ZEROSECONDE.COM: Election 2008: le role d'internet (par Martin Lessard)

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Election 2008: le role d'internet

Jean-François Lisée, dans un article dans Libération et dans Le devoir (articles similaires, mais pas tout à fait identiques) nous offre un constat du rôle d'internet dans la campagne américaine qui a mené à l'élection du 44e président des États-Unis.

"Pas moins de 40 % des adultes affirment qu'ils se branchent pour obtenir de l'information sur la campagne électorale."

Il se base sur une étude du Pew Research Center qui j'ai débusqué ensuite et dont il cite quelques bonnes statistiques:

"Selon le Pew Center, 22 % des adultes (et 37 % des jeunes) s'amusent à regarder les publicités de campagne -- ce que je fais aussi. Mais 20 % des adultes (35 % des jeunes) regardent les discours des candidats, et 19 % (35 % des jeunes) des entrevues avec les candidats. On constate même que 16 % des adultes lisent en ligne le programme des partis."

C'est vrai que l'on peut se sentir désolé de voir la lecture des journaux décliner, particulièrement chez les jeunes (et ceci touche aussi l'audience des téléjournaux des grands réseaux), comme le fait remarquer Jean-François Lisée, mais il voit plutôt un transfert:

"Mais les sources d'information de qualité reviennent par la fenêtre Internet. Pas moins de 86 % des internautes vont dans les sites des grands médias"

Il cite ensuite les sites les plus fréquentés pour l'information sur la campagne
  1. Wikipedia.
  2. Washington Post
  3. CNN en troisième.
puis il souligne l'usage proprement politique d'internet

  • 9% les gens l'utilisent pour s'inscrire sur les listes d'envoi
  • 6% pour échanger de l'information
  • 2% pour se porter volontaires pour une activité à l'intérieur de la campagne
Il ajoute "On peut donc conclure qu'Internet réintroduit dans la culture politique une dose d'information considérable."

J'ai trouvé d'autres statistiques dans l'étude qui appuient ses dires:

  • 11% on participer aà la "conversation" politique et postant ou faisant suivre un commentaire de quelqu'un d'autre à propos des élections..
  • 5% ont posté leur propre commentaire ou analyse. (12% des 18-29 qui ont une présence en ligne)
  • 6% ont contribué monétairement en ligne
Rôle reconnu
Ces statistiques ont sensiblement augmenté depuis la course de 2004. Ce qui me ferait plutôt dire que "qu'Internet continue d'introduire encore davantage dans la culture politique une dose d'information considérable".

Car peut-être que le constat est moins le nouveau rôle d'internet ou le degré de son apport, mais la reconnaissance de son apport dans la course par des gens comme Jean-François Lisée et permet de clore définitivement le débat stérile du journalisme "trad" versus "citoyen" et voir Internet comme le lieu d'une longue traîne de "reportage de la réalité" et qui génère de nouvelles réflexions en perspective. Et de nouvelles redéfinitions.

5 commentaires:

mercredi, novembre 05, 2008 2:51:00 PM paul2canada a dit...

Une campagne électorale US qui a duré presque 2 ans pour un mandat de quatre ans. Autant dire qu'avec des élections canadiennes légèrement différée voilà un nouveau métier à temps plein qui apparait: stratège internet pour candidat politiciens.

jeudi, novembre 06, 2008 9:52:00 AM Laurent a dit...

Si je me fie à ce que je vois là :
http://www.paulinemarois.com/

Je serais amené à penser que ce message n'est pas encore passé dans la classe politique du québec, oubendon qu'on s'en va sur un chemin de garnotte.

vendredi, novembre 07, 2008 10:36:00 AM paul a dit...

il faudrait regarder le site des candidats dans un état US avec une population aussi nombreuse que dans la province du Québec comme en Virginie (7.5M).

De ce que j'ai lu le financement populaire d'Obama via internet représente plus d'un tiers de son budget total de 600M$ par rapport aux sociétés et autres donateurs riches. Ça fait un peu moins de 1$ par américain.

vendredi, novembre 07, 2008 11:42:00 AM Jonathan Bergeron a dit...

Les données que tu cite montrent l'utilisation de l'internet pour s'informer par les internautes.En réalité qu'elle sorte d'information?

Les gens utillisent le web pour s'informer? Pour lire les nouvelles qu'il lisaient avant sur les médias traditionnelle.

Oui , il y a eu du bruit sur Twitter, consulté par un bon gros millier de Geek. Il y aussi quelques dizaines de milliers de junkies de l'info qui savent déjà pour qui il vote qui courent dans la blogosphère.

La mass ne s'informe pas sur le Web. En fait, elle consulte juste le WEb comme un journal et ne profite pas de son pouvoir.

Je rêve de voir l'évolution constante du discours de politiciens en fonction du dialogue entretenu sur la toile.

Je ne dit pas que l'influence est nul. On voit que a pointe d'un iceberg au loin.

Lors de la dernière campagne, le web a influencé les électeurs. La vidéo sur la culture au Canada en est un exemple.

Cependant cette influence ce fait à coup de BUZZ, de spin.

Les gens courent les vidéos drôles bien plus que les programmes.

Peut-être un jour on verra les politiciens dialoguer en campagne à travers le WEB.

Après tout, si on accepte l'évolution on pourrait facilement voter en ligne.

vendredi, novembre 07, 2008 1:40:00 PM Martin Lessard a dit...

Jonathan,

J’apporterais une nuance à ce que tu dis: on ne lit pas nécessairement les _mêmes_ nouvelles, mais plusieurs points de vue sur la même nouvelle.

Je ne crois pas que la "masse" lit deux trois journaux le matin. Mais ils lisent peut-être deux trois sites concurrents sur le web (ex: NYtimes, Le Monde et le Devoir). Pouvoir s'offrir une diversité de point de vue est déjà un point, non?

Si ensuite, on dit que la masse "ne profite pas de son pouvoir", n'est-ce pas plutôt reconnaître que, déjà, avant le net, qu'il y a beaucoup d'indiens et peu de chefs: ce n'est pas tout le monde qui veut se mettre de l'avant et s'impliquer.

Y a-t-il une chance que le manque d'outil de participation, à la base, soit une cause de manque de participation et non une conséquence?

Je crois que sur le fond on a un point de vue similaire: internet n'a pas nécessairement changé les mentalités encore, on a tendance à consommer les nouveaux médias comme les anciens.

Ce qu'il faut noter, c'est que normalement, rapidement, une consommation différente émerge...

Au Québec, les signes massifs se font attendre...

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