
15 000 jours. C'est l'âge que j'ai pile aujourd'hui. Un "anniversaire" fêté avec ma famille et mes amis. En toute simplicité.
Impacts du numérique sur la communication, notre société, nos vies.

- Le blog comme outil technique distinct
- Une enquête sur l’idée de « journal »
- La notion de communauté
La première partie examine la place de la datation et de la présentation chronologique inversée.
Ensuite, autour de la notion de journal, il cherche à comprendre se qui se joue derrière le "contenu" des blogs, ces "journaux en ligne".
Dans la troisième partie, il aborde la question du collectif, de la communauté des blogueurs. Notamment celle de Skyblog.
Les billets d'Alain méritent le détour parce qu'ils mettent en évidence que la blogosphère possèdent un rythme (cardiaque?) qui constituent à la garder en vie. Expliquons.
Ordre chronologique inversé
Selon Alain cette particularité des blogs n'est pas un banal détail technique.
D’après cette convention, l’ordre d’écriture, celui de publication, et l’ordre de lecture sont les mêmes. Il s’agit bien d’une convention, pas d’une norme technique : l’auteur, l’éditeur, le lecteur font « comme si » le dernier mot lu était le dernier écrit, ou publié. (Source)
Jusqu'à la lecture de son billet, j'ai souvent pensé la particularité de l'ordre chronologique inversée comme une métaphore du fil de presse. Mais au fond, je crois qu'il faut le voir comme une pagination horodatée. Quand je rempli mon carnet (papier), chaque page indique ma progression. La date est accessoire. Quand je rempli mon carnet (web), c'est le temps qui indique ma progression. La date joue un rôle de classement.
Or pourtant rien n'empêche d'écrire sur le web sans date. Par exemple en utilisant un wiki. Mes idées seraient tout aussi bien servies. La date sur le blog n'est donc pas anodine.
Synchronisation
Pour le blog, la datation joue un rôle catalyseur.
"Pour les médias qu’on peut qualifier d’ « asymétriques », où il n’y a pas simultanéité ou « co-temporalité » de l’émission et de la réception, et/ou pour les médias périodiques, que la périodicité soit physique/externe (presse) ou artificielle/interne (télé, radio), la date de publication joue un rôle important de programmation : c’est elle qui assure qu’une partie de l’audience sera au rendez-vous.
(...)
La datation et l’ordre chronologique inversé ne produisent pas seulement le « rendez vous » nécessaire pour rapprocher le blogueur et ses lecteurs.
Plus généralement ils créent une co-temporalité rhétorique, une impression de faire la « même chose en même temps », finalement, un « cadre de vie » commun aux blogueurs.
(Source)
La date ne sert pas seulement à dater un écrit. Ce qu'Alain dit, c'est qu'elle sert à créer une simultanéité aussi entre les blogs, dans la blogosphère. "Ce n’est rien d’autre, mais dans le cadre du « self-média », de l’expression individuelle, que l’équivalent de la grille des programmes, un autre exemple de cette tendance à la synchronisation des activités et des esprits, caractéristique des mass médias." La date sert à créer et à rythmer la blogosphère.
La blogosphère rythmée
La fonctionnalité de la date dans un outil blog transcende sa simple fonction. Il donne vie à ce qui ne serait que des pages webs, de l'information. En ce sens Technorati, bloglines et les agrégateurs de blogues en ligne sont des organes vitaux pour faire vivre ce média.
La temporalité de la blogosphère est déterminante, à mon avis. C'est ce qui la distingue de la sphère intellectuelle universitaire notamment (qui est rythmée par les idées) - les wikis comme craowiki sont, dans ce cas, plus proche de ce lieu de communication sans date, axé sur les idées, que les blogues en général.
La marche du temps correspond plus à une expérience ressentie qu'intellectuelle. La chronologie constitue la façon profane la plus répandue de classement des expériences. L'espace rationnel la considère comme un attribut parmi d'autres.
La blogosphère tendrait donc à être moins rationnelle, plus marquée par le relationnel. D'ailleurs, le côté diariste est, qu'on le veuille ou non, l'utilisation majoritaire des blogs. Mais le fait que le taux d'abandon des blogues soit plus élevé pour ce type d'utilisation indique que le blogue, pour l'aspect relationnel (de type émotionnel/intimiste) n'est peut-être pas l'outil le plus approprié (le Instant Messaging ou les forums constituent une alternative peut être plus adéquat pour l'aspect relationnel).
L'un n'empêche pas l'autre. Mais on ne peut évacuer le relationnel qu'induit le blogue.
Une carte du territoire
Une géographie de la blogosphère semble démontrer que ces deux types (blog intimiste et blog d'idées) sont cloisonnés. Alain donne l'exemple des deux millions de blogs de Skyblog. Jusqu'à ce jour, je n'ai jamais rencontré un seul de ces blogues en déambulant d'un billet à l'autre, ou en utilisant un moteur de recherche. Je dois taper directement l'adresse de skyblog pour les lire.
Je m'avancerais à illustrer la blogosphère comme un immense territoire rythmé par le temps qui passe, constitué d'un vaste territoire, d'un hinterland, où l'immense majorité des blogs vivent en petites tribus, peu denses, hors des grands axes communicationnelles, avec parfois des rassemblements urbains regroupant des blogs plus actifs, culturellement plus riches. La capitale de cet "état" serait les A-List Blogs, ces blogs-médias, les slashdot de ce monde et autre boing-boing, qui constituent à élever le skyline du centre-ville à des sommets impressionnants.
Mais tous nous vivons sur le même fuseau horaire...
Apophenia pose une question : "Are Bloggers Journalists?" Elle répond "Wrong Question."Mais aujourd'hui l'accès à la diffusion érode leur pouvoir. Plusieurs sites offrent des blogues gratuits. Une nouvelle façon de se créer une autorité s'installe lentement. Quelque chose basé sur le mérite.
L'accès se démocratise
Mais ne soyons pas trop vindicatif. Ce n'est qu'un changement de garde, pas une rupture. L'accès à la diffusion poursuit son lent chemin jusqu'au grand public ...
Bienvenu à l'ère des médias citoyens...
Consider this New York Times headline: “Web Diarists Are Now Official Members of Convention Press Corps” . Although the author consistently uses the selfascribed term blogging when discussing the practice of her interviewees, the editorial staff chose to label the article using the common metaphor furthest removed from a conception of journalism. This headline is innately political, revealing biases of the editors:
1) Bloggers should not be given credentials because this implies that bloggers are journalists.
2) Bloggers are not journalists (like us) and it is problematic (to us) that they are perceived this way.
To remedy their concern about how blogging is perceived, the New York Times chose not to use “bloggers” in their headline. By employing “web diarists,” they signify that bloggers are not journalists because their content is solely about personal experiences.
This headline also serves to discredit the convention press corps for allowing nonjournalists to participate. Bloggers, in turn, read the headline as indicative of the New York Times’ fear that bloggers challenge the legitimacy of traditional journalism’s authority.
(Source) (PDF)
Je rêve depuis longtemps de citer une page web de façon "chirurgicale", c'est à dire non pas seulement "citer" la page web (son url) mais bien exactement le passage en question. J'ai trouvé un moyen.Saddam Hussein à moitié nu à la "une" du tabloïd britannique “The Sun” et du quotidien américain “New York Post”.Étrangement, depuis qu'on m'a fait découvrir les "memes", ces virus culturels qui se propagent dans nos sociétés (une rumeur, une idée, une mode), je me dis que notre système social possède des anticorps pour certains "memes" mais pas pour d'autres...
Voilà ! La sale besogne est faite !
Maintenant, on peut photographier et filmer à volonté la "une" de ses journaux. En prenant bien soin d’indiquer que ce sont eux qui portent l’odieux d’avoir publié ces photos...
Ensuite on dit : "Regardez, nous écrivons que c’est humiliant de montrer Saddam en photo...en montrant des photos de photos de lui à moitié nu"
Une carence d’éthique dans les médias autorise la course aux scoops, à l’audimat ou au gros tirage. Le scandale est la nouvelle qui se vend le mieux.
Il n’y a pas que les journaux jaunes qui finissent par jaunir...
The Rastriya Swayamsevak Sangh -- RSS or the National Association of Self-helpers, is a very large, voluntary organization focusing on development of the society based on Hindutwa -- the essence of Hinduism [in India].
RSS has been banned in India twice but has remained a strong and popular political force. Soon after Mahatma Gandhi's assasination, there were anti-RSS violence, as the rumours spread that the many of the conspirators were members of the RSS and Hindu Mahasabha. In February of 1948, the RSS was declared an unlawful organization and the ban continued over a year.
(source)
Ce groupe a trouvé une soudaine notoriété mondiale uniquement parce que son acronyme est identique à celui du RSS. Cet effet de hasard qui met des groupes ou des réalites au grand jour n'est pas nouveau. Le dernier triste exemple remonte au Tsunami du 26 décembre 2004 : le monde entier a découvert cette province indonésienne d'Aceh (Atjeh) en quasi guerre civile contre l'autorite centrale qui l'oppressait.
Mais cette fois, c'est par un effet réseau. Ou plus précisement par un effet des bases de donnees (des moteurs de recherche). Je ne crois pas me tromper que le RSS (de l'Inde) est le mouvement indien le plus connu des geeks et des blogueurs. Que leur acronyme ait été XYZ et jamais il n'aurait eu une telle notoriété. Dans un monde de la compétition du "temps-cerveau", ou pourrait dire que ça équivaut à une campagne de Relation Publique de plusieurs millions. Dans ce domaine, devenir "top-of-mind" vaut très cher. Pas en argent, en reconnaissance ! Le jour où le RSS fera un coup d'éclat, le travail de reconnaissance sera fait : "ah oui, c'est le groupe chose qui fait des trucs-machins en Inde". Demandez aux groupes et aux régions qui n'ont aucune attention médiatique comment ils auraient apprecié avoir cette chance.
Il faut s'attendre à ce que des groupes, volontairement ou non, utilise cet effet numerique pour se créer une renommée tranquillement. Avec le réseau, il y a collision (ou juxtaposition) des "name spaces". Il n'y a plus seulement l'actualité médiatique qui nous fera connaître de façon aléatoire le monde, les moteur de recherche aussi nous feront découvrir, par sérendipité, des réalites insoupconnées d'autres cultures...

Libérez les informations, elles sont les meilleures embassadrices de votre site. Elles vont sillonner le web, se loger dans les engins de recherche, morceau par morceau. Ouvrez l'accès à vos informations, utilisez les standards d'échange. N'ayez pas peur. Vous décuplez ainsi la force du réseau en votre faveur et augmentez la notoriété de votre site...Soyez en réseau : interrelié, ouvert, distribué....
"[N]ous intervenons avec la conviction que la personne qui prend le temps de formuler un problème n'est jamais seul à le vivre. Le fait de prendre le temps de mettre en mots ce qui nous cause problème est déjà, en soi, un gain, mais notre plaidoyer est à l'effet que quelqu'un quelque part, travaille probablement sur les mêmes enjeux et peut, de ce fait, apporter une contribution substantielle au cheminement de celui qui a formulé le problème au départ..."Le processus rédactionnel contribue au développement de la compréhension. À cela s'ajoute que l'écriture sur le web permet le partage. Le carnet représente un excellent outil pour sa simplicité d'utilisation. Mais l'enjeu n'est pas technique mais humain : il s'agit ici de partager et de s'ouvrir aux autres. Il s'agit d'un jeu où l'on donne et où l'on reçoit.
Cité sur le carnet de Mario Asselin (Tout de Go).

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J'explique comment "bloguer pour influencer" prend racine dans un déplacement de la crédibilité chez les citoyens.
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