ZEROSECONDE.COM: Blogosphere (par Martin Lessard)

ZEROSECONDE.COM

Impacts du numérique sur la communication, notre société, nos vies.

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[M2 #2] Université et blogosphère, deux solitudes? (avec M. Millette)

La question est franche et direct. Les savoirs développés dans la blogosphère peuvent-ils s'intégrer aux savoirs universitaires?

Deuxième balado de M2, avec Mélanie Millette, transfuge de la blogosphère et doctorante à l'école des médias de l'Université du Québec à Montréal. Les podcasts et les médias sociaux, elle connaît. Et elle les examine maintenant de l'intérieur des murs académiques.



Podcast, blogues et la construction du savoir académique

Que sait l'institution académique du haut de sa tour d'ivoire sur les médias sociaux et de l'Internet? Mélanie, qui connait aussi le monde hors des murs universitaires nous répond. Nous avons été la voir à son bureau pour discuter des blogues, des podcasts et comment le savoir se construit. En particulier les savoir académique en silo à l'ère où tout est diffusé à tout vent dans la blogosphère...

Allez sur itunes pour vous abonner à toute la série M2 ou écouter juste cette émission:

M2 #2 :: Université et blogosphère, deux solitudes? (entretien avec Mélanie Millette)

Cette émission vous est proposée par Martin Girard et moi-même. Plus d'info.

Qu'est-ce que M2?

M2, c'est M au carré, car nous nous sommes deux Martin derrière la réalisation de cette balado. M, aussi pour mutation. Mutation au carré, car le numérique accélère comme jamais les changements en société.

M2 se veut des conversations autour des métamorphoses apportées par les technologies numériques. Cette baladodiffusion est un pont entre les savoirs des réseaux numériques, des universités, des médias et de la politique avec des gens qui pensent le numérique.

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Pour accéder à tous les billets qui touchent la balado M2, cliquer ici

Daily d'initiés

The Daily is out. C'est cas de le dire. La dernière édition sera mise en ligne le 15 décembre. Autopsie.



L'expérience journalistique sur la tablette a tourné court. The Daily, du magnat Murdoch, était le premier quotidien exclusivement sur tablette, planche de salut espérée du journalisme.

J'écrivais en mars 2011 sur mon autre blogue, Triplex, que si, sur l’iPad,  «The Daily offre une [bien] meilleure mise en page qu’un site web, il n’a pas démontré sa capacité à intégrer le nouveau mode de consommation de l’information (partage, annotation, commentaires, filtrage social…).»

Le projet n'était pas mauvais au départ. Bien financé, bien staffé, il avait tout pour plaire. Tout? Non, car il lui manquait cette compréhension de la culture du contenu numérique: tout, tout le temps, tout de suite.

Alain Gerlache le résume très bien:
L’erreur de départ, c’était de n’être présent que sur une seule plateforme, la tablette. Or, selon Jeff Sonderman, un expert du Poynter Institute, les utilisateurs de tablettes sont, je cite, des « omnivores numériques ». Ils sont très polyvalents. Leurs médias favoris, ils veulent les consulter sur tous les supports, et passer de l’un à l’autre : les tablettes, mais aussi les téléphones intelligents, les ordinateurs et même le papier.
Publié une fois par jour et non en continu (sauf la section sport), la seule différence avec le papier est qu'il ne tachait pas les doigts.

Dans un journal près de chez nous

Ici à Montréal, les regards se sont tournés vers La Presse.


On sait qu'ils préparent un «plan iPad». Heureusement pour eux, et contrairement à Murdoch, ils partent d'une marque connue. La Presse jouit d'une bonne réputation dans ce bastion francophone en Amérique du Nord

Est-ce suffisant pour passer au tout-numérique? L'expérience du Daily illustre en tout cas qu'il ne faut pas se limiter à une seule plateforme.

La Presse, de grand journal dans un marché étroit (il n'y a que 4 quotidiens à Montréal), deviendra une petite application dans un océan de 1 million d'apps...

Pour rester top of mind, la pertinence doit être au rendez-vous.
«Si vous appelez un journal The Daily, vous devez trouver le moyen d'en faire un média à lire absolument chaque jour, ce qui veut dire un contenu différencié» - Ken Doctor, spécialiste américain des médias, du blog Newsonomics. (propos rapportés par Xavier Ternisien du Monde)
Les causes d'un échec

Il y a probablement plusieurs raisons à l'échec du Daily.


- Coûts trop élevés (base de lecteur trop faible)? Peut-être, mais à 100 000 abonnés, plusieurs journaux s'en seraient très bien contentés.

- Prix au numéro pas assez élevé? 40$ / année était peut-être trop bas, mais la publicité aurait pu combler la différence

- Contenu peu attrayant? L'équipe de rédaction était au contraire de haut niveau. L'angle, alors? Peut-être, Murdoch, c'est NewsCorp, ne l'oublions pas.

- iPad seulement? À la fin, ils étaient aussi sur Android et sur les téléphones mobiles.

- Un ensemble de tout ça? Fort possiblement. The Daily ne doit pas être pris comme l'ultime essai indépassable d'un quotidien sur une tablette. Le contenu a probablement plus fait de tort que le contenant.

La plupart des critiques s'entendent à dire que le manque de moyen pour partager les nouvelles a joué pour beaucoup.

Partager les nouvelles offrent deux avantages.

1- vous connaissez ce que les lecteurs lisent réellement (ou du moins ce qu'ils pensent que leur réseau personnel devrait lire) et il est possible ensuite de répondre mieux à la demande

2- vous permettez à votre marque et vos contenus d'être découverts. Dans un monde de surabondance d'information, la "découvrabilité" est un avantage concurrentiel énorme.

Mais il y a tout de même une chose que personne n'ose dire de front: si Murdoch a lâché The Daily, ce n'est pas qu'il ne faisait pas d'argent (par simple arithmétique, j'arrive à 4M$/an comme revenu pour ce projet), c'est qu'il n'en faisait pas assez.

Les financiers lâchent les journaux parce qu'ils ne font pas assez de cash. Les années de vaches grasses sont derrières eux. L'osmose avec le monde de la publicité ne tient plus.

Un modèle de frugalité est à explorer. Bonjour Le Devoir.

Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais si j'étais un regroupement de journalistes, je commencerais à regarder de ce côté.

À lire:

What The Daily Got Right From Day One, TechCrunch
Scale, tablets, and what to take away from The Daily’s failure, Nieman's lab

The impossibility of tablet-native journalism, Felix Salmon
3 Theses About The Daily's Demise, The Atlantic
Throwing the bathtub out with the bath water, MacWorld
Why The Daily Failed, And What Rupert Murdoch Should Have Launched Instead, ReadWrite



Les 6 demandes du plan numérique pour le Québec


Enfin, c'est lancé! Voici une amorce d'un plan numérique pour le Québec d'aujourd'hui!

Envoyé sous forme d'une lettre d'opinion aux 4 dirigeants de parti, Mme Pauline Marois, M. Jean-Marc Fournier, M. François Legault et Mme Françoise David et aux journalistes, et écrite par  Mario Asselin, René Barsalo, Michelle Blanc, Cyrille BéraudSylvain Carle, Michel Cartier, Monique Chartrand, Michel ChioiniJean-François Gauthier, Vincent Gautrais, Hervé Fisher, Claude Malaison et Monique Savoie.

Les  13 «étonnés» dénoncent du Québec d'aujourd'hui : un grand retard  et une inaction du gouvernement Québécois sur le plan numérique. Ils formulent 6 demandes. Attendez-vous à plus de détails éventuellement, mais pour l'heure, il est temps de faire le premier pas...

Nos six demandes

• Créer une Agence du numérique qui relèverait de l’Assemblée nationale (comme la Société Hydro-Québec qui a pour mission de gérer toutes les questions énergétiques). Cette agence relèverait du Parlement et devrait transcender les partis politiques et le pouvoir exécutif.

• Co-construire un Plan numérique avec l'ensemble des acteurs et la population de toutes les régions du Québec, capable de développer à la fois l’économie, la culture et les savoirs, dans notre société qui doit s’adapter, comme toutes les autres, au XXIe siècle.

• Créer un Conseil national du numérique qui serait formé des représentants reconnus de l'ensemble des secteurs d'activités et de la société civile. Il serait obligatoirement consulté par le Parlement et les ministères pour toutes questions concernant le développement du numérique sur le territoire québécois. Nous pensons au modèle du Conseil supérieur de l'éducation à l'intérieur de la Loi sur l'instruction publique...

• Créer un forum de participation citoyenne indépendant du gouvernement, soutenu par celui-ci et une fondation par exemple, avec une gouvernance assurant sa neutralité. Un modèle inspirant : NESTA en Angleterre ou http://www.worldwatch.org/

• Investir prioritairement dans le savoir, et non dans l’avoir, c’est-à-dire principalement dans les transferts et la mutualisation des connaissances.

• Investir aussi dans le déploiement de réseaux à très haute vitesse (100 Mb symétrique et plus) et gérer selon les règles "OpenAccess" afin de rendre nos infrastructures interopérables, ouvertes et performantes pour communiquer entre nous et avec l'ensemble des pays avec qui nous entretenons des relations politiques, sociales et économiques.
On digère et on en reparle la semaine prochaine, un point de presse est prévu par ces 13 "étonnés" jeudi!

(Mise à jour: juste pour mettre un peu plus de contexte, voici un billet de 2010 à propos du même sujet. Ça ne date pas d'hier)

Blogueur un jour, blogueur toujours

Il y a toujours ces petites perles qu'on trouve dans la blogosphère:
"Once you have a blog you notice more, you start to think “I might write about this on my blog” "What do I want to say?” “What will people’s reaction be?”. Over time you get better at noticing and the better at noticing you get the more noticed you get! You end up in the wonderful collective web of “Oooh that’s interesting” which I now wouldn’t ever want to be without."
Source
L'auteur de cet extrait faisait référence à Dave Weinberger qui affirmait il y a fort longtemps que bloguer c'est “writing ourselves into existence”.

Écrire semble être une façon de saisir la réalité et de s'y inscrire. Pas étonnant que les médias sociaux aient autant de succès auprès de la population.

Ça me fait penser à un billet de Clive Thompson qu'il a écrit l'an passé, à peu près à pareille date ("The Art of Public Thinking"), où il développait pourquoi le fait qu'il bloguait moins souvent lui donnait l'impression qu'il n'arrivait plus à penser.
"I feel like I’m losing some of my ability to think. Why? Because I’m not blogging any more." (source)
Écrire, dit-il, est une façon de formaliser sa pensée sur un sujet. Écrire pour un public force de sucroît à trouver les faiblesses de sa pensée et à les corriger. Sans public, que ce soit une personne ou des milliers, il est facile de remplir les trous de sa pensée de façon paresseuse.

Clive fait ensuite référence à un article de Robin Sloan (“The Art of Working in Public”) qui illustrait le génie de l'écriture en public ("the unique cognitive style of public thinking").

Dans son billet Sloan dit que non seulement l'auteur du blogue trouve son compte à partager ses idées, mais que le lecteur appréciait pouvoir faire un tour guidé dans la tête du blogueur:
"Working in public like this can be a lot of fun, for writer and reader alike, but more than that: it can be a powerful public good. The comments on Matt’s post all go something like this: Hey, thank you. I’m running a small studio myself, and this is really instructive. When you let people inside your head, they come away smarter."
(source)
C'est ce que j'aime des blogues, ce partage des stratégies de vie...

La tyrannie du temps libre

Le tissu qui forme la masse des médias sociaux ne prend sa source qu'à un seul endroit: notre temps libre.

Pour la vaste majorité d'entre nous, les outils de réseautage en ligne ne sont utilisés que dans nos temps libres. 5 minutes, 15 minutes, 1 heure par jour? Parfois plus, parfois rien du tout.

Mais le maigre temps discrétionnaire, extirpé à grande peine de votre agenda surchargé, que vous tentez de consacrer à votre réseau en ligne, ne vous retournera jamais autre chose que ce constat impitoyable: celui du spectacle du temps libre de tous les autres.

Même si vous arriviez à prendre quatre heures par jour pour montrer que vous avez vous aussi du temps libre, votre réseau ne vous retournera que des pages et des pages de gens qui ont encore plus de temps libre que vous.

Tous ces films, livres, sorties que vous ne pouvez pas vous permettre, votre réseau, lui, se le permet. Toutes ces discussions, pensées, anecdotes que vous ne pouvez pas noter, votre réseau, lui, vous le balance en pleine face.

Le réseautage socio-numérique centre notre rapport au monde en nous plaçant tout au milieu. Mais si on n'y fait pas attention, il pourrait aussi complètement nous décentrer et donner l'impression au contraire de se retrouver tout en périphérie.
loisir
FOMO, Fear Of Missing Out, l'acronyme forgé pour exprimer cette angoisse générée par l'impression d'être toujours en train de manquer quelque chose, décrit bien le sentiment tyrannique de se retrouver sur la touche: le peur de manquer quelque chose.

Lorsqu' on prend conscience que les réseaux sociaux ne nous exposent que le temps libre de nos amis, on ne cède plus à cette angoisse du FOMO. Comment croire qu'on ne devrait pas être là où l'on est en ce moment. Cruel effet secondaire de la société des loisirs.

Une fonction des médias sociaux est de réintroduire du nouveau dans le système. Or ce média ne s'alimente qu'avec notre temps libre, libre des préoccupations de survie matérielle (manger, travailler, dormir).

Il est clair alors que si ce temps libre ne sert qu'à décrire notre temps libre, ou la façon de le combler, nous ne créons qu'une déformation ce qu'est le monde. Le FOMO vient alors hanter nos moindres mouvements.

Mais si le contenu de ce temps libre sert aussi à partager des stratégies de vie, à échanger comment, nous simples mortels, nous apprenons à jouer le Grand jeu sans vraiment connaître les règles, si nous évitons la tyrannie du temps libre, une partie du tissu des réseaux sociaux peut venir nous envelopper et servir à nous faire grandir.


SOPA/PIPA : Honni soit qui passe cette loi

Imaginez un monde où Internet était muselé par les grandes compagnies. Le projet de loi SOPA est un mauvais projet de loi. En solidarité avec Wikipédia, qui a fermé sa version anglaise pendant 24 heures, ZÉRO SECONDE passe au noir aujourd'hui 18 janvier 2012.


La section anglaise de Wikipédia bloque aujourd'hui l’accès à toutes ses pages pour protester contre le SOPA et envoyer un signal fort à la communauté : Internet doit rester libre. Wikipédia disparait, comme s’il était sur la liste noire du SOPA. Seulement 24 heures, imaginez si le projet de loi passe.

Un Internet où les grandes corporations américaines domineraient

Le projet de loi Stop Online Piracy Act (SOPA) -- et son projet de loi compagnon, le Protect Intellectual Property Act (PIPA), donnent le droit de poursuivre tout site web qui contreviendrait à la législation sur les droits d’auteur, qu’il soit américain ou non.

Les projets de loi rendent possible de forcer les fournisseurs d’accès à Internet à bloquer tous les sites web contrevenant aux lois américaines sur le droit d’auteur. Ils permettraient aussi de poursuivre les moteurs de recherche, blogues et répertoires de sites qui ne mettent pas en place une liste noire de sites à bloquer. Et, nerf de la guerre, ces lois forceraient les agences de placement publicitaire à retirer leurs pubs de tels sites.

Business as unusual

Tout le monde sur la planète se trouve concerné. Votre site pourrait se retrouvé bloqué aux États-Unis par la moindre compagnie qui décide de le demander.

PROTECT IP / SOPA Breaks The Internet from Fight for the Future on Vimeo.

Si votre site au Canada ou en France ne plaît pas à une entreprise aux États-Unis, les fournisseurs d’accès et les moteurs de recherche américains n’auront pas d’autre choix que de bannir votre adresse en ligne sur simple demande grâce à la liste noire, et ce, avant même qu’il n’y ait procès.

ZÉRO SECONDE passe au noir pendant 24 heures



Scenius: La scène géniale

Une écologie des idées demande un ensemble d'acteurs, pas seulement quelques génies. Pour qu'émergent des "génies", il doit d'abord y avoir un écosystème fertile rempli de joueurs de talents. Un génial acteur ne peut apparaître seul: il a besoin de supports, de collègues, de lieux, d'investisseurs, de facilitateurs, chacun étant un petit génie dans son domaine, pour permettre à un "grand" d'émerger et de passer à l'histoire.


Brian Eno propose le terme "scenius" (contraction de genius et scene) pour décrire ce qui rend un lieu (spatio-temporel) si fertile pour ses joueurs. Il dit qu'il serait même plus pertinent de voir le tout comme une "scène géniale" (scenius) plutôt que de tenter d'expliquer les succès sous forme de "grands génies" sortis de la cuisse de Jupiter.
Brian Eno (2009) : «I was an art student and, like all art students, I was encouraged to believe that there were a few great figures like Picasso and Kandinsky, Rembrandt and Giotto and so on who sort-of appeared out of nowhere and produced artistic revolution.

As I looked at art more and more, I discovered that that wasn’t really a true picture.What really happened was that there was sometimes very fertile scenes involving lots and lots of people – some of them artists, some of them collectors, some of them curators, thinkers, theorists, people who were fashionable and knew what the hip things were – all sorts of people who created a kind of ecology of talent. And out of that ecology arose some wonderful work. 

The period that I was particularly interested in, ’round about the Russian revolution, shows this extremely well. So I thought that originally those few individuals who’d survived in history – in the sort-of “Great Man” theory of history – they were called “geniuses”. But what I thought was interesting was the fact that they all came out of a scene that was very fertile and very intelligent. 

So I came up with this word “scenius” – and scenius is the intelligence of a whole… operation or group of people. And I think that’s a more useful way to think about culture, actually. I think that – let’s forget the idea of “genius” for a little while, let’s think about the whole ecology of ideas that give rise to good new thoughts and good new work.» (source
Internet permet de connecter la scène des idées à Montréal et au Québec en général. Pour qu'un bon blogueur soit reconnu, il lui faut un bon public. Webcom, Yulbiz, la maison Notman, Alliance Internet, tous les camps, ont besoin d'un écosystème pour rayonner. 

Il n'y a pas d'initiative isolée. La scène doit être géniale pour qu'émergent des acteurs géniaux.

Scenius St-Hyacinthe

J'encourage ces temps-ci la création d'un Yulbiz à St-Hyacinthe. Le premier travail consiste à faire prendre conscience aux acteurs du coin qu'un certain talent numérique se trouve dans cette région. Un Yulbiz est une rencontre qui permet d'envoyer ce signal à tous les acteurs de la région que localement un écosystème peut se mettre en place. 

Et cet écosystème mettra en relation des acteurs de talents qui sauront émerger pour créer un scenius distinct (ou complémentaire) de Montréal, comme il existe déjà à Québec et se forme à Trois-Rivières (et probablement ailleurs aussi au Québec)

Un travail qui demande patience et persévérance. 

Un de mes clients de la région, l'Hôtel des Seigneurs, se veut un rassembleur. Il organise un Yulbiz en début 2012 (date à déterminer). Étant au fait que les réseaux sociaux représentent une opportunité, il n'hésite pas à provoquer l'émergence d'une scène locale pour qu'elle prenne conscience de son existence (au lieu d'être éclipsée par Montréal, Sherbrooke et Trois-Rivière.)

Et chaque joueur a ensuite intérêt de voir cette scenius se développer près de chez eux.

CRM 809 Enjeux des technologies émergentes

Je donne un cours à la maîtrise à l'Université de Sherbrooke en communication appliquée cet hiver. Le thème est cousu main pour moi: les enjeux des technologies émergentes. Le cours sera donné les lundis soir au Campus Longueuil. La particularité de ce diplôme est qu'il est ouvert aux adultes dans une optique de formation continue. Il reste des places. Plus d'info ici ou écrire à Dany Baillargeon, coresponsable de programme.
Crm809
Objectifs

Développer une compréhension globale des enjeux associés aux technologies émergentes et aux environnements médiatiques en mutation.

Contenu

Après une décennie qui a vu la montée et l’imposition des médias sociaux comme un ensemble de technologies émergentes incontournables dans la société, les communications et sur le marché, nous assistons à une consolidation de ces nouvelles pratiques et l'émergence de nouveaux modèles d'affaires

Nous verrons comment rester critique face à la montée des nouvelles technologies, mais sans cacher qu'elles indiquent des points de rupture à plusieurs niveaux dans les médias, la société et les entreprises.

La surabondance des contenus générée par les nouvelles technologies émergentes change les rapports de force entre les individus, les consommateurs, les organisations et les compagnies. Nous aborderons ces nouveaux changements via ce qui est convenu d'appeler les médias sociaux et examinerons les impacts dans la société civile en général et les entreprises en particulier et sur les notions d’autorités et d’expertise.

Plan de cours

La première partie du cours portera sur les impacts des médias socio-numériques sur la communication. La deuxième partie sera axée sur les stratégies d'entreprises pour être présente dans les réseaux sociaux. La dernière partie touchera la culture du web 2.0.

Les travaux permettront aux étudiants de se familiariser avec les outils dans un but de comprendre empiriquement comment réussir une présence en ligne selon des objectifs qu'ils se sont fixés. L'emphase est moins mise sur l'établissement d'un plan rigide que de rester flexible pour l'adapter aux réalités.

Le processus devrait mener un étudiant novice dans les médias sociaux à posséder un ensemble de compétences qui lui permettra de rayonner dans sa sphère d'expertise au bout de quelques mois.

Plan de cours CRM 809 Enjeux des technologies émergentes 2012

Bande de veinards

Pour les lecteurs de Zéro Seconde, je vais publier, autant que faire se peut, tout au long de ces 15 cours des documents complémentaires au cours que vous pourrez consulter gratuitement et vous êtes les bienvenus pour commenter. Si vous suivez le mot clé #crm809, vous serez même en mesure de profiter des conseils que je vais prodiguer à la classe.

(source image)

Les commentaires ont de la valeur

Bon. Quand j'écris «Le contenu n'a plus de valeur quand les internautes sont dans les réseaux sociaux (c'est la référence qui en a)», il ne faut pas s'attendre à un encéphalogramme plat de la part de mon réseau. Si vous cherchiez une preuve que les réseaux sociaux ont capturé la conversation de la blogosphère, la voilà!. Et c'est passionnant!

Mon article original est ici: Le contenu n'a plus de valeur, et les commentaires se sont retrouvés sur plusieurs plateformes:

SUR TWITTER

Simon, directeur développement des nouveaux médias à @voir, est le premier à sauter sur le morceau et à déclencher une conversation

@SimonJodoin : "le contenu n'a plus de valeur... c'est la référence qui en a" - ça mériterait une réflexion plus profonde que cette phrase.

@martinlessard : Ça mériterait plus, oui. C'est ce que mon banquier me dit.

@SimonJodoin : LOL. Les banquiers, tous les mêmes... Il m'a dit la même chose. Mais sérieusement, mériterait approfondissement.

@martinlessard : C'est qqchose qui me trotte depuis longtemps mais que je n'ai pas développé encore, c'est vrai. Variante de "Context is king"

@SimonJodoin : Je lirai avec intérêt. Réflexion intéressante, aux ramifications terrifiantes.

Sophie, animatrice de communauté à @Generation_INC, est aussi dubitative devant ma déclaration:

@SophieGiroux : Pas certaine d'être d'accord! Il ne prend pas de la valeur au contraire?

@martinlessard : La valeur est donnée par l'élément déclencheur (ex: packaging d'une commodité). Tout contenu peut être remplacé. Pas un ami.

@SophieGiroux : désolé mais je continue de croire que plus le contenu est véhiculé dans les réseaux sociaux, plus il prend de valeur

@martinlessard : Quand le contenu entre dans les réseaux, il est "référé". Le contenu référé survit ("a de la valeur")

@SophieGiroux : et que dire du nombre de partages?

@martinlessard : Le # de partage est la "mesure de succès" d'un contenu dans les réseaux. cqfd?

Ianik, économiste complète:

@IanikMarcil : Mais n'est-ce pas déjà le cas (i.e. qualité de la référence); par ex. NYT vs. le Weekly World News? contexte=notoriété

@martinlessard : oui la qualité de la référence, NYT vs. WWN, existait, mais jamais avec une telle intensité. All the news that fits your mind

SUR FACEBOOK

Luc Jodoin : Le contenu n'a plus de valeur. Mon pote Martin Lessard pousse un peu fort l'oxymore, c'est certainement vrai dans une économie de l'attention et du marketing du chou et du navet, mais y'a pas que l'économie dans le vie, ciel! :). Le contenu n'a plus de valeur économique, hum c'est une tendance, en effet. :). Et à quoi bon la référence, si c'est le vide sidéral au bout...

Lionel Dujol : C'est vrai. Néanmoins, la valeur d'un contenu peut être "bonifiée" parce que partagée, propulsée par des référents influents. Dans ce cas, le contenu à moins de valeur que la référence. Mais on a pas attendu le web social pour mesure le poids des influenceurs.

Luc Jodoin : J'aime l'idée d'un contenu bonifié parce que «indexé», on fait ça depuis des lustres nous les bibliothécaires. Ce que montre le graphique de Martin , c'est qu'il y maintenant 800 000 millions de bibliothécaires potentiels sur Facebook. On a parlé de sursaturation de l'info, on verse lentement dans la sursaturation de la référence ... bon, les plus futés peuvent toujours compter sur des super médiateurs numériques ou des «autorités» cognitives (une expression qui me fait sourire). :)

Lionel Dujol : La sursaturation de l'info devient problématique. Même les veilleurs sensés faire le tri ont tendance à faire ce qu'appelle Marie D. Martel de la veille-spam. Perso, je m’interroge beaucoup là-dessus. Je lève le pied sur ce que je partage sur FB. je me demande si je dois continuer à partager ma veille sur Twitter qui est un format bien trop court pour "bonifier" l'info. Pour te dire je m'interroge même sur la suite à donner à ma présence numérique !

Luc Jodoin : Je suis plutôt d'accord avec toi, mais pour ta présence numérique, je la souhaite permanente. Elle est riche, bien dosée et sympathique :)

Claude Champagne : Si on avait plus de temps, nous aurions un blogue riche et détaillé. Car, ce sont les sites d'infos qui donnent de la matière aux réseaux sociaux. Les FB, Twitter et cie sont des relais minute. J'ai lu ça, j'espère un échange. Parfois, ça arrive, quand c'est dans l'air du temps, quand l'info est publiée en même temps qu'il y a des gens que cela intéresse.

Luc Jodoin : Claude, de la graine de thécaire :)

SUR GOOGLE PLUS

Yves Ouellette -
Donc si je comprends bien la valeur ajoutée est très faible...

Fabián Rodríguez -
Heuh, la référence c'est du contenu.

Martin Lessard -
C'est une image. La valeur (finale) est donnée par l'élément déclencheur (par ex: le packaging d'une commodité lui donne la valeur d'être acheté). Tout contenu peut être remplacé. Pas un ami. Si mon ami me refile un lien, j'ai 1000 x plus de chance de le visiter que le Nième site sur le Xième sujet de mes Zième thèmes que j'aime...

Philippe Beaudoin -
Heu? Et les amis refilent les liens en fonction de quoi alors? Au contraire, avec les médias sociaux, le contenant n'a plus de valeur. Seul le contenu en a.

Martin Lessard -
En fonction de la valeur perçue dans l'échange; le contenu est interchangeable. Les derniers billets de Techcrunch, RRW ou GigaOM se ressemblent, mais celui qui sera retransmis par un ami aura plus de valeur de lecture...

Yves Ouellette -
Si les médias, qui sont le contenant, n'ont pas de valeur. Donc il faut vite développer un média qui rassemble tous les types de post. Nous n'aurons plus à passer de l'un à l'autre pour suivre l'information.. / Je me trompe...

Philippe Beaudoin -
Tout à fait en désaccord, Martin. Le contenu ce n'est pas "l'article de Techcrunch" ou "l'article de RRW", c'est ce dont l'article parle. On se fiche de qui couvre la conférence de presse de Apple, ce qu'on relaie c'est l'information qu'on y apprend. Comme le contenu est le nouveau roi, il sera de plus en plus difficile d'être le leader si on diffuse du contenu facilement accessible à nos compétiteurs, sans l'améliorer significativement.

À mon avis, les médias sociaux vont recentrer le journalisme sur les articles de fond car c'est l'effort que le journaliste fait pour comprendre le sujet et éclairer ses lecteurs qui sera le différentiateur, non plus la force avec laquelle il fait la promotion de son message.

Christiane-Sophie Romano -
Philippe me semble valider la thèse de Martin malgré son approche contradictoire. Ma compréhension du texte de Martin est que le contenu existe, évidemment, mais que le média qui profitera de l'achalandage produit par ce contenu, sera déterminée par l'influence des R-S.

Ex.: si, dans mes activités de veille et de revue de presse, je ne fréquente jamais le site de New York Times, ce site va quand même recevoir des "hits" de ma part si un de mes contacts me suggère un contenu sur ce site.

Ceci me fait toutefois conclure que la variété de mes "contacts" recommandant des liens aura aussi un effet sur la qualité de l'information qui me parviendra. Comme les contacts sont souvent des "silos" (selon les allégeances, affinités, etc.), les R-S appliquent un filtre qui agit différemment sur l'individu. Je me demande si la courbe "macroscopique" est représentative de ce qui se passe au niveau individuel.

Martin Lessard -
Intéressants commentaires!

Philippe Beaudoin -
C'est l'avantage d'un titre sensationnel... :)
(Ceci dit, je crois que Christiane-Sophie résume bien nos différences d'opinion apparente.)

Question de ratio

Il y a 50 ans, écrivait Seth Godin cette semaine sur son blogue, le ratio était de 1 000 000 à 1. Pour chaque personne dans les médias, il y a 1 million de spectateurs. Ce ratio diminue depuis des années.

La majorité des gens étaient en mode consommation. Peu étaient des créateurs de contenu.

100000:1 Les magazines ont ramené ce ratio à 100 000 pour 1. Un rédacteur d'un grand magazine pouvait espérer avoir un impact sur beaucoup de monde.

10000:1 Les canaux spécialisés sur le câble et les magazines spécialisés font baisser ce ratio à 10 000 à 1, continue de raconter Godin. Il est possible de cerner davantage les intérêts particuliers.

1000:1 Puis vient le temps des blogues et des podcasts, de YouTube et de Twitter, où chacun peut maintenant espérer avoir une audience de 1000 personnes.

Tendre vers zéro

Godin se demande à la fin de son billet à quoi peut ressembler un ratio qui tendrait vers zéro.

Je crois qu'on peut lui répondre ceci:

100:1 ? Probablement Facebook.
10:1 ? À n'en pas douter, c'est le courriel.
1:1 ? Hé bien c'est FaceTime. Mais là, le téléphone l'a devancé depuis plus de 100 ans...

Pourquoi s'arrêter en si bon chemin?

À quoi ressemblerait un ratio inverse? C'est-à-dire zéro lecteur et un créateur?

0:1 ? Un iPod branché à un Nike! Vos baskets vous renseignent sur votre état de santé ou d'avancement dans vos entraînements...


Mon palmarès blogues québécois

Dans quelques jours, Wikio va changer son palmarès mensuel pour refléter les blogues inscrits qui seraient les plus populaires au Québec. Vous avez ci-dessous la liste en «avant-première» qui sera affichée le 5 juillet. Et ma version perso plus bas.

Le palmarès Wikio de ce mois contient grosso modo les mêmes noms que les autres mois (voir les palmarès que je mets en ligne depuis quelques mois). Vous trouverez dans mon billet sur Triplex mes commentaires sur l'intérêt et les limites de telles listes (voir Besoin de palmarès).

Je vous donne le palmarès générique en premier et ensuite le mien.

Ce qui est in, ce qui est out du top 20

Vous remarquerez que Wikio est impitoyable sur le nombre de liens entrants. Plus vous publiez, plus vous courrez la chance de recevoir des liens entrants. Et plus vous montez sur le palmarès Wikio.

La grande absente du palmarès est Michelle Blanc. Un petit ralentissement et hop, impardonnable, on se fait éjecter du top 20.

Jean-François Lisée est _le_ blogue montant sur l'actualité et colle maintenant aux fesses du numéro 1 québécois de tous les temps, Vincent Abry.

Le Boa bleu continue son ascension (apparue en mai, la blogueuse se taille maintenant une place en 13e position).

Tchoubi prend des vacances de blogues jusqu'en août. On imagine tout de suite l'implacable descente qu'elle fera au prochain mois. Wikio lex, sed lex.

Blogues les plus populaires, tous genres confondus, selon Wikio au 1 er juillet 2010

1 Blog Marketing Web 2.0 et Techno
2 Le blogue de Jean-François Lisée
3 les gourmandises d'isa
4 Descary.com
5 Blogue Patrick Lagacé
6 My Beauty Québec
7 ANTONI, BORYS & CIE
8 Poste de veille
9 Le palais gourmand
10 Les mille et un délices de Lexibule
11 Les plats cuisinés de Esther B
12 Richard Hétu
13 leboableu
14 Pause lecture avec Kikine
15 Richard Therrien
16 Bibliomancienne
17 marevueweb
18 DominicArpin.ca
19 Tchoubi
20 Hollywood, P.Q.

Classement réalisé par Wikio

Une liste «populaire» me laisse toujours pantois, car elle révèle des choses étonnantes (par exemple, My beauty Québec qui dépasse les blogues de Richard Hétu et Richard Thérien).

Une liste subjective, bâtie par une personne dont vous respectez l’opinion, a probablement plus d’intérêt qu’une sélection algorithmique secrète. Voilà pourquoi que je vais vous partager ma liste des blogues québécois les plus intéressants.

Mes tops québécois sur Wikio, selon moi

Elle est créée à partir des 100 blogues les plus populaires au Québec selon Wikio au premier juin 2010 mais où je n'ai conservé que ceux reliés à ma sphère d'intérêt.

Ce sont des blogues techos qui sont inscrits dans Wikio. Je vais donc conserver l'ordre de Wikio (le chiffre entre [crochet] indique son rang dans Wikio) et lister tous les blogues les plus lus de ma sphère.
01 [01] Blog Marketing Web 2.0 et Techno
02 [02] Descary.com
03 [14] Michelle Blanc
04 [17] Bibliomancienne
05 [18] DominicArpin.ca
06 [19] Adviso
07 [30] Maxime Johnson
08 [38] Zéro Seconde (je suis ici, et vous aussi)
09 [48] Web Marketing
10 [53] Synchro Blog
11 [58] N'ayez pas peur
12 [60] Blogue de geek
13 [61] Ze Laurent
14 [71] Bloc-notes de Jean-Michel Salaün
15 [72] KimAuclair.ca
16 [83] Triplex (mon blogue collectif à Radio-Canada)
17 [85] Mieux Connaître (Les bénéficess du web 2.0)
18 [89] Mario Tout de Go
19 [94] Patrick Dion
20 [95] Diane Bourque

Bon, notez encore une fois, que ce ne sont que les blogues inscrits à Wikio. Il en manque beaucoup. Et des meilleurs. Mais ce sera pour une prochaine fois.

Wikio Top 20 Québec

Je continue ce mois-ci à vous donner [à l'avance] les résultats des blogues participants à Wikio, un moteur de classement de la blogosphère, pour le mois qui vient de s'écouler. [Wikio ajustera son classement le 5 juin]


Pas de grandes surprises dans l'ordre général, sinon l'apparition dans le top 20 d'un blogue beauté (7e position) et de l'arrivée d'Adviso (19e) et de la bibliothèque d'Allie (20e).

--
Légende
nouvelle position [ancienne position] (genre) nom
--

01 [01] (techno) Blog Marketing Web 2.0 et Techno
02 [03] (techno) Descary.com
03 [02] (actu) Le blogue de Jean-François Lisée
04 [04] (bouffe) les gourmandises d'isa
05 [08] (famille) ANTONI, BORYS & CIE
06 [06] (bouffe)Les plats cuisinés de Esther B
07 [--] (beauté)My Beauty Québec
08 [09] (actu) Poste de veille
09 [10] (bouffe)Les mille et un délices de Lexibule
10 [05] (bouffe)Le palais gourmand
11 [07] (actu) Blogue Patrick Lagacé
12 [--] (livres)Pause lecture avec Kikine
13 [13] (actu) Richard Hétu
14 [11] (techno) Michelle Blanc
15 [12] (actu) Richard Therrien
16 [17] (famille) leboableu
17 [15] (techno) Bibliomancienne
18 [14] (techno) DominicArpin.ca
19 [--] (techno) Adviso
20 [--] (livres) La bibliothèque d'Allie
Classement réalisé par Wikio

Et comme toujours, cette distorsion : le quart des blogues portent sur la technologie, ce qui est loin de refléter la tendance des Québécois. Et une surreprésentation, aussi, des blogues bouffe. Les premiers sont surtout tenus par les gars. Les seconds surtout par les filles.

Bonne nouvelle, deux sites "livre" s'insèrent dans le peloton -- Kikine (12e) et Allie(20e). Les blogueurs sont, après tout, de grands lecteurs.

La classification wikio ne s'applique qu'à ceux et celles qui se sont inscrits à wikio. Il y a donc des bons blogues qui ne s'y retrouvent pas. Le top blogue 100 Québec est disponible ici.

Le classement n'indique pas les blogues qui intéressent les Québécois, mais bien les blogues québécois qui ont reçu le plus de visites selon wikio. Ce qui diminue grandement sa valeur (et serait plus compliqué à compiler)

La valeur d'un tel classement reste à démontrer et comme je vois qu'après 6 mois la tendance se maintient avec à peu près les mêmes à la tête, il serait préférable de reclasser en sous-catégorie pour que ça soit plus intéressant (il n'y a rien à interpréter qu'un blogue de beauté dépasse le blogue de Lagacé, sauf à répéter des lieux communs).

Palmarès Wikio Québec Mai 2011

Non je ne parle pas des élections (mais j'en parle ici). J'ai les résultats du palmarès Wikio de ce mois-ci!

Les blogues les plus populaires du Québec Mai 2011.

1 (1) TECHNO Blog Marketing Web 2.0 et Techno (M)
2 (4) ACTU Le blogue de Jean-François Lisée (M)
3 (2) TECHNO Descary.com (M)
4 (3) BOUFFE les gourmandises d'isa (F)
5 (8) BOUFFE Le palais gourmand (F)
6 (5) BOUFFE Les plats cuisinés de Esther B (F)
7 (6) ACTU Blogue Patrick Lagacé (M)
8 (16) FAMILLE ANTONI, BORYS & CIE (F)
9 (7) ACTU Poste de veille (M)
10 (11) BOUFFE Les mille et un délices de Lexibule (F)
11 (12) TECHNO Michelle Blanc (F)
12 (20) ACTU Richard Therrien (M)
13 (9) ACTU Richard Hétu (M)
14 (13) TECHNO DominicArpin.ca (M)
15 (10) TECHNO Bibliomancienne (F)
16 (-) BOUFFE Tchoubi (F)
17 (-) FAMILLE leboableu (F)
18 (-) TECHNO marevueweb
19 (-) TECHNO Go-referencement.org
20 (-) CINÉ Hollywood, P.Q.

Classement réalisé par Wikio
Le chiffre entre correspond à la position du mois dernier. La lettre entre parenthèses correspond au sexe du blogueur quand ce n'est pas un blogue collectif (comme go-référencement) ou que je n'ai pas trouvé l'identité.

Comme Marie (que j'ai mis dans Techno, pour me faire étriper) l'a remarqué le mois dernier, je constate qu'il y 8 blogues d'hommes et 9 blogues de femmes: s'il y a parité sur le nombre, les hommes ont surtout des blogues sur la techno ou suivant l'actualité, et les femmes surtout des blogues famille ou bouffe.

Les élections ont fait monté Jean-François Lisée au somment, mais Vincent Abry reste toujours accroché en position numéro 1 depuis des mois.

La série de blogues bouffe et famille qui sont dans le peloton de tête ont probablement bénéficié des effets Pâques ou cabane à sucre.

Et vous, qu'en pensez-vous?


Classement des meilleurs blogues au Québec

Chaque mois, Wikio.fr offre un classement des blogues les plus populaires sur le web francophone, classé par thème (techno, droit, politique, loisir, etc.), et par pays. Le Top blog Québec sortira demain. Retrouver aujourd'hui, en exclusivité sur mon blog, le top 20 au Québec du mois de mars 2011.

La liste en primeur est une gracieuseté du gestionnaire de communauté de Wikio (c'était Vincent Abry qui avait eu le «scoop» le mois dernier). Une fois n'est pas coutume (je ne suis pas dans la "business du scoop" mais plus dans l'analyse), mais comme j'apparais en 19e position, ça fait plaisir.
Une belle manière, pour moi, de fêter mon 7e anniversaire de blogue la semaine dernière! J'ai écrit au delà de 1000 billets! Merci à tous ceux qui me suivent via mon fil RSS ou mon compte Twitter (3700 followers) et qui m'encouragent!
Top 20 blog Québec Mars 2011

1 [techno] Blog Marketing Web 2.0 et Techno, de Vincent Abry, infatigable veilleur de l'actualité techno 2.0

2 [techno] Descary.com, de Benoit Descary, autre infatigable et prolifique veilleur techno, un des plus grands influenceurs, notamment avec ses nombreux admirateurs sur Twitter (36 000 abonnés)

3 [recette] Les gourmandises d'isa. Avec Isabelle on manque jamais d'idées. À ne pas rater: sa recette de macaron au caramel !

4 [recette] Les plats cuisinés de Esther B. Avec Esther, aussi, les petits plats simples à cuisiner sont accessibles à tous. Je ne sais pas si c'est un hasard, mais les top 2 des gars sont technos et les top 2 filles sont recettes ;-)

5 [actu] Blogue Patrick Lagacé. Un des premiers journalistes à embrasser la mode des blogues.

6 [techno] Michelle Blanc. Doit-on encore présenter la «papesse des blogues»?

7 [techno] DominicArpin.ca, le patrouilleur du web, à votre service, pour vous faire découvrir l'insolite et le comique en ligne (et en vidéo).

8 [recette] Les mille et un délices de Lexibule. La bouffe à l'honneur, pour ceux qui ont la dent sucrée.

9 [actu ] Richard Hétu, correspondant de La Presse à New York.

10 [Livre] La bibliothèque d'Allie. La lecture à l'honneur et en dixième place. Média trad, prenez note!

11 [design] marevueweb Inspiration et ressource pour le design et le web

12 [recette] Le plaisir de la table. Les plaisirs gourmands à la portée de tous. Remarquez que le tiers des blogues sur cette liste sont consacrés à la bouffe.

13 [recette] Doumdoum se régale! À essayer, son pain blanc d'Amadou !

14 [télé] TVQC - La télé de partout vue d’ici. Téléphages, vous voilà servi!

15 [créatif] Tchoubi. Tchoubi aime le gâteau Royal, sa couverture chauffante, la lueur des bougies, l’odeur de la coriandre et du pain frais. Vous voilà en bonne compagnie!

16 [bibliothéconomie] Bibliomancienne, de Marie D. Martel, sur la philosophie, la littérature et les bibliothèques à l’ère numérique. La preuve par dix que les blogues sont pour les gens intelligents.

17 [cinéma] Hollywood, P.Q. Cinéphiles, vous n'êtes pas en reste !

18 [actu] Blogue de Richard Martineau. Polémiste qui n'a pas son blogue dans la poche.

19 [mon favori ;-] Zéro Seconde. Sur les impacts d'internet sur la société, les communications, nos vies. Depuis 2004. Laissez-moi un commentaire !

20 [actu] Le blogue de l'édito. Où on voit que La Presse a bien saisi comment les blogues pouvaient s'intégrer dans une logique éditoriale d'un journal. Dans ce top 20, trois proviennent de Cyberpresse.

Classement réalisé par Wikio

On remarque que le top 20, les technos, les recettes et les actualités dominent.

Réseaux sociaux et entreprises? des réponses

Manu, de passage au Québec cette année, interviewe quelques grands noms sur le sujet du Retour dur l'investissement (ROI en anglais) des médias sociaux. J'ai été honoré d'être sur sa liste.

Quel est l'intérêt des médias sociaux en entreprise? Ouvert à la discussion et prêt à se frayer un chemin au somment dans sa niche? Certaines entreprises gagnent à se faire voir et entendre. Dans un monde de surabondance d'information, un simple site web peut ne plus faire l'affaire: être recommandé par ses pairs, ses clients ou les médias est possible en autant que l'on tienne son site "vivant", actuel, en le mettant à jour avec des éléments plus conversationnel, humain ou marqué par l'échange d'information. Un mélange de relation publique et de relation clientèle...

Voici son vidéocast de notre entrevue sur la place des blogues en entreprise:


Séjour trop court au Québec pour ce Français qui mériterait un meilleur sort que de rentrer en France ;-)

Régalez-vous avec cette sélection des entrevues qu'Emmanuel Chila a fait cet automne:

Thoma Daneau Quel est la complexité de la recherche d'emploi sur le net et l'importance de son «marque personnel» (marque personnelle)

Olivier Mermet Quel peuvent être les bénéfices (et les erreurs à éviter) des médias sociaux ?
Julia Vallelunga sur les passions et les blogs professionnels

Benoît Descary Médias sociaux et entreprises, trucs et astuces

Michelle Blanc Interview 1: la gestion des petits buzz et Interview 2: le franc-parler sur les réseaux sociaux

Kim Auclair sur la gestion de communauté

Frédéric Harper (interview 1) et (interview 2) Création et gestion d'événements sur les médias sociaux

Sandra Friedrich sur sa stratégie des réseaux sociaux en entreprise (STM)

Hicham Souilmi sur l'optimisation de la gestion des médias sociaux en entreprise


et de retour en France

Amandine Pacaud Très petites entreprises et médias sociaux


Bonus

Découvrez le Dishcrawl (avec Élizabeth)

Logique éditoriale d'un blogue

La question paradoxale que l'on se pose est la suivante: si vous avez une réelle expertise dans votre domaine, et que vos clients potentiels sont des novices dans votre domaine, comment font-ils pour vous sélectionner de façon rationnelle? Comment peut-on vous sélectionner si l’on n’est pas expert dans votre domaine? A fortiori s'ils ne savent même pas qu'ils ont besoin de vous?

4 trucs pour percé dans les blogsSur Google, votre futur client va probablement chercher des mots-clefs (aura-t-il les bons?) et tombera sur une multitude de choix. S'il se fie à l'algorithme de Google, il fera un choix parmi les entreprises qui seront affichées en haut de page (à ses risques et périls : l'optimisation de mots clefs ou de la pub contextuelle est parfois un piètre indicateur de crédibilité).

Si vous êtes dans un domaine intellectuel, où vous vendez des services basés sur vos connaissances, il est probable que votre futur client voudra lire des choses de vous avant de prendre une décision.

Internet a apporté pour une majorité de gens la possibilité de pratiquer la lecture et l'écriture après leurs années scolaires -- où pouvait-on lire et écrire intensément avant Internet? À l'école seulement.

Le blogue (ou un site régulièrement mis à jour, mais c'est la même chose) vous offre d'exposer vos qualités et compétences et devient dans certaines industries une façon de se distinguer. Mais d’une certaine manière, on commence tous à zéro sur Internet. Donc les critères habituels de validation de crédibilité ne s’appliquent pas au début (la crédibilité hors réseau ne se transfert pas automatiquement sur le net pour la majorité d'entre nous, faites-vous à l'idée).

En comprenant comment émergent la qualité et l’autorité dans les réseaux sociaux, vous êtes à même de vous bâtir une crédibilité avec le temps.

La pertinence et la plausibilité de votre expertise reposent sur quatre points qui composent la logique éditoriale de votre présence en ligne :

- Susciter l'intérêt. Faites accroître l’intérêt pour votre domaine en éduquant vos futurs clients sur l’importance de votre sphère d'activité. C'est le «what's in it for me»

- Communiquer vos concepts. En favorisant le partage aisé des enjeux ou des nouvelles importants de votre domaine, vous augmentez les chances d’être pertinents pour votre clientèle cible. Pensez en terme de problématique à eux et non vos solutions abstraites à vous. [merci Éric pour ton commentaire]

- Rendez familier votre sphère. Indiquez les impacts que votre domaine provoque dans leur vie / leur travail dans la sphère de votre audience.

- Offrez des points de comparaisons. Donnez des points de références pour que vos futurs clients puissent comparer. Vos lecteurs sont eux-mêmes experts dans leur propre sphère. S’ils peuvent faire le lien entre ce qu’ils connaissent et votre réalité, ils seront enfin capables de juger de votre expertise.

Vos clients sont peut-être novice dans votre domaine, mais ils sont intelligents. Sinon, ils n'auraient pas d'argent pour vous engager.

Cela demande du temps, mais plus votre audience sera compétente, plus ils seront aptes à vous évaluer. Et il n’y a pas de meilleure position que d’être au sommet d’une sphère de connaissance pour sa propre audience. Je dis sphère de connaissance, car vous devez être en constant dialogue avec votre sphère, l'audience et les autres experts, pour continuellement maintenir votre position. Faites référence aux autres, conversez et publiez constamment (ou du moins régulièrement) devient le lot des experts sur Internet.

Et dans une monde de surabondance d'information et de rareté d'attention, assurez-vous de ne pas seulement relayer ce que les autres disent, créez du contenu vraiment original [voir le billet de Seth Godin de ce matin]. Et n'ayez pas peur de diffuser vos connaissances, ce sont pour vos compétences que l'on vous engagera.

Il ne vous reste plus ensuite qu'à trouver une balance entre quantité et qualité pour votre audience.
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Image de Francescopozzi
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Les moteurs de confiance

Alex Cambell (DTDigital / OgilvyInteractive, Melbourne) écrit dans son blog aujourd'hui: I no longer depend on Google to find stuff (via BrunoBoutot)
«Today I had a stark realisation: I no longer depend on Google to find stuff. I still use it to locate things: e.g. “find me the Wikipedia page on Ted Kennedy’s acquatic activities”. But I rarely - if ever - use it to find businesses, places to visit, interesting blogs, etc.»
"Je ne dépends plus de Google pour trouver de nouvelles choses" dit-il en substance. Google est toujours utilisé, comme assistance à la recherche, trouver ce que l'on cherche (une page Wikipédia, par exemple) mais les réseaux sociaux servent à trouver des choses, des recommandations, des suggestions, des découvertes... (ex. Twitter, Praized, Facebook, Friendfeeds, Linkedin, Viadeo, etc)

In Google we trust?
Il pointe quelque chose d'intéressant: les réseaux sociaux sont basés sur la confiance ("trust"). Ce que n'a pas Google, dit-il.

Il exagère un peu, mais sur le fond, on peut dire qu'avec la montée en puissance des professionnels du rayonnement web, on peut se demander si la pertinence est toujours au rendez-vous...

Je dirais pour être plus juste, Google est plutôt un outil de popularité. Les réseaux sociaux tablent eux vraiment sur la confiance. Voilà une nuance fort pratique lorsqu'il s'agit d'expliquer la valeur stratégique du web 2.0.

La montée de réseaux sociaux
Le genre de discours que porte Cambell rejoint les échos qui grandissent depuis la montée des réseaux sociaux depuis quelque temps. Son mérite est de le formuler d'une façon percutante et libératrice ("nous ne sommes plus dépendants de Google") et en ce sens il rejoint mon point fait hier dans le billet Les couloirs numériques, où je présente Twitter comme outil de sérendipité professionnel.

Mais Cambell s'arrête en chemin -- il fait une conclusion typique de la blogosphère anglophone très portée sur le fonctionnel et l'impératif ("if your brand is not social then it doesn’t exist"). L'ouverture qu'il a créée mérite que l'on ferme la parenthèse pour lui, pour notre plus grand bonheur cognitif.

Descendre du piédestal
Voilà ce qui se passe : Google est en passe de devenir ce qu'il a toujours été : un simple moteur de recherche, un outil pour trouver quelque chose que l'on cherche. Jusqu'à tout récemment son monopole de succès le rendait maître des lieux. Il représentait par métonymie l'Internet au complet.

Ce que Cambell dit, c'est que la sérendipité («fortuité» selon le Grand Dictionnaire) n'est plus une exclusivité de Google. «Fait de trouver quelque chose alors même qu'on recherche autre chose» se fait en butinant sur les réseaux sociaux maintenant. Mais qu'est-ce que chercher?

IR
Olivier Ertzscheid et Gabriel Gallezot, dans Chercher faux et trouver juste, serendipité et recherche d’information (PDF) expliqué qu'il y avait un sens double à "rechercher".

- Il y a « rechercher » de la recherche d’information (Information Retrieval en anglais, IR)
- Et il y a le « rechercher » de l’épistémé, la recherche (Research en anglais).

Bon, ne vous sauvez pas parce que j'ai employé "épistémé": "recherche" est trop ambigu, alors je garde le terme académique.

Pour l’IR, Google est un outil du traitement de l’information sur un corpus documentaire.

Pour l’épistémé, le but est de découvrir, de produire de nouvelles connaissances.

Vous êtes comme M.Jourdain et vous faites de l'épistémé sans le savoir à chaque fois que vous découvrez quelque chose sur les réseaux sociaux (d'ailleurs comment avez-vous "découvert" ce billet?)

Les trois recherches
Ertzscheid et Gallezot résument les 3 « états initiaux » de l'IR (Information Retrieval / recherche d’information).

1- [Je sais] [ce que je cherche] . On fait alors des requêtes (Querying). C'est l'usage que Cambell semble vouloir faire de Google quand il cherche une page Wikipédia sur un sujet.

2- [Je ne sais pas] [ce que je cherche]. On procède par exploration (Searching), induction et abduction (avec moi vous avez des mots qui comptent triple pour le Scrabble). C'est le type de découverte que vous faites en librairie en repartant avec le livre à côté de celui que vous recherchiez. La structure de l'endroit ou du classement favorise ou non la sérendipité. Un BarCamp permet ce type de découverte.

3- [Je sais] [que je ne sais pas ce que je cherche]. Ici, nous sommes en mode d'apprentissage (Learning). C'est l'état dans lequel vous êtes quand vous entrez dans un réseau social. Vous pourriez autant trouver la référence au billet de Cambell que le fait que votre ami mange un sandwich...
Google nous a offert pendant plusieurs années ces trois types de recherche. Ce qui a été dit ici, c'est que le troisième type n'est plus l'apanage de Google, qu'il a perdu (définitivement?) son emprise sur ce secteur.

Quand on dit que ne sommes plus dépendant de Google, c'est affirmer que l’influence de la sérendipité en matière de construction de connaissances ne repose plus dans les mains monopolistiques du géant de Mountain View.

Les réseaux sociaux sont nos moteurs de confiance et carbure à notre saine curiosité. Ils répondent à ce besoin de confort communautaire de construction de la connaissance...

Publier maintenant, trier plus tard

L'autopublication induit de nouvelles stratégies de filtrage. Comme le dit Shirky, filtrer avant de publier ('filter-then-publish'), malgré ses clairs bénéfices, ne convient que pour un monde où sévit la rareté des information. Rareté par rapport au tsunami qui nous submerge aujourd'hui.

'Mass amateurization of publishing makes mass amateurization of filtering a forced move. Filter-then-publish, whatever its advantages, rested on a scarcity of media that is a thing of the past. The expansion of social media means that the only working system is publish-then-filter'
Clay Shirky, Here comes everybody, 2008

Les nouvelles stratégies qui se mettent en place le sont par les médias sociaux, via des systèmes de tri post publication ('publish-than-filter').

Je retombe sur cet extrait de Shirky en ce moment car j'écris un texte pour un des chapitres de Sébastien Paquet pour son cours sur les réseaux sociaux. L'extrait me fait penser à ce que j'avais écrit en 2005 (post before processing)

Parce que nous sommes entrée dans une ère où, grâce aux nouvelles technologies, la logique traditionnelle de publication selon l'offre et la demande fait place à un "post before processing".
"Post before processing"
Le "propriétaire" publie (post) une information sans se soucier de son problème d'identification du "public-cible" (à qui écrit-on?, comment adapter son niveau de langage?, qu'est-ce qui les intéresse?).

C'est au "destinataire" que revient le problème de discerner (process) parmi les divers "sources" d'information possible celle la plus appropriée selon ses besoins.

Inverser la problématique, c'est s'offrir le pouvoir de l'automatiser. Il sera toujours plus facile pour un internaute qui recherche une information d'en déterminer sa pertinence qu'un producteur de contenu de faire le tri lui-même.

On publie en premier, on voit ensuite comment traiter l'information: "post before processing".

(Sur Zéro Seconde Post before processing, 2005)
On voit maintenant partout dans la blogosphère et la twittosphère des "émetteurs" qui publient (post) une information sans se soucier aussi d'un "public-cible".

J'avais écrit un billet où je comparais Twitter à une possible application grandeur nature d'un concept militaire proposé au département de la défense américain qui est à la base du concept du 'publish-than-filter' (Twitter : power to the edge)

Le document militaire proche du Department of Defense américain explorait la capacité militaire de synchroniser dynamiquement ses actions de façon à augmenter la vitesse de commandement via un réseau robuste décentralisé. Plus précisément en disséminant l'information le plus rapidement possible en laissant le soin à la périphérie de juger de sa pertinence.

Notre réseau social est notre périphérie.

Texte à lire sur le sujet
Post before processing: La nouvelle logique de publication
Intox en stock : marrante démonstration à l'inverse que la presse centralisée n'est pas sans faute
Twitter : power to the edg: C'est au "destinataire" que revient le problème de discerner (to process) parmi les divers "chunk" d'information possibles ce qui répond à ses besoins.

Les nouvelles sont éternelles

Le modèle d'affaires des journaux va mal, on cherche des boucs-émissaires. Il n'est pas mis à mal par la blogosphère, sauf en croire quelques nostalgiques, mais par de puissants acteurs (hors de tout soupçon, comme Google, qui n'est pas si innocent) qui réussissent à valoriser à leur profit le contenu en ligne. Pourtant, des journalistes relancent encore le débat contre la blogosphère. L'abcès n'est pas crevé. Jouons donc avec le bobo.

http://www.flickr.com/photos/freeparking/1279927021/Ce qui me donne l'occasion de préciser ces quelques notions ce soir, c'est le coup de gueule la semaine dernière d'un journaliste --cri du coeur sympathique, mais trop épidermique pour être d'une quelconque utilité dans la conversation sur le sujet qui est plutôt dernière nous depuis plusieurs années ("blogosphère versus journalisme").

Ce journaliste s'en est pris la semaine dernière à "tous ces nouveaux gourous patentés du web" qui "dansent déjà sur la tombe des quotidiens".

On peut évidemment s'attendre à une montée des boucliers...

Confrontation
Steve Proulx, chroniqueur dans un hebdo, commence par lui faire remarquer son périlleux lien qu'il fait entre "journalisme de qualité" et "journaliste qui travaille dans un journal". (source)

Mettons-nous d'accord: les journaux, pris globalement, n'offrent qu'un faible niveau de qualité journalistique... en moyenne. Oui, oui. J'inclus, moi, les journaux jaunes, de quartier ou commerciaux, comme on inclut skyblogue et myspace dans tout décompte du "web"... en moyenne.

Dénigrement
Michelle Sullivan, relationniste publique, dénonce la facilité de prôner le rôle primordial du journaliste professionnel en dénigrant le travail des blogueurs. Elle rappelle que des blogueurs peuvent "éplucher des demandes d’accès à l’information, entretenir des réseaux de contacts (…), assister à des réunions de citoyens, questionner les élus sur leurs agissements". (source)

La blogosphère est une entreprise collective de 20 millions de rédacteurs, de reporters, de chroniqueurs, de critiques et d’éditorialistes, qui travaillent bénévolement. Une certaine concurrence s'installe. Même si tous les aspects ne se recoupent pas. (Lire La blogosphère et les médias où je souligne l'interdépendance des sphères).

r/évolution
Que la fin pour la plupart des journaux soit proche, peut-être. Que certains journaux tels qu'on les connaît vont disparaître, sûrement. Lire À qui profite l'industrie des journaux où je résume le propos, plutôt radical, de Clay Shirky, qui se résume par le sous-titre du blogue Axon Post: "Notre société n’a pas besoin de journaux, elle a besoin de journalisme". Pisani l'a aussi abordé avant-hier.

Dans un billet de l'éditeur en chef du Axon Pos (Les blogs sont la forme parfaite de la démocratie, mais ils sont aussi le paroxysme du populisme), Pierre Fraser , propose de remettre dans une perspective historique le coup de gueule de notre journaliste nostalgique et conclut que le "journalisme se cherche de nouveaux contenants". Le journalisme pratiqué "par une certaine élite" arrive à son terme...

Source du mal
Internet a engendré la crise des médias: c’est faux, c’est un mythe urbain, a déjà écrit Fraser ( via Mario Asselin). Quel est la source des problèmes causé à cette industrie? Ça, ça demande un peu plus qu'un coup de gueule, effectivement.
Jeff Mignon, stratège média, écrivait récemment sur mon blog:

1- La cause des problèmes? Baisse de la diffusion, baisse des revenus pub. Ces tendances qui ont quarante ans. Internet n'a qu'accéléré le phénomène.

2- Bien des journaux sont en bonne santé. Une minorité souffre. Mais une majorité reste encore très rentable.

3- Le métier des journaux n'est pas seulement de diffuser de l'information, mais aussi de la pub. En particulier en Amérique du Nord, des journaux ont d'abord été créés pour diffuser de la pub.

4- Si le modèle d'affaires pub en prend un coup, ce n'est pas parce que le modèle (faire payer les annonceurs) est mauvais, c'est parce que la rareté de l'espace publicitaire vol en éclat avec le numérique.

5- Ils n'ont plus, non plus, le monopole de l'audience locale.

Jeff propose le meilleur suivi professionnel et financier de la situation en ce moment sur son site (en anglais).

Source multiple
Cette perte d'un momentum se retrouve aussi en filigrane dans le livre "De la démocratie numérique":

"De source unique, le journaliste, en ligne, se retrouve en concurrence permanente. Son contenu est apposé, mis à disposition des internautes à côté de milliers d’autres. On n’y accède pas uniquement à travers la Une de son média, mais par les liens de blogs, de sites multiples, par des moteurs de recherche et des e-mails envoyés." (source Nicolas Vanbremeersch, Extrait de De la Démocratie Numérique, Le Seuil, 2009)

Vanbremeersch (connu surtout sous Versac) affirme que le web offre une confrontation entre une logique sociale et d’une logique de l’information.

Le présent épisode local rappelle la polémique autour des BlogueurZinfluents qui a sévi l'an passé dans l'Hexagone et qui mettait justement Nicolas sur la trajectoire de la tornade (voir mon compte rendu)

Origine d'une mésentente
Je crois que les journalistes possèdent une mauvaise opinion du web participatif pour la simple et bonne raison que toute tentative de "conversation" (quand il y en an une) tourne souvent au drame : leur blogue se trouve souvent assaillis par un essaim de commentateurs qui jactent de la façon la moins pertinente qui soit au point de ressembler à un forum de trolls et de brûlots...

Par leur popularité et le pouvoir qui leur est conféré par leur notoriété, les journalistes attirent certains frustrés/jaloux de leur audience, et certains débiles qui pensent que réfléchir consiste à aligner deux trois phrases à chaud...

Ils ne connaîtront jamais le démarrage dans les réseaux sociaux sous le couvert de l'anonymat et la joie de rejoindre sainement une audience que grâce à la qualité de leur contenu.

Réchauffement des esprits
Une nouvelle écologie des médias continue de se mettre en place (voir mes trois billets à ce sujet). Et la mise en place ne se fait pas sans douleur.

"If General Motors goes under, there will still be cars. And if the New York Times disappears, there will still be news" écrivait Michael Kinsley dans le Washington Post aujourd'hui (Life After Newspaper) (via Dumais, via Asselin)

Les nouvelles sont éternelles. Elles ne sont juste plus écrites dans le ciel...

POST-SCRIPTUM : Aujourd'hui, mardi 7 avril 2009. Écoutez Eric Schmidt, CEO, Google, en live à 13h00 (NewYork) / 19h00 (Paris) qui parlera à la presse US sur le rôle de Google dans le future de l'industrie !

PS2: 8 avril: La leçon de Google aux journaux américains (Libe.fr) Compte rendu du livecast d'hier