ZEROSECONDE.COM: Youtube + Tibet x Chine = censure (par Martin Lessard)

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Youtube + Tibet x Chine = censure

La Chine bloque YouTube dans le volet électronique de sa "guerre populaire" au Tibet (Le Monde). YouTube, présentant des dizaines de vidéos montrant les affrontements à Lhassa, a été bloquée en Chine et "les internautes situés en Chine qui tentent d'accéder à ce portail sont accueillis par de simples pages blanches".

On a beau dire que le journalisme citoyen n'est pas du journalisme, mais dans un cas comme celui-ci, c'est le contenu généré par les utilisateurs qui risque fort bien, à terme, à vaincre ce qu'aucun État n'a réussi à faire: modifier le cours des choses au Tibet. Les citoyens ne sont pas pris dans un "devoir" de réserve face au géant économique de l'Empire du milieu.

La chine redoute une chose : que son peuple soit informé. Avec Internet, combien de temps vont-ils résister? La Chine ne peut être éternellement un Truman Show.

6 commentaires:

mardi, mars 18, 2008 11:49:00 AM Eric Baillargeon a dit...

J'aime bien la débrouillardise des Chinois face à la censure. La dernière née est FanFou, un twitter Chinois où les informations circulent librement.
Voir ce blog.

vendredi, mars 21, 2008 12:38:00 PM Jean-Sebastien a dit...

Je fais référence à ton post lorsque je dénonce l'oppression chinoise envers les Tibétains.

lundi, mars 24, 2008 11:01:00 AM Tassili a dit...

Je me souviens qu'en 1997, mon premier patron Internet avait soutenu mordicus dans une discussion qu'il était bien trop complexe de censurer sur Internet, et que ce ne serait jamais possible.
Or, il me semblait déjà que c'était comparable aux méthodes de sécurité (bancaires, par exemple, mais il y en a d'autres). Dès qu'on crée un moyen, aussitôt se crée un contre-moyen, qui à son tour va générer une façon de le contrer, et ainsi de suite.
Pour revenir à la censure en Chine, on a donc bien trouvé des moyens de censurer Internet, mais aussitôt, des petits malins ont trouvé le moyen de pirater, et ce sera toujours le cas : la tyrannie réveillera toujours l'instinct de rebellion.

lundi, mars 24, 2008 11:15:00 AM Martin Lessard a dit...

Tassilli, je ne suis pas prêt à dire que tous les chinois sont contre la répression au Tibet. Je crois même que c'est l'inverse.

Mais pour être bien informer il faut voir les deux côtés de la médaille. En coupant Youtube, effectivement la censure empêche l'instinct de rébellion potentiel. Même si je crois que les Hans ne sont pas prêt nécessairement pour ça...

mardi, mars 25, 2008 6:19:00 PM Tassili a dit...

«(...) je ne suis pas prêt à dire que tous les chinois sont contre la répression au Tibet. Je crois même que c'est l'inverse.»
J'avais dit ça, moi? Alors je me suis mal exprimée : je voulais simplement dire que la censure activait le potentiel de rebellion... là où il existe, ce qui n'est certainement pas le cas de tous les Chinois, ni de toute population, j'allais dire opprimée, mais enrégimentée me semblerait plus juste.
En fait, ce qui me semblait intéressant, outre le cas particulier du Tibet, c'est le sujet de la censure avant/sur Internet.

mercredi, mars 26, 2008 8:59:00 AM Martin Lessard a dit...

Tassilli, c'est moi qui a extrapolé. Je crois que la censure a aussi un rôle de conforter les chinois Han dans leur mythe d'"un pays, un peuple".

Ce type d'aveuglement n'est pas une tare exclusive à l'empire du milieu; en Amérique, du Nord au Sud, on s'est refusé longtemps de voir que l'occupation du territoire s'est accompagné d'un génocide à petit feu des populations en place avant 1492.

Le cas de censure sur Internet, au niveau de l'information, sera à terme inutile. Ils ne pourront pas s'isoler d'internet sans se priver de ce qui fait sa vraie force (l'échange d'information).

Ils peuvent bien recréer un wikipedia edulcoré, un youtube chinois, des sino-twitter, des myspaces en madarin, des delicious pour leur empire seulement, ils ne peuvent espérer s'alimenter que par leur propres apport sur le long terme, à mon avis...

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