ZEROSECONDE.COM: Statistiques (par Martin Lessard)

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Impacts du numérique sur la communication, notre société, nos vies.

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Québec: une immunité techno-virale?

Michelle Sullivan publiait cette semaine (ah, heureusement qu'il y en a qui bosse!) un petit résumé des statistiques que Rogers a amassé sur les Québécois en 2012.  C'est sur un joli tableau ici, sur son billet.

J'ai retenu deux faits.  Il semble que le Québec réagisse différemment des autres à deux phénomènes viraux dans deux sphères bien différentes. Je ne parle pas de la grippe. Mais de mode virale.

Commençons par la première statistique.

28% des Québécois ont visionné Gangnam Style

Je n'aurai jamais pensé que quelqu'un poserait ce genre de question dans un sondage: ne reculant devant rien, Rogers l'a posé pour nous!

Donc, oui, c'est 28% des Québécois qui ont succombé au vidéo viral! Tiens, tiens, à peine 1/3. Moi qui croyais que tout le monde, jusqu'à Saint-Élie-de-Caxton, dansait sur la K-pop! Bon, Ok.

Faisons alors un peu de statistique croisée, question de voir ce qu'on peut en tirer d'autres.

Le Québec compte 8 millions d'âmes au pays (selon L'ISQ), alors, on peut estimer qu'environ 2,25 millions de Québécois ont visionné la vidéo virale. (Nota, environ 80% des Québécois utilisent Internet (selon CEFRIO) donc c'est 35% des internautes Québécois qui ont visionné la vidéo virale).

Sachant qu'Internet compte 2,5 milliards d'Internautes (selon IWS), et qu'il y a un milliard de visionnements sur la vidéo de PSY sur YouTube (selon Google), c'est donc, grossièrement, 40% des internautes mondiaux qui ont vu la vidéo.

De ce nombre, donc, 0,2% de ces visionnements seraient dus à mes compatriotes.


Évidemment, ce sont des calculs théoriques:

  • (a) une personne pouvant être compté deux fois par YouTube et 
  • (b) les pays sous-développés, ainsi que les pays techno-ermites, comme la Chine ou l'Iran, sont comptabilisés dans la population d'internautes mondiale, mais n'ont pas (toujours) accès à YouTube pour des raisons de censures ou de bande passante.

Mais ce qui est vraiment étonnant, c'est que la statistique pancanadienne, elle, montre que c'est 43% des Canadiens qui ont visionné cette même vidéo (selon Rogers)

Donc, si on retire les Québécois du lot, c'est presque 1 Canadien sur 2 qui se serait adonné aux joies du visionnement de la vidéo la plus virale de tous les temps. (Ce sont les provinces maritimes qui ont le plus écouté la vidéo, avec 48% --les stats de Rogers sont plus précises et séparent par genre et âge).

Les Canadiens ont été environ deux fois plus «infectés» que les Québécois, soit environ 13 millions, si mes calculs sont bons. Les Canadiens ont plus visionné la vidéo que la moyenne mondiale, et les Québécois moins.

Et selon l'âge, sans surprise, c'est près de 86% de tous les Canadiens âge entre 18 et 26 ans qui ont écouté la vidéo. Les jeunes clairement adorent -- les 55 ans et plus, beaucoup moins avec seulement 19%, pancanadien.

Cette vidéo étant le viral la plus rapide et la plus fulgurante de tous les temps, elle donne une certaine indication de la pénétrabilité virale selon les cultures à travers le monde.

Une certaine tolérance à la musique pop, au kitch/ridicule, à la parodie est nécessaire pour apprécier et partager cette vidéo. La culture anglo-saxonne y serait-elle plus perméable, et la québécoise (francophone?) y carburerait moins?


À l'émission La Sphère de samedi dernier, Matthieu et Catherine se sont vantés en onde de n'avoir jamais vu la vidéo et se sont bien promis de ne pas l'écouter. Je n'en ferais pas une règle générale, mais ça donne une piste de réflexion: est-ce qu'il serait possible que les Québécois soient ainsi immunisés contre ce type de viral par pure méfiance de ce qui est un viral venant d'ailleurs, une distraction puérile, un vain jeu sociale sans pertinence?

À mon avis, Gangnam Style est incompréhensible si on ne voit pas aussi l'écosystème des parodies qu'il a généré. Vouloir visionner à froid la vidéo de PSY génère plus de questions que de plaisir. C'est l'effet qui accompagne la vidéo qui lui donne une aura. Les Québécois n'ont peut-être pas le même sens de l'humour. Ils sont en tout cas résistants à ce virus venu d'ailleurs.

Passons à la statistiques plus sérieuse.

74% des Québécois croit qu'en 2013, plus de gens seront sur le mobile


J'adore ces sondages qui sondent le plus sérieusement du monde des gens pour connaître les tendances de demain. Toutes les questions sont bonnes à poser!

Donc, les 3/4 des Québécois pensent que plus de gens seront connectés à Internet par le mobile.

Je ne crois pas qu'il faille demander à qui que ce soit de penser quoi que ce soit des tendances de connexion de 2013. C'est 100% sûr que davantage de gens seront sur le mobile l'an prochain!

Que monsieur ou madame Tout-le-monde pense pareil ne prouve qu'une chose: que le message des gourous internet, des journalistes technos et des marchants de bidules électroniques s'est bien rendu à leurs oreilles! Comment peuvent-ils autrement connaître ces statistiques?!

Non, la vraie surprise, c'est que 20% ont répondu non. Non, ils ne pensent pas que plus de gens seront connectés à Internet via un mobile. Mais sur quelle planète vivent-ils? Quoi? Le marché des smartphones serait saturé au pays? Non! Au mieux, cette statistique montre que les répondants à cette question sont incompétents -- mais comment peut-il en être autrement, de toute façon?


En fait, la seule façon de comprendre cette statistique, c'est de la voir comme étant une "intention d'achat" d'un smartphone (on projette sur la société ses propres désirs ou ceux de son entourage).

Là, ça devient clair! : seulement 76% des jeunes Canadiens entre 18 et 24 % pensent que plus de gens seront connectés à Internet par le mobile contre 82% chez les 55 ans et plus. Rogers sait maintenant où se trouve son segment le plus prometteur. Un smartphone n'étant pas à la portée de toute les bourses, plus de jeunes prendront leur mal en patience.

Mais quand on remarque la différence entre les provinces, on découvre autre chose. La moyenne canadienne est de 80% contre 74% au Québec. Est-ce qu'on doit comprendre que la vague mobile sera moins présente au Québec qu'ailleurs en 2013?

Le Québec semble, autant du côté mobile que du côté de vidéo, ne pas suivre le même rythme que le reste de la planète techno. Une certaine immunité techno-virale peut-être...

Avez-vous des pistes d'explications?

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Pour plus de statistiques, consultez directement le Powerpoint sur Slideshare.

Internet remplacera-t-il la télévision en 2012 ?

Comme source d'information? Peut-être. «En seulement douze mois, Internet comme principale source d’information des Québécois a connu une progression fulgurante, passant de 15 % en 2010 à 30 % en 2011.»

La nouvelle étude NETendances du CEFRIO montre que chez certains groupes d’âge Internet a dépassé la télévision, quoique, de façon globale, la télévision constitue toujours la principale source d’information utilisée pour consulter l’actualité et les nouvelles par les adultes québécois (41%).


Plus de détails ici sur le site du CEFRIO: Internet comme source d'information (PDF)

H1N1 - la carte des infections

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) est sur le pied de guerre. La grippe porcine se répand en Amérique du Nord dans le monde. On peut "suivre" le déplacement des foyers d'infection sur Google Map. (ce texte à été complètement remis à jour 31 août 2009]

La carte est ici.

carte google

Ce n'est pas comme Google Flu qui suit en (quasi) direct le déplacement de la grippe via les recherches sur le moteur. Ici, on répertorie les vrais cas.

On semble suivre maintenant la même chose pour la pandémie.

«This map and the data behind it were compiled by Dr. Henry Niman, a biomedical researcher in Pittsburgh, Pennsylvania, using technology provided by Rhiza Labs and Google.»

L'adresse exacte est : http://flutracker.rhizalabs.com

On se demande si l'OMS va prendre le relais. C'est là que l'on peut voir que les institutions se font concurrencer par les individus dans le "web 2.0"

On peut suivre les statistiques des mots-clés ici.

Un peu d'information sur le virus ici.

Le NYTims offre une tableau multimédia plus crédible- Tracking Swine Flu Cases Worldwide

Ajout du 31 août 2009 : un jeu sérieux ("serious game") sur le sujet: http://www.thegreatflu.com/
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Culture en péril - les mystérieux commentaires manquants

Trois quarts de million, tel est le nombre de visionnements du vidéo viral Culture en péril dont je suis à la trace depuis 1 semaine. Mais pourquoi les commentaires n'ont pas suivi la même courbe? Étrange...

En cumulant tous les vidéos sur Youtube (et seulement sur cette plateforme), c'est plus de 750 000 téléchargements qu'il y a eu en 7 jours. Vous trouverez les chiffres ici.

Statistiques
Yves Williams m'a transmis les graphiques suivants Merci! Yves suit aussi ce dossier et tout ce qui a rapport au viral internet durant les élections du gouvernement central.

Cumul de tous les visionnements (première semaine)
Culture en péril -cumul 1 semaine
On remarque que le viral commence à ralentir dans sa croissance effrénée depuis quelques jours

Évolution des visionnements par jour (première semaine)
Culture en péril -Evolution 1 semaine
On remarque que le gros des visiteurs l'a téléchargé le vendredi avec un petit regain mercredi. Dans les deux cas, ça correspond à une exposition à l'avant-plan dans les médias traditionnels.

Évolutions de commentaires par jours (première semaine)
Culture en péril -Evolution commentaires 1 semaine
On remarque que les commentaires ne suivent pas les rebonds de visionnements

Et alors?
C'est en comparant les deux graphiques que l'on est saisi par la question: pourquoi effectivement les commentaires ne suivent-ils pas la même courbe que les visionnements?

On pourrait s'attendre à ce que le taux de gens qui "commentent" une vidéo reste égal (disons 1%) qu'importe le moment où il le visionne (au début ou à la fin de la courbe), selon l'hypothèse que la réception du vidéo est indépendante de la volonté de commenter ou non. Dans ce cas, on devrait trouver que les deux courbes se calquent.

Viral en péril
Mais ce n'est pas le cas, et je ne vois que ces trois possibilités:

Hypothèse 1: les visionnements tardifs sont le fait de personnes qui ont déjà vu la vidéo. Ce sont donc des (re)visonnement qui ne comptent pas dans la courbe de visionnement. On pourrait en conclure que c'est un écho et que les personnes qui avaient à commenter l'ont déjà fait. De plus, la hausse de mercredi peut être le fait du lancement de la version longue.

Hypothèse 2: les tardifs sont moins enclins à commenter. Donc le taux serait variable dans le temps. Les plus rapides seraient plus bavards. Il y aurait corrélation entre commentateurs et relais du viral. On peut penser que les plus rapides sont plus habiles dans la communication internet que les tardifs qui sont peut-être plus "consommateurs" que "commentateurs". De plus, il y a toujours une prime à l'ego à écrire parmi les premiers. Les tardifs se disent peut-être bof, tout a été dit...

Hypothèse 3: une horde de veilleurs commentent les vidéos dans l'espoir d'orienter les réflexions. Ce que l'on pourrait appeler l'astroturfing. L'astroturfing cherche délibérément à forger l'impression qu'il s'agit d'un mouvement populaire spontané. À l'affût de ce qui se dit dans les médias et le web, ils se rendent sur les "lieux" pour "partager" leur voix.

In coda venenum
Cette dernière hypothèse est délicate et sensible. Cherchons à nuancer. Une stratégie d'astroturfing est plus vicieuse qu'un viral en bonne et due forme. On prête moins attention à un message "officiel" et "signé"(surtout provenant du parti adverse) et plus de valeur à l’écho populaire, "source de sagesse du sens commun" et "anonyme" et "sans parti pris"

D'où le fait qu'une stratégie d'astrotufing peut influencer davantage de gens.

Premièrement, cette hypothèse demande que l'équipe d'astroturfeurs d'un ou des parti(s), ou plutôt le cluster d'astroturfeurs, soit assez gros et très agile dans ses communications pour agir rapidement. On pourrait penser que le nombre, ici, est trop élevé pour être crédible. Peut-être.

Mais justement, si on imagine ce cluster composé de sympathisants en ligne, ce nombre peut rapidement devenir élevé. Ce cluster n'a pas à être engagé ou requit de passer un message en particulier: un cluster composé d'électrons libres partageant sensiblement la même idéologie peut rester en essaim et provoquer beaucoup plus de dégâts que si chacun était isolé.

Cela demande un minimum de logistique et pratiquement rien de plus qu'une adhérence des membres à se suivre, comme une nième plaie d'Égypte.

Quel serait l'avantage de l'astroturfing?
Outre l'absence de trace de collusion (les communications sont libres entre les membres d'un parti -- il ne s'agit que de le mettre en branle au début des élections), on peut y voir deux choses:

A) Communiquer tôt dans un événement viral permet peut-être d'influencer les "précoces" dans leurs interprétations de la vidéo ou du message. Ces "précoces" sont des plus grands influenceurs car étant au début d'une pyramide de communication dans leur réseau social ils peuvent transmettre à un plus grand nombre leur message.

B) Mais aussi, communiquer tôt permet quelque chose de plus: éviter la polarisation du débat dans un sens ou dans l'autre: il vous est sûrement arrivé d'être dans un forum comme un chien dans un jeu de quilles où vos commentaires sont totalement à l'encontre des idées diffusées. Ici, en permettant un certain équilibrage des voix, ils autorisent "les gens ordinaires" à donner leur voix aussi, sans sentir a priori à côté de la plaque : d’autres partagent leurs opinions.

Dans ces deuxième cas, l'astroturfing permet un certain retour du grassroot en empêchant le débat de s'enliser dès le départ et permet de confronter les opinions.

La quadrature du viral
L'hypothèse de l'astroturfing n'est pas à être rejetée. Mais elle serait dure à démontrer (Gilles Dauphin a montré que les commentaires se répartissaient relativement également des deux côté --avec une nette animosité du côté des pro-coupure dans la culture).

La solution réside à vérifier l'origine de chaque commentaire et savoir si les personnes qui parlent le font en leur nom et si leur présence sur le web est ad hoc (astroturfing) ou établie depuis un certain temps (grassroot).

Pour ça je passe la main à d'autres...

MàJ : Michel Dumais m'a transmis cette belle pensée/ulr: "Derrière la techno, cherchez l'humain! " ;-)
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MàJ: autres de mes billets sur le sujet
Analyse du phénomène
Billet original

Le secteur high-tech ne connaît pas de crise de l'investissement

Une étude (payant, anglais) rapporte que l'industrie des technologies de l'information américain a enregistré un bon premier trimestre 2008 (alors que tous les autres secteurs on connu un ralentissement).

Avec près de 4 millions de dollars investis dans 373 opérations, c'est 20 % de plus qu'il y a un an..
"Pour la première fois depuis que les résultats sont observés, le secteur des logiciels n'est plus le premier pôle d'investissement : il se trouve devancé par les services d'information."
Source (débusqué par JMSalaün):
L'Atelier BNP Paribas - Le secteur high-tech ne connaît pas de crise de l'investissement

Le monde des réseaux sociaux

Le Monde a publié récemment une mappemonde des réseaux sociaux. Pas très complète, mais permet de mettre en comparaison celle-ci.






Distincts
On y remarque la dominance de FaceBook au Canada et de MySpace aux États-Unis d'Amérique. On se rappelle ce que Danah Boyd a écrit l'an passé : "Viewing American class divisions through Facebook and MySpace". Ces deux réseaux sociaux servent des classes sociales différentes. Ici les voisins ont l'occasion finalement de se montrer distinct...

Boutons et buttons
La France avec Skyblog et les USA avec Myspace ont l'air d'être dominés par les réseaux d'ado. On attend encore plus de détails sur les réseaux en second rôle qui regroupent les "adultes".

Enjeux stratégiques
La France et la Russie sont les seules a posséder leur infrastructure de réseau social, évitant ainsi à un tiers pays de posséder de l'information privilégiée de première main sur une certaine population. Imaginez si demain les États-Unis coupent le service MySpace au Venezuela...

Les enjeux du monde numérique (Digiworld 2007)

Pour tous ceux qui s'intéressent aux développements du réseau et de son impact sur le monde et les affaires, en passant par les périlleuses transitions des acteurs économiques traditionnels des télécommunications et des médias vers l'économie de réseau, voici le 7e rapport DigiWorld d’IDATE (PDF) qui scrute le monde des nouveaux médias, chiffres à l'appui.

Cette brique de 175 pages, en français, soulignons-le, passe en revue le " DigiWorld", c'est-à-dire tous les secteurs qui sont basés --ou en voie de l'être-- sur les technologies numériques (télécoms, Internet, médias principalement). Merci à Jean-Michel Salaün de me l'avoir signalé.

Le document aborde les sujets suivants (liste non exhaustive):

Digiworld 2007
  • Les marchés de tous les continents
  • Les divers acteurs en services et équipements télécoms, les services informatiques et logiciels
  • L'accès téléphonie fixe, mobile, haut débit
  • Commercialisation des produits et services télécoms
  • Équipement et services pour entreprises
  • Les innovations et les nouveaux modèles économiques
  • La messagerie instantanée
  • La TVHD
  • La TV mobile
  • La publicité
  • La TV 2.0
  • Le Web 2.0
  • Les jeux en ligne
Comme le dit Jean-Michel Salaün, il y aurait matière à comparer les biais respectifs des différentes visions des deux côtés de l'Atlantique, avec l'autre annuaire, le Digital Economy Fact Book, auquel j'ai fait référence hier.

Notons tout de suite que l'américain se présente sous son aspect "objectif" ("fact book" se veut un constat neutre) par rapport au sous-titre de la brique de IDATE, "les enjeux du monde numérique" qui n'exclut pas a priori une prise de position. Deux approches très différentes...

Statistiques internet 2007 (Digital Economy Fact Book)

The 2007 Digital Economy Fact Book (PDF) est une brique de 200 pages PDF bourrée de stats et de data, d'information et de graphiques sur Internet et ses usages à travers le monde (pas juste aux États-Unis).

Parmi les sujets traités (liste non exhaustive)


Digital Economy Fact Book 2007e
  • La croissance d'internet (The Growth of the Internet)
  • La population américaine en ligne (U.S. Online Population)
  • La population mondiale en ligne (Worldwide Online Population)
  • Sites, web, fournisseurs d'accès et moteurs de recherche
  • La courbe d'adoption dans les TI et les nouveaux médias (Adoption Rates of Entertainment and Communications Technologies)
  • Ventes d'ordinateurs, de cellulaire (portable), les Smartphones and PDAs
  • Statistiques sur les consoles, la télé et autre gizmos
  • L'adoption de la haute bande passante aux ÉU (U.S. Broadband Adoption)
  • L'adoption de la haute bande passante dans le monde (Worldwide Broadband Adoption)
  • Les "Emerging Broadband Service Platforms"
  • L'industrie du sans-fil aux USA (The Wireless Industry in the U.S) et dans le monde
  • Le RFID (Radio Frequency Identification)
  • Le VoIP, la téléphonie Internet (Voice Over Internet Protocol)
  • Courriel et chat (Email and Instant Messaging)
  • Les médias numériques (télé, radio, jeux, cell, blogue, podcast, réseaux sociaux)
  • Le commerce électronique (B2B, B2C)
  • Les menaces sur la société numérique
  • Économies mondiales (avec accent sur l'Europe, la Chine et l'Inde)
Difficile de faire plus précis. Les chercheurs d'info de tout acabit vont se ruer sur cette mine d'or. Je prends la peine toutefois de vous mettre en garde.

Mise en garde
Comme le faisait remarquer Jill/txt la semaine dernière, la brique est publié par le PFF, "The Progress and Freedom Foundation", commandité par les grands groupes médias ou technologique : Disney (Clear Channel), Microsoft and AT&T, et aussi Google.

Il ne faut pas s'étonner qu'il y ait quelques biais, surtout dans les interprétations, qui vont dans le sens du respect des règles traditionnelles qui protègent ces mêmes grands intérêts (non au piratage, le P2P est mauvais, conservons le copyright, et prenons plus le contrôle d'Internet)...

On se rappelle que la PFF a aussi produit un document sur la "Online Child Protection and Online Content Regulation Bill" à propos de la loi de Bush, très contestée, qui sert à ouvrir la porte à contrôler le contenu sur Internet et affaiblir la protection de la vie privée. Sujets que j'avais abordés en 2006 (Google et protection de la vie privée) en 2007 (Projet de loi sur l'assainissement d'Internet).

À table!
Cela dit, gavez-vous de ces stats, mais lisez les ingrédients avant de resservir à d'autres quelque chose qui pourrait être indigeste. On peut se régaler, mais restons gourmets.

Note de bas de post
Ce qui m'amène à imaginer que dans notre économie en réseau, la propagande n'a qu'à prendre des allures de gratuité.

Effectivement, avec une armée de demandeurs de connaissance (pensons aux agences ou aux clients qui cherchent des données sur le marché numérique à moindre coût), il possible, moyennant finance (il faut produire tout de même un document de grande qualité avec grande quantité d'information), de se frayer un chemin dans la tête des gens, qui plus est, qui sont des influenceurs. Une méditation à retenir pour un prochain post....

Mise à jour 20 mars 2008 : voir aussi le rapport en français DigiWorld 2007 pour autant de statistiques passionnantes et qui pourraient balancer celles présenté ici.

Les ados et les médias sociaux

Les ados américains bloguent. Mais les adolescentes, plus que les gars ( 35% contre 20%). Et 54% des filles aiment publier des photos en ligne, contre 40% pour les garçons en ligne. Mais les vidéos, ce sont les garçons (2 fois plus). Une étude qui montre que l'usage des médias sociaux possède une réelle présence dans la vie des jeunes américains.

Le création de contenu généré par les adolescents continue de croître, car environ 64% des adolescents en ligne se livre à au moins un type de création de contenu (en hausse de 57% des adolescents en ligne depuis 2004).

L'enquête révèle aussi que la création de contenu sert à participer, par d'autres moyens, à la "conversation", une façon de rester en contact.

Accès à l'étude: Teens and Social Media (Pew Internet and American Life)

La francophonie est-il soluble dans FaceBook?

Lorsque même dans Elle.Fr on parle de FaceBook, on sait que l'on est devant un phénomène. Ou une bulle? Brasse-méninge.

Si le Canada, avec ses 8M d'usagers sur FaceBook (environ le quart de la population du pays), figure actuellement en deuxième position juste derrière les États-Unis --mais sera vraisemblablement dépassé par la Grande-Bretagne sous peu -- au Québec, le taux de pénétration ne dépasse pas 12% (source Éric Baillargeon) et en France, c'est moins de 2% (soit 6 fois moins en proportion qu'au Québec).

Mais alors pourquoi dans les médias n'arrête-t-on pas de parler de ce service s'il est si peu utilisé par la population?

Pour quelques arpents de friends
Avec seulement 900 000 membres québécois et 1 million de français, il est clair que l'on ne peut pas dire que FaceBook s'est généralisé dans la population.

Soit! il faut bien être bilingue pour utiliser ce service, même si ce fossé semble vouloir se combler, (et la pression vient de l'intérieur) mais ce n'est pas la barrière première. Alors pourquoi avons-nous l'impression que FaceBook est au-devant de la scène?

La réponse est classique, on parle de FaceBook parce qu'il a frappé l'imagination des acteurs des médias traditionnels. Ou plus précisément, des gens de "communication". Parce qu'ils l'ont adopté (ou du moins tâté) et par faux effet empathique, ils pensent que tous l'utilisent aussi (comme ils pensent qu'on aime tous la bouillie qu'ils nous passent). Et alors, faut-il y être présent "pour être dans le coup"?

Miroir, miroir, dis-moi qui est le plus viral
Le défi numéro 1 en communication, c'est la difficulté de voir son message atteindre son auditoire. FaceBook est l'outil viral par excellence. Vous pouvez déclencher une chaîne de "bouche à oreille" en moins de temps qu'il ne faut pour le dire. Un exploit qui impressionne les gens de communication.

Vous aurez d'ailleurs sûrement remarqué vous-même que c'est le cercle élargi
dépassant celui des geeks qui utilisent FaceBook. Ce sont ceux qui n'ont pas accroché la première fois avec les blogues, les wikis, les tags ou tout autre outil du web 2.0. qui sont maintenant emparés de cet outil, qui est au fond, un amalgame low-res centralisant des outils décentralisés plus performants déjà existants dans le web 2.0.

Un VIH communicationnel
Même si on n'est pas sûr de connaître tous les attentes et les usages de ce nouvel outil, cet outil fait mouche en offrant le web 2.0 "for the rest of us"...

Les gens des médias ont été premièrement alertés de l'arrivée du web 2. 0 quand, l'an passé Time Magazine a nommé "vous", la personnalité de l'année 2006. Vous, les internautes, les producteurs de contenu, les tagueurs, ceux qui font une "expérience sociale à grande échelle", selon les mots du Time.
À ce moment je disais que le grand public venait alors de recevoir le faire-part de naissance du web 2.0, une naissance dont il n’était pas au courant!

L'écho médiatique entourant la couverture du Time n'a laissé place à aucun doute: les médias, avec leur force d'agenda-setter, ont mis sur la place publique, et sous le nom de web 2.0, ce qui se passe sur le internet. À un tel point que votre mère vous demande aujourd'hui si elle ne doit pas mettre ses économies à l'abri au cas où le web 3.0 s'en viendrait ;-)

Et ensuite est alors arrivé FaceBook. Et la prophétie s'est faite chair. En 2007 chacun pouvait être 2.0. Ou plutôt ceux dont le métier ou la passion les rivent devant un écran d'ordinateur: les travailleurs de symboles, candidats idéals pour cette sixième culture d'internet. FaceBook a concrétisé le "vous".

Business as inusual
Alors, les gens d'affaires, qui ont entendu parler de FaceBook durant le temps des fêtes, recoupant ce que leurs neveux leur disaient depuis des mois et ce que les chroniqueurs de la presse people ont raconté pour remplir la période creuse, se demandent durant leur quart d'heure annuel de réflexion avant le retour au boulot: faut-il être présent sur FaceBook?

Vu le petit nombre de participants (dans la francophonie), ce marché n'est pas pour tout le monde. Mais si votre produit ou votre service doit surfer sur une image pour se vendre (pensons à des produits toxiques destinés à la consommation humaine dans restauration rapide ;-) vous avez devant vous les relais par excellence (mais attention aussi les plus critiques) car vous voilà dans le réseau social promu par des gens de communication.

3 réseaux sociaux et puis s'en vont
Si on se risque dans les simplifications, on peut regrouper les trois grands réseaux sociaux (mySpace, Skyrock et FaceBook) selon leur clientèle:
  • mySpace concerne les artistes,
  • Skyrock les ados et
  • FaceBook les travailleurs qui génèrent de l'information, de la connaissance ou de l'émotion.
Ces derniers sont des "opérateurs de symboles", ce que Robert Reich appelait en 1990 les "symbolic analysts". Ils sont des travailleurs de la connaissance sous toutes ses formes (écrit, visuel, audio), ceux qui génèrent du sens (ou qui les gèrent).

Plus prosaïquement, ce sont ceux dont l'ordinateur est un outil de travail et qui se font convertir, un à un, au fait qu'il existe un deuxième écran sur le monde.

Si tel est votre clientèle. elle fuit la télévision. Peut-être qu'il est temps de les suivre là où ils sont...
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Technoratitechnorati tags:

Image : Julien Ferrari du groupe-pétition Facebook en français,

Enquête salariale 2008

TECHNOCompétences invite les entreprises québécoise du "secteur des technologies de l'information (TI) et les entreprises qui emploient des professionnels en technologies de l'information à participer à une enquête salariale sur les emplois en TI", avec garanties de confidentialité. (via JF Perreault)

Il est indiqué que plus de trente postes seront couverts incluant des postes spécialisés en jeux électroniques.

Avec la surchauffe dans le milieu de l'emploi des TI et mltimédia, c'est une information intéressante à connaître: les entreprises participantes, moyennant quelques sesterces, auront droit aux résultats.

Facebook: chiffres clefs et modele d'affaire

Facebook représente peut-être une "régression centralisatrice" (tant elle remplace en miniature tous les services spécialisés du web 2.0) mais force est de reconnaître qu'elle constitue un formidable "électroaimant" attirant irrésistiblement profils (42 millions d'usagers) et applications (plus de 5000 aux dernières nouvelles).

L'ultime document à lire : Facebook : la révolution du « média social » pour une vraie conversation sur Internet (via Affordance) publié par FaberNovel Consulting constitue le rapport le plus complet pour faire suite à mes fragments de recherche sur Facebook.

Au menu (source):

Histoire
  • Créé en février 2004 à Harvard, ouvert au ".edu" nord-américain ensuite;
  • sept 06 ouvert au monde;
  • Mai 07, lancement de la plateforme f8, le fameux SOS, Social, Operating System;
  • Sep 07, 42 M usagers (et se retrouve derrière le géant myspace).
Statistiques
  • Il est le 6e site le plus visité aux US (85% du segment universitaire);
  • Plus de la moitié des usagers actifs y retourne quotidiennement;
  • Les usagers passent en moyenne 20 minutes par jour;
  • 6 millions de groupes actifs;
  • Très populaire dans le pays anglo-saxon (le tiers de la population canadienne et 5M usagers au UK dont 1.1M à Londres);
  • Une version multilingue est en route pour rejoindre les autres pays (42K membres e France seulement, loin derrière Skylog; très peu de pénétration en Allemagne);
  • 3900 applications au 11 sept 07 (et plus de 5000 un mois plus tard (source f8club.de) avec un effet de longue traîne qui ne laisse que 44 applications très populaires;
  • De facto le site no. 1 de partage de photo au monde (2.7 milliards, 14M de upload par jour);
  • L'application "Events" invite 3 x + de gens que le site Evite.com (quand on parlait de régression centralisatrice qui remplace un service spécialisé, en voilà un bon exemple).
Modèle de revenu
2004: $500,000 Peter Thiel (cofondateur de Paypal)
2005: $13 millions Accel Partners
2006: $25 millions GreylockPartners, Accel Partners, MeritechCapital Partnersand Peter Thiel
Selon WSJ : 30M$ de profit sur 150M$ de revenu (publicité et commandite)

Le document propose aussi deux études de cas (universités et blogosphère)
Ceux qui dans le monde d’Internet et des médias s’interrogent sur le potentiel et le futur du phénomène Facebook vont trouver là une multitude de données et de pistes pour leurs prochains 5 à 7.

À mon avis, à faire lire avant le prochain FaceBookCamp de Montréal.
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Source d'influence numero 1 : les blogs

Quand il s'agit de passer un message viral B2C ou B2B, la blogosphère est en première ligne. eMarketers montre, chiffre à l'appui, qu'utiliser les blogues comme courroie de transmission est la meilleure tactique. (via Yannick Manuri)

Ceci dit, il s'agit de voir comment intéresser les blogueurs à transmettre votre message. On n'attrape pas des mouches avec du vinaigre.

Tout cela pourrait engendrer une lassitude si nous croyons que les blogueurs se laissent influencer facilement. Une évolution nouvelle peut être pensée et transformer notre manière de communiquer. La culture des blogues, tôt ou tard, devra être suivi même dans les agences (relisez le Manifeste des Évidences de Cluetrain).

La blogosphère peut permettre ce renouveau, en autant que chacun se pense non pas comme un relais mais bien comme un filtre.
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Youtubisation du web

Il y a deux symptômes qui nous disent qu'il y a un changement en cours:

1. Depuis 4 ans, le protocole de communication le plus utilisé sur le web était celui du Peer-to-peer (p2p). C'est maintenant de nouveau le protocole HTTP grâce notamment à Youtube ; 10% des transferts sur Internet proviennent de ce site.

2. AppleTV permet de visionner youtube directement sur votre télé.

N'est-ce pas étrange que la centralisation (youtube) et le téléviseur remontent en force? Verrons-nous la naissance du Desktop Potato ;-)

Harnachez l’intelligence collective

On imagine souvent que l'intelligence collective est un monstrueux Einstein à mille têtes ou un piteux magmas de pensées divergentes, utile seulement pour résoudre des équations de Lorenz. Pourtant, on trouve de l'intelligence collective dans un ensemble de petits gestes innocents et qui donnent pourtant des insights très intéressants.

(je poursuis ici une série de billets suite à ma conférence donnée au Webcom2007 intitulé Exploiter les outils web 2.0 à votre avantage)


Anti-sèche #3
Voici une autre de mes "cheat sheets" pour repenser votre site en utilisant l'intelligence collective de façon toute simple.

L'intelligence collective, version nano
En évitant de voir l'intelligence collective seulement comme un secteur de la gestion des savoirs (KM) et en en conservant seulement une définition étroite, axée sur les gestes des usagers, vous vous permettez, de façon simple, d'accéder, via des inférences, à une connaissance de votre auditoire.

Cette intelligence (avec un petit i) est la somme statistique d'une multitude de petites décisions que vos utilisateurs ont prises en entrant, en naviguant et en sortant de votre site. On peut voir une forme d'intelligence dans le comportement des utilisateurs : le choix des mots-clefs pour entrer dans votre site; les pages visitées (ou non visitées) ; une séquence de clics particulière; le temps pour emplir un formulaire; l'heure à laquelle ils accèdent votre site; tous ces petits comportements décrivent un ensemble de patterns qui font émerger un ou des portraits types.

Amplifiez le signal
Ensuite, faites une boucle de rétroaction : redonner ces données aux utilisateurs. Par exemple, indiquez les sections les plus visitées, les plus appréciées (si vous avez un système de vote), les plus liées (via technorati, Google blog search ou del.icio.us). Mixez et remixez ainsi les informations obtenues pour créer du sens, une intelligence.

Votre banque de données s'enrichit au fur et à mesure que le temps passe, créant une richesse unique et exploitable qui peut servir en retour pour améliorer vos services.

lntelligence statistique
C'est offrant des choix qu'une certaine forme d'intelligence collective apparaît. Offrez la possibilité d'évaluer votre contenu (avec un système d'étoile par exemple) ou de le taguer, ou de le mettre en signet sur de nombreux systèmes sociaux. En offrant des chemins alternatifs pour se rendre à une information, vous offrez la possibilité qu'ils vous disent ce qu'ils préfèrent.

Flexibilité
Utilisez des outils "ouverts": si vous permettez le mashup de vos datas, il est possible que quelque chose d'imprévu émerge. Si vous avez un outil de sondage en ligne, pourquoi pas offrir la possibilité à l'usager de rédiger une question qui sera ajoutée? Mybloglog permet d'afficher la photo des abonnés au service, pouvez-vous y voir un intérêt si vous offrez un forum, une FAQ ou un blogue?

Il se peut que cette approche crée une nouvelle demande d'expertise. Vous aurez besoin, au choix, d'un sociologue, d'un statisticien, d'un anthropologue ou d'un animateur. Nous ne sommes plus dans la technologie, mais dans le web social...
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Repensez-vous comme service

Les usagers cherchent à se faire servir. Repensez votre vitrine internet non pas comme un destination, une brochure ou un produit, mais comme un service. Par exemple, comprenez que votre visiteur n'est pas en train de naviguer votre site, mais d'utiliser vos services de documentation. Alors savez-vous comment améliorer ce service?

(je poursuis ici une série de billets suite à ma conférence donnée au Webcom2007 intitulé Exploiter les outils web 2.0 à votre avantage)


Anti-sèche #2
Utilisez cette"cheat sheet" lorsque vous cherchez à repenser votre site en grand...alors que vos moyens sont petits.

L'effet réseau
En bâtissant une architecture de participation (voir stratégie 1), vous captez la valeur ajoutée que vous procure le passage de l'usager sur votre site. Implicitement ou explicitement il laisse des traces. Permettez-lui, d'une façon ou d'une autre, d'ajouter du contenu à votre site: il sera plus prompt à revenir s'il y possède de l'information le concernant directement.

Here we are now, entertain us
C'est une faculté très humaine de vouloir (ou de se laisser) séduire. Me vous adressez pas seulement à la partie rationnelle de l'usager. Offrez un service "utilitaire", c'est bien, mais une touche de plaisir ne fait jamais de mal. Un vidéo, un jeu? Ou la météo locale, une webcam 24/7? Une trace de leur passage (mybloglog)? Parfois un simple détail original fera en sorte que votre site se répandra.

Site en (perpétuel) construction
Commencez tôt, sortez sur le marché, n'attendez pas que tous les features soient prêts.Vous ne savez pas quelles fonctions marcheront le plus. Commencez petit, alors. Et grossissez ensuite. Faites attention à la 'scalability' : que se passe-t-il quand le trafic du site décuplera? Devez-vous revoir toute l'architecture ou seulement changer des serveurs?

Service avant vente
Pensez abonnement. Quels sont le ou les services que votre site peut rendre? Est-il unique? Développez un API pour qu'ils puissent être utilisés à l'extérieur de votre site. Demandez-vous comment vous pouvez simplifier une tâche à un usager. Ce n'est pas pcq nous dans un libre-service, qu'ils doivent se plier en quatre.
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Bâtissez une architecture de participation

Les usagers ajoutent de la valeur à votre site. Ne serait-ce que par un effet réseau par défaut : leurs déplacements, leurs hyperliens, les références qu'il laissent ailleurs. Inutile de se lancer immédiatement dans la construction d'un site géré par les utilisateurs (User-Generated Content), commencez par gérer le data généré par l'usage même de votre site.

(ce texte fait suite à ma conférence donnée au Webcom2007 intitulé Exploiter les outils web 2.0 à votre avantage)


Anti-sèche #1
Utilisez cette"cheat sheet" lorsque vous cherchez à repenser votre site en grand...alors que vos moyens sont petits.



Bâtissez une architecture de participation
En reconnaissant que l'usager est en contrôle, qu'il n'est pas obligé de faire ce qu'il fait, c'est à dire, venir visiter votre site ou lire votre contenu, bref qu'il est en mode libre-service, rappelez-vous que l'on n'attire pas les mouches avec du vinaigre. Un peu de miel alors?

Des nouveaux influenceurs
Nous sommes en face d'un phénomène où ce média de masse (par opposition à mass-média) appartient à ses utilisateurs. Le pouvoir de communiquer sur ce média n'est pas différent des autres médias ; une nouvelle catégorie d'influenceurs est apparue. Cherchez à connaître ceux de votre domaine. De la même façon dont les "RP" (relation publique) travaillent avec les influenceurs des médias traditionnels (et non contre eux), pensez à travailler avec ceux qui peuvent être des relais pour vous.

“Les marchés sont des conversations”
Les grands scandales financiers ont créé une vague de suspicion dans le grand public: comment faire confiance à ces entités inhumaines? Le retour vers la "conversation" veut dire que l'utilisateur tend à croire une personne en qui elle a confiance, avec qui elle peut avoir des conversations. Le web est un formidable média qui favorise ces échanges. Ce n'est pas seulement une bonne idée, c'est comme ça que ça fonctionne. Pour en savoir plus, lisez le manifeste des évidences.

Un site à valeur ajoutée
Il y a toujours moyen de faire en sorte que votre site puisse apporter plus que ce qui s'y trouve. Avez-vous déjà une petite communauté d'usagers qui reviennent souvent mais vous n'avez pas les moyens d'installer un forum? Intégrez MyBlogLog et rendez visibles leur visite: il y a de forte de chance que ces personnes aient des choses en commun. Vous aurez leur reconnaissance pour cette mise en contact. Ou intégrez ces petits tableaux de messages, pour qu'ils puissent lire des messages. On en trouve plein sur le web. Laissez-les facilement voter pour le contenu sur votre site (via Digg ou Nuouz). Favorisez le tagging et le bookmarking (del.icio.us). Rien ne vous oblige de partir en grand. Commencez par faire ces "mashups" à petite échelle.

Du data implicite ou explicite
Vous devez absolument prendre le contrôle de vos statistiques. Vous devez connaître d'où vos visiteurs arrivent, quels chemins ils parcourent sur le site et où ils abandonnent. Collectivement, ces visiteurs sont en train de vous donner de la valeur. Ils vous indiquent ce qu'ils aiment ou pas. Quels sont les mots employés dans l'engin de recherche? Où habitent-ils (si vous leur faites remplir un formulaire)? Quel est la grandeur de leur écran ou le type de logiciel de navigation (et comparez à la moyenne pour voir en quoi vous êtes différent). Offrez des minisondages. Vous serez surpris du nombre de gens qui seront prêts à répondre.

Votre architecture ne doit pas se faire contre le visiteur, mais avec lui. Réfléchissez sur la façon dont il peut "participer" avec vous.

Si ces ces idées vous allument, je ne saurais trop vous conseiller de commencer par lire O'Reilly et Gordon pour alimenter votre réflexion.
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Carton rouge

La mise hors ligne précipitée cette semaine de ConstellationW par son géniteur a provoqué bien quelques hauts commentaires d'indignation. Je persiste et siffle : carton rouge!

Zinédine Cartier à quelques minutes de la fin du match de la Coupe de la Retraite assène un coup de boule à ConstellationW Materazzi. En mettant ainsi le site K.O., il quitte le match sur une faute.

N'interprétez pas ça comme un (arrière-)parricide, car je me pose, ici, tout de même, en arbitre. D'aucuns peuvent me reprocher ma rude franchise de refuser que l'on puisse qualifier ConstellationW d'insuccès : ce mauvais diagnostic jette le bébé avec l'eau du bain. Comme le dit Olivier Zara "[m]obiliser l'intelligence collective en face à face, en virtuel, en RSS est toujours un défi quels que soient les outils, les méthodes,..." (source)

Scoop
Mais il faut savoir ici que cette saga se termine par le scoop de Michel Dumais, qui n'oublie jamais qu'il est un journaliste avant tout : Michel Cartier prend sa retraite complète et a quitté définitivement le monde du multimédia qu'il a suivi depuis des décennies.

"Michel Cartier nous a laissé un héritage considérable, malgré des erreurs qu’il est, soit dit en passant, le premier à reconnaître. Maintenant à nous de s’emparer de ce qu’il nous a donné. Le message que Cartier nous envoie n’est pas celui d’un homme aigri, en colère. Orgueilleux selon certains? Non, au contraire, jamais je n’ai vu “pépère” aussi heureux d’une décision." (source Michel Dumais)

"Maintenant à nous de s’emparer de ce qu’il nous a donné." Difficile quand le site n'est plus accessible. Il va à l'encontre de la pérennité de l'information qui fait la force du web.

Sortie de piste
On peut penser que j'ai été intransigeant pour dénoncer le geste de l'homme qui mérite tout notre respect. Je vais le répéter ici, une troisième fois : son héritage, l'industrie complète du multimédia québécois doit le reconnaître, consiste en une carrière de théoricien qui a su galvaniser des hordes successives d'étudiant(e)s dans les 3 dernières décennies à entrer dans le champ des communications et de ce qui ne s'appelait pas encore le multimédia.

Si l'atteinte des objectifs derrière l'ultime projet de M. Cartier n'a pas été réalisée, son projet, son dernier héritage, n'est pas un 'insuccès" pour autant. Son site, auquel plusieurs ont collaboré, a une grande valeur. L'accès à ces "papiers de recherche" (à défaut d'être une oeuvre achevée) peut être considéré, s'il le désire, comme un bien commun de la Cybérie qui inspirera les générations futures.

Ceci dit, chapeau bas, toute mon admiration à celui qui quitte la scène.

Je termine sur une anecdote
Dans les années 80, il avait développé une grille dans laquelle il avait placé toutes les formes de communication sur deux axes : l'axe de vitesse de propagation et l'axe de la quantité de gens rejoint. Par exemple, le cinéma propose des messages qui mettent beaucoup de temps à produire et à distribuer, mais rejoint une très grande quantité de gens. À l'opposée, la parole est quasi instantanée, mais rejoint peu de gens. La radio un peu plus et ainsi de suite.

Tous les médias connus à l'époque couvaient entièrement sa grille. À l'exception d'une zone à peu près au centre, un gros trou dans lequel il avait mis un point d'interrogation.

Une décennie plus tard, je retombe sur le même tableau, qu'il avait remis à jour. Le point d'interrogation avait disparu et, à la place, trône maintenant ce qui fait vivre aujourd'hui la quasi-majorité de ceux que je côtoie quotidiennement ou qui lisent ces lignes : Internet.

UNdata

Le nouveau système d'accès de données de l'ONU (appellé UNdata) améliorera la diffusion des statistiques déjà offertes par la UNSD . Il propose de fournir à l'utilisateur un seul point d'entrée aux statistiques globales des Nations-Unis et présenté d'une façon simple pour "the rest of us" ;-)

L'accès sera gratuit. L'histoire ne dit pas si il y aura des API pour permettre des mashups. Sortie été 2007

Erreur de diagnostic

On peut comprendre l'amertume de M. Cartier, mais il est regrettable qu'il ait fermé le site ConstellationW. Car c'est une erreur.

Il aurait souhaité, selon son courriel, offrir un héritage aux générations futures. Et avec tous le respect qu'on lui doit, nous pouvons croire qu'il l'a déjà fait avec une carrière plus que remplie et même si ConstellationW n'était pas à la hauteur de ses attentes, il était un jalon, à sa façon, sur le chemin de la connaissance.

Mais en le retirant, il rend caduque à la fois son projet et son héritage et confirme doublement qu'il tire sa déception d'être confronté à une façon de faire dans le monde numérique qui le dépasse.

Retirer les archives (ce qu'il avait fait déjà pour la première mouture de ConstallationW) indique une incompréhension patente des modalités de transfert et de filtrage de l'information sur Internet. Confirmé en cela, dès le départ, par l'absence de fils web, de commentaires et autres piliers d'une bonne architecture de participation (qui soit dit en passant n'est pas facile à mettre en place)

Qu'il en ait tiré une frustration administrée par des statistiques anémiques n'est pas une surprise. Mais la faute repose sur une incapacité technique ou culturelle de s'adapter. Je préfère le penser à la façon d'Hervé Fisher.
"Le web n'est pas aussi intégrateur, que l'aurait sans doute voulu le projet de Michel Cartier, qui souhaitait nous réunir sur un même terrain de jeu, mais il n'en demeure pas moins que nous sommes tous de plus en plus connectés au web. L'internet est un véritable cordon ombilical numérique qui s'ajoute stratégiquement aux autres médias et aux livres pour nourrir nos réflexions. Mais il n'est pas requis de fédérer la pensée pour la faire avancer." (source L'Observatoire International du Numérique)
Il y a effectivement une énorme différence de vouloir fédérer et faire l'agrégation.

Cela dit, je répète que je crois pas du tout que ConstellationW était un insuccès, au contraire. Mais il faut croire que ce geste vient de créer une prophétie autorévélatrice... Triste sortie.