ZEROSECONDE.COM: aerospatial (par Martin Lessard)

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Mai 2013: Mes billet sur Triplex

Un petit tour du côté de Triplex, mon autre blogue, le temps de vous résumer quelques billets que j'y ai écrit.



[Big data] Les mauvaises connexions
Même le dernier quidam sur Facebook a plus d’information sur sa communauté en une journée qu’un villageois du Moyen-âge durant toute sa vie. Interpréter un  monde par les données demande d’acquérir de nouveaux réflexes: logiques statistiques, probabilité, rationalité, esprit scientifique. Sommes-nous prêts?

[Intelligence augmentée] Le fusil qui tire tout seul
Si vous pensez que l’arme imprimable 3D était la menace ultime, vous venez de changer d’échelle. Derrière chaque arme, il y aura maintenant un tireur d’élite, qui télécharge ses hits par WiFi sur les médias sociaux en temps réels. Bienvenue Terminator.

[Réseaux sociaux] Hadfield : l’étoile des médias sociaux
L'astronaute canadien a su transformer une mission scientifique en une expérience humaine proche de la réalité des gens normaux (c’est-à-dire nous, les terriens). Pour l’Agence spatiale, c’est littéralement un cadeau du ciel.

[Société] Comment le multitâche affecte notre attention
Une expérience récente a mesuré l’efficacité perdue par les interruptions de toutes sortes. Résultat étonnant : on a vu une amélioration de 43 % des résultats dans certains cas!

[Gouvernance] Demain, la ville intelligente 
L’usage des nouvelles technologies permet «d'augmenter» la ville. Mais ne devait-on pas plutôt dire « ville intelligible », une ville qui peut être comprise par l’intelligence? L’enjeu sous-jacent est l'accès et le partage de données. Mais quelles données? Pour quel type de ville?

Dans vos poches, des satellites

C'est arrivé cette semaine. Ça devait arriver tôt ou tard, on s'en doutait. Les ventes de téléphones intelligents ont dépassé les ventes de cellulaires de base au premier trimestre 2013. 

«Les utilisateurs de téléphones veulent des ordinateurs dans leurs poches».

Bien sûr! Mais savent-ils quelle puissance ils vont avoir sur eux?

Même la sonde Curiosity envoyée à grands frais sur Mars est munie d’un processeur, de RAM et de disque dur moins puissants que nos cellulaires actuels (voir mon billet). Encore moins en tout cas que le Galaxy S4 de Samsung qui sort cette semaine.

Mais que ferons-nous de ces téléphones dans quelques mois quand il sera (encore) le temps des changer?

On les balance dans l'espace!

Des Nexus One en orbite




Dire que j'avais ça dans mes poches il y a à peine deux ans. Savez-vous que la Nasa a mis 3 Nexus One en orbite dimanche dernier ?

Oui, trois téléphones Android tournent en ce moment autour de la terre.

La Nasa teste son concept de nanosatellites qui sont littéralement équipé d'un téléphone intelligent comme on a dans nos poches. La Nasa, qui est toujours à la recherche de nouveaux prototypes de satellites, a cette fois-ci décidé de tester la technologie grand public.

Les téléphones intelligents sont déjà étonnamment bien équipés pour ce rôle!
  • Ils sont petits 
  • Ils ont de bons processeurs
  • Ils ont des gyroscopes et des accéléromètres.
  • et des caméras de qualité
Les trois Nexus One en orbite autour de la terre, surnommés affectueusement Alexander, Graham et Bell sont chacune dans une petite boîte protectrice (gros comme la moitié d’une boite de soulier) avec une batterie ou des panneaux solaires, une antenne radio et une app spéciale pour communiquer avec la Terre.

Ils vont rentrer dans l'atmosphère dans quelques jours (et évidemment se désintégrer).
Mise à jour du 29 avril: «Our orbital analysis indicates that the PhoneSats have deorbited on April 27 and have burned in Earths atmosphere as predicted. No one has been able to hear from the satellites since, which confirms the predictions. »

Une expérience de crowdsourcing

Chaque PhoneSat (c'est leur nom) comprend une application spécialement conçue qui aide les téléphones transmettre des informations vers la Terre depuis l'orbite.

A intervalles réguliers, le téléphone transmets des images et des données vers le sol et ce sont des astronomes amateurs vont capter le signal.

Environ 250 astronomes amateurs reçoivent les données,les regroupent et les recomposent sur le site de la Nasa. Plus de 200 paquets de données ont déjà été enregistrés.


La technologie grand public est devenue suffisamment avancée pour venir en support à ce qui s’appelle encore la «rocket science». Et c’est ce qu’on a dans nos poches!

La haute technologie s’est non seulement démocratisée, mais le modèle de développement collectif du logiciel libre entre dans les hautes sphères de l'aérospatial, ce montre toute sa puissance.

La Nasa n'est pas près de changer tout son code pour celui d'Android. Mais avec la mission PhoneSat, elle montre que pour des missions non critiques, elle peut compter sur du matériel commun et une communauté qui assiste...

Une toile d'android sur nos têtes

On pourrait imaginer une couverture basse altitude de ce type de nanosatellites à bas coût (entre 3000 et 7500$ selon la Nasa) qui serait composée de nos cellulaires désuets et ainsi recyclés.

Ce filet n'a pas besoin d'être à tous les points fiable, car à chaque noeud, le PhoneSat peut être remplacé aisément.

Quand je pense que peut-être un des 3 nanosatellites est mon ancien Nexus One. Si c'est le cas, aurais-je le droit de dire que j'ai participé à la conquête spatiale?...


Faire-part de baptême de l'aérospatiale civile

Si la météo le permet,  le projet «Red Bull Stratos» suivra bien son cours, et cet homme fera un saut de 37 kilomètres, à la frontière de l'espace et de la Terre, dimanche.

Felix Baumgartner (43 ans) tentera de monter à 37 km dans les airs grâce à un ballon à l'hélium. Il sera dans une cabine pressurisée. Il portera une combinaison spatiale. Et de là, il sautera.

Préparé de longue date, avec une équipe de plusieurs personnes, sous le parrainage de Red Bull, cette boisson accro aux émotions fortes, Baumgarner tentera de battre au moins 2 records:

- le record du saut le plus haut,
- être le premier humain à franchir le mur du son (1 236 km/h)

Le dernier record est détenu par Joe Kittinger qui en 1960 (!) a sauté de son ballon à une hauteur de 31 km (!!). Quant au mur du son, nul de sait encore quel effet cela peut faire sur une personne en chute libre...

En direct de l'espace à la Terre en 20 minutes !!

Baumgartner a effectué déjà deux sauts de préparation: à 20 km et à 29 km. Il s'agit maintenant d'attendre les conditions idéales pour s'envoler (pas ou presque pas de vent, au sol et en attitude). Ce qui semble être le cas maintenant!

Le compte à rebours se trouve ici sur le site officiel.

On peut l'écouter en direct sur le lien ici: LIVE


35 caméras vont filmer et diffuser live sur Youtube sa sortie de la capsule et son plongeon.

Sa combinaison est entièrement pressurisée (et supporte des températures de 37c à -67c). La visière a son propre circuit de réchauffement pour empêcher la buée.

Et il y a aura des microphones à l'intérieur pour entendre Baumgartner.

En direct sur Internet, sur Youtube plus précisément, vous êtes invités à voir ce que je me permets d'appeler le faire part de baptême de l'aérospatiale civile.

Cliquer ici pour une animation en guide de "bande annonce" ou regardez cette petite vidéo montrant ses précédents sauts:


Faire-part de baptême de l'aérospatiale civile

Je ne parle pas de sa naissance, ni le faire-part de sa naissance, seulement du faire-part de baptême. L'union entre l'aérospatiale et le civil est déjà bien consommée et des rejetons sont déjà sortis de cette union.

Je crois qu'avec le projet Red Bull Stratos, cette semaine, on vous invite de la façon la plus spectaculaire (certains diront debordienne)  à assister à une sorte de baptême, un rites de passage. La guerre froide a donné la Lune. Notre époque au tout-à-l'économie nous donne «Red Bull Stratos». Chacun son époque...

L'aérospatiale civile (commerciale) est bien en selle, même si encore balbutiant, et comme à dépasser la simple mise en orbite de petits satellites. Avec Red Bull Stratos, c'est bien une façon spectaculaire de fêter le passage à cette nouvelle étape de l'exploration aérospatiale post-étatique.

Sous un vernis scientifique, cette commandite montre à quel point les cieux ne sont plus l'apanage des nations bien organisées.

Outre le fascinant spectacle, Red Bull a permis avec son projet le développement de certains outils à l'exploration de l'espace
  • la prochaine génération de combinaison spatiale sera plus résistante, plus maniable
  • des protocoles de sécurité en très haute altitude sont testés en vue du tourisme spatial (il faut prévoir un éventuel problème qui forcerait l'évacuation en très haute altitude).
Un premier exploit du civil est celui du Space X qui a réussi l'envoi d'un cargo (Dragon) à la station spatiale internationale aujourd'hui.

Les visées des commerciaux ne sont pas aussi modestes que le cargo Dragon. La compagnie Planetary Resources cherche carrément à exploiter les minerais dans les astéroïdes environnants et les ramener sur terre.

Ce n'est pas juste Baumgartner qui va faire Boum en traversant le mur du son, je crois bien que l'Humanité entière va traverser demain une frontière qui rendra caduque l'expression «The sky is the limit»