ZEROSECONDE.COM (par Martin Lessard)

ZEROSECONDE.COM

Impacts du numérique sur la communication, notre société, nos vies.

Les 9 principes de l'accélération numérique

Kevin Kelly dans le New York Times magazine d'hier propose une bonne réflexion sur les technologies numériques et comment appréhender cette accélération qui nous assaille de partout. Il propose 9 principes à intégrer, à se répéter comme un mantra, afin d'entrer dans ce tourbillon du futur-maintenant en un seul morceau.
• Toute technologie a ses mauvais côtés. Plus puissante elle est, plus elle peut être détournée. Bien évaluer les tenants et les aboutissants.

• Les technologies évoluent si vite que vous devriez toujours retarder l'achat à la toute dernière seconde. Habituez-vous avec le fait qu'elles deviennent aussitôt obsolètes.

• Avant que vous n'arriviez à maîtriser un outil, une application ou une invention, il sera dépassé; vous allez toujours être un débutant. Donc, développez des aptitudes de bons débutants

• Restez sur vos gardes pour toutes technologies propriétaire. Si vous ne pouvez l'arranger, le réparer ou le modifier par vous-même, ça augure mal.

• La meilleure façon de réagir à une mauvaise technologie est d'en développer une meilleure, de la même façon que la réaction à une mauvaise idée n'est pas de la censurer, mais bien de la remplacer par une meilleure.

• Toute technologie possède un biais inhérent à ses présupposés initiaux: identifiez ce que cela implique comme conséquence.

• Personne ne sait vraiment à quoi va réellement servir une invention. Ce qu'il faut se poser comme question est que se passera-t-il quand tout le monde y accédera?

• Plus longtemps une technologie est installée, plus probable elle sera encore utile longtemps.

• Identifier l'apport de technologie minimale qu'il vous faut pour vous offrir le maximum de possibilités.
Voici la version anglaise originale. Faites-moi part de vos commentaires si ma traduction diffère trop de l'originale.

• Every new technology will bite back. The more powerful its gifts, the more powerfully it can be abused. Look for its costs.

• Technologies improve so fast you should postpone getting anything you need until the last second. Get comfortable with the fact that anything you buy is already obsolete.

• Before you can master a device, program or invention, it will be superseded; you will always be a beginner. Get good at it.

• Be suspicious of any technology that requires walls. If you can fix it, modify it or hack it yourself, that is a good sign.

• The proper response to a stupid technology is to make a better one, just as the proper response to a stupid idea is not to outlaw it but to replace it with a better idea.

• Every technology is biased by its embedded defaults: what does it assume?

• Nobody has any idea of what a new invention will really be good for. The crucial question is, what happens when everyone has one?

• The older the technology, the more likely it will continue to be useful.

• Find the minimum amount of technology that will maximize your options.

Intention d'achat: Facebook fans versus Twitter followers

Une étude américaine montre que les usagers de Twitter qui suivraient une marque sur ce canal sont deux fois plus prompts que sur Facebook à dire qu'ils achèteraient de la marque en question. Et au contraire, les gens de Facebook sont plus nombreux à dire qu'ils n'achèteraient pas. Un abonné à votre «newsletter» se retrouve quelque part entre les deux.

Donc, si on se fie à cette étude, et si les chiffres américains peuvent s'appliquer à d'autres régions, on peut dire qu'un «follower» Twitter de votre marque est plus enclin à acheter chez vous qu'un autre sur Facebook qui vous «like» ou qui serait abonné à votre bulletin.

Intention d'achat

eMarketer
partage quelques statistiques dans un article hier «Are Twitter Followers Better Than Facebook Fans?» où on apprenait que 37% des gens qui suivent un compte Twitter d'une marque (contre 27% pour Facebook et 17% pour la bulletin) se disent prêt à acheter.

eMarketer

Ce sont les fans de Facebook qui sont le moins d'accords (49%) quand on leur demande s'ils seraient enclins à acheter. Un fan, finalement, n'est pas si admirateurs que ça. À ce compte, mieux vaut une bonne grosse base de courriels (27% sont d'accord pour dire qu'ils sont plus enclins à acheter contre 32% qui sont en désaccord).

Intention de recommandation

Dans l'étude, faite en février 2010, les auteurs montrent que c'est aussi du côté de Twitter qu'il y a plus de chance de voir votre marque se faire recommander (33% pour Twitter contre seulement 21%).

eMarketer

Nuances

L'étude de ExactTarget semble donc monter que Twitter serait plus attirant dans une perspective marketing. Mais il faut se rappeler que Twitter a une beaucoup plus petite base de membres que Facebook. Probablement que dans le volume, Facebook rapporte en valeur absolue plus d'adhérents à votre marque. Mais d'un autre côté, Twitter est composé davantage d'influenceurs que Facebook, qui serait lui plus «mainstream», souligne l'étude.

De plus, il faut faire attention, on parle ici d'intention. Les fans Facebook sont souvent, précise le rapport, selon eMarketer, déjà des fans dans la vraie vie et que le «like» n'en serait que le reflet: il leur serait difficile d'augmenter davantage leur achat ou de recommander davantage qu'ils ne le font déjà.
Ceux qui me suivent sur Twitter se rappellent le lien vers une autre partie de cette étude qui donne les motivations de devenir fan sur Facebook d'une marque.

eMarketer

Dans l'article «The Thin Line Between Liking a Brand and Liking Its Social Marketing» eMarketing montre que les motivations pour appuyer sur «like» dans Facebook varient beaucoup et il est donc illusoire de penser que la conversion est de 100%. C'est par contre une façon pour l'usager de monter son intérêt pour la marque comme une façon de s'exprimer dans son réseau social.

Dans le même article, pour mémoire, l'étude montre, pour les internautes américains les principales raisons d'utiliser Facebook en général. Toute génération confondue, les deux principales raisons sont celles-ci:

(1) Pour maintenant ses contacts personnels et
(2) reconnecter avec d'anciens amis ou qui habitent loin

Les 15-17 ont tout de même aussi une préférence pour «se maintenir au courant de son réseau social», besoin qui diminue grandement avec l'âge (diminuant de moitié) peut-être parce que justement les gens au travail et établis dans la vie ont accès à une vie sociale étable hors ligne amplement satisfaisante et que Facebook ne serait que l'appoint.

Ma présentation «Crédibilité[s] : construction de l’autorité dans les médias sociaux»

Avec la montée de l'Internet comme fabuleux réservoir de savoir, on apprend à devenir autonome comme "demandeur de connaissance". Mais émerge alors la question: comment avoir confiance en une information sur le web en dehors des institutions «légitimantes»?

Une institution «légitimante» est une institution qui donne à des individus un pouvoir instantané de crédibilité. Un nouveau journaliste dans un journal n'a pas à «faire ses preuves": on considère qu'il a été justement recruté parce qu'il avait les qualités nécessaires pour exercer sa profession.

Ce n'est pas le cas d'un nouveau blogueur. Et ce n'est pas le cas nécessairement d'une information que l'on retrouve sur le réseau. On doit probablement faire l'exercice de déterminer la crédibilité a posteriori, par nous même, seul.

Quel est ce processus? Qu'est-ce qui est à l'oeuvre quand on décide de s'informer par nous-mêmes sur internet? Comment arrivons-nous à donner crédit à ce qui est dit sur le réseau en l'absence de système de validation classique (bibliothèque, journaliste, professeurs, etc.)

Voici la présentation que j'ai donnée au PodCamp Montréal ( #pcmtl) samedi dernier (voir un extrait vidéo)



Je me suis basé sur trois documents pour construire ma présentation. Oui, trois documents qui ont été validés par une institution légitimante qu'est l'Université. Mais, pour la petite histoire, c'est via le réseau, sans référence d'institutions académiques que je les ai trouvé, par sérendipité pourrait-on dire (qui est en soi l'autre facette, que nous ne discuterons pas ici, du processus d'auto-apprentissage généré par l'accès libre au contenu déposé sur Internet).

The Element of Computer Credibility, par B.J. Fogg et H. Tseng (PDF)

L'aspect de la crédibilité véhiculé par les produits informatiques est au coeur de la préoccupation du docteur Fogg, chef du Persuasive Technology Lab. Il cherche à comprendre et à expliquer de quelle façon l'usage de l'ordinateur change notre comportement (temporairement ou de façon permanente). Autrement dit, comment la manipulation mécanique d'information virtuelle en dehors de tout apport social direct (sans intermédiaire humain) aboutit à un changement de comportement ( comment il «persuade» l'usager).

Ce rapport de recherche, écrit en 1999, fait le point sur le phénomène en définissant les termes principaux et en synthétisant les recherches dans le domaine. Il ouvre ensuite la possibilité d'explorer ce que l'usager fait pour croire en ce qu'il manipule à l'écran. C'est don un bon point de départ.

Construction de l'autorité informationnelle sur le web, par E. Broudroux (PDF)

Le repérage et l'indexation des documents ont radicalement changé depuis l'adoption massive d'internet par le grand public. Des outils «sociotechniques» sont venus classer d'une manière nouvelle l'information en donnant plus de visibilité à ceux qui sont le plus référencés. Cette contribution plus récente d'Évelyne Broudoux sur les “systèmes bâtisseurs de réputation et de notoriété” et les “outils sociotechniques d’autorité cognitive” font émerger ce qui sera discuté dans la troisième source les autorités cognitives. Ce concept débouche sur celui d'influence et est le résultat d’un jeu de forces. La nuance ici qu'elle apporte consiste à signaler qu'une l’autorité informationnelle est plutôt «susceptible d’être portée par un individu ou un groupe, un objet ou un outil cognitif ou encore un média, n’a pas pour fonction principale l’influence, mais celle d’in-former (donner une forme)».

On ne parle pas ici donc d'une autorité traditionnelle (soumission volontaire, sans violence, à une hiérarchie), ou celle fondée sur le droit (autorité institutionnelle légale) ou même une autorité charismatique (fondé sur la seule personne, d'abord par attrait, puis souvent ensuite par coercition). La construction de l’autorité informationnelle sur le web se bâtit à partir d'un mélange d'autorité énonciatrice, institutionnelle, de contenu et de support, bouleversés par l'auto-publication et la baisse relative du filtrage institutionnel qui permet l'arrivée de nouveaux acteurs, et remet en question l'attribution de confiance classique.

Second-hand knowledge: an Inquiry into cognitive authority, par Patrick Wilson (Amazon)

Publié en 1983 par le regretté professeur de Berkeley, ce livre couvre un vaste domaine épistémologique. Si nous devions ne dépendre que de nos propres connaissances personnelles, nous serions sérieusement limités pour comprendre le monde qui nous entoure. En fait, nous dépendons des autres pour la majorité de nos idées et connaissances. Avec les informations que les autres nous rapportent, nous construisons une vision du monde qui nous permet d'agir. Cette connaissance qui nous permet aujourd'hui d’agir est de «seconde main», c'est à dire pas acquise de «première main». Nous devons faire confiance à une «autorité cognitive» car celle-ci ne possède un savoir accumulé (réponses aux questions closes) ou une opinion éclairée (réponses aux questions en suspens) pour nous guider quand nous n'avons pas toute la connaissance ni l'expertise pour juger.

C'est une influence légitime (on ne parle pas d'influence par la publicité par exemple). Partout où l'information et les connaissances circulent librement, le problème du filtrage personnel commence. L'usager, en dehors de sa sphère de compétence, doit sélectionner comme pertinente une connaissance via une source qu'il trouvera crédible dans son domaine. Ce qui pose la question de la fiabilité de l'information disponible sur les réseaux et de la compétence des usagers pour la traiter. Le choix se fait par crédulité ou dogmatisme. Mais il se fait aussi par plausibilité du texte. Quand celui-ci entre en résonance avec le monde que l'on s'est construit, il acquiert davantage de crédibilité. Si tout se résume à de la pure subjectivité, et l'auteur ne cache pas qu'il n'y a pas d'assise objective pour nommer de façon absolue une autorité cognitive, il reste néanmoins que le processus de «crédibilisation» est un fait réel et observable. C'est que ce que j'ai tenté d'observer dans ma présentation.

Je peux développer dans un autre billet si le thème vous intéresse.

Un extrait de la conférence Crédibilité[s] donnée au PodCamp Montréal

J'ai donné une présentation sur les Crédibilité(s) (construction de l’autorité et de la notoriété dans les médias sociaux) au Podcamp (#pcmtl) samedi dernier. Voici un en extrait vidéo.

L'axe choisi tourne autour d'un monde où, dans la surabondance de sources, émergent des formes de construction de crédibilité sur médias sociaux qui se font en l'absence d'institution "légitimante" (un journal transmet de facto une crédibilité au journaliste au jour 1). Comprendre le mécanisme de "crédibilisation" permet alors de voir comment certains, sur un réseau permettant l'autopublication, peuvent devenir une autorité cognitive en se bâtissent une notoriété autour d'un contenu de qualité a posteriori (en absence de validation a priori des pairs).

Je remercie toute l'équipe de Podcamp d'avoir filmé et mis un extrait de la conférence sur UStream. Les aléas de la technique ont fait que la première partie n'est pas disponible (c'est le risque d'être le premier à ouvrir le bal si tôt le matin), mais vous avez la deuxième moitié et ça reste compréhensible quand même.

Crédibilité[s] Martin Lessard. PodCamp Montréal, 11 septembre 2010 (extraits)



Je vous promets de faire un (ou des?) billet(s) reprenant les contenus de la conférence si ça vous intéresse. Laissez moi des commentaires ou des liens vers des pages pour approfondir la réflexion.

Mise à jour: Ma présentation est disponible ici
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Podcamp / MediaCamp Montréal 2010

La rentrée est particulièrement bien dense en événements cet automne. Celui à ne pas manquer est la double "non-conférence" Podcamp & MediaCamp, 10, 11 et 12 septembre prochain à Montréal. Tout le who's who du Québec numérique s'y est donné rendez-vous.


Interview fait par ZeLaurent (non, non il n'a pas le Parkinson, il tourne avec son iPhone 4) sur ma perception de ce que sera le podcamp de la fin de semaine prochaine. (Si vous êtes sur un iPad, vous pouvez cliquer ici)

Je brise la glace le vendredi matin (au MediaCamp) et samedi matin (à une des deux pistes franco de Podcamp).

Mes "non-conférences" que j'y donne seront d'environ 15-20 minutes suivies d'une discussion ouverte avec la salle d'une période de temps similaire. Je compte bien vous apprendre deux ou trois bricoles, mais je veux qu'en échange vous m'en appreniez autant!

Crédibilité(s) : Construction de l’autorité et de la notoriété dans les médias sociaux
Samedi 09h30 Salle Agora (stream web)
Dans la surabondance de sources, comment se construit une crédibilité de qualité sur les médias sociaux? Devenir une autorité cognitive demande de comprendre comment se bâtissent la notoriété et la fiabilité en réseau.

Je vous ferai part de ce que j'ai appris sur le sujet, appliqué à notre domaine. Et on discutera ensuite de vos perceptions et de vos propres constats, tous ensemble.

La Chaîne des valeurs : comment internet s’arrime-t-il avec l’industrie de la télé
Vendredi 09h30
Introduction à la logique industrielle qui se met en place dans la webTV entre autres, mais aussi pour tout contenu audiovisuel en ligne.

J'explorerai comment la webTV se fait un chemin dans cet univers (pas toujours rose) mais aussi le changement fantastique de paradigme qu'elle apporte et on partagera nos points de vue sur l'inévitable refonte du financement à venir pour supporter la nouvelle génération numérique.

La plus grande densité de gens intelligents au pouce carré à l'est de Mountain View

Ces conférences sont données tous gratuitement (même les conférenciers payent leur entrée!). J'y vois comme une façon d'auto-organiser nos apprentissages en continu dans un contexte où notre domaine nous appelle à changer constamment.

Le programme du PodCamp regorge de sujets plus passionnants les uns que les autres. Voici un aperçu (le choix va être difficile!):

  • Le Podcasting : C’est quoi? Ça vient d’où? Comment en faire? avec Laurent LaSalle
  • Podcasting is bigger than Twitter but who gives a fuck? with Sylvain Grand’Maison
  • La vie après le journalisme, avec Bruno Guglielminetti
  • Search & Social Media for Online Publishers, avec CT Moore
  • Search vs. Social, avec Brian Rotsztein
  • Préparer un événement à l’aide des médiaux sociaux, avec Frédéric Harper
  • Table ronde sur la production de contenu, avec Michel Coulombe, Félix Séguin et Jean-François Poulin
  • Comment être intéressant sur Twitter : L’importance du personnal branding pour attirer les followers, avec Thoma Daneau
  • Revenue Generating Trends for Bloggers, avec Kim Vallée
  • Comment booster l’audience d’un blogue / podcast en utilisant les médias sociaux avec Benoit Descary
  • Enfants pour l’Éducation, avec Félix Trépanier
  • The Art World Invades Social Media - How an artist and gallery owner makes the most of blogging, Facebook, and Twitter, avec Bettina Forget
  • Going against the Grain, avec Chris «Zeke» Hand »
  • To share or not to share? Exploration du Capital Social pour l’utilisation du marketing viral, avec Olivier Mermet
  • Le Dilemme du Réseau, avec Sylvain Carle
  • Introduction à la création d’une communauté et d’une marque autour de soi, avec Kim Auclair
  • I want to pogne : bloguer en français ou en anglais? avec Fanie Grégoire
  • Faut-il s’entêter à tout faire chez soi? L’expérience de communautés sans fil avec les nouveaux médias, avec Laurent Maisonnave et Dave G. Pelletier
  • Mieux comprendre ce qu’est le cyberterrorisme, avec Julie Horn
  • How to efficiently spark professional connections in the arts, with Raphael Ettore
  • Social shopping : Le shopping en mode Gang Bang, avec Yasha Sekhavat
  • Ces images qui mentent, avec Olivier Bruel
  • Small Business and Social Media, with Sandy K. Sidhu
  • Getting Students Engaged through Social Media? with Alexandre Enkerli
  • Strategie média sociaux pour un événement de levée de fonds, avec Marie Annick Boisvert et Camille Desrosiers
  • Gérer son temps à travers les réseaux sociaux, avec Hicham Souilmi
  • et, aussi, bien sûr, la Michelle Blanc, notre grande dame que les journalistes surnomment la papesse du web 2.0.
Au programme du MediaCamp

  • Social TV : Comment réussir à tirer profit de l’activité sociale au croisement de la télévision et de l’Internet ?, avec Laurent Maisonnave et François Bédard
  • Discussion : Le Web amène une vitesse de traitement de l’information de plus en plus rapide qui ne se prête pas à tous les sujets. Est-ce que ça pose de nouveaux défis d’un point de vue déontologique ?, avec Mathieu Lavallée
  • Est-ce que les journalistes auront encore du travail dans 2-3-5 ans, et quelle forme prendra ce travail?, avec Gilles Lajoie
  • Comment tirer le maximum de l’interactivité et des communautés pour les sites d’informations, et quelles sont les craintes injustifiées, avec Bruno Boutot
Détails:

Horaire du PodCamp sam-dim 11-12 sep 2010 Inscription 30$ (incluant le MediaCamp)

Horaire du MediaCmap Ven 10 sep 2010 Inscription 30$ (incluant le Podcamp)

(vous aurez compris, c'est 30$ pour les 3 jours)

Lieu: Cœur des sciences de l’UQAM

Hash tag: MediaCamp #mcmtl , Podcamp #pcmtl

Ping ne sera pas le MySpace killer attendu (loin de là)

Dans la seconde même où Steve Jobs annonçait le lancement de Ping, le nouveau «réseau social de musique» d'Apple, @Scobleizer a tweeté «Apple just killed MySpace. Totally dead now». On peut conclure deux choses: Scobleizer a (1) exprimé l'ampleur de ses attentes messianiques face à un service qu'il ne connaissait pas et (2) démontré qu'il est impossible d'avoir du recul en temps réel.

iPad

[Mise à Jour: lundi 6 sept '10: j'ai ajouté quelques précisions entre crochets et j'ai fait quelques corrections stylistiques et orthographiques]


Pour le point 2, Scobleizer donne parfaitement raison aux détracteurs de la communication en «temps réel» (Virilio en tête: «L'immédiateté est le contraire de l'information») et autres annonciateurs de l'antéchrist [MàJ: Rioux: Avant d'écrire, il fallait d'abord apprendre à se taire].

Je n'aborderai pas ce sujet, le volubile Scobleizer n'étant pas à mon avis dans le paradigme journalistique des faits (modèle de véracité validé a priori) mais plus dans un modèle d'opinions probabilistes --dans le lot de ses intuitions, certaines devraient bien se réaliser (modèle de véracité a posteriori).

Pour le point 1, quand Apple annonce un produit, inutile de dire qu'il dépasse souvent nos attentes. Mais Ping est un service et ce n'est pas la même chose. Et dans le domaine des réseaux sociaux, Apple ne fait pas figure de proue.

Le problème avec Ping

Ping vient avec la dernière mouture d’iTunes (v10). Apple vient y ajouter une composante permettant une sérendipidité sociale pour découvrir de nouveaux morceaux. On peut suivre ses «amis» pour connaître ce qu'ils «aiment», «commentent» ou «achètent» sur iTunes.

Erick Schonfeld de TechCrunch le décrit bien: le plus grand problème qu'il y voit est que Ping est exclusivement confiné à iTunes. «iTunes n'est pas social, il n'est même pas sur le web». Pas moyen (encore) de le relier à d'autres réseaux sociaux (ni même de copier un URL et de le partager).

Contrairement à ce que dit Wired, le web n'est pas mort et le HTML est le langage universel.

Et Apple a comme assomption que ce que vous achetez, vous l'aimez. Hum. Mon iTunes à moi est simplement un magasin en ligne pour toute ma famille. Je n'aime pas tout ce que j'y achète [MàJ: mes enfants, par contre, adorent]. Mon reçu de caisse n'est pas une pétition. Si au moins je pouvais activer le bouton «musique que j'aime» quand j'écoute, ça serait déjà une amélioration --et sémantiquement plus approprié. Le iStore n'est pas l'endroit où je me tiens en permanence [MàJ: iStore est magasin de iTunes, un sous-menu en fait, mais qui représente un espace tout à fait différent du reste du logiciel].

Ping ne s'intéresse qu'à ce que vous faites dans le iTunes Store, pas dans vos listes. Et me retrouver comme un pusher de mp3 (un énorme bouton d'achat apparaît à côté de vos «recommandations») me laisse dubitatif... [MàJ: quand on s'inscrit à Ping, on reçoit un courriel signé «The iTunes Store Team». On ne cache pas ses couleurs]

Pas d'achat, pas de post sur votre timeline.

Eh oui, pour afficher dans mon flot de nouvelles, je dois acheter une chanson.

Bien sûr, les grands de ce monde (comme Cold Play), eux, ont droit à une «timeline» qu'ils contrôlent. Mais pas le citoyen lambda. Voilà bien un réseau social bien médiéval: les puissants ne frayent pas avec le peuple.

Ping dans iTunes est un exemple de sérendipité automatisé pour découvrir des chansons. Le «social» y est plutôt subordonné au commercial.

Apple n'est pas reconnu pour son côté social (il n'a pas de présence dans les médias sociaux comme on pourrait s'y attendre d'une grande compagnie).

C'est une compagnie de hardware et de software, et l'humain y a été modélisé a un tel point (Apple excelle dans la relation humain-machine) qu'ils ont oublié ce que c'est la relation humain-humain...

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Plus de lecture: 10 things Apple can do to rescue its experiment in social networking (de Philip Elmer-DeWitt de CNN)

51 ans: l'âge moyen des téléspectateurs

Voilà qu'on apprend dans le New York Times de l'édition de dimanche dernier, et je suis surpris que cela n'ait pas fait plus de bruit que ça, que l'âge médian des téléspectateurs des 4 grands télédiffuseurs américains (Fox, CBS, NBC, ABC) était de 51 ans.

Les téléspectateurs ont donc vieilli deux fois plus vite que la population en générale (une façon polie de dire que les jeunes ont quitté les 4 grands pour aller sur le câble ou le web -- autrement dit, du contenu niche)

Ce que l'on va donc voir de leur côté est une recrudescence des publicités pour «vieux» sur ces réseaux... et des programmes plus adaptés pour eux. Ce qui accéléra probablement l'exode des «jeunes». (ou, si vous voulez, vieillira les spectateurs).

La télévision généraliste, une télé pour vieux? Et les niches seraient donc pour jeunes? Agrémenter l'offre de contenu en ligne par l'acquisition de webTV pourrait être une façon pour les télédiffuseurs de garder leur jeune audience...et les revenus publicitaires.

Empire Avenue : la bourse des influences

Empire Avenue est le dernier né des «vitual stock markets», mi-jeu, mi-sérieux, qui met en scènes des influenceurs de la blogosphère et des réseaux sociaux.

Empire Avenue

Sur le même principe qu' Hollywood Stock Market (HSX) qui permet de «trader» des films et des stars dans une bourse virtuelle en ligne (et même si c'est un jeux, le niveau de précision quant au succès futur d'un film ou de la carrière d'un artiste est assez réaliste).

Empire Avenue pousse le concept dans le monde en ligne. Ouvert à tous, mais orienté influents numériques car les actions montent ou descendent en partie en fonction des posts (blogue), tweets (Twitter), updates (Facebook) et partage (Flickr). Ceux qui sont très familiers avec les outils 2.0 auront la part de lion assurément.

L'abonnement se fait en quelques clics, et on entre les coordonnées des sites qui rayonnent votre identité (on ajoute un code, par exemple, sur son blogue, le mien est EAVB_AHDOGSBODN ) et voilà, on commence avec un petit pécule pour monter son portefeuille.

Mes actions sont sous le ticker ZS

Ce qui est intéressant, en ce moment, c'est que l'on peut voir que le principe peut réellement montrer qui a de l'influence dans la sphère technocratie. Sur le web, on peut monter des milliers de followers dans Tweeter ou y suivre des milliers de personnes: ce n'est pas le cas sur Empire Avenue où notre porte-monnaie n'est pas illimité. Il faut dépenser ses sous avec soin.

Je ne sais pas si, à terme, un des buts d'Empire Avenue sera de vendre aussi leur monnaie virtuelle, mais d'ici là, une réelle valeur se crée dans cette bourse, car les actionnaires choisissent avec précaution leurs sous à dépenser.

Impossible de tomber dans l'excès; le système bâtit de la rareté, donc de la valeur. Émerge alors les «vrais» influenceurs, les «rares» qui méritent notre attention (on peut suivre le fil de son portefeuille, donc on est doublement incité à ne sélectionner que la «crème»). La «crème» qui a bien voulu s'inscrire, évidemment, car contrairement à HSX, on ne «trade» que les abonnés au service.

On peut voir aussi ce service comme une une façon de crowdsourcer la recherche des influenceurs, qui ont grande portée (reach) --personnes qui sont utiles pour le modèle d'affaires d’Empire Avenue.

Empire Avenue

Le modèle d'affaires

Empire Avenue se veut un «influence stock exchange» doublé d'une plateforme de publicité qui permet aux individus (et aux compagnies) de convertir leur influence en ligne en revenu. Oui. Car ils espèrent connecter les annonceurs avec les influenceurs. Ceux-ci contrôlent ce qui est publicisé avec leur image, permettant j'imagine une meilleure affinité avec l'audience. Un système de partage de revenu généreux permet de garder tout le monde heureux.

Le temps dira si le concept tient la route et trouve la rentabilité.

Médias traditionnels vs Médias sociaux vs Médias citoyens

J'ai participé hier à Montréal à la seconde édition du Rendez-vous des médias citoyens. ZeLaurent en a profité pour me soutirer quelques réflexions sur la place des médias sociaux face aux médias dits traditionnels et aux médias sociaux.


Sur Youtube (3:44)

Filmé avec son tout récent iPhone 4, le résultat n'est pas mal du tout.

J'ai essayé de distinguer la nuance entre les trois «médias». Les médias sociaux et les médias traditionnels ont été débordés sur leur flanc par les réseaux sociaux, qui sont un modèle de communication à l'horizontale.

Si on voit le média traditionnel comme une communication par le haut («top down»), on voit alors les médias citoyens comme une communication par la base («bottom-up»). Les médias sociaux sont eux bidirectionnels par définition et portent sur tous les sujets et inondent complètement tous les canaux.

L'usage des médias sociaux par les médias citoyens, notamment pour la défense des droits humains, est une opportunité de court-circuiter les gardes-barrières des médias de masse pour rejoindre eux aussi la population et changer le monde.

Bixi en réalité augmentée

L'agence Phéromone annonce la sortie de Bixar pour les utilisateurs de Bixi, afin de repérer les stations les plus proches et leur nombre de Bixi ou de places disponibles.

BixarBixi est la solution écolo Made in Québec de transport urbain sur deux roues. Bixar utilise la « réalité augmentée » (ou Augented Reality, d'où le AR dans BixAR) qui utilise le GPS sur les téléphones intelligents (iPhone, Androïd, 3G), sa caméra photo et superpose à l'écran les points de repère visuels pour indiquer virtuellement la proximité des stations Bixi (il peut aussi faire un mashup sur une carte Google).

Bixar roule sur Layar et Wikitude et est gratuit (Merci à toute ton équipe, Philippe!)

«Ce projet n'implique pas la Ville de Montréal ni Bixi. Les données obtenues sont publiques (open data) et rendues disponibles par la Ville dans le cadre de son projet Bixi. [...] Ce projet original a été réalisé par des membres de l'équipe de Phéromone dans le cadre des initiatives d'innovation personnelles. Il s'inscrit dans les projets de participation à la communauté de l'agence d'interactions.»

En savoir plus: Bixar (post du blog de leur lab) et le communiqué de presse

Si vous êtes intéressé à la Réalité augmentée, j'ai fait une introduction en 5 billets et Bixar correspond à ce que je plaçais dans la catégorie 2.

Rendez-vous des médias citoyens - 2e édition

À un moment charnière où on voit l'arrimage entre les médias de masse et les médias sociaux, comment la sphère publique se démocratise-t-elle et dans quelle direction cela nous propulse? Le Rendez-vous des médias citoyens est de retour pour une deuxième édition: lundi 23 août 2010 à Montréal (inscription gratuite)

Rendez-vous des médias citoyens - 2e éditionJe participe cette année à cet événement unique «Le Rendez-vous des médias citoyens souhaite approfondir les pratiques innovatrices à l’intérieur de l’écosystème des médias citoyens ici et ailleurs dans le monde.»

- Comment le public s’approprie-t-il les projets afin d’être mieux informé et de se mobiliser?

- Comment les médias citoyens peuvent-ils servir la cause des droits humains?

«Le Rendez-vous des médias citoyens rassemble blogueurs, cinéastes engagés, photographes et journalistes citoyens, experts des médias, praticiens des médias alternatifs et autonomes, entrepreneurs du web médiatique, ainsi que d'autres partenaires du paysage des médias en pleine ébullition.» (source)

Horaire

9h30 : Ouverture des portes

9h30-10h30 : Cinéma Politica rendez-vous vidéos, Exposition d'affiches Imagerie populaire, Réseautage

10h30-13h00 : Panel «Accès et appropriation des médias citoyens afin de mieux informer et mobiliser le public»

14h30-17h00 : Je serai au panel (animé par Frédéric Dubois) : «Utilisation citoyenne des nouveaux médias à la défense des droits humains» avec:

Au plaisir de vous y voir, lundi 23 août 2010, au Palais des congrès de Montréal (201 Avenue Viger Est)

Digg.com : noyauté par la droite américaine

Un réseau de conservateurs américains a été pris la main dans le sac à manipuler digg.com pour favoriser les articles en leur faveur. Un autre cas d'astroturfing. Source: Massive Censorship Of Digg Uncovered [alternet]

iPadLes Américains ont le don d'inventer des mots si évocateurs pour des réalités si actuelles que l'on n'ose pas trouver d'équivalent français.

Si «Grassroot» réfère à un mouvement «venant de la base», Astroturfing, du nom des plaques d'herbes synthétiques pour les stades, dit bien ce qu'il veut dire: du «grassroot» synthétique.

L'astroturfing est ce faux mouvement de la base, délibérément forgé pour donner l'impression qu'il s'agit d'un mouvement populaire spontané ("grassroots"). L'astroturfing cherche à forger l'impression qu'il s'agit d'un véritable mouvement populaire. À l'affût de ce qui se dit dans les médias et le web, ils se rendent sur les "lieux" pour "partager" leur voix et le fond passer pour celle du «peuple»

Cette manipulation sert à créer l'apparence d'un public autonome qui réagit démocratiquement. La démocratie implique pourtant que chaque individu ait une voix et une seule. L'astroturfing triche sur ce point.

Quand un mouvement se fonde sur de fausses identités et de multiples comptes, il n'y a pas de démocratie. Malheureusement, les forums ou les plateformes de participation sont souvent victime d'astroturfing.

«Digg Patriots» est le nom d'un regroupement de conservateurs américains qui sévissaient sur Digg pour promouvoir des articles prônant leur idéologie («digg») et enterrant ceux plus libéraux («bury»).

Ils se mettaient à plusieurs pour manipuler les résultats, votant pour un article choisi afin qu'il se retrouve en première page (et enterrant les autres). Un site promu sur Digg.com fait normalement exploser les visites, d'où l'importance d'être «diggué». Se faire «enterrer» correspond à un encéphalogramme plat côté visite.

La fraude à grande échelle laisse des traces

Pour détecter de telles fraudes, un outil statistique peut créer des graphes de clusters des relations: il est facile de voir qu'une minorité fait systématiquement les mêmes gestes. Statistiquement, on verrait les mêmes membres voter pour les mêmes articles de façon répétée dans le temps.

Le graphe montrerait une excroissance où les usagers se retrouvent rattachés ensemble d'une façon trop rapprochée. Ces patterns sont détectables.

Digg.com dit vouloir sortir sa version 4 qui réglerait une partie du problème (il n'y aurait plus moyen d'enterrer (bury) un article). Attendons. Mais ils auraient pu être plus proactifs avant...

L'imputabilité du contenu généré par les utilisateurs

La différence entre une plateforme de réseau social et de une plateforme de vote, c'est l'imputabilité: sur Twitter ou Facebook, quand on publie quelque chose, c'est notre propre réseau qui le reçoit. On peut pousser tout ce que l'on veut, ce sont des membres (friends ou followers), qui sont consentants, qui reçoivent la nouvelle. Il n'y a pas moyen de frauder le système sans spammer son propre réseau --il n'y a aucun intérêt. L'intérêt, c'est de spammer les autres.

La différence ici tient au fait que sa propre communauté offre une certaine garantie de qualité. Les réseaux sociaux induisent une imputabilité de l'émetteur. Il est plutôt difficile de créer une désinformation de masse, car il faut suivre la personne pour recevoir ses messages. Et le fraudeur se ferait vite remarquer...

Autre billet sur le sujet:
Astroturfing : l'usurpation de représentativité
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Youtube : 15 minutes pour tous les usagers

C'est Warhol qui avait raison: on aura tous notre 15 minutes de gloire. YouTube vient de pousser la limite pour tous les usagers à 15 minutes par vidéo. Anguille sous roche.(Source: Blog Youtube Upload limit increases to 15 minutes for all users)

La limite de 10 minutes maximum par vidéo pour les «non-partenaires» est maintenant levée. N'imaginez pas que les contenus «générés par les utilisateurs» seront de meilleure qualité pour autant (la règle du 90 secondes tient toujours --on n'écoute que de petits segments sur le web et sur les mobiles).

Youtube pro?

Les professionnels devraient pouvoir en profiter davantage; diffuseurs aussi. Les 15 minutes sont amplement suffisantes pour un segment d'émission (les émissions sont saucissonnées au moins 4 fois l'heure). Soit le court-métrage dure 15 minutes, soit qu'il est en deux parties. Et on peut mesurer la popularité par segment.

Youtube BBM?

On peut imaginer des pilotes d'émission sortir sur YouTube en premier et mesurer l'intérêt (un faible différentiel entre la deuxième partie et la première partie indique l'intérêt).

Opération Overlord !

Il m'apparaît que ce changement, associé au Youtube Content ID (qui permet aux ayants droit de contrôler leur contenu sur la plateforme) à Youtube LeanBack (regarder un stream vidéo sans autre intervention que d’avancer ou de reculer) va dans le sens d'un débarquement en règle de Google sur le territoire de la télévision, comme suggéré dans mon récent billet YouTube à l'assaut de votre salon.

15 minutes forment un segment qui peut intéresser les professionnels ou les diffuseurs. Cette segmentation suit davantage les standards de l'industrie télévisuelle... La plateforme YouTube déploie donc ainsi son porte-avions pour court-circuiter à terme les tou.tv ou les Hulu.com de ce monde...

Les chambres de commerce

Les chambres de commerce: c'est du réseautage. Les «club business»en ligne aussi.


Le premier favorise la «présence» et le second les «idées». L'un n'exclut pas l'autre évidemment. Mais chaque structure avantage une approche. Il n'y en a pas une qui est meilleure que l'autre. Ça dépend du groupe.

Mais il est clair que le déplacement vers le numérique des relations d'affaires place les chambres de commerce dans une situation de «concurrence» avec les médias sociaux sur certains côtés.

Synchrone vs asynchrone

Les conversations asynchrones et archivées offrent une «mémoire» (un «accès» à la connaissance emmagasinée) qui n'existe pas dans une rencontre «synchrone» en personne (on ne peut capter la conversation que si on est là)

Dans une rencontre «synchrone», il y au une grande part d'émotion et de relationnel. On brasse des affaires en personne et ça se règle par une poignée de main.

Dans une communauté en ligne, c'est plus un brassage d'idée et un rapprochement des affinités. L'émotif compte moins que le rationnel dans une certaine mesure (l'écrit appelle une rhétorique basée sur la logique). Et émerge nécessairement d'autres leaders : on ne brille pas de la même façon en personne ou par écrit. En laissant «des traces écrites», on est mieux en mesure de juger de la pertinence de quelqu'un...

Émergence d'une nouvelle classe de leaders

Ce à quoi on assiste c'est donc une émergence d'une nouvelle classe de leaders qui brillent non pas par leur «présence» mais par leurs «idées».

Et comme les contacts sont plus fluides en ligne, donc plus efficace, donc valorisé, un réseau alternatif de gens d'affaires peut émerger et faire des affaires différemment...

Linkedin Québec, la «chambre de commerce» en ligne

Le groupe Linkedin Québec géré par Simon Hénault est un bon exemple. Le groupe sur Viadeo sur la microentreprise aussi.

Durant vos vacances, allez-y faire votre tour. La plage, c'est tellement out! ;-)

À 5000 mètres d'altitude, on peut trouver que, comme la surface de l'eau, un club semble impénétrable (et c'est le cas) mais de plus près et lentement, comme la surface de l'eau, on peut s'y plonger sans problème...

Flipboard pour iPad - le magazine de votre réseau social

«Flipboard for iPad» est une application pour la tablette d'Apple et le premier «magazine social» : il fait l'agrégation des nouvelles de votre réseau et filtre le reste du réseau.

Flipboard intègre le flux des utilisateurs de votre Facebook et Twitter pour créer un magazine interactif composé de liens, des nouvelles, des photos et bien sûr de mises à jour de vos amis.

Flipboard propose aussi une sélection de nouvelles dans des catégories, telles que les sports, nouvelles, technologies, et de style de vie, triées par des «curateurs».



Flipboard est offert gratuitement sur iTunes.

La compagnie a déclaré qu'elle intégrera un puissant outil d'analyse sémantique pour traiter les données en temps réel afin d'extraire et de les classer en fonction des préférences des réseaux sociaux.

Je l'ai essayé et franchement, si vous aimez twittertim.es, vous aimerez Flipboard!

Filtre social

Je vous parle souvent sur Zéro Seconde que le filtre social est une puissante méthode pour trier l'information. Dans une surabondance d'information, quand il est rationnellement difficile de faire des choix et de trier soi-même, son propre réseau social est une façon toute simple de trouver ce qui «fait sens» (ce qui «fait sens» c'est ce qui l'est pour ma communauté, pour suivre le courant constructiviste).

Avec le iPad, merveilleux outil de consommation de contenu à l'écran, le retour à la qualité de «mise en page» (que l'on avait perdu avec le web) revient en force et donne une autre saveur au contenu

Avec plus de 1 milliard de messages partagés tous les jours, les réseaux sociaux sont en train de devenir le principal moyen de faire découvrir et partager du contenu sur le Web.

Quoi de plus logique que lier la mise en page dynamique du iPad avec le dynamisme des contenus des médias sociaux.

Magazine écran

Flipboard est à la fois «intime, vivant et joli». En redéfinissant le magazine (plus personnel) et en donnant un visuel plus alléchant aux réseaux sociaux (plus graphique) Flipboard est un pas de plus vers la redéfinition de l'édition traditionnelle et de la lecture individuelle.

«La lecture sur écran encourage, elle, à la fabrication rapide de modèles, en associant une idée avec une autre, en nous armant pour nous débrouiller avec les milliers d’idées nouvelles qui sont exprimées chaque jour. La lecture sur écran récompense et nourrit la pensée en temps réel.» (Lire d’une tout autre manière Xavier De La Porte citant Kevin Kelly)

L'émancipation de l'écran de PC est un pas décisif à mon avis pour le passage du papier (qui ne disparaîtra pas) vers l'écran de lecture. Flipboard en donne le meilleur aperçu.

.co lon?

Un autre grand nom de domaine (TLD) vient d'être ouvert: .co. Oui point co, sans le m. Disponibles sur GoDaddy.com, Register.com, Network Solutions, et d'autres.

L'un des premiers à adopter ce nom de domaine: Twitter, qui a le t.co de domaine, qui l'utilisera pour son service de "raccourcisseur de liens".

Comme vous pouvez l'imaginer, la plupart des noms courts (a.co, b.co, et même ta.co) sont déjà pris. Même si le service ouvre au grand public aujourd'hui, il a été depuis longtemps coloniser par les squatteurs...

Ce qui confirme que les noms de domaine sont une forme d'extorsion (ce n'est qu'une répétition des .com) et qu'il faudra éventuellement passer à autre chose (les prochaines générations n'auront plus rien à se mettre comme URL).

HackTheJobMarket.com

Il est temps pour le web de passer à l'assaut du marché de l'emploi. C'est une industrie qui attend toujours sa révolution 2.0. Plus pour longtemps.

Passez le motJ'assiste une startup montréalaise depuis quelque mois pour monter un plan d'attaque et renverser ce marché. Les investissements sont là, l'équipe de conseillers est en place. Prochaine étape cet été: engager deux contributeurs seniors qui ont le potentiel de devenir des cofondateurs (si affinités). Passez le mot.
Recherché: un gestionnaire business, ascendant geek, capable de piloter le navire entre les récifs, comprenant comment la technologie peut conquérir des marchés et sachant manipuler les modèles d'affaires pour arriver aux résultats souhaités.

Recherché: un architecte-programmeur, ascendant business, capable de bâtir des systèmes fluides et solides pour mener à bon port le bateau et ses marins-programmeurs.
Il va sans dire que l'expérience de la haute mer en startup est essentielle et votre livre de chevet est le Cluetrain manifesto

We aim for the world, by the way; so English is part of it. If you think you fit the bill and if you are willing to invest yourself in such an endeavour, go to hackthejobmarket.com

Faites suivre!

Mots-clefs: startup, opportunités, emploi, job, entrepreneur, programmeur, plan d'affaires, product manager, marketing, architecte informatique

Youtube à l'assaut de votre salon

On ne pensait pas que le géant Google allait déployer ses porte-avions aussi vite dans cette guerre de la vidéo en ligne. Dans la chaîne de valeurs de la webTV, Google viendrait-il de positionner YouTube comme le maître de la longue traîne vidéo?

TVCoup sur coup. Google déploie 3 innovations sur YouTube. Il possède une longueur d'avance pour maîtriser le territoire de la longue traîne des vidéos (comme Amazon possède une emprise sur la longue traîne des livres).

Youtube cherche maintenant à sortir de l'écran d'ordi et à s'installer sur les écrans de salon. Ce qui se joue ici dans cette guerre de salon, c'est qui saura apporter la vidéo à la demande. Google se positionne comme un gros joueur.

YouTube XL

C'est le site de YouTube, optimisé pour la télévision. Épurée et grossie, cette interface lancée en juin se prête mieux que l'original pour naviguer dans son salon.
www.youtube.com/xl

Sachant que l'américain passe en moyenne (!) 5 heures par jour devant la télé, et seulement 15 minutes par jour devant YouTube, Google espère faire monter cette moyenne.

Youtube Leanback


YouTube offre la possibilité depuis la semaine dernière de regarder un stream de vidéos, sans intervention, en plein écran. Bâti sur Flash (désolé iPad, il faudra attendre la version HTML 5), l'usager n'a qu'à cliquer sur les flèches pour sauter au prochain clip (pas de souris).
www.youtube.com/leanback

Que ce soit devant son desktop ou branché à votre télé, vous retrouvez ainsi le plaisir de zapper, sans vous lever, du contenu vidéo. Le choix se fait selon vos préférences et les recommandations de vos contacts YouTube. (Plus d'info sur le blogue officiel de YouTube)

YouTube 4K

YouTube supporte depuis vendredi dernier les vidéos en 4K. Pour vous donner une idée de ce que cela signifie, l'écran idéal pour une projection en 4K est de 25 pieds (plus de 7 mètres et demi).

Voyez par vous-même: liste des vidéos 4K disponibles.

Le full HD (1080p) roule sur YouTube depuis le mois de décembre dernier. Le 4K offre 4096 x 2304 pixels (4 x le Full HD). Inutile de dire qu'il vous faudra avoir la bande passante et le processeur adéquat pour lire correctement le tout. (source Blogue officiel de YouTube).

Un avant-goût de Google TV

On se rappelle de l'annonce de la sortie de Google TV il y a 2 mois. Les grandes chaînes télé comme le canal YouTube de votre neveu dans son sous-sol pourront être regardé dans le confort de votre salon, sur votre grand écran, sur demande.

Avec Google TV, pas de grille horaire, mais un moteur de recherche qui a fait ses preuves («passez moins de temps à chercher, passez plus de temps à regarder»). La télé sur le web n'est pas nouvelle, mais Google et sa légendaire «simplicité» sauront plaire au grand public.

Couplé aux 3 innovations, on a un bon avant-goût de ce qui nous attend.

Mais la vraie clef de la bataille, maintenant, c'est de bien l'arrimer sur les filtres sociaux (seule façon de trier la masse de contenu disponible)...

La TV social [Ajout du lendemain. Merci Laurent]

Avec Bazaar labs, où il a investi des billes en juin, Google a la peut-être la dernière pièce pour avoir cette télé du futur (la TV sociale).

Bazaar Labs développe une application qui permet aux usagers de partager en temps réel leurs «status» (opinions) sur les films et émissions de télé. Comme un genre de FourSquare pour vidéo, les usagers «check0in» et commente les émissions de télé (et acquiert des badges).

Trouver en temps réel ce que recommande que ta communauté est une stratégie gagnante dans la surabondance de contenu...

Mille vies : le roman-feuilleton web

Skibbereen, Montréal, Kingston, Vicksburg, Boston et Lowell, villes naissantes qui marquent les 1000 vies de Molly Galloway, jeune immigrante parcourant l’Amérique du 19e siècle.

À compter du 18 août 2010, tous les mercredis, les bibliothèques publiques de Montréal en collaboration avec Bibliothèque et Archives nationales du Québec nous offrent Mille Vies, un roman-feuilleton Web de l'auteur, rédacteur et historien Denis Vézina.

Vous pourrez le consulter gratuitement au http://bibliomontreal.com/1000-vies (aucun abonnement requis)

«Le site web de Mille vies est à la fois un livre, un site internet, un moyen de communiquer et assurément une belle aventure [...] Plusieurs suggestions de lecture, plusieurs liens et de nombreuses illustrations permettent d’aller plus loin et d’en apprendre davantage sur les sujets et les thèmes abordés. [...] Si le roman est fictif, la trame historique est réelle et les pistes de recherche internet sont nombreuses et fascinantes.» ( source Bibliothèque de Montréal )

Cacher ce tweet que je ne saurais voir

Lame à double tranchant, les médias sociaux confrontent les médias traditionnels : comment être authentique et rester objectif? Sur le front de la guerre des (nouveaux) médias, une victime haut placée tombe dans une embuscade et y laisse son poste.

SupertweeterCette fois-ci, c'est un haut gradé. Octavia Nasr, senior editor à CNN, 20 ans de service, qui tombe sous les tweets pour avoir gazouillé 140 caractères de trop.

Quand le leader spirituel du Hezbollaha a trépassé, elle a écrit sur Twitter sa tristesse d'apprendre sa mort et combien elle admirait respectueusement cet homme.
@octavianasrCNN: «Sad to hear of the passing of Sayyed Mohammad Hussein Fadlallah.. One of Hezbollah's giants I respect a lot.. #Lebanon» 3:24 AM Jul 4th via Twitter for BlackBerry [cache]
Mal lui en prit. 140 caractères qui ont été mal interprétés. Quand elle prend le temps d'en écrire 4371, le doute n'est plus permis.

Mais que s'est-il passé? Voilà une autre victime du mythe de l'objectivité en journalisme.

L'impartialité simulée

Qu'elle ait eu sa leçon, comme elle dit, «que 140 caractères ne soient pas assez pour s'exprimer sur des sujets controversés ou sensibles, particulièrement de Proche-Orient» (source), on peut comprendre. Qu'elle soit forcée de démissionner est autre chose.

Michael Arrington, de Techcrunch, demande «more opinion in news, not less»[2010]. Plus d'opinions chez les journalistes. Plus on connaît leurs biais, moins on les suspecte (il est moins facile de soupçonner une «intention cachée» quand on connaît la position du journaliste).

David Weinberger, du Cluetrain Manifesto, a la phrase qui résume le drame “transparency is the new objectivity" [2009]. Transparence comme objectivité. La transparence offre aujourd'hui une bien meilleure prise sur la réalité que la soi-disant objectivité. Le temps où nos parents nous filtraient, le monde extérieur est terminé. On veut voir par nous même, avec les vraies couleurs.

Ignacio Ramonet écrivait dans le Monde diplomatique [2005] : «[...] beaucoup de lecteurs préfèrent la subjectivité et la partialité assumées des [blogueurs] à la fausse objectivité et à l’impartialité hypocrite d’une certaine presse.»(source)

Je ne sais si ça sera agréable de vivre dans une société où tous les journalistes affirment leur opinion, mais la recherche de «vérité» est bien illusoire si on ne leur reconnaît pas cette possibilité.

Mythe et information

Le mythe de l'objectivité (à ne pas confondre avec le besoin de tendre vers l'objectivité) est un vernis qui craque de partout dans les vieux médias. Ce n'est pas l'information qui est de mauvaise qualité, c'est la mise en scène qui est insupportable.

La crise actuelle des médias de masse découle de l’effritement d’une croyance culturelle: une information sur un événement ne s’altérait pas tout à fait dans sa transmission. Internet a fait place à la montée de nouvelles modalités d’interprétation de la réalité.

Le mythe veut que la transmission elle-même doive être invisible afin de préserver l'adéquation de «la réalité» de l’événement quand il est transformé en information.

Ce qui émerge aujourd'hui est une exigence de «récits incarnés», ouvertement humains (donc avec des biais) et voulant aller au-delà de simples traces figées de la réalité (ce que l'objectivité tend à faire croire) : la réalité s'expérimente de multiples façons.

Si on a tous des biais, mieux vaut le savoir et on ajustera en conséquence.

Le tabou de l'opinion

Mais voilà. Twitter est là, pour commenter à chaud l'actualité. Quand Sophie Thibault, chef d'antenne à la télé de Québecor, dit «Twitter est le plus puissant des fils de presse», le signal est clair pour les journalistes.

Que des journalistes tombent dans le piège de ne pas «rester objectif» même dans leur gazouillis, on le verra de plus en plus, cela ne fait aucun doute. Mais de grâce, ne les sacrifions pas pour une sacro-sainte objectivité idéalisée.

L'affaire Nasr rappelle le danger pour eux de transgresser le tabou de l'apparence.

On est d'accord pour qu'un journaliste soit digne de confiance (démontrer de saines intentions, être véridique et impartial), c'est la dimension morale de leur travail.

Mais au fur et à mesure que l'écosystème de l'information arrime les médias traditionnels avec les réseaux sociaux, il ne faut pas se surprendre de voir émerger des biais naturels et ce genre de mauvais pas. On se calme et on respire par le nez...