ZEROSECONDE.COM: Google (par Martin Lessard)

ZEROSECONDE.COM

Impacts du numérique sur la communication, notre société, nos vies.

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Rachat de Nest: Google veut être la dorsale de l'internet des objets

Le rachat de Nest par Google lance le signal de départ de la course à l'internet des objets.



Internet des objets regroupe de façon floue beaucoup de choses, mais on s’entend pour dire qu'il représente l'extension d'Internet à des objets connectés dans notre monde physique. C’est l’ensemble des objets qui sont munis de codes, de puces ou d’adresse web, qui se trouvent dans le vrai monde, mais qui sont connectés ensemble via internet.

L’expression Internet des objets laisse entendre que l'objet deviendra un acteur autonome de l’Internet et qu’il aura des interactions avec les autres objets et aussi avec les gens.

Le Cheval de Troie de la Domotique

Nest Labs a conçu un thermostat de cette trempe. Il est capable d'adapter automatiquement la température d'une pièce en fonction de la présence des occupants et des autres thermostats dans la maison.

C’est surtout sa simplicité d’utilisation et sa beauté esthétique qui a fait sa popularité. Il faut savoir que celui qui a fabriqué le thermostat est un ancien d’Apple, Tony Fadell, qui est à l’origine du iPod.

Le Nest est le cheval de Troie de la domotique, projet si longtemps annoncé et reporté. Pour les Échos, Google a choisi Nest car c'est la «killer App» de la maison connectée.


C'est un élément simple qui se diversifiera en se connectant avec d'autres objets connectés et en embarquant d'autres applications.
 «C’est l’inverse de la démarche des industriels de la domotique, qui effraient les clients en essayant de vendre d’emblée des systèmes complexes pour ouvrir les volets, surveiller la maison ou encore monter la température.» (source Les Échos)

Google est dans votre foyer

Il y a une suite logique pour Google.

Après ses lunettes et sa voiture sans chauffeur, qui sont aussi des objets connectés,  Google profite de la percée de Nest dans les foyers pour prendre le contrôle des flux de données de la domotique.

La Nest peut bien être une "machine apprenante", il y aura tout de même une limite. Entre alors en compte le big data.

Comme pour l’espace du mobile intelligent, la connaissance à grande échelle de Google de nos déplacements, grâce aux millions de gens qui utilisent Android, lui permet maintenant de donner la circulation en direct avec Google Maps et même prévoir nos prochains déplacements avec Google Now.



La course aux objets connectés et, surtout, à leur fédération est lancée. L'agrégateur suprême de ces nouveaux flux possèdera sur ses serveurs la pulsation vitale de la société en action.

Un signal de départ

Google vient ainsi de sécuriser un accès royal à ce qui serait peut-être la tête de pont des objets connectés dans nos foyers.

Dans l’état actuel des choses, l’Internet des objets est un champ encore fragmenté avec très peu d'interopérationalité. Comme Android et iOs, des jardins clôturés vont apparaître.  Les apps feront aussi leurs apparitions d'une manière ou d'une autre.

De nouveaux territoires émergent. De nouvelles opportunités sont en vues. Une 7e culture va jaillir.

Mais assurément, Google se met en pole position pour tout connecter.

Gangnam style franchit le cap du milliard de vues

Le cap a été franchi aujourd'hui, juste à temps pour cette fin du monde, celle que l'on fait dire à la prophétie attribuée au calendrier maya, qui est vraisemblablement fausse, puisque j'arrive à poster un billet ici et vous à le lire.

Je vous en avais glissé un mot, quelques jours avant que la vidéo ne dépasse finalement l'ex-king de YouTube (Justin Bieber) et depuis il a continué son ascension vers le record de tous les temps. (Lire mon billet  Gangnam Style: la K-Pop comme mème virulent).



Pour qu’une vidéo devienne virale, il faut que celui qui la regarde « contamine » au moins une autre personne (en bas de 1, « l’épidémie » se résorbe d’elle-même).

Actuellement, de façon purement arithmétique, on peut émettre l'hypothèse que, grosso modo, la moitié des internautes ont vu la vidéo (1 milliard sur 2 milliards d'internautes). J'arrondis grossièrement.

Donc, on peut induire que la moitié "non-infectée" va vouloir connaître ce que l'autre a vu. Et donc que la montée en flèche de Gangnam Style ne s'arrêtera pas en si bon chemin et ira probablement encore plus loin, beaucoup plus loin (mon pari: le 2 milliards en 2013). Une "explosion virale", quoi!


Évidemment, les "vues", ne sont pas des "visiteurs uniques", donc il serait hasardeux de dire que "tous les internautes ont/vont danser sur Gangnam Style".

C'est le souhait candide que je proposais en sous-texte dans mon '"conte de Noël techno", hier dans mon autre blogue, Triplex, sur les serveurs de Radio-Canada.
L’interconnexion d’Internet permet de se retrouver dans la même tribu, le temps d’une vidéo.

Par delà les temps immémoriaux, rappelons-nous que nous étions tous, une fois, dans la même tribu primitive qui s’apprêtait à quitter le continent africain.

Jadis, il y a 80 000 ans, autour du feu, on était réunis tous ensemble pour danser une dernière fois avec les autres membres avant de se séparer et conquérir la Terre.

Avec la mondialisation, nous nous retrouvons de nouveau, tous réunis, et dansons ensemble avec notre tribu enfin retrouvée, après un long, très long voyage…
Mais il sera plus probable que ce soit le premier milliard d'internautes qui souhaitent plutôt revoir la vidéo durant le temps des fêtes pour justement danser!

Si c'est le cas, l'explosion vers le 2 milliards arrivera bien plus vite qu'on le pense!

La tyrannie du temps libre

Le tissu qui forme la masse des médias sociaux ne prend sa source qu'à un seul endroit: notre temps libre.

Pour la vaste majorité d'entre nous, les outils de réseautage en ligne ne sont utilisés que dans nos temps libres. 5 minutes, 15 minutes, 1 heure par jour? Parfois plus, parfois rien du tout.

Mais le maigre temps discrétionnaire, extirpé à grande peine de votre agenda surchargé, que vous tentez de consacrer à votre réseau en ligne, ne vous retournera jamais autre chose que ce constat impitoyable: celui du spectacle du temps libre de tous les autres.

Même si vous arriviez à prendre quatre heures par jour pour montrer que vous avez vous aussi du temps libre, votre réseau ne vous retournera que des pages et des pages de gens qui ont encore plus de temps libre que vous.

Tous ces films, livres, sorties que vous ne pouvez pas vous permettre, votre réseau, lui, se le permet. Toutes ces discussions, pensées, anecdotes que vous ne pouvez pas noter, votre réseau, lui, vous le balance en pleine face.

Le réseautage socio-numérique centre notre rapport au monde en nous plaçant tout au milieu. Mais si on n'y fait pas attention, il pourrait aussi complètement nous décentrer et donner l'impression au contraire de se retrouver tout en périphérie.
loisir
FOMO, Fear Of Missing Out, l'acronyme forgé pour exprimer cette angoisse générée par l'impression d'être toujours en train de manquer quelque chose, décrit bien le sentiment tyrannique de se retrouver sur la touche: le peur de manquer quelque chose.

Lorsqu' on prend conscience que les réseaux sociaux ne nous exposent que le temps libre de nos amis, on ne cède plus à cette angoisse du FOMO. Comment croire qu'on ne devrait pas être là où l'on est en ce moment. Cruel effet secondaire de la société des loisirs.

Une fonction des médias sociaux est de réintroduire du nouveau dans le système. Or ce média ne s'alimente qu'avec notre temps libre, libre des préoccupations de survie matérielle (manger, travailler, dormir).

Il est clair alors que si ce temps libre ne sert qu'à décrire notre temps libre, ou la façon de le combler, nous ne créons qu'une déformation ce qu'est le monde. Le FOMO vient alors hanter nos moindres mouvements.

Mais si le contenu de ce temps libre sert aussi à partager des stratégies de vie, à échanger comment, nous simples mortels, nous apprenons à jouer le Grand jeu sans vraiment connaître les règles, si nous évitons la tyrannie du temps libre, une partie du tissu des réseaux sociaux peut venir nous envelopper et servir à nous faire grandir.


3 nouveaux types de contenu apparaîtront dans vos résultats Google

Hier, Google a intégré davantage les contenus de G+ aux résultats de votre recherche (Lire «Search, plus Your World»)

Résultat personnalisé: ce sont vos propres publications et vos +1. Et le contenu partagé avec vous par vos réseaux. Incluant le contenu partagé en privé --mais ce contenu n'est visible qu'à vous seulement pour vous.


Profils des membres de G+: vos contacts apparaîtront dorénavant dans les résultats de recherche.
  Comptes et pages G+: les pages affaires et les grands usagers de G+ seront aussi affichés dans la colonne de droite selon le mot-clé.  
C'était une question de temps avant que cela ne se produise. Le numéro un mondial des moteurs de recherche cherche a réunir deux univers d'information jusqu'à maintenant séparés: le monde des documents (pages web) et le CGU (contenu généré par les utilisateurs -- du simple +1 aux billets sur G+)

«Organiser les informations à l'échelle mondiale dans le but de les rendre accessibles et utiles à tous». Tel est la mission de Google. Le flou qui existait entre les livres et les sites web s'étend maintenant entre les pages web et les échanges épistolaires entre amis. Tout est du contenu indexable.

Cela donnera probablement un boost au réseau G+. Plusieurs personnes sont inscrites, mais peu s'en servent vraiment.

Mais la vraie révolution arrivera s'ils arrivent à entrer dans Twitter et Facebook, pour ne pas indûment privilégier G+ dans les résultats. Sinon, on peut imaginer qu'il faille aller sur Bing pour chercher Facebook et une certaine balkanisation se fera sentir sur le web...

Des robots mous, Google indoors, surveillance massive

Voici en résumé le contenu de ma chronique que j'ai donné aujourd'hui à l'émission La Sphère à la Première Chaîne de la radio de Radio-Canada, animée par Matthieu Dugal, le samedi 3 décembre 2011 (disponible en ballado).


Voici les thèmes abordés:

Des ressources pour la classe destinées à contrer la cyberintimidation
Plusieurs leçons sur la cyberintimidation (5e année de primaire à secondaire) disponibles pour les éducateurs, et elle sont vraiment très pertinentes:
Des robots mous

On connait les robots sous formes humaines, en fer et en OS. Mais on n’avait pas encore essayé de fabriquer un robot mou comme un mollusque, sans aucun morceau dur, qui se tortille pour passer sous les obstacles. (via Ars Technica)

Bâti avec du polymère élastique, sans aucune composante dure à l’intérieur, il se déplace dans un mouvement qui rappelle celui de l’étoile de mer et à la fois celui de la chenille, par air comprimé. Il arrive à passer sous les portes.


La preuve de concept ici consiste à démontrer que les robots mous programmés avec une série d’actions très simples peuvent avoir des types de mouvement très complexe.

Google Map rentre à l’intérieur des bâtiments avec Google Indoors

Le célèbre logiciel de cartographie va bientôt vouloir rentrer chez vous dans votre maison. Google Map cartographie l’intérieur des grands centres d’achat et des aéroports. Un module «faites-le vous même» est disponible pour les entreprises qui veulent cartographier leur intérieur. (Via Ars Technica.)

Le service est offert uniquement sur mobile Android.



Google rattrape ainsi son retard, car Microsoft offre déjà les cartes d’intérieur des grands magasins pour ces cellulaires Windows et des aéroports pour les ordinateurs.

Wikileaks s’attaque aux réseaux de surveillance massive

287 documents rendus publics jeudi par Wikileaks montrent que le marché de surveillance de masse représente 5 milliards de dollars. Une industrie florissante se bâtit depuis 2001 sur le filtrage des flux internet et téléphonique à l’échelle d’une nation entière.

Sources:
http://spyfiles.org/
http://owni.fr/2011/12/01/spy-files-interceptions-ecoutes-wikilleaks-qosmos-amesys-libye-syrie/
http://projects.wsj.com/surveillance-catalog/#/
http://www.rue89.com/2011/12/01/wikileaks-revele-un-marche-mondial-de-lespionnage-et-de-la-surveillance-227131

Knol plie bagage

Google fait le ménage. Quelques canards boiteux devront rentrer chez eux. Knol en fait partie.



Knol se voulait une plate-forme encyclopédique ouverte au public. Comme Wikipédia. Une encyclopédie ouverte au "contenu généré par les utilisateurs". Mais contrairement à Wikipédia , les auteurs signaient leurs articles et pouvaient se voir payer par la publicité gérée par Google.

Camille Gévaudan sur Écran résume bien la situation
Le fait que les auteurs ne soient pas tenus à la neutralité de point de vue, comme sur Wikipédia, a contribué à tirer vers le bas la qualité de l’ensemble.
Contre toute attente, la collaboration quasi anonyme dans Wikipédia a généré plus de qualité que dans Knol.
Les Knols ne sont pas des articles encyclopédiques ; ce sont des opinions, des billets de blog. Les critiques de films et de jeux vidéo, les recettes de cuisine et les tutoriaux ont pullulé, mais pas de la main de critiques professionnels ou de chefs reconnus. 
Lors de son lancement en 2008 je me demandais si Knol n'était pas une tentative de Google d'entrer sur le terrain de la diffusion de contenu en devant d'une certaine manière éditeur et non plus simple agrégateur.

Visiblement Google est plus à l'aise de travailler avec des robots et des algorithmes qu'avec des gens et du contenu...

Knol fermera ses portes définitivement en 2012.

Lancement du Galaxy Nexus, avec Android 4.0


Comme j'ai des problèmes de connexion pour publier mon billet sur Triplex ce matin, j'en fais profiter mes lecteurs de Zéro Seconde le temps que le problème se règle.

Bon matin. Pendant que vous dormiez cette nuit, la Coréenne Samsung a lancé à Hong Kong, sur la planète techno qui ne dort jamais, le nouveau portable Galaxy Nexus, roulant le tout nouveau système d'exploitation Android 4.0 de Google, concurrent héréditaire du iOS d'Apple. 



C'est le premier téléphone dit intelligent à rouler la toute dernière version d'Android, appelé Ice Cream Sandwich ("Sandwich à la glace").

La course effrénée continue côté mobile et mes colocs de ce Triplex n'ont pas encore fini de saliver sur le dernier iPhone 4S dont je vous parlais récemment que le voilà déjà relique du passé. Suivre les deux plates-formes donne le vertige tant ils semblent jouer l'un l'autre à celui qui aura les meilleures fonctionnalités.

Le matériel


  • Muni d'un écran Super AMOLED de 4,65" en 1280×720 pixels HD (contre 3,5"m avec 960x640 sur l'iPhone 4s, avec une résolution de 326 ppi ) il pèsera 135 g (140 g chez Apple). 
  • Il me semble que le Galaxy Nexus possède ce profil que tous les commentateurs technos attendaient pour le nouvel iPhone 4S, un design "fin et incurvé" de 8,8 mm du côté mince et 11,5 mm au point le plus épais (contre 9,3 mm uniforme pour le iPhone 4S)
  • Camera arrière de 5MP, moins que le iPhone 4S qui en a 8, mais de 1,3 MP pour la caméra frontale (0,9 MP pour le iPhone). Cela lui assure une capture vidéo de 1080p
  • Une dimension de 136x68 mm contre 115,2x58,6 mm pour le iPhone, donc un téléphone sensiblement plus gros, mais pourtant moins lourd, 135 g (contre 140 g)

Le danger avec ces chiffres, c'est qu'ils peuvent paraître significatifs sur papier, mais dans la vraie vie, je ne suis pas sûr que quelqu'un sente la différence (par exemple, la différence de poids de 5 g correspond en fait au poids de deux sous noirs dans vos poches). 

Ce qu'on va sentir tout de suite, et il était à peu près temps, c'est la disparition complète des boutons physiques, comme pour signifier une fin d'adolescence, pour les remplacer par des boutons sensitifs. Bizarrement le bouton "recherche" (loupe) a été retiré par la même occasion. Probablement le bouton le plus utilisé d'un cellulaire.

Nouvelles fonctionnalités

Là où il y a une différence, c'est bien dans les nouvelles fonctionnalités offertes par le système d'exploitation Android 4.0
  • Face unlock: déverrouillez votre cellulaire avec un sourire grâce à la reconnaissance faciale
  • Beam: partagez vos contacts, sites web, applications, cartes et vidéos avec tous les téléphones Android à proximité équipés d'une puce NFC
  • Saisie vocale: ce n'est pas Siri du Apple 4S, véritable interface vocale, mais vous avez ici une dactylo vocale très utile pour envoyer SMS et courriel (et attendez-vous à voir un site sortir sur les bourdes que cela va engendrer inévitablement -- dans le style Shit that Siri says dont parlait Laurent lundi
  • G+ embarqué: Faites des vidéo-bulles jusqu'à 9 personnes.
  • Panoramique Single-Motion: avec un déclencheur sans retard (zero shutter-lag) vous pouvez faire une photo panoramique en un seul mouvement
  • Édition photo: Android 4.0 vient avec un éditeur de photo, pour le cropping et retirer les yeux rouges notamment.

La puce NFC embarquée est un pas de plus pour l'imposition du Google Wallet comme standard de portefeuille virtuel et de paiement sans contact. Apple n'a pas encore de telle puce de communication en champ proche dans ces produits.

Disponibilité
Attendu sous le nom de Nexus Prime, et rebaptisé Galaxy Nexus pour le lancement, il sera en vente en novembre prochain aux États-Unis, dans certains pays européens et en Asie. Pas de nouvelles pour le Canada. Si c'est comme les autres fois, armez-vous de patience.

Notez bien que la sortie d'un "Nexus" est toujours vue par Google comme une vitrine des possibilités qu'offre Android. Certaines fonctionnalités (comme le Beam) ne sont pas utiles tant que vos petits copains ne sont pas eux aussi passés sous Android 4 avec une puce NFC.

Oui, la performance est au rendez-vous, même si rien ne peu plus porter le nom de révolution. Le fossé se creuse entre le jardin clôturé du iOS et le carpahaneum du monde Android. L'un et l'autre ont leurs avantages et défauts. Si votre téléphone commence à se faire vieux et que vous vous sentez d'attaque pour bidouiller le "root" de votre cellulaire, le Galaxy Nexus est probablement votre prochain téléphone.

Tenez-vous le pour dit, la bête fait une mutation toutes les années à pareille date. Et comme elle arrive toujours avec plusieurs mois de retard au Canada, vous êtes assuré d'avoir un vieux modèle entre les mains au bout de 6 mois quand le nouveau sortira, avec encore 2 ans et demi de paiement. Une course où êtes assuré d'être épuisé le premier.

G+ changera-t-il nos usages des médias sociaux?

J'ai eu la chance de pouvoir entrer dans Google Plus (G+ pour les intimes) parmi la première vague (l'ouverture officielle grand public est prévue le 31 juillet 2011) et d'explorer la nouvelle plateforme. Voici mes réflexions, après une semaine d'usage.
Google Plus
Google Plus

Pour une bonne description de ce que fait Google plus voir le billet du blog officiel de Google (english) ou celui de Benoit Descary (Via +michelleblanc)

G+ a attiré les power users, et en tant que tel, on ne peut que se sentir à l'aise. Éventuellement, ça va changer, mais c'est un avantage énorme: un haut taux de signal par rapport au bruit.

L'interface ressemble à Facebook. Pas nécessairement un avantage, ni vraiment un défaut -- quoique dans ce cas-ci, ça appelle une comparaison et je dois dire que pour ce qui est de la présentation du flux, FB a une longueur d'avance, mais pas pour le reste.

Évidemment, vu la nouveauté, les 3/4 des conversations portent sur l'outil lui-même. C'est d'ailleurs très pratique, car on en apprend plus vide les subtilités.

La gestion en "cercle" de ses amis est un peu surestimée. Il est judicieusement placé à la vue pour rappeler de l'utiliser, mais la métaphore des cercles (représentée par... des cercles) finira par perdre son lustre de nouveauté et on exigera un peu plus de fonctionnalités, moins de bonbon, pour gérer plus efficacement ses groupes qui ne tarderont pas à être lourds...

Phrase la plus entendue: «Oh! je viens de découvrir une autre façon de faire des invitations G+»



Facebook

Voilà le réseau qui a le plus à craindre de l'arrivée de G+. À part Martin Ouellette qui a fermé son compte FB pour rester à demeure sur G+, je ne connais pas grand monde qui abandonnera complètement Facebook. Sauf s'ils font encore des conneries avec les éléments de vie privée.

Je ne vois rien dans G+ ce qui justifierait un exode massif comme on l'a vue de MySpace vers FB. Les utilisateurs lambdas vont migrer quand leur réseau va migrer aussi. C'est la question de savoir qui de l'oeuf ou la poule quittera en premier FB...

Il est probable que les usages plus professionnels qui se faisaient dans FB vont se faire plutôt G+ qui a de facto un aspect "sérieux". Surtout lorsque le Géant de Mountain View y ajoutera des passerelles vers des outils comme Blogger, docs et maps. La gestion des cercles permet effectivement de faire travailler en collaboration des travailleurs à la maison plus facilement grâce aux conférences vidéos notamment. L'intégration de G+ dans Andoid est probablement un cheval de Troie pour entrer dans sur la place de travail. L'application est vraiment bien faite et saura plaire à ceux qui veulent rester en contact avec leur équipe.

FB est et restera une place publique pour les conversations légères (photos de vacances, échanges d’humeur, souhaits d’anniversaires). Un lieu de rassemblement pour croiser des gens de tout horizon, car il n'y a pas que des geeks qui utilisent internet. FB sera pour socialiser et G+ pour travailler?

Phrase la plus entendue: «Oh! Je viens d'éternuer»


Twitter

Twitter restera une place de diffusion pour la propagation de nouvelles (liens, primeurs, commentaires à chaud). Car c'est de facto le bulletin mondial de ce qui se passe, le haut-parleur qui scande le rythme de la vie publique des citoyens du monde. Sa structure improbable qui limite invraisemblablement les tweets à 140 caractères reste et demeure son avantage numéro uno. On scanne plus facilement un flux de tweets qu'un flux de G+.

Tweeter restera ce qu'il est et fait de mieux: un endroit pour les petites exclamations. On ne s'enfarge pas dans des conversations qui vont dans tous les sens. Twitter, c'est le fil de nouvelles mondiales (et de potin) et non pas un forum

Phrase la plus entendue: «Oh! Je viens de lire http://bitly.com/abcde»



Foursquare

G+, comme les autres plateformes, fait de la géolocalisation. Mais on est loin de l'intégration de type «check-in» dans un lieu comme Foursquare. Si vous souhaite seulement indiquer où vous êtes, G+ fait bien le travail. Mais si vous voulez indiquer l'endroit où vous êtes (magasins, parc, événement) Foursquare a encore l'avantage et G+ ne le menace pas outre mesure.

Phrase la plus entendue: «Oh! Je suis le maire du McDonald»


Quora

Comme lieu hyperspécialisé pour poser et répondre aux questions, Quora n'a pas à s'en faire. Mais tout réseau social lui fait perdre un potentiel de poser/répondre à des questions, et G+ ne fait pas exception.

Phrase la plus entendue: «Oh! Qui connait la 127e décimale de PI?»


Linkedin

Autre lieu hyperspécialisé pour connecter des gens d'affaires. Comme Rolodex et cv autoorganisé, il reste imbattable. Pour trouver quelqu'un rapidement dans son réseau d'affaires, aussi. Mais le graphe social qui s'ordonne organiquement autour d'un G+ qui attirerait des usagers plus professionnels pourrait lui faire du tort. Il est plus facile de trouver quelqu'un dans son réseau vivant sur G+ en posant une question, que d,envoyer un message sur un répertoire comme Linkedin.

Phrase la plus entendue: «Oh! Je voudrais te rajouter à mes contacts»

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Et vous, quel est votre point de vue?

L'Arnaque ne répond plus

Cette semaine, suite à une décision de justice du Tribunal de Commerce de Paris, le terme "arnaque" est retiré des suggestions de recherche que propose Google lorsqu'on tape des mots clés («Google Suggest»). (source Legalis.net, via Journal du Net)

L'Arnaque ne répond plusLe Google «autocomplète» les mots clés au fur et à mesure de la saisie des requêtes, mais certaines compagnies voyaient à côté de leur nom le mot "arnaque". Autant dire une cicatrice qui défigure le visage de leur marque.

CNFDI (Centre National de Formation à Distance), était une des "victimes" de ces requêtes les accusant d'arnaque. L'histoire ne dit pas si c'était fondé.

Finalement, Google a retiré le terme "arnaque" de ses suggestions. Jusqu'à lors, pour se défendre, Google invoquait le caractère automatique, sans intervention humaine, de son algorithme. C'est un processus complètement automatique, disent-ils. Pourtant, le moteur de recherche évite les propositions «qui pourraient offenser un plus grand nombre » comme «les termes grossiers, ainsi que les termes incitant à la haine ou à la violence». Ce qui laisse entendre qu'il y a effectivement intervention humaine.

Le tribunal n'a pas mordu à l'hameçon (source). Google a été obligé de coopéré et de réparer. Arnaque n'est plus un mot suggéré.

On oublie trop souvent que derrière le moteur se cachent des principes implicites de classification du savoir et d'organisation de la connaissance. Les peuples, les cultures et leur gouvernement doivent impérativement s'intéresser à ce phénomène au risque de voir disparaître un pan de sa connaissance parce qu'un "algorithme en a décidé ainsi"...

Maintenant ce sont les avocat qui décident...

Brevets frelatés

Actuellement, ce sont les tribunaux et les avocats qui pavent la voie du futur: on a qu'à regarder le double camouflet que le département des brevets américains a donné au gros bon sens.

La semaine dernière Facebook se voyait octroyer le brevet pour le "newsfeed" et Google a réussi à décrocher le brevet de publicité local (Location-based Ad patent). Deux brevets déposés de longue date, à une époque qu'on pourrait qualifié de pré «web 2.0».

Facebook a breveté le fait que vos "actions" dans votre réseau social apparaissent dans le newsfeed (apparemment, ça ne concerne pas vos changements de statut). La liste automatique de "untel est devenu ami" et "un autre va à cet événement" est devenue propriété intellectuelle de Facebook.

Google possède quant à lui, la propriété intellectuelle “determining and/or using location information in an ad system.”, c'est-à-dire déterminer ou utiliser le positionnement géographique comme intrant à un système publicitaire ciblé. Dans le monde du mobile, c'est un énorme avantage.

Le US Patent and Trademark est le même organisme qui avait octroyé à Amazon le 1-click buying, la possibilité d'effectuer un achat en un clic. Ils ont vraiment de la suite dans les idées. Mais ils n'ont aucune idée dans quel monde nous sommes.

Le juridisme dans le numérique n'a pas sa place.

Lors d'une consultation d'un moteur, la page de résultat qui s'affiche est peut-être un savant algorithme, il n'en est pas moins une représentation du monde, où se cachent des principes pas toujours neutres de classification du savoir et d'organisation de la connaissance.

De la même façon, les brevets ne sont pas des avis techniques sans conséquence, il façonne le marché et bloque l'innovation. Le web s'est bâti à coup de sédiment sur un code et une infrastructure majoritairement dans le domaine public.

Il y a quelque chose de pourri dans ce royaume.

Et je ne peux même pas ajouter arnaque...

Un Pearl Harbor numérique?

La nouvelle est tombée en milieu de journée, hier, non pas sur les fils de presse ou via une conférence de presse, mais, signe des temps (s'il en fallait un supplémentaire), sur le blogue officiel de Google: A new approach to China révèle les détails d'une attaque cybernétique sur le réseau Google en Chine (et sa réponse). Très révélateur des changements à venir.

Avions se préparant pour un bombardemantComme pour beaucoup d'autres organisations internationales, les attaques de pirates cybernétiques sont courantes. Google a subi à la mi-décembre , apprend-on dans le billet signé par le Chief Legal Officier, une attaque d'une ampleur remarquable ("attaque très sophistiquée et ciblée [de taille]") sur ses infrastructures qui s'est révélées non pas être un incident de sécurité habituel, mais une attaque en règle et massive contre «au moins une vingtaine [d'autres] grandes entreprises».

À l'issue de l'attaque, il était clair, selon Google, que l'objectif premier des assaillants était l'accès aux comptes Gmail de militants chinois des droits de l'Homme. L'attaque semble avoir échoué. «Seuls deux comptes Gmail semblent avoir été consultés, et [...] l'activité était limitée aux informations des comptes (comme la date à laquelle le compte a été créé) et ligne d'objet, plutôt que le contenu des courriels eux-mêmes

Ouverture des hostilités
C'est ensuite que ça se corse, et vous verrez pourquoi cette attaque-surprise me semble un Pearl Harbor numérique.

Dans le cadre de leur enquête interne, Google a découvert que des comptes de divers usagers Gmail à travers le monde (et comme par hasard, des défenseurs des droits de l'Homme) ont été systématiquement «consultés par des tiers» (non pas à travers une brèche de sécurité chez Google, mais à travers de vulgaires «malware» installés sur les ordinateurs des personnes).

Google en a tiré une conséquence politique franchement hors de l'ordinaire. Il mettra carrément la clef sous la porte en Chine si le gouvernement de Pékin ne le laisse pas accomplir sa mission qui est d'offrir l'accès à toute l'information du monde.

Voir le monde de façon différente
Voici les résultats aujourd'hui sur images.google.cn (Chine) pour le terme «Tiananmen»

Recherche de Tianmen sur google.cn

Voici les résultats au même moment sur images.google.com (US) pour le même terme «Tiananmen»
Recherche de Tianmen sur google.cn
Aujourd'hui dans une société de surabondance d'information, rechercher sur le web n'est plus un simple acte technique, c'est une construction d'une représentation du monde et de l'état de ses connaissances à une question posée.

Ici on voit la préoccupation massive des Américains pour un événement géopolitique majeur et on voit que pour les Chinois, elle représente plutôt une information touristique. Ou plutôt, le gouvernement chinois avec ses règles de censures veut le faire croire. Et jusqu'à maintenant, Google y participait...

Chine éternelle
À l'aube d'une décennie naissante on remarque la montée en force de la Chine comme acteur global : après les jeux olympiques en 2008, leur succès dans la crise de 2009, sa victoire morale à Copenhague, et l'exposition universelle de Shanghaï bientôt) et la presse mondiale n'a pas manqué de pointer les inflexions subtiles mais significatives de la baisse de pouvoir des États-Unis face à son nouveau rival (Obama ne reçoit pas le Dalaï-Lama avant de se rendre en Chine; il traite à égalité le président chinois; s'assoie avec le premier ministre à Copenhague; sans compter le silence sur les droits de l'Homme à l'empire du Milieu).

Au moment même où plus aucun politique n'ose affronter le futur dirigeant de la planète, se complaisant dans une attitude si munichoise, on se demande qui va élever la voix et frapper sur la table pour dire que le roi est nu.

Hé bien, Google se lève, tape de rage et revient sur sa décision de "collaborer avec le gouvernement chinois" (voir leur profession de foi en 2006 (En)). Il menace carrément de fermer boutique en Chine si le gouvernement de Pékin ne le laisse pas accomplir leur mission.

Les marchants défendent les citoyens
J'avais déjà remarqué que le géant Internet se substituait de plus en plus à la tâche des gouvernements de protéger ses citoyens, particulièrement du côté de l'information et sa libre circulation.

J'avais écrit dans mon ( Etrangler net ), on se rappelle, que le gouvernement central de la marche nordique de l'empire américain laissait un membre de l'oligarchie local en télécommunication tenter de s'attaquer à la "neutralité du réseau". Google a dû défendre les Canadiens contre leur propre instance gouvernementale.

La liberté d'expression et Internet ne font pas bon ménage en Chine. Mais nos géants favoris -Google, Yahoo, Microsoft- s'y amusaient comme larrons en foire (voir mon billet You got jail ! ). Cette attaque-surprise sonne le glas du "non-interventionnisme" de Google, comme l'a fait Pearl Harbor à une autre époque pour les États-Unis.

Une logique de "guerre" s'enclenche et attendez-vous à une balkanisation du web lézarder Internet selon des lignes de fractures culturelles, politiques et économiques. On commencera par une bi-polarisation de l'imaginaire des mots-clefs...

Enjeu politique
Ce qui s'en suivra, car il ne fait nul doute que Pékin de bronchera pas, est que les marchants deviendront les derniers remparts de la démocratie.

En toile de fond, le capitalisme occidental et oriental s'affronte, sous l'oeil indifférent des nos politiques, pour défendre chacun une vision du monde opposé: l'économie supplante la démocratie comme outil de développement social, et l'issue n'est rien de moins que la pertinence ou non de la démocratie pour le bien-être de la population.

Inutile de chercher la poutre dans l'oeil du voisin, La Canada a déjà choisi son camp en fermant son parlement (lire Démocratie agaçante de Manon Cornellier et Le Parlement nuit à l'économie de Hélène Buzzetti dans le Devoir de ce matin).

Google défend bien sûr ses intérêts. Mais voilà que les droits de l'homme et la démocratie sont à la remorque des commerçants...

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La poutre dans la caméra des médias (août 2008)
Les médias ne se rendent pas compte qu'ils sont en train de filmer ce qu'ils ont provoqué.

Protégez vos enfants des nouvelles addictions

Cette décennie qui commence verra dans l'adoption massive de la culture numérique un des grands changements majeurs pour les civilisations avancées. Elle se répandra à travers la plupart des couches de la société, relayée par les nouveaux journalistes affranchis de leur peur atavique du web.

http://www.flickr.com/photos/rutlo/3532951266/Pour entrevoir le saut culturel que nous allons vivre, je vous invite à lire le message "inquiétant" du psychologue clinicien Yann Leroux qui mets en garde les parents contre l'usage incontrôlé du off-line ("Les nouvelles addictions"):

«Depuis quelque temps [...] dans les cours de récréation, on ne joue plus à Nintendogs ou à Legend of Zelda mais au Loup ! Les enfants se courent après et doivent s’attraper. Pris dans l’excitation du jeu, il arrive que certaines saisies et certaines poussées soient trop brutales et, inévitablement, les cas d’accident se multiplient.»

«Il n’y a rien de moins créatif que ces jeux», dit-il, et les parents devraient s’alarmer de ce que leurs enfants se détournent ainsi de «ce qui consiste le cœur de nos sociétés». C'est-à-dire la culture numérique.

Ironique à souhait, brillant dans sa parodie, Yann Leroux reprend nos travers quand il s'agit de critiquer la culture numérique d'aujourd'hui.

La culture numérique est arrivée
Pourtant, l'informatique a franchi un formidable pas dans la dernière décennie (j'ai écrit récemment que la montée des médias sociaux constituait la nouveauté des derniers 10 ans sur Internet) en montrant qu'elle n'isole plus les individus, mais les réunissait davantage.

On ne dit plus «Internet», le «web» ou le «net», mais bien «réseau», comme dans «réseaux sociaux numériques». Le tabou est tombé, le réseau n'est plus une «dépendance néfaste»; la culture numérique peut commencer à se diffuser (lire mon billet Péché originel des réseaux sociaux numériques et Révolution rhétorique?).

«Ce qui est au cœur de notre culture, c’est la complexité, et c’est de cette complexité que le numérique est à la fois le vecteur et l’image.
Une simple quête de Legend of Zelda ou de World of Warcraft fait surgir succession de quêtes emboîtées les unes dans les autres. Il faut se souvenir des lieux, de la chose à faire, des personnages. Il faut construire la narration, il faut élaborer des hypothèses, il faut construire des stratégies. La complexité augmente encore lorsque l’on joue en multijoueur puisqu’il faut accorder les délicats mécanismes sociaux pour pouvoir réussir la quête.
»

En situant son discours dans un monde où le retour au off-line est pratiqué par les plus jeunes, Yann Leroux parodie les bien-pensants qui paniquent dès que de leurs jeunes ne font pas comme eux: «Voilà que maintenant des enfants tournent le dos aux apprentissages premiers de la complexité [numérique]? Quels types d’adultes est ce que ces enfants deviendront ? »

Lire la suite sur Psychologik : Les nouvelles dépendances, par Yann Leroux...

Twitter, sous-traitant des moteurs ?

Jean-Michel Salaün propose une lecture intéressante de la situation actuelle de Twitter: puisque la compagnie ne semble pas vouloir se faire racheter (la "stratégie de sortie" des compagnies web 2.0), se pourrait-il qu'il se positionne comme revendeur de valeur de liens?

« (...)Twitter ne cherche pas à être racheté, mais à vendre les informations procurées par le flot de milliards de gazouillis lancés par les 54 millions d'utilisateurs mensuels. En théorie, ce flot devrait permettre d'affiner le pagerank puisque nombre de ces messages sont en réalité des liens flottants répétés et donc facilement modélisables. Inversement, ces recommandations échappent aux moteurs et donc effritent leur efficacité. Twitter deviendrait une sorte de sous-traitant des moteurs. Reste qu'il s'agit encore une fois d'un pari, notamment sur la pérennité des accros au service.» (source)

La valeur du web en temps réel n'est pas passée inaperçue pour Google (en mai dernier Larry Page ne l'a pas caché). Ni pour les autres (le "real-time Web" est le sujet de la prochaine conférence LeWeb). JM Salaün débusque tout de même le talon d'Achille de Twitter: étant un réseau social, il est est à la merci des usages sociaux, et, comme Second Life, peut passer de l'endroit "hot" en ville à un lieu démodé (voir mon billet sur Second Life, La métaphoe du bar "in").

Google est dans le marché du "knowledge Just-in time", Twitter serait-il viable dans un marché du "real-time web?"....

Google Holodeck

Imaginez une immersion totale dans Google Earth. C'est comme voler non pas dans Second Life, un monde numérique imaginaire, mais au-dessus de notre Terre numérisée. C'est Google Holodeck.



J'ai glissé quelques mots sur ce blogue sur Google Earth comme interface commerciale pour la planète. On pourrait voir Google Earth comme interface touristique. Qui a encore besoin de voyager comme touriste lambda quand on peut utiliser Google Holodeck.

Interface touristique
Certains voyages touristiques de masse peuvent être avantageusement remplacés par un voyage numérique (spécialement si c'est pour visiter des monuments architecturaux au pas de course, comme cela arrive étrangement). Du moins, à un niveau scolaire, on peut apprendre sans se déplacer. Dire « j'y ai été » prend une toute nouvelle tournure

Interface sociale
Maintenant, je pense qu'il ne manque pas grand-chose pour avoir Google Earth comme interface sociale. Avec des avatars, ou de la vidéo en temps réel, il y aurait moyen d'aller visiter de la parenté sur un autre continent, ou suivre les péripéties « sur place » d'un voyageur. Sans oublier encore un contact direct avec un commerçant (« envolez-vous vers ce nouveau magasin qui vient de s'ouvrir sur la 5e Avenue à Manhattan! »).

Les moteurs de confiance

Alex Cambell (DTDigital / OgilvyInteractive, Melbourne) écrit dans son blog aujourd'hui: I no longer depend on Google to find stuff (via BrunoBoutot)
«Today I had a stark realisation: I no longer depend on Google to find stuff. I still use it to locate things: e.g. “find me the Wikipedia page on Ted Kennedy’s acquatic activities”. But I rarely - if ever - use it to find businesses, places to visit, interesting blogs, etc.»
"Je ne dépends plus de Google pour trouver de nouvelles choses" dit-il en substance. Google est toujours utilisé, comme assistance à la recherche, trouver ce que l'on cherche (une page Wikipédia, par exemple) mais les réseaux sociaux servent à trouver des choses, des recommandations, des suggestions, des découvertes... (ex. Twitter, Praized, Facebook, Friendfeeds, Linkedin, Viadeo, etc)

In Google we trust?
Il pointe quelque chose d'intéressant: les réseaux sociaux sont basés sur la confiance ("trust"). Ce que n'a pas Google, dit-il.

Il exagère un peu, mais sur le fond, on peut dire qu'avec la montée en puissance des professionnels du rayonnement web, on peut se demander si la pertinence est toujours au rendez-vous...

Je dirais pour être plus juste, Google est plutôt un outil de popularité. Les réseaux sociaux tablent eux vraiment sur la confiance. Voilà une nuance fort pratique lorsqu'il s'agit d'expliquer la valeur stratégique du web 2.0.

La montée de réseaux sociaux
Le genre de discours que porte Cambell rejoint les échos qui grandissent depuis la montée des réseaux sociaux depuis quelque temps. Son mérite est de le formuler d'une façon percutante et libératrice ("nous ne sommes plus dépendants de Google") et en ce sens il rejoint mon point fait hier dans le billet Les couloirs numériques, où je présente Twitter comme outil de sérendipité professionnel.

Mais Cambell s'arrête en chemin -- il fait une conclusion typique de la blogosphère anglophone très portée sur le fonctionnel et l'impératif ("if your brand is not social then it doesn’t exist"). L'ouverture qu'il a créée mérite que l'on ferme la parenthèse pour lui, pour notre plus grand bonheur cognitif.

Descendre du piédestal
Voilà ce qui se passe : Google est en passe de devenir ce qu'il a toujours été : un simple moteur de recherche, un outil pour trouver quelque chose que l'on cherche. Jusqu'à tout récemment son monopole de succès le rendait maître des lieux. Il représentait par métonymie l'Internet au complet.

Ce que Cambell dit, c'est que la sérendipité («fortuité» selon le Grand Dictionnaire) n'est plus une exclusivité de Google. «Fait de trouver quelque chose alors même qu'on recherche autre chose» se fait en butinant sur les réseaux sociaux maintenant. Mais qu'est-ce que chercher?

IR
Olivier Ertzscheid et Gabriel Gallezot, dans Chercher faux et trouver juste, serendipité et recherche d’information (PDF) expliqué qu'il y avait un sens double à "rechercher".

- Il y a « rechercher » de la recherche d’information (Information Retrieval en anglais, IR)
- Et il y a le « rechercher » de l’épistémé, la recherche (Research en anglais).

Bon, ne vous sauvez pas parce que j'ai employé "épistémé": "recherche" est trop ambigu, alors je garde le terme académique.

Pour l’IR, Google est un outil du traitement de l’information sur un corpus documentaire.

Pour l’épistémé, le but est de découvrir, de produire de nouvelles connaissances.

Vous êtes comme M.Jourdain et vous faites de l'épistémé sans le savoir à chaque fois que vous découvrez quelque chose sur les réseaux sociaux (d'ailleurs comment avez-vous "découvert" ce billet?)

Les trois recherches
Ertzscheid et Gallezot résument les 3 « états initiaux » de l'IR (Information Retrieval / recherche d’information).

1- [Je sais] [ce que je cherche] . On fait alors des requêtes (Querying). C'est l'usage que Cambell semble vouloir faire de Google quand il cherche une page Wikipédia sur un sujet.

2- [Je ne sais pas] [ce que je cherche]. On procède par exploration (Searching), induction et abduction (avec moi vous avez des mots qui comptent triple pour le Scrabble). C'est le type de découverte que vous faites en librairie en repartant avec le livre à côté de celui que vous recherchiez. La structure de l'endroit ou du classement favorise ou non la sérendipité. Un BarCamp permet ce type de découverte.

3- [Je sais] [que je ne sais pas ce que je cherche]. Ici, nous sommes en mode d'apprentissage (Learning). C'est l'état dans lequel vous êtes quand vous entrez dans un réseau social. Vous pourriez autant trouver la référence au billet de Cambell que le fait que votre ami mange un sandwich...
Google nous a offert pendant plusieurs années ces trois types de recherche. Ce qui a été dit ici, c'est que le troisième type n'est plus l'apanage de Google, qu'il a perdu (définitivement?) son emprise sur ce secteur.

Quand on dit que ne sommes plus dépendant de Google, c'est affirmer que l’influence de la sérendipité en matière de construction de connaissances ne repose plus dans les mains monopolistiques du géant de Mountain View.

Les réseaux sociaux sont nos moteurs de confiance et carbure à notre saine curiosité. Ils répondent à ce besoin de confort communautaire de construction de la connaissance...

La lecture en éclats

"Le véritable supplément à la mémoire n’est plus le document ni même la bibliothèque, mais Google". Christian Vandendorpe, l'auteur de l'excellent Du papyrus à l'hypertexte: Essai sur les mutations du texte et de la lecture, propose un brillant exposé pour raconter le divorce de la lecture longue et de la lecture courte (via JM Salaün).

Star Pupil, 1954Dans La lecture en éclats, publié dans la revue Arguments l'an passé [3400 mots / 15 min], il soutient que "’hypertexte donne au lecteur la même liberté de coq-à-l’âne que la conversation familière". La lecture, on s'en doute maintenant, serait influencée par le support.

Première victime de la "technologie"
Le rouleau de papyrus, par exemple, qui fut durant trois mille ans le support de l’écrit, a été remisé aussitôt le codex apparu. Cet ancêtre de notre livre actuel ayant montré qu'il était meilleur support pour la lecture, nous raconte le professeur au Département de français de l'Université d'Ottawa. Le livre, alors, restera-t-il au côté de l'ordinateur? Il ne va jusqu'à annoncer sa disparition.

Ce qu'il fait par contre c'est de décrire le déploiement de la lecture courte et le retranchement de la lecture profonde causé par les nouvelles technologies.

"Le livre étant une totalité finie, il propose implicitement un contrat de lecture qui va de la première à la dernière page." "L’imprimerie a fait de la lecture une activité privée".

"Le roman est [...] le livre par excellence, que le lecteur va lire de la première à la dernière page et dans lequel il peut se laisser absorber au point de perdre toute conscience du monde extérieur."

Cette activité de lecture de la continuité, sur lequel reposait le livre, a volé en éclat. L'art du romancier a comme base le temps, et consiste à retarder le dénouement tout en le faisant désirer de plus en plus fortement, dit-il. La lecture profonde demande un abandon.

L'écran superficiel
Mais on ne lit pas de livre à l'écran. Du moins, premièrement, l'équipement actuel n'autorise ni un confort visuel, ni une aisance dans la position de lecture et deuxièmement l'offre interactive ou sociale se trouvant souvent à un clic, il y a peu de chance que Proust ou Tolstoï puissent compétitionner avec Facebook, YouTube ou vos courriels.

Vanderdorpe appelle cet espace un "espace de séduction" où abondent icônes et couleurs, alertes et correspondance qui ont l'heur de distraire le lecteur de l’attention cognitivement exigeant que la véritable lecture de fond requiert. (Avez-vous réussi à tenir jusqu'ici sans basculer la fenêtre de zéroseconde?)

Lire comme on converse
"L’art d’écrire, tout comme celui de raconter, consistait jusqu’ici à créer des attentes chez le lecteur pour ensuite les satisfaire." rajoute l'auteur, or l’hypertexte offre des occasion à un interlocuteur pour facilement "saisir au bond un élément quelconque pour changer le sujet en suivant ses jeux d’association."

La "conversation" caractérisant le "web 2.0" trouve ainsi sa source.

"[L]e lecteur cédera facilement à la tentation de changer de sujet, de soulager la tension mentale que pose sa lecture en dérivant sur un sujet connexe". Ce qui est l'apanage de la lecture courte.

"[U]ne lecture «en immersion», mobilisant totalement l’imaginaire du lecteur sur une longue période de temps" est la caractéristique de la lecture profonde.

Avec l'arrivée imminente des tablettes et l'amélioration des liseuses electroniques, pourra-t-on revoir resurgir une lecture profonde qui "est une excellente école pour entraîner la mémoire, l’attention au détail et la capacité de synthèse"?

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Image : Superbomba

Les nouvelles sont éternelles

Le modèle d'affaires des journaux va mal, on cherche des boucs-émissaires. Il n'est pas mis à mal par la blogosphère, sauf en croire quelques nostalgiques, mais par de puissants acteurs (hors de tout soupçon, comme Google, qui n'est pas si innocent) qui réussissent à valoriser à leur profit le contenu en ligne. Pourtant, des journalistes relancent encore le débat contre la blogosphère. L'abcès n'est pas crevé. Jouons donc avec le bobo.

http://www.flickr.com/photos/freeparking/1279927021/Ce qui me donne l'occasion de préciser ces quelques notions ce soir, c'est le coup de gueule la semaine dernière d'un journaliste --cri du coeur sympathique, mais trop épidermique pour être d'une quelconque utilité dans la conversation sur le sujet qui est plutôt dernière nous depuis plusieurs années ("blogosphère versus journalisme").

Ce journaliste s'en est pris la semaine dernière à "tous ces nouveaux gourous patentés du web" qui "dansent déjà sur la tombe des quotidiens".

On peut évidemment s'attendre à une montée des boucliers...

Confrontation
Steve Proulx, chroniqueur dans un hebdo, commence par lui faire remarquer son périlleux lien qu'il fait entre "journalisme de qualité" et "journaliste qui travaille dans un journal". (source)

Mettons-nous d'accord: les journaux, pris globalement, n'offrent qu'un faible niveau de qualité journalistique... en moyenne. Oui, oui. J'inclus, moi, les journaux jaunes, de quartier ou commerciaux, comme on inclut skyblogue et myspace dans tout décompte du "web"... en moyenne.

Dénigrement
Michelle Sullivan, relationniste publique, dénonce la facilité de prôner le rôle primordial du journaliste professionnel en dénigrant le travail des blogueurs. Elle rappelle que des blogueurs peuvent "éplucher des demandes d’accès à l’information, entretenir des réseaux de contacts (…), assister à des réunions de citoyens, questionner les élus sur leurs agissements". (source)

La blogosphère est une entreprise collective de 20 millions de rédacteurs, de reporters, de chroniqueurs, de critiques et d’éditorialistes, qui travaillent bénévolement. Une certaine concurrence s'installe. Même si tous les aspects ne se recoupent pas. (Lire La blogosphère et les médias où je souligne l'interdépendance des sphères).

r/évolution
Que la fin pour la plupart des journaux soit proche, peut-être. Que certains journaux tels qu'on les connaît vont disparaître, sûrement. Lire À qui profite l'industrie des journaux où je résume le propos, plutôt radical, de Clay Shirky, qui se résume par le sous-titre du blogue Axon Post: "Notre société n’a pas besoin de journaux, elle a besoin de journalisme". Pisani l'a aussi abordé avant-hier.

Dans un billet de l'éditeur en chef du Axon Pos (Les blogs sont la forme parfaite de la démocratie, mais ils sont aussi le paroxysme du populisme), Pierre Fraser , propose de remettre dans une perspective historique le coup de gueule de notre journaliste nostalgique et conclut que le "journalisme se cherche de nouveaux contenants". Le journalisme pratiqué "par une certaine élite" arrive à son terme...

Source du mal
Internet a engendré la crise des médias: c’est faux, c’est un mythe urbain, a déjà écrit Fraser ( via Mario Asselin). Quel est la source des problèmes causé à cette industrie? Ça, ça demande un peu plus qu'un coup de gueule, effectivement.
Jeff Mignon, stratège média, écrivait récemment sur mon blog:

1- La cause des problèmes? Baisse de la diffusion, baisse des revenus pub. Ces tendances qui ont quarante ans. Internet n'a qu'accéléré le phénomène.

2- Bien des journaux sont en bonne santé. Une minorité souffre. Mais une majorité reste encore très rentable.

3- Le métier des journaux n'est pas seulement de diffuser de l'information, mais aussi de la pub. En particulier en Amérique du Nord, des journaux ont d'abord été créés pour diffuser de la pub.

4- Si le modèle d'affaires pub en prend un coup, ce n'est pas parce que le modèle (faire payer les annonceurs) est mauvais, c'est parce que la rareté de l'espace publicitaire vol en éclat avec le numérique.

5- Ils n'ont plus, non plus, le monopole de l'audience locale.

Jeff propose le meilleur suivi professionnel et financier de la situation en ce moment sur son site (en anglais).

Source multiple
Cette perte d'un momentum se retrouve aussi en filigrane dans le livre "De la démocratie numérique":

"De source unique, le journaliste, en ligne, se retrouve en concurrence permanente. Son contenu est apposé, mis à disposition des internautes à côté de milliers d’autres. On n’y accède pas uniquement à travers la Une de son média, mais par les liens de blogs, de sites multiples, par des moteurs de recherche et des e-mails envoyés." (source Nicolas Vanbremeersch, Extrait de De la Démocratie Numérique, Le Seuil, 2009)

Vanbremeersch (connu surtout sous Versac) affirme que le web offre une confrontation entre une logique sociale et d’une logique de l’information.

Le présent épisode local rappelle la polémique autour des BlogueurZinfluents qui a sévi l'an passé dans l'Hexagone et qui mettait justement Nicolas sur la trajectoire de la tornade (voir mon compte rendu)

Origine d'une mésentente
Je crois que les journalistes possèdent une mauvaise opinion du web participatif pour la simple et bonne raison que toute tentative de "conversation" (quand il y en an une) tourne souvent au drame : leur blogue se trouve souvent assaillis par un essaim de commentateurs qui jactent de la façon la moins pertinente qui soit au point de ressembler à un forum de trolls et de brûlots...

Par leur popularité et le pouvoir qui leur est conféré par leur notoriété, les journalistes attirent certains frustrés/jaloux de leur audience, et certains débiles qui pensent que réfléchir consiste à aligner deux trois phrases à chaud...

Ils ne connaîtront jamais le démarrage dans les réseaux sociaux sous le couvert de l'anonymat et la joie de rejoindre sainement une audience que grâce à la qualité de leur contenu.

Réchauffement des esprits
Une nouvelle écologie des médias continue de se mettre en place (voir mes trois billets à ce sujet). Et la mise en place ne se fait pas sans douleur.

"If General Motors goes under, there will still be cars. And if the New York Times disappears, there will still be news" écrivait Michael Kinsley dans le Washington Post aujourd'hui (Life After Newspaper) (via Dumais, via Asselin)

Les nouvelles sont éternelles. Elles ne sont juste plus écrites dans le ciel...

POST-SCRIPTUM : Aujourd'hui, mardi 7 avril 2009. Écoutez Eric Schmidt, CEO, Google, en live à 13h00 (NewYork) / 19h00 (Paris) qui parlera à la presse US sur le rôle de Google dans le future de l'industrie !

PS2: 8 avril: La leçon de Google aux journaux américains (Libe.fr) Compte rendu du livecast d'hier

Quelques liens : "Par les gens, pour les gens"

Quelques liens pour accompagner vos croissants et la lecture de tooooous vos courriels accumulés durant le week-end...

L’innovation sociale pour nous sortir de la crise ! (InterNet Actu)
Il existe bel et bien. Un “bureau de l’innovation sociale” est en cours de création à la Maison Blanche. Une appellation qui prône l’innovation “par les gens, pour les gens”. Et Internet Actu en profite pour montrer 3 pistes pour l’innovation sociale à la française

La lente disparition du terme “Web 2.0″ (TechCrunch FR)
L'expression ”Web 2.0″ semble glisser dans les tendances de recherche sur Google Trends. (Tiens, Web 3.0, aussi --à la bonne heure!).

La "vraie" valeur de Facebook ? (Adscripteur)
Une valorisation fait le doigt en l'air. Mais il y a 175 000 000 facebookiens tout à fait concrets en date de la semaine dernière.

Google (presque) Fatal Error (Affordance)
Google fait une erreur et la totalité du web devient "indésirable". La meilleure analyse du 'bug" du 31 janvier 2009...

Sqworl.com
"Un service en ligne qui permet de réunir sous une même url quelques ressources que l’on souhaite partager." (Repéré sur Arkandis)

Au dessert
Et deux aventures à la douane/ sécurité d'aéroport (en anglais)
Délit de maman (Jill/txt) et délit de consultante (Facilitating Change)
Quand je disais que les blogues sont aussi un endroit d'échanges de stratégies de vie...

Avec Knol, Google devient un diffuseur de contenu

Knol se veut un concurrent de Wikipedia. Et si c'était plutôt un concurrent à tous les diffuseurs de contenu?

Knol est une plate-forme encyclopédique ouverte au public par Google récemment. Comme Wikipedia, l'encyclopédie est libre d'accès et ouverte au "contenu généré par les utilisateurs". Mais ici, au contraire, les auteurs signeront leurs articles et seront les seuls à modifier leur contenu..

Il ne faut pas se leurrer, ces auteurs qui "génèrent du contenu" sont "payés" par Google via un "système de partage de revenu" des Google Ads.
Google entre-t-il sur le territoire de la création de contenu?

Jason Calacanis de Mahalo offre une façon claire de répondre affirmatif à la question. (via Vlad)

Let's run a test: what is the role of a content publisher?

1. Secure talent
2. Distribute their work
3. Monetize that work
4. Pay the content creator for their work
5. Build a library of that work for future monetization

So, if you're the New York Times or Wall Street Journal you:

1. Hire John Markoff and Walt Mossberg (on staff)
2. Distribute their technology reportage
3. Sell advertising against that reportage
4. Pay Markoff and Mossberg
5. Create an archive on NYTIMES.com and WSJ.com of their work.

Let's run Google's Knol through this same process:

1. Hire writers (on contingency) -- check
2. Distribute these pages in Google's search results -- check
3. Sell advertising against it in the form of AdSense -- check
4. Pay the writers via AdSense split -- check
5. Create an archive on Knol for future monetization -- check

Source: Is Google A Content Company? Of Course It Is. So What Should Publishers Do?
Est-ce que Google est une compagnie diffuseur de contenu?
La question n'est pas banale. Les conséquences peuvent être dramatiques. Google contrôle le ranking des résultats de recherche. Tous diffuseurs de contenu, qui vivent des visites, donc de la publicité, devront se battre contre un joueur de plus dans l'arène serrée de la première page de résultat de... Google.

Peut-on faire confiance à Google?
Les premiers tests semblent montrer que Google n'a pas changé son algorithme (ou peut-être si?). Mais pour combien de temps, après combien de pression des financiers? "Don't be evil". La tentation deviendra de plus en plus forte, pourtant.

Quand nous consultons une page d'un moteur de recherche, nous ne disposons pas seulement d'une page de résultats provenant d'un savant ranking algorithmique, mais d'une représentation du monde dont la neutralité reste encore à démontrer.

Derrière la liste se cachent des principes implicites de classification du savoir et d'organisation de la connaissance. Quand il est mêlé d'impératif économique, on se demande ce que ça va donner...

Certains de mes vieux écrits restent d'actualité.
Ceux qui pensent que c'est l'algorithme que décide, devront se raviser. Dès que l'on fait du tri, il y a de gagnants et des perdants. Pensez à la déclassification du caillou Pluton. Si rechercher n'est pas un acte technique sans conséquence, il devient drôlement payant pour certains qui contrôlent tous les aspects du contenu sur Internet.

Les "web publishers" devront maintenant se poser la question: continuer la lutte dans leur coin ou embarquer dans Knol pour profiter de la place disponible. Choisissez une réponse seulement...

PS 23h00: Et ceux qui pensent que Knol vise à détrôner Wikipedia peuvent encore lire ceci, s'ils ne sont pas convaincu: Google Knol/Wikipedia Comparison Faulty

Revue de blogues

Parfait voilà de quoi vous inspirer dans vos discussions autour d'un bon café, sur la plage ou dans des 5 à 7 ennuyeux.

2008 : l'information se cherche un contre-pouvoir
Jean-Marie Le Ray tire les leçons d'un scoop 100% Web qui n'a été relayé ni par la presse traditionnelle ni sur Internet et réfléchit à l'établissement et la crédibilité d'un contre-pouvoir de l'information en ligne.

YouTube évolue pour maintenir la concurrence à distance
Fred Cavazza fait le tour des récentes modifications à Youtube. Tout en soulignant la difficulté de Google de rentabiliser l'entreprise.

Facebook et Flickr
Éric Delcroix prend un moment pour faire le point sur les liens entre les deux sites et offre pour notre plus grand bonheur une liste d'applications.

La nouvelle économie des rédactions du futur
Benoït Raphaël commente les propos de Jeff Jarvis qui propose à la presse de tout donner à Googleà ( et qu'elle se concentre sur le contenu).

Et un p'tit dernier, en anglais
Why Abundance is Good: A Reply to Nick Carr
Clay Shirky répond à Nicholas Carr à propos de l'article qui a fait beaucoup de bruit le mois dernier, Is Google making Us Stoopid?.

"I think, is the real anxiety behind the essay: having lost its actual centrality some time ago, the literary world is now losing its normative hold on culture as well. The threat isn’t that people will stop reading War and Peace. That day is long since past. The threat is that people will stop genuflecting to the idea of reading War and Peace." (source)

Il dit que le respect même envers la culture d'élite suit son cours : il tend à disparaître. Il abonde dans la logique que la surabondance de l'information donnée par Internet modifie la culture, et le rapport à la culture.

Cette dynamique qui dit que la "culture populaire" tue la culture ne date pas d'hier et il ne faut pas s'attrister de cette évolution (mais il faut rester critique) : l'évolution culturelle s'est accélérée dans le dernier demi-millénaire. Il n'y a que les "luddites" qui croient qu'hier était mieux.

MàJ: Il a écrit un addendum pour préciser sa pensée ensuite: Why Abundance Should Breed Optimism: A Second Reply to Nick Carr

La mesure de toutes choses

Google annonce qu'il offrira gratuitement un outil de mesure de performance des sites web.(105 mots; 20 sec)

Les deux principaux acteurs dans le secteur - comScore et NielsenOnlIne - recueillent les données sur l'utilisation d'Internet en grande partie via, tenez-vous bien, des suivis de groupes ou des enquêtes. Chute des actions des rois nus. (via Éric)

WSJ indique que la nouvelle offre Google sera basée principalement sur les données de serveurs Web. Il y en aurait long à dire sur la méthode employée par les deux autres concurrents. Un peu de ménage, c'est bon. Mais on va finir par s'inquiéter que ce soit toujours le même qui le fait...

Source : Wall Street Journal : Google to Offer a Tool To Measure Web Hits