Aucun message portant le libellé Tele. Afficher tous les messages
Aucun message portant le libellé Tele. Afficher tous les messages
14 février 2013
0
TV 2.0: Vers une première fenêtre en ligne?
Voilà qui est rapide. Netflix venait à peine de mettre ses 13 épisodes de House of cards en ligne que la BBC prenait la décision de diffuser ses programmes sur iPlayer avant de passer à la télévision.
BBC vont expérimenter le web comme "première fenêtre" avec une quarantaine d'heures de contenu pendant 12 mois.
Je vous signalais il y a une dizaine de jours cet OVNI qu'est House Of Cards sur Netflix. La série a été commandée par et conçue pour Netflix et tous les 13 épisodes ont été rendus disponibles d’un seul coup.
Les télédiffuseurs contre-attaquent
Ce coup du distributeur a mis en position défensive les télédiffuseurs considérés comme "dépassés" car ils carburent encore au "rendez-vous hebdomadaire" si on résume grossièrement les propos de Netflix.
J'y voyais pour ma part une façon pour les créateurs de s'affranchir des contraintes de formats télé traditionnel. À terme, si toutes les émissions sont accessibles d'un coup en ligne, il n'y a pas de raison que la scénarisation de la série n'en tire pas profit d"une façon ou d'une autre.
En fait, on voit que la première conséquence pour les diffuseurs (pour la BBC en tout cas) a été de déplacer sa "première fenêtre de diffusion" en ligne.
Le format des émissions seront encore conditionnés par la "deuxième fenêtre" de diffusion (la télé) pour un long moment encore...
Miser sur les early fans
Je donnais justement une formation à des producteurs et des télédiffuseurs télé hier après-midi et on discutait du type d'onde de choc que Netflix a envoyé dans l'industrie.
En voyant cette nouvelle, il me semble que ce déplacement de la première fenêtre a pour but d'aller "nourrir" les fans avides de ces contenus; probablement des influenceurs de leur communauté.
En effectuant ce changement pour certains programmes, la BBC espère taper dans un certain effet social auprès d'une minorité influente qui donnera (ou non, on verra) un aspect promotionnel à la diffusion à la télé pour le gros du public encore attaché au rendez-vous.
Lire aussi sur Zéro Seconde:
Libellés :
Tele
04 avril 2012
0
[vidéo] Balado #6: La télé 2.0
Pour notre sixième balado de Triplex, le blogue techno de Radio-Canada, nous passons en vidéo. C'est tout à fait à propos, puisqu'on y parle de la la webTV, de la télé connectée et la télé sociale.
L'émission est effectivement entièrement filmée. Et le résultat est ma foi très intéressant. Jetez un coup d'oeil, ça vaut la peine.
On y fait le tour de l'état de la webTV, né en catimini comme une façon de s'exprimer hors des institutions, mais qui a pris plusieurs formes aujourd'hui, on discute sur l'évolution du téléviseur sous les coups de bélier de la technologie mobile et informatique et on touche même au transmédia, cette narration créative qui traverse plusieurs médias
L’émission dure 40 minutes :
00:00 – Introduction
01:00 – Est-ce que vous regardez le web à la télévision?
02:40 – La création de contenu vidéo sur le web
10:40 – L’interaction entre la télévision et les médias sociaux
19:45 – La télévision connectée : la télé et l’ordinateur, même mandat
30:40 – Qu’est-ce que le transmédia?
37:40 – Questions en rafale
Vous pouvez vous abonner à la balado sur iTunes ou utiliser le fil RSS pour votre agrégateur.
Équipe de Triplex en balado :
Participants et blogueurs : Gina Desjardins, Laurent LaSalle et Martin Lessard
Animateur : Philippe Marcoux
Musique : Pierre Crube
Réalisatrice audio et au contenu: Marine Fleury
Réalisateur vidéo : Cédric Chabuel
Preneur de son : Martin Boulanger
Caméraman : Marion Carassou-Maillan
Édimestre et photographe : Félix-Antoine Viens
Infographe et intégratrice web : Marie-Anne Seim
Pour voir les autres balados de la série «Triplex en balado»
L'émission est effectivement entièrement filmée. Et le résultat est ma foi très intéressant. Jetez un coup d'oeil, ça vaut la peine.
On y fait le tour de l'état de la webTV, né en catimini comme une façon de s'exprimer hors des institutions, mais qui a pris plusieurs formes aujourd'hui, on discute sur l'évolution du téléviseur sous les coups de bélier de la technologie mobile et informatique et on touche même au transmédia, cette narration créative qui traverse plusieurs médias
L’émission dure 40 minutes :
00:00 – Introduction
01:00 – Est-ce que vous regardez le web à la télévision?
02:40 – La création de contenu vidéo sur le web
10:40 – L’interaction entre la télévision et les médias sociaux
19:45 – La télévision connectée : la télé et l’ordinateur, même mandat
30:40 – Qu’est-ce que le transmédia?
37:40 – Questions en rafale
Vous pouvez vous abonner à la balado sur iTunes ou utiliser le fil RSS pour votre agrégateur.
Équipe de Triplex en balado :
Participants et blogueurs : Gina Desjardins, Laurent LaSalle et Martin Lessard
Animateur : Philippe Marcoux
Musique : Pierre Crube
Réalisatrice audio et au contenu: Marine Fleury
Réalisateur vidéo : Cédric Chabuel
Preneur de son : Martin Boulanger
Caméraman : Marion Carassou-Maillan
Édimestre et photographe : Félix-Antoine Viens
Infographe et intégratrice web : Marie-Anne Seim
Pour voir les autres balados de la série «Triplex en balado»
05 janvier 2012
15
Les médias sociaux et le Bye Bye
Au fond, ce n'est plus parce qu'il y a un Bye Bye que les gens sont devant la télévision au passage de l'an, c'est parce qu'il a des gens devant la télévision qu'il y a un Bye Bye. Mais la formule n'est plus adaptée aux années 2000. Voici pourquoi.
Le Bye Bye, émission de fin d'année à la télévision publique (SRC), ne laisse jamais indifférent. On déteste, on adore. SRC a bien tenté, il y a fort longtemps de se sortir du créneau (la controverse ne date pas d'hier, rappelez-vous "Bonne année Roger"), même si n'est pas le créneau qui est le problème.
C'est que les deux fonctions du Bye Bye sont devenues obsolètes.
Les deux fonctions (dysfonctionnelles) du Bye Bye
Cette émission a toujours tenté une revue de l'année sous le mode de l'humour. Les époques se sont succédés et les comédiens aussi. La formule n'a pas changé. C'est la société qui a changé.
Les deux fonctions, faire rire et faire discuter, sont devenus obsolète dans sa formule actuelle, parce qu'inévitablement la société a changé.
On pourrait invoquer des raisons concernant le degré de qualité du contenu du Bye Bye, mais elles me semblent secondaires face à la montée d'Internet, entre autres.
1) La fonction de l'humour
La première fonction du Bye Bye, à l'origine, était de dérider le public face à l'angoisse du monde que la télévision donnait à voir.
Le Québec s'ouvrait au monde par la petite lucarne et l'humour était le liant entre toutes les couches de la société. Une façon souveraine de se reconnaître uni une fois l'an.
Les critiques ont déjà noté que depuis deux décennies, les émissions d'humour et de critiques humoristiques de l'actualité ont suffisamment envahie les ondes télévisuelles pour rendre fade la revue annuelle --qui ressemble à une redite, incapable de répondre aux attentes démesurées de plaire à tous et à son père.
La balkanisation de l'humour au Québec a créé une série de ghettos impénétrables qui divise la société. L'humour trash, le cynisme branché, les farces grasses et méchantes ont leurs fans qui s'excommunient mutuellement.
L'humour de Cloutier et Morissette, concepteurs du Bye Bye de cette année, plaira ou non selon les allégeances. Seuls les critiques avertis, comme Stéphane Baillargeon du Devoir, auront compris que c'est l'humour comme liant qui ne fonctionne plus.
Sur les réseaux sociaux, les LOLcats, les FAILblog et autres, remplissent tous les interstices de notre vie, réduisant l'humour (?) à un nihilisme permanent et la transformant en commodité à portée de clic.
Internet, via les réseaux sociaux, vient remplir notre besoin de se dérider de l'actualité en temps réel --entre deux émissions d'humour à la télé...
2) La fonction d'initiateur de conversation
La deuxième fonction du Bye Bye est de se remémorer les événements annuels pour provoquer une ultime réflexion sur le temps qui passe et les changements intervenus durant l'année.
Je crois que la montée des réseaux sociaux joue ici un autre grand rôle dans la désaffection de cette fonction d'une telle revue de l'année.
Je ne parle pas du gigantesque clavardage à ciel ouvert qu'est devenu Twitter, même si des dérapages, comme l'étrange cas du mystérieux double maléfique de Jorge Contreras, sont devenus un spectacle en soi.
Le Bye Bye était un moment privilégié pour ouvrir la discussion sur l'actualité avec toute la famille, réunie pour l'occasion.
Or, aujourd'hui, cette discussion a lieu sur les réseaux sociaux au moment même où l'événement a lieu. On épuise complètement le sujet au moment où l'événement se passe. On commente, on "like", on partage.
La revue de l'année ne réussit, au mieux, qu'à nous faire sourciller. Tout a été dit et il n'y a plus de discussion possible.
Si la télévision a conservé sa place de rendez-vous collectif, elle n'a plus le monopole d'initier des catharsis collectives à travers le simple fait de remémorer les événements.
Les sujets sont maintenant commentés dans une conversation permanente tout au long de l'année.
Revoir l'année autrement
Qu'est-ce qui reste? Un spectacle artistique, parodique, avec des moyens de music-hall, pour passer le temps avant de se donner le baiser de début d'année. Sans le fard d'un passage initiatique. Ce n'est que de la télévision.
Les réseaux sociaux demandent de revoir complètement la notion de revue de l'année, du moins dans la façon qu'elle est pratiquée dans le Bye Bye annuel.
Il ne s'agit plus de souligner anecdotiquement l'année --ça, les réseaux sociaux le font allègrement et mieux.
Le Bye Bye n'est qu'un symptôme. Les grands médias dans leur ensemble sont touchés.
Les grands médias n'ont d'autre choix que d'aller là où ils ne peuvent être que les meilleurs: approfondir un sujet, donner du contexte, prendre du temps, éviter le superficiel.
C'est-à-dire donner ce recul nécessaire et salutaire. Pour le reste, les réseaux sociaux s'en chargent très bien.
Le Bye Bye, émission de fin d'année à la télévision publique (SRC), ne laisse jamais indifférent. On déteste, on adore. SRC a bien tenté, il y a fort longtemps de se sortir du créneau (la controverse ne date pas d'hier, rappelez-vous "Bonne année Roger"), même si n'est pas le créneau qui est le problème.
C'est que les deux fonctions du Bye Bye sont devenues obsolètes.
Les deux fonctions (dysfonctionnelles) du Bye Bye
Cette émission a toujours tenté une revue de l'année sous le mode de l'humour. Les époques se sont succédés et les comédiens aussi. La formule n'a pas changé. C'est la société qui a changé.
Les deux fonctions, faire rire et faire discuter, sont devenus obsolète dans sa formule actuelle, parce qu'inévitablement la société a changé.
On pourrait invoquer des raisons concernant le degré de qualité du contenu du Bye Bye, mais elles me semblent secondaires face à la montée d'Internet, entre autres.
1) La fonction de l'humour
La première fonction du Bye Bye, à l'origine, était de dérider le public face à l'angoisse du monde que la télévision donnait à voir.
Le Québec s'ouvrait au monde par la petite lucarne et l'humour était le liant entre toutes les couches de la société. Une façon souveraine de se reconnaître uni une fois l'an.
Les critiques ont déjà noté que depuis deux décennies, les émissions d'humour et de critiques humoristiques de l'actualité ont suffisamment envahie les ondes télévisuelles pour rendre fade la revue annuelle --qui ressemble à une redite, incapable de répondre aux attentes démesurées de plaire à tous et à son père.
La balkanisation de l'humour au Québec a créé une série de ghettos impénétrables qui divise la société. L'humour trash, le cynisme branché, les farces grasses et méchantes ont leurs fans qui s'excommunient mutuellement.
L'humour de Cloutier et Morissette, concepteurs du Bye Bye de cette année, plaira ou non selon les allégeances. Seuls les critiques avertis, comme Stéphane Baillargeon du Devoir, auront compris que c'est l'humour comme liant qui ne fonctionne plus.
Sur les réseaux sociaux, les LOLcats, les FAILblog et autres, remplissent tous les interstices de notre vie, réduisant l'humour (?) à un nihilisme permanent et la transformant en commodité à portée de clic.
Internet, via les réseaux sociaux, vient remplir notre besoin de se dérider de l'actualité en temps réel --entre deux émissions d'humour à la télé...
2) La fonction d'initiateur de conversation
La deuxième fonction du Bye Bye est de se remémorer les événements annuels pour provoquer une ultime réflexion sur le temps qui passe et les changements intervenus durant l'année.
Je crois que la montée des réseaux sociaux joue ici un autre grand rôle dans la désaffection de cette fonction d'une telle revue de l'année.
Je ne parle pas du gigantesque clavardage à ciel ouvert qu'est devenu Twitter, même si des dérapages, comme l'étrange cas du mystérieux double maléfique de Jorge Contreras, sont devenus un spectacle en soi.
Le Bye Bye était un moment privilégié pour ouvrir la discussion sur l'actualité avec toute la famille, réunie pour l'occasion.
Or, aujourd'hui, cette discussion a lieu sur les réseaux sociaux au moment même où l'événement a lieu. On épuise complètement le sujet au moment où l'événement se passe. On commente, on "like", on partage.
La revue de l'année ne réussit, au mieux, qu'à nous faire sourciller. Tout a été dit et il n'y a plus de discussion possible.
Si la télévision a conservé sa place de rendez-vous collectif, elle n'a plus le monopole d'initier des catharsis collectives à travers le simple fait de remémorer les événements.
Les sujets sont maintenant commentés dans une conversation permanente tout au long de l'année.
Revoir l'année autrement
Qu'est-ce qui reste? Un spectacle artistique, parodique, avec des moyens de music-hall, pour passer le temps avant de se donner le baiser de début d'année. Sans le fard d'un passage initiatique. Ce n'est que de la télévision.
Les réseaux sociaux demandent de revoir complètement la notion de revue de l'année, du moins dans la façon qu'elle est pratiquée dans le Bye Bye annuel.
Il ne s'agit plus de souligner anecdotiquement l'année --ça, les réseaux sociaux le font allègrement et mieux.
Le Bye Bye n'est qu'un symptôme. Les grands médias dans leur ensemble sont touchés.
Les grands médias n'ont d'autre choix que d'aller là où ils ne peuvent être que les meilleurs: approfondir un sujet, donner du contexte, prendre du temps, éviter le superficiel.
C'est-à-dire donner ce recul nécessaire et salutaire. Pour le reste, les réseaux sociaux s'en chargent très bien.
Libellés :
Communication,
Culture,
Humour,
internet,
Journalisme,
Media,
Medias_sociaux,
Politique,
Radio,
Reseaux_Sociaux,
Tele,
Tendance
01 octobre 2011
3
L'effet rendez-vous
Le titre vient de Stéphane Baillargeon, du Devoir, qui m'a interviewé cette semaine sur la rencontre des médias sociaux et de la télévision. (voir son article Médias - TV 2.0 «On ne veut plus juste le voir, on veut aussi participer au savoir» d'aujourd'hui. Extraits.
Billets similaires
Si vous êtes intéressé par ce sujet, voici quelques billets que j'ai écrit (et où finalement je vois que contrairement à ce que j'ai dit dans l'interview, je voyais ça venir depuis un peu plus longtemps que je croyais)
TV 2.0 : Sous les RT, la plage horaire? (mai 2010) où j'aborde l'idée du filtre social comme le nouveau syntonisateur de contenu.
TV en direct + FaceBook = TV Sociale (janvier 2009) où on constate qu'on ne veut plus être tout seul devant l'écran.
Television sur internet (février 2009) "Peut-elle être assujettie aux mêmes règles que la télévision traditionnelle?"
Pré-diffusion TV (septembre 2008) où une assiste à une bonne tentative des télé à jouer avec le web (même s'il n'y a pas eu de suite)
«Les médias sociaux ont permis de retrouver le rendez-vous que proposait traditionnellement la télévision», dit l'analyste, qui tient un blogue sur les stratégies Web et les médias sociaux. «Franchement, il y a deux ou trois ans, je n'aurais pas été capable de prédire cet effet. Quand il s'est produit, on a eu la réaction qu'on a en découvrant un beau jardin après avoir semé des graines au hasard. En fait, oui, maintenant on peut le dire: c'est tout à fait logique de retrouver cet effet rendez-vous.»
[...]
«Les échanges sont de moins en moins artificiels, de moins en moins forcés, commente Martin Lessard. Aujourd'hui, c'est clair, ce qui intéresse les gens: ils le disent et on voit tout de suite ce qui marche ou ce qui ne marche pas. D'ailleurs, Mirador aurait probablement été retirée des ondes si on s'était fiés aux premiers commentaires négatifs ou aux critiques. La clientèle qui appréciait le côté kitsch de l'émission s'est manifestée et sa diffusion pour une deuxième saison continue en partie grâce aux réseaux sociaux.»
Source Le Devoir
Billets similaires
Si vous êtes intéressé par ce sujet, voici quelques billets que j'ai écrit (et où finalement je vois que contrairement à ce que j'ai dit dans l'interview, je voyais ça venir depuis un peu plus longtemps que je croyais)
TV 2.0 : Sous les RT, la plage horaire? (mai 2010) où j'aborde l'idée du filtre social comme le nouveau syntonisateur de contenu.
TV en direct + FaceBook = TV Sociale (janvier 2009) où on constate qu'on ne veut plus être tout seul devant l'écran.
Television sur internet (février 2009) "Peut-elle être assujettie aux mêmes règles que la télévision traditionnelle?"
Pré-diffusion TV (septembre 2008) où une assiste à une bonne tentative des télé à jouer avec le web (même s'il n'y a pas eu de suite)
Libellés :
Communication,
Facebook,
Media,
Medias_sociaux,
Perso,
Reseaux_Sociaux,
Tele,
Tendance,
Twitter,
Web 2.0
11 juillet 2010
5
Youtube à l'assaut de votre salon
On ne pensait pas que le géant Google allait déployer ses porte-avions aussi vite dans cette guerre de la vidéo en ligne. Dans la chaîne de valeurs de la webTV, Google viendrait-il de positionner YouTube comme le maître de la longue traîne vidéo?
Coup sur coup. Google déploie 3 innovations sur YouTube. Il possède une longueur d'avance pour maîtriser le territoire de la longue traîne des vidéos (comme Amazon possède une emprise sur la longue traîne des livres).
Youtube cherche maintenant à sortir de l'écran d'ordi et à s'installer sur les écrans de salon. Ce qui se joue ici dans cette guerre de salon, c'est qui saura apporter la vidéo à la demande. Google se positionne comme un gros joueur.
YouTube XL
C'est le site de YouTube, optimisé pour la télévision. Épurée et grossie, cette interface lancée en juin se prête mieux que l'original pour naviguer dans son salon.
www.youtube.com/xl
Sachant que l'américain passe en moyenne (!) 5 heures par jour devant la télé, et seulement 15 minutes par jour devant YouTube, Google espère faire monter cette moyenne.
Youtube Leanback
YouTube offre la possibilité depuis la semaine dernière de regarder un stream de vidéos, sans intervention, en plein écran. Bâti sur Flash (désolé iPad, il faudra attendre la version HTML 5), l'usager n'a qu'à cliquer sur les flèches pour sauter au prochain clip (pas de souris).
www.youtube.com/leanback
Que ce soit devant son desktop ou branché à votre télé, vous retrouvez ainsi le plaisir de zapper, sans vous lever, du contenu vidéo. Le choix se fait selon vos préférences et les recommandations de vos contacts YouTube. (Plus d'info sur le blogue officiel de YouTube)
YouTube 4K
YouTube supporte depuis vendredi dernier les vidéos en 4K. Pour vous donner une idée de ce que cela signifie, l'écran idéal pour une projection en 4K est de 25 pieds (plus de 7 mètres et demi).
Voyez par vous-même: liste des vidéos 4K disponibles.
Le full HD (1080p) roule sur YouTube depuis le mois de décembre dernier. Le 4K offre 4096 x 2304 pixels (4 x le Full HD). Inutile de dire qu'il vous faudra avoir la bande passante et le processeur adéquat pour lire correctement le tout. (source Blogue officiel de YouTube).
Un avant-goût de Google TV
On se rappelle de l'annonce de la sortie de Google TV il y a 2 mois. Les grandes chaînes télé comme le canal YouTube de votre neveu dans son sous-sol pourront être regardé dans le confort de votre salon, sur votre grand écran, sur demande.
Avec Google TV, pas de grille horaire, mais un moteur de recherche qui a fait ses preuves («passez moins de temps à chercher, passez plus de temps à regarder»). La télé sur le web n'est pas nouvelle, mais Google et sa légendaire «simplicité» sauront plaire au grand public.
Couplé aux 3 innovations, on a un bon avant-goût de ce qui nous attend.
Mais la vraie clef de la bataille, maintenant, c'est de bien l'arrimer sur les filtres sociaux (seule façon de trier la masse de contenu disponible)...
La TV social [Ajout du lendemain. Merci Laurent]
Avec Bazaar labs, où il a investi des billes en juin, Google a la peut-être la dernière pièce pour avoir cette télé du futur (la TV sociale).
Bazaar Labs développe une application qui permet aux usagers de partager en temps réel leurs «status» (opinions) sur les films et émissions de télé. Comme un genre de FourSquare pour vidéo, les usagers «check0in» et commente les émissions de télé (et acquiert des badges).
Trouver en temps réel ce que recommande que ta communauté est une stratégie gagnante dans la surabondance de contenu...
Youtube cherche maintenant à sortir de l'écran d'ordi et à s'installer sur les écrans de salon. Ce qui se joue ici dans cette guerre de salon, c'est qui saura apporter la vidéo à la demande. Google se positionne comme un gros joueur.
YouTube XL
C'est le site de YouTube, optimisé pour la télévision. Épurée et grossie, cette interface lancée en juin se prête mieux que l'original pour naviguer dans son salon.
www.youtube.com/xl
Sachant que l'américain passe en moyenne (!) 5 heures par jour devant la télé, et seulement 15 minutes par jour devant YouTube, Google espère faire monter cette moyenne.
Youtube Leanback
YouTube offre la possibilité depuis la semaine dernière de regarder un stream de vidéos, sans intervention, en plein écran. Bâti sur Flash (désolé iPad, il faudra attendre la version HTML 5), l'usager n'a qu'à cliquer sur les flèches pour sauter au prochain clip (pas de souris).
www.youtube.com/leanback
Que ce soit devant son desktop ou branché à votre télé, vous retrouvez ainsi le plaisir de zapper, sans vous lever, du contenu vidéo. Le choix se fait selon vos préférences et les recommandations de vos contacts YouTube. (Plus d'info sur le blogue officiel de YouTube)
YouTube 4K
YouTube supporte depuis vendredi dernier les vidéos en 4K. Pour vous donner une idée de ce que cela signifie, l'écran idéal pour une projection en 4K est de 25 pieds (plus de 7 mètres et demi).
Voyez par vous-même: liste des vidéos 4K disponibles.
Le full HD (1080p) roule sur YouTube depuis le mois de décembre dernier. Le 4K offre 4096 x 2304 pixels (4 x le Full HD). Inutile de dire qu'il vous faudra avoir la bande passante et le processeur adéquat pour lire correctement le tout. (source Blogue officiel de YouTube).
Un avant-goût de Google TV
On se rappelle de l'annonce de la sortie de Google TV il y a 2 mois. Les grandes chaînes télé comme le canal YouTube de votre neveu dans son sous-sol pourront être regardé dans le confort de votre salon, sur votre grand écran, sur demande.
Avec Google TV, pas de grille horaire, mais un moteur de recherche qui a fait ses preuves («passez moins de temps à chercher, passez plus de temps à regarder»). La télé sur le web n'est pas nouvelle, mais Google et sa légendaire «simplicité» sauront plaire au grand public.
Couplé aux 3 innovations, on a un bon avant-goût de ce qui nous attend.
Mais la vraie clef de la bataille, maintenant, c'est de bien l'arrimer sur les filtres sociaux (seule façon de trier la masse de contenu disponible)...
La TV social [Ajout du lendemain. Merci Laurent]
Avec Bazaar labs, où il a investi des billes en juin, Google a la peut-être la dernière pièce pour avoir cette télé du futur (la TV sociale).
Bazaar Labs développe une application qui permet aux usagers de partager en temps réel leurs «status» (opinions) sur les films et émissions de télé. Comme un genre de FourSquare pour vidéo, les usagers «check0in» et commente les émissions de télé (et acquiert des badges).
Trouver en temps réel ce que recommande que ta communauté est une stratégie gagnante dans la surabondance de contenu...
Libellés :
Tele
21 mai 2010
5
TV 2.0 : Google Télévision
Google Télévision a été annoncé officiellement hier. Petit tour d'horizon.
Premièrement, n'espérez pas en voir un avant l'automne 2010 (et aux États-Unis seulement) ou même l'été 2011. Une annonce n'est pas une livraison.
Côté utilisateur
Google TV c'est le web à l'écran. Mais centré autour du célèbre rectangle magique: la boîte de recherche. Recherchez et vous trouverez. Google vous amène la vidéo trouvée sur le web directement à votre téléviseur.
Là où Apple TV vous «streamait» vos vidéos stockées sur iTunes, Google TV prend tout ce qui bouge sur Internet (YouTube, Netflix, VOD, vidéo podcast) et vous le projette à l'écran.
En un mot, il vous donne accès à toute la longue traîne de l'offre audio visuelle sur le réseau.
Les grandes chaînes comme le vulgaire canal de votre neveu dans son sous-sol sur YouTube seront là sur le même écran. Sauf que vous allez peut-être enfin regarder davantage votre neveu (ou d'autres, qui vont fatalement éclore) car vous n'aurez pas à réduire la fenêtre d'Excel pour l'écouter: il sera dans le confort de votre salon, sur votre grand écran.
Google met sur la même scène amateurs et professionnels, c'est-à-dire sur le même pied d'égalité. Ou plutôt dans la même base de données. Car avec Google TV, pas de grille horaire, mais un moteur de recherche qui a fait ses preuves auprès du grand public : «passez moins de temps à chercher, passez plus de temps à regarder» ont-ils dit.
Proposer le web sur le téléviseur n'est pas nouveau. Mais Google possède l'aura de rendre ça «mainstream» par sa légendaire «simplicité».
Plus d'info: 20 minutes, Gizmodo, Korben
Côté technique
La plateforme Google TV est basée sur leur système d'exploitation Android, qui équipe les téléphones intelligents lancés par Google il y a 1 an. Il tourne une version optimisée de Chrome, un navigateur web. Il faut un téléviseur spécial (Sony a déjà annoncé qu'il va en fabriquer) ou un boîtier dédié, tous deux équipés d'une puce Atom d'Intel.
Il sera possible aussi de traduire en temps réel les sous-titres. Une caractéristique qui, pour toute banale qu'elle puisse être, sera à mon avis très appréciée.
Le système possède aussi un accès au Blu-Ray et la fonction d'enregistrement (en cours ou différé).
Les Apps d'Androïd seront disponibles sur la Google TV, ce qui lui donne une longueur d'avance. L'intégration TV/mobile est quelque chose qui me semble tout à fait inexplorée encore. Mais l'accès aux Apps permettra probablement l'émergence d'une série d'innovations qu'il faudra observer de près...
Google annonce que le système, via le mobile, pourrait aussi être activé par la voix (via le mobile Android.
Autre chose. Regarder la télévision web ne veut pas dire se couper des autres outils internet: Twitter sera accessible en tout temps pour «accompagner» vos émissions...
Et pied de nez à Apple: Google TV supportera le Flash d'Adobe.
Plus d'info: Mashable, ReadWriteWeb FR, Abondance
Côté impact
Comme pour le web, Google propose de simplifier l'organisation de l'information: on met tout dans une base de données et on l'interroge. Pas de grille horaire, pas d'arborescence, seulement une boîte de recherche.
Si dans un premier temps, nous allons rechercher les émissions professionnelles auxquelles les grandes chaînes nous ont habitués, on ira probablement rapidement du côté des webtélé, au début pour essayer, puis de plus en plus souvent (parce que la qualité augmentera nécessairement et surtout parce notre réseau social le recommandera). Une véritable aubaine pour «l'industrie» de la webtélé.
Les agrégateurs comme Hulu.com ou Tou.tv seront alors pris en tenaille. Un bras de fer s'engagera avec Google TV pour savoir s'ils laissent entrer le loup dans la bergerie. Pour l'instant les premiers sont en position de force (ils possèdent tout le contenu de qualité télévisuelle disponible).
Mais les producteurs et les diffuseurs, une fois les questions de droits de diffusion tous azimuts réglées, chercheront éventuellement à donner le plus grand éventail de fenêtres pour leur production (on ne produira plus «de la télévision» mais bien du «contenu», or ce contenu peut/doit être vu qu'importe la plateforme). Si Google amasse des audiences records, ce sera difficile pour les diffuseurs et les producteurs de choisir de rester dans des châteaux forts assiégés.
Et finalement, avec l'absence de grille horaire (de toute façon devenue ingérable), la boîte de recherche deviendra aussi ingérable : que choisir, quel mot mot clef prendre, quoi regarder?
Là intervient notre réseau social. Une fois bien entouré, il est possible de vivre en diapason audiovisuel avec ce que ta communauté regarde. Ah! Toujours et encore, le filtre social...
Premièrement, n'espérez pas en voir un avant l'automne 2010 (et aux États-Unis seulement) ou même l'été 2011. Une annonce n'est pas une livraison.
Côté utilisateur
Google TV c'est le web à l'écran. Mais centré autour du célèbre rectangle magique: la boîte de recherche. Recherchez et vous trouverez. Google vous amène la vidéo trouvée sur le web directement à votre téléviseur.
Là où Apple TV vous «streamait» vos vidéos stockées sur iTunes, Google TV prend tout ce qui bouge sur Internet (YouTube, Netflix, VOD, vidéo podcast) et vous le projette à l'écran.
En un mot, il vous donne accès à toute la longue traîne de l'offre audio visuelle sur le réseau.
Les grandes chaînes comme le vulgaire canal de votre neveu dans son sous-sol sur YouTube seront là sur le même écran. Sauf que vous allez peut-être enfin regarder davantage votre neveu (ou d'autres, qui vont fatalement éclore) car vous n'aurez pas à réduire la fenêtre d'Excel pour l'écouter: il sera dans le confort de votre salon, sur votre grand écran.
Google met sur la même scène amateurs et professionnels, c'est-à-dire sur le même pied d'égalité. Ou plutôt dans la même base de données. Car avec Google TV, pas de grille horaire, mais un moteur de recherche qui a fait ses preuves auprès du grand public : «passez moins de temps à chercher, passez plus de temps à regarder» ont-ils dit.
Proposer le web sur le téléviseur n'est pas nouveau. Mais Google possède l'aura de rendre ça «mainstream» par sa légendaire «simplicité».
Plus d'info: 20 minutes, Gizmodo, Korben
Côté technique
La plateforme Google TV est basée sur leur système d'exploitation Android, qui équipe les téléphones intelligents lancés par Google il y a 1 an. Il tourne une version optimisée de Chrome, un navigateur web. Il faut un téléviseur spécial (Sony a déjà annoncé qu'il va en fabriquer) ou un boîtier dédié, tous deux équipés d'une puce Atom d'Intel.
Il sera possible aussi de traduire en temps réel les sous-titres. Une caractéristique qui, pour toute banale qu'elle puisse être, sera à mon avis très appréciée.
Le système possède aussi un accès au Blu-Ray et la fonction d'enregistrement (en cours ou différé).
Les Apps d'Androïd seront disponibles sur la Google TV, ce qui lui donne une longueur d'avance. L'intégration TV/mobile est quelque chose qui me semble tout à fait inexplorée encore. Mais l'accès aux Apps permettra probablement l'émergence d'une série d'innovations qu'il faudra observer de près...
Google annonce que le système, via le mobile, pourrait aussi être activé par la voix (via le mobile Android.
Autre chose. Regarder la télévision web ne veut pas dire se couper des autres outils internet: Twitter sera accessible en tout temps pour «accompagner» vos émissions...
Et pied de nez à Apple: Google TV supportera le Flash d'Adobe.
Plus d'info: Mashable, ReadWriteWeb FR, Abondance
Côté impact
Comme pour le web, Google propose de simplifier l'organisation de l'information: on met tout dans une base de données et on l'interroge. Pas de grille horaire, pas d'arborescence, seulement une boîte de recherche.
Si dans un premier temps, nous allons rechercher les émissions professionnelles auxquelles les grandes chaînes nous ont habitués, on ira probablement rapidement du côté des webtélé, au début pour essayer, puis de plus en plus souvent (parce que la qualité augmentera nécessairement et surtout parce notre réseau social le recommandera). Une véritable aubaine pour «l'industrie» de la webtélé.
Les agrégateurs comme Hulu.com ou Tou.tv seront alors pris en tenaille. Un bras de fer s'engagera avec Google TV pour savoir s'ils laissent entrer le loup dans la bergerie. Pour l'instant les premiers sont en position de force (ils possèdent tout le contenu de qualité télévisuelle disponible).
Mais les producteurs et les diffuseurs, une fois les questions de droits de diffusion tous azimuts réglées, chercheront éventuellement à donner le plus grand éventail de fenêtres pour leur production (on ne produira plus «de la télévision» mais bien du «contenu», or ce contenu peut/doit être vu qu'importe la plateforme). Si Google amasse des audiences records, ce sera difficile pour les diffuseurs et les producteurs de choisir de rester dans des châteaux forts assiégés.
Et finalement, avec l'absence de grille horaire (de toute façon devenue ingérable), la boîte de recherche deviendra aussi ingérable : que choisir, quel mot mot clef prendre, quoi regarder?
Là intervient notre réseau social. Une fois bien entouré, il est possible de vivre en diapason audiovisuel avec ce que ta communauté regarde. Ah! Toujours et encore, le filtre social...
Libellés :
Tele
20 mai 2010
4
TV 2.0 : Sous les RT, la plage horaire?
Nous sommes en 40 après internet; toute la Culture est occupée par le web… Toute ? Non ! Car un village peuplé d'irréductibles Télévisions résiste encore et toujours à l'envahisseur. Et la vie n'est pas facile pour les garnisons de téléphiles cathodiques des camps retranchés de Radio-Canada, France Télévisions, RTBF, RTS, Télé-Québec et TV5…

J'ai eu le privilège de donner une conférence sur la «Télé2.0» qui a servi de point de départ aux Journées de la CTF, la Communauté des Télévisions (publiques) Francophones lundi dernier à Québec.
La télévision, depuis plus d'un demi-siècle, est au centre de la culture populaire partout en Occident. Or, l'arrivée d'Internet dans le paysage audiovisuel change la donne, comme elle l'a fait pour l'industrie de la musique et comme elle le fait pour l'industrie de la presse écrite.
La culture web façonne nos habitudes, crée de nouvelles demandes et bouleverse les acteurs de tout l'écosystème audiovisuel pour mettre en place un nouveau terrain de jeu dont il faut apprendre les nouvelles règles.
Comment faire de la télévision en 2010 avec une atomisation de l'attention et une audience mutante qui multiplie les tâches et les écrans et qui crée elle-même une longue traîne de contenu inédit qu'elle consomme distraitement, mais massivement?
Le filtre social est devenu le nouveau syntonisateur de contenu.
La surabondance des canaux ne peut que renforcer l'agrégation et le filtrage a posteriori.
Comment faire, effectivement, pour savoir ce qui est bon et souhaitable d'écouter? Quand notre réseau laisse percoler la qualité, distillé par de multiples «retweets» et de «FaceBook j'aime», elle nous indique, comme un guide horaire social, ce qui «fait sens» dans notre communauté.
Oui, on vit la fin de l'hégémonie de la télévision comme puissant vecteur de la culture populaire et de la culture démocratique.
Sous les RT, la plage horaire?
La «web télé sociale», c'est la rencontre du «temps réel» et du direct. C'est le capital social comme pôle magnétique (comme «aimant à pupilles»).
La télé comprend que l'affranchissement de ses téléspectateurs, devenu «utilisateurs» sous les coups répétés des têtes de béliers du multimédia, passe par un transfert de pouvoir. Car ce n’est pas une question de savoir si Internet va modifier la télévision. C’est plutôt comment et à quelle vitesse.
Le contenu généré par les utilisateurs? Les utilisateurs «perdent» leur temps à écouter ces contenus? Non, ils «occupent» leur temps à produire ces contenus. C'est la «télé à moments perdus», cette télé nomade qui occupe les trous dans notre horaire, sur la route, ou entre deux appels. Une opportunité pour la télé si elle sait lâcher une partie de son contrôle. Mais ce n'est pas nécessairement leur rôle ni l'avenir.
Le temps cerveau? «Nos émissions ont pour vocation (...) de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages» Patrick Le Lay, PDG de TF1 (2004). Oui. Mais pas entre deux messages. Entre deux activités. Un défi pour la télé car si on ne peut concurrencer directement Youtube, le terrain de combat est le même : le temps cerveau. Le temps tout court.
La nouvelle barrière est la capacité limitée de réception. Ce n'est pas une barrière technique, mais bien humaine. Le filtrage social est devenu une stratégie essentielle pour se retrouver dans la surabondance de contenu.
Voir au loin
Télévision veut dire «voir au loin». Alors quand elle regarde devant, que voit la télé?
Que l'heure de pointe est perpétuelle et distribuée à travers la société et toute la journée. Que ce qui se joue se passe dans les interstices de sa pratique.
Alors, elle regarde sur ses côtés: elle voit les nouveaux joueurs. Des amateurs qui font que YouTube, 5 ans après son ouverture, a 2 milliards de visionnements par jour. Des industriels qui refont la télévision: Google, Intel et Sony proposent Google TV [MàJ: lancement annoncé aujourd'hui pour l'automne 2010]qui vous apportera le web dans votre salon.
Elle se regarde de l'intérieur et voit sa culture institutionnelle qui l'alourdit, ses chaînes de droits qui le ralentit, sa complexité qui le handicape. Face à ce mutant multiforme qu'est le web, où la notion même d'auteur, de scénario, de production est complètement redéfinie, sinon absente, elle voit son poids devenir un frein à l'innovation, alors que la seconde d'avant, c'était son avantage...
Elle regarde surtout dans son angle mort -- à ce jeu, sur l'autoroute de l'information comme dans la vraie vie, on sait que la survie c'est d'être vu. Être vu ou périr.
J'ai eu le privilège de donner une conférence sur la «Télé2.0» qui a servi de point de départ aux Journées de la CTF, la Communauté des Télévisions (publiques) Francophones lundi dernier à Québec.
La télévision, depuis plus d'un demi-siècle, est au centre de la culture populaire partout en Occident. Or, l'arrivée d'Internet dans le paysage audiovisuel change la donne, comme elle l'a fait pour l'industrie de la musique et comme elle le fait pour l'industrie de la presse écrite.
La culture web façonne nos habitudes, crée de nouvelles demandes et bouleverse les acteurs de tout l'écosystème audiovisuel pour mettre en place un nouveau terrain de jeu dont il faut apprendre les nouvelles règles.
Comment faire de la télévision en 2010 avec une atomisation de l'attention et une audience mutante qui multiplie les tâches et les écrans et qui crée elle-même une longue traîne de contenu inédit qu'elle consomme distraitement, mais massivement?
Le filtre social est devenu le nouveau syntonisateur de contenu.
La surabondance des canaux ne peut que renforcer l'agrégation et le filtrage a posteriori.
Comment faire, effectivement, pour savoir ce qui est bon et souhaitable d'écouter? Quand notre réseau laisse percoler la qualité, distillé par de multiples «retweets» et de «FaceBook j'aime», elle nous indique, comme un guide horaire social, ce qui «fait sens» dans notre communauté.
Oui, on vit la fin de l'hégémonie de la télévision comme puissant vecteur de la culture populaire et de la culture démocratique.
Sous les RT, la plage horaire?
La «web télé sociale», c'est la rencontre du «temps réel» et du direct. C'est le capital social comme pôle magnétique (comme «aimant à pupilles»).
La télé comprend que l'affranchissement de ses téléspectateurs, devenu «utilisateurs» sous les coups répétés des têtes de béliers du multimédia, passe par un transfert de pouvoir. Car ce n’est pas une question de savoir si Internet va modifier la télévision. C’est plutôt comment et à quelle vitesse.
Le contenu généré par les utilisateurs? Les utilisateurs «perdent» leur temps à écouter ces contenus? Non, ils «occupent» leur temps à produire ces contenus. C'est la «télé à moments perdus», cette télé nomade qui occupe les trous dans notre horaire, sur la route, ou entre deux appels. Une opportunité pour la télé si elle sait lâcher une partie de son contrôle. Mais ce n'est pas nécessairement leur rôle ni l'avenir.
Le temps cerveau? «Nos émissions ont pour vocation (...) de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages» Patrick Le Lay, PDG de TF1 (2004). Oui. Mais pas entre deux messages. Entre deux activités. Un défi pour la télé car si on ne peut concurrencer directement Youtube, le terrain de combat est le même : le temps cerveau. Le temps tout court.
La nouvelle barrière est la capacité limitée de réception. Ce n'est pas une barrière technique, mais bien humaine. Le filtrage social est devenu une stratégie essentielle pour se retrouver dans la surabondance de contenu.
Voir au loin
Télévision veut dire «voir au loin». Alors quand elle regarde devant, que voit la télé?
Que l'heure de pointe est perpétuelle et distribuée à travers la société et toute la journée. Que ce qui se joue se passe dans les interstices de sa pratique.
Alors, elle regarde sur ses côtés: elle voit les nouveaux joueurs. Des amateurs qui font que YouTube, 5 ans après son ouverture, a 2 milliards de visionnements par jour. Des industriels qui refont la télévision: Google, Intel et Sony proposent Google TV [MàJ: lancement annoncé aujourd'hui pour l'automne 2010]qui vous apportera le web dans votre salon.
Elle se regarde de l'intérieur et voit sa culture institutionnelle qui l'alourdit, ses chaînes de droits qui le ralentit, sa complexité qui le handicape. Face à ce mutant multiforme qu'est le web, où la notion même d'auteur, de scénario, de production est complètement redéfinie, sinon absente, elle voit son poids devenir un frein à l'innovation, alors que la seconde d'avant, c'était son avantage...
Elle regarde surtout dans son angle mort -- à ce jeu, sur l'autoroute de l'information comme dans la vraie vie, on sait que la survie c'est d'être vu. Être vu ou périr.
Libellés :
Culture,
Reseaux_Sociaux,
Tele,
Tendance
07 février 2010
0
Fonds TV5 pour la création numérique 2010
Le Fonds TV5 accorde des financements aux créateurs canadiens (18 à 35 ans) pour la production de séries originales de cinq capsules de 1 à 4 minutes chacune.
Les créateurs sont invités à déposer une proposition avant le 1er mars pour un maximum de 15 000 $ pour la production de chaque série. Il est fortement suggéré de faire parvenir un courriel d’intérêt avant le lundi 22 février prochain.
Les objectifs du Fonds TV5 sont :
Les créateurs sont invités à déposer une proposition avant le 1er mars pour un maximum de 15 000 $ pour la production de chaque série. Il est fortement suggéré de faire parvenir un courriel d’intérêt avant le lundi 22 février prochain.
Les objectifs du Fonds TV5 sont :
- Encourager directement les créateurs canadiens de la relève en vidéo et nouvelles technologies
- Participer à la recherche et au développement de nouvelles techniques de création vidéo
- Contribuer à faire rayonner la production canadienne francophone partout au pays et à travers le monde
- Rejoindre de nouveaux auditoires en offrant des contenus originaux et mieux adaptés aux habitudes émergentes de consommation média
Libellés :
Tele
02 février 2010
0
Comment promouvoir un film avec le web et les médias sociaux
Comment promouvoir un film avec le web et les médias sociaux? Je réponds en live et en public avec Sacha Declosmesnil, mardi prochain 9 février 2010, 17h00-19h30
Carte blanche Multiplateforme : Réseaux sociaux, consultations en direct.
Carte blanche à deux spécialistes en stratégie web & réseaux sociaux : Martin Lessard, Sacha Declomesnil.
La 4e Carte blanche est entre vos mains ! Nous vous invitons à proposer des cas pratiques jusqu’au 20 janvier (une réalisation ou un thème). Les consultants choisiront 6 cas et les travailleront avant la rencontre. Le fruit de leur recherche sera livré pendant l’atelier... C’est ce qui s’appelle une consultation en direct !
L’INIS, FCTNM et le RPM, se sont associés pour proposer cette série d’ateliers pratiques et interactifs reliée aux nouvelles plateformes. Des personnalités de terrain sont invitées à partager leurs expériences et communiquer leur savoir-faire. Les 6 thèmes définis par les organisateurs permettront de couvrir les questions clés relatives à la convergence : de la création de contenu à la mise en marché.
- Une initiative soutenue par Téléfilm Canada, le Fonds Bell, Astral Media, CTVM, Le lien multimedia
Lieu : Salle de visionnement – Edifice Astral Media – 2100 Sainte-Catherine Ouest – 2e étage – métro : Atwater
Prix pour les membres INIS, FCTNM, RPM : 20$ - Non membres : 30$ Pass 6 conférences : 100$ pour les membres, 150$ pour les non-membres Participation limitée à 50 personnes Chaque atelier est précédé d’un cocktail de réseautage.
Lien.
Libellés :
Reseaux_Sociaux,
Tele,
webTV
12 février 2009
0
Television sur internet
"Peut-elle être assujettie aux mêmes règles que la télévision traditionnelle?"
Au Canada le débat est miné.
Le paysage audiovisuel canadien, lourdement subventionné, miné de toutes parts par des conventions corporatives, bâti sur une schizophrénique prémisse autistique (il existerait une culture canadienne, qui est en fait double et transparente l'une à l'autre, basée pour l'une sur une volonté de se différencier de son voisin américain et sur l'autre de se reconnaître dans une mer anglophone), ce paysage est une construction artificielle complètement réglementée.
Internet est tout son contraire.
Que veut dire alors la "télévision sur internet" au Canada? Quand le CRTC, un "organisme public indépendant chargé de réglementer et de superviser la radiodiffusion et les télécommunications" fait des audiences sur le sujet, c'est comme donner un coup de pied dans un ruche d'abeilles.
On pourrait résumer l'enjeu de cette façon:
Si internet offre une "concurrence déloyale" aux radiodiffuseurs, alors :
- soit internet doit aussi être réglementé,
- soit les radiodiffuseurs doivent être déréglementés.
Les logiques implacables en jeu sont alors les suivantes :
- Les associations d'artistes sont dans la position intenable de demander de réglementer internet (du moins, de prouver les "effets pervers de l’Internet sur la profession de leurs membres" (voir le billet de Yannick sur la lettre sans équivoque de l'association des réalisateurs régionale), moitié par ignorance, moitié par intérêt vital.
- Les regroupements de télédiffuseurs devront défendre l'évidence : pour avoir une déréglementation dans leur secteur, ils laisseront Internet non réglementé au risque de perdre de l'argent en se phagocytant (déplacer leur clientèle payante vers un canal "gratuit"), mais en gagnant les coudées franches pour pouvoir engranger seul les profits.
- Les télécoms, via leurs fournisseurs d'accès internet, seront poussées par leur actionnariat à réclamer l'arrêt de la neutralité du net --même si ça veut dire tuer le net. (voir le billet de Michael Geist sur l'importance des audiences sur la neutralité du réseau)
- Et le géant du web, Google, doit absolument défendre la neutralité du net pour la simple et bonne raison que le chaos régnant sur le réseau rend son service de recherche incontournable.
Les audiences publiques commencent la semaine prochaine.
Plus d'info:
CRTC - Avis de consultation et d'audience La radiodiffusion canadienne par les nouveaux médias
Les affaires - Le CRTC sommé de réglementer les nouveaux médias
Autres articles sur CRTC sur Zéro Seconde
Le paysage audiovisuel canadien, lourdement subventionné, miné de toutes parts par des conventions corporatives, bâti sur une schizophrénique prémisse autistique (il existerait une culture canadienne, qui est en fait double et transparente l'une à l'autre, basée pour l'une sur une volonté de se différencier de son voisin américain et sur l'autre de se reconnaître dans une mer anglophone), ce paysage est une construction artificielle complètement réglementée.
Internet est tout son contraire.
Que veut dire alors la "télévision sur internet" au Canada? Quand le CRTC, un "organisme public indépendant chargé de réglementer et de superviser la radiodiffusion et les télécommunications" fait des audiences sur le sujet, c'est comme donner un coup de pied dans un ruche d'abeilles.
On pourrait résumer l'enjeu de cette façon:
Si internet offre une "concurrence déloyale" aux radiodiffuseurs, alors :
- soit internet doit aussi être réglementé,
- soit les radiodiffuseurs doivent être déréglementés.
Les logiques implacables en jeu sont alors les suivantes :
- Les associations d'artistes sont dans la position intenable de demander de réglementer internet (du moins, de prouver les "effets pervers de l’Internet sur la profession de leurs membres" (voir le billet de Yannick sur la lettre sans équivoque de l'association des réalisateurs régionale), moitié par ignorance, moitié par intérêt vital.
- Les regroupements de télédiffuseurs devront défendre l'évidence : pour avoir une déréglementation dans leur secteur, ils laisseront Internet non réglementé au risque de perdre de l'argent en se phagocytant (déplacer leur clientèle payante vers un canal "gratuit"), mais en gagnant les coudées franches pour pouvoir engranger seul les profits.
- Les télécoms, via leurs fournisseurs d'accès internet, seront poussées par leur actionnariat à réclamer l'arrêt de la neutralité du net --même si ça veut dire tuer le net. (voir le billet de Michael Geist sur l'importance des audiences sur la neutralité du réseau)
- Et le géant du web, Google, doit absolument défendre la neutralité du net pour la simple et bonne raison que le chaos régnant sur le réseau rend son service de recherche incontournable.
Les audiences publiques commencent la semaine prochaine.
Plus d'info:
CRTC - Avis de consultation et d'audience La radiodiffusion canadienne par les nouveaux médias
Les affaires - Le CRTC sommé de réglementer les nouveaux médias
Autres articles sur CRTC sur Zéro Seconde
07 février 2009
4
TV5 : un reportage sur la webTV
La semaine dernière, une émission sur TV5 abordait la Webtélé. L'équipe de l'émission québécoise Club Social est venue m'interviewer sur le phénomène.
Ceux qui sont intrigués par le phénomène pourront aussi y voir quelques interviews de certains acteurs de la scène WebTV au Québec et leurs motivations.
Notez au passage la "parodie" que l'équipe télé faite de la webTV: ils simulent une émission web improvisée, mal cadrée, brouillonne et inintéressante. Exactement le contraire de ce qui se fait actuellement sur le marché.
L'émission est ici, MAJ : "Le lien de TV5 n'est plus disponible en consultation") et pour accéder au passage sur la webtélé (environ 10-15 minutes) allez à 25:00 (vous devrez attendre que le vidéo se télécharge pour pouvoir accélérer jusqu'au passage). Ne perdez pas le lien pcq il est quasiment impossible de le retrouver à partir de la page de l'émission...
Ceux qui sont intrigués par le phénomène pourront aussi y voir quelques interviews de certains acteurs de la scène WebTV au Québec et leurs motivations.
Notez au passage la "parodie" que l'équipe télé faite de la webTV: ils simulent une émission web improvisée, mal cadrée, brouillonne et inintéressante. Exactement le contraire de ce qui se fait actuellement sur le marché.
L'émission est ici, MAJ : "Le lien de TV5 n'est plus disponible en consultation") et pour accéder au passage sur la webtélé (environ 10-15 minutes) allez à 25:00 (vous devrez attendre que le vidéo se télécharge pour pouvoir accélérer jusqu'au passage). Ne perdez pas le lien pcq il est quasiment impossible de le retrouver à partir de la page de l'émission...
21 janvier 2009
8
TV en direct + FaceBook = TV Sociale
L'offre en ligne pour suivre "live" un événement s'est grandement développée. L'association CNN & FaceBook qui a présenté l'investiture du président Obama hier démontre ce que pourrait être la télé en direct dans un future très proche.
Tout en suivant live l'investiture, on pouvait, sur la même page, "chatter" live avec sa communauté Facebook grâce au partenariat CNN Live et FaceBook Connect.

Statistiques
De Inside FaceBook (via Mario)
• 1,000,000 de personnes ont mis à jour leur statut facebook via l'application sur CNN.com Live Facebook
• 4,000 mises à jour par minute en moyenne durant tout l'événement
• 8,500 mises à jour du statut Facebook durant la première minute du discours d'Obama
• 25 millions de live video streams Via Beet.TV
• Autres statistiques sur NeeTeeVee.
Facebook tire ainsi le tapis sous les pieds de Twitter
FaceBook avait redonné un regain à Twitter en montrant l'utilité du "status", qui est en fait du micro-bloggage. Pourquoi s'embarrasser de tout l'appareil Facebook quand seulement le "status" suffit pour devenir un "média"?
L'idée géniale de CNN et FB a montré toute la puissance de la communauté de Facebook : suivre l'événement est une chose. La suivre en commentant en ligne en est une autre. La suivre avec sa communauté est tout à fait galvanisant.
Twitter n'a pas perdu la partie pour autant. Il reste un puissant outil de "breaking news", de scoops, du "peer to peer news". Mais ici si on veut regarder ensemble un événement, FaceBook + la télé est le nouvel endroit...
La télé sociale
Je ne crois pas que Twitter (ou autre outil de clavardage ou de forum) aurait offert le même degré de confort social: c'est comme aller écouter un événement sur un grand écran dans un bar ou un café, à la différence, dans le cas de CNN+FB, c'est que dans la salle ne se trouvent que des gens que vous connaissez. Les cris seront les mêmes ("Go Obama Go!") que dans une salle remplie d'inconnus, mais lancés ici par votre réseau personnel centré autour de vous.
Comme Facebook a réussi à paraître plus "personnel" (il n'y a pas d'anonymat sur Facebook), le côté "public" de Twitter semble tout à coup moins approprié... (voir en passant l'analyse d'ExVisu de Twitter sur les données linguistiques entourant Obama).
Une nouvelle audience
Comme l'investiture avait lieu en milieu de journée pour les Américains, les employés au travail ont pu se tourner en masse vers les sites web pour accéder à la diffusion en direct.
CNN a tapé dans le mille en attirant sûrement une grande audience qui avait déserté le petit écran. Les "numériques" ont redécouvert un nouvel usage de cette "télévision" qu'ils trouvaient peut-être trop traditionnelle, unidirectionnelle, dépersonnalisée.
Il ne faut pas sous-estimer ce type d'expérience: quand le réseau sera autant fiable que les ondes, il y a fort à parier qu’« accéder à la télévision» se fera par Internet pour ce type d'événements : on ne veut plus être tout seul devant l'écran.
Autres liens
Si vous avez manqué le discours d'Obama, c'est ici pour la video et ici pour le texte anglais (et ici pour des extraits en français)
Et vous pouvez voir toute la scène en 3D avec PhotoSynth (MS SilverLight 2.0 nécessaire) (via Journal du Geek)
Autres réflexions sur la télé et le web sur Zéro Seconde
Les réseaux sociaux comme extension de la culture de masse
::Où je tire un peu les oreilles de Radio-Canada et explique pourquoi les réseaux sociaux poursuivent une lointaine guerre entre culture d'élite et culture populaire.
Pré-diffusion TV
::Lancer sa saison sur le web avant de la lancer à la télé?
TV et le web : faites court
::Les gens peuvent passer jusqu'à 40 minutes sur YouTube, mais ils le font à coup de clips de deux minutes.
Métamorphoses de la télé
Les grandes mutations qui affectent l'industrie de la télédiffusion créent une fenêtre de nouvelles opportunités pour expérimenter et tester les nouveaux médias.
Pour ou contre Facebook?
Il est trop facile d'en faire un combat "vie réelle" versus "vie virtuelle", la dichotomie fondamentale est plutôt "en ligne/hors-ligne".
Tout en suivant live l'investiture, on pouvait, sur la même page, "chatter" live avec sa communauté Facebook grâce au partenariat CNN Live et FaceBook Connect.
Statistiques
De Inside FaceBook (via Mario)
• 1,000,000 de personnes ont mis à jour leur statut facebook via l'application sur CNN.com Live Facebook
• 4,000 mises à jour par minute en moyenne durant tout l'événement
• 8,500 mises à jour du statut Facebook durant la première minute du discours d'Obama
• 25 millions de live video streams Via Beet.TV
• Autres statistiques sur NeeTeeVee.
Facebook tire ainsi le tapis sous les pieds de Twitter
FaceBook avait redonné un regain à Twitter en montrant l'utilité du "status", qui est en fait du micro-bloggage. Pourquoi s'embarrasser de tout l'appareil Facebook quand seulement le "status" suffit pour devenir un "média"?
L'idée géniale de CNN et FB a montré toute la puissance de la communauté de Facebook : suivre l'événement est une chose. La suivre en commentant en ligne en est une autre. La suivre avec sa communauté est tout à fait galvanisant.
Twitter n'a pas perdu la partie pour autant. Il reste un puissant outil de "breaking news", de scoops, du "peer to peer news". Mais ici si on veut regarder ensemble un événement, FaceBook + la télé est le nouvel endroit...
La télé sociale
Je ne crois pas que Twitter (ou autre outil de clavardage ou de forum) aurait offert le même degré de confort social: c'est comme aller écouter un événement sur un grand écran dans un bar ou un café, à la différence, dans le cas de CNN+FB, c'est que dans la salle ne se trouvent que des gens que vous connaissez. Les cris seront les mêmes ("Go Obama Go!") que dans une salle remplie d'inconnus, mais lancés ici par votre réseau personnel centré autour de vous.
Comme Facebook a réussi à paraître plus "personnel" (il n'y a pas d'anonymat sur Facebook), le côté "public" de Twitter semble tout à coup moins approprié... (voir en passant l'analyse d'ExVisu de Twitter sur les données linguistiques entourant Obama).
Une nouvelle audience
Comme l'investiture avait lieu en milieu de journée pour les Américains, les employés au travail ont pu se tourner en masse vers les sites web pour accéder à la diffusion en direct.
CNN a tapé dans le mille en attirant sûrement une grande audience qui avait déserté le petit écran. Les "numériques" ont redécouvert un nouvel usage de cette "télévision" qu'ils trouvaient peut-être trop traditionnelle, unidirectionnelle, dépersonnalisée.
Il ne faut pas sous-estimer ce type d'expérience: quand le réseau sera autant fiable que les ondes, il y a fort à parier qu’« accéder à la télévision» se fera par Internet pour ce type d'événements : on ne veut plus être tout seul devant l'écran.
Autres liens
Si vous avez manqué le discours d'Obama, c'est ici pour la video et ici pour le texte anglais (et ici pour des extraits en français)
Et vous pouvez voir toute la scène en 3D avec PhotoSynth (MS SilverLight 2.0 nécessaire) (via Journal du Geek)
Autres réflexions sur la télé et le web sur Zéro Seconde
Les réseaux sociaux comme extension de la culture de masse
::Où je tire un peu les oreilles de Radio-Canada et explique pourquoi les réseaux sociaux poursuivent une lointaine guerre entre culture d'élite et culture populaire.
Pré-diffusion TV
::Lancer sa saison sur le web avant de la lancer à la télé?
TV et le web : faites court
::Les gens peuvent passer jusqu'à 40 minutes sur YouTube, mais ils le font à coup de clips de deux minutes.
Métamorphoses de la télé
Les grandes mutations qui affectent l'industrie de la télédiffusion créent une fenêtre de nouvelles opportunités pour expérimenter et tester les nouveaux médias.
Pour ou contre Facebook?
Il est trop facile d'en faire un combat "vie réelle" versus "vie virtuelle", la dichotomie fondamentale est plutôt "en ligne/hors-ligne".
Libellés :
Facebook,
Outils web,
Reseaux_Sociaux,
Societe,
Tele,
Tendance,
Twitter,
Viral,
Web 2.0,
webTV
21 octobre 2008
2
Quel écran bouffe l'autre?
Le CRTC invite de nouveau le public à soumettre leurs observations sur la radiodiffusion au sein des nouveaux médias. Cette consultation précède l'audience publique qui débutera le 17 février 2009. (via Ariane Krol)
En mai dernier, le Conseil a lancé un autre Avis de consultation afin de limiter la portée des questions pouvant être examinées dont j'avais fait l'écho ici: Le CRTC doit-il inclure Internet? Depuis, le CRTC a rendu 2 documents à ce propos.
Dans la foulée de cette consultation, le CRTC souhaite maintenant recevoir des observations relatives à certaines questions précises, entre autres celles-ci :
- la définition de la radiodiffusion au sein des nouveaux médias
- l'importance de la radiodiffusion au sein des nouveaux médias et son incidence sur le système traditionnel de radiodiffusion
- les mesures de nature incitative ou réglementaire afin de favoriser la création et la promotion du contenu canadien de radiodiffusion au sein des nouveaux médias
16 septembre 2008
3
Pré-diffusion TV
Lancer sa saison sur le web avant de la lancer à la télé? "Mange ta ville" le magazine d'Artv propose sa quatrième saison en exclusivité sur Internet cet automne.
Paul Cauchon, dans le Devoir de ce matin, rapporte que l'émission Mange ta ville "entreprendra sa quatrième saison exclusivement sur Internet à la mi-octobre".
On y apprend que dix émissions hebdo seront lancés d'ici janvier, date où les trois derniers seront lancés simultanément à la télé et sur le web. Le reste de la saison télé sera composé de reprise des 10 émissions lancés précédemment sur Internet.
Étonnant?
Pas vraiment. Leur site web fait grand place aux réseaux sociaux. La série est déjà financée. Qu'ont-ils à perdre?
Franchement, c'est une bonne décision. L'émission est bonne, le contenu aussi, mais elle est diffusée sur un canal peu regardé (Artv). Le pari, à ce qu'il me semble, consiste à offrir l'accès au plus grand nombre, et provoquer un bouche à oreille qui entraînera probablement une plus grande cote d'écoute à la télé.
Crainte?
Que ceux qui craignent la dilution de l'auditoire (la télé vit dans l'insécurité permanente de la péremption accélérée de son contenu) ne s'en fassent pas.
Il est plus probable que ceux qui s'efforceront de regarder l'émission sur le web provoquent davantage de bruit autour de l'émission auprès de leur entourage que n'importe quelle publicité dont ils n'ont d'ailleurs sûrement pas le budget.
À la télé, l'auditoire aime le rendez-vous. Sur le web, l'usager butine à son gré. Ce n'est pas le même monde.
En élargissant leur bassin, l'émission peut espérer attirer du monde comme elle n'aurait pas pu le faire autrement. À suivre.
On y apprend que dix émissions hebdo seront lancés d'ici janvier, date où les trois derniers seront lancés simultanément à la télé et sur le web. Le reste de la saison télé sera composé de reprise des 10 émissions lancés précédemment sur Internet.
Étonnant?
Pas vraiment. Leur site web fait grand place aux réseaux sociaux. La série est déjà financée. Qu'ont-ils à perdre?
Franchement, c'est une bonne décision. L'émission est bonne, le contenu aussi, mais elle est diffusée sur un canal peu regardé (Artv). Le pari, à ce qu'il me semble, consiste à offrir l'accès au plus grand nombre, et provoquer un bouche à oreille qui entraînera probablement une plus grande cote d'écoute à la télé.
Crainte?
Que ceux qui craignent la dilution de l'auditoire (la télé vit dans l'insécurité permanente de la péremption accélérée de son contenu) ne s'en fassent pas.
Il est plus probable que ceux qui s'efforceront de regarder l'émission sur le web provoquent davantage de bruit autour de l'émission auprès de leur entourage que n'importe quelle publicité dont ils n'ont d'ailleurs sûrement pas le budget.
À la télé, l'auditoire aime le rendez-vous. Sur le web, l'usager butine à son gré. Ce n'est pas le même monde.
En élargissant leur bassin, l'émission peut espérer attirer du monde comme elle n'aurait pas pu le faire autrement. À suivre.
15 septembre 2008
0
Prix Gémeaux : gagnants Internet et nouveaux médias
C'était la soirée des Prix Gémeaux hier, destiné aux émissions de télévision. Pour la première fois, une catégorie Internet et nouveaux médias a été ajoutée. Voici les gagnants:
Un signe que la création audiovisuelle linéaire ne s'arrête pas à la petite boîte télévisuelle. Et que le web entre comme complément artistique dans la chaîne de création du contenu audiovisuel.
Mes préférés? Montréal en 12 lieux, pour la beauté et l'élégance artistique hors du commun. Et Têtes à claques pour la qualité du contenu et la force du modèle d'affaires que tous doivent prendre comme exemple.
CATÉGORIE « INTERNET ET NOUVEAUX MÉDIAS »
Source: www.academy.ca/gemeaux/23eGMX/Gem08Gagnants.pdf p.7
Meilleur site Web pour une émission ou série : dramatique, humour, variétés ou animation
• SE DONNER LE MOT (www.sedonnerlemot.tv) - Benoit Beaudoin, Jean-Yves De Banville, Jean Huppé (ECP Nouveaux Médias : site Web; Groupe ECP : émission)
Meilleur site Web pour une émission ou série : affaires publiques, documentaire, magazine ou sport
• MONTRÉAL EN 12 LIEUX (mtl12.com) - Philippe Lamarre, Vianney Tremblay (Toxa : site Web;Toxa/Cirrus Communications : émission)
Meilleur site Web pour une émission ou série : jeunesse
• TOC TOC TOC (www.toctoctoc.tv) - Carmen Bourassa, Lucie Veillet (Téléfiction Productions : émission et site Web)
Meilleure émission ou série originale développée pour les nouveaux médias
• LES TÊTES À CLAQUES (www.tetesaclaques.tv) - Michel Beaudet (Salambo Productions)
Un signe que la création audiovisuelle linéaire ne s'arrête pas à la petite boîte télévisuelle. Et que le web entre comme complément artistique dans la chaîne de création du contenu audiovisuel.
11 août 2008
4
La poutre dans la caméra des médias
Si on suit l'actualité médiatique entourant les Jeux olympiques, on ne peut qu'être étonné par les médias occidentaux qui ne cessent de rapporter les faits divers du pays hôte. Pollution atmosphérique similaire au bercail, manifestation isolée pour le Tibet, menaces terroristes lointaines. Les médias ne se rendent pas compte qu'ils sont en train de filmer ce qu'ils ont provoqué.
Le 8 août 2008 n'a pas marqué le début des Jeux olympiques de Pékin, mais bien la célébration de l'arrivée de la Chine dans le concert des nations.
Notez que je dis bien célébration. Car la Chine n'a pas attendu cette date pour entrer dans le concert des nations. Remarquez aussi qu'elle aurait pu aussi bien ne pas nous inviter.
"Ce n'est pas sans raison que la Chine ancienne était qualifiée d'empire du Milieu" nous rappelle Gil Courtemanche, "Politiquement, la Chine fut et est parfaitement imperméable. La Chine se fout du monde entier, elle ne cherche ni l'approbation ni la compréhension. La Chine est l'empire du Milieu, elle est souveraine et supérieure, immuable et éternelle."
Médias, microscopes sur le monde
Il est parfaitement risible, indécent ou mal poli de la part de tous ceux qui espèrent manifester (ou rapporter une manifestation) sur les droits de l'Homme, le Tibet ou la censure en Chine durant les Jeux olympiques.
Les Chinois ne sont pas des Biafrais de l'information. Ils sont parfaitement au courant de ce qui se passe dans le monde et ont accès aux mêmes informations que nous. (Ou presque... Le gouvernement central et autoritaire ayant encore la fâcheuse manie d'empêcher les gens de penser par eux-mêmes; mais ce n'est en rien un frein pour les Chinois).
L'info est-elle l'omega 3 de l'esprit?
Comprenez. L'accès à l'information en Occident n'empêche pas les populations occidentales de penser que Saddam Hussein avait des "armes des destructions massives" (pour les Américains), que la guerre d'Algérie n'était pas une guerre coloniale avec des crimes ignobles (pour les Français) ou que le gouvernement central a les intérêts du Québec à coeur (pour le Québécois - on a les défis que l'on mérite).
Quand je vois que les médias montent en épingle la manifestation de deux-trois étudiants portant un drapeau tibétain à Pékin, on frôle la désinformation. Ces manifestations d'Occidentaux en pays chinois ne sont que des artefacts de la présence des médias occidentaux.
En Chine, ils sont 1,3 milliard. C'est comme filmer un bouchon de liège dans l'océan et dire que cet "événement" est significatif pour boucher le fond de l'eau.
L'ère de l'interprétation
Les médias, pour bien faire leur travail, ne devraient pas transmettre les faits divers inéluctables dans ce genre de situation. Oui les droits de l'Homme sont bafoués, oui le Tibet est occupé, oui la pollution est alarmante. Mais nous ne sommes plus à l'ère où l'information ne se rend pas à destination. Nous sommes à l'ère de l'interprétation.
Tant qu'à être en Chine, que les médias cessent de parler du smog ou de chercher la prochaine micro-manifestation de long-nez pour dénigrer le pays hôte. Qu'ils interviewent les vrais habitants chinois pour qu'ils nous parlent de leur "réalité":
"J'ai vu à la télé des chômeurs chinois qui remerciaient le gouvernement d'avoir abaissé le taux de pollution à Beijing. Ils sont chômeurs parce que leur usine a été fermée pour que la pollution baisse. Cent mille ou deux cent mille personnes ont été déplacées pour que soient érigés le stade et la piscine olympiques. Les déplacés disent que leur éviction va contribuer à la grandeur de la Chine." (G. Courtemanche)
Que les Chinois nous partagent leur vision du monde, aussi déformée soit-elle, et on pourra enfin comprendre ce qui se passe dans leur tête.
On verra que le fossé qui nous sépare ne sera pas comblé à coup d'accès aux vrais Google Images de la place Tian An Men.
Internet des têtes
On verra qu'ils ne sont pas sur le même Internet que nous, non pas parce qu'il y a des pare-feux censureurs de Cisco, un Google tronqué ou un Yahoo Email qui dénoncent ses membres, mais bien parce que leur algorithme culturel et mental, après des siècles de dictatures impériales célestes et des décennies de celle maoïste ne trient pas de la même façon que nous les informations.
Il faut avoir vu le spectacle de l'ouverture des Jeux pour comprendre que la grandeur de la Chine passe par la coordination incommensurable de chaque individu pour un but supérieur, qui dépasse les simples "détails" comme la pollution, le Tibet ou le droit de l'Homme. Elle cherche à retrouver la face.
Et nos médias ne nous montrent que les petits boutons que leur présence a provoqués.
Un monde, un rêve.
Je reprends une conclusion de Marie-Cristine Beuth et la fais mienne:
1. Les Chinois prennent la parole plus souvent que certains portraits d'un monde manichéen laisseraient croire.
2. Ils cultivent un vrai goût pour la manière chinoise de faire.
À nous de comprendre, d'échanger, de convaincre. Sinon, de toute façon, la Chine éternelle n'a pas besoin de nous...
---
Pour un regard non standardisé sur la Chine, lisez ces blogues:
Everybody say hi Brice ! (Fr) Découvrez la Chine autrement
China Web2.0 Review (En) Next Generation Web in China
Un oeil sur la Chine (Fr) Gille Sabré, photographe
SexyBeijing,tv (En / Ch) Vidéo et blog, en direct de la Chine
---
Notez que je dis bien célébration. Car la Chine n'a pas attendu cette date pour entrer dans le concert des nations. Remarquez aussi qu'elle aurait pu aussi bien ne pas nous inviter.
"Ce n'est pas sans raison que la Chine ancienne était qualifiée d'empire du Milieu" nous rappelle Gil Courtemanche, "Politiquement, la Chine fut et est parfaitement imperméable. La Chine se fout du monde entier, elle ne cherche ni l'approbation ni la compréhension. La Chine est l'empire du Milieu, elle est souveraine et supérieure, immuable et éternelle."
Médias, microscopes sur le monde
Il est parfaitement risible, indécent ou mal poli de la part de tous ceux qui espèrent manifester (ou rapporter une manifestation) sur les droits de l'Homme, le Tibet ou la censure en Chine durant les Jeux olympiques.
Les Chinois ne sont pas des Biafrais de l'information. Ils sont parfaitement au courant de ce qui se passe dans le monde et ont accès aux mêmes informations que nous. (Ou presque... Le gouvernement central et autoritaire ayant encore la fâcheuse manie d'empêcher les gens de penser par eux-mêmes; mais ce n'est en rien un frein pour les Chinois).
L'info est-elle l'omega 3 de l'esprit?
Comprenez. L'accès à l'information en Occident n'empêche pas les populations occidentales de penser que Saddam Hussein avait des "armes des destructions massives" (pour les Américains), que la guerre d'Algérie n'était pas une guerre coloniale avec des crimes ignobles (pour les Français) ou que le gouvernement central a les intérêts du Québec à coeur (pour le Québécois - on a les défis que l'on mérite).
Quand je vois que les médias montent en épingle la manifestation de deux-trois étudiants portant un drapeau tibétain à Pékin, on frôle la désinformation. Ces manifestations d'Occidentaux en pays chinois ne sont que des artefacts de la présence des médias occidentaux.
En Chine, ils sont 1,3 milliard. C'est comme filmer un bouchon de liège dans l'océan et dire que cet "événement" est significatif pour boucher le fond de l'eau.
L'ère de l'interprétation
Les médias, pour bien faire leur travail, ne devraient pas transmettre les faits divers inéluctables dans ce genre de situation. Oui les droits de l'Homme sont bafoués, oui le Tibet est occupé, oui la pollution est alarmante. Mais nous ne sommes plus à l'ère où l'information ne se rend pas à destination. Nous sommes à l'ère de l'interprétation.
Tant qu'à être en Chine, que les médias cessent de parler du smog ou de chercher la prochaine micro-manifestation de long-nez pour dénigrer le pays hôte. Qu'ils interviewent les vrais habitants chinois pour qu'ils nous parlent de leur "réalité":
"J'ai vu à la télé des chômeurs chinois qui remerciaient le gouvernement d'avoir abaissé le taux de pollution à Beijing. Ils sont chômeurs parce que leur usine a été fermée pour que la pollution baisse. Cent mille ou deux cent mille personnes ont été déplacées pour que soient érigés le stade et la piscine olympiques. Les déplacés disent que leur éviction va contribuer à la grandeur de la Chine." (G. Courtemanche)
Que les Chinois nous partagent leur vision du monde, aussi déformée soit-elle, et on pourra enfin comprendre ce qui se passe dans leur tête.
On verra que le fossé qui nous sépare ne sera pas comblé à coup d'accès aux vrais Google Images de la place Tian An Men.
Internet des têtes
On verra qu'ils ne sont pas sur le même Internet que nous, non pas parce qu'il y a des pare-feux censureurs de Cisco, un Google tronqué ou un Yahoo Email qui dénoncent ses membres, mais bien parce que leur algorithme culturel et mental, après des siècles de dictatures impériales célestes et des décennies de celle maoïste ne trient pas de la même façon que nous les informations.
Il faut avoir vu le spectacle de l'ouverture des Jeux pour comprendre que la grandeur de la Chine passe par la coordination incommensurable de chaque individu pour un but supérieur, qui dépasse les simples "détails" comme la pollution, le Tibet ou le droit de l'Homme. Elle cherche à retrouver la face.
Et nos médias ne nous montrent que les petits boutons que leur présence a provoqués.
Un monde, un rêve.
Je reprends une conclusion de Marie-Cristine Beuth et la fais mienne:
1. Les Chinois prennent la parole plus souvent que certains portraits d'un monde manichéen laisseraient croire.
2. Ils cultivent un vrai goût pour la manière chinoise de faire.
À nous de comprendre, d'échanger, de convaincre. Sinon, de toute façon, la Chine éternelle n'a pas besoin de nous...
---
Pour un regard non standardisé sur la Chine, lisez ces blogues:
Everybody say hi Brice ! (Fr) Découvrez la Chine autrement
China Web2.0 Review (En) Next Generation Web in China
Un oeil sur la Chine (Fr) Gille Sabré, photographe
SexyBeijing,tv (En / Ch) Vidéo et blog, en direct de la Chine
---
Libellés :
Communication,
Culture,
Information,
Media,
Societe,
Tele
06 juin 2008
3
ChezJules.tv en ligne
Bienvenue « Chez Jules » - un lieu où l'écrit et l'image se chevauchent dans un élan débridé de passion totalement hors de contrôle.
La web série la plus attendue de la saison offre enfin la première capsule en ligne. La fin de semaine commence bien!

"Chez Jules est né sur le site de « Chroniques Blondes », un blogue où [Geneviève] a beaucoup parlé de mon métier de scénariste, de l'envers du décors du monde du cinéma et de la télévision mais surtout de la vie [...]" Extrait du blogue de chez Jules
La web série la plus attendue de la saison offre enfin la première capsule en ligne. La fin de semaine commence bien!
"Chez Jules est né sur le site de « Chroniques Blondes », un blogue où [Geneviève] a beaucoup parlé de mon métier de scénariste, de l'envers du décors du monde du cinéma et de la télévision mais surtout de la vie [...]" Extrait du blogue de chez Jules
04 juin 2008
4
Les réseaux sociaux comme extension de la culture de masse
Où je tire un peu les oreilles de Radio-Canada et explique pourquoi les réseaux sociaux poursuivent une lointaine guerre entre culture d'élite et culture populaire.
Je suis toujours perplexe face à une certaine forme de rigidité que j'observe sur le site web de la Société Radio-Canada.
Pourtant innovatrice à plusieurs points de vue, expérimentatrice et pionnière sur les nouveaux médias, les traces de ce qui se nomme désormais web 2.0 se font encore attendre dans le secteur des nouvelles.
Aussi galvaudé que puisse être le terme web 2.0, il recoupe une notion qui ne semble pas plaire apparemment à la société d'État : la participation. Je précise, la "participation" dans la présentation du contenu.
Je ne saisit pas pourquoi, en 2008, il n'est toujours pas possible d'y trouver une section qui me permette de savoir les articles les plus consultés, les plus envoyés, les plus recherchés ou blogué sur le site.
Suivez le guide
Voilà belle lurette que le New York Times propose une section "most popular" à l'accueil où il est possible de savoir ce que les lecteurs se sont le plus envoyé par courriels, ou ce que les blogueurs ont le plus lié, ou ce que les internautes ont le plus recherché sur le site.
Il y a comme une culture de la "programmation" chez Radio-Canada qui les empêchent de laisser une "autre" façon de présenter les nouvelles.
Un onglet 2.0
Qu'est ce que ça coûte d'avoir un onglet secondaire qui me permet de connaître instantanément les nouvelles les plus consultées dans les dernières heures au lieu de passer par la mise en page arbitraire et totalitaire du chef de pupitre?
Il fait sûrement un bon travail, mais il ne peut pas remplacer l'efficience de toute une armée d'internautes. Pour un radiodiffuseur public national au service de la population, on peut se poser la question.
Bien sûr d'autres radiodiffuseurs ont le même travers, mais ils n'opèrent pas à même mes impôts.
Et surtout, surtout, si je choisis src.ca comme source d'information privilégiée, je suis de facto dans une communauté d'intérêts, celle qui estime cette grande institution culturelle. Et j'aimerais bien connaître le goût de mes conavigateurs. Après tout, nous estimons les mêmes choses. J'estime aussi par la bande leurs choix collectifs.
Les abonnés de leurs abonnés sont mes abonnés
Que Radio-Canada me donne accès à ces préférences ne serait que dans la suite des choses, que ça s'appelle web 2.0 ou non, la participation, même passive, comme les statistiques de consultation, me sont tout aussi précieuse, sinon plus, que ce que pense le chef de pupitre à un moment donné.
Cette gêne apparente (techniquement, ce n'est pas un problème, elle est d'ordre politique) cache peut-être chez Radio-Canada, au choix, un vertige, une incompréhension, un mépris ou une vision élitiste.
Je dis élitiste parce que probablement, si c'est le cas (et même si ce ne l'est pas, vous avez sûrement rencontré ce type de réflexion à propos de la "participation du public"), la "sagesse des foules" ne donne que de la culture populaire et la culture populaire ce n'est jamais bon.
Barbares aux portes de (Bernard) Derome
Comprenez-moi bien, ce type de réaction est normal: si on paye cher des experts pour "programmer" ce que le peuple veut, pourquoi demain des amateurs peuvent-ils venir dire ce qui est bon? Sinon à quoi servent les professionnels?
Ne me dites pas que cette idée ne vous a jamais effleuré l'esprit lors de la montée du web 2.0: tous ces amateurs incultes qui influencent par la base une structure alors que les institutions ont mis longtemps à former des spécialistes pour faire le travail.
Pensons aux médias citoyens (des va-nu-pieds qui prétendent être des journalistes) comme Agoravox, ou à Wikipédia (des barbares qui dictent l'encyclopédie du savoir).
Saint-Wikipédia, priez pour eux
Je me rappelle d'ailleurs la première fois que j'ai dû expliquer Wikipédia à une grande institution culturelle au pays en 2005: dès que j'ai mentionné que "tous pouvaient modifier l'encyclopédie", on m'a répondu, d'un geste brusque comme si on cherchait à chasser un moustique: "Ah! ce n'est pas crédible!" Et la conversation était terminée.
Je crois que ce type de réaction, normale au début, je le répète, est basé sur une méconnaissance de la culture populaire.
On sourit à l'idée que la télévision avait été auparavant le parangon de la culture populaire, bas de gamme, face aux autres "vraies" expressions culturelles (opéra, ballet, etc.).
Aujourd'hui, c'est elle qui cherche à se distinguer de la "culture populaire".
Guerre de cultures
Il faut comprendre ici que la consommation culturelle de l'élite, de tout temps, est un comportement de groupe restreint (dès qu'elle s'étend, elle devient "populaire" par définition) qui a l'avantage de resserrer les liens proches dans un réseau social. La valeur des conversations sur le thème culturel ne s'étend guère au-delà du cercle rapproché. Je ne crois pas que vous tiendrez une conversation très longtemps avec votre entourage à propos d'un Opéra de Verdi.
À l'inverse, la culture populaire a le pouvoir de transcender son réseau social rapproché et de connecter ce qui est appelé les liaisons faibles (weak-tie), ces connecteurs aux limites de notre réseau social qui donne accès à d'autres réseaux sociaux. Le sport est l'exemple parfait : vous pourrez surfer à travers tout le pays sans jamais manquer de conversation.
Il est tout à fait normal que la montée des réseaux sociaux dans le web 2.0 soit un engouement populaire, du bas vers le haut, puisqu'il est le fait d'individu issu de la culture populaire.
Les réseaux sociaux sont des cultures de masse
Autrement dit, la culture populaire permet l'extension du réseau à travers les maillons fiables, une croissance exponentielle que l'on aperçoit dans FaceBook, MySpace et SkyRock. La culture de l'élite renforce, elle, surtout, les liens existants.
La culture populaire joue sur le rapprochement des réseaux: la conversation se nourri de sujet qui traverse les réseaux sociaux. FaceBook n'est d'ailleurs qu'un jeu. Ni plus ni moins.
Un jeu de société
Le spectacle du monde est un spectacle sans fin, divertissant et instructif. On peut le faire à la table d'un café, en regardant la télévision, en lisant les journaux ou en voyageant. Et aujourd'hui en "réseautant".
Ce spectacle est un jeu : on décide quelle partie regarder, combien de temps on l'écoute et avec quel degré d'implication on s'investit. On distingue à ce jeu une portion "noble" et une portion "populaire": le spectacle du monde "sérieux" et un spectacle du monde "léger". La culture "sérieuse" et la culture "populaire"...
Il est normal d'avoir une crainte face à la montée de la "culture populaire". Mais dans une société en réseau, rester enfermer dans son petit cercle ne semble pas être la voie de l'avenir. C'est un jeu.
Alors j'aimerais bien que Radio-Canada me laisse jouer avec mes petits copains.
---
Image : Damian
---
Pourtant innovatrice à plusieurs points de vue, expérimentatrice et pionnière sur les nouveaux médias, les traces de ce qui se nomme désormais web 2.0 se font encore attendre dans le secteur des nouvelles.
Aussi galvaudé que puisse être le terme web 2.0, il recoupe une notion qui ne semble pas plaire apparemment à la société d'État : la participation. Je précise, la "participation" dans la présentation du contenu.
Je ne saisit pas pourquoi, en 2008, il n'est toujours pas possible d'y trouver une section qui me permette de savoir les articles les plus consultés, les plus envoyés, les plus recherchés ou blogué sur le site.
Suivez le guide
Voilà belle lurette que le New York Times propose une section "most popular" à l'accueil où il est possible de savoir ce que les lecteurs se sont le plus envoyé par courriels, ou ce que les blogueurs ont le plus lié, ou ce que les internautes ont le plus recherché sur le site.
Il y a comme une culture de la "programmation" chez Radio-Canada qui les empêchent de laisser une "autre" façon de présenter les nouvelles.
Un onglet 2.0
Qu'est ce que ça coûte d'avoir un onglet secondaire qui me permet de connaître instantanément les nouvelles les plus consultées dans les dernières heures au lieu de passer par la mise en page arbitraire et totalitaire du chef de pupitre?
Il fait sûrement un bon travail, mais il ne peut pas remplacer l'efficience de toute une armée d'internautes. Pour un radiodiffuseur public national au service de la population, on peut se poser la question.
Bien sûr d'autres radiodiffuseurs ont le même travers, mais ils n'opèrent pas à même mes impôts.
Et surtout, surtout, si je choisis src.ca comme source d'information privilégiée, je suis de facto dans une communauté d'intérêts, celle qui estime cette grande institution culturelle. Et j'aimerais bien connaître le goût de mes conavigateurs. Après tout, nous estimons les mêmes choses. J'estime aussi par la bande leurs choix collectifs.
Les abonnés de leurs abonnés sont mes abonnés
Que Radio-Canada me donne accès à ces préférences ne serait que dans la suite des choses, que ça s'appelle web 2.0 ou non, la participation, même passive, comme les statistiques de consultation, me sont tout aussi précieuse, sinon plus, que ce que pense le chef de pupitre à un moment donné.
Cette gêne apparente (techniquement, ce n'est pas un problème, elle est d'ordre politique) cache peut-être chez Radio-Canada, au choix, un vertige, une incompréhension, un mépris ou une vision élitiste.
Je dis élitiste parce que probablement, si c'est le cas (et même si ce ne l'est pas, vous avez sûrement rencontré ce type de réflexion à propos de la "participation du public"), la "sagesse des foules" ne donne que de la culture populaire et la culture populaire ce n'est jamais bon.
Barbares aux portes de (Bernard) Derome
Comprenez-moi bien, ce type de réaction est normal: si on paye cher des experts pour "programmer" ce que le peuple veut, pourquoi demain des amateurs peuvent-ils venir dire ce qui est bon? Sinon à quoi servent les professionnels?
Ne me dites pas que cette idée ne vous a jamais effleuré l'esprit lors de la montée du web 2.0: tous ces amateurs incultes qui influencent par la base une structure alors que les institutions ont mis longtemps à former des spécialistes pour faire le travail.
Pensons aux médias citoyens (des va-nu-pieds qui prétendent être des journalistes) comme Agoravox, ou à Wikipédia (des barbares qui dictent l'encyclopédie du savoir).
Saint-Wikipédia, priez pour eux
Je me rappelle d'ailleurs la première fois que j'ai dû expliquer Wikipédia à une grande institution culturelle au pays en 2005: dès que j'ai mentionné que "tous pouvaient modifier l'encyclopédie", on m'a répondu, d'un geste brusque comme si on cherchait à chasser un moustique: "Ah! ce n'est pas crédible!" Et la conversation était terminée.
Je crois que ce type de réaction, normale au début, je le répète, est basé sur une méconnaissance de la culture populaire.
On sourit à l'idée que la télévision avait été auparavant le parangon de la culture populaire, bas de gamme, face aux autres "vraies" expressions culturelles (opéra, ballet, etc.).
Aujourd'hui, c'est elle qui cherche à se distinguer de la "culture populaire".
Guerre de cultures
Il faut comprendre ici que la consommation culturelle de l'élite, de tout temps, est un comportement de groupe restreint (dès qu'elle s'étend, elle devient "populaire" par définition) qui a l'avantage de resserrer les liens proches dans un réseau social. La valeur des conversations sur le thème culturel ne s'étend guère au-delà du cercle rapproché. Je ne crois pas que vous tiendrez une conversation très longtemps avec votre entourage à propos d'un Opéra de Verdi.
À l'inverse, la culture populaire a le pouvoir de transcender son réseau social rapproché et de connecter ce qui est appelé les liaisons faibles (weak-tie), ces connecteurs aux limites de notre réseau social qui donne accès à d'autres réseaux sociaux. Le sport est l'exemple parfait : vous pourrez surfer à travers tout le pays sans jamais manquer de conversation.
Il est tout à fait normal que la montée des réseaux sociaux dans le web 2.0 soit un engouement populaire, du bas vers le haut, puisqu'il est le fait d'individu issu de la culture populaire.
Les réseaux sociaux sont des cultures de masse
Autrement dit, la culture populaire permet l'extension du réseau à travers les maillons fiables, une croissance exponentielle que l'on aperçoit dans FaceBook, MySpace et SkyRock. La culture de l'élite renforce, elle, surtout, les liens existants.
La culture populaire joue sur le rapprochement des réseaux: la conversation se nourri de sujet qui traverse les réseaux sociaux. FaceBook n'est d'ailleurs qu'un jeu. Ni plus ni moins.
Un jeu de société
Le spectacle du monde est un spectacle sans fin, divertissant et instructif. On peut le faire à la table d'un café, en regardant la télévision, en lisant les journaux ou en voyageant. Et aujourd'hui en "réseautant".
Ce spectacle est un jeu : on décide quelle partie regarder, combien de temps on l'écoute et avec quel degré d'implication on s'investit. On distingue à ce jeu une portion "noble" et une portion "populaire": le spectacle du monde "sérieux" et un spectacle du monde "léger". La culture "sérieuse" et la culture "populaire"...
Il est normal d'avoir une crainte face à la montée de la "culture populaire". Mais dans une société en réseau, rester enfermer dans son petit cercle ne semble pas être la voie de l'avenir. C'est un jeu.
Alors j'aimerais bien que Radio-Canada me laisse jouer avec mes petits copains.
---
Image : Damian
---
Libellés :
Culture,
Information,
Politique,
Reseaux_Sociaux,
Societe,
Tele,
Tendance,
Web 2.0
18 mai 2008
1
Le CRTC doit-il inclure internet?
Le CRTC (Conseil de la radiodiffusion et des télécommunication du Canada) a lancé vendredi dernier un Avis de consultation sur la radiodifussion et les nouveaux médias. À nous de leur expliquer.
Il y a quelques mois j'avais écrit quelques billets à ce sujet.
à suivre de très près...
(via Stéphane Waffo)
Il y a quelques mois j'avais écrit quelques billets à ce sujet.
- Réglementer internet? Annonce que le CRTC cherche à voir s'il doit étendre sa juridiction aux nouveaux médias. (31 octobre 2007)
- Chine-Canada même combat un lobby rétrograde demande de "contrôler" Internet (1er novembre 2007)
- CRTC ALT DELETE un inventaire des lieux, question de préparer des munitions pour le long terme (02 novembre 2007)
- Le CRTC et la neutralité du réseau UGC non grata et Net neutrality, non merci! (6 novembre 2007)
- Le CRTC et la neutralité du réseau le CRTC se défend de réglementer Internet, c'est la radiodiffusion sur Internet qui est dans leur mire (13 novembre 2007)
- RGU, le Refus Généré par les Utilisateurs quelques sons de cloche des blogueurs influents ( Pierre Côté, Roberto Rocha, Michel Leblanc, Sylvain Carle, Clément Laberge, Michael Carpentier, Mario Asselin, Michael Geist, Heri et Alain McKenna) (13 novembre 2007)
Appel aux observations sur la portée d’une prochaine instance dédiée à la radiodiffusion canadienne par les nouveaux médiasEn 1999, elle avait exempté les entreprises des nouveaux médias des règles imposées aux secteurs des télécoms et de la radio-diffusion. Aujourd'hui, le Conseil veut savoir si elle doit mettre au pas les nouveaux médias pour atteindre ses objectifs dans sa politique culturelle...
Compte tenu de l’expansion et de la complexité du secteur de la radiodiffusion par les nouveaux médias, le Conseil sollicite des observations sur l’étendue des enjeux ainsi que sur les questions liées à ces enjeux. Toutes ces observations seront débattues lors d’une prochaine instance dédiée à la radiodiffusion par les nouveaux médias, y compris les questions suivantes :
* Quelle est la portée de la radiodiffusion par les nouveaux médias?
* Faudrait-il des mesures incitatives ou réglementaires pour créer et promouvoir le contenu canadien de la radiodiffusion par les nouveaux médias?
* Existe-t-il des barrières à l’accès au contenu canadien de radiodiffusion par les nouveaux médias?
* Quels autres objectifs stratégiques de radiodiffusion devraient être examinés dans le cadre de cette instance?
La date limite du dépôt des observations est le 11 juillet 2008.
à suivre de très près...
(via Stéphane Waffo)
Libellés :
Blogosphere,
Communication,
Culture,
Politique,
Radio,
Strategie,
Tele,
Tendance
23 avril 2008
0
Effet Larsen médiatique
Émeutes à Montréal. Non ce n'est pas pour soutenir le peuple opprimé du Tibet. La victoire d'une équipe locale de sport sur glace a servi de déclencheur. Inutile de sortir le kärcher pour les provoquer. On a les jacqueries que l'on mérite.
Ces émeutes générées par les utilisateurs sont-elles emblématiques d'un manque de sagesse des foules? Ce serait faire preuve d'exagération synedoctique, de prendre la racaille pour le tout.
On m'a demandé si le web 2.0 était à l'origine de ces relents de révoltes post-démocratiques. Évidemment non, pas plus qu'un Bush est impliqué dans la réduction du réchauffement climatique.
Les réseaux sociaux et le mobile ont peut-être facilité les communications. Mais ce sont surtout des échos grégaires et ataviques d'émeutes semblables qui ont eu lieu en 1993. On ne peut accuser le web d'avoir été le responsable à l'époque.
Évidemment, l'écosystème informationnel aujourd'hui inclut Internet, mais la dorsale symbolique sur le continent de Disneyland est ailleurs. Je ne crois pas qu'être sur Youtube soit un incitatif virulent pour incendier des voitures.
Comme dans les banlieues hexagonales sarkozyques de 2005, les médias ont joué leur rôle de pompier incendiaire. On sait tous que le calme est revenu lorsque la télé a cessé de reproduire en direct la carte du pays mouchetée de points en feu pour indiquer le score national de la compétition des pyromanes. Là-bas, par contre la source du problème était autre.
Ici, se voir dans l'écran mobile de poche de son cousin un soir d'ennui devant le Macdonald local génère moins d'adrénaline que de passer en direct à la télé sur la 50 pouces des sales bourgeois. La une de FaceBook génère, encore, moins de notoriété glamour que la une du TJ.
La télé réalité leur a martelé depuis les débuts que la vie n'existe qu'à l'écran. Ne soyons pas étonnés qu'ils se mettent à vivre quand les spots s'allument. Nous sommes à l'ère du feedback socio-médiatique : un effet Larsen des médias qui provoque en retour ce qui n'existait pas.
Je ne sais pas si la sphère médiatique est capable d'auto-discipline mais comme l'engouement s'amplifiera à mesure que l'équipe locale en question s'approche de la grande finale, sera-t-elle capable de couvrir l'événement de loin? Ou l'audimat remportera-t-elle la coupe?
...
L'équipe de hockey pourrait aussi se cotiser en fouillant dans leur poche; les manifestations de 1993 ont coûté à la ville à peine le salaire d'un seul joueur.
On m'a demandé si le web 2.0 était à l'origine de ces relents de révoltes post-démocratiques. Évidemment non, pas plus qu'un Bush est impliqué dans la réduction du réchauffement climatique.
Les réseaux sociaux et le mobile ont peut-être facilité les communications. Mais ce sont surtout des échos grégaires et ataviques d'émeutes semblables qui ont eu lieu en 1993. On ne peut accuser le web d'avoir été le responsable à l'époque.
Évidemment, l'écosystème informationnel aujourd'hui inclut Internet, mais la dorsale symbolique sur le continent de Disneyland est ailleurs. Je ne crois pas qu'être sur Youtube soit un incitatif virulent pour incendier des voitures.
Comme dans les banlieues hexagonales sarkozyques de 2005, les médias ont joué leur rôle de pompier incendiaire. On sait tous que le calme est revenu lorsque la télé a cessé de reproduire en direct la carte du pays mouchetée de points en feu pour indiquer le score national de la compétition des pyromanes. Là-bas, par contre la source du problème était autre.
Ici, se voir dans l'écran mobile de poche de son cousin un soir d'ennui devant le Macdonald local génère moins d'adrénaline que de passer en direct à la télé sur la 50 pouces des sales bourgeois. La une de FaceBook génère, encore, moins de notoriété glamour que la une du TJ.
La télé réalité leur a martelé depuis les débuts que la vie n'existe qu'à l'écran. Ne soyons pas étonnés qu'ils se mettent à vivre quand les spots s'allument. Nous sommes à l'ère du feedback socio-médiatique : un effet Larsen des médias qui provoque en retour ce qui n'existait pas.
Je ne sais pas si la sphère médiatique est capable d'auto-discipline mais comme l'engouement s'amplifiera à mesure que l'équipe locale en question s'approche de la grande finale, sera-t-elle capable de couvrir l'événement de loin? Ou l'audimat remportera-t-elle la coupe?
...
L'équipe de hockey pourrait aussi se cotiser en fouillant dans leur poche; les manifestations de 1993 ont coûté à la ville à peine le salaire d'un seul joueur.


