ZEROSECONDE.COM (par Martin Lessard)

ZEROSECONDE.COM

Impacts du numérique sur la communication, notre société, nos vies.

BookCamp Montréal 2011

Bookcamp Montréal est de retour le 30 septembre prochain, de nouveau au Salon b / Salon Memoria, 4231 Boul. St-Laurent, (le café de la mort) pour discuter de l’avenir du livre dans le contexte de la culture numérique.

Détails et inscription ici.

Passer le mot dans votre réseau et d'ici là rendez-vous sur L’Édifice.tv pour écouter des entrevues (une nouvelle capsule tous les lundis) qui donne le ton.
Capsule de lancement de ledifice.tv pour le BookCamp Montréal.

«On ne peut pas balayer aussi vite la question»

Plusieurs commentaires de qualité à propos de mon (mes) billet(s) sur la soi-disant disparition des (grandes) idées, critique de «The elusive big idea», publié dimanche dans le NYTimes.

Comme j'ai écrit ma critique sur Triplex, Zéro Seconde et sur G+, les commentaires sont un peu dispersés. J'ai tenté de répondre quand je pouvais.

«Ta démonstration serait plus convaincante si»

Un commentaire a retenu mon attention, pour sa critique, sa pertinence (et l'autorité du commentateur). Et je la reposte ici pour mémoire (en donnant des fragments de réponses, tout en sachant qu'ils ne closent pas la question)

Sur Triplex, Jean-Michel Salaün, la première partie de son commentaire se lit comme suit:


«Ta démonstration serait plus convaincante si les exemples que tu donnes ne tournaient pas tous autour de la même question du rôle social d'internet. Et malgré leur intérêt - ce sont des blogues que je lis aussi régulièrement - ils sont difficilement comparables aux auteurs cités. Dès lors, il me semble que tu confortes plutôt involontairement l'argumentaire que tu critiques.»


J'avais cité Olivier Ertzcheid, Hubert Guillaud, Mario Asselin, Sébastien Paquet et Marie D. Martel. J'aurais pu citer aussi Vincent Olivier, Rémi Sussan ou Enkerli ou Lemire  Ou, pourquoi pas, Jean-Michel lui-même.

Mais son point reste toute fois encore valide. Ils sont tous très proches de ma sphère d'intérêt personnel (impact d'internet sur la société, avec un faible pour la science de l'information).

Par contre, je suis moins convaincu qu'ils ne produisent pas de grandes idées.

Mais si je me mets sur son terrain d'argumentation, je ne devrais pas enligner Asselin et Einstein sur le même niveau (si le premier a révolutionné une école primaire dans la ville de Québec, le second a redéfini le temps et l'espace pour toujours). Soit.

Par contre, si j'avais cité des auteurs anglophones, disons Shirky, Anderson ou Tapscott, je serais déjà au niveau de McLuhan. Et je ne conforterais pas nécessairement involontairement l'argumentaire que je critiquais.

Shirky, Anderson et Tapscott ont les caractéristiques requises, je crois, pour être de ces intellectuels qui pondent des grandes idées. Mais principalement parce qu'ils sont anglophones et qu'ils intéressent déjà les grands médias -- ils ont donc une plus grande portée que ceux de ma liste.

Dans l'argumentation initiale, la notion de «grande idée» découlait de sa popularité -- donc de sa grande diffusion. Et ceux qui ont accès aux grands médias ont de grandes idées? Ou ne serait-ce pas un effet autoréalisateur?

Les idées qui ne plaisent pas au centre restent en périphérie et n'acquièrent pas le statut de grande idée...

«on ne peut pas balayer aussi vite la question»

La deuxième partie de son commentaire sera pour moi matière à réflexion future --probablement des billets à venir sur Zéro Seconde.


«Même si la nostalgie d'une génération pour la grandeur passée de ses idées est un classique de toutes les époques. Il me semble que l'on ne peut pas balayer aussi vite la question de la rapidité de lecture, du déplacement de l'autorité et du rôle de l'intellectuel sur l'internet.»


Bon, je vois qu'on ne me laissera pas m'en sortir aussi facilement ;-0

Pour amorcer la réflexion, je me mets quelques notes, qui sont des pistes de départs (et non des conclusions). J'essayerai d'y répondre plus formellement une autre fois...

Rapidité de lecture

Lire et écrire Internet : définition, enjeux et évaluation des littératies numériques, Emmanuel Duplaa


Déplacement de l'autorité

Autorité et pertinence vs popularité et influence : réseaux sociaux sur Internet et mutations institutionnelles, Olivier Le Deuff, 2006


Rôle de l'intellectuel sur Internet

Rencontre débat : Les intellectuels s’engagent-ils sur Internet ? Avec Jean-Marie Colombani et des sociologues des médias réunis le 16 novembre 2010.

D'autres pistes?

La longue traîne des idées

Un article dans le New York Times de dimanche, «The Elusive Big Idea»  a attiré mon attention -- et celui de bien d'autres.

C'est un constat du déclin des «grandes idées» dans la société en général : les idées qui circulent aujourd’hui seraient plus ténues que par le passé.

Une «grande idée», c'est ce qui déclenche de passionnants débats, stimule l’esprit, engendre révolution et changement de perception dans la façon de voir et penser le monde.

Par exemple Einstein et sa théorie de la relativité, ou McLuhan et son «le médium est le message».

Évidemment, et c'est la faute à la surabondance de l'information, Internet, le web et les réseaux sociaux étouffent les grandes idées et polluent celles des penseurs.

On ne se contenterait plus que de se regarder tweeter à propos de sandwich que l'on mange ou d'émissions de télé que l'on écoute.

«Où se trouvent les grandes idées aujourd'hui?» J'ai écrit un billet sur Radio-Canada/triplex pour y répondre et remettre les pendules à l'heure.

L'Ancien Monde est mort

La logique de l'auteur est fallacieuse. Ce qu'il déplore, en fait, ce n'est pas la disparition des idées, mais bien que les idées ne soient plus propagées sur une grande échelle par les médias de masse.

Ou plutôt que les grands médias n'ont plus la même influence qu'avant pour imposer leurs idées. Ce qui revient au même.

Les idées n'ont plus besoin des grands médias pour se propager. Elles se propagent par les petits médias, les médias sociaux.

Les «curateurs» trient et filtrent, bien comme mal, les informations jugées pertinentes par eux et pour leur réseau.

Ce n'est plus les grands médias qui décident de ce qui va changer le monde -- et donc de désigner les «grandes idées». Une idée n'a pas besoin d'être brandé «big idea» par les «big medias» pour stimuler l'esprit, engendrer des révolutions et changer notre perception du monde.

Continuer la réflexion ici:

The (actual) future of the Big Idea Nieman Jourmalism Lab
If Big Ideas Are Elusive, Blame The New York Times, The Faster Times
The Big Idea is Alive and Well, Rickliebling

PS: j'ai publié une précision ici suite au commentaire de JM Salaün sur Triplex

Question de ratio

Il y a 50 ans, écrivait Seth Godin cette semaine sur son blogue, le ratio était de 1 000 000 à 1. Pour chaque personne dans les médias, il y a 1 million de spectateurs. Ce ratio diminue depuis des années.

La majorité des gens étaient en mode consommation. Peu étaient des créateurs de contenu.

100000:1 Les magazines ont ramené ce ratio à 100 000 pour 1. Un rédacteur d'un grand magazine pouvait espérer avoir un impact sur beaucoup de monde.

10000:1 Les canaux spécialisés sur le câble et les magazines spécialisés font baisser ce ratio à 10 000 à 1, continue de raconter Godin. Il est possible de cerner davantage les intérêts particuliers.

1000:1 Puis vient le temps des blogues et des podcasts, de YouTube et de Twitter, où chacun peut maintenant espérer avoir une audience de 1000 personnes.

Tendre vers zéro

Godin se demande à la fin de son billet à quoi peut ressembler un ratio qui tendrait vers zéro.

Je crois qu'on peut lui répondre ceci:

100:1 ? Probablement Facebook.
10:1 ? À n'en pas douter, c'est le courriel.
1:1 ? Hé bien c'est FaceTime. Mais là, le téléphone l'a devancé depuis plus de 100 ans...

Pourquoi s'arrêter en si bon chemin?

À quoi ressemblerait un ratio inverse? C'est-à-dire zéro lecteur et un créateur?

0:1 ? Un iPod branché à un Nike! Vos baskets vous renseignent sur votre état de santé ou d'avancement dans vos entraînements...


Aux +1 citoyens!

La marseillaise, à la sauce Google Plus, en ce 14 juillet:


Allons enfants de la cerclerie
 Le jour de G+ est arrivé
 Contre nous de la Facebookerie
 La privacy branlante est levée
 Entendez vous dans les cliques
 Mugir ces férus geeks
 Ils viennent jusque dans vos profils,
 Plusser vos flux, vos posts

Aux +1 citoyens! Formez vos cercles!

plussons, plussons,

Qu'un stream épuré abreuve nos sillons.

Bonne fête nationale à tous les Français !

G+ changera-t-il nos usages des médias sociaux?

J'ai eu la chance de pouvoir entrer dans Google Plus (G+ pour les intimes) parmi la première vague (l'ouverture officielle grand public est prévue le 31 juillet 2011) et d'explorer la nouvelle plateforme. Voici mes réflexions, après une semaine d'usage.
Google Plus
Google Plus

Pour une bonne description de ce que fait Google plus voir le billet du blog officiel de Google (english) ou celui de Benoit Descary (Via +michelleblanc)

G+ a attiré les power users, et en tant que tel, on ne peut que se sentir à l'aise. Éventuellement, ça va changer, mais c'est un avantage énorme: un haut taux de signal par rapport au bruit.

L'interface ressemble à Facebook. Pas nécessairement un avantage, ni vraiment un défaut -- quoique dans ce cas-ci, ça appelle une comparaison et je dois dire que pour ce qui est de la présentation du flux, FB a une longueur d'avance, mais pas pour le reste.

Évidemment, vu la nouveauté, les 3/4 des conversations portent sur l'outil lui-même. C'est d'ailleurs très pratique, car on en apprend plus vide les subtilités.

La gestion en "cercle" de ses amis est un peu surestimée. Il est judicieusement placé à la vue pour rappeler de l'utiliser, mais la métaphore des cercles (représentée par... des cercles) finira par perdre son lustre de nouveauté et on exigera un peu plus de fonctionnalités, moins de bonbon, pour gérer plus efficacement ses groupes qui ne tarderont pas à être lourds...

Phrase la plus entendue: «Oh! je viens de découvrir une autre façon de faire des invitations G+»



Facebook

Voilà le réseau qui a le plus à craindre de l'arrivée de G+. À part Martin Ouellette qui a fermé son compte FB pour rester à demeure sur G+, je ne connais pas grand monde qui abandonnera complètement Facebook. Sauf s'ils font encore des conneries avec les éléments de vie privée.

Je ne vois rien dans G+ ce qui justifierait un exode massif comme on l'a vue de MySpace vers FB. Les utilisateurs lambdas vont migrer quand leur réseau va migrer aussi. C'est la question de savoir qui de l'oeuf ou la poule quittera en premier FB...

Il est probable que les usages plus professionnels qui se faisaient dans FB vont se faire plutôt G+ qui a de facto un aspect "sérieux". Surtout lorsque le Géant de Mountain View y ajoutera des passerelles vers des outils comme Blogger, docs et maps. La gestion des cercles permet effectivement de faire travailler en collaboration des travailleurs à la maison plus facilement grâce aux conférences vidéos notamment. L'intégration de G+ dans Andoid est probablement un cheval de Troie pour entrer dans sur la place de travail. L'application est vraiment bien faite et saura plaire à ceux qui veulent rester en contact avec leur équipe.

FB est et restera une place publique pour les conversations légères (photos de vacances, échanges d’humeur, souhaits d’anniversaires). Un lieu de rassemblement pour croiser des gens de tout horizon, car il n'y a pas que des geeks qui utilisent internet. FB sera pour socialiser et G+ pour travailler?

Phrase la plus entendue: «Oh! Je viens d'éternuer»


Twitter

Twitter restera une place de diffusion pour la propagation de nouvelles (liens, primeurs, commentaires à chaud). Car c'est de facto le bulletin mondial de ce qui se passe, le haut-parleur qui scande le rythme de la vie publique des citoyens du monde. Sa structure improbable qui limite invraisemblablement les tweets à 140 caractères reste et demeure son avantage numéro uno. On scanne plus facilement un flux de tweets qu'un flux de G+.

Tweeter restera ce qu'il est et fait de mieux: un endroit pour les petites exclamations. On ne s'enfarge pas dans des conversations qui vont dans tous les sens. Twitter, c'est le fil de nouvelles mondiales (et de potin) et non pas un forum

Phrase la plus entendue: «Oh! Je viens de lire http://bitly.com/abcde»



Foursquare

G+, comme les autres plateformes, fait de la géolocalisation. Mais on est loin de l'intégration de type «check-in» dans un lieu comme Foursquare. Si vous souhaite seulement indiquer où vous êtes, G+ fait bien le travail. Mais si vous voulez indiquer l'endroit où vous êtes (magasins, parc, événement) Foursquare a encore l'avantage et G+ ne le menace pas outre mesure.

Phrase la plus entendue: «Oh! Je suis le maire du McDonald»


Quora

Comme lieu hyperspécialisé pour poser et répondre aux questions, Quora n'a pas à s'en faire. Mais tout réseau social lui fait perdre un potentiel de poser/répondre à des questions, et G+ ne fait pas exception.

Phrase la plus entendue: «Oh! Qui connait la 127e décimale de PI?»


Linkedin

Autre lieu hyperspécialisé pour connecter des gens d'affaires. Comme Rolodex et cv autoorganisé, il reste imbattable. Pour trouver quelqu'un rapidement dans son réseau d'affaires, aussi. Mais le graphe social qui s'ordonne organiquement autour d'un G+ qui attirerait des usagers plus professionnels pourrait lui faire du tort. Il est plus facile de trouver quelqu'un dans son réseau vivant sur G+ en posant une question, que d,envoyer un message sur un répertoire comme Linkedin.

Phrase la plus entendue: «Oh! Je voudrais te rajouter à mes contacts»

--
Et vous, quel est votre point de vue?

Mon palmarès blogues québécois

Dans quelques jours, Wikio va changer son palmarès mensuel pour refléter les blogues inscrits qui seraient les plus populaires au Québec. Vous avez ci-dessous la liste en «avant-première» qui sera affichée le 5 juillet. Et ma version perso plus bas.

Le palmarès Wikio de ce mois contient grosso modo les mêmes noms que les autres mois (voir les palmarès que je mets en ligne depuis quelques mois). Vous trouverez dans mon billet sur Triplex mes commentaires sur l'intérêt et les limites de telles listes (voir Besoin de palmarès).

Je vous donne le palmarès générique en premier et ensuite le mien.

Ce qui est in, ce qui est out du top 20

Vous remarquerez que Wikio est impitoyable sur le nombre de liens entrants. Plus vous publiez, plus vous courrez la chance de recevoir des liens entrants. Et plus vous montez sur le palmarès Wikio.

La grande absente du palmarès est Michelle Blanc. Un petit ralentissement et hop, impardonnable, on se fait éjecter du top 20.

Jean-François Lisée est _le_ blogue montant sur l'actualité et colle maintenant aux fesses du numéro 1 québécois de tous les temps, Vincent Abry.

Le Boa bleu continue son ascension (apparue en mai, la blogueuse se taille maintenant une place en 13e position).

Tchoubi prend des vacances de blogues jusqu'en août. On imagine tout de suite l'implacable descente qu'elle fera au prochain mois. Wikio lex, sed lex.

Blogues les plus populaires, tous genres confondus, selon Wikio au 1 er juillet 2010

1 Blog Marketing Web 2.0 et Techno
2 Le blogue de Jean-François Lisée
3 les gourmandises d'isa
4 Descary.com
5 Blogue Patrick Lagacé
6 My Beauty Québec
7 ANTONI, BORYS & CIE
8 Poste de veille
9 Le palais gourmand
10 Les mille et un délices de Lexibule
11 Les plats cuisinés de Esther B
12 Richard Hétu
13 leboableu
14 Pause lecture avec Kikine
15 Richard Therrien
16 Bibliomancienne
17 marevueweb
18 DominicArpin.ca
19 Tchoubi
20 Hollywood, P.Q.

Classement réalisé par Wikio

Une liste «populaire» me laisse toujours pantois, car elle révèle des choses étonnantes (par exemple, My beauty Québec qui dépasse les blogues de Richard Hétu et Richard Thérien).

Une liste subjective, bâtie par une personne dont vous respectez l’opinion, a probablement plus d’intérêt qu’une sélection algorithmique secrète. Voilà pourquoi que je vais vous partager ma liste des blogues québécois les plus intéressants.

Mes tops québécois sur Wikio, selon moi

Elle est créée à partir des 100 blogues les plus populaires au Québec selon Wikio au premier juin 2010 mais où je n'ai conservé que ceux reliés à ma sphère d'intérêt.

Ce sont des blogues techos qui sont inscrits dans Wikio. Je vais donc conserver l'ordre de Wikio (le chiffre entre [crochet] indique son rang dans Wikio) et lister tous les blogues les plus lus de ma sphère.
01 [01] Blog Marketing Web 2.0 et Techno
02 [02] Descary.com
03 [14] Michelle Blanc
04 [17] Bibliomancienne
05 [18] DominicArpin.ca
06 [19] Adviso
07 [30] Maxime Johnson
08 [38] Zéro Seconde (je suis ici, et vous aussi)
09 [48] Web Marketing
10 [53] Synchro Blog
11 [58] N'ayez pas peur
12 [60] Blogue de geek
13 [61] Ze Laurent
14 [71] Bloc-notes de Jean-Michel Salaün
15 [72] KimAuclair.ca
16 [83] Triplex (mon blogue collectif à Radio-Canada)
17 [85] Mieux Connaître (Les bénéficess du web 2.0)
18 [89] Mario Tout de Go
19 [94] Patrick Dion
20 [95] Diane Bourque

Bon, notez encore une fois, que ce ne sont que les blogues inscrits à Wikio. Il en manque beaucoup. Et des meilleurs. Mais ce sera pour une prochaine fois.

Mes billets sur Triplex

Ça fait un petit bout de temps que je souhaitais faire une petite liste des billets que j'ai écrits sur Radio-Canada.ca. La prochaine fois, je ne vais pas attendre aussi longtemps, juré!...
Triplex
Google acquiert SageTV pour sauver Google TV? Le place-shifting + DVR = espoir de Google TV
Internet dans une valise : le gouvernement utilise Internet comme outil militaire et diplomatique.
Les médias sociaux peuvent-ils faire la leçon aux politiciens? : «Tu ne peux pas mentir en média social, tu ne peux pas tricher en média social.» Vraiment?
Lisez ceci et épatez vos amis :  L’argument de posséder plus d’information est-il encore pertinent à l’ère de la surabondance?
Ces réseaux que les médias français ne peuvent plus nommer? Facebook et Twitter, vocables non grata
Le Pentagone répliquera aux cyberattaques par de vraies bombes : «tu me hackes, je te casse»
eG8 - Le futur d'Internet : Il faut un monde pour faire vivre Internet
Le mème de la fin des temps: N'ajustez pas votre appareil, la fin du monde n'a pas eu lieu
Les musées en partage : Les musées et la participation à la 2.0
Décalage entre l’école et la société numérique? L’école n’a plus le monopole des « environnements d’apprentissage »
Questions d'images : le cas Ben Laden : Comment illustrer un événement sans image
Messagerie vidéo mobile, c'est parti : Android 2.3.4 disposera de Google Talk vidéo
Lendemain de veille (électorale) : Votez, votez, il en restera toujours quelque chose
Mariage royal 2.0 : comme si vous y étiez (enfin, presque...): Peut-on voir dans ce mariage la consécration du web social?
PeerIndex : mesure de l'autorité : petite évaluation de Peerindex
Klout: L'influence de l'influence : petite évaluation de Klout
YouTube Live : suivez le guide: Google vient d’ouvrir son service de diffusion vidéo en continu
Besoin de palmarès: Top Québec avril 2011
Zombie d'avril: l'allégorie des jeux de zombie de nos vies surstimulées
16 ans de wiki: la raison qui fait que la culture du wiki n’est pas si répandue
Un Fab Lab au Québec: la culture du faire soi-même
Twitter a cinq ans: se médiatiser sans les médias
1 autobus, 2 personnes, 5 constats: Il y a beaucoup de Monsieur Jodoin qui font du média social sans le savoir
La Presse pense à un « plan iPad »: La Presse cherche à créer sa « révolution numérique »
La rencontre du troisième type: mon billet d'introduction à Triplex!


«La démocratie représentative est obsolète»

On évoque parfois la montée en puissance d'internet et des réseaux sociaux pour expliquer la désaffection de la population face à la politique. Le député péquiste Yves-François Blanchet, critique en matière de culture, allait un pas plus loin la semaine dernière en annonçant que la façon de faire la politique devait changer à l'image des médias sociaux.


Platon«Le franc-parler qu'imposent les médias sociaux est à la base même de la nouvelle façon de faire de la politique» (source) dit-il en faisant référence à la «ligne du parti» et au musalage des opinions des députés qui se mettent ainsi à envier la liberté que nous citoyens avons de nous exprimer, d'agir. Voir mon article sur Triplex: Les médias sociaux peuvent-ils faire la leçon aux politiciens?

Ça rejoint exactement les propos de ce matin à la RTBF de l'écrivain Flamand David Van Reybrouck, l'un des créateurs du G1000, une initiative pour réfléchir sur les défis de la démocratie représentative en Belgique: les citoyens peuvent réagir directement et pas seulement se faire demander de voter une fois tous les quatre ans.

«Le système de démocratie représentative que nous connaissons depuis 1830 est un bon système», raconte-t-il au micro belge, «Il a fonctionné pendant deux siècles, mais il touche désormais à ses limites». Van Reybrouck affirme que le système représentatif actuel est «obsolète».

Les médias sociaux pour refaire fleurir la démocratie?

Indignés du monde entier, followez-vous!

On sait que les réseaux sociaux ont joué un rôle dans les soulèvements du printemps arabe. En Syrie, en ce moment, une partie de la bataille se joue sur les réseaux sociaux. L'Égypte de Moubarak l'avait compris et avait tenté un temps de fermer complètement Internet. L'Iran propose même de créer son propre réseau (un Internet «halal») coupé du reste du monde pour contrôler les informations qui y circulent.

On se plait bien a imaginer Internet comme porte-étendard de la démocratie dans les régimes autocratiques. On pensait moins qu'il affecterait aussi nos démocraties.

L'international RSS

Le printemps arabe a des répercussions en Occident. Les manifestations des jeunes «indignés» espagnols ont pris de l'ampleur et se sont solidifié via les réseaux sociaux. . Le mouvement des «indignés» fait même des émules à Paris et en Grèce.

La vague s'est-elle rendu au Québec? La vague orange de la dernière élection fédérale participe-t-elle du même désir de «changer»? Les démissions-surprises au Parti québécois mettent-elles aussi au jour un sentiment à l'intérieur même de la machine de «changer»?

Que les médias sociaux soit un modèle au point d'être «la base même d'une nouvelle façon de faire de la politique» est une idée séduisante. Mais est-ce que le déploiement à grande échelle dans la société (participation directe) possède les mêmes attraits, ou serait-ce seulement de nouveaux habits?

On sait que les médias sociaux influencent la vie politique. Le «franc-parler» des médias sociaux est une chose, mais gère-t-on une société à coup de «like»? Les événements montrent que c'est ensuite sur le terrain que ça se passe. Mais l'un ne va plus sans l'autre.

Pistes

À quoi ressemblerait une sortie de la démocratie représentative qui prendrait en compte la culture des réseaux? Si vous avez des pistes, n'hésitez pas.

- G1000, laissons aussi les citoyens délibérer, et pas seulement les représentants du peuple.
- Génération d'idées, aspirer à un Québec meilleur! Et à le bâtir!
- Institut du Nouveau Monde, encourager la participation citoyenne et de renouveler les idées au Québec
- Les médias sociaux - Utilisations politiques et conséquences pour la démocratie représentative Canada/ Publication No. 2010-10F  (merci Kairn de Plateau)
- They Work For You. Royaume Unis / Are your MPs and peers working for you?

Réponse à mon billet 
La renaissance démocratique; une affaire de médias sociaux? Publié par paradigmes21 le juin 14, 2011

Journalisation des médias

Je ne sais pas ce que mange Stéphane Baillargeon, mais depuis plusieurs semaines sa chronique médias dans le Devoir relève le débat dans la sphère médiatique à un niveau vraiment intéressant. Il prend au mot l'accroche du Devoir.com : «libre de penser»

Les défenseurs de la pensée uniqueEncore ce matin, il donne un coup de pied dans la ruche en traitant de la «journalisation» des médias comme accélérateur de conformisme. La journalisation, c'est la domination des journalistes imposant un commentaire médiatique uniforme sur toutes les plateformes.

Il en donne pour preuve le commentaire d'un auditeur lors de la dernière émission de Christiane Charette, vendredi dernier, qui ne surprendra que ceux qui n'ont jamais écouté l'émission:
«Cette dernière revue de l'actualité démontre bien pourquoi cette émission devait se terminer. [...] Malgré la présence de six invités, [...] tous tellement prévisibles, stériles à la limite, incapable de penser en dehors d'un certain conformisme et d'une certaine bien-pensance. Le droit à la divergence est-il toujours possible dans ce type d'émissions à Radio-Canada? Allez écouter France Inter, RTI, NPR, la BBC, même la CBC pour voir ce qu'est une radio à la pensée riche, complexe, diversifiée et souvent contradictoire.»
Le poids des maux, le choc des journalistes

Baillargeon ajoute «l'information est une chose bien trop importante pour la laisser aux seuls reporters et chroniqueurs qui exercent leur pouvoir en s'exonérant parfois bien tristement de leurs responsabilités.»

Il cite ensuite le journaliste-essayiste Jean-Claude Guillebaud que cette «omnipotence malsaine» charge le journalisme de responsabilités pour lesquelles il n'est «ni préparé ni armé».

On ne peut tomber que d'accord quand Baillargeon conclut que «[l]es médias sont censés porter la pensée critique et la diversité des points de vue sur le monde. Enfin, idéalement.»

Il entend ici les grands médias de masse. «[S]i Radio-Canada ne le fait pas, quel autre média de masse et de qualité le fera en ce pays hyperconcentré?».

Ile déserteLa lutte en périphérie

Si j'en crois ce que je commence à lire dans La lutte initiale, de Philippe Nassif, il n'y a rien à espérer du côté de la médiasphère. «Le centre de nos sociétés n'est plus constitué que par une médiasphère dont le message récurrent est la jouissance immédiate»

Comme Nassif et bien d'autres, je crois qu'il se dessine un nouveau sens commun et qu'il se développe dans l'ombre, dans des niches, et à la périphérie.

C'est hors du centre qu'on trouve maintenant les penseurs de demain.

Wikio Top 20 Québec

Je continue ce mois-ci à vous donner [à l'avance] les résultats des blogues participants à Wikio, un moteur de classement de la blogosphère, pour le mois qui vient de s'écouler. [Wikio ajustera son classement le 5 juin]


Pas de grandes surprises dans l'ordre général, sinon l'apparition dans le top 20 d'un blogue beauté (7e position) et de l'arrivée d'Adviso (19e) et de la bibliothèque d'Allie (20e).

--
Légende
nouvelle position [ancienne position] (genre) nom
--

01 [01] (techno) Blog Marketing Web 2.0 et Techno
02 [03] (techno) Descary.com
03 [02] (actu) Le blogue de Jean-François Lisée
04 [04] (bouffe) les gourmandises d'isa
05 [08] (famille) ANTONI, BORYS & CIE
06 [06] (bouffe)Les plats cuisinés de Esther B
07 [--] (beauté)My Beauty Québec
08 [09] (actu) Poste de veille
09 [10] (bouffe)Les mille et un délices de Lexibule
10 [05] (bouffe)Le palais gourmand
11 [07] (actu) Blogue Patrick Lagacé
12 [--] (livres)Pause lecture avec Kikine
13 [13] (actu) Richard Hétu
14 [11] (techno) Michelle Blanc
15 [12] (actu) Richard Therrien
16 [17] (famille) leboableu
17 [15] (techno) Bibliomancienne
18 [14] (techno) DominicArpin.ca
19 [--] (techno) Adviso
20 [--] (livres) La bibliothèque d'Allie
Classement réalisé par Wikio

Et comme toujours, cette distorsion : le quart des blogues portent sur la technologie, ce qui est loin de refléter la tendance des Québécois. Et une surreprésentation, aussi, des blogues bouffe. Les premiers sont surtout tenus par les gars. Les seconds surtout par les filles.

Bonne nouvelle, deux sites "livre" s'insèrent dans le peloton -- Kikine (12e) et Allie(20e). Les blogueurs sont, après tout, de grands lecteurs.

La classification wikio ne s'applique qu'à ceux et celles qui se sont inscrits à wikio. Il y a donc des bons blogues qui ne s'y retrouvent pas. Le top blogue 100 Québec est disponible ici.

Le classement n'indique pas les blogues qui intéressent les Québécois, mais bien les blogues québécois qui ont reçu le plus de visites selon wikio. Ce qui diminue grandement sa valeur (et serait plus compliqué à compiler)

La valeur d'un tel classement reste à démontrer et comme je vois qu'après 6 mois la tendance se maintient avec à peu près les mêmes à la tête, il serait préférable de reclasser en sous-catégorie pour que ça soit plus intéressant (il n'y a rien à interpréter qu'un blogue de beauté dépasse le blogue de Lagacé, sauf à répéter des lieux communs).

Oeil pour oeil, bit pour bit

Le Pentagone avertit ses adversaires : toute attaque électronique qui a pour but de mettre à genou un réseau ou une infrastructure critique entraînera une réponse militaire de la même manière qu’une attaque sur le sol américain.

Tu me hackes, je te casse...

Voir la suite de mon billet sur Radio-Canada.ca/Triplex

Le chaos qui vient

Il y a de ces phrases prémonitoires que l'on rencontre qui vous résume si bien le désarroi actuel face à la révolution des médias sociaux. Je me permets de donner cette citation sans autre forme de contexte...

Ce que j'appelle une citation uchronique: prendre une citation ancienne et la mettre dans un contexte actuel...
«Vous vous fiez à l'ordre actuel de la société, sans songer que cet ordre est sujet à des révolutions inévitables, et qu'il vous est impossible de prévoir ni de prévenir celle qui peut regarder vos enfants. Le grand devient petit, le riche devient pauvre, le monarque devient sujet: les coups du sort sont-ils si rares que vous puissiez compter en être exempt ? Nous approchons de l'état de crise et du siècle des révolutions. Qui peut vous répondre de ce que vous deviendrez alors ?»
Tiré de «Émile» de JJ Rousseau


De l’utilité des bibliothèques publiques dans le futur

«La bibliothèque du futur continuera de rester un lieu. Mais un lieu où les gens viennent pour travailler ensemble et se coordonner et inventer des projets qui valent la peine de monter ensemble. Assistés des bibliothécaires qui comprennent comment attacher le tout, qui peuvent lier les domaines de connaissance avec ces travailleurs du savoir et rendant possible cette connexion.»


Citation librement traduite de ma part d'un extrait de Seth’s Blog: The future of the library (repéré chez Patrick M. Lozeau)



Interface web [4]: filtrage sociale

Dernier de 4 brefs billets sur les approches successives que je perçois dans l'évolution de la gestion des interfaces web depuis 20 ans.

Il faut lire avant Gérer l'interface web : 4 approches successives où je mets en contexte l'idée qu'il y a finalement une histoire de la gestion de l'interface.

Dans Interface web [1]: je résume les premières années (1990-1999) où l'interface web se résumait à tout mettre à l'écran pour le remplir le plus possible.

Dans Interface web [2]: je poursuis avec la période 2000-2004 qui est celle de l'explosion du souci ergonomique et de la convivialité.

Dans Interface web [3]: je continue avec la période 2005-2009 qui est celle de la tendance à l'uniformisation.

Aujourd'hui, je termine avec l'irruption des réseaux sociaux.

2010-... Réseaux et médias sociaux

Malgré tout le bon soin que l'on peut apporter à son site, son interface, son contenu et son indexation, votre usager restera toujours submergé par tous les autres contenus existants sur le web -- sollicité par tous ces choix.

Dans notre monde en proie à la surabondance de l'information, il devient impossible de faire des choix rationnels tout le temps. On se base souvent sur des choix émotionnels. Quoi de plus émotionnel que la confiance avec ses pairs?

Face à ce trop-plein de choix et les réseaux sociaux sont utilisés comme solution pour permettre de partager des adresses, des contenus, des informations avec des proches et des gens de confiance.

Le tri social

Pourquoi trier soi-même quand notre réseau nous filtre les meilleurs contenus?

Une grande part des découvertes et des recommandations se font maintenant à partir des médias sociaux. Toute stratégie de présence web aujourd’hui doit prendre en compte d’une façon ou d’une autre ces nouvelles plateformes.

Mettre en ligne de l’information n’est plus suffisant. La valeur d'e l'information réside plutôt dans sa mise en contexte (en fonction des autres, des évènements, des tendances) dans un flux constant et mouvant.

Une interface de site web reste importante, mais il fait partie d'une constellation numérique constituée d'avant-postes que sont devenues les plateformes de médias sociaux. Or, les interfaces de ces plateformes, on ne les contrôle pas.

À voir comment ces interfaces sont parfois dures à saisir, impropres à la consommation, désespérantes à utiliser, on se demande si la qualité d'une interface est toujours importante et si ce n'est pas l'utilité du site qui compte le plus.

Les «curateurs»

D'aucuns se demandent si un site web, voir un blogue est encore utile à l'ère des réseaux sociaux. Ce serait une erreur d'abandonner son site web. Mais il est clair que l'architecture de l'information doit maintenant prendre en compte le flux de circulation entre ces plateformes.

Ce que certains appellent les «curateurs» du web, ces intermédiaires qui trient les bons grains de l'ivraie, sont des agents qui font circuler l'information, des petits bouts d'information.

Régis Barondeau, dans une discussion, signale même «la possibilité émergente pour les utilisateurs d'intervenir (selon leurs permissions) sur le contenu et la structure d'un site. On devrait pouvoir l'inscrire dans la curation sociale».

Alors la super architecture de l'information devrait-elle prendre la «curation» en compte?

On pourrait retourner cette question autrement: «comment bâtir et structurer un site web pour qu'il soit découpé et répandu en 1000 morceaux sur internet?»

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Ce fut un bref tout d'horizon. Je suis preneur pour des améliorations.

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Interface web [3] : uniformisation grandissante

Je poursuis aujourd'hui mon bref tour des 4 approches successives que je perçois dans l'évolution de la gestion des interfaces web.

Dans Gérer l'interface web : 4 approches successives je mets en contexte l'idée qu'il y a finalement une histoire de la gestion de l'interface.

Dans Interface web [1]: je résume les premières années (1990-1999) [qui aurait pu être 1993-1998, si on veut suivre la logique de Marc Poulin] où l'interface web se résumait à tout mettre à l'écran pour le remplir le plus possible.


Dans Interface web [2]: je poursuis avec la période 2000-2004 [ou 1999-2004, si on veut toujours suivre la logique de Marc Poulin] qui est celle de l'explosion du souci ergonomique et de la convivialité

Dans ce billet-ci, j'aborde la période 2005-2009.


2004-2009 -Modèles, portabilité et standardisation

La normalisation s’est donc imposée inexorablement. Dans cette phase, autour de 2005-2009 disons, les sites ont commencé à se ressembler davantage les uns les autres. Les gabarits (templates) ont fait leur première apparition et finiront par prendre de plus en plus de place avec l'émergence de ce qui se nommera le « web 2.0 », puis l'adoption des médias sociaux.

On cherche moins à réinventer la roue (en ajoutant telle ou telle particularité «révolutionnaire») et on commence à choisir à la carte les fonctionnalités même si elles ne correspondent pas tout à fait à ce que l’on recherche (tant qu’elles « font la job ») afin d’accélérer la construction du site et qu’il soit plus compatible.

La standardisation a aussi touché des objets informationnels de plus en plus granulaires. Le concept de portabilité des micro-informations (RSS, Widget, podcast audio et vidéo) a pris son essor. À quoi bon laisser du contenu emprisonné sur son site (surtout si personne ne le trouve) alors qu’il est possible de le faire voyager?

« Porter » son contenu ailleurs permet de le disséminer sur le web et, au final, répond au but premier de toute présence en ligne, votre visibilité numérique.

Le web c'est plus que du design

On prenait conscience, enfin, que la construction d’un site web commande une stratégie fondée sur l’usager et ses besoins, mais aussi en fonction d'un objectif et des mesures

La réflexion première à propos d’un site web consiste à déterminer quelles sont les actions que l’on souhaite voir l’usager accomplir sur le site. « Quels sont ses objectifs? » Acheter, s’abonner, améliorer l’image de marque, informer, réduire les coûts, etc.?

Les sites web sont entrés de plain-pied dans les plans stratégiques des entreprises. On commence à mesurer, analyser, évaluer le retour sur investissement (acquisition, visites, téléchargement, etc.) de cette «présence» sur le web.

Pendant cette phase, le web est définitivement entré dans la vie courante, avec la connexion haute vitesse implantée presque partout et perçue comme un besoin essentiel de base.

Ne pas être sur le web équivaut vraiment, alors, à devenir invisible.

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D'accord avec ce que j'ai écris?

Demain je vais clore sur la période qui s'ouvre [2010-...] qui concerne l'impact majeur des réseaux sociaux.

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Interface web [2] : préoccupation de l'usager

Dans le cadre d'une conférence sur l'Architecture de l'information que je donne à l'EBSI ce matin, je partage quelques idées sur l'évolution des interfaces web.


J'esquisse entre autres une hypothèse qu'il émerge en ce moment une «super architecture de l'information» qu'on pourrait définir ainsi, après discussion avec Patrick M. Loizeau comme «une approche centrée sur l'ingénierie des relations entre les diverses instances informationnelles» , de l'expérience usager (humain-machine) aux flux des communications de cybercommerce (machine-machine) en passant par des règles d'affaires (business rules).

Mais avant, je veux voir comment a évolué la préoccupation de l'interface web au cours des 20 dernières années.

Dans «Gérer l'interface web : 4 approches successives» j'émets l'idée qu'il y a 4 approches successives.

La première a été abordé hier et au fond, elle correspond à une approche naïve de tout mettre à l'écran et de laisser l'usager se débrouiller: Interface web [1]: les premiers dix ans (1990-1999)

complexité

2000-2004 Deuxième approche: Ergonomie et convivialité

Autour du crash des technos, la réflexion sur les interfaces web fut consacrée à l’ergonomie, question de mieux servir un usager moins ébahi par le fait de « tout trouver au même endroit », comme à la première époque

Quelque part entre 2000 et 2005, à tâtons au début, et de façon plus structurée par la suite, on a réfléchi à l’ergonomie des processus en fonction de l’aisance maximale des usagers.

On a eu droit du même coup à plusieurs refontes de design, enclenchées par les passages successifs du flambeau à l’interne: des webmestres aux designers, relayés ensuite par les dirigeants du marketing avant d’être évincés eux-mêmes par les gens de communication.

De toute façon, lentement et inexorablement, les stratèges ont pris le contrôle, qu’ils se trouvent aux commandes du marketing ou des communications.

Visibilité

Dans le sillage du succès de Google (1999-2000), des spécialistes en référencement («SEO») ont émergé du fond de ce qui sera appelé plus tard le « web 1.0 » pour « répandre la bonne nouvelle » : il fallait construire les sites pour les faire repérer le plus facilement possible par les moteurs de recherche (« findability »).

Sortir premier sur une recherche assurait cette visibilité numérique devenue vitale pour exister sur Internet.

En même temps ont aussi émergé les spécialistes en « convivialité », c’est-à-dire en ergonomie d’interface. Leur obsession porte sur l’expérience utilisateur et on parle d’eux comme des experts UX (« User eXperience »).

« On n’utilise une information que si on la trouve ». En premier dans les moteurs de recherche, puis sur le site. L’ergonomie et la convivialité sont devenues à ce moment des caractéristiques essentielles de tout site web.

Personnalisation

C’est aussi l’apparition de la « personnalisation » pour réduire la surcharge cognitive, des animations Flash pour « entertainer » l’usager, et du gestionnaire de contenu (CMS) pour les mises à jour plus faciles et rapides. On explorait encore pour savoir ce qui plairait le plus à l’usager, pour le garder sur son site.

Avec cette expansion chaotique, on a aussi pris conscience d’une réalité incontournable qui s’impose toujours aujourd’hui comme un jugement implacable : l’usager passe plus de temps sur les autres sites que sur le vôtre (il n’a donc pas le temps d’apprendre votre façon originale d’organiser l’information).

Une conformité aux standards qui se développent devient alors nécessaire.

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Avez-vous quelques choses à rajouter ou à corriger à ce résumé?

En discutant avec Marc Poulin, il aurait tendance à faire coïncider la précédente période entre 1993 (arrivée de Mosaïc) et 1998 (livre de Morville). Ce qui veut dire que cette période-ci, dans ce billet, serait 1998-2004. J'aurais tendance à acquiescer. Mais je pense que se laisser un battement d'un an (1999) n'est pas trop exagéré...

Au prochain billet, je vais regarder l'époque 2005-2010...

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Interface web [1] : les premiers dix ans

Dans le cadre d'une conférence sur l'Architecture de l'information que je donne à l'EBSI ce mois-ci, je partage quelques idées sur l'évolution des interfaces web.

Lire avant: Gérer l'interface web : 4 approches successives
complexité

1990-1999 Première approche: les débuts des interfaces et des arborescences

Il est bon de se rappeler que la première « mode » sur les sites web, dans les dix premières années, a été de construire des sites aux interfaces surchargées, « bruyantes » et « animées ».

Il faut se mettre en contexte. On accédait pour la première fois à une énorme quantité d’information, facilement, et ce à partir du même endroit : l’écran de son ordinateur.

On est porté à l’oublier, mais avant l’arrivée d’Internet et surtout l’éclosion de Google au début de la dernière décennie, il a toujours été relativement difficile de chercher et de trouver de l’information.

Il fallait savoir où se trouve l’information, puis s’y déplacer ou téléphoner.

Avec le web, les internautes ont pour la première fois fait l’expérience de tout avoir à portée de main.

Il est donc un peu normal que le premier réflexe ait été de tout mettre à l’écran, pour montrer justement que « tout » était là.

Tout au même endroit

Les premiers sites étaient aussi laids les uns que les autres, surchargés et difficiles à naviguer. Remettons-nous encore dans l’esprit de l’époque. Quand chercher hors web est long et fastidieux, que les « sites soient laids » devient un moindre mal si l’on tombe sur une mine d’information.

Le souci des « webmestres » consistait tout simplement à « rendre accessible » tout ce qui était accessible. Les premiers usagers étaient tout simplement grisés par la « quantité » d’information qui leur était livrée en quelques clics.

Une fois passée la nouveauté, il a bien fallu que soit posée la question de l’architecture de l’information : comment organiser le tout de façon cohérente? Ce fut le début de la réflexion sur l’interface-écran et la structure de navigation à l’intérieur de l’information.

Jongler avec l'information

Il a fallu équilibrer ce qui est visible à l’écran (en montrer juste assez, mais pas trop) et l’arborescence du site pour s’y mouvoir intuitivement en profondeur (en cacher juste assez, mais pas trop).

Aujourd’hui, nous affrontons quotidiennement la surabondance d’information, et la notion même de chercher hors du web est devenue quasi « anachronique ». Alors on choisit le chemin de moindre résistance : s’il est difficile de trouver une information particulière sur un site, on va la chercher sur un autre. Point final.

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Que pensez-vous de ce résumé? Demain je jette un coup d'oeil sur la période 2000-2005.

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Gérer l'interface web : 4 approches successives

Comment mettre tout au même endroit et sur un même écran? Les sites web ont tout de même évolué depuis l’arrivée du Web, mais au niveau de la gestion de l'interface, nous sommes arrivés à un plateau.

Ile déserteJe développe en ce moment une conférence pour l'EBSI dans le cadre de leur université d'été sur l'architecture de l'information.

J'ai donné pendant quelques années (2007-2010) des cours sur le sujet à l'Université du Québec à Montréal. Mais c'était axé interface web principalement. En invitant des experts du domaine à venir parler à mes étudiants à l'automne dernier, il m'est apparu clair que l'architecture doit englober un flux d'information beaucoup plus vaste que le site web.

Super architecture de l'information

J'aborde entre autres, dans ma conférence de L'EBSI, cette notion de super architecture de l'information qui me semble émerger depuis deux ou trois ans...

Une super architecture de l'information devrait inclure les brochures, l'accès et la disposition en magasin, les communications publiques, la publicité...

Tout est relié et travailler les flux d'information dans un site web (pensons cybercommerce par exemple) doit se faire en connaissant le flux général des règles d'affaires complètes de la compagnie. Et ces règles d'affaires ne peuvent pas être éloignées du marketing et du service à la clientèle. Ni de l'aménagement intérieur d'un commerce.

Comment a évolué l'architecture web depuis 20 ans

J'en suis à ces réflexions quand je me suis dit qu'il fallait que je mette par écrit, une fois pour toutes, question de clore mon approche limitative de l'architecture de l'information limitée à l'ergonomie d'interface web, les principales étapes de l'évolution de l'interface web.

Pour simplifier, je réduis en quatre moments les changements survenus sur la façon de gérer l'information sur les interface depuis le début du web.

1990-99: Tout au même endroit. Accéder à l'information était tout ce qu'il fallait.

2000-04: Convivialité de l’utilisateur. Faciliter le travail de recherche devient l'enjeu majeur

2005-09: Modélisation et portabilité. Il faut optimiser le temps de maintenance

2010-...: « Curations » sociales. Les usages gèrent eux-mêmes ce qu'ils trouvent important

Ces quatre billets précisent ma pensée en ce qui concerne comment la gestion de l'information dans les interfaces web ont évolué en fonction du contexte...


Les médias sociaux à Moncton

Je donne une formation sur les médias sociaux dans un contexte d'affaires à l'éducation permanente à l'Université de Moncton vendredi prochain. Il reste encore des places.

Cette formation se veut une séance de réflexion pour comprendre comment développer une vision cohérente des médias sociaux, adaptée au milieu d'affaires.

S'il vous manque des morceaux pour saisir l'ensemble du portrait, j'y propose une carte du territoire des usages des nouveaux outils.

Souvent, il nous manque la confiance nécessaire pour bâtir une stratégie sur les médias sociaux. Cette confiance est minée parce qu'on a l'impression que ça nous dépasse. Mais en fait, c'est le manque de temps qui nous fait peur.

Les réseaux sociaux sont loin d'offrir un retour sur l'investissement immédiat auquel on pourrait s'attendre avec la pub traditionnelle par exemple. Il faut alors explorer les autres avenues, pas toujours commerciales, pour y trouver une valeur pour soi, ses employés et son entreprise

Le programme est ici

- Portrait de l'univers des réseaux sociaux : Définition du web 2.0, synthèse des usages, sa culture, ses codes
- Les outils : Points distinctifs de Linkedin, Facebook, Twitter, YouTube, Foursquare et les blogues
- Les trois stratégies d'une participation en ligne: écoutez, repérez, participez
- Différences B2C et B2B: construction de la crédibilité en ligne
- Cas concrets

Mise à jour
Intéressé à discuter web et ses impacts? je serai au Palais Chrystal entre 5 et 7. Laissez-moi savoir ici: http://on.fb.me/isPX8p