux sociaux et médias sociaux?  Je vous la soumets pour connaître votre point de vue. 
Cette définition s'adresse à des non-spécialistes, propriétaires d'entreprises, grandes ou petites, qui cherchent à comprendre comment les médias sociaux peuvent répondre à leurs objectifs d'entreprise. 

Ce n'est probablement pas la définition sémantique par excellence, mais le but est de rester pragmatique. On part de la notion de médias sociaux telle que définie par Fred Cavazza dans son célèbre panorama des médias sociaux. Avec le développement de Facebook et l'arrivée de Google Plus, ça tiens un peu moins la route, mais je ne crois pas que dans l'introduction du livre, il faille en dire plus.
La différence entre réseaux sociaux et médias sociaux.

Même si aujourd'hui on tend à interchanger ces termes, nous y voyons une différence subtile entre les deux. Le "réseau social" fait allusion aux liens sociaux et aux interconnexions entre les individus comme potentiel de rejoindre des individus. Autrement dit, les réseaux sociaux tiennent la relation entre les individus comme fondamental à sa raison d'être (comme Facebook ou MySpace).

En revanche, le terme "média social" concerne l'ensemble des communications et des échanges d'information qui s'effectuent dans les réseaux sociaux. Les médias sociaux se servent des réseaux sociaux comme canaux.

De plus, tout n'est pas un réseau social. Les blogues ont la publication comme vecteur principal. Pour YouTube ou Flickr, c'est le partage de vidéos ou de photos. Le réseautage vient en surcroît, il n'est pas leur raison d'être; ce n'est pas nécessairement leur but premier, même s'il y a tout de même toujours un peu de réseau social dans tout. D'où le fait qu'on appelle toute plateforme un réseau social, de Twitter à Foursquare.

Si on parle davantage de médias sociaux, c'est parce que ce terme englobe tous les autres (réseau de publication, réseau de partage, réseau social, etc.). Les plateformes  de réseaux sociaux en tant que tels ne seraient donc qu'une sous-partie des médias sociaux, selon cette façon de voir. Mais de plus en plus cette distinction tend à s'amoindrir et plusieurs ont tendance à interchanger les termes.  
Je vous invite à me partager vos commentaires ci-dessous, par courriel ou sur Twitter...

3 nouveaux types de contenu apparaîtront dans vos résultats Google

Hier, Google a intégré davantage les contenus de G+ aux résultats de votre recherche (Lire «Search, plus Your World»)

Résultat personnalisé: ce sont vos propres publications et vos +1. Et le contenu partagé avec vous par vos réseaux. Incluant le contenu partagé en privé --mais ce contenu n'est visible qu'à vous seulement pour vous.


Profils des membres de G+: vos contacts apparaîtront dorénavant dans les résultats de recherche.
  Comptes et pages G+: les pages affaires et les grands usagers de G+ seront aussi affichés dans la colonne de droite selon le mot-clé.  
C'était une question de temps avant que cela ne se produise. Le numéro un mondial des moteurs de recherche cherche a réunir deux univers d'information jusqu'à maintenant séparés: le monde des documents (pages web) et le CGU (contenu généré par les utilisateurs -- du simple +1 aux billets sur G+)

«Organiser les informations à l'échelle mondiale dans le but de les rendre accessibles et utiles à tous». Tel est la mission de Google. Le flou qui existait entre les livres et les sites web s'étend maintenant entre les pages web et les échanges épistolaires entre amis. Tout est du contenu indexable.

Cela donnera probablement un boost au réseau G+. Plusieurs personnes sont inscrites, mais peu s'en servent vraiment.

Mais la vraie révolution arrivera s'ils arrivent à entrer dans Twitter et Facebook, pour ne pas indûment privilégier G+ dans les résultats. Sinon, on peut imaginer qu'il faille aller sur Bing pour chercher Facebook et une certaine balkanisation se fera sentir sur le web...

introduction aux Enjeux des technologies émergentes

Les objectifs du cours de maîtrise CRM 809 - Enjeux des technologies émergentes, de l'Université de Sherbrooke, dont j'ai donné le premier cours hier consistent en deux points:
- Développer une compréhension globale des enjeux associés aux technologies émergentes et aux environnements médiatiques en mutation.
- Savoir évaluer et utiliser les nouvelles plateformes numériques de diffusion dans les stratégies de communication. 
Autrement dit, faire le grand écart entre la théorique (compréhension globale) et la pratique (savoir utiliser).

Je vais partager ici, au courant de la session, autant que faire se peut, quelques notes sur les contenus du cours et sur les réflexions connexes pour aller plus loin. Vous êtes bien sûr invité à commenter et à alimenter la discussion

Introduction

Dans mon introduction au cours, je fais référence aux soulèvements du Printemps arabe et un rapport de Franck La Rue, des Nations unies, en mai dernier, qui a proposé de reconnaître Internet comme un outil incontournable pour supporter les droits de l’Homme (PDF page 22, Point B, deuxième ligne). L'accès Internet est-il un droit de l'Homme? Pourquoi en sommes-nous rendus à poser cette question? Comment, en 20 ans de web et 40 ans d'internet, on peut associer si rapidement cet outil à la condition humaine? Les technologies émergentes posent de vrais enjeux

(Sur la question des droits de l'Homme, lire Internet Access is Not a Human Right, de Vinton Gray Cerf, co-inventeur du TCP/IP, donc d'Internet),  L'accès à Internet n'est pas un droit de l'Homme (mon billet qui élabore sur le point de vue de Cerf) et le sondage de la BBC qui montre que quatre personnes sur cinq dans le monde considèrent l’accès à Internet comme un droit fondamental.)

Acculturation par le réseau

Entrer sur Internet, c'est s'exposer à une culture marginale qui teinte lentement la globalité de la société. Ce n'est pas une culture, mais un amalgame de cultures, comme le disait Manuel Castells, dans La galaxie Internet, (2002). J'en vois 6, qui en pelure d'ognon, se superposent et ont fait répandre dans la société des  notions de "auto-publication", "décentralisation", "participation", "reconnaissance des pairs"... (Lire Les 6 cultures d'Internet)

Les médias sociaux comme mutation

L'outil émergeant, c'est les réseaux socionumériques. Dans une société qui est passée d'une rareté à une surabondance d'information, rendant tout contenu une commodité (merci Google), le filtrage émerge comme une stratégie de survie pour retrouver du contenu qui "fait sens". Le "sens minimal" c'est de signifier que l'on appartient à la même communauté.

C'est donc pour cette raison que l'axe privilégié durant la session sera de se développer une présence dans les réseaux sociaux. Avec ces nouveaux outils, on y échange ce qui est intéressant.. pour les autres, pas nécessairement pour soi.

Qu’avons-nous d’intéressant à partager? Les étudiants auront à identifier dans un premier temps ces paramètres.


  • - Qui êtes-vous / qui représentez-vous? 
  • - Que souhaitez-vous développer comme présence? Avec quel but?
  • - Vos points forts / vos points faibles
  • - Votre présence en ligne actuelle
  • - Identifiez les communautés pertinentes.
  • - Identifiez les personnalités de votre domaine visibles en ligne.

Ce premier exercice aidera les étudiants à se préparer pour un plan stratégique de présence en ligne.

Pour les étudiants

Le prochain cours sera un laboratoire (avec des ordinateurs sur place) où on touchera à quelques outils essentiels (ouverture de compte, échange en ligne, etc).

- Date: dimanche 15 janvier 2012 (09:00 - 16:00)
- Local du cours: 6660
- Activer votre code d'identification personnel (CIP)
- Pour créer votre courriel Usherbrooke.ca :

Vous aurez besoin du CIP et du courriel pour activer les ordinateurs

Lecture pour le prochain cours




Les médias sociaux et le Bye Bye

Au fond, ce n'est plus parce qu'il y a un Bye Bye que les gens sont devant la télévision au passage de l'an, c'est parce qu'il a des gens devant la télévision qu'il y a un Bye Bye. Mais la formule n'est plus adaptée aux années 2000. Voici pourquoi.






Le Bye Bye, émission de fin d'année à la télévision publique (SRC), ne laisse jamais indifférent. On déteste, on adore. SRC a bien tenté, il y a fort longtemps de se sortir du créneau (la controverse ne date pas d'hier, rappelez-vous "Bonne année Roger"), même si n'est pas le créneau qui est le problème.

C'est que les deux fonctions du Bye Bye sont devenues obsolètes.

Les deux fonctions (dysfonctionnelles) du Bye Bye

Cette émission a toujours tenté une revue de l'année sous le mode de l'humour. Les époques se sont succédés et les comédiens aussi. La formule n'a pas changé. C'est la société qui a changé.

Les deux fonctions, faire rire et faire discuter, sont devenus obsolète dans sa formule actuelle, parce qu'inévitablement la société a changé.

On pourrait invoquer des raisons concernant le degré de qualité du contenu du Bye Bye, mais elles me semblent secondaires face à la montée d'Internet, entre autres.

1) La fonction de l'humour



La première fonction du Bye Bye, à l'origine, était de dérider le public face à l'angoisse du monde que la télévision donnait à voir.

Le Québec s'ouvrait au monde par la petite lucarne et l'humour était le liant entre toutes les couches de la société. Une façon souveraine de se reconnaître uni une fois l'an.

Les critiques ont déjà noté que depuis deux décennies, les émissions d'humour et de critiques humoristiques de l'actualité ont suffisamment envahie les ondes télévisuelles pour rendre fade la revue annuelle --qui ressemble à une redite, incapable de répondre aux attentes démesurées de plaire à tous et à son père.

La balkanisation de l'humour au Québec a créé une série de ghettos impénétrables qui divise la société. L'humour trash, le cynisme branché, les farces grasses et méchantes ont leurs fans qui s'excommunient mutuellement.

L'humour de Cloutier et Morissette, concepteurs du Bye Bye de cette année, plaira ou non selon les allégeances. Seuls les critiques avertis, comme Stéphane Baillargeon du Devoir, auront compris que c'est l'humour comme liant qui ne fonctionne plus.

Sur les réseaux sociaux, les LOLcats, les FAILblog et autres, remplissent tous les interstices de notre vie, réduisant l'humour (?) à un nihilisme permanent et la transformant en commodité à portée de clic.

Internet, via les réseaux sociaux, vient remplir notre besoin de se dérider de l'actualité en temps réel --entre deux émissions d'humour à la télé...



2) La fonction d'initiateur de conversation

La deuxième fonction du Bye Bye est de se remémorer les événements annuels pour provoquer une ultime réflexion sur le temps qui passe et les changements intervenus durant l'année.

Je crois que la montée des réseaux sociaux joue ici un autre grand rôle dans la désaffection de cette fonction d'une telle revue de l'année.

Je ne parle pas du gigantesque clavardage à ciel ouvert qu'est devenu Twitter, même si des dérapages, comme l'étrange cas du mystérieux double maléfique de Jorge Contreras, sont devenus un spectacle en soi.

Le Bye Bye était un moment privilégié pour ouvrir la discussion sur l'actualité avec toute la famille, réunie pour l'occasion.

Or, aujourd'hui, cette discussion a lieu sur les réseaux sociaux au moment même où l'événement a lieu. On épuise complètement le sujet au moment où l'événement se passe. On commente, on "like", on partage.

La revue de l'année ne réussit, au mieux, qu'à nous faire sourciller. Tout a été dit et il n'y a plus de discussion possible.

Si la télévision a conservé sa place de rendez-vous collectif, elle n'a plus le monopole d'initier des catharsis collectives à travers le simple fait de remémorer les événements.

Les sujets sont maintenant commentés dans une conversation permanente tout au long de l'année.

Revoir l'année autrement

Qu'est-ce qui reste? Un spectacle artistique, parodique, avec des moyens de music-hall, pour passer le temps avant de se donner le baiser de début d'année. Sans le fard d'un passage initiatique. Ce n'est que de la télévision.

Les réseaux sociaux demandent de revoir complètement la notion de revue de l'année, du moins dans la façon qu'elle est pratiquée dans le Bye Bye annuel.

Il ne s'agit plus de souligner anecdotiquement l'année --ça, les réseaux sociaux le font allègrement et mieux.

Le Bye Bye n'est qu'un symptôme. Les grands médias dans leur ensemble sont touchés.

Les grands médias n'ont d'autre choix que d'aller là où ils ne peuvent être que les meilleurs: approfondir un sujet, donner du contexte, prendre du temps, éviter le superficiel.

C'est-à-dire donner ce recul nécessaire et salutaire. Pour le reste, les réseaux sociaux s'en chargent très bien.