ZEROSECONDE.COM: Internet et enseignement (par Martin Lessard)

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Impacts du numérique sur la communication, notre société, nos vies.

Internet et enseignement

Tant de questions, si peu de réponses. L'éducation et les nouvelles technologies peuvent-elles créer une synergie? Et pourtant selon le côté de l'Atlantique où l'on se les pose, on arrive pas au même constat.

France sur rouge, rien ne bouge
(via Mario Asselin) Apparemment une charte d'un établissement scolaire français demande aux élèves: "Je m'engage à ne pas lire de blogs ou de carnets d'information". (Interdiction de lire des blogues)

Et il y le philosophe Finkielkraut qui croit que les élèves devraient apprendre les règles de grammaire et d’orthographe et non se déconcentrer via le Net : “Internet ne devrait servir qu’à des gens déjà formés”. Il renchérit : “La seule solution : débrancher l’école, la déconnecter. Internet, ça ne sert à rien.” (Déconnectez les écoles !)

Écoutez-le vous-même, Finkielkraut

Débrancher l'école ?


USA sur blanc, tout fout le camp
(Via Lance Strate) Michael Wesch, professeur en ethnographie numérique, qui nous a offert The Machine is Us/ing Us et Information R/evolution, résume d'une façon troublante les pensées d'étudiants d'aujourd'hui sur la façon d'apprendre, leurs buts, leurs rêves, ce qu'ils vivent en commun, et ce qui les attends au cours de leur vie.

Voici "A Vision of Students Today"


Comment dit-on déjà? Il y a (vraiment) un océan qui les sépare.
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4 commentaires:

mardi, octobre 30, 2007 8:20:00 AM SekhmetDesign a dit...

Le dernier vidéo vient me chercher. Il me rejoint, je trouve son message très percutant. Si la même expérience était faite dans une de mes classes à Concordia, je suis sûre que la majorité des messages écrits par les étudiants seraient les mêmes que sur la vidéo.
Ce qui me rappelle, en début de session, dans mon cours History and the public, on avait eu une discussion sur l'apport de Wikipédia dans nos travaux et dans notre domaine, et j'étais dans les rares à défendre le point qu'il y avait de quoi avancer la connaissance, le partage du savoir historique, si seulement les gens voulaient s'impliquer un peu au lieu de toujours critiquer sur la non-pertinence de l'encyclopédie en ligne. Autant mettre toutes nos heures de 'chattage', de 'surfer' sur Facebook et d'écrire des courriels, à participer à un projet tel que Wikipédia ou Wikiversity. On ne perd rien d'intégrer Internet dans notre éducation, on y gagne justement beaucoup! Une expérience beaucoup plus interactive, une facilité de partage de connaissance, de discussion...
L'enseignement a beaucoup à gagner à intégrer les nouvelles technologies dans ses classes, et je crois qu'ainsi, plusieurs jeunes seraient beaucoup plus interpellés à vouloir s'éduquer dans des domaines qui les intéressent via l'Internet, que de s'éduquer par la bonne vieille manière 'traditionnelle', qui est d'aller en classe et d'écouter un professeur parler pendant des heures en lisant des livres qui sont, somme toute, parfois pas si importants que ça!
Juste mes petites pensées rapides sur le sujet...

mardi, octobre 30, 2007 10:44:00 AM Martin Lessard a dit...

Merci pour le commentaire. Je crois qu'il y a quelque chose d'émotif dans notre réaction face à cette vidéo.

Mais en même temps, il faut rester lucide. La problématique n'est pas (nécessairement) dans les mains du professeur seulement. Il est collectif à l'ensemble de l'institution: un professeur qui s'attaquerait seul au problème ne résoudra rien si les autres ne suivent pas.

Par exemple, dans un exercice que semble proposer Wesch dans sa vidéo, on arrive à mesurer un effort collectif. Mais l'institution demande d'évaluer les individus. Contradiction pour le professeur, contrait "d'évaluer les compétences individuelles".

Écrire au tableau reste encore la seule méthode "mesurable" que l'enseignement a été "dispensé" par le professeur.

Dans mon cours "Architecture de l'information et des réseaux " que je donne à l'UQAM je ne vois pas comment je peux faire appel à "l'intelligence collective" (c'est de ça qu’on parle aussi dans la vidéo) sans mettre en porte-à-faux mon "intelligence" (qui est le pourquoi de ma présence dans ce cours).

Vanité? Peut-être. Mais plus de l'impuissance, oui. Comment puis-je en 15 cours changer la façon canonique d'apprendre? Hum...

mercredi, octobre 31, 2007 8:48:00 AM Sophie a dit...

Merci ! Vous nous donnez un peu plus envie de le traverser cet océan...

mercredi, octobre 31, 2007 11:37:00 AM florence Meichel a dit...

Bonjour Martin

A la suite de ce billet et de ces commentaires, j'ai eu envie de témoigner d'une expérience personnelle...j'espère qu'elle te donnera des pistes d'action ! En tout cas elle m'a profondément marquée !

http://florencemeichel.blogspot.com/2007/10/education-20-le-dbut-de-lhistoire-pour.html

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