4. La chose que tu méprises le plus chez un homme ? La hockeyïte aiguë.
5. Chez une femme ? La manicurïte aiguë.
6. L’époque durant laquelle tu aurais aimé vivre ? Demain (et ce, tout de suite).
8. Ton plus grand fantasme ? Trouver la formule de l’unification des quatre forces de la nature. Et ensuite, aller prendre une bière pour me reposer.
9. Ton idéal féminin ? Élément déjà coché dans ma liste : trouvée !
10. Masculin ? Un mélange d’Umberto Eco, de Peter Sloterdijk et de Jean Reno (pour muscler un peu le tout)
15. Tu peux passer 5 minutes avec une célébrité de ton choix, laquelle est-elle et que lui dis-tu ? Nietzsche, mais probablement que j’aurais besoin de plus que 5 minutes.
16. Ton premier geste au réveil ? Journal, radio, iPad, ce qui est le plus proche à ce moment.
22. Comment passeras-tu la dernière soirée du monde le 21 décembre 2012 ? À lancer à tous mes amis des rendez-vous pour le lendemain pour en parler.
24. Si tu devais déclarer ton amour pour tes lecteurs en quelques mots…
(Sur un air connu)
Moi je t'offrirai
Des billets de blogue
Venues de pays
Où on ne blogue pas
Je creuserai le web
Jusqu'après ma mort
Pour couvrir ton fils web
de posts et de tweets
Je ferai un domaine (.com)
Où le blogue sera roi
Où le blogue sera loi
Où tu seras lecteur
Ne ne te désabonne pas
Ne ne te désabonne pas
Ne ne te désabonne pas
Demain (et ce, tout de suite).
«Facebook n'est rien de plus qu'un carnet d'adresses»
Une brève, qui est passée inaperçue cette semaine, sur «un petit choc Web 2.0 dans le milieu du livre», a retenue mon attention. Un éditeur a lancé sur Facebook un avis de recherche d'un spécialiste de l'oeuvre de Gauvreau. Il semble que le choc consiste à ce que cet éditeur ait lancé un avis «sur internet».
Heureusement, l'article résume bien le propos de l'éditeur, M. Stéphane Berthomet: «Facebook n'est rien de plus qu'un carnet d'adresses. Je comprends que ça puisse surprendre, mais tout dépend de la rigueur avec laquelle on va sélectionner la personne, et pas du vecteur de communications. »
Il n'y a aucun mot sur ce qui cause le choc. Lancé un avis internet en 2011 peut créer un choc? Le ton sur la défensive de la réponse le laisse sous-entendre. J'adore les sous-entendus qui tiennent pour acquis un état d'esprit qui n'est pas le mien. On en apprend beaucoup.
Si au moins il avait mordu un chien et avait publié la vidéo sur Facebook pour promouvoir son prochain livre. Ça, ça aurait mérité, peut-être... un retweet.
Pour réfléchir, des billets que j'ai écris:
Power to the edge : de l'usage d'une dissémination de l'information à la périphérie de son réseau.
Post before process : des raisons de vouloir publier une information sans se soucier d'identifier son "public-cible"
Société de zombies
Mon hypothèse est que l’informatisation accélérée de la société dans les dernières décennies est en la cause. Ou plutôt le mimétisme informatique appliquée à toutes les petites choses de la vie.
Par exemple la gestion des tâches et des agendas s’est industrialisée: les outils de gestion personnelle du temps et des tâches se sont perfectionnés à un tel point qu'il nous faut passer beaucoup de temps pour les entretenir, pour augmenter nos performances, comme on dirait qu'on optimise un programme.
Synchronisez vos vies
Pensez seulement à la gestion de la synchronisation entre tous nos appareils ou avec nos collègues pour vos agendas. À l’époque de l’agenda papier, on était seul maître à bord. On se demande aujourd'hui qui contrôle qui.
Un des meilleurs livres sur la gestion des tâches, Getting things done (ou GTD), que l’on pourrait traduire librement par «achevez les choses», fête son dixième anniversaire. David Allen propose une méthode infaillible pour réduire la gestion du travail en une série de tâches simples à «exécuter». Mon choix de mot entre guillemets n’est pas anodin.
Paradoxe de la maîtrise de l'agenda
Maîtrisez sa géniale méthode, et vous voilà sur la voie d’une gestion sans stress, selon l’auteur. J’ai toujours été dubitatif devant de telles affirmations tant me semble insoluble ce paradoxe :
- Si le nombre de tâches est inférieur à mon rythme d’exécution, la liste se vide rapidement et elle ne sert à rien.
- Si le nombre de tâches est égal à mon rythme d’exécution, la liste reste éternellement pleine et j’en suis prisonnier.
- Si le nombre de tâches est supérieur à mon rythme d’exécution, la liste s’allonge exponentiellement et je suis foutu.
Saucissonner son travail, en série de tâches simples à faire, réduit l’effort cognitif équivalant à jouer un jeu de zombies. Chaque tâche, ou zombie, prise isolément n’est plus une menace : le zombie avance lentement, traîne de la patte, et un coup bien placé lui règle son compte une bonne fois pour toutes.
Nous avons tous écouté un film sur les zombies, alors nous savons pertinemment que les vrais problèmes commencent quand le nombre de zombies augmente.
Surabondance d'attaques
J'aurais pu aussi choisir d'autres exemples de jeux : les Towers Defenses où l'armée adverse avance inexorablement vers votre base par vagues de plus en plus grosses; ou les Traffic Controls (aériens, ferroviaires ou maritimes) qui envoient sans arrêt des véhicules qu'il faut orienter dans la bonne direction de façon plus en plus rapide.
Tous ces jeux, et ceux des zombies me semblent plus emblématiques que les autres, sont des jeux qui simulent des microattaques perpétuelles, sous forme de vagues de microactions à faire, toujours plus nombreux et rapides, et qui tentent de vous submerger jusqu’au K.O. final. Chaque action ne demande pas de compétence spéciale. C'est l'endurance au stress, ne pas se faire déborder, qui est vitale.
Il s'agit en fait de maîtriser la panique qui nous envahit.
Ces jeux sont de véritables exercices d’endurance au stress de notre nouveau quotidien, une façon d’apprivoiser notre vie hyperconnectée. Comment ne pas associer les vagues de courriels, les salves de SMS, tweets et autres messages Facebook à autant de zombies qui nous assaillent? Tous les moyens sont bons pour apprivoiser le stress qu’on associe à l’accélération de la vie.
Devenir zombies
Dans les films de zombies, la peur viscérale tourne toujours autour de cette notion qu’il faut éviter à tout prix de devenir un zombie aussi. Or, qu’est-ce qu’un zombie, sinon un être unidimensionnel condamné à attaquer chaque proie, sans réfléchir, de façon répétée et sans arrêt? Le tueur de zombies, en voulant se protéger, ne fait pas autre chose.
Ces «casuals games» sont des artéfacts d'une robotisation de nos vies: simplifier les tâches, les rendre «exécutables» en 2 minutes, retirer toute intelligence dans chaque minuscule action pour accélérer le processus global.
Les sports individuels sont des apprentissages à la compétition; les sports d'équipe nous forcent à développer la coopération. Les «casuals games» nous forment dans notre quotidien à recevoir un flot encore plus grand d'information et à ne pas paniquer. À accélérer et faire accélérer. Et à aimer ça.
Source Image
Prêt pour un Fab Lab au Québec?
L’évènement est organisé par Communautique et Procédurable, et est animé par l’équipe de Grisvert. Il s’adresse à tous les gens qui souhaitent participer à la création du mouvement des Fab Labs au Québec. L’événement est gratuit et ouvert à tous.
Dans mon billet sur src.ca/triplex voici ce que j'en dis:
«Un « Fab Lab » (de la contraction en anglais de fabrication laboratory) est un lieu où se retrouvent des gens cherchant à développer une « culture de fabrication DIY » (Do it yourself, faites-le vous-même). C’est un atelier où l’on met à la disposition du public des machines industrielles, comme des découpeuses laser ou des imprimantes 3D, pour lui permettre de construire ou d’assembler des objets qu’il ne lui serait pas possible de fabriquer autrement sans s’équiper à grands frais.»
La première rencontre a lieu mercredi prochain en matinée à l'Usine C et abordera les points suivants
- Qui sont les acteurs et les organisations qui souhaitent faire partie de l’aventure des Fab Labs au Québec?
- Dans quelles conditions pouvons-nous créer et soutenir ces laboratoires citoyens?
- Comment ces Fab Labs peuvent-ils se construire dans nos milieux et se connecter?
J'irai faire un tour et je vous en dirai des nouvelles...
Plus d’info ici
L’événement est gratuit et ouvert. Si possible, confirmez votre participation au (514) 948-6644 poste 234 ou 1 877 948-6644 ou par courriel à l’adresse : yasmine.ben-letaifa@communautique.qc.ca.
30 mars 2011, de 9h à midi
À l’Usine C
1901 rue de la Visitation, Montréal
Qui suivra votre page FB si vos employés ne le font pas?
Voici quelques citations que j'ai retenues dans le billet (je n'étais pas à Burlington), avec mes commentaires, question de jongler avec les concepts.
“Don’t blog to be known, blog to be knowable.”
Ne cherchez pas à être connu, célèbre, cherchez simplement à être «connaissable», «découvrable». Si on ne vous trouve pas sur internet, si vous n'y laissez pas des traces, vous n'existez pas. Bloguer pour devenir au top? Peut-être. Mais bloguer pour qu'on sache ce que vous avez dans le ventre, c'est mieux.
“Doom on agencies that just start off with pretty websites and don’t use analytics.”
Les agences qui font de jolis sites sans se soucier de l'analyse de la mesure sont condamnées. Ce n'est pas un concours de la plus belle brochure. C'est un outil relié aux objectifs de votre entreprise. Utilisez les données pertinentes (les analyses statistiques et quantitatives de la fréquentation) pour prendre une décision d'affaires éclairées.
"The problem with most analytics initiatives is that they are essentially a boring report once a month–wrong metrics that aren’t meaningful (aka vanity metrics)."
Les mesures qui montrent des chiffres séduisants (visites, bounce rate) sont finalement ennuyantes et inutiles s'ils ne sont pas rattachés à des objectifs et des actions. Oui, il y a du monde qui voit votre site, mais que faites-vous avec eux ensuite. Oui, vous voulez monter le nombre de fans sur votre page Facebook, mais pour faire quoi? Les «mesures de vanité», ces chiffres pour concours de popularité, font bien paraître ceux qui les colligent, mais pas prospérer votre business.
"Don’t get trapped in worrying about “how many people” because that’s a mass media thing."
Le jeu du nombre est un jeu des médias de masse. Avoir 1000 admirateurs sur Facebook, c'est peu par rapport à une pub traditionnelle, mais on ne parle pas de 1000 personnes, mais bien à 1000 réseaux. Ce n'est pas une relation à court terme, mais sur le long terme.
"If you can’t get your own employees to follow your Facebook page why should anyone else?"
Si vos propres employés ne suivent pas votre page Facebook, pourquoi les autres devraient le faire? Vous êtes votre première communauté, comme dit souvent Bruno Boutot, vous devez être intéressant pour vous-même en premier. Et le reste suivra...
Je vous invite à écouter en passant son récent podcast avec Seth Godin.
Les 3 points forts de Twitter
Je considère que c'est à ce moment-là, en 2009, que l'écosystème médiatique a réellement mesurer l'importance des réseaux socionumériques. Les premiers signes avant-coureurs de la mutation sont apparus beaucoup plutôt (voir ma série sur le nouvel écosystème de l'information en 2008), mais la greffe a commencé à prendre lors de couverture des événements en Iran.
Les 3 points forts de Twitter
Pourquoi utiliser Twitter et non Facebook, qui fait la même chose, tout en offrant toutes sortes de services, et sans cette limite de 140 caractères? Pour trois raisons, qui plaisent aux infoboulimiques:
1- Twitter est un réseau asymétrique. Facebook demande la symétrie. Vous ne pouvez qu'être "ami" avec quelqu'un qui vous accepte en retour comme "ami". Sauf à être en mode privée, tout le monde peut vous suivre sur Twitter. Ce qui est la définition même d'une audience pour quelqu'un de populaire
2- Twitter favorise les «liens faibles». En théorie des réseaux, les liens forts sont ceux que vous entretenez au premier degré. Comme sur Facebook. Les «liens faibles» (weak ties) sont ceux qui vous relient à d'autres groupes auxquels vous n'avez pas accès. La «viralité» est plus forte, un message peut se propager plus loin.
3- Chaque gazouillis peut être lié. On peut exactement pointer un «tweet» avec une URL et donc le citer. Contrairement à Facebook où il faut être un «ami» pour accéder à l'information...si vous arrivez à le retrouver.
Ce qui étonne c'est de voir que Twitter, dans son usage «échange et découverte d'information», recoupe ce que fait le RSS. Twitter est un fil RSS construits par des humains.
Le RSS humain
On est tenu au courant des derniers développements de son domaine ou des informations publiques. Malgré le faible ratio sens/bruits, Tweeter a une courbe d'adoption plus à pic que celui des fils web. Selon les pays industrialisés occidentaux, 10% grosso modo de la population utiliserait Twitter. Ce qui est loin de la pénétration du RSS dans le grand public, aux environs de 2%, alors que la technologie existe depuis 2 fois plus longtemps.
À lire aussi
Voir mon billet sur Triplex (Radio-Canada)
Dossier sur le phénomène Twitter (La Presse)
Twitter a cinq ans: la petite existence d'un grand concept (Le Devoir)
Le cri silencieux
«En 2006, le photographe Noam Galai publiait sur son compte Flickr quelques photos de lui en train de crier. Quelques années plus tard, il apprenait que quelques-unes de ses photos, dont une plus que les autres, étaient utilisées dans une vingtaine de pays.»
C'est en utilisant un outil en ligne appelé Tineye, qu'il a pu trouver les copies partout sur la toile. «Noam Galai affirme ne pas avoir de problème avec ceux qui ont utilisé sa photo pour des projets artistiques, mais être frustré que de grosses compagnies lucratives, des artistes signées ou des éditeurs aient utilisé sa photo pour vendre leurs produits.»
Copier, copier, il en restera toujours quelque chose
Le billet de Gina est assez éloquent sur la problématique des droits d'auteurs et montre à quel point Internet est un puissant outil de redistribution, mais laisse les artistes plutôt impuissants devant la copie...
Voici la vidéo où il explique ce qui s'est passé.
La reproduction de la photo elle-même est évidemment condamnable. Mais c'est probablement un peu plus compliqué pour ce qui est de l'image au pochoir. La technique du pochoir est considérée comme un art et ici la ligne est mince.
Oui, on reconnait la photo, mais le traitement (le haut contraste noir & blanc) en fait une oeuvre probablement distincte, un peu dans l'esprit des conserves de soupe Campbell ou de Marilyn Monroe par Warhol...
Mais ici je ne mettrais pas ma chemise en jeu, les avocats ont les dents longues aujourd'hui...
Che, icône pop
L'histoire ressemble à Alberto Diaz Gutierrez, («Korda») qui avait pris un cliché du Che qui est devenu une icône pop durant les années 60 à 80. Lui non plus n'a jamais vu les royalties. (voir et lire ceci [EN])
Dans le cas de Noam Galai, c'est principalement le pochoir qui a fait le tour du monde. C'est cette image qui est devenue iconique et emblématique. C'est l'artiste du pochoir, qui est probablement celui qui aurait dû peut-être demander la permission à Golai, qui est vraiment celui qui a vu son oeuvre redistribuée.
Autoproduction
Golai, au lieu de poursuivre la planète entière, geste autant ridicule qu'impossible, a eu l'intelligence de faire cette vidéo pour récupérer tout le crédit, y compris celui de l'artiste du pochoir qui, maintenant, est réduit au silence.
Alors que Korda est resté inconnu comme auteur de l'image du Che la majeure partie de sa vie, Golai retourne la fameuse machine internet à broyer les droits pour retrouver au moins sa paternité de son oeuvre.
L'image n'aurait jamais connue une telle notoriété sans la force d'internet, qui en même temps, malmène tellement la notion de copyright, Golai a su refaire une ultime pirouette pour se retrouver au sommet d'un vague viral complètement crée de toutes pièces par le réseau.
Il n'a pas attendu ni les médias, ni la justice; il n'a pas pleuré sur son sort, ni attaqué le monde entier. Il a simplement pris le micro et s'est autopublié pour se faire connaître...
Le dico du futur
Le dico du futur invente des mots. Et justement Anne-Caroline Paucot est de passage à Montréal cette semaine pour vous inviter à concevoir les mots du futur pour exprimer le présent, et ainsi éviter les «médiocres anglicismes dont l’usage abusif amoindrit la qualité de notre réflexion».
Elle propose cette semaine trois ateliers de deux heure où les participants s'aident «d'innovations et de recherches détonantes pour jouer ensemble à créer les mots de demain», comme
- Amedéseuleur (Consultant spécialisé dans la rencontre d’un partenaire en ligne),
- Dépuciéreur (Technicien qui élimine la poussière intelligente),
- Espaceur (Professionnel de l'élimination des objets superflus dans les appartements), et
- Numéropathe (Praticien qui observe, analyse et soigne les dommages commis par l’abus de numérique)
Les ateliers auront lieu
• Mercredi 16 mars à 18 heures (inscription Amiando http://fr.amiando.com/OXVILDS)
• Jeudi 17 mars 20 heures (inscription Amiando http://fr.amiando.com/LSOGWMF)
• Vendredi 18 mars 18 heures (Inscription Amiando http://fr.amiando.com/FWKPXHY)
à la Coopérative de solidarité Ecto 880, Rue Roy Est Montréal, QC H2L 1E6, Canada (514) 564-8636 (Métro : Station Sherbrooke)
Café amer
Gina raconte une mésaventure d"un commerçant avec Groupon, le Café Posies en Oregon, qui tenté l'aventure avec un rabais de 50 % sur les achats de 13 $ pendant les 6 mois suivant l’offre.
«Cette aventure lui avait finalement coûté près de 8000 $ en coûts de production pour fournir à la demande des milliers de gens qui avaient payé pour bénéficier du bon de réduction».
Lost seller
Les coupons, c'est une logique de vente à perte («loss leader»), il faut donc connaître la probabilité que quelqu'un fasse des achats complémentaires pour retrouver son argent. Ce que le café Posies a sous-évalué...
Faire son épicerie avec des coupons, ça marche parce que ce sont des marchandises de base essentielle et répétitive. Et basé sur une habitude (une fois l'habitude prise de «connaître son épicerie» on est moins porté à changer). Faire son épicerie pour une seule denrée (celui du coupon) ne fait pas beaucoup de sens, encore moins de se déplacer dans 3 épiceries différentes pour bénéficier des rabais. Du moins, pas sur le long terme.
Un café, c'est une dépense discrétionnaire. Donc le risque était plus grand dans cette expérience...
Pour utiliser les achats groupés du point de vue du commerçant, on peut trouver de la valeur de 3 façons:
- visibilité (pour la marque ou le lieu),
- écouler du stock de fins de série avant inventaire,
- achat impulsif sur le lieu de vente.
La tragédie du pauvre commerçant vient du type de partage de recette en leur défaveur... Groupon ayant gardé le gros des recettes... et peut-être le manque d'offre «impulsif» chez le commerçant pour «compléter la transaction»...
Il doit y avoir adéquation entre le nouvel outil d'achat groupé et le type de produit à vendre. Ce commerçant a servi de cobaye...
En triplex de Radio-Canada
Triplex, le nouveau blogue techno de Radio-Canada, qui fait suite au départ de Bruno Guglielminetti, accueille trois blogueurs de la scène québécoise. Je suis le troisième locataire de ce triplex, terme consacré au Québec à ces bâtiments à trois logements, modèle sur lequel est bâti ce blogue: je partage l'édifice avec l'ineffable Laurent Lasalle et la geekette Gina Desjardins.
Tout en continuant sur Zéro Seconde, j'ai maintenant une nouvelle audience qui s'ajoute sur src.ca/triplex avec ma chronique régulière d'une demi-douzaine de billets par mois.
Je compte aussi, dans ce triplex, continuer à relater l'ampleur des impacts d'internet sur notre société et nos vies en particulier sur les thèmes qui me sont chers: l'éducation, les médias, le travail, la politique, le marketing, la communication, la philosophie, l'environnement, les médias sociaux...
Et qu'est ce ça changera pour moi? ( à part un look radio-canadien comme sur la photo :-)
Le rythme.
Écrire un billet tous les trois jours diffère de mon habitude de bloguer ici (j'écris quand je veux), c'est en fait une chronique sur la technologie malgré le nom de "blogue" juxtaposé au nom Triplex. Un rythme impose une contrainte particulière, l'agenda en est le moteur. Un blogue dans sa caractéristique originale du moins, suit l'impulsion du moment: on écrit quand il y a quelque chose à écrire, comme je le fais depuis 7 ans.
Ce rythme c'est partiellement celui de la société du spectacle de Guy Debord, concept caractérisant un certain rapport social médiatisé par des images, où l'information est un simulacre de la réalité. Conséquence d'une chronique régulière basée sur une fréquence éditoriale et non sur les besoins de l'actualité.
La portée.
Moi qui écris depuis quelques années sur la mutation de l'écosystème de l'information, avec l'arrimage des nouveaux outils aux médias traditionnels, je dois dire que maintenant entré dans le ventre du dragon, je dois modifier mon vocabulaire. Médias traditionnels versus nouveaux médias? Ça fait 20 ans qu'ils sont nouveaux, ils ont fini par être vieux; et les trads montrent aujourd'hui qu'ils ont rattrapé leur retard.
Si la longue traîne est l'emblème de la nouvelle économie, je serais alors enclin à utiliser maintenant "petits et grands médias". Et l'adjectif à choisir dépend de l'audience, sa portée et son influence. Il y a des blogues qui ont plus d'influence que certaines chaînes télé sur le câble. Triplex est un "plus grand média" que Zéro Seconde. Radio-canada.ca (portion web) est un «plus petit média» que la Première chaîne de SRC sur le FM ou à la télé. Les moyens ne sont pas même non plus.
Le contenu.
Probablement que j'aurai moins tendance à tenir pour acquis que les gens savent de quoi je parle, sur Triplex. J'aurai peut-être à expliquer davantage certains concepts. Mais je crois que je vais surtout faire attention à ne pas créer d'impairs. Je ne suis pas sur mon espace perso, mais bien sur un espace public restreint.
Dans un espace d'auto-production (comme la blogosphère), chacun est libre de créer du contenu. On n'a qu'à s'en prendre à soi-même si on est jaloux de ceux qui s'y trouvent. Dans un espace médiatique restreint, il y a un choix exclusif qui limite l'espace. Si c'est moi le troisième locataire du triplex, ce n'est pas un autre. On peut donc contester une présence sur la base que la personne prend la place d'une autre. Dans un espace restreint, surtout non autoproduit, ce n'est pas les mêmes attentes.
Le lectorat.
J'ai été choyé d'avoir un lectorat et des commentaires de qualité sur Zéro Seconde depuis le début. Le paratonnerre qu'est Radio-Canada attirera la foudre qui serait tombée à côté. Un auditoire plus grand attire des gens aux points de vue diversifiés, probablement contradictoires, possiblement antagonistes. Il y a une différence entre avoir des conversations de couloir et argumenter avec une foule dans la rue. J'aurai à ajuster ma voix en conséquence.
Je vais probablement faire référence sur Zéro Seconde à la plupart des billets écrits sur Triplex, donc le nombre de billets augmentera ici. Mais à travers ça, je vais sûrement affiner et tester des sujets plus pointus ou diversifiés pour tenter d'explorer les changements en cours au 21e siècle et pas seulement en techno.
Merci à tous de votre présence.
Éduquer au 21e siècle: tout reste à inventer
Michel Serres dresse un portrait clair: «[s]ans que nous nous en apercevions, un nouvel humain est né, pendant un intervalle bref, celui qui nous sépare des années soixante-dix». La société est en rupture. Le système de l'éducation aussi.
Une rupture? Dans La société émergente du XXIe siècle, Michel Cartier et Jon Husband, on en donne cette définition : «Une société est en rupture quand sa complexité se modifie au point que ses statistiques deviennent exponentielles. Elle se place alors sur les bords du chaos oscillant entre la peur de faire des choix sans aucun point de repère et le bonheur de pouvoir changer sa trajectoire.» (plus de détails ici)
Depuis une décennie déjà, nous avons eu tous les signes que le monde a changé. En partie par le développement de toutes les nouvelles technologies, des avancés scientifiques et des connaissances sociales.
Michel Serres constate que la société du spectacle s'est doublée d'une «société pédagogique dont la concurrence écrasante, vaniteusement inculte, éclipse l'école et l'université. Pour le temps d'écoute et de vision, la séduction et l'importance, les médias se sont saisis depuis longtemps de la fonction d'enseignement.» Les médias n'ont pas la capacité de clarifier les débats, comme discuté dans mon billet hier, qui alors le fera? Les enseignants?
Cadre à revoir
«Voici des jeunes gens auxquels nous prétendons dispenser de l'enseignement, au sein de cadres datant d'un âge qu'ils ne reconnaissent plus : bâtiments, cours de récréation, salles de classes, amphithéâtres, campus, bibliothèques, laboratoires, savoirs même… cadres datant, dis-je, d'un âge et adaptés à une ère où les hommes et le monde étaient ce qu'ils ne sont plus.»
Michel Serres se demande ce que nous pouvons leur transmettre. Le savoir ? «Le voilà, partout sur la Toile, disponible, objectivé. [...] Désormais, tout le savoir est accessible à tous. Comment le transmettre ? Voilà, c'est fait.»
Internet et son imposant réservoir de contenu changent la donne. Quoi et comment apprendre quand tout est accessible? «Ne dites surtout pas que l'élève manque des fonctions cognitives qui permettent d'assimiler le savoir ainsi distribué, puisque, justement, ces fonctions se transforment avec le support et par lui.» dit l'éminent intellectuel, probablement emporté par l'enthousiasme.
(S'il a raison de souligner que le problème aujourd'hui n'est plus l'accès, il a tort de sous-estimer l'énorme défi de "recevoir" et "interpréter" toutes ces connaissances, car la problématique fondamentale, quant à moi, devient maintenant ce choix, ce tri en aval de l'information pertinente, pour à peu près toutes les couches de notre société actuelle).
Il en appelle à un redressement des institutions pour accompagner ce changement. «Je vois nos institutions luire d'un éclat semblable à celui des constellations dont les astronomes nous apprirent qu'elles étaient mortes depuis longtemps déjà.» Et il le dit sans nostalgie aucune. Cette rupture indique un nouveau départ. «Je voudrais avoir dix-huit ans, [...] puisque tout est à refaire, puisque tout reste à inventer.»
Il faut tous avoir dix-huit ans, car on doit tout réinventer.
Référence
Petite Poucette, par M. Michel Serres, de l’Académie française
"Nous sommes à un tournant" Interview de Michel Serres, dans Ouest France
Les médias sociaux augmentent-ils la "morbide obésité des points de vue" ? Martin Lessard, Zéro Seconde.
Êtes-vous prêt pour le 21e siècle ?, Michel Cartier, Constellation W
Les maîtres à l'époque des blogues Martin Lessard, Zéro Seconde
Culture et éducation:l'invention d'un medium, Alain Giffard, blogue
L'école n'est pas du tout ce qu'elle pourrait être, Mario Asselin , Mario Tout de Go
L'éducation au 21e siècle, rapport de l'UNESCO, où la Commission suggère 4 « piliers » pour l'éducation : apprendre à vivre ensemble, apprendre tout au long de la vie, apprendre à affronter une variété de situations, et apprendre à comprendre sa propre personnalité.
Les médias sociaux augmentent-ils la "morbide obésité des points de vue" ?
Qui peut le faire, alors? Les intellectuels?
«Ce rôle très dernier-siècle serait pratiquement disparu avec le repli des universitaires dans leur tour d'ivoire surspécialisée.» suggère Baillargeon un temps. «Mais est-ce vraiment le cas? [...] les intellos parlent, constate-t-il, mais en vase plus ou moins clos. Ou bien ils s'y prennent mal, ou bien leur parole n'est pas relayé [en raison de] la difficulté de percer les grands médias pour alimenter les débats» conclue-il en s'appuyant sur les paroles de Dominique Garant, professeur à l'UQAM.
Le débat sur le débat
Je ne suis pas sûr de ce que Garant avance en déclarant ça, mais s'il entend que le débat manque «de personnes compétentes» pour porter un «argument vraiment convaincant», comme on apporte l'arrosoir pour remplir la cruche, je ne suis pas sûr qu'on a réellement avancé sur cette question.
Angenot, dans son livre justement, Dialogue de sourds, souligne l'aporie d'en appeler à une autorité pour faire avancer le débat. Ce raccourci ne fait que repousser le moment où on se fait convaincre.
L'argumentation d'autorité est «un expédient: on n'a "pas le temps" de tout redémontrer, on renvoie à l'autorité établie.»[p.77] Pour accepter l'autorité de l'intellectuel dans le débat, il faut avoir a priori accepté son autorité, donc son point de vue, donc il n'y a pas de débat. On n'a qu'à laisser les intellectuels discuter entre eux, «dans leur tours d'ivoire surspécialisé»
L'autorité de l'autorité
Pas que j'en ai contre l'argument d'autorité, au contraire, mais je me demande, comme Angenot dans son livre, si tout débat sociétal n'est pas «un dialogue de sourds» où chacun campe dans sa position rhétorique. Tout de même, «[l]e monde raisonné et débattu est indémontrable ce qui ne dispense pas de raisonner avec autant de force que possible justement parce qu'aucune argumentation ne sera décisive» [p.426]
Les médias sociaux pour se réchauffer avant d'agir
Si les médias «n'ont pas la capacité de clarifier les débats». Que font-ils alors? Ils sont des relais, des brasseurs d'idées, des amplificateurs de signaux.
Tout média grand comme petit, institutionnel comme social, est un vecteur de propagation d'idées dans la société. Les médias sociaux, eux, ont accéléré le processus de diffusion. Ils permettent le «shared awareness» comme le dit Clay Shirky dans Political Power of Social Media, dans le dernier numéro du Foreign Affairs, c'est à dire l'habilité de chaque membre d'un corps social de non seulement comprendre la situation en cours, mais de savoir aussi que d'autres le sont aussi.
Ce que les médias sociaux ont apporté de nouveau est l'abaissement des coûts de distribution auparavant prohibitifs de certains messages «non mainstream». De là à dire que «les nouvelles technologies [favorisent] une suralimentation du débat, jusqu'à la morbide obésité des points de vue», il n'y a qu'un pas, que Baillargeon suggère comme question dans son article.
Agir avant que ça chauffe
On devra bien y répondre un jour, à cette question, maintenant que la démocratie a bouclé la boucle en permettant à ses citoyens de s'exprimer sur tout et son contraire; comme fait-on pour faire avancer le débat? Le réchauffement planétaire n'attendra pas que le dernier humain soit convaincu pour sévir.
Photo Source (c)
Classement des meilleurs blogues au Québec
La liste en primeur est une gracieuseté du gestionnaire de communauté de Wikio (c'était Vincent Abry qui avait eu le «scoop» le mois dernier). Une fois n'est pas coutume (je ne suis pas dans la "business du scoop" mais plus dans l'analyse), mais comme j'apparais en 19e position, ça fait plaisir.
Une belle manière, pour moi, de fêter mon 7e anniversaire de blogue la semaine dernière! J'ai écrit au delà de 1000 billets! Merci à tous ceux qui me suivent via mon fil RSS ou mon compte Twitter (3700 followers) et qui m'encouragent!
Top 20 blog Québec Mars 2011On remarque que le top 20, les technos, les recettes et les actualités dominent.
1 [techno] Blog Marketing Web 2.0 et Techno, de Vincent Abry, infatigable veilleur de l'actualité techno 2.0
2 [techno] Descary.com, de Benoit Descary, autre infatigable et prolifique veilleur techno, un des plus grands influenceurs, notamment avec ses nombreux admirateurs sur Twitter (36 000 abonnés)
3 [recette] Les gourmandises d'isa. Avec Isabelle on manque jamais d'idées. À ne pas rater: sa recette de macaron au caramel !
4 [recette] Les plats cuisinés de Esther B. Avec Esther, aussi, les petits plats simples à cuisiner sont accessibles à tous. Je ne sais pas si c'est un hasard, mais les top 2 des gars sont technos et les top 2 filles sont recettes ;-)
5 [actu] Blogue Patrick Lagacé. Un des premiers journalistes à embrasser la mode des blogues.
6 [techno] Michelle Blanc. Doit-on encore présenter la «papesse des blogues»?
7 [techno] DominicArpin.ca, le patrouilleur du web, à votre service, pour vous faire découvrir l'insolite et le comique en ligne (et en vidéo).
8 [recette] Les mille et un délices de Lexibule. La bouffe à l'honneur, pour ceux qui ont la dent sucrée.
9 [actu ] Richard Hétu, correspondant de La Presse à New York.
10 [Livre] La bibliothèque d'Allie. La lecture à l'honneur et en dixième place. Média trad, prenez note!
11 [design] marevueweb Inspiration et ressource pour le design et le web
12 [recette] Le plaisir de la table. Les plaisirs gourmands à la portée de tous. Remarquez que le tiers des blogues sur cette liste sont consacrés à la bouffe.
13 [recette] Doumdoum se régale! À essayer, son pain blanc d'Amadou !
14 [télé] TVQC - La télé de partout vue d’ici. Téléphages, vous voilà servi!
15 [créatif] Tchoubi. Tchoubi aime le gâteau Royal, sa couverture chauffante, la lueur des bougies, l’odeur de la coriandre et du pain frais. Vous voilà en bonne compagnie!
16 [bibliothéconomie] Bibliomancienne, de Marie D. Martel, sur la philosophie, la littérature et les bibliothèques à l’ère numérique. La preuve par dix que les blogues sont pour les gens intelligents.
17 [cinéma] Hollywood, P.Q. Cinéphiles, vous n'êtes pas en reste !
18 [actu] Blogue de Richard Martineau. Polémiste qui n'a pas son blogue dans la poche.
19 [mon favori ;-] Zéro Seconde. Sur les impacts d'internet sur la société, les communications, nos vies. Depuis 2004. Laissez-moi un commentaire !
20 [actu] Le blogue de l'édito. Où on voit que La Presse a bien saisi comment les blogues pouvaient s'intégrer dans une logique éditoriale d'un journal. Dans ce top 20, trois proviennent de Cyberpresse.
Classement réalisé par Wikio
Comme entendu dans les médias sociaux
Il en reste évidemment certains pour critiquer les contenus que l'on retrouve sur ces réseaux sociaux comme étant futiles ou pire, de la désinformation.
En fait, ils regrettent qu'Internet ne soit pas «édité a priori», pour que seule la qualité circule. Partout où leurs yeux d'experts de l'info se portent, ils ne voient aucune qualité.
Une partie du malaise (de la «blessure narcissique») tient au fait qu'ils se considèrent comme LES experts de l'info, or, leur statut dépendait beaucoup plus du monopole de l'info qu'ils avaient qu'une quelconque expertise exclusive. Cette exclusivité leur a été ravie. Dont acte.
S'ils voient encore peu de qualité dans les nouveaux médias sociaux, c'est qu'ils persistent à penser à une édition centralisée et a priori, or le système est renversé. Pour le meilleur ou le pire, ce n'est plus le centre, mais la périphérie qui tri et qualifie a posteriori.
Le jugement critique est décentralisé et le reportage des faits l'est autant. (voir mon billet sur Publier maintenant, trier plus tard)
En l'absence de journalistes dans une Libye en train de s'écrouler, il est possible, pendant un certain temps, avec les précautions nécessaires, trier le flux de cris provenant de la rivière de sang. Certaines larmes ne mentent pas.
Image via Laurent Vermot-Gauchy
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Ecosysteme de l'information (1/3): Twitter Surge
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140 petites frappes dans le temple des médias
Watson : l'intelligence augmentée
Watson a gagné. On ne voit pas encore tous les changements symboliques et réels que cela apportera. Voici un petit retour de ce qui s'est dit d'intelligent sur le sujet cette semaine.
Ce billet fait suite à mes deux précédents sur le sujet: Exponentiel, mon cher Watson et Watson 1er
Dans L'Expansion, Raphaële Karayan a recueilli les propos de Jean-Gabriel Ganascia, en science de la cognition:
Dans son blogue Automates intelligents sur Le Monde, Jean-Paul Baquiast dresse un portrait réaliste des impacts prochains sur le monde du travail
Que nous montre cette expérience en matière d'intelligence artificielle ?
Jean-Gabriel Ganascia: «Herbert Simon, chercheur à l'Université de Carnegie Mellon, qui a développé Watson avec IBM, avait annoncé en 1957 que les ordinateurs deviendraient capables d'écrire de la musique et de devenir champions du monde d'échecs. On lui rétorquait que c'était impossible. Et puis il y a eu Deep Blue. On a alors dit: "ce n'est pas vraiment de l'intelligence, c'est du calcul abstrait et systématique. La vraie intelligence, c'est le langage." Là, on voit qu'un ordinateur est capable dans des situations très concrètes de se débrouiller de façon étonnante.»
Source
Ce sont les professionnels qui ont une expertise reposant sur leur capacité à emmagasiner des informations mémorisées et à faire des inférences complexes (on pense aux médecins, aux avocats, aux enseignants, dans leur aspect «question / réponse» de leur emploi) qui peuvent craindre le pire avec le retour en force des «systèmes experts».
Ce que l’on pourrait en conclure concernant l’Intelligence artificielle.
Jean-Paul Baquiast: «Contrairement à ce que l’on croit, les plus menacés seront ceux qui font aujourd’hui appel aux formes élaborées de la compréhension du langage naturel et du jugement, en s’appuyant sur des quantités considérables de connaissances accumulées aussi bien dans leurs cerveaux que dans les sources de documentation qu’ils utilisent.»
Source
Jean-Paul Baquiat reste toutefois sceptique face à une approche informatique basée sur la «force brut» de la machine, face à l'homme qui restera toujours plus imaginatif et créatif.
C'est ce qui lui fait dire que Watson n'est pas une forme d’intelligence artificielle (simulation de l'intelligence) mais une forme d’intelligence augmentée (assemblage et recoupement de connaissances).
Avez-vous lu d'autres conclusions intelligentes sur le sujet?
Watson 1er
Ainsi donc, Watson a gagné. Au jeu télévisé "Jeopardy", la machine a gagné contre les 2 meilleurs participants aux questions de savoir général posé par l'animateur. Les cerveaux électroniques montrent une fois de plus leur supériorité. Vraiment?
Rendons à IBM ce qui appartient à IBM: ils ont réussi en une quinzaine d'années à donner deux camouflets à l'intelligence humaine. Premièrement en rendant Deep Blue maître des échecs en 1997, ils ont retiré la rationalité combinatoire du monopole humain. L'homme comme être exclusivement capable de faire des choix stratégiques venait de mordre la poussière. Et aujourd'hui, deuxième défaite, l'homme qui «sait tout» est renvoyé avec un bonnet d'âne.
La première «vexation» a refroidi le mythe des experts en échecs comme homme intelligent. Regardez les vieux films du XXe siècle et la façon qu'ils ont de «déifié» le bon joueur d'échecs.
La nouvelle «vexation» donnera raison aux tenants de la pédagogie par compétences et non par connaissance. Probablement que d'autres ajustements s'installeront dans la culture pour «guérir» notre «blessure narcissique». Les génies en herbe de ce monde ne seraient donc que des OS organiques bientôt dépassés par le iPad ou... Android.
Je crois qu'il faut se réjouir de voir ces machines étendre l'intelligence de l'humain, tout en acceptant que ce que nous pensions être une exclusivité soit maintenant partagé avec la force brute de la computation informatique. Mais cette «intelligence» a plus à voir avec le dénommé Q.I. --qui aura bientôt bien du mal à rester un barème de mesure de l'être humain. On doit plutôt s'attacher à la véritable nature de la pensée humaine.
La pensée humaine, disait Harendt, se situe dans sa capacité à donner un sens au monde et à interpréter de façon non automatique. Ce qui n'est pas donné à la machine. Mais que celle-ci puisse déchiffrer mieux que nous les données complexes ne fait plus de doute. Qu'elle maîtrise les mots d'une façon que l'on pourrait appeler sémantique, aussi. L'espace laissé à l'humain se rétrécit peut-être, mais elle nous laisse toujours dans un champ interprétatif exclusivement humain.
La «désincarnation de l'intelligence humaine» engendre définitivement des avenues que je n'osais pas imaginer il y a 5 ans*. Mais elle nous force è redéfinir ce que l'on entend maintenant par intelligence.
À lire sur Zéro Seconde
- Exponentiel, mon cher Watson (mon billet de la semaine dernière)
* J'ai correspondu avec Vincent-Olivier en 2004 sur la possibilité que le réductionnisme apporté par l'intelligence artificielle puisse décentrer l'homme de son socle d'être intelligent. J'ai défendu que l'aspect de la sémiosis humaine reste indépassable. Mais il faut reconnaître que l'actualité semble aller davantage dans sa direction. Voici la série de mes réponses:
- Intelligence artificielle et semiosis humaine
- Intelligence artificielle et sémiosis humaine-2
- Godel et le web sémantique
Twitter en chinois
«En 2011, le tract, l'appel à la mobilisation, peut désormais entrer en 140 caractères dans un tweet» écrit Fabien Deglise, dans Le Devoir, pour montrer que les outils sociaux numériques peuvent faire partie de la trousse d'un manifestant. À ce jeu, certaines langues ont des «tracts virtuels» beaucoup plus longs que d'autres.
140 caractères sont une limitation qui restreint la pensée que pour les langues alphabétiques. On oublie que dans les langues à idéogrammes, comme le chinois et le japonais, le «caractère» est souvent un mot.
Voici un exemple en 140 caractères pile-poil! En chinois, s'entend.
Ce qui veut dire:
«La Chine, ici, est géniale, tant que l'on comprend, s'adapte et utilise correctement les règles tacites. Pourvu que vous vous n'en fassiez pas si le système politique est barbare, immature, sans contrepoids et à l'avenir incertain; si vous fermez les yeux sur une primauté du droit non appliquée, l'absence de justice, l'iniquité dans la société, et la disparité des richesses; si vous n'avez pas besoin de liberté d'expression, de liberté de croyance, d'être à l'abri de la pauvreté, ou de la peur; et si vous ne vous souciez pas de l'épuisement des ressources, de l'effondrement de l'environnement, et de la pollution de l'air, de l'eau et des sols. Eh bien, c'est le paradis.»
En comparaison, tweeter en français correspond à éructer le titre alors que le Chinois, lui, récite tout le livre au complet. Quand on a la place pour aller au-delà du simple slogan, un véritable message peut circuler. Le microbloggage, en chinois, prend tout son sens.
Bien sûr, certains trouveront toujours que ce n'est pas encore suffisant tout faire passer Marx avant de se lancer dans une révolution, mais ça ne rentre pas dans aucun média socionumérique de toute façon (et ça ne marche pas comme ça). 140 caractères (ou mots, dans ce cas-ci) peut être suffisant pour «proposer du sens», sans se faire attribuer le quolibet de nom d'oiseau. En chinois, certainement. On peut passer un appel à la mobilisation et expliquer pourquoi!
Source
J'ai découvert ce «birdy» (un tweet de 140 caractères d'un coup) via un ami, bien au fait de ce qui se passe en Chine. Le Tweet chinois original vient d'un site de microbloggage d'un journaliste chinois, Cheng Yizhong, tel que rapporté par le blogue de Siweiluozi, d'où j'ai pris la version chinoise et sa traduction http://www.siweiluozi.net/2011/02/this-is-your-paradise.html
Égypte: le rôle des médias sociaux dans la chute de Moubarak
Avant de commencer, on s'entend ici pour dire que les «réseaux sociaux» (numériques) n'ont pas inventé les «réseaux sociaux» (humains).
Les réseaux sociaux ont existé de tout temps et précèdent naturellement les réseaux socionumériques. Ce que les réseaux sociaux sur Internet ont apporté c'est la possibilité de garder des traces des échanges dans ces »réseaux sociaux». Des traces écrites ou audiovisuelles. Donc des traces qui permettent de revenir en arrière, comparer, évaluer, juger.
Et aussi de pouvoir s'affranchir de la seule parole comme véhicule de transmission.
Les «médias sociaux», ce sont ces outils qui permettent de communiquer en groupe, en asynchrone ou en direct, selon des modalités très semblables aux médias de masse. La légèreté en plus. Le contenu qui y circule est modulé selon les vrais besoins (ou envies) de ses émetteurs/récepteurs.
Et il arrive ce qui arrive.
Dans le New York Times de dimanche dernier, un récent article décrit très bien le rôle des médias sociaux dans la création des manifestations en Égypte ( «Social media has fueled the fires of the Egyptian protests.»).
L'article décrit comment Khaled Said, un jeune de 28 ans, s'est sauvagement fait battre à mort par deux policiers en civils, en juin dernier, dans un le hall d'un immeuble. Dans la semaine même du drame, une page fut créée sur Facebook (We Are All Khaled Said) qui montrait des images de son corps, méconnaissable, à la morgue, ainsi que des vidéos captant l'attaque sauvage.
130 000 personnes se joint à la page et l'on partagé à leur réseau. Ce qui veut dire que ce sont 130 000 réseaux personnels qui ont été potentiel touché.
«La mort de M. Said est peut-être l'exemple le plus frappant du pouvoir spécial des outils de réseautage social comme Facebook même --ou surtout-- dans un état policier». La page a servi de catalyseur du mécontentement des Égyptiens abonnés. Même s'il existait des vidéos sur YouTube et des blogues sur la brutalité policière, ce cas a créé une communauté autour de ce sujet.
Un paratonnerre de colère
Ce qu'il faut comprendre c'est que même s'il est évidemment difficile d'isoler l'impact réel des médias sociaux pour engendrer les manifestations monstres, il est clair qu'ils permettent de colliger des traces des abus policiers et de catalyser une colère qui se partage ensuite plus facilement.
Les photos et les vidéos sur Khaled Said sont des preuves que l'on se passe et qui ont l'avantage de parler d'elles-mêmes. L'indignation pouvait enfin se concentrer sur un fait incontestable de la répression policière.
C'est cette indignation qui s'est propagée sur les médias sociaux, via Facebook, Twitter, YouTube et les SMS. Car tout le monde pouvait être le prochain Khaled Said.
Sous les gazouillis, la révolte
La vidéo de Khaled Said sur Facebook a été vue par 500 000 personnes. Dans un pays de 84 millions, les blasés peuvent en nier l'importance. Sauf si on se rappelle que ce n'est pas seulement un demi-million de personnes, mais bien un demi-million de réseaux sociaux personnels qui ont été touchés. Pourtant un blasé a écrit:
«S'il fallait en croire certains, sans Facebook et Twitter, il n'y aurait jamais eu de soulèvement en Tunisie et en Égypte. En a-t-on assez lu de ces reportages jovialistes décrivant une jeunesse arabe mondialisée qui passerait ses longues journées à gazouiller sur ces nouveaux médias prétendument "sociaux"?» (Christian Rioux, Journaliste au Devoir)
Je ne sais plus m'expliquer ce lancinant malaise à propos du phénomène des médias sociaux, chez ce chroniqueur en particulier, autrement perspicace sur tous les autres sujets, mais il semble qu'il tombe dans le panneau de chercher à coller une cause unique à des phénomènes complexes (un genre de syndrome d'Archiduc Ferdinand d'Autriche, dont l'assassinat, on le sait, à provoqué l'épilepsie sanglante de la Première Guerre mondiale).
De fil en aiguille
Les réseaux socionumériques permettent une propagation et une coordination qui n'existaient pas avant. Il n'y a pas de cause unique, ni une façon d'isoler facilement son apport. Mais en Égypte, on peut voir un fil conducteur.
La mort de Khaled Said n'est pas la cause de la révolte. Elle est une des étincelles, certes, car il a fallu beaucoup de brins de paille pour embraser Le Caire.
Comme il y avait maintenant 500 000 personnes sur la page de Khaled Said sur Facebook, il devenait tout à coup très simple de publier des invitations à joindre des manifestations dans la rue. Ce que l'administrateur anonyme de la page ne s'est pas privé de faire.
Avec des conversations dans les réseaux sociaux (numériques) qui se muent en foules dans la rue, ayant en leur possession des preuves convaincantes de la brutalité policière, l'État s'est vu forcé d'arrêter les deux policiers. Mais d'autres cas de brutalité mortels ont surgi; les protestants ont continué à se réunir de plus en plus souvent durant l'automne suivant.
Et puis arriva la Tunisie. Avec le succès qu'on lui connait. La voie était montrée.
Alors les groupes Facebook se sont donné le mot pour appeler à une manifestation monstre au Caire le 25 janvier (d'où le hashtag #jan25) et le reste est passé à l'Histoire.
Un (seul) Twitter ne fait pas le printemps
On peut voir les réseaux sociaux comme une étincelle ou un combustible qui met le feu aux poudres (ou l'accélère), même si cette même étincelle ne peut plus grand-chose une fois l'incendie allumée.
Moubarak, comprenant trop tard ce qui s'est joué dans les réseaux socionumériques, a tenté de débrancher internet et de noyauter les groupes Facebook. Mais le vieux dictateur, dépassé par les événements, convaincu que le contrôle des médias traditionnels était suffisant (on se rappelle la pathétique adresse à la nation hier soir) s'incline maintenant devant le printemps arabe qui s'est installé dans son pays.
Source: New York Times «Movement Began With Outrage and Facebook Page That Gave It an Outlet», par Jennifer Preston avec David D Kirkpatrick, Kareem Fahim et Anthoiny Shadid, en direct du Caire).
Photo: Suhaib Salem/Reuters
Exponentiel, mon cher Watson
L'humiliation infligée par Deep Blue a été vite oubliée et le jeu des Échecs a été «downgradé» au rang des jeux de réflexion computationnelle brute.
Autrement dit, être excellent aux échecs a commencé à signifier être intelligent comme une machine, et deviendra folklorique comme ceux qui récitent le nombre pi jusqu'à la 25e décimale. Alors qu'Excel vous le donne dans une cellule.
Entre en scène Watson.
IBM a créé la machine la plus intelligente sur terre. Branchée à toutes les connaissances en ligne. Un cerveau multiparallèle programmé pour répondre à des questions de... Jeopardy?!
La semaine prochaine, à l'émission NOVA, elle sera en compétition contre les deux meilleurs joueurs (humains) de tous les temps du jeu télévisé Jeopardy (bande-annonce).
En fait Jeopardy est un prétexte pour démontrer la puissance de recoupement en temps réel à une question que l'on considérait jusqu'à lors comme étant du ressort des humains: des questions de connaissance générale.
Si elle écrase ses compétiteurs (ou, même, si elle s'en approche trop), ça en sera fini aussi du «savoir emmagasiné dans sa tête». Tous les savoirs? Probablement pas, mais je ne me mettrais plus ma main au feu. Les questions que l'on «pose» à Google ou à Wikipédia? Sûrement. Watson se veut l'ultime outil de Question/réponse mythique.
Et nous, que deviendrons-nous? Où irons-nous ensuite? Probablement sur des sites comme Quora où on pondérera les réponses en utilisant notre intelligence. Question garder nos distances avec la machine...
Post-scriptum : Oui, Watson a gagné
L'enfer est pavé de bonnes nouvelles
Un avis de consultation signale que le CRTC compte modifier ses règlements pour autoriser la diffusion de nouvelles fausses ou trompeuses (car retirer «l’interdiction de diffuser toute nouvelle fausse ou trompeuse», revient à l'autoriser en retour). C'est cette modification qui ne fait pas de sens.
La proposition pour l'alinéa 3d est la suivante: au titulaire sera interdit «toute nouvelle qu’il sait fausse ou trompeuse et qui constitue ou qui risque de constituer un danger pour la vie, la santé ou la sécurité du public».
Un télédiffuseur qui produit des nouvelles se distingue de la fiction en ce qu'elle relate le réel. Le droit à l'information doit être considéré et évalué selon les intérêts du public-récepteur et non selon les intérêts de l'émetteur.
Expliquons où se trouve le problème.
- Une nouvelle est un fait relatant la réalité qui répond au besoin d'information du citoyen pour exercer son travail de compréhension du monde. Qu'elle soit donc le plus juste possible correspond à une valeur essentielle en démocratie.
- Il n'existe probablement pas de normes pour évaluer justement de qui est vrai ou faux, mais en conservant «l’interdiction de diffuser toute nouvelle fausse ou trompeuse» cela permet de garder la barre haute sur ce terrain.
- Dans le système financier, on sanctionne le fait de répandre dans le public des informations fausses ou trompeuses sur des titres négociés sur un marché réglementé, on devrait s'attendre qu'on fasse de même dans l'espace réglementé de la radiodiffusion des télécommunications.
- Logiquement, le problème consiste à ne pas s'arrêter après «toute nouvelle qu’il sait fausse ou trompeuse» (première partie) car il enlève l'obligation au titulaire de prouver la véracité de ce qu'il diffuse comme nouvelle.
- Les interprétations engendrées dans la seconde partie («et qui constitue ou qui risque de constituer un danger pour la vie, la santé ou la sécurité du public») avec la coordination «et» entre les deux parties fait porter la proscription non pas à la fausseté de la nouvelle, mais à son «degré de dangerosité» qui reste à interpréter, laissant les nouvelles trompeuses jugées «non risquées» circuler.
- Évaluer les risques et les dangers d'une nouvelle fait porter le poids de la preuve sur le récepteur (il a à prouver son accusation) alors que la formulation originale fait porter sur l'émetteur le soin de prouver son point en cas de contestation.
Le CRTC ne doit donc pas aller de l'avant avec cette modification et j'ai signalé mon opposition sur leur site, dont les principaux points sont résumés ici.
Lire aussi:
Le CRTC pense revoir les normes de la radiodiffusion (Anne Caroline Desplanques, Observatoire du journalisme)
Les mensonges des médias désormais permis au Canada? (Jean-Louis Trudel)
Le Droit à l'information (Professeur Pierre Trudel, Université de Montréal)
Mensonges autorisés sur les ondes? La FPJQ craint un changement de règlement au CRTC (Guillaume Bourgault-Côté, Le Devoir)
