ZEROSECONDE.COM (par Martin Lessard)

ZEROSECONDE.COM

Impacts du numérique sur la communication, notre société, nos vies.

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Ça faisait un p'tit bout de temps que je voulais mettre en ligne ce que Dominic Arpin, le patrouilleur du net, était venu tourner au Yulbiz d'octobre. Le voici!

« L’idée de Kofi Annan était simple : inviter les internautes de la planète à enregistrer un « tck » à la caméra afin de former une horloge humaine, une chaîne vidéo sans fin qui sera remise aux dirigeants gouvernementaux lors du Sommet sur le climat à Copenhague [le 7] décembre prochain. Time for climate justice était né.» (source Dominic Arpin)

« [L]es blogueurs d’ici devaient d’abord montrer l’exemple. [Son] projet était donc le suivant: réaliser une vidéo d’une minute dans laquelle 60 blogueurs québécois allaient chacun "interpréter" une seconde. »

60 blogueurs, 60 secondes, une bonne cause. (Par Dominic Arpin)



Pour mémoire, je suis autour de la 40e seconde (photo Arpin)

http://www.flickr.com/photos/freeparking/1279927021/

Tag: COP15

Le climat et la communication : plus que du vent

Sur les dangers climatiques, les scientifiques ne convainquent pas. Ils démontrent, par la raison. La population ne veut pas raisonner mais croire. Hum. On va avoir comme un problème, bientôt.

http://www.flickr.com/photos/freeparking/1279927021/ Si on veut du changement et freiner la catastrophe environnementale, on doit tous changer nos comprtements. Mais que faire? Qui croire?

«Les climatologues ont toujours mal saisi la dynamique de la crédibilité et la confiance populaire. Ils tiennent pour acquis que la conviction se bâtit à coup de faits et que le confiance du public s'appuie sur l'autorité institutionnelle. Sauf quelques rares communicateurs hors pair, ils évitent souvent de faire appel à des valeurs plus profondes ou de créer des rapprochements émotionnels avec le public – en fait, ils voient ça comme une atteinte à leur indépendance professionnelle.(George Marshall, The guardian.co.uk)

Or l'enjeu planétaire qui se joue avec le réchauffement du globe ne laisse que peu de marge de manoeuvre: nous devrons communiquer et ce à grande échelle, pour transmettre de formidables et complexes informations: que ce se passe-t-il dans notre écosystème? et que faire pour la protéger?

Un des enjeux dans les prochaines années sera que cette information -- la bonne information -- soit retransmise. Des informations sur l'état réelle de la situation (et de s'entendre sur la façon de la mesurer) et des informations sur comment éviter le pire (et s'entendre aussi sur les actions à prendre).

Gaston Bachelard avait écrit: "La science, dans son besoin d'achèvement comme dans son principe, s'oppose absolument à l'opinion."

Mais c'est actuellement l'opinion qui fait bouger les choses. Une adéquation nécessaire est demandée entre les journalistes, les politiciens, les scientifiques et les médias sociaux pour retransmettre les connaissances appropriées à une prise de décision efficace.

Oui j'ajoute les médias sociaux car ils forment une courroie de transmission virale qui pourrait être bénéfique pour une action à grande échelle et sur le court terme...

Du 7 au 18 décembre c'est la Conférence de Copenhague. A quelles conséquences pouvons-nous nous attendre, et que pouvons-nous faire? À suivre de près sur le site de conférence (en français) car peut-être qu'Internet recevra le Nobel de la paix en 2010 (en anglais) ?

(Image : L’aube en hiver)

Yulbiz : rencontre de la numéricratie montréalaise

Le Yulbiz est une chose vivante. Il a une vie en soi et évolue par lui-même. Ça m'a frappé hier, lors du dernier Yulbiz, qui avait lieu au Jello bar: plus tout à fait le même, différent, mais toujours une même énergie vitale de se rencontrer.

YulBizD'emblée je le dis, le Yulbiz n'est plus ce qu'il était : mais il est ce qu'il est; plus, il sera ce qu'il doit devenir.

Au début, un peu dans la tradition du Yulblog dont il est issu, l'événement se passait à endroit fixe. Succès immédiat, les fondateurs, Philippe Martin et Michelle Blanc, il y a plus de trois ans, pouvaient s'enorgueillir d'avoir démarré ce qui se voulait une communauté d'intérêt ad hoc autour de l'usage du blogue comme outil professionnel

En discutant hier soir avec Philippe il nous apparaissait évident que depuis que le Yulbiz est devenu itinérant, se déplaçant d'un endroit à l'autre chaque mois, il s'est acquis une nouvelle clientèle: ce qui semblait être au début une secte (lieu fixe = membership de type club) est devenu un rendez-vous d'initiés branchés (lieu mouvant = seules les connexions permettent de retrouver le lieu et la date).

Renouvellement
De quelques blogueurs, mâles en majorité, du début, voilà que s'est rajouté une nouvelle foule dans la mouvance des réseaux sociaux, de la WebTV et de Twitter, équilibrant le ratio homme femme, augmentant celui des 'peoples', abaissant la lumière et augmentant le son de la musique. Voilà ce qui ressemble plus à party mensuel branché.

Ceux qui me suivent savent comment j'ai rapporté les Yulbiz précédents depuis 3 ans, à ma façon: discussion, rencontres, réflexions. Dans Yulbiz en 35 sujets de discussion écrit il y a 2 ans, on peut y voir le chemin parcouru jusqu'à aujourd'hui. On n'y discute plus de la même façon.

De rares, les moments de rencontres entre gens de la numéricratie montréalaise se sont depuis généralisés, diversifiés, spécialisés --les 'camps' et autres non-conférences ont pris l'espace de discussion et de réflexion-- et le Yulbiz est devenu l'after-party où on se voit, se fait voir et regarde l'élite numérique. Car quand la musique est si forte et la lumière si basse, les paroles deviennent inutiles.

Translation
Yulbiz était au début "un regroupement de blogueurs d'affaires qui vise à favoriser le réseautage et la pratique des blogues dans un contexte professionnel". C'était la façon qu'on le présentait alors que j'étais sur le conseil d'administration. Il est aujourd'hui le lieu de rencontre branchée et de réseautage d'une élite web, de micro-entrepreneurs et d'artistes.

Un élément de plus pour le rayonnement internet de Montréal. Pas étonnant que Tourisme Montréal se soit associé au précédent Yulbiz...

Guy Kawasaki et l'entrepreneuriat 2.0 à Montréal

Guy Kawasaki était à Montréal la semaine dernière pour l'événement Rendez-Vous 2009 de ChallengeYourWorld.com.

ChallengeYourWorld.com est un site de crowdsourcing d'idées encourageant les idéateurs à entreprendre des projets réconciliant le social, l'environnement et les profits. Le Rendez-vous était leur premier événement phare servant de lancement. J'accompagne ce client depuis plus d'un an afin de lui bâtir leur présence en ligne et sur réseaux sociaux, ainsi que lui développer les mécanismes de crowsourcing.

- «Le crowdsourcing qu'est-ce que c'est?» ( Sur Zéro Seconde, 15 septembre 2009)
- «Crowdsourcing: mettre la foule à profit » ma conférence donné à WebCom 2009 concernant ChallengeYourWorld
- «Ma conférence sur le crowdsourcing, version vidéo»
La soirée a accueilli près de 700 personnes, une performance hors pair pour un premier événement de la part d'une compagnie inconnue du grand public. Je vous raconterai un peu plus tard ce qu'est Challenge Your World, une compagnie à but non lucratif que j'aime beaucoup --et qui m'a tenu dans les deux derniers mois assez à l'écart de ce blogue ;-)

Dès que j'aurai compilé quelques statistiques sur les réseaux sociaux et l'achalandage sur le web ce soir-là, je vous en ferai part (nous sommes arrivé numéro 2 sur les hash tag twitter franco ce soir-là!)

Guy! Guy! Guy!
Guy KawasakiLa soirée accueillait Guy Kawasaki, célèbre évangéliste chez Apple et maintenant partenaire et entrepreneur résident de Garage Technology Ventures, société de capital risque initial présent à Montréal.

J'aime bien quand il parle de "sauter à la prochaine vague" (to jump to the next curve): il ne suffit pas de créer une meilleur produit, ou d'augmenter de 10 % l'efficacité d'un produit ou d'un service. Un entrepreneur doit carrément chercher la prochaine vague, la créer même. C'est que que ChallengeYourWorld propose: voir le développement durable comme la prochaine grande courbe (que de toute façon nous allons tous prendre de force...)

Le contenu de la conférence de Guy a été admirablement bien résumé ensuite par une foule de personnes compétentes présentes dans la salle:

Guy Kawasaki donne 10 conseils pour innover au Rendez-vous 2009 de Challenge Your World, par Jean-Sébastien Chouinard (Adviso)
Guy Kawasaki : la sagesse d'un hockeyeur de 55 ans, par Alex Lesieur
Ship, then test!” says Guy Kawasaki, by Lisa Chandler
10 conseils pour les entrepreneurs par Guy Kawasaki, by Thoma Nadeau
Challenge Your World : inspirer pour réaliser, par Audrey Myrand-Langlois (Les Affaires)
Guy Kawasaki : «Foncez, les jeunes», par Audrey Myrand-Langlois (Les Affaires)
Le tour de force de Guy Kawasaki…, par Claude Malaison (Émergenceweb)
Rendez-Vous 09 - Challenge Your World avec Guy Kawasaki, par Emmanuelle Vincent
Top 10 tips for innovative entrepreneurs from Guy Kawasaki, by Julie Matlin (NFB)
Guy Kawasaki « Il n’a jamais été aussi facile de démarrer une entreprise. », par Vallier Lapierre (RezoPointZero)

We are off to see the wizard of us
Même si on a déjà vu Guy Kawasaki, je crois qu'il y avait une atmosphère ce soir-là assez magique, rendant la conférence inspirante et fraîche, qui nous permettait de le redécouvrir et de se laisser imprégner par son discours entrepreneurial. J'adore quand il y a un petit "plus" qui rend un événement véritablement "expérientiel " et non seulement "consommable".

Sûrement que la salle (le théâtre Impérial, aux allures du Rex) et la gestion de l'événement par Lulu&Castagnettes étaient pour beaucoup. ChallengeYourWorld a bien réussi son entrée au monde. On s'en reparle.

Webtv: les cobayes

Le dimanche matin est propice pour découvrir les nouvelles wetélé. Voici Les Cobayes de Véronique O'Reilly.

Les Cobayes

Les aventures de Véro, qui, pour sa thèse de maîtrise, filme ses amis, crée des situations... et mets en ligne les résultats. Ce sont les cobayes de Véro!

Le premier épisode est en ligne.

Ce type projet utilise les procédés qui sont selon moi les caractéristiques de la webtv : équipe réduite, scénario éclair, quasi-improvisation, situation quotidienne ou simili-"caméra réalité". La simplicité n'exclut pas la qualité. Ce ne sont juste pas les mêmes critères que la télévision conventionnelle... et c'est frais!

"Web Analytics" de Malo et Warren

Mesurer le succès et maximiser les profits de votre site web, c'est ce que propose le livre de Nicolas Malo et Jacques Warren, Web Analytics, qui sort ces jours-ci. Après 20 ans, bâtir un site web demande une telle diversité de ressources et de compétences que l'on se demande s'il peut exister des "petits sites". L'analyse des résultats de votre site web, elle aussi, demande un oeil exercé et un minimum de bagage.

Web Analaytics de Malo & WarrenVoilà pourquoi j'ai été enchanté du livre "Web Analytics", aux Éditions Eyrolles: un livre simple, clair et en français.

La première fois que Jacques m'a parlé du concept Web Analytics, il y a quelques années, j'étais loin de me douter qu'allait y naître une industrie.

Pas que ce soit, en soi, compliqué - il n'y a rien de vraiment cryptique- mais les éléments forment maintenant un ensemble qui s'apparente à une science.

Ou du moins, à une méthode et des paramètres mesurables. Et ce n'est plus toujours facile de s'y retrouver.

La formule de base est simple:
Traffic --> Site web --> Résultats

Mais les auteurs varient ensuite divers paramètres pour nous faire voir l'importance de tel ou telle valeur. Évidemment, ils insistent sur cette équation Web + Analytics = Profit. Je ne sais pas si je vais devenir riche avec ce livre, mais je le lis avec profit.

Le livre est bâti de façon plus académique que le livre de Avinash Kaushik : Web Analytics, One hour a day. Ce dernier, très axé sur la pratique, empêche de se bâtir un point de vue stratégique. Si vous voulez une comparaison, le livre de Kaushik serait pour l'analyste terrain et le livre de Malo & Warren serait pour le cadre ou le stratège qui cherchent à acquérir une nomenclature commune pour converser avec son équipe et bâtir des plans stratégiques. (Pour voir à quel moment on doit réfléchir à la chose en bâtissant un site web, lisez mon guide des meilleures pratiques web.)

La première partie liste les raisons d'être et les objectifs de votre site web. Même un site artistique possède des "raisons d'être". Et cela peut se mesurer. Mais on imagine bien que les sites de cybercommerce ont plus à y gagner. Comme pour les autres secteurs de l’entreprise, le web demande ces indicateurs clés de performance et son propre tableau de bord.

"Il n'y a aucun bénéfice à mesurer quelque chose que l'on ne peut pas changer" disent les auteurs.
Un indicateur de performance possède 10 qualités:

1- S'aligner sur la vision stratégique (si la haute direction ne tient pas en compte vos données dans leur décision, il fort à parier que votre plan sera déchiqueté à la première bourrasque)
2- Être assigné à un individu ou une équipe (Management 101: si personne n'est responsable ou ne possède pas les leviers pour influencer une mesure, elle tombera en désuétude au premier rush)
3- Permettre la prédiction (c.-à-d., une donnée aléatoire n'apportera rien de neuf à la compréhension du système).
4- Susciter l'action (on devrait toujours savoir comment influencer une donnée dans le sens voulu
5- Être peu nombreux (au maximum une quinzaine)
6- Être facile à comprendre (Éviter les indices à plusieurs variables, sous peine ne pas pouvoir isolé ce qui modifie l'index)
7- Être déclencheur de changement (Les données doivent être utilisées pour s'améliorer)
8- Être standardisé (La signification d'une mesure est la même à toute les hiérarchies -- ne sous-estimé pas ce point)
9- Être mis en contexte (Une donnée seule ne signifie rien: quel est l'historique, quel seuil faut-il surveiller, quelle cible faut-il atteindre)
10- Être pertinents (Les indicateurs ne sont pas éternels; il faut les revoir régulièrement

J'aime bien la base décimale, mais je m'en tiendrais à cinq: les numéros 1 à 3, 5 et 8. Pourquoi faire plus compliqué.
Je vais sûrement y faire référence à ce livre dans mes prochains billets, tellement je le trouve stimulant. Le livre offre des compléments en ligne : http://www.webanalyticsprofits.com/fr/complements.html

Je crois vraiment que c'est un livre de base, essentiel, à ceux qui veulent connaître le web analytics. Ceux qui ont aimé mon guide des meilleures pratiques web. et qui s'intéresse à l'étape 1 (stratégie) ou 5 (maintenance) seront ravis. Bravo aux auteurs.

En ligne, qui êtes vous?

«Nous n’échapperons pas au Web c’est-à-dire à l’exploitation maximale de la puissance des données par l’analyse, la combinaison, la représentation, la recherche fine, etc. Pas plus que nous n’échapperons au fait que les données deviennent chaque jour un peu plus personnelles, même - surtout - celles qui nous semblent les plus anodines.» (Hubert Guillaud - InternetActu - Que faire face à la puissance des données ?)

Penser l'identité numérique devient un enjeu. Si vous voulez vous en convaincre essayez Personas, du célèbre MIT Lab.

PersonaWeb http://personas.media.mit.edu/personasWeb.html

Entrez votre nom et le logiciel scannera le web pour toute information vous concernant et sert à caractériser votre identité en ligne. Il classe selon des catégories prédéterminé par un algorithme pour créer automatiquement une profil sur vous.

Exactement le genre de chose que l'on peut craindre d'une agence de surveillance débordé et manquant de ressource humaine. Mais à quoi bon avoir des humains, on a des algorithmes!

«Que pouvons-nous faire pour rendre aux gens un peu de contrôle sur les données qu’ils libèrent abondamment dans les sites sociaux notamment ?» Lisez le billet de Hubert Guillaud. Ça dessille.

- Dans le même ordre d'idée, voir aussi l'article de Stéphane Baillargeon dans le Devoir d'aujourd'hui: Ego inc. (abonnement)
- The bachelor thesis IDENTITAT - The "Gestalt" of digital identity
- Who Is Managing Your Online Identity? The shiftedLibrarian (février 2009)

Clavardage en direct

Votre entreprise doit-elle investir dans les réseaux sociaux ? Quels sont les avantages pour un travailleur autonome d'être sur Twitter?

Vous pourrez discuter de ces questions lors d’une séance de clavardage en direct avec moi jeudi 29 octobre, à midi. Elle sera animée par le chroniqueur et blogueur René Vézina sur lesaffaires.com. Je vous invite à vous inscrire sur http://www.coveritlive.com/

Ça sera ma première expérience. Je vous conterai ensuite...

Twitter, sous-traitant des moteurs ?

Jean-Michel Salaün propose une lecture intéressante de la situation actuelle de Twitter: puisque la compagnie ne semble pas vouloir se faire racheter (la "stratégie de sortie" des compagnies web 2.0), se pourrait-il qu'il se positionne comme revendeur de valeur de liens?

« (...)Twitter ne cherche pas à être racheté, mais à vendre les informations procurées par le flot de milliards de gazouillis lancés par les 54 millions d'utilisateurs mensuels. En théorie, ce flot devrait permettre d'affiner le pagerank puisque nombre de ces messages sont en réalité des liens flottants répétés et donc facilement modélisables. Inversement, ces recommandations échappent aux moteurs et donc effritent leur efficacité. Twitter deviendrait une sorte de sous-traitant des moteurs. Reste qu'il s'agit encore une fois d'un pari, notamment sur la pérennité des accros au service.» (source)

La valeur du web en temps réel n'est pas passée inaperçue pour Google (en mai dernier Larry Page ne l'a pas caché). Ni pour les autres (le "real-time Web" est le sujet de la prochaine conférence LeWeb). JM Salaün débusque tout de même le talon d'Achille de Twitter: étant un réseau social, il est est à la merci des usages sociaux, et, comme Second Life, peut passer de l'endroit "hot" en ville à un lieu démodé (voir mon billet sur Second Life, La métaphoe du bar "in").

Google est dans le marché du "knowledge Just-in time", Twitter serait-il viable dans un marché du "real-time web?"....

Leçon d'un con

On connait tous l'histoire. Sur Facebook, cette semaine, un sondage généré par un utilisateur sur Facebook demandait « Obama doit-il être assassiné ? ». Rien de moins. Les services secret du président en question ont vite retrouvé les traces du délinquant... un ado.

"Attention à ce que vous postez sur Facebook, cela pourrait se retourner contre vous tôt ou tard." Le président américain ne croyait pas si bien dire, mardi 8 septembre, devant d'une école.

Et oui! 3 semaines après, voilà un jeune qui n'a rien compris du message. C'est que, affirmait Obama, "(...) quand on est jeune, on fait des erreurs, on fait des trucs idiots ". Aujourd'hui, les services secrets ont dû lui répéter ce que le président avait dit. Après avoir été « interrogé en présence de ses parents », le mineur délinquant en question ne serait pas poursuivi, ont-ils dit.

Si vous ne connaissez pas l'histoire, c'est bon signe. Vous ne passez pas votre temps devant l'ordinateur. De plus, il y a fort à parier que votre journal favori n'en a pas parlé (ce qui fait changement du temps, pas si lointain, où les rédactions faisaient les gorges chaudes de la paille dans l'oeil d'internet avant de comprendre qu'ils étaient du mauvais bord de la branche qui se faisait scier)

Avons-nous tirer toutes les leçons de la mésaventure du petit con? Oui? Vraiment? Je ne suis pas si sûr. Reprenons.

"Pour commencer, je voudrais que vous tous fassiez attention à ce que vous postez sur Facebook parce qu'à l'époque de Youtube, quoi que vous fassiez, on vous le ressortira à un moment ou un autre de votre vie" (Dixit Obama , source Le Monde 9 septembre 2009)

Si vous avez compris qu'il ne fallait plus mettre de sondage en ligne sur Facebook, vous n'avez qu'un seul point sur quatre. Même pas la note de passage.

Il y a trois autres apprentissages.

1- l'anonymat et la vie privée n'existe pas. Oubliez les 'privacy policy'. À tout moment, quand le pouvoir en place le décide, il n'y a plus rien qui ne tient: Facebook ou pas, la plateforme va collaborer pour retrouver le délinquant. La Chine le fait. L'Occident aussi. Cessez de croire qu'un droit numérique vous protège dans l'anonymat. Les outils à votre disposition, qu'il soit 2.0 ou non, avec un Privacy Policy béton ou non, vous lâcheront à la première occasion. Appelons ça un attrape-con. La ligue des mineurs fait sa propre auto-sélection.

2- Compte tenu du point 1, il n'y a maintenant plus aucune raison de croire qu'un sondage de ce type puisse être sérieux. Aucun terroriste professionnel ne s'afficherait ainsi. Reste donc les losers. Croire à une conspiration relève du domaine psychiatrique. Quand elle apparait sur Facebook, une telle ânerie ne doit qu'entraîner un appel de service rapidement reléguer aux bleus en formation. Il n'y a peut-être que Dan Brown ou William Gibson pour y trouver une inspiration créative.

3- Les points 1 et 2 montrent que la motivation à un tel geste est tout autre. La notoriété. Cet ado ne cherchait ni à faire un acte politique, encore moins terroriste, ni à communiquer un message. Il cherchait la notoriété. Aujourd'hui, l'acte artistique est warholien. Quelle est la question de sondage qui apporte la plus grande viralité? La question a été créé dans le seul but de provoquer le maximum d'impact viral. Tel est la condition humaine à l'ère du 2.0.

Notons que le jeune possède cette double compétence, celle de programmer une application Facebook et de saisir l'esprit du temps, ce qui fait de lui un magnifique spécimen fonctionnel dans la société d'aujourd'hui.

On aurait peine à croire que les américains stresseraient à propos d'un 'Faut-il tuer yzokraS?' (je verlan pour éviter les indexations hors contexte) ou la même chose avec Ahmadinejad.

Il faut être en diapason avec son milieu et son époque pour provoquer. "Pour commencer, je voudrais que vous tous fassiez attention à ce que vous postez (...)". L'ado a bien compris le message. Il a fait très attention à ce qu'il a posté...

Documentaire interactif recherché

Hugues Sweeney de l'ONF m'envoie ce petit rappel concernant l'appel de projets interactifs au Doc Circuit Montréal dans le cadre des Rencontres Internationales du Documentaire de Montréal (RIDM 2009).
Trois projets seront retenus pour une présentation devant jury et public le 12 novembre

Le gagnant recevra une bourse de $7500 pour le développement d’un projet de documentaire interactif.

Date limite de soumission: 9 octobre 2009

Détails: www.onf.ca/defi-multimedia-2009

Péché originel des réseaux sociaux numériques

«Les merveilles des réseaux sociaux en ligne»
Harold's Planet: The wonder of online social networking

Cette image que j'ai extraite d'une caricature très british de Harold's World s'intitule «the Wonder of Online Social Networking» et circule sur internet (Via @Samia_Ghozlane, Via Henri Kaufman).

L'humour fait sourire. Pourquoi? pcq au fond, on se sent qu'il touche une corde sensible. Ou plutôt, qu'il touche un cliché: le net isole au point que l'on ne prend plus le temps de se lever et de rencontrer notre "friend" à côté. Comme une culpabilité originelle. Pourtant l'amitié en ligne n'est pas nécessairement moins sincère. Pourtant un réseautage numérique bien fait mène à plus de rencontres réelles.

Cercle
Le réseau, on le sait depuis le début, rapproche davantage ceux qui sont proches que ceux qui sont loin : on envoie davantage de courriels à des gens qui sont finalement à moins de 100KM de chez soi (rappelez-vous la promesse de «vous connecter avec le bout du monde». Les réseaux sociaux, Facebook notamment, ont permis plus de retrouvailles entre amis que tout autre autre invention de l'Homme: combien de connaissances avez-vous "retrouvés" depuis l'avènement du web (ou du web 2.0)?

Carré
Le cliché persiste tout de même. Les «merveilles des réseaux sociaux en ligne» isolent les individus, atrophient l'espace sociale, coupent les communications "naturelles".

C'est tout l'inverse. Cet outil, bien utilisé, permet même d'augmenter le suivi de son cercle de connaissance au-delà de ce qui était habituel auparavant. J'écrivais hier que l'on devrait traduire «follow» par «accompagner». Les réseaux sociaux ne fabriquent pas ex-nihilo nos amis. Il permet seulement d'inclure dans le cercle des suivis, nos «friends» et nos «followers» qui sont des »compagnons» sur la route de notre vie. La possibilité est offerte. On l'accepte ou pas.

Point
Au fond, ce qui était pris comme un ridicule de situation dans la caricature n'est qu'un constat de vérité. Il n'y a que ceux qui ne l'acceptent pas qui peuvent faire vibrer la corde sensible de la culpabilité chez ceux qui l'acceptent. Il est temps de s'affranchir de ce «péché original»...
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À lire aussi:
Facebook: connecting you to your screen
Pour ou contre Facebook?

Le point avant basculement

De nombreux bruissements me disent que le présent cycle démarré avec Facebook et Twitter arrive à son apogée et qu'une transmutation est en cours. Dans quelques jours devraient sortir les premières invitations de Google Wave. Faisons le point sur le monde avant le basculement.

Google WaveOn dirait qu'on oublie vite comment "c'était avant". "Avant", sur le web, ça veut dire deux ou trois ans. Google Wave s'en vient et je me propose de me faire une petite note sur ce quelques réflexions sur Twitter, pour mémoire. Et se rappeler ce que l'on disait avant cette "vague" qui s'en vient.

Longtemps, je me suis logué de bonne heure
On ouvre Twitter la première fois : on ne comprend rien. En fait, le site web de Twitter n'est pas l'outil qu'il faut utiliser. Du moins pas si on possède plus que quelques dizaines de personnes à suivre. Il faut aller sur un "client Twitter" comme Twirl, Seesmic, Nambu ou Tweetdeck. Au-delà d'un certain nombre de personnes, il faut arriver à segmenter par panneau ou dossier. Et même là, on ne fait que diminuer que faiblement l'impression de flot.

On n'utilise pas Twitter, on s'y noit.

Apprendre à nager devient donc essentiel. Et les bouées sont les gens que l'on veut suivre. 40 % des gazouillis sont inutiles? Mais honnis soit qui mal follow!! Tendez l'oreille dans la rue et vous aurez ce même ratio. Et pourtant, normalement, vous devriez êtes concentré sur la personne qui vous accompagne. "Follow" devrait être traduit en français par "accompagner". Vous écoutez ceux qui vous accompagnent.

Et quand vous êtes bien entouré, l'outil devient intéressant.

Twitter n'a d'autre valeur que votre réseau qui vous accompagne. Ils sont tous sur Facebook? Allez-y. Ils sont à la Chambre de commerce? restez-y. Twitter n'est pas pour tout le monde. Il y a une diversité d'outil pour tous les goûts.

Twitter vaut bien une messe
Olivier Ertzscheid a développé cet été un excellent billet sur Twitter L'hiératique contre le hiérarchique : Sur Twitter, l'information est brute. Les industries de l'information ont pour métier d'y mettre de l'ordre, or, Twitter, fait tout l'inverse: «pas d'éditorialisation, pas de "niveau supérieur" de l'information. Donc, Twitter est littéralement illisible. ». Vous vous sentez soulagé?

C'est grâce au filtrage collaboratif que le sens émerge de Twitter: on "RT", on cite "@", on "#" et on "bit.ly" et . Perdu? Bien sûr! C'est que, souligne Olivier Ertzscheid, le manque d'espace (limité à 140 caractères) force l'émergence de ces hiéroglyphes. Ce n'est pas tout.

« [C]e qui est le plus intéressant dans Twitter, ce sont les stratégies qu'il met en place pour gérer l'infobésité accrue par le temps réel sur lequel il s'efforce de se caler, et ce sans jamais faire appel à de classiques techniques de hiérarchisation, mais en préférant faire appel à des stratégies visuelles, cognitives et scripturales d'évitement, de substitution.»

Blog sans microblog n'est que ruine de l'âme
À peu près au même moment, Fred Cavazza proposa sur son blogue : comment le microblog a bouleversé les pratiques de blog : Twitter et Facebook ont supplanté le blogue comme support de prédilection pour de l’information chaude. L'écologie du système se diversifiant, il est normal que l'on voie un repositionnement des outils en place. Y compris dans l'écosystème plus large incluant les mass-media.

Il m'apparaît que nous sommes à la veille d'un changement similaire avec l'arrivée de Google Waves. Fred Cavazza résume en une formule le nouvel outil : Google Wave = Email + IM + Wiki + Mashup

Google Wave est à la fois un outil de collaboration, de discussion de document et une plateforme ouverte et extensible. En temps réel. Un (long) document vidéo circule, expliquant le nouvel outil; vous pouvez le voir en cliquant ici. (PS: voici un court)

Actuellement, je dois entrer dans Tweetdeck ou Nambu pour lire les gazouillis de mes contacts, et retourner sur le web pour Facebook. Et ouvrir Mail pour mon courriel. Puis Skype sur mon bureau. Et je n'ai pas encore géré mes SMS et mon Del.icio.us, ni mon compte linkedin ou Flickr...

Je suis le soldat qui tombe devant l'ennemi, écrasé par le poids ses propres armes. Serais-je soulevé par la "vague"?

Relisons-nous dans un an et voyons si la situation a évolué...
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Autre billets sur twitter:
la sérendipité des discussions de couloirs numériques
Parler pour ne rien dire: 40% des gazouillis sur l'outil de micro-bloggage Twitter serait du bavardage futile
Virilio et la peur de l'immédiat « L'immédiateté est le contraire de l'information » (Paul Virilio)
Rupture ou continuité?
un 14 juillet 1789 sur Twitter
Le JT de 140 caractères
Twitter entre dans l'armement stratégique américain
Une révolution 140 caractères à la fois On n'est plus spectateurs de l'événement, on y "participe".
La demi-vie de twitter
Ecosysteme de l'information

L'avenir de la musique à travers les applications Iphone

Voilà un billet (qui est de la musique à mes oreilles) que nous propose ReadWriteWeb France: Oubliez les iTunes LP, l’avenir est à l’application iPhone. Le format musical de l'avenir n’est plus l’album, mais l’application.

LP vs iPhoneSarah Perez et Guillaume Galuz expliquent comment iTunes LP, lancé récemment et qui propose un nouveau format "d’album digital", réplique l’expérience d’achat d’un album, avec paroles, notes de livret, illustrations, photos, etc. «Le seul problème est que ce format supposé interactif est en réalité tout sauf interactif.» Destiné à redresser les ventes de disques cet effort «serait bien mal inspiré» car «il essaie désespérément de forcer la porte du nouveau paradigme digital avec un modèle économique largement obsolète.»

Laissez tomber les albums, achetez une application
Certains artistes commencent à mettre au point des choses qui ne ressemblent en rien à un «album». Une application iPhone, «l'outil idéal qui permet aux fans d’interagir avec du contenu produit par ses artistes préférés». Perez et Galuz citent plusieurs applications d'artistes qui offrent la possibilité d’interagir avec d’autres fans, de partager de photos, d’écouter des morceaux et des playlists exclusives, de remixer des morceaux et pleins d'autres voies de traverse. (lire l'article)

Feu l'album?
Je le pense aussi, en voyant la montée fulgurante du iPhone en 2008, que les artistes devraient vendre des applications, et non pas des disques, s'ils veulent réellement contrôler leurs redevances numériques. Surtout les artistes qui ont certaines affinités avec la technologie (ce qui n'est pas gagné).

On ne se le cachera pas, le mobile possède un avantage immense comparé au web fixe. Les Telcos possèdent un guichet payant qui manque cruellement sur Internet (qui n'a jamais été pensé pour être une plateforme de micro-paiement).

L'album ne tirera pas sa révérence de sitôt. Mais au fur et à mesure que les générations montantes s'initieront au maelström de flux qu'est Internet, la notion d'avoir un objet fixe, surtout numérique, se marginalisera davantage. Le LP a sa place à côté de la Playlist, mais il me semblera se cristalliser comme objet de collection plutôt qu' objet de consommation de masse comme jadis...

Meilleures sites québécois 2009

Voici la liste des gagnants des prix jumeaux, version épurée par Sylvain Carle, à partir du site officiel des prix Gémeaux, le "24e gala québécois de la télévision, d'internet et des nouveaux médias*

  • Les Appendices Meilleur site Web pour une émission ou série : dramatique, humour, variétés ou animation: Marie Brissette (Productions Marie Brissette), Nadine Dufour, Julie Duhaime (Télé-Québec)
  • D’Est en Ouest Meilleur site Web pour une émission ou série : affaires publiques, documentaire, magazine ou sport: François Veillette, Pierre Blais – (Trinôme)
  • Tactik Meilleur site Web pour une émission ou série : jeunesse: Francine Forest, Jean-Pierre Morin, Nicholas Vachon (Vivavision), Marc Beaudet, Christiane Asselin (Turbulent)
  • Têtes à claques – Saison 3 – Meilleure émission ou série originale produite pour les nouveaux médias : dramatique, humour, variétés ou animation: Michel Beaudet (Salambo Productions)
  • Le tapis rose de Catherine Meilleure émission ou série originale produite pour les nouveaux médias : affaires publiques, documentaire, magazine ou sport: – Catherine Beauchamp (Les Productions Rose Nanan)
* On pourrait sauter de joie en se fiant à liste de médias et penser qu'internet et les nouveaux médias ont une part égale, mais c'est le premier mot qui compte le plus dans ce gala: télévision. La liste ci-haut le démontre bien.

On remarque que ce gala cherche, avec raison, à étendre son emprise culturelle à d'autres support. Mais j'ai l'impression que jamais on pourra "englober internet et les nouveaux médias". Un jour il faudra non plus parler de support mais de vecteur: le gala des artistes ou des scénaristes ou des producteurs de contenus culturels, de divertissements médiatiques, etc...

Bon voyage Renée

La nouvelle a déchiré mes fils web. Comme une tenaille qui te saisit brusquement le coeur. Puis cette sensation d'incrédulité fragile qui frénétiquement te pousse à emprunter la lignée de liens de plus en plus vite vers la page fatale. Et là, Twitter s'emballe. Tout déboule de partout. Confirmant l'impensable. La recherche est terminée. Renée Wathelet a réellement été assassinée.

RIP Renée Wathelet

Lanchero asesina a una turista en Isla Mujeres

On venait de tailler un portrait d'elle, deux jours auparavant, à la mesure des rêves qu'elle générait.
Une Québécoise à Isla Mujeres: adopter une île

Et hier, son dernier billet sur son blogue, pour nous montrer comment elle aimait ce qu'offre la vie.
Tranche de vie (6) – Des pas sur le sable, au petit matin

RIP Renée Wathelet: ses derniers pas sur terre, la veille de sa mort
La mort a réussi à nous arracher Renée, notre blogueuse nomade. Twitter ne gazouillera plus en direct des îles. Comme le dit Vallier Lapierre, «on va tout faire pour prolonger tes «pas sur le sable au petit matin».

Longtemps je voyais apparaître son visage, au sourire de Joconde, dans les stats de visites de mon blogue. Et à intervalles réguliers, sa présence venait mettre de la vie lors de nos rencontres Yulbiz. Elle me fascinait avec son étonnante vie à cheval entre la bruyante ville nordique (Montréal) et les lointaines îles du Sud (au large de Cancún, Mexique). Elle aimait les vagues d'un côté et les murmures de la cité de l'autre. Le meilleur des deux mondes. En alternance, 6 mois. L'art de vivre du nomade numérique.

Sa porte était grande ouverte et elle m'invitait à aller la voir un jour. Trop tard. Elle est dans un autre monde maintenant. Par contre, cette fois-ci, je sais qu'éventuellement, un jour, j'irai la rejoindre. En attendant, j'attends qu'elle ouvre @endirectduparadis. Bon voyage, Renée.

«La vie est la conservation du possible» (Paul Valery)
Galerie de photos "en direct des îles"

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PS
(Guy, fils de Renée) «Du a l’ampleur médiatique que semble prendre ce triste évènement nous demandons au médias de bien respecter notre deuil. Pour les autres, tout commentaires, pensé etc. sont bienvenus à l’adresse suivante: enmemoirederenee@gmail.com. Un service commémoratif sera organisé à notre retour du Mexique» (date à préciser).

Le crowdsourcing : dompter la folie des foules

«Le crowdsourcing qu'est-ce que c'est?» C'était la question que l'animateur Benoit Cantin, ce matin, me posait au téléphone, en direct de la radio de Radio-Canada à Toronto. Hésitation. Quand on cause "crowdsourcing" à une émission grand public, le matin, avant 09h00, on sent que l'on vient de traverser quelque chose.

Photo: lifeLe mot lui-même, rappelons-le, serait un terme inventé par Jeff Howe dans le Wired de juin 2006 . Il combine l'anglais Outsourcing (sous-traitance à l’externe) et Crowd (foule) pour donner Crowdsourcing, sous-traitance à “la foule”.

Autrement dit, c'est l’externalisation de ressources humaines (ou plutôt de l'acquisition de connaissance) qui permet de puiser hors de l'entreprise dans un ensemble des talents disséminés, dans cette longue traîne des talents (Pisani), une “sagesse des foules” ( Surowiecki ) qui saurait répondre à un besoin interne.

Bon, dit comme ça, peut-être que plusieurs auditeurs se sont étouffés avec leur gorgée de café. Il faut savoir ce que l'on veut. Il faut appeler un chat un chat, quoi. On me pose une question, je réponds.

Crowdsourcing goes public
Le crowdsourcing me semblait jusqu'à ce matin relever plutôt d'un concept pointu rattaché à la niche de la haute technologie et du multimédia web. Le mot, pas particulièrement beau, propose malgré tout une vision alternative de ce qu'est la "foule".

Tout démarre d'un constat : dans certaines circonstances le choix de groupe, en général, se révélerait meilleur, en moyenne, que celui d'un seul individu en tout temps, même spécialiste. Clay Shirky, dans Here comes everybody, raconte avec moults exemples dans quel type de secteur le choix de groupe est plus prolifique. Il n'est nullement question ici de laisser la foule bâtir à coup de vote et de SMS une fusée interplanétaire.

L'antinuit de crystal
On associe souvent la foule à des excès. On ne connaît souvent de la foule que par son côté instrumentalisé: que ce soit des gouvernements autoritaires (pensons aux atrocités qui précédaient la seconde guerre mondiale) ou les médias avides de cotes d'écoute (où elle instrumentalise la foule pour faire émerger la futilité lors de spectacles de télé-réalités.

Dans ces conditions, il est normal alors de ressentir une peur viscérale à toute prétention de faire appel à une quelconque intelligence de la foule.

Le futur pluriel
Ce que j'ai ressenti ce matin, c'est ce passage du négatif au positif. Le crowdsourcing deviendrait un "lieu commun" dans la moulinette des médias. La foule ne possède plus seulement l'aura de folie collective (n'a-t-on pas dit que le quotient intellectuel de la foule est inférieur à la somme de ses composantes?), mais offre dans certaines conditions des fruits autrefois inaccessibles, et ce, grâce à la mise en réseau massive de la population.

Face au défi qui attend l'humanité confrontée aux limites de la biosphère, pouvoir avoir avoir un accès potentiel à chaque 'bit' de savoir dans la tête des humains pour trouver une solution ne relève plus nécessairement de la science-fiction.

Le magazine Seed cette année avait mis sur sa couverture le titre "la dernière grande expérimentation" (En): les mathématiques sociales, les réseaux sociaux et les sagesses des foules peuvent-ils être mis à contribution pour trouver la bonne idée qui nous évitera le mur qui se dresse devant nous. Quelque part, quelqu'un a la réponse. Le crowdsourcing peut lui donner une chance d'être entendu.
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Autre lien sur Zéro Seconde
Crowdsourcing, mettre la foule à profit (présentation et powerpoint et vidéo)
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Image Life

Les 5 étapes de réalisation d'un site web

L’industrie de production web arrive à maturité et a établi un processus de construction d’un site web qui suit cinq étapes distinctes. Ces étapes permettent au client et aux fournisseurs d’évaluer ce qu’il y a à faire et de s’entendre sur la marche à suivre pour réussir un projet de qualité.
J'ai écrit pour le compte de l'Alliance numérique, un guide des meilleures pratiques pour développer un projet web.

Le voici, mis en page par Egzakt et grâce à l'aide de toute l'équipe de la cellule Internet de l'Alliance, un bon guide à offrir à vos clients ou pour vous même afin de bien comprendre dans les grandes lignes, les étapes de A à Z pour monter un site web.

Le processus général de réalisationQu’il s’agisse de créer de zéro un site web ou d’y apporter des améliorations, trois phases fondamentales se recoupent pour former les cinq grandes étapes d'un projet web :

Les 5 étapes de réalisation d'un site web

1- La planification stratégique : elle identifie les besoins de votre entreprise. Elle débouche sur la rédaction du document d’orientation stratégique.

2- La conception : on établit les paramètres concrets qui sont ensuite détaillés dans le livrable critique (le cahier des charges) qui sert de guide pour l’intervention de tous les prestataires lors de la production.

3- La production : elle concerne la réalisation technique et artistique proprement dite du projet.

4- La mise en ligne : on y fait le déploiement et on assure la visibilité du site auprès du public visé.

5- L’exploitation et la maintenance : la vie du site commence et une surveillance adéquate est nécessaire pour assurer son succès.

Les résultats sont comparés aux objectifs de départ et enclenchent le processus en boucle pour le prochain projet de refonte.

Expertises interdisciplinaires
Puisque chacune des trois phases fondamentales (réflexion, développement et maintenance) fait appel à des expertises différentes, il n’est pas rare de devoir gérer plusieurs équipes se succéder pour l’ensemble du processus, avec un certains recoupement au niveau des expertises. D'où l'importance que chaque mandat soit alors clair et bien délimiter les étapes ils couvrent.

Guide gratuit
Ce guide n'aurait pas pu voir le jour sans l'aide de plusieurs personnes, dans la révision et les précisions. Leurs noms apparaissent à la fin du guide. Cette version du guide est considérée un "beta", car maintenant il est offert à a communauté, qui peut se l'approprier et l'améliorer, à cette adresse: http://alliancenumerique.com/fr/publications/guide-des-meilleures-pratiques-web (s'il y a un problème d'accès, laissez moi un commentaire)

40 ans, 75 minutes, 6 personnes, 1 émission

Je serai en compagnie de Michel Cartier, Jean-Claude Guédon, Hervé Fischer, Philippe Leroux et Karl Dubost lors de l'émission Citoyen Numérique de Michel Dumais à CIBL demain jeudi 10 septembre 2009 de 13h30 à 14h30 (heures de Montréal) (+ 6 h à Paris ; - 4h à San Francisco)

Nous aurons un plus qu'une bonne heure pour discuter d'Internet à l'occasion de ses 40 ans. Il n'y a pas de podcast, malheureusement. Mais si j'arrive à l'enregistrer et à le transférer, je le mettrai en ligne. Accès à l'enregistrement ici.

Voici un aperçu des intervenants:

Michel Cartier, considéré comme le grand-père du multimédia québécois, professeur à la retraite, est connu pour penser la culture du numérique à travers trois pôles, le sociétal, l'économique et le technologique. Ce théoricien a a réussi à galvaniser durant les 3 dernières décennies des hordes successives d'étudiant(e)s à développer ce champ des communications qui allait un jour s'appeler le multimédia et les réseaux.

Jean-Claude Guédon, professeur au Département de littérature comparée a écrit Internet, Le monde en réseau chez Gallimard où il suit les premières traces de révolution Internet. Il a été président d'ISOC-Québec.

Hervé Fischer a écrit plusieurs livres, dont La planète hyper et Nous serons des dieux et cherche à penser la culture en mutation avec les réseaux. Il me semble être le seul à recourir à la philosophie grecque pour expliquer les divers aspects des mondes virtuels.

Philippe Leroux, président de ex- VDL2, devenu récemment Phéromone, est présent dans la sphère web depuis ses débuts. Il est un des observateurs des avancés d'Internet au pays et livre régulièrement, avec le CEFRIO des études statistiques d'utilisation des internautes québécois.

Karl Dubost, qui était au W3C, poète urbain de La Grange, a été au coeur du HTML, le code moteur de la révolution Internet.

Et moi, présent, bien content d'être si bien entouré.
Et aux commandes, Michel Dumais, journaliste et chroniqueur technologique, à Branchez-Vous, au Devoir (jusqu'à récemment), maintenant animateur de Citoyen Numérique depuis environ 2 ans.

Pour réfléchir
Quelques repères sur l'émergence d'ARPANET, d'Alexandre Serres

Google Holodeck

Imaginez une immersion totale dans Google Earth. C'est comme voler non pas dans Second Life, un monde numérique imaginaire, mais au-dessus de notre Terre numérisée. C'est Google Holodeck.



J'ai glissé quelques mots sur ce blogue sur Google Earth comme interface commerciale pour la planète. On pourrait voir Google Earth comme interface touristique. Qui a encore besoin de voyager comme touriste lambda quand on peut utiliser Google Holodeck.

Interface touristique
Certains voyages touristiques de masse peuvent être avantageusement remplacés par un voyage numérique (spécialement si c'est pour visiter des monuments architecturaux au pas de course, comme cela arrive étrangement). Du moins, à un niveau scolaire, on peut apprendre sans se déplacer. Dire « j'y ai été » prend une toute nouvelle tournure

Interface sociale
Maintenant, je pense qu'il ne manque pas grand-chose pour avoir Google Earth comme interface sociale. Avec des avatars, ou de la vidéo en temps réel, il y aurait moyen d'aller visiter de la parenté sur un autre continent, ou suivre les péripéties « sur place » d'un voyageur. Sans oublier encore un contact direct avec un commerçant (« envolez-vous vers ce nouveau magasin qui vient de s'ouvrir sur la 5e Avenue à Manhattan! »).