ZEROSECONDE.COM (par Martin Lessard)

ZEROSECONDE.COM

Impacts du numérique sur la communication, notre société, nos vies.

Le filtre social

Internet a définitivement démocratisé les moyens de production de l'information (que tous ne s'en prévalent pas est un autre débat). Mais avec l'autopublication sans barrière sur le réseau, on a assisté à une multiplication exponentielle des sources d’information et le moins que l'on puisse dire est qu'une chatte n'y retrouverait pas ses petits.

RhizomePas que l'information soit de mauvaise qualité, mais il est noyée sous le bruit (discours dominant chez les biens pensants, où évidemment leurs paroles, elles ne sont jamais du bruit). Car si l'accès n'est plus un problème (je dis bien l'accès, car «retrouver» est une autre paire de manches), on ne sait plus où donner de la tête.

En fait, la principale conséquence de la surabondance de l'information n'est pas un déficit technologique (les outils sont probablement presque tous là pour retrouver à peu près tout), mais un déficit cognitif.

Si l'accès au contenu n'est plus un problème, la nouvelle barrière est notre capacité limitée de réception. C'est donc une limite "humaine" et non “technique” .

Le filtrage social émerge comme stratégie de navigation

Diverses stratégies sont déployées pour retrouver le sens dans toute cette mer d'information. On assiste à des regroupements par communauté d’intérêts, à des créations de cercles de filtres par affinités. On partage d’informations dans son propre réseau social. Et l'information acquiert une valeur, un sens, quand il est filtré par mon réseau social. Le passage à travers le filtre social lui donne un sens: il est d'intérêt pour mon réseau, donc pour moi.

À l'époque de la rareté, avec les médias traditionnels, l'information nationale ou régionale --peut-être même de ma ville-- était accessible en «gros». Mais c'était une information plutôt standardisée (un consensus de la moyenne des goûts) et non pas personnalisée.

L'information de proximité a toujours été plus populaire que l'information internationale: principalement à cause de l'abstraction des conséquences réelles [vous allez peut-être bientôt vous intéresser plus à Athènes et sa crise financière quand la contamination atteindra votre coin du monde].

Mais la proximité s'est aujourd'hui dématérialisée pour inclure ce qui est proche de vos intérêts et non plus proche physiquement de vous (la proximité physique est une conséquence lointaine d'un monde où télécommunication et déplacement étaient limités). On peut s'attendre à une augmentation du partage des tensions partout dans le monde dû aux multitudes de connexions par delà les frontières, via les nouveaux canaux en temps réels, car chacun pourra se sentir touché par un événement loin de chez lui.

Le média c'est moi

En étant au centre de cette sphère de filtre social, s'il est bien construit, on s'offre une vision en accord avec nos intérêts. Mais qui n'est pas exempt de «bruits», c'est-à-dire d'informations non sollicitées qui nous permettent de sortir de vos ornières. Mais ce ne sera plus le privilège de nos merveilleux journalistes, toujours soucieux de nous dire ce qu'il faut voir ou entendre.

S'il fallait avoir un autre exemple de l'arrimage entre les médias sociaux, dont je vous entretiens depuis un an ou deux, c'est ce fameux bouton «j'aime» de Facebook, («FB like button»). Il permet à votre réseau social sur Facebook de virtuellement «filtrer» l'information de vos canaux traditionnels.

Like Button . me

likebutton.me vous permet de voir ce que votre réseau partage, classé par catégories et canaux de diffusion. Quels sont les liens partagés sur le New York Times, Le Washington Post? Likebutton.me vous montre ce que votre réseau a partagé.

Au pupitre des journaux traditionnels, les experts font leur possible pour donner une «forme» à l'actualité quotidienne. C'est bien, c'est beau. Mais ce n'est plus suffisant.

Si je lis ces journaux, c'est qu'il m'intéresse. Et j'estime donc ses lecteurs. Et ce que ses lecteurs choisissent de lire (et de partager) m'intéresse tout autant. Et si c'est mon réseau personnel qui partage, alors ça devient franchement intéressant.

Tous les journaux devraient faire de même et inclure un accès aux réseaux sociaux les plus populaires. Un avantage de la lecture «en groupe»: on lit plus. On clique plus.

Quelqu'un prend des notes?

Salut NULL

Ah! Ça commence bien la semaine! On ouvre sa messagerie et on trouve ce message de pourriel. Ou comment rater son envoi massif dès la première ligne!

Salut NULL

Règle numéro 1: ne jamais envoyer ses courriels un vendredi soir, après une semaine éreintante. Une erreur est si vite arrivée ;-)

Règle numéro 2: bien suivre la règle numéro 1 et bien comprendre la règle numéro 3

Règle numéro 3: dans un monde de surabondance, offrir du contenu n'apporte plus aucune valeur en soi -- dans un monde de rareté, peut-être. Ce qui a de la valeur, plus que jamais, est le sens. Offrez du sens qui me permet de me retrouver dans le tsunami de l'info. J'irai chercher la vidéo après.

Vivre dans des flux

La popularité d'un blogue est-elle uniquement liée à l'abondance de ses écrits ? La chercheuse Susan Jamison-Powell (Sheffield Hallam University) trouve que le facteur déterminant est le nombre total de mots écrits par la personne durant la semaine. Pas la qualité de ses écrits. (via L'Atelier).

flux En observant 75 blogueurs (anglophones) sur livejournal.com, elle a trouvé que plus on écrit, plus on a de lecteurs (étude en résumé, anglais, PDF).

La quantité et la régularité sont deux facteurs importants pour s'attirer une «popularité» (La Tribune de Genève avance même que la régularité compte moins que la longueur).

Clay Shirky dans «Les Lois du pouvoir, les Blogues et l'Inégalité» («Power Laws, Weblogs, and Inequality») avait déjà constaté en 2003 que «les blogues les plus populaires sont ceux mis à jour quotidiennement et surtout que la popularité d'un blogue ne se décide pas, mais résulte "d'une sorte d'approbation distribuée émanant des autres blogues.» (lien via Emily Turrettin, Les Quotidiennes).

L'étude n'est peut-être pas si surprenant en fin de compte: écrire est le seul vecteur d'influence (le non-verbal est absent), il y a donc une surpondération pour un usage accru de l'écrit.

Ce qu'il y a de nouveau, c'est le développement de tout cet écosystème autour de la surabondance de l'écrit.

Nous entrons dans un monde de flux

On assiste à la fois à une comptabilisation de la «popularité» (on mesure de l'audience et non la notoriété de l'émetteur) et à une redéfinition du contenu de qualité sous une forme de «flux quantitatif»

«Les flux font se succéder rapidement des séquences d’informations sur un thème. Il peut s’agir de microblogs, de hashtags, de flux d’alimentation RSS, de services multimédias ou de flux de données gérées via des APIs.» disait Nova Spivack (source Archicampus.net

Cette métaphore est puissante. L’idée suggère que vous viviez dans le courant : y ajoutant des choses, les consommant, les réorientant.” disait Danah Boyd (source "Streams of Content, Limited Attention: The Flow of Information through Social Media".) (cité et traduit par Hubert Guillaud, InternetActu).

On a maintenant la possibilité de créer, mixer, remixer, relier, hyperlié et diffuser tous les contenus y compris les siens, mélangeant autorités et autoproduction. La chaîne de distribution de l'information traditionnelle déraille et de nouveaux acteurs émergent grâce à de nouvelles règles.

Dans ce contexte, les plus gros «arroseurs» reçoivent une plus grande attention. C'est un jeu de visibilité qui ressemble à un jeu à somme nul. Si je suis plus vu, tu l'es moins. L'attention se dirige vers ceux qui ont le clavier agile et prolifique.

«En offrant la même audience à chacun, on distribue le pouvoir d’attention à tous» écrivait Hubert Guillaud. Mais la redistribution de l'attention vers les «plus populaires» devient une pression quotidienne qui est un véritable ticket modérateur pour les blogueurs. Entre qui veut, mais reste qui peut.

Ratio «placoteux» / «élite»

«Il ne faut pas non plus noyer les lecteurs», ajoute Christophe Thil, interviewé dans l'article de L'Atelier il est essentiel de veiller à la pertinence des articles que l'on publie. [...] on évite le bruit [...] un blogueur qui vous submerge d'informations risque fort de perdre en audience».

Vrai. Mais je crois que l'on fait fausse route en conservant une pensée de «destination» et non de flux. Les journaux et les émissions de télévision se pensent encore comme des destinations. Or, dans une économie de flux, il n'y a pas de «destination». Ou plutôt c'est un concept fluctuant. Les liens renvoient toujours ailleurs.

Nous assistons à une «décentralisation tous azimuts» où le pouvoir est transféré en «périphérie» -- où on assiste à la montée en puissance des noeuds d'un réseau condamné à «écrire» pour exister. On pourrait aussi dire: c'est plutôt un rééquilibrage des ex-sans-voix.

L'élite d'ailleurs ne s'y trompe pas et traite de «communauté de placoteux»* ces hordes de sans-culottes qui dévaluent la parole en inondant le marché de mots au rabais. C'est une des conséquences navrantes de l'alphabétisation des masses: l'écrit s'est démocratisé pourrait-on les entendre dire.

Savoir profane

La recherche, l'acquisition, la transformation et la diffusion du savoir passaient autrefois par le transport et hier les médias de masse. Le flux est aujourd'hui en mesure de modifier la nature même du savoir, sa consommation et sa production.

Oui, on suit ceux qui écrivent beaucoup, car leurs flux de billets créent un continuum qui ressemble le plus au flux de la vie, où les récits gagnent en instantanéité tout en évitant cette élite qui s'interposait jadis entre nous et ce qu'elle décrivait.

Oui, on écrit beaucoup, mais on peut s'inscrire dans les flux, converser et réalimenter à notre tour ce flux pour d'autres.

Consommer pour comprendre, produire pour être pertinent comme le disait si brillamment Danah Boyd.

(929 mots --ça me classe où cette semaine? ;-)
--
*Pour les Nathalie Petrowsky qui pensent que les blogueurs dorment au gaz (pcq ils n'ont pas fait des «ripostes cinglantes» à Madame Bissonnette) j'ai beaucoup écrit sur le sujet en 2005 et 2006. Rien de cinglant. Juste du sensé. Mais c'est derrière nous, maintenant.

La blogosphère et les médias
Internet est un amplificateur de phénomène
Il faut le downloader pour le croire
Blogueurs, journalistes, même combat
Déformation pouvoir-professionnelle
Développement du savoir profane
La société des chroniqueurs
10 facteurs de crédibilité pour votre site webCroire/berner
Le problème du filtrage de l'information sur Internet
Qui croire quand informations et connaissances circulent librement ?

Image: Moebius

Colloque «Le journal indépendant» diffusé sur Canal Savoir

Le Canal Savoir diffusera 3 émissions issues du colloque Le journal indépendant : vue de l’esprit ou phare de la démocratie? dont j'avais déjà rapporté quelques notes précédemment. Voilà une occasion pour ceux qui ont manqué l'événement.
Au programme :

Le mardi 20 avril à 20 h

Pour une presse libre, une conférence d’Edwy Plenel, président et directeur de publications de Mediapart.fr, un journal payant sur Internet lancé en mars 2008. Une occasion d’entendre les réflexions de celui qui a œuvré pendant 25 ans au quotidien Le Monde.

Le vendredi 23 avril à 21 h 30

Le journal indépendant du 21e siècle : ses rôles, ses contenus, ses publics, une table ronde présidée par Florian Sauvageau, directeur du Centre d’études sur les médias. Avec John Honderich, président du conseil d’administration de Torstar, la société éditrice du Toronto Star, dont il a été éditeur pendant de nombreuses années; Persephone Miel, conseillère principale à l’ONG Internews Network qui a dirigé à l’Université Harvard (2007-2008) un projet de recherche sur le journalisme et la démocratie dans le nouvel environnement numérique; et Anne Nivat, journaliste indépendante qui a couvert plusieurs des grands conflits des dernières années en Afghanistan, en Irak et en Tchétchénie pour divers médias.

Le mardi 27 avril à 20 h

L’avenir des journaux indépendants d’ici, une table ronde présidée par la sénatrice Joan Fraser, ancienne rédactrice en chef du journal The Gazette. Avec Josée Boileau, rédactrice en chef au quotidien Le Devoir; Colette Brin, professeure de journalisme au Département d’information et de communication de l’Université Laval; Jean Paré qui a mené une longue carrière de journaliste, notamment comme éditeur et rédacteur en chef du magazine L’actualité; et Patrick Pierra, pionnier d’Internet au Québec et coprésident de BV! MEDIA, société éditrice du portail BRANCHEZ-VOUS.com.
Le Canal Savoir diffuse aussi en direct sur www.canalsavoir.tv. Les heures sont basées sur le fuseau horaire de Montréal.

Quelques notes prises lors de la conférence pour vous donner un avant-goût.

Plus de détails sur le colloque.

Consolidation dans le monde des médias sociaux

Naïvement, on peut penser que les médias sociaux, avec la montée de Twitter ou FourSquare, sont une nouveauté. Disons, à la place, que l'adoption «grand public» est une nouveauté. Nous venons plutôt de vivre une décennie de progression exponentielle des médias sociaux en ligne. N'espérez plus un sursaut similaire, nous commençons à entrer dans la consolidation.

Réseaux SociauxDe la même manière que dans la guerre des moteurs de recherche, on a atteint un premier palier où les géants tenteront de consolider leur position et d'éliminer les petits joueurs. Après le boom, l'accalmie. Et suite à ce calme, une remontée lente, mais solide de joueurs alternatifs.

Pour les moteurs de recherche, c'est Google qui avait gagné la guerre. Aujourd'hui, des joueurs alternatifs (WolframAlpha, Facebook, etc.) rognent les franges de l'empire et installent leur marche pour dominer chacun une niche que le maître central peine à satisfaire (le fameux «web profond»). Ensuite, d'autres géants se relèvent pour préparer un combat à venir (Bing de Microsoft et iAd d'Apple sur le mobile).

Pour la guerre des navigateurs, c'était le même scénario. Internet Exporer a raflé la cagnotte avant l'an 2000. Et après une décennie, des joueurs alternatifs reprennent maintenant l'initiative et étrangle lentement le joueur dominant. Firefox, Opera Unite, Flock. Et des géants fourbissent leurs armes pour un affrontement prochain (Chrome, Safari) sur des continents qui émergent (Téléphone intelligent).

Mais dans tous les cas, après l'explosion, c'est l'accalmie. Qu'un prochain conflit éclatera ne fait que confirmer la période de grâce qui s'est installée.

Pour les réseaux sociaux, nous en sommes là.

Avec l'annonce hier que Ning va fermer son service gratuit de communauté, c'est une nouvelle ère qui commence: la consolidation.

Ning payant

«We will phase out our free service. Existing free networks will have the opportunity to either convert to paying for premium services, or transition off of Ning.» a-t-on appris sur CNET. Le service gratuit sera graduellement abandonné et les comptes devront soit passé au payant soit quitter.

La communauté que l'on pouvait bâtir à moindre coût n'existera plus: le prix d'entrée éliminera les comptes qui ne sauront pas monétiser leur réseau.

Google dans les cordes

Google Buzz et Google Waves sont deux astéroïdes qui brillent dans le ciel, mais leur lueur s'estompe. Le géant Google n'a pas réussi à s'imposer avant que les grillent ne se referment. On peut par contre gager que ces deux services seront gardés au feu doux en attendant l'opportunité de reprendre du territoire...après la période d'accalmie

Facebook grand gagnant?

On pourrait le penser qu'il est le grand gagnant de la course au réseaux sociaux. Mais la bête coûte chère à nourrir et le modèle n'est pas tout à fait solide: par contre, sa position dominante lui laisse de l'espace pour trouver une solution.

Twitter le challenger?

Twitter a annoncé cette semaine son système de publicité par mot clef. Le modèle risque de marcher puisque, comme pour le AdWords de Google, l'usage du service et l'achat de mots-clés ne sont pas aussi incompatibles que pour Facebook (qui existe dans l'espace semi-public de la sphère privée de ses membres).

Twitter ne joue plus du tout dans les mêmes platebandes que Facebook. C'est plutôt Facebook qui va tenter de le déloger du territoire du «flux temps réel».

YouTube, champion poids lourd

Sans surprise, YouTube devient la référence du court clip vidéo. Google va même jusqu'à annoncer elle va fermer les uploads sur Google Video. DailyMotion tient le fort, mais pour combien de temps? La différenciation se fera par affinité esthétique: Vimeo et compagnie iront chercher des sous-groupes attachés à une certaine qualité (technique et contenu).

Mais la transformation de YouTube en télé sociale est inévitable et barre définitivement la route à tout prétendant. De retour dans 10 ans pour la suite.

Les spécialités poussent Google vers le «search tone»

Qui l'eut cru: d'abord la risée des réseaux sociaux, les plateformes de recherche par format consolident leur baronnie: SlideShare pour les PowerPoint, et Scribd pour les documents Word.

YouTube a ouvert la voie: on cherche par format de document, puis par contenu. Des niches, certes, mais très porteuses... Reléguant Google à un généraliste «search tone» (comme on dit dial tone en téléphonie, ce signal de base).

Les prochaines escarmouches

Surveiller du côté de FourSquare et compagnie: les applications hyperlocales des réseaux sociaux. Leur rachat éventuel montrera qui cherche à reprendre le dessus.

N'espérez pas les voir devenir le «prochain succès du net». Oui, ils le sauront... mais pour les investisseurs. Leur service doit et sera intégré à quelque chose de plus gros. Les liens de proximité sont plus que porteur, c'est la base de prochaine économie. Mais une simple App ne fait pas le poids et il doit être consolidé dans un ensemble plus grand.

FutureStates.tv

Que sera le monde dans 25 ans, 50 ans? Independent Television Service (ITVS) a demandé à 11 réalisateurs, confirmés ou émergents, de raconter l'Amérique de demain. Le résultat? FutureStates.tv: 11 courts métrages originaux, d'une vingtaine de minutes, qui montrent les dangers, les peurs, les espoirs et les possibilités de ce monde qui a/va changer. iTVs, une télé qui ne vous prend pas pour un Couch Potato.

Future States

Mes préférés:

Plastic Bag de Ramin Bahrani, avec la narration de Werner Herzog. Le voyage existentiel d'un sac de plastique à la recherche de ses créateurs et qui trouve le nirvana (18m30s)

(Visionnez sur le site original)

Play, par David Kaplan et Eric Zimmerman. La réalité virtuelle des jeux vidéo transposée dans nos vies. Ou serait-ce l'inverse? (19m15s)

(Visionnez sur le site original)

Regardez-les tous ici sur FutureStates.tv.

Chaque court métrage vient avec un vidéo d'accompagnement (making of ou documentaire) et une galerie d'images.

Ils ont aussi ajouté la section Predict-o-meter pour permettre à l'audience de devenir l'oracle et décrire le futur.

iPad jour zéro

On se réveille un jour et le monde a changé. Le iPad espère créer cette impression aujourd'hui, jour de son lancement. Réflexion autour d'un petit café pour ceux qui sont loin du centre du monde (c'est-à-dire un Apple Store américain).

iPadLe iPad possède un avantage certain, relève Doc Searls sur son blogue hier: il arrive avec 100 000 applications prêtes à l'emploi. Bien sûr, dit-il, la première version, comme toutes les premières versions (voyez le iPhone premier génération), sera rapidement démodée et ressemblera à une antiquité dans un an.

Cela n'empêche pas les fans de faire la file pour s'en procurer, raconte Michel de Guilhermier, à 1h du matin ce matin, sur 5e Avenue à New York, près de 60 personnes étaient déjà en place devant le Apple Store. Pour les réactions à chaud dans la file ou à l'ouverture des portes, une collection de canaux vidéo en direct saura vous combler, dont celui d'ubiquiste et ineffable Scoble. [MàJ: lire le compte-rendu du jour 1d'un early adopter: CFD raconte sa journée avec un iPad]

Ceci est mon iPad, livré pour vous. iMen!

« iPad, c’est notre technologie la plus avancée dans un appareil magique et révolutionnaire, à un prix incroyable », avait déclaré Steve Jobs au dévoilement en début d'année.

Sera-elle la technologie miracle qui fera consommer le grand public le contenu numérique des médias traditionnels? Son écran tactile, le WiFi, l'autonomie de la batterie et l'ergonomie de l'acquisition de contenu payant (aka l'appStore) et son bas coût (500 $us pour le modèle d'entrée) sont autant d'arguments en sa faveur.

Le Kindle, maître incontesté du marché avant la sortie du iPad, est maintenant un artefact qui semble avoir appartenu à l'homme du Néandertal. Je crois qu'il y a un momentum sur le marché. Apple, en gonflant le iTouch en iPad (c'et foncièrement le même appareil, mais en plus large), s'avance en terrain connu et décoiffe tous les concurrents actuels.

Est-ce le succès miracle donc? Je n'ose pas m'avancer. Je crois que le iPad a toutes les caractéristiques pour révolutionner l'industrie du contenu. Mais en cette matière, ce sont les consommateurs qui décident du marché. Que le produit soit révolutionnaire ou non. On verra avec l'adoption... et la réaction de la concurrence.

Les voies impénétrables d'Apple

Dans la file d'attente, à New York, il y aura Benoît Raphaël, pense que Steve Job aurait «peut-être encore mis le doigt sur le point de rupture d'une nouvelle révolution. Mais de quelle révolution parle-t-on? »

Il a écrit cette semaine, à propos du «frisson irrationnel» qui parcoure l'industrie médiatique « J'ai même entendu (de mémoire): Le web, c'est fini. C'était un mauvais cauchemar. Nous allons pouvoir nous remettre au travail comme avant et vendre nos journaux. Le iPad, c'est le nouveau kiosque à journaux.» (source)

Mais il met un bémol.

Attention à la consanguinité

Avant toute chose, tout comme lui, je suis convaincu que le système de micropaiement offert par le système de l'AppStore (déjà présent sur le iPhone et ayant déjà quasiment avalé toute l'industrie de la musique avec l’iTunes) fera en sorte que les utilisateurs paieront pour du contenu numérique.
C'est en effet un kiosque unique global. L'appStore, qui prendra 30 % de commission au passage (comme c'est déjà le cas pour les applications iPhone), est le seul canal de distribution possible. Une ruée vers l'or? Apple s'en frottera les mains.

Mais la vraie révolution de l'iPad, comme l'explique Benoît Raphaêl, c'est l'interface, pas l'accès au contenu. «Nous sommes passés de l'ère du site web, à celle du portail, puis à celle de l'info liquide. Les supports nomades tactiles signent le retour de l'interface. Une interface qui ressemble à la "vraie vie", qui nous rapproche des gestes quotidiens... [...] Ce n'est en effet pas tant le contenu que l'on va vendre, que l'usage appliqué à ce contenu facilité par l'interface.» (source)

Mais les médias traditionnels, presse papier et audiovisuel, qui s'empresseront de pousser leur contenu tel quel sur le iPad seront fort déçus. Le packaging devra être revu sous peine de non-recevoir de la part des usagers. Une interface agréable, comme pour les magazines. C'est que les gens achèteront. Le contenu brut, sans valeur ajoutée, porté tel quel sur le iPad, comme le contenu qui l'a été jadis sur le web, n'aura pas de valeur.

Ce qui aura de la valeur, comme le suggère benoît Raphaël, c'est l'hyperconnectivité, les réseaux sociaux et de l'interconnexion des datas.

Exemples d'interface iPad, par industrie

- [vidéo] Magazine Wired
- [vidéo] Chaîne spéalisée: Sport Illustrated
- [video] Comic book: Marvel
- [vidéo] Jeu de course: Real Racing HD
- [vidéo] Journal: Wall Street Journal
- [vidéo] Bourse: E*Trade Mobile Pro
- [vidéo] Jeu de table: Scrabble (avec le iTouch)
- [vidéo] Navigation web: Safari
- [vidéo] Courriels: Mail

Mais la rébellion se prépare

Aussi bon soit-il, le iPad n'arrive pas seul sur un terrain vide: même si Apple contrôle toute la verticalité de son écosystème (de ce qui entre via les AppStores et jusqu'aux périphériques), des joueurs à l'horizontale, nous rappelle Doc Searl, entreront probablement dans le jeu très rapidement avec Android et Sebian (qui sont des OS qui peuvent rouler sur d'autres tablettes).

Ce qui se joue ici est la liberté d'accès au contenu. Le iPad sera sûrement fantastique, mais Apple ne me laissera pas jouer avec ce que je veux et de la façon que je le veux. C'est une prison dorée pour contenu riche.

Introduction à la réalité augmentée

Après l'interconnexion des réseaux sociaux du web 2.0, on peut imaginer que l'interconnexion des objets à travers internet sera dans la prochaine décennie une la source d'innovations et de ruptures tout aussi stupéfiante.

La réalité augmentéeLa réalité augmentée est l'expression consacrée en ce moment pour désigner les applications qui superposent à la perception tactile ou visuelle de l'environnement des stimulus provenant des objets.

La réalité augmentée désigne ces différentes méthodes qui incrustent des objets virtuels par dessus notre perception du monde réel, en y ajoutant des informations supplémentaires, non perceptibles sans un outil particulier (en général l'ordinateur ou le mobile).

Le concept de réalité augmentée («augmented reality» en anglais) n'est pas récent: il sort enfin des laboratoires et des studios d'artiste pour rejoindre le grand public. Hier, 29 mars prochain, est sortie l'édition spéciale « 50 ans » de Télé 7 jours en réalité augmentée, où Johnny Hallyday en couverture s'adresse au lecteur. En quelques mois, le phénomène est en passe de devenir grand public.

Je vous propose en 5 billets un petit récapitulatif en guise d'introduction à la réalité augmentée:

1- Intro: appréhender le monde en réalité augmentée. De simple gadget, voici un outil important d'accès aux informations de façon plus intuitive et en contexte
2- Catégorie 1: du réel dans le virtuel. L'effet «nouveauté» fait son chemin, c'est le premier contact pour le grand public.
3- Catégorie 2: du virtuel dans le réel. La naissance des fureteurs géolocaux, une sorte de révolution dans notre mobilité en temps réel.
4- Catégorie 3: objets communicants. Les «médias hyperlocalisés» résident dans des objets bavards communiquant leur «statut».
5- Conclusion: la décennie RA. Les téléphones «intelligents» sont le cheval de Troie de la réalité augmentée.
D'autres sites en parlent abondamment, voici quelques liens:

Common Craft: La réalité augmentée expliquée (en anglais)par Lee Lefever. La meilleure intro que vous pourrez avoir.
SVM mag : Réalité augmentée: ne pas croire tout ce que l'on voit. Une autre intro grand public
http://www.loria.fr/~gsimon/ra/ Une intro sur le concept scientifique :
Site dédié à la RA http://www.la-realite-augmentee.fr/
Un incontournable : Fred Cavazza

Source image : SVM mag

Réalité augmentée: la décennie RA

[5/5] Est-ce que 2010 sera l'année de la réalité augmentée? C'est aller un peu vite en affaires. Elle est surtout cantonnée à des expériences marketing pour l'instant, premier contact pour le grand public. Le vecteur de propagation mainstream sera probablement les applications touchant le «local augmenté», où on pourra s'informer sur un lieu «just-in-time». Conclusion de ma série sur la Réalité augmentée

Ce billet fait partie d'une série de 5 sur la réalité augmentée


La réalité augmentée, en reliant un objet à du data en ligne, permet quelque chose de diamétralement opposé au web: naviguer sur le web, c'est encore aujourd'hui, être physiquement en un endroit (devant son écran d'ordi) et vagabonder ailleurs dans le monde virtuel de la connaissance, à des lieux d'où on est. Il y a une dichotomie entre où se trouve sa tête et où se trouve son corps. La réalité augmentée est profondément ancrée dans l' «ici et maintenant».

On est/doit être présent dans un lieu pour expérimenter cette réalité augmentée. Les «objets qui parlent» ont physiquement des coordonnées spatiales et non pas seulement un URL.

C'est un peu sens du «locative media, nouveau concept pour exprimer le «média» attaché à un lieu et permet des interactions sociales (asynchrones ou non).

Les applications «hyperlocales» sont les têtes de pont entre le virtuel (les datas en ligne) et le réel (les «immeubles» qui ont des coordonnées), et vu le véritable avantage de posséder des informations sur un lieu, il ne serait pas étonnant que ce soit par ce vecteur que se démocratisera l'usage des la réalité virtuelle.

Certains peuvent dire que la réalité augmentée distrait du réel, mais il faut y voir a priori plutôt une chance de transporter avec soi un savoir tacite qui nous permet d'intégrer un nouvel environnement plus rapidement.

Les commerçants veulent vous augmenter la réalité pour diminuer votre portefeuille

Les commerçants ont rapidement vu le potentiel et ils sont les premiers à vouloir «augmenter notre réalité». Par exemple

- Les «pages jaunes» immersives: on peut repérer les commerçants et les services autour de vous.


- Les marques de céréales, en manque de traits distinctifs, chercheront à se distinguer de leurs concurrents [le genre d'expérimentation qui réduit le phénomène à un gadget inutile]


- Les Legos augmentés: offrir de voir le produit final avant d'acheter


Comprendre le monde qui nous entoure

Parfois l'idée n'est pas de vous faire acheter quelque chose, mais de vous aider à comprendre comment marche le monde.

Pour les aveugles, par exemple, la »réalité augmentée» peut leur permettre d'interpréter les objets: la valeur d'une note de banque par exemple. Ou, comme dans le prochain exemple, offrir une «interaction encyclopédique» avec des réalités biologiques difficiles à expériementer : quelle grandeur a le foetus dans le ventre de la mère? L'expérience, pour être «virtuelle» n'en est pas moins très près du réel.

- How big is the baby?


- Relier le papier au numérique


Dans l'exemple au-dessus, Rocoh propose «icandy» qui identifie du contenu non pas à partir de code-bar, mais à partie de la signature visuelle du texte: les caractéristiques naturelles de la page forment le code (ou plutôt le pattern) qui est reconnu par une base de données et permet de recevoir de l'information supplémentaire sur un magazine, ou un livre. Amazon a fait l'acquisition l'an passé de SnapTell qui fait à peu près la même chose (avec la différence que l'application permet de trouver l'endroit le moins cher pour acheter le livre).

Les deux exemples suivants le font avec des objets.

- Google Goggles - reconnaissance d'objets


- Nokia Point & Find - reconnaissance d'objets


Les interfaces naturelles

Fred Cavazza a écrit un bon billet sur les nouvelles interfaces naturelles, «bientôt dans notre quotidien», et qui s’interroge sur la pertinence du modèle «écran / clavier / souris». La réalité augmentée fait partie de ces interfaces de l'avenir.

Actuellement la recherche d'informations demande une recherche procédurale (ouvrir son navigateur, aller dans un engin de recherche, taper les mots clefs), alors que les interfaces naturelles, la réalité augmentée et les objets parlants devraient rendre tout ça beaucoup plus «naturel».

- et comme dessert:

Demo of Augmented Reality Cookies from Tellart on Vimeo.

Un début, pas une fin


Que le succès arrive cette année, je serai surpris, mais on peut parier que «réalité augmentée» a un avenir radieux au courant de cette décennie : l'omniprésence des téléphones dits «intelligents» est le cheval de Troie pour envahir l'espace public et s'incruster dans les habitudes des gens.

Actuellement la réalité augmentée offre de nombreuses possibilités dans une dizaine de secteurs:

- Le tourisme et marché locatif: guide assistée
- Le secteur manufacturier et industriel: instruction assistée, réparation
- La vente au détail: catalogue augmenté
- Les publications: extra interactif
- La publicité directe: dépliants augmentés
- L' éducation et la médecine: apprentissage et assistance opérationnelle
- Le secteur militaire: examen de scénario
- L'art, décoration et architecture: prévisualisation in situ
- Les jeux: apparition d'hybride jeu de plateau et vidéo

On quittera bientôt le niveau anecdotique pour aller une intégration encore plus essentiel. Cette décennie sera celle de la réalité augmentée...

FMC: Le Fonds des médias du Canada

Un nouvel organisme vient d'être créé au Canada pour supporter la création de contenus numériques canadiens novateurs. Les Politiques et principes directeurs des programmes ont été annoncés aujourd'hui. C'est tout chaud.




Le FMC possède 2 volets de financement :

  • Le volet expérimental : soutien à la création de «contenus novateurs et d'applications logicielles d'avant-garde destinés à être intégrés à des plateformes médias canadiennes grand public». Enveloppe: 27 millions de dollars. Contribution maximale par projet 75 % des dépenses admissibles ou de 1 million de dollars.

  • Le volet convergent : soutien à la création de contenus télévisuels et numériques convergents. Enveloppe: 277 millions de dollars

"En accordant plus de 350 millions de dollars sous forme d'aide financière, le FMC renforcera les industries canadiennes de la production et de la diffusion, qui sont appelées à s'ajuster à l'évolution des modes de consommation de contenus du public canadien" a dit M. Roquet, président du conseil d'administration du Fonds des médias du Canada) (source Alliance Numérique).

Relier. Créer. Innover.

C'est le thème, ça. «Relier. Créer. Innover.» Ça fait comme «réseaux sociaux, création, technologie». Bon signe. J'avais participé à une rencontre préparatoire le mois dernier, et je me demandais si les médias sociaux allaient pris en compte. Du moins dans l'intention, ça semble le cas.

Le premier volet me semble le plus intéressant pour l'industrie du multimédia: il inclut les applications logicielles, les contenus expérimentaux non linéaires et interactifs (Web, WiFi, mobile, iPad)et il demande que le concept soit associé à une émission de télévision. Par contre, je me demande ce que veut bien dire "applications liées au milieu culturel canadien...

Plus d'info sur le site de l'Alliance numérique

Les politiques et les principes directeurs des programmes du FMC peuvent être téléchargés sur le site du FMC: www.cmf-fmc.ca.

Réalité augmentée: objets communicants

[4/5] Je poursuis aujourd'hui ma série sur la réalité augmentée, cette fois-ci sur la troisième catégorie.

Ce billet fait partie d'une série de 5 sur la réalité augmentée

Classer en trois catégories les diverses applications de réalité augmentée est une façon de s'y retrouver. La première catégorie touche les nouvelles interfaces d'animation à l'écran, la deuxième catégorie touche la surimpression de données en ligne au monde ambiant et la troisième touche la mise en commun massive d'information d'objet communiquant rendant caduque la séparation en-ligne et hors-ligne.

Connecter les objets et les bases de données

La réalité augmentée touchant l’internet des objets cherche avant tout l’efficacité opérationnelle: avec l'apparition d'un plus grand nombre d’objets intelligents et mobiles, sensibles à l'environnement et connectés au réseau, l'information générée ou recoupée peut nous servir à mieux connaître notre monde.

Google a ouvert récemment Goggles dans son laboratoire, un outil de reconnaissance d'image. Il deviendra inutile de chercher avec des mots-clefs, prenez une photo et les serveurs de Google feront du «data mining» pour vous. Lire Snap and Search (No Words Needed)

Les objets parlants

Cette troisième catégorie offre le plus de potentiel industriel à grande échelle. On pourrait y voir trois fonctions:
1- Émettre: diffuser un état ou information pour un usage à la périphérie
2- Capter: saisi des données environnementales
3- Traiter: analyse et recoupement qui permettent la rétroaction

Exemple 1: Le « statut » d'objet - Émettre
Le compte twitter d'un pont
Le pont de Londres tweet à qui veut l'entendre l'état de son pont-levis. Il émet son état et ses données peuvent être utiles à un autre objet sur le réseau (une GPS de voiture, un bateau, le service de sécurité de la ville).

Exemple 2: Le collectivisme d'objets - Capter
La montre verte
La montre verte est un dispositif personnel équipé de capteurs environnementaux qui capture des données sur l'ozone et le bruit et stocke les mesures en ligne. Seule, la montre ne sert pas à grand-chose. Collectivement, elle apporte des données globales sur une ville qui n'aurait pas été possible à faible coût et sur une grande échelle.

Exemple 3: Les objets communicants - Traiter
Les étudiants de MIT ont réfléchi à des usages possibles d'objets qui communiquent. Dans la vidéo, un billet d'avion indique le retard dans sa mise à jour ou on peut avoir des informations sur le classement écologique d'un produit.

Pour une meilleure contextualisation, regarder cette conférence TED:

Pranav Mistry: The thrilling potential of SixthSense technology


L'interface invisible

John Underkoffler du MIT propose des nouvelles interfaces entièrement basés sur des senseurs -- rendant la manipulation d'un écran semblable à Tom Cruse navigant dans un infosphère dans Minority Report. Les datas effectivement à l'écran, mais ils peuvent être manipuler de façon «tactile». La vidéo originale se trouve ici.



Décupler la réalité?

O'Reilley disait il y a quelques mois « The Web is gaining ears, eyes and other senses through smart sensors. This will be big. » Le web acquiert via des senseurs intelligents une connaissance du monde qui n'était pas possible auparavant de façon aussi peu coûteuse et personnalisée (notamment via les puces RDFI).

Un exemple simple, ubi-check, est un «système de couplage d'objets» qui regroupe des ensembles de choses dans un espace donné, afin d'alerter si cet ensemble est dissocié (imaginer qu'avant de sortir de la maison, le système remarque que vous avez oublié votre portefeuille.



Associé aux médias sociaux, on peut s'attendre à un usage décuplé principalement pour tout ce qui concerne le côté social (sortie, rencontres, conférences, etc.). On peut imaginer un usage participatif où on peut « laisser » des messages dans des « lieux » virtuels/réels (des graffitis, des notes, des indications, ces commentaires) qui peuvent servir pour soi, sa famille, sa «tribu» ou à tous. Cet aspect existe déjà en-ligne (pensons aussi à FourSquare). Il ne s’agit après tout que d'un changement d'interface...

Une chose est sûre, la différence entre le en-ligne et le hors-ligne ne fera plus grand sens à la fin de la prochaine décennie.

Complément de lecture
- L’Internet des Objets : vers un développement durable numérique ? par Philippe Gargov
- 10 applications concrètes de la Réalité augmentée
- Video of Bruce Sterling keynote on the dawn of the augmented reality industry
- Critiques du Web² (4/4) : Que faire face à la puissance des données ? par Hubert Guillaud (InternetActu)

Réalité augmentée: du virtuel dans le réel

[3/5] Il faut croire que c'est la semaine de la réalité augmentée (RA). Depuis que j'ai commencé ma série sur la RA, Read Write Web a sorti son rapport Analysis of the Leaders, the Challenges and the Future et Time a nommé le RA une des 10 tendances de 2010. Les prochains grands changements numériques prendront racine avec des objets communicants rendant poreuse la frontière entre le réel et le virtuel, connectant données et les choses, les humains et leur environnement. Après l'internet des communautés, c'est l'internet des objets communicants qui marquera le grand public.

Ce billet fait partie d'une série de 5 sur la réalité augmentée

La réalité augmentée («augmented reality»), qui est la fille des simulateurs militaires et du cinéma 3D immersif (technologies lourdes), n'utilise qu'une faible bande passante, une basse définition, un usage constant du réseau (via le mobile) et des technologies abordables. Elle se distingue de ce qu'on appelle la réalité virtuelle par le fait qu'elle s'incruste dans notre monde réel.

Distinction entre le virtuel et la réalité augmentée (En)


La réalité virtuelle est une recréation en trois dimensions de notre monde avec laquelle on peut interagir. La réalité augmentée au contraire ajoute en surimpression des éléments virtuels sur notre environnement réel. Par exemple, avec de l'équipement approprié, un ouvrier pourrait voir une flèche indiquant la pièce d'équipement à changer sur une machine.

J'ai identifié en début de semaine les trois catégories d'applications de la réalité augmentée. Je m'attaquerai aujourd'hui à la deuxième catégorie.
Les trois catégories de réalité augmentée

1- 3D virtuel: La première catégorie explore le potentiel de simulation de l'ordinateur via de nouvelles interfaces. On déclenche à l'écran (2D) des animations semi-autonomes (3D) via des capteurs visuels (webcam) d'un objet référent (généralement une surface 2D, comme la couverture d'une revue ou une feuille avec un code graphique).

2- Couche data: La deuxième catégorie touche la surimpression de données en ligne au monde ambiant. C'est l'exploration du réel via de l'information ajoutée au contexte tiré d'une base de données, via un écran portable (comme les téléphones intelligents).

3- Objet parlant: La troisième catégorie connecte des objets entre eux ( des bases de données et des objets dans notre monde) via le réseau et généralement en direction des humains (comme des un «live feed»).
On a déjà discuté hier de la première catégorie hier qui déclenche à l'écran des animations semi-autonomes via des capteurs visuels (webcam) d'un objet référent (généralement une surface 2D, comme la couverture d'une revue ou une feuille avec un code graphique). La deuxième touche cette fois-ci la surimpression de données sur notre environnement immédiat.

Deuxième Catégorie: une couche data sur notre monde

La deuxième catégorie est plus prometteuse, et elle associée principalement à la mobilité.

Le téléphone portable intelligent comme le iPhone et Androïd avec son accès à internet, au GPS, sa caméra, ses senseurs de mouvement et de position, permet de transporter avec nous l'intelligence de petits ordinateurs devenu sensibles à notre environnement. Dans cette catégorie, il est moins question d'influencer ce qui se passe à l'écran que de voir l'écran influencer nos actes dans la vraie vie.

Exemples 1: Layar: fureteur de réalité augmentée


Layar est une application qui, par reconnaissance de position et du mouvement, permet « d'ajouter » des informations sur notre environnement et de s'orienter (comme une boussole numérique). On devrait assister à l'émergence de multiples fureteurs géolocaux (des «World Browser») qui offrent une panoplie d'info supplémentaire facilement accessible et mise en contexte.

Potentiel: Les éditeurs de guides ou les plateformes web «hyperlocales» devraient emboîter le pas à Lonely Planet qui a annoncé à la mi-décembre 2009 que son application Andoïde couvrirait 5 villes américaines. Mais les villes de moyenne et grande importance ont aussi l'occasion de s'affranchir des éditeurs intermédiaires touristiques pour s'offrir des guides «officiels» sous forme d'application...

Exemple 2: Recognizr: Contextualisation d'identité


En plaquant une couche d'information, Recognizr est une «carte d'affaires augmentée». L'outil offre une plus grande mobilité à de l'information en ligne. Une personne configure des types d'informations qui «flottent» avec elle en fonction du contexte (affaires, personnel) et qui donnent accès aux réseaux sociaux présélectionnés. Il permet aux autres de conserver un lien numérique, suite à une rencontre dans la «vraie vie».

Potentiel: outre la «carte d'affaires augmentée», on peut imaginer des objets qui affichent le lien vers leur mode d'emploi ou divers «liens complémentaires» en fonction de l'heure, de la météo ou autre données environnementales (pollution, traffic, etc)

Exemple 3: Réalité assistée (géométrie)

Le billard demande une grande dextérité et une bonne connaissance géométrique. Dans la deuxième partie de la vidéo, avec la réalité augmentée il possible de voir les conséquences en temps réel de ses choix pour prendre une bonne décision: ici faire entrer une boule en 1 coup. Les règles géométriques du monde sont «projetées» en temps réel sur le monde pour pallier à nos «faiblesses».

Exemple 4: Réalité assistée (réparation)

La «réparation assistée» permet d'effectuer certaines tâches qui demandaient davantage d'adresse ou de jugement. Certaines manipulations mécaniques se voient ainsi optimisées ou moins dangereuses.

Potentiel: la «réalité assistée» donne l'accès à un savoir-faire basé sur l'habilité et la transmet à des gens moins compétents ou peu habitués. Des «modes d'emploi augmentée» pour monter un meuble Ikéa, pourquoi pas?.

Exemple 5: Projection dans la réalité

Le «magic projection» affiche dynamiquement du contenu sur une surface du monde réel (ici un tableau mobile). Le procédé est assez simple: des points infrarouges sur le tableau permettent à un détecteur relié à un ordinateur portable et un projecteur de calculer en temps réel des animations. C'est en somme la version inversée de la première catégorie de réalité augmentée: un objet déclenche une animation, mais au lieu de voir le rendu à l'écran, il est transposé sur l'objet lui-même.

Potentiel: Permettre aux données de sortir de l'écran et de venir s'afficher dans la réalité. À terme, on communiquera par la gestuelle sur n’importe quelles surfaces ad hoc. Le «curseur» et «l'écran» sont des objet de notre monde. Tout peut devenir potentiellement un écran ou clavier: des essais se font actuellement sur le corps humain...

Du virtuel dans le réel

Cette deuxième catégorie donne une contextualisation supplémentaire aux lieux et aux objets, nous libérant de la signalétique statique. Elle personnalise notre expérience géospatiale en «embarquant» notre bibliothèque ou celle du réseau dans notre exploration du monde réel.

C'est souvent à cette catégorie que font allusion les gens qui disent que la réalité augmentée sera une «révolution»: c'est une sorte d'assistant personnel de mobilité et les lieux peuvent ainsi «communiquer» ou recevoir de l'information en temps réel. C'est à mon avis le secteur où il y aura le plus de développement au début de cette décennie.

Réalité augmentée: le 3D virtuel

[2/5] Dans la prochaine décennie, je ne m'attends pas à un simple développement incrémentale vers le web 3.0, où la communication sur le réseau sera encore plus aisé, mais bien à une prise en charge par internet des éléments de notre réalité: une communication à deux sens entre le virtuel et le réel décuplera la force du réseau et changera certainement notre rapport au monde. La réalité augmentée fait partie de ces facteurs de changement.

Ce billet fait partie d'une série de 5 sur la réalité augmentée

Hier, j'ai identifié hier les trois catégories d'applications de la réalité augmentée. Vous avez été nombreux à apprécier les exemples que je vous ai apportés. Voyons aujourd'hui d'autres exemples de la première catégorie. Je m'attaquerai un autre jour aux deux suivantes.

Première catégorie : le 3D virtuel

La première catégorie explore le potentiel de simulation de l'ordinateur via de nouvelles interfaces. On déclenche à l'écran (2D) des animations semi-autonomes (3D) via des capteurs visuels (webcam) d'un objet référent (généralement une surface 2D, comme la couverture d'une revue ou une feuille avec un code graphique).

En fait, cette catégorie est une «interface» tactile pour contrôler son écran à distance. C'est la réalité augmentée, à sa plus simple expression.

N'importe quels stimuli codés préalablement identifiés (un visage, un objet à la forme caractéristique) peuvent déclencher un programme d'animation à l'écran d'ordinateur (ou d'un mobile). La nouveauté ne tient pas nécessairement au contenu dévoilé, mais à la façon de le dévoiler: l'interface est un objet de la réalité.

Rien de tel que montrer des exemples pour bien comprendre. (Exemples tirés d'un texte que j'ai écrit en décembre 2009 pour RézoPointZéro, et qui a été publié en janvier 2010 ici).

Exemple 1 : La carte jouet virtuelle d’Avatar



Une fois que la caméra a bien capté le signal sur la carte (une inscription unique, soit un dessin ou un code) l’écran anime un personnage du film. La fascination que procure la réalité augmentée (RA) tient au fait que la main continue de manipuler la carte et que l’animation suit le mouvement en temps réel.

Potentiel: Les « jeux de cartes de bataille » ou de plateau, via un écran mobile (cellulaire, iPad, portable ultra léger) se verraient «augmenté».

Démonstation. : Le jeu «arhrrrr»



Le jeu se veut dynamique: les coordonnées géospatiales du jour ont un impact direct sur le jeu (trop près et les «zombis» vous lancent des choses). Les expérimentations ludiques explorent toujours la voie avant que les applications pratiques émergent.

Exemple 2: Le média imprimé augmenté



Cette vidéo montre un code déclenchant des animations vidéo riches à partir seulement de la couverture d'une revue qui sert de «clef». Dans le cas de cet exemple, il faut avoir préalablement téléchargé une application du site de la revue -- ce qui est tout de même hasardeux sachant que le téléchargement sur le bureau n’est pas très apprécié des utilisateurs). De plus, la lecture de divertissement ne se fait généralement pas à côté d'un ordinateur --d'où l'impression de «gadget».

Potentiel: Dans le cas d'un usage professionnel,on pourrait imaginer que de multiples métadonnées contextuelles soient encodées dans la forme même de la mise en page, déclenchant l’accès aux archives sonores, vidéos complémentaires ou biographiques de l’auteur. Pensons à une démonstration d'un théorème dans une revue scientifique ou un exemple publicitaire dans une revue de marketing.

Démonstration : l'encyclopédie augmentée



On pourrait voir réapparaître les livres utilitaires qui offrent à la fois le confort du toucher (le papier) et la finesse du contexte en 3 D virtuel (via Publigeekaire)

Exemple 3 : La démo virtuelle



L'animation est une reproduction d'une voiture. L’expérience n’est limitée que par l’imagination des concepteurs. Toyota offre la possibilité de « voir » sa voiture sous tous ses angles. Dans ce cas-ci, la miniaturisation offre une certaine aisance pour évaluer visuellement une voiture au niveau de son design.

Potentiel: Quand les «trois dimensions» offrent plus de contextes que des photos, ce type d'usage peut permettre de se faire une idée d'un objet (de son fonctionnement). Dans les classes ou en formation, en mode autoapprentissage, on peut imaginer avoir un ensemble de cartes marquées et leur combinaison déclenche des animations -- réaction chimique entre deux produits par exemple...

Démonstration : meubler son salon



Achatdesign.com offre la possibilité de «placer» des meubles chez soi pour voir si c'est harmonieux (via Itinéraire numérique)

Exemple 4: la pochette d'Harmonie



La possession de l'objet est la clef pour déclencher les actions. Il est possible aussi d'acheter des billets de concert et de voir du contenu exclusif (via Sa Dingding)

Potentiel: Il peut devenir un moteur pour réactiver la vente de contenu immatériel sur un support matériel.

La réalité augmentée «for the rest of us»

Cette première catégorie de réalité augmentée circule depuis 1 an, principalement dans des niches hi-tech (jeux vidéo notamment) et artististiques. Les applications commerciales surfent encore sur le côté «nouveauté» de la chose et ne poussent pas encore plus loin le concept. Il faut reconnaître que le concept qui se regroupe dans cette première catégorie de RA est encore limitatif :c e n'est qu'une autre façon alternative de piloter son écran.

Cette technique emprunte la logique du code-barre 2D (QR code-bar) où c’est la forme et les inscriptions d’une image détectées par la caméra qui déclenche un programme à l’écran (généralement une animation en Flash ou une vidéo). Il faut préalablement avoir ouvert le programme (généralement une page web) pour que le code sous forme d’image enclenche le programme.

Dans un prochain billet, nous verrons la deuxième catégorie de réalité virtuelle, qui permet de s'émanciper de l'ordinateur et vraiment interagir avec le monde extérieur (et non seulement avec l'écran).

PS: 21h30 Je viens de trouver que CommonCraft vient de sortir aujourd'hui un petit vidéo comme seule eux savent faire qui explique la réalité augmentée.

Appréhender le monde en réalité augmentée

[1/5] À tous les journalistes qui me demandent encore quel sera le prochain Twitter, je leur réponds systématiquement que la décennie naissante nous réserve de bien plus belles surprises qu'un autre Tweetbookbuzz.

Ce billet fait partie d'une série de 5 sur la réalité augmentée

Après l'interconnexion des communautés (le web 2.0), c'est l'interconnexion des objets et des datas. Bien sûr, je voyais bien le désespoir du pauvre reporter sentant la date de livraison s'approcher: ce n'est pas aussi sexy que de trouver le nouveau réseau social à la mode (oubliez ça, nous rentrons dans l'ère de la consolidation). Heureusement, les exemples de réalité virtuelle commencent à se multiplier.

Le concept de réalité augmentée («augmented reality» en anglais), où on superpose une couche data virtuelle sur une image/vidéo de la «réalité», n'est pas récent. Mais il sort des laboratoires et des studios d'artiste pour intégrer le monde d'internet. Et les commerçants commencent à y voir du potentiel.



J'avais énuméré 3 types de «réalité augmentée» en début janvier. Reprenons-les rapidement ici (je donnerai plus d'exemples dans les prochains jours).

Les trois catégories de réalité augmentée

1- 3D virtuelle: La première catégorie explore le potentiel de simulation de l'ordinateur via de nouvelles interfaces. On déclenche à l'écran (2D) des animations semi-autonomes (3D) via des capteurs visuels (webcam) d'un objet référent (généralement une surface 2D, comme la couverture d'une revue ou une feuille avec un code graphique).

2- Couche data: La deuxième catégorie touche la surimpression de données en ligne au monde ambiant. C'est l'exploration du réel via de l'information ajoutée au contexte tiré d'une base de données, via un écran portable (comme les téléphones intelligents).

3- Objet parlant: La troisième catégorie connecte des objets entre eux ( des bases de données et des objets dans notre monde) via le réseau et généralement en direction des humains (comme des un «live feed»).

Exemples

Des objets 3D poppent d'une revue pour donner davantage d'information. Olivier Schimpf, qui fait de la veille sur les avancées de la réalité augmentée, a déniché un oenologue italien qui explique le principe.


Le procédé peut aussi s'appliquer à d'autres objets comme des lunettes (via Aden Hepburn)


La couche data peut être aussi de l'information transmise en temps réel. Ici, une deuxième caméra permet de «voir à travers les murs» (NewScientist)


Les objets parlants utilisent Twitter pour annoncer leurs «statuts»: le cas du pont de Londres sur la Tamise. Le pont-levis «tweet» à qui veut l'entendre l'état de son pont-levis. Il émet son état et ses données peuvent être utiles à un autre objet sur le réseau (une GPS de voiture, un bateau, le service de sécurité de la ville).À ne pas se tromper avec le pont Jacques-Cartier sur le St-Laurent à Montréal: il s'agit bien d'une personne (officielle) qui utilise le canal.

Développement

Probablement, encore, ce sera via les jeux que la technologie se répandra rapidement dans toutes les couches de la population.

Sky Siege (3$ sur iPhone) utilise la boussole et l'accéléromètre du iPhone pour créer une fenêtre vers un monde parallèle dans votre pièce, rendant le jeu plus immersif (via GizModo)


La réalité augmentée commence à sortir de l'étape de simple gadget pour devenir un outil important d'accès aux informations de façon réellement plus intuitive et en contexte. Nous verrons dans les prochains jours d'autres exemples...

Le numérique est au coeur de l'avenir du journalisme

Compte rendu de notes prises au colloque international sur l'avenir du journal indépendant.

J'ai repris les gazouillis sur Twitter. J'ai corrigé les coquilles quand je pouvais. Je ne peux garantir que les citations sont texto ce que la personne à dit mais, sauf erreur, c'est le message qu'ils ont passé.

Je ne vous conseillerais pas du tout de prendre ça pour des citations. Je sais que la journée a été captée sur vidéo: quelqu'un pourra faire alors le recoupement. [voir plus bas sur plus de contexte sur la prise de note]

M. Poulet n'a pu venir au colloque dû au décès de son père. Nos condoléances à la famille.

Vous pouvez lire mon billet d'hier sur le colloque pour plus de contexte: L'avenir de la presse indépendante passe par le journaliste-réseau

Picard: Le journalisme ne sera plus un média de masse
  • Keeping the same format for every news article: suits recycling. No wonder why people don't find value there
  • Freelance doesn't work very well at local level
  • Traditional news are the worst tool to serve small communities (85% of their expenses are non-editorial)
  • Times are not particularly good for retail advertisers; newspapers make their money with 2/3 retail ad
  • Advertising is becoming less important for marketers; they are going where they can have a better ROI
  • «News Press cultural problem: they want to do everything themselves (printing, etc). They will have to collaborate
  • Most news organizations won't have 2 revenue sources: multiple sources
  • Every newspaper that went into bankruptcy in USA was making operating profits
  • Historic news business models: Emperor business elite, social elite, advertising based. Public interest not only version of news !
  • Essoufflement du modèle d’affaires de la presse des 30-50 dernières années, abusivement structuré autour de la pub
  • Journalists don't like their publics. Don't contact me, phone me, etc. That has to change.
  • The public was acted upon, not interacted with
  • Public won't tolerate being passive anymore with Media's one way communication
  • Sur le besoin de se rapprocher du lectorat vs vision élitiste de la presse et du journalisme aux XIXe et XXe siècle
  • Journalism will no longer be a mass media
  • When you look at current news orgs only 20% is doing what is defined as journalism.
  • Importance de repenser le rôle et l’impact de la presse, ainsi que du type d’information produit
  • Les médias d’info doivent hausser leurs standards pour assurer leur futur...

Dunlap: les journaux n'utilisent pas [à pleine capacité] les outils internet
  • I'm not saying that journalism shouldn't be funded by government, I say that we should be precocious
  • Be careful when we make changes; about what we are gaining and what we are losing
  • The technology for customized info services is there and the newspapers are not using it.
  • Non-profit ownership news and training for journalists: St Petersburg Times owned by Poynter Institute

Plenel: Le numérique est au coeur de l'avenir du journalisme
  • Pour une dynamique collective en moment de crise (l'individualisme ne marche que lorsque tout va bien)
  • Éviter d'être dépendants de gros monopoles: laboratoires et recherches en commun pour réinventer la participation
  • Le numérique est au coeur de l'avenir du journalisme
  • La publicité figée de la presse papier aura-t-elle toujours la même pertinence à l'ère numérique ?
  • Schizophrénie du paiement sur papier et gratuit en ligne
  • Le numérique est au coeur de l'avenir du journalisme
  • Presse enjeu démocratique: la puissance publique ne doit pas s'en désintéresser (aide indirecte: détaxer abonnement)
  • C'est à nous journalistes de ne pas nous contenter de reprendre telle ou telle dépêche. «J'ai vu, je raconte»
Miel: «Blog isn't anymore a distinctive factor; it is like saying something is written on paper»
  • Valeur du journalisme pour le public: Educate public on the role of media and on why it matters to have independant journalism
  • How far along “participatory media” are in complementing (or replacing) traditional Big Media http://bit.ly/9DFEyo
  • «Blog isn't anymore a distinctive factor; it is like saying something is written on paper»
  • Ceasefire btwn bloggers and journalists not over.
  • «The question is not the survival of newspapers: it is who gonna report on local news»
  • Huge gap being left in new media: local news area

Honderich

  • Local sources provide no value for national publics. Correspondents necessary for local contextualization

Nivat: Pour se reprocher de la complexité de la réalité, il faut ralentir

  • «Les flux permanents de l'information formatée ne nourrissent pas»
  • Beaucoup moins cher d'envoyer un journaliste indépendant en Irak qu'un employé (moins responsabilisant aussi)
  • La compétence et la rigueur déterminent la valeur d'un communicateur, pas le support.
  • L'argent: être journaliste indépendant c'est pratiquer son métier avant de penser à l'argent
  • Pourquoi les journalistes classiques n'ont-ils pas compris qu'ils doivent s'ouvrir aux autres [blogueurs] et se différencier?
  • n'aurait pas fait ce chemin si elle avait été salariée d'un média
  • C'est le récit [journalistique] et le récit, ça ne s'invente pas
  • Si les reporters de guerre ne vont plus sur le terrain, ce sera la communication de presse des armées qui prendra la relève
  • «l'État français ne veut pas médiatiser l'affaire du kidnapping des 2 journalistes en Afghanistan»
  • Donner la parole à un haut gradé de l'armée américaine et à un jihadiste dans un même article ne rend pas objectif
  • Pour se reprocher de la complexité de la réalité, il faut ralentir
  • En journalisme, «il n'y a que le terrain qui compte»
  • Les guerres, ça lasse, dixit Anne Nivat. Lorsque tout a été couvert une fois, en parler ne vaut plus la peine ?
  • War insurance is of no utility, absolutely no guarantee
Commentaires
Michel Dumais au micro: dans l'atomisation de la chaîne économique de la presse, y a-t-il de la place pour le journaliste indépendant/entrepreneur?
(Frédéric Bascuñana sur Twitter: «oui, ça s'appelle un blogueur qui a trouvé son audience :-) Non ?»)
Et Picard sur la scène de répondre: -«Freelance doesn't work very well at local level»

Prise de notes

Les prises de notes sur Twitter viennent principalement de Josée Plamondon et moi. Il y avait aussi Alexandre Cayla, Hugo Prévost et Marc Ouimet qui ont pris des notes en ligne. Les autres participants ont choisi le papier et les notes sont définitivement perdues pour tous.

Les interventions de la salle étaient de très haut niveau. Je me suis même dit que toutes ces têtes, si elles pouvaient rester connecté après l'événement serait très utiles pour trouver des solutions à la crise des médias.

Sur les hastags

Comme il n'y avait pas de hastags déterminés par les organisateurs de l'événement, la négociation s'est fait d'une façon botton-up: quelques gazouillis échangés puis on s'est entendu sur #cji. Pendant un certain temps, il y avait #BAnQ (le colloque se passait à Grande Bibliothèque) et #Mediasindependants.

Le choix du hashtag doit répondre à 2 critères, je crois: représenter clairement l'événement et être court. Avec un nom comme «Colloque international sur l'avenir du journal indépendant: Vue de l’esprit ou phare de la démocratie ?», il fallait s'entendre sur les mots pertinents avant de choisir l'acronyme.

Le choix du lieu #BAnQ semblait bien, uniquement parce qu'il est déjà normalisé, mais il n'exprime pas assez clairement l'événement. C'est celui que Josée et moi utilisions d'un commun accord avant de trouver les autres gazouilleurs dans la salle.

On pourrait penser aussi que #BAnQ aurait trop de bruit (d'autres gazouilleurs utilisent aussi ce tag, puisqu'il est associé à un lieu), mais un tag de lieu n'est jamais très bruyant (car les gazouillis sont dispersés dans le temps) alors que les hashtags d'événement sont des coups de fusil: ils délogent (temporairement) les autres oiseaux qui piaillent...

Mise à jour (16 mars 2010): autres liens d'intérêt
- Couve, Lapoix, Raphaël: le journalisme entrepreneurial en débat Owni.fr Sabine Blanc (12 mars 2010)