ZEROSECONDE.COM: Mobile (par Martin Lessard)

ZEROSECONDE.COM

Impacts du numérique sur la communication, notre société, nos vies.

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Snoobe, le sélecteur de plan mobile, disponible

« Saviez-vous que 75 % des consommateurs utilisent un mauvais plan de téléphonie mobile? » Signé : le Robin des Bois du sans-fil. 

Ce Robin, c’est Snoobe, une application mobile qui vous veut du bien. il vous aider à sélectionner le meilleur forfait pour votre téléphone Android (désolé, utilisateurs d’iPhone, sera pour une prochaine version).


À partir de données réelles d’utilisation (téléchargements, appels entrants et sortants, durée des appels, interurbains, etc.), Snoobe est en mesure de recommander les meilleurs plans dans votre zone de résidence.

Derrière Snoobe, il y a Thierry Maréchal, son cofondateur et chef de la direction, que j'ai rencontré hier lors d'un webinaire sur les données ouvertes (je vous ferai un billet bientôt là-dessus, d'ici là, la vidéo est ici) et Stéphane Rainville, aussi cofondateur et chef de la technologie

« Quand j’ai changé de forfait, j’ai fait une économie de 30 $ par mois. Mais depuis combien de temps est-ce que je payais 30 $ de trop? J’aurais bien aimé que mon opérateur m’en avertisse! » 

Il n'en fallait pas plus pour Thierry pour démarrer sa startup. L'application ne vous demande pas de rentrer un tas d'information. Il est un vrai agent qui s'en occupe pour vous.

Sur le mobile, je ne crois pas qu'il y a de concurrents encore.

Vous pouvez en profiter: la version publique sort sur le Play Store à l'instant même, à 13h13, le 13 décembre 2013.  (J'aime les gens "concept".)

Snoobe, il me semble, rendra plus fluide le marché des forfaits mobiles, avec d’un côté des clients soucieux de ne pas gaspiller leur argent et, de l’autre, des opérateurs qui ont intérêt à proposer des forfaits mieux adaptés aux besoins de leurs clients, afin de ne pas les perdre.

Cette application crée donc, ex nihilo, un marché gagnant-gagnant! (en forçant bien sûr un peu la main aux shérifs-opérateurs, car c'est ça le rôle d’un "Robin des forfaits" : défendre ses joyeux compagnons de la forêt Mobilewood!).

[M2 #3] Journalisme et nouvelles technologies (avec C.Mathys)

Les journalistes sont sur la ligne de front de l'avancée des technologies. Pour le meilleur et pour le pire.

Troisème balado de M2, avec Catherine Mathys, journaliste et chroniqueuse à Radio-Canada qui a terminé sa maîtrise récemment. Elle a rencontré une série de journalistes québécois pour les interroger sur l'évolution de la technologie dans leur métier.



Le rôle des nouvelles technologies dans le travail des journalistes politiques de la presse écrite

Internet, les nouvelles technologies mobiles, et les médias sociaux ont-ils un effet tangible sur les habitudes de travail des journalistes politiques de la presse écrite? Comment les journalistes s'adaptent-ils aux incessantes vagues de changement technologique? Catherine Mathys nous parle de son mémoire de Maîtrise sur le sujet.

Allez sur iTunes pour vous abonner à toute la série M2 ou écouter juste cette émission:

M2 #3 :: Journalisme et nouvelles technologies, entretien avec Catherine Mathys

Cette émission vous est proposée par Martin Girard et moi-même. Plus d'info.

Qu'est-ce que M2?

M2, c'est M au carré, car nous nous sommes deux Martin derrière la réalisation de cette balado. M, aussi pour mutation. Mutation au carré, car le numérique accélère comme jamais les changements en société.

M2 se veut des conversations autour des métamorphoses apportées par les technologies numériques. Cette baladodiffusion est un pont entre les savoirs des réseaux numériques, des universités, des médias et de la politique avec des gens qui pensent le numérique.

Abonnez-vous sur iTunes ou directement sur le fil XML (feedburner) de l'émission.

Pour accéder à tous les billets qui touchent la balado M2, cliquer ici

Dans vos poches, des satellites

C'est arrivé cette semaine. Ça devait arriver tôt ou tard, on s'en doutait. Les ventes de téléphones intelligents ont dépassé les ventes de cellulaires de base au premier trimestre 2013. 

«Les utilisateurs de téléphones veulent des ordinateurs dans leurs poches».

Bien sûr! Mais savent-ils quelle puissance ils vont avoir sur eux?

Même la sonde Curiosity envoyée à grands frais sur Mars est munie d’un processeur, de RAM et de disque dur moins puissants que nos cellulaires actuels (voir mon billet). Encore moins en tout cas que le Galaxy S4 de Samsung qui sort cette semaine.

Mais que ferons-nous de ces téléphones dans quelques mois quand il sera (encore) le temps des changer?

On les balance dans l'espace!

Des Nexus One en orbite




Dire que j'avais ça dans mes poches il y a à peine deux ans. Savez-vous que la Nasa a mis 3 Nexus One en orbite dimanche dernier ?

Oui, trois téléphones Android tournent en ce moment autour de la terre.

La Nasa teste son concept de nanosatellites qui sont littéralement équipé d'un téléphone intelligent comme on a dans nos poches. La Nasa, qui est toujours à la recherche de nouveaux prototypes de satellites, a cette fois-ci décidé de tester la technologie grand public.

Les téléphones intelligents sont déjà étonnamment bien équipés pour ce rôle!
  • Ils sont petits 
  • Ils ont de bons processeurs
  • Ils ont des gyroscopes et des accéléromètres.
  • et des caméras de qualité
Les trois Nexus One en orbite autour de la terre, surnommés affectueusement Alexander, Graham et Bell sont chacune dans une petite boîte protectrice (gros comme la moitié d’une boite de soulier) avec une batterie ou des panneaux solaires, une antenne radio et une app spéciale pour communiquer avec la Terre.

Ils vont rentrer dans l'atmosphère dans quelques jours (et évidemment se désintégrer).
Mise à jour du 29 avril: «Our orbital analysis indicates that the PhoneSats have deorbited on April 27 and have burned in Earths atmosphere as predicted. No one has been able to hear from the satellites since, which confirms the predictions. »

Une expérience de crowdsourcing

Chaque PhoneSat (c'est leur nom) comprend une application spécialement conçue qui aide les téléphones transmettre des informations vers la Terre depuis l'orbite.

A intervalles réguliers, le téléphone transmets des images et des données vers le sol et ce sont des astronomes amateurs vont capter le signal.

Environ 250 astronomes amateurs reçoivent les données,les regroupent et les recomposent sur le site de la Nasa. Plus de 200 paquets de données ont déjà été enregistrés.


La technologie grand public est devenue suffisamment avancée pour venir en support à ce qui s’appelle encore la «rocket science». Et c’est ce qu’on a dans nos poches!

La haute technologie s’est non seulement démocratisée, mais le modèle de développement collectif du logiciel libre entre dans les hautes sphères de l'aérospatial, ce montre toute sa puissance.

La Nasa n'est pas près de changer tout son code pour celui d'Android. Mais avec la mission PhoneSat, elle montre que pour des missions non critiques, elle peut compter sur du matériel commun et une communauté qui assiste...

Une toile d'android sur nos têtes

On pourrait imaginer une couverture basse altitude de ce type de nanosatellites à bas coût (entre 3000 et 7500$ selon la Nasa) qui serait composée de nos cellulaires désuets et ainsi recyclés.

Ce filet n'a pas besoin d'être à tous les points fiable, car à chaque noeud, le PhoneSat peut être remplacé aisément.

Quand je pense que peut-être un des 3 nanosatellites est mon ancien Nexus One. Si c'est le cas, aurais-je le droit de dire que j'ai participé à la conquête spatiale?...


L'Odyssée du iPhone

Le «iPhone 10 Ultra HD»? :


Je ne sais pas à quel point Apple voulait que leur téléphone ressemble au monolithe de 2001, l'odyssée de l'espace (qui a 45 ans cette année), mais mon petit montage ci-dessus montre une certaine parenté entre les deux. Sauf la taille bien sûr. Mais sur le fond, les deux sont pareils: ils nous donnent accès à un monde insoupçonné...

Les rumeurs repartent sur la prochaine mouture du iPhone, objet de toutes les désirs: la dernière est le «iPhone Plus», une «phablet» (nom horrible né du cellulaire se mutant en tablette) de 5 pouces environ.

Dans un billet récent sur mon autre blogue («Des écrans, des écrans partout») j'écrivais que la taille des écrans tend à former un continuum quasi ininterrompu qui part de l’iPod nano au gigantesque ultra HD!

Le iPhone et le iPad ont ouvert un passage vers un monde où l'écran sera notre interface omniprésente au monde, reléguant la télé de grand-père comme monument d'immobilité telles les statues de l'Île de Pâque.
«L’écran devient l’interface obligée, omniprésent, pour réaliser nos transactions quotidiennes. De divertissant, ludique et informatif, l’écran est devenu en plus utilitaire et interactif, du guichet automatique à notre vie sociale (les médias sociaux).» Comme je l'écrivais en début janvier
Lorsque le continuum des écrans sera complété, cette hyperréalité nous entourera de telle façon que nous ne pourrons plus dire que les écrans nous coupent du monde. Elle fera partie du monde et ne sera pas moins réelle que la réalité. L'écran sera devenu un mode encore plus puissant et indispensable pour saisir le monde...

Regardez simplement votre enfant: «il ne va plus sur Google, il va sur Youtube pour apprendre» me disait Sacha Declomesnil au dernier Yulbiz. CQFD

Québec: une immunité techno-virale?

Michelle Sullivan publiait cette semaine (ah, heureusement qu'il y en a qui bosse!) un petit résumé des statistiques que Rogers a amassé sur les Québécois en 2012.  C'est sur un joli tableau ici, sur son billet.

J'ai retenu deux faits.  Il semble que le Québec réagisse différemment des autres à deux phénomènes viraux dans deux sphères bien différentes. Je ne parle pas de la grippe. Mais de mode virale.

Commençons par la première statistique.

28% des Québécois ont visionné Gangnam Style

Je n'aurai jamais pensé que quelqu'un poserait ce genre de question dans un sondage: ne reculant devant rien, Rogers l'a posé pour nous!

Donc, oui, c'est 28% des Québécois qui ont succombé au vidéo viral! Tiens, tiens, à peine 1/3. Moi qui croyais que tout le monde, jusqu'à Saint-Élie-de-Caxton, dansait sur la K-pop! Bon, Ok.

Faisons alors un peu de statistique croisée, question de voir ce qu'on peut en tirer d'autres.

Le Québec compte 8 millions d'âmes au pays (selon L'ISQ), alors, on peut estimer qu'environ 2,25 millions de Québécois ont visionné la vidéo virale. (Nota, environ 80% des Québécois utilisent Internet (selon CEFRIO) donc c'est 35% des internautes Québécois qui ont visionné la vidéo virale).

Sachant qu'Internet compte 2,5 milliards d'Internautes (selon IWS), et qu'il y a un milliard de visionnements sur la vidéo de PSY sur YouTube (selon Google), c'est donc, grossièrement, 40% des internautes mondiaux qui ont vu la vidéo.

De ce nombre, donc, 0,2% de ces visionnements seraient dus à mes compatriotes.


Évidemment, ce sont des calculs théoriques:

  • (a) une personne pouvant être compté deux fois par YouTube et 
  • (b) les pays sous-développés, ainsi que les pays techno-ermites, comme la Chine ou l'Iran, sont comptabilisés dans la population d'internautes mondiale, mais n'ont pas (toujours) accès à YouTube pour des raisons de censures ou de bande passante.

Mais ce qui est vraiment étonnant, c'est que la statistique pancanadienne, elle, montre que c'est 43% des Canadiens qui ont visionné cette même vidéo (selon Rogers)

Donc, si on retire les Québécois du lot, c'est presque 1 Canadien sur 2 qui se serait adonné aux joies du visionnement de la vidéo la plus virale de tous les temps. (Ce sont les provinces maritimes qui ont le plus écouté la vidéo, avec 48% --les stats de Rogers sont plus précises et séparent par genre et âge).

Les Canadiens ont été environ deux fois plus «infectés» que les Québécois, soit environ 13 millions, si mes calculs sont bons. Les Canadiens ont plus visionné la vidéo que la moyenne mondiale, et les Québécois moins.

Et selon l'âge, sans surprise, c'est près de 86% de tous les Canadiens âge entre 18 et 26 ans qui ont écouté la vidéo. Les jeunes clairement adorent -- les 55 ans et plus, beaucoup moins avec seulement 19%, pancanadien.

Cette vidéo étant le viral la plus rapide et la plus fulgurante de tous les temps, elle donne une certaine indication de la pénétrabilité virale selon les cultures à travers le monde.

Une certaine tolérance à la musique pop, au kitch/ridicule, à la parodie est nécessaire pour apprécier et partager cette vidéo. La culture anglo-saxonne y serait-elle plus perméable, et la québécoise (francophone?) y carburerait moins?


À l'émission La Sphère de samedi dernier, Matthieu et Catherine se sont vantés en onde de n'avoir jamais vu la vidéo et se sont bien promis de ne pas l'écouter. Je n'en ferais pas une règle générale, mais ça donne une piste de réflexion: est-ce qu'il serait possible que les Québécois soient ainsi immunisés contre ce type de viral par pure méfiance de ce qui est un viral venant d'ailleurs, une distraction puérile, un vain jeu sociale sans pertinence?

À mon avis, Gangnam Style est incompréhensible si on ne voit pas aussi l'écosystème des parodies qu'il a généré. Vouloir visionner à froid la vidéo de PSY génère plus de questions que de plaisir. C'est l'effet qui accompagne la vidéo qui lui donne une aura. Les Québécois n'ont peut-être pas le même sens de l'humour. Ils sont en tout cas résistants à ce virus venu d'ailleurs.

Passons à la statistiques plus sérieuse.

74% des Québécois croit qu'en 2013, plus de gens seront sur le mobile


J'adore ces sondages qui sondent le plus sérieusement du monde des gens pour connaître les tendances de demain. Toutes les questions sont bonnes à poser!

Donc, les 3/4 des Québécois pensent que plus de gens seront connectés à Internet par le mobile.

Je ne crois pas qu'il faille demander à qui que ce soit de penser quoi que ce soit des tendances de connexion de 2013. C'est 100% sûr que davantage de gens seront sur le mobile l'an prochain!

Que monsieur ou madame Tout-le-monde pense pareil ne prouve qu'une chose: que le message des gourous internet, des journalistes technos et des marchants de bidules électroniques s'est bien rendu à leurs oreilles! Comment peuvent-ils autrement connaître ces statistiques?!

Non, la vraie surprise, c'est que 20% ont répondu non. Non, ils ne pensent pas que plus de gens seront connectés à Internet via un mobile. Mais sur quelle planète vivent-ils? Quoi? Le marché des smartphones serait saturé au pays? Non! Au mieux, cette statistique montre que les répondants à cette question sont incompétents -- mais comment peut-il en être autrement, de toute façon?


En fait, la seule façon de comprendre cette statistique, c'est de la voir comme étant une "intention d'achat" d'un smartphone (on projette sur la société ses propres désirs ou ceux de son entourage).

Là, ça devient clair! : seulement 76% des jeunes Canadiens entre 18 et 24 % pensent que plus de gens seront connectés à Internet par le mobile contre 82% chez les 55 ans et plus. Rogers sait maintenant où se trouve son segment le plus prometteur. Un smartphone n'étant pas à la portée de toute les bourses, plus de jeunes prendront leur mal en patience.

Mais quand on remarque la différence entre les provinces, on découvre autre chose. La moyenne canadienne est de 80% contre 74% au Québec. Est-ce qu'on doit comprendre que la vague mobile sera moins présente au Québec qu'ailleurs en 2013?

Le Québec semble, autant du côté mobile que du côté de vidéo, ne pas suivre le même rythme que le reste de la planète techno. Une certaine immunité techno-virale peut-être...

Avez-vous des pistes d'explications?

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Pour plus de statistiques, consultez directement le Powerpoint sur Slideshare.

Les 6 demandes du plan numérique pour le Québec


Enfin, c'est lancé! Voici une amorce d'un plan numérique pour le Québec d'aujourd'hui!

Envoyé sous forme d'une lettre d'opinion aux 4 dirigeants de parti, Mme Pauline Marois, M. Jean-Marc Fournier, M. François Legault et Mme Françoise David et aux journalistes, et écrite par  Mario Asselin, René Barsalo, Michelle Blanc, Cyrille BéraudSylvain Carle, Michel Cartier, Monique Chartrand, Michel ChioiniJean-François Gauthier, Vincent Gautrais, Hervé Fisher, Claude Malaison et Monique Savoie.

Les  13 «étonnés» dénoncent du Québec d'aujourd'hui : un grand retard  et une inaction du gouvernement Québécois sur le plan numérique. Ils formulent 6 demandes. Attendez-vous à plus de détails éventuellement, mais pour l'heure, il est temps de faire le premier pas...

Nos six demandes

• Créer une Agence du numérique qui relèverait de l’Assemblée nationale (comme la Société Hydro-Québec qui a pour mission de gérer toutes les questions énergétiques). Cette agence relèverait du Parlement et devrait transcender les partis politiques et le pouvoir exécutif.

• Co-construire un Plan numérique avec l'ensemble des acteurs et la population de toutes les régions du Québec, capable de développer à la fois l’économie, la culture et les savoirs, dans notre société qui doit s’adapter, comme toutes les autres, au XXIe siècle.

• Créer un Conseil national du numérique qui serait formé des représentants reconnus de l'ensemble des secteurs d'activités et de la société civile. Il serait obligatoirement consulté par le Parlement et les ministères pour toutes questions concernant le développement du numérique sur le territoire québécois. Nous pensons au modèle du Conseil supérieur de l'éducation à l'intérieur de la Loi sur l'instruction publique...

• Créer un forum de participation citoyenne indépendant du gouvernement, soutenu par celui-ci et une fondation par exemple, avec une gouvernance assurant sa neutralité. Un modèle inspirant : NESTA en Angleterre ou http://www.worldwatch.org/

• Investir prioritairement dans le savoir, et non dans l’avoir, c’est-à-dire principalement dans les transferts et la mutualisation des connaissances.

• Investir aussi dans le déploiement de réseaux à très haute vitesse (100 Mb symétrique et plus) et gérer selon les règles "OpenAccess" afin de rendre nos infrastructures interopérables, ouvertes et performantes pour communiquer entre nous et avec l'ensemble des pays avec qui nous entretenons des relations politiques, sociales et économiques.
On digère et on en reparle la semaine prochaine, un point de presse est prévu par ces 13 "étonnés" jeudi!

(Mise à jour: juste pour mettre un peu plus de contexte, voici un billet de 2010 à propos du même sujet. Ça ne date pas d'hier)

Internet comme sixième sens?

En repensant au passé pré-internet (cette ère qui s'estompe tel un rêve dont la véracité nous semble furtivement s'effriter au fur et à mesure qu'on s'en éloigne), on se demande «comment on pouvait faire avant»? André Gunthert apporte dans son blogue quelques réflexions (ici et ici) sur la portée de cette connexion permanente de l'esprit aux données numériques ambiant. Détaillons (Allez vous faire un café, on ne la fera pas à la Twitter).



D'amblée, reconnaissons qu'il ne s'embarrasse pas d'épargner notre sensibilité d'homo-pré-internicus (c-à-d les plus de 20 ans): Gunthert avoue qu'il ne sait pas si, avant, nous étions intelligents, mais il est sûr d'une chose, au moins: c'est qu'avec Internet, nous le sommes davantage.

«Si je tente d’évaluer le nombre de signalements dont je prends effectivement connaissance par le biais des réseaux sociaux, l’ordre de grandeur de la multiplication est largement supérieur à 1000».

Cet enseignant-chercheur, spécialiste des cultures visuelles et des cultures numériques, ne noie pas sous d'obligeantes citations académiques, et autres références pontifiantes, le fait indiscutable qu'Internet a été une grande invention (on se reparlera sérieusement une autre fois de cette lourdeur chez certains académiciens de vouloir toujours éviter l'opinion pour privilégier les sources superfétatoires quand ils tentent de décrire les récents développements d'Internet. D'ici là vous pouvez relire en quoi leur savoir est parfois pesant par rapport à la légèreté de la connaissance profane, sujet que j'ai déjà abordé ici jadis).

Gunthert ne se gêne pas pour affirmer ainsi: «[P]our quelqu’un qui a connu le monde d’avant-internet, [c'est] tout simplement miraculeux.» (source)

“Comment faisiez-vous avant internet?” 


http://www.vintageadbrowser.com/communications-ads-1940s/2#ad12l612i47uomfo

Après une expérience de déconnexion forcée, mais agréable (il s'agissait de vacances hors du territoire de son fournisseur mobile), Gunthert devait reconnecter avec le temps long --celui de la contemplation de la mer-- conditionné par son choix géographique et balnéaire.

Cette déconnexion n'était nullement un retour aux sources, mais une exception dans sa réalité: il n'y a guère plus que le temps des vacances et de la retraite pour s'offrir un tel luxe. «Le chômage, autre forme de temps vide, est beaucoup trop stressant pour qu’on apprécie de profiter nonchalamment d’un temps moins libre que contraint».

L'étrange sentiment qu'il a vécu -- et que vous lecteurs avez aussi vécu, j'en suis certain-- est cet insolite sentiment que le net avait envahi inéluctablement nos vies privées. Nous sommes rendus à prendre pour acquis que nous pouvons en tout temps «interroger notre environnement». Ce n'est plus seulement au travail que nous questionnons le web, mais aussi dans nos moments personnels à propos de tout et de rien qui nous entoure.

Alors, sans connexion internet, on se retrouve à «affronter la vie» comme si on était «aveugle, sourd et muet»:
«Quel temps fera-t-il demain? Quelle est la forme de la côte? A quelle distance suis-je du rivage? Comment s’appelle cet oiseau? Comment s’explique la configuration de ce massif? Quelle est l’histoire de ce quartier? Que signifie le nom de cette rue? Boulet a-t-il posté une nouvelle note? Ai-je des commentaires sur Culture Visuelle?» (source)
Il conclut ainsi (je souligne):
«Pendant toute cette semaine, je me suis aperçu, médusé, de toutes les questions que j’avais pris l’habitude d’adresser à mon environnement, sachant que j’avais de grandes chances d’obtenir un résultat. La puissance documentaire d’internet a élargi le monde et augmenté notre vision dans des proportions inimaginables. Plus que des réponses, le savoir infini du web nous a appris à ne plus jamais refuser de nous demander comment, qui et pourquoi. Plus encore que la connaissance, il nous a apporté un émerveillement, une vigilance et un questionnement inépuisables.» (source)
Les savants ordinaires
http://herd.typepad.com/.a/6a00d83451e1dc69e2016761ca7532970b-800wi

Gunthert ne pense pas que la curiosité était absente du monde pré-internet. Mais notre curiosité y était limitée par la disponibilité des informations et du temps libre à notre disposition. La curiosité savante était affaire de riches; seuls ceux qui étaient indépendants de fortune pouvaient espérer trouver réponse à des questions éloignées des préoccupations terre-à-terre (comme survivre versus traduire un texte grec ancien).

Aujourd'hui, comme évoquée dans les commentaires à son deuxième billet, la curiosité intellectuelle est devenue accessible à tous:

«Pas besoin d’avoir de longues heures de loisir pour s’instruire, ni même de fréquenter des lieux de savoir souvent épeurants pour qui n’est pas tombé dedans tout petit. On se questionne à son rythme, on trouve les réponses adaptées à son entendement.» (source)

Il faudra éventuellement se demander quel type de prédisposition il faut pour qu'Internet devienne ainsi un telle source d'inspiration. À celui qui sait distinguer la crédibilité d'une information, Internet est le plus passionnant des outils d'apprentissage. Pour l'incompétent, c'est une illusion fatale qui l'enferme dans ce qu'il croit déjà savoir.

Il m'est apparu cet été aussi qu'Internet était entré définitivement dans ma vie personnelle (et non plus seulement relié à ma vie professionnelle). Si j'arrivais à éviter d'aller lire mon fil RSS des meilleurs blogues du monde, il m'était difficile de me passer de Google Map, Wikipédia, Facebook ou Twitter, puisqu'ils étaient devenus mes points de contact pour lire, voir et interroger la réalité.

Via mon mobile, Internet est devenu mon 6e sens...

McLuhan et l'extension de nos sens

Marshall McLuhan avait très tôt entrevu --et probablement a été longtemps le seul-- que les impacts sociaux et individuels des réseaux ne résulteraient pas d'une avancée technique per se, mais qu'il découleraient bien d'une redéfinition de l'espace médiatique dans la société même et entre les individus.

Boris Baude, dans son livre, plus récent (voir mon billet), a suggéré une géographie du virtuel en posant la question: de quoi Internet est-il l'espace? On dit souvent qu’Internet abolit l’espace. Beaude dit au contraire qu'Internet crée de nouveaux espaces avec de nouvelles propriétés. Internet est un espace relationnel (même s'il n'est pas situé dans un lieu).

Mais McLuhan conçoit les médias électroniques comme une extension des sens. Il a été jusqu'à dire que l'humanité entière deviendrait comme une extension de notre peau. C'est l'autre façon qu'il avait de parler du village global. [Si vous avez du temps libre, écoutez l'émission de Xavier Delaporte qui porte sur McLuhan].

Le médium détermine la perception sensorielle qui sera filtrée par elle. Il établit la manière d'être ensemble, il le façonne même. McLuhan ne dit pas autre chose finalement que ces outils changent notre rapport au monde. Voyez comment vous communiquez différemment via Twitter, Facebook ou LinkedIn.

Il n'est pas de façon plus abrupte de le comprendre aujourd'hui ces théories prémonitoires qu'en se débranchant d'Internet. Plus que toute autre technologie (la télévision, le radio, le téléphone, etc.) nous allons avoir plus de mal à nous en passer...

Je ne dis pas qu'il est indispensable. Je suggère simplement qu'il est devenu pratique d'utiliser ce 6e sens pour mieux appréhender le monde. Les 5 premiers sens permettent à l’homme de percevoir le monde qui l’entoure et correspondent chacun à un organe. Mais à quel organe est relié ce 6e sens?

Ce 6e sens vient de nos capteurs branchés aux bases de données du monde interconnecté.

Réalité intégrée

Si la prémisse est bonne, c'est-à-dire qu'on va réellement embrasser le pouvoir d'interroger à volonté notre environnement, nous ne nous contenterons pas seulement d'optimiser technologiquement nos 5 sens (c'est déjà commencé), mais nous serons tentés aussi de vouloir connecter directement le cerveau aux senseurs eux-mêmes pour accéder à une autre réalité des choses -- des données, organisées ou non, dans des bases qui « augmenteraient» le monde.

La «réalité augmentée» existe déjà. Du moins, le concept est lancé (j'en ai parlé jadis ici) et la première intégration annoncée sera les lunettes Google, encore à l'état de prototype. Dans 20 ans, on trouvera risible ces avancées. Depuis 1 an ou deux, on a déjà réussi à connecter des neurones à des puces de silicones, et le développement d'une communication directe homme-machine n'ira qu'en s'accélérant.



Il semble qu'un chemin se trace devant nous où, dès qu'on ne peut plus se passer d'interroger le monde à travers nos outils --aujourd'hui primitif--, nous chercherons à optimiser cet acquis pour posséder une plus grande puissante pour accéder à la réalité augmentée, qui sera en fait une réalité intégrée.

Se connecter d'une façon ou d'une autre à un accès vers les bases des données sans passer par nos organes (un disque dur cervical? du stockage de données dans notre ADN? du big data pompé dans notre nerf optique?), c'est en fait un nouvel organe qu'on se greffe.

Profitez de vos prochaines vacances déconnectées. Ce seront vos derniers souvenirs de «l'ancien temps»...

PlaceMe: l'application qui sait tout sur vos déplacements

Une nouvelle application dont on va beaucoup parler, c’est PlaceMe, une application mobile (gratuite, Android et iOS) de la compagnie Alohar. On ne sait pas si on doit être horrifié ou épaté...

Son but? Se souvenir de tous les endroits où vous avez été -- sans faire de check-in!

PlaceMe repère où on est et ce qu’il y a autour de nous. L'application enregistre toutes vos activités, votre location et votre environnement à partir du 3G ou du WiFi. C’est l’ultime outil de tracking personnel! Vous savez exactement combien de temps vous passez à tel ou tel endroit.

On nous affirme que toutes les données sont complètement confidentielles, partagées avec personne d'autre, sauf les serveurs de PlaceMe vers lesquels elles sont envoyées de façon sécuritaire.

Les données de vos déplacement sont cumulées et sont supposées venir nous aider dans notre quotidien.

Par exemple, elle pourrait nous dire que la station d’essence à deux coins de rue offre de l’essence moins chère que celle où on se rend habituellement. Elle pourrait nous avertir de changer de route par ce qu’il y a un accident devant sur la route... et même, elle peut devenir une sorte de «boite noire» en détectant que c’est _vous_ qui avez fait un accident! (selon votre vitesse à la seconde précédente et un arrêt complet subitement, elle peut déduire que vous êtes en difficulté

Et la vie privée? Certains disent que c’est la voie du futur et que «c’est inévitable». Tout de même, ça fait peur, non? Je vais l'essayer quelque temps et je vous en dirai des nouvelles...

D'ici, regardez la vidéo de Scoble sur le sujet.

Balado #5: La mobilité et le SoLoMo

Voici le cinquième balado de Triplex, l'extension podcast du blogue collectif que je tiens avec Laurent et Gina sur le site de Radio-Canada. 

Cette fois-ci, ça porte sur le concept de mobilité et en particulier sur celui de SoLoMo, terme qui désigne cette convergence de trois grands courants du web actuel : le social (so), le local (lo) et le mobilité (mo).

Bien qu’Internet nous ouvre sur le monde entier (en nous permettant de nous connecter avec le reste de la planète), on se rend bien compte que c’est à une échelle hyperlocale qu’on se branche le plus souvent (avec nos amis, avec les lieux et avec les services de proximité).

La mobilité des outils émergents change notre approche au territoire et aussi au temps qu'il faut pour le parcourir. Les interactions qu'on y laisse sont les premières tentatives de mêler le réel et le virtuel, floutant les contours de ce qui était de monde autrefois séparé (le 'en-ligne' et le 'dans-la-vraie-vie').

Bonne écoute!

Voici la version sur Youtube:
 

Balado no 5 : la mobilité ou la montée du SoLoMo 

Vers 01:45 : On définit ce qu’est le SoLoMo.

Vers 06:30 : On échange sur les avantages et les désavantages des applications mobiles qui offrent des services de géolocalisation (lire aussi le billet de Gina).

Vers 10:00 : Le SoLoMo, avant tout une philosophie?

Vers 17:45 : La place de Facebook dans le SoLoMo

Vers 24:14 : L’avenir du SoLoMo passe-t-il par la réalité augmentée? 

Vers 29:00 : Les codes QR sont-ils utiles? 

Vers 32:00 : Questions en rafale : nos applications favorites

Vous pouvez vous abonner à Triplex en balado sur iTunes. Si vous utilisez un autre agrégateur de contenu, copiez-collez l’adresse du fil RSS à l’endroit approprié. Vous pouvez aussi le télécharger ici (.m4a).

Pour voir les autres balados de la série «Triplex en balado»

Formation de gestionnaire de communauté

L'INIS propose un microprogramme «Devenir gestionnaire de communauté» pour transmettre les connaissances entourant ce nouveau métier, ou à tout le moins, une nouvelle compétence à l'ère des médias sociaux. J'animerai le premier volet cette fin de semaine, accompagné des meilleures spécialistes du domaine à Montréal.
C'est l'aboutissement de plusieurs mois de travail. En travaillant dès la fin du printemps dernier avec l'équipe de Véronique Marino à l'INIS et aussi avec Sacha Declomesnil, à élaborer les bases d'une formation qui serait pertinente pour l'industrie, nous sommes arrivés à mettre en place les bases d'un microprogramme en trois volets.

À l'automne dernier, s'est ajouté l'apport de quatre gestionnaires de communauté reconnue dans le domaine pour préciser les contenus et les rendre le plus proche possible de la réalité terrain du gestionnaire de communauté.

Gestionnaire / animateur

Gestionnaire de communauté («community manager») est le terme consacré pour décrire le rôle des ces gens, à l'intersection des relations publiques, du service clientèle, des communications et du marketing.

Le terme "animateur de communauté" serait peut-être plus approprié si on évitait de restreindre son sens à un aspect simplement récréationnel. Animateur, dans le sens de celui qui se pratique dans les médias (pensez à un talk-show, une speakerine ou porte-parole) est là pour faciliter les échanges, le partage, la prise de parole et le passage de message.

Un gestionnaire de communauté, c'est comme un animateur d'un show dont la ville, la région, le monde sont son studio et où cette personne gère (littéralement) les flux de conversations sur un thème donné.

Dans le cadre de cette formation à l'INIS, on entend par communauté, non pas celle qui existe dans des forums ou des groupes virtuels (ou réels) mais celle des médias sociaux. Donc via les outils des réseaux sociaux, comme Twitter et Facebook.


Buts du microprogramme

Vous trouverez la description du microprogramme ici. Je résume ci-dessous .
  • Habiletés nécessaires pour créer, développer et animer une communauté;
  • Compétences pour interagir efficacement avec les membres d’une communauté et les mobiliser autour d’une marque;
  • Connaissances et les moyens d’évaluer l’efficacité des actions, mesurer l'influence et aptitude en gestion de crise.
Contenu du premier volet : Mission et fonctionnalités (12 heures)

Ce premier volet de douze heures se veut une incursion, les premiers pas, à la fois théorique et pratique dans l’univers du gestionnaire de communauté. Définition du métier, champ d’activités, gestion d’une page fan, utilisation des outils socionumériques, etc.

Je vous invite à faire ce plongeon dans les bases du métier en compagnie de quatre spécialistes qui tour à tour vont venir vous présenter les principaux piliers du domaine.

Bianka Bernier (@biankabernier), gestionnaire de communauté au Quartier des spectacles, abordera les spécificités et traits caractéristiques des différentes plateformes de médias sociaux. Elle touchera aussi la notion de "e-reputation", cette notoriété en ligne et les diverses façon de la comprendre.

Nellie Brière (@nelliebriere), gestionnaire de communauté à Radio-Canada, quant à elle, démystifiera tout ce qui concerne le nuances de Facebook, son paramètrage et la gestion de pages de fans dans un cadre de relation avec le public.

Katerine-Lune Rollet (@katerinerollet), stratège web 2.0 et anciennement de La vitrine culturelle, précisera les différents profils que peuvent avoir un animateur de communauté (titres, tâches, "pedigree"). Elle expliquera les différences entre le domaine des arts et les organismes à but lucratif/marques commerciales
Zelia Lefebvre (@Zelia), gestionnaire de communauté au Groupe Pages Jaunes, présentera des cas concrets (autant succès comme échecs) et la veille stratégique. Elle vous proposera des exercices concrets à faire durant le week-end.



Je serai l'animateur durant toute cette fin de semaine. Je vous attends. Il reste encore quelques place, dépêchez-vous!

Lancement du Galaxy Nexus, avec Android 4.0


Comme j'ai des problèmes de connexion pour publier mon billet sur Triplex ce matin, j'en fais profiter mes lecteurs de Zéro Seconde le temps que le problème se règle.

Bon matin. Pendant que vous dormiez cette nuit, la Coréenne Samsung a lancé à Hong Kong, sur la planète techno qui ne dort jamais, le nouveau portable Galaxy Nexus, roulant le tout nouveau système d'exploitation Android 4.0 de Google, concurrent héréditaire du iOS d'Apple. 



C'est le premier téléphone dit intelligent à rouler la toute dernière version d'Android, appelé Ice Cream Sandwich ("Sandwich à la glace").

La course effrénée continue côté mobile et mes colocs de ce Triplex n'ont pas encore fini de saliver sur le dernier iPhone 4S dont je vous parlais récemment que le voilà déjà relique du passé. Suivre les deux plates-formes donne le vertige tant ils semblent jouer l'un l'autre à celui qui aura les meilleures fonctionnalités.

Le matériel


  • Muni d'un écran Super AMOLED de 4,65" en 1280×720 pixels HD (contre 3,5"m avec 960x640 sur l'iPhone 4s, avec une résolution de 326 ppi ) il pèsera 135 g (140 g chez Apple). 
  • Il me semble que le Galaxy Nexus possède ce profil que tous les commentateurs technos attendaient pour le nouvel iPhone 4S, un design "fin et incurvé" de 8,8 mm du côté mince et 11,5 mm au point le plus épais (contre 9,3 mm uniforme pour le iPhone 4S)
  • Camera arrière de 5MP, moins que le iPhone 4S qui en a 8, mais de 1,3 MP pour la caméra frontale (0,9 MP pour le iPhone). Cela lui assure une capture vidéo de 1080p
  • Une dimension de 136x68 mm contre 115,2x58,6 mm pour le iPhone, donc un téléphone sensiblement plus gros, mais pourtant moins lourd, 135 g (contre 140 g)

Le danger avec ces chiffres, c'est qu'ils peuvent paraître significatifs sur papier, mais dans la vraie vie, je ne suis pas sûr que quelqu'un sente la différence (par exemple, la différence de poids de 5 g correspond en fait au poids de deux sous noirs dans vos poches). 

Ce qu'on va sentir tout de suite, et il était à peu près temps, c'est la disparition complète des boutons physiques, comme pour signifier une fin d'adolescence, pour les remplacer par des boutons sensitifs. Bizarrement le bouton "recherche" (loupe) a été retiré par la même occasion. Probablement le bouton le plus utilisé d'un cellulaire.

Nouvelles fonctionnalités

Là où il y a une différence, c'est bien dans les nouvelles fonctionnalités offertes par le système d'exploitation Android 4.0
  • Face unlock: déverrouillez votre cellulaire avec un sourire grâce à la reconnaissance faciale
  • Beam: partagez vos contacts, sites web, applications, cartes et vidéos avec tous les téléphones Android à proximité équipés d'une puce NFC
  • Saisie vocale: ce n'est pas Siri du Apple 4S, véritable interface vocale, mais vous avez ici une dactylo vocale très utile pour envoyer SMS et courriel (et attendez-vous à voir un site sortir sur les bourdes que cela va engendrer inévitablement -- dans le style Shit that Siri says dont parlait Laurent lundi
  • G+ embarqué: Faites des vidéo-bulles jusqu'à 9 personnes.
  • Panoramique Single-Motion: avec un déclencheur sans retard (zero shutter-lag) vous pouvez faire une photo panoramique en un seul mouvement
  • Édition photo: Android 4.0 vient avec un éditeur de photo, pour le cropping et retirer les yeux rouges notamment.

La puce NFC embarquée est un pas de plus pour l'imposition du Google Wallet comme standard de portefeuille virtuel et de paiement sans contact. Apple n'a pas encore de telle puce de communication en champ proche dans ces produits.

Disponibilité
Attendu sous le nom de Nexus Prime, et rebaptisé Galaxy Nexus pour le lancement, il sera en vente en novembre prochain aux États-Unis, dans certains pays européens et en Asie. Pas de nouvelles pour le Canada. Si c'est comme les autres fois, armez-vous de patience.

Notez bien que la sortie d'un "Nexus" est toujours vue par Google comme une vitrine des possibilités qu'offre Android. Certaines fonctionnalités (comme le Beam) ne sont pas utiles tant que vos petits copains ne sont pas eux aussi passés sous Android 4 avec une puce NFC.

Oui, la performance est au rendez-vous, même si rien ne peu plus porter le nom de révolution. Le fossé se creuse entre le jardin clôturé du iOS et le carpahaneum du monde Android. L'un et l'autre ont leurs avantages et défauts. Si votre téléphone commence à se faire vieux et que vous vous sentez d'attaque pour bidouiller le "root" de votre cellulaire, le Galaxy Nexus est probablement votre prochain téléphone.

Tenez-vous le pour dit, la bête fait une mutation toutes les années à pareille date. Et comme elle arrive toujours avec plusieurs mois de retard au Canada, vous êtes assuré d'avoir un vieux modèle entre les mains au bout de 6 mois quand le nouveau sortira, avec encore 2 ans et demi de paiement. Une course où êtes assuré d'être épuisé le premier.

1 millions $ par Gig

Les cellulaire 3G comme le IPhone seront dans 2 ans tout à fait courants. Ce qui donnera une tout autre perspective à la notion de "se connecter" sur Internet.

À mon avis, l'intérêt réside dans l'accès à internet par cellulaire 3G : le réseau portable et mobile s'ouvre enfin au monde dans la vraie vie.

Sauf, à mon avis, au Canada.

Ou alors, vous êtes riche.
Ruined iPhone, un site de pétition en ligne, permet aux serfs numériques canadiens de rechigner (avec raison) que les tarifs pratiqués ici sont abusifs.

The next revolution will be (vraiment) payant
CFD, avec sa calculette, démontre que le tarif actuel de téléchargement de 6 Gig (sans forfait data, c'est-à-dire à 0,05$ du Ko) monte à 52 428,80$. Oui, 52K$ pour télécharger 6 Gig.

La protestation a tout de même provoqué du bon; Rogers, qui a l'exclusivité du iPhone au pays, a maintenant baissé le tarif à 30$ (C'était auparavant 300 Mo pour 30$, aujourd’hui pour le même prix c'est 6 000 Mo…).

Mais l'offre ne dure que pour un temps limité.

Ensuite, quand vous voudrez télécharger la page de Rogers (600Ko), ne soyez pas surpris de voir votre compte dans le rouge.

L'homme de 6 millions
CFD signale en passant que Bell et Telus veulent demander 0,15$ par message texte reçu (c.-à-d. pour 160 octets, ce qui revient à 0,96$ du Ko, donc plus de 6 000 000$ pour 6 Go. Oui, 6M$ pour 6 gig de data.

Jim Prentice, le ministre de l'Industrie canadien dit qu'il cherche à trouver "a solution that provides the best service to consumers at the best price,” une solution pour offrir le meilleur service au meilleur coût.

Appréhendant une révolte des moutons, le berger va dire aux loups de rentrer leurs crocs un tout petit peu...
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Lire aussi Michael Carpentier et son hilarant: Rogers et le iPhone : la tour de Babel du service à la clientèle.
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Get to safe area

"Précipitez vous vers un lieu sûr" tel est la consigne que la Northern Illinois University a écrit en page d'accueil de son site web à 15h20 précise, heure locale, aujourd'hui même. Vingt minutes auparavant, un tueur fou venait de décharger toutes ses munitions dans une classe bondée d'étudiants. Le reste, vous savez que vous le trouverez sur CNN, NYTimes, TFI, SRC, Europe1, ChinaNews, Al-Jazira et ... Lipstick.lace.brassknuckles.wordpress.com ?

Sordide époque, ces temps-ci, en Amérique, où il ne fait pas bon étudier sur place, puisqu'il faut ajouter l'adverbe "encore" à "une fusillade sur un campus américain". Ça provoque des tonnes de questions.

Celles que je retiens pour mon carnet sont celles-ci.

Par quel média, cette nouvelle vous a-t-elle rejoint en premier?
Dans mon cas, c'est la radio, plus par hasard que par habitude, sinon je l'aurais appris dans mon journal demain matin. Et je serais le premier surpris que quelqu'un l'apprenne par Zéro Seconde. Ou par la blogosphère. Sauf peut-être par la microblogosphère --les digg-like, les FB status, les Twitter et quelques autres blogueurs accroc à la gâchette facile.

La blogosphère en général prendra le relais très rapidement, pour offrir questions et réponse, cri d'indignation ou conversation émotive, mais elle ne sera pas au centre. Mais elle jouera le rôle de soupape.

Les moteurs du web seront surchargés encore dans les prochaines heures de requêtes concernant ce drame et il y aurait fort à parier que les Google, Yahoo et AOL de ce monde ont su très rapidement que quelque chose se passait à la Northern Illinois University.

Northern Illinois University influence Google Trends

Pourquoi diable l'université a-t-elle écrit sur leur page d'accueil "Get to a safe area"?
Ma dernière réaction aurait été d'aller sur la page d'accueil de mon université. Pourquoi pensait-on que le message pouvait se rendre? Peut-être pcq là-bas, aux États-Unis, le web est beaucoup plus intégré et fiable qu'ici (combien de compagnies sérieuses d'ici ne mettent pas à jour leurs sites ou ne répondent même pas aux courriels envoyés -- ça finit par nous créer des réflexes).

C'est parce qu'il y avait un webmestre présent et qu'il considérait son site web comme un média: "the show must go on". La page d'accueil a été rapidement modifiée et devint la plaque principale pour informer le monde.

Northern Illinois University Page d'acceuil avant et après

Ce qui est étonnant, c'est que le web était apparu dans les médias dans des conditions analogues en 1995. Après le terrible tremblement de terre de Kobe au Japon, des universitaires avaient mis à jour un site pour tenir au courant le reste du monde. Mon étonnement concerne le chemin parcouru depuis 13 ans : avant on utilisait le web pour rejoindre une périphérie qui avait perdu contact, alors que le centre, lui, n'était plus en contact. Autrement dit, le site n'était d'aucune utilité localement (il n'y avait pratiquement plus d'électricité là-bas) mais était une source inestimable pour l'extérieur.

Voilà, aujourd'hui, le web est utilisé pour le local vers le local. De l'extérieur, nous pouvons observer et suivre les événements, comme sur l’holodeck de Star Trek (si vous me permettez la seule image qui me vient à l'esprit tant on se rapproche étonnamment de la science-fiction), mais c'est à une "communication locale à local" auquel on assiste.

Serait-ce une alerte RSS?
"There has been a report of a possible gunman on campus. Get to a safe area and take precautions until given the all clear." (cache) Je ne saurais dire si ce message du webmestre a réellement atteint son audience (des courriels ont aussi été envoyés), mais je vois là, dans une société fortement en "demande de sécurité", s'il ne va pas se mettre en place un système d'alerte via les nouveaux médias portatifs.

On se souvient de la tragédie du tsunami du 26 décembre 2004. Il a été discuté d'un système d'alerte distribué sur le web (un Peer-to-peer Tsunami alert) où un site de surveillance de tsunami serait mis à jour en temps réel afin d'alerter la population. Pas toute la population, seulement un certain nombre dont l'agrégateur aurait reçu une alerte RSS. Le bouche à oreille aurait fait le reste.

Il n'est plus impensable aujourd'hui que les Américains instaurent une fil d'alerte similaire qui envoie des messages tous azimuts (XML, courriel, texto, P2P, etc) pour alerter ses "abonnés". Une procédure permettrait de s'assurer qu'un maximum d'étudiants reçoit l'alerte.

Pourrait-on prévenir le pire?
Trouverons-nous des traces sur Internet qui aurait pu prédire cette catastrophe humaine? Un blogue, un forum, comme dans le cas de la tuerie au Collège Dawson à Montréal il y a un an et demi.

Comme le disait le chef des policiers arrivés sur la scène du crime cet après-midi (deux minutes après le début des coups de feu), il est impossible de complètement empêcher de telles violences.

Get to a safe area. Il n'y en a pas...

On s'en désole.
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Marché mobile : à vos marques

Scott Karp (de Publishing 2.0) sort 5 arguments pour expliquer pourquoi le marché du contenu mobile n'est pas prêt. (Via Praized Blog)

1. Les transporteurs cellulaires sont lents.
2. L'Accès public au wifi est hors de prix.
3. Les sites ne sont pas formatés pour le petit écran.
4. L'écran des mobiles est encore trop petit.
5. La publicité est de trop.
Source Five Reasons Why The Mobile Web Sucks (EN)
Le cri du coeur de Karp en est un du point de vue d'un consommateur nord-américain. Ces arguments feront réfléchir ceux qui contrôlent ce marché. Quelque chose doit bouger pour voir émerger ce marché que l'on dit très prometteur. Mais en ce moment, que nenni. Mais les choses sont en train de changer.

24 mois top chrono?
Sébastien Provencher, qui rapporte la nouvelle sur le blogue Praized, laisse entendre que cette transformation suit son cours et que dans les prochains 24 mois nous verrons l'émergence de l'intérêt de plusieurs joueurs sur le terrain. Inutile de dire que ce nouveau territoire peut rapporter gros. Il donc essentiel de commencer à consacrer des ressources maintenant pour explorer ce domaine. Il suggère même qu'il faille envoyer des gens dans ces pays où a déjà émergé le phénomène du contenu mobile pour apprendre la logique, l'ergonomie et les plans d'affaires.

Crtc Alt Delete
Peut-être que la première salve au Canada a été donnée hier quand le CRTC, cet organisme qui réglemente et surveille le système canadien de radiodiffusion et de télécommunications, a rendu public son examen du cadre de réglementation concernant les services de gros et la définition de service essentiel (FR).

Le CRTC vise à promouvoir la concurrence dans le secteur de la téléphonie et "le CRTC devrait adopter un critère respectant le principe de protection de la concurrence et non des concurrents" pour favoriser le libre marché contre "des agissements anticoncurrentiels et laisser le processus concurrentiel déterminer qui gagne et qui perd".

Serait-ce un début d'espoir de l'ombre de l'accès à la plateforme mobile par les producteurs eux-même? Quelqu'un a-t-il des infos supplémentaires?