ZEROSECONDE.COM (par Martin Lessard)

ZEROSECONDE.COM

Impacts du numérique sur la communication, notre société, nos vies.

Web social et web vidéo

L'intersection entre le web social et la vidéo sur le web: comprendre et bâtir votre audience en ligne. Tel est le nom de la conférence que je donne aujourd'hui à Québec.

Salle à l'auberge St-AntoineLe contenu est-il toujours roi sur le web 2.0? hum. Maîtriser les réseaux sociaux est peut-être plus utile... Quoi le contenant avant le contenu?

Il est important de comprendre la chaîne de valeur de l'industrie et la façon dont Internet l'assaille de toute part. Cette crise offre pourtant de multiple opportunités qui s'ouvrent aux producteurs et aux créateurs de contenu. Il est normal qu'ils se concentrent sur le "contenu", mais gérer sa réception auprès d'un public qu'ils peuvent bâtir devient un enjeu clef, peut-être aussi important (sinon plus dans certain cas) que le contenu lui-même...

Un des enjeux de ma conférence sera de leur faire saisir la place stratégique des réseaux sociaux dans la chaîne de la vidéo sur le web. Bâtir une architecture de participation est au coeur du succès des contenus sur le web.

J'aborderai à la fin la logique virale des réseaux sociaux et la façon de concevoir un cycle d'adoption progressif et des paliers d'engagements
interactifs.

Suivra une table ronde pour aborder les impacts pour la production de vidéo en ligne avec nuls autres que Bruno Boutot, spécialiste en communauté virtuelle, Sylvain Carle, président de Alliance Internet (et ah oui, ce n'est qu'un seul de ses nombreux chapeaux), Yannick B Gélinas, artiste et réalisatrice vidéo numérique, Véronique Boisjoly, de urler.tv.

Bibliothèque 2.1

Deux journées vraiment passionnantes que j'ai animées au Forum des Bibliothèques de Montréal : Bibliothèques de Montréal 2.0. la semaine dernière. Pour ceux qui découvrent ce blogue suite au colloque, voici de quoi vous alimenter encore un long bout... jusqu'au web 2.1 ;-)

Blogues de référence sur la galaxie de la bibliothéconomie et consorts


Alain Giffard
"Culture, technologies, lecture, mémoire, hypertexte : Un des blogues les plus sérieux sur le contenu « littéraire » numérique et culturel".

Aldus - 2006
"A la découverte des nouveaux livrels, papiels, e-books, readers et autres "lecteurs" électroniques...

Alain Pierrot
"Spécialiste de l’édition numérique : tout sur le numérique dans le milieu de l'édition et des pouvoirs publics."

Dominique Lahary
"sujets concernant directement ou indirectement les bibliothèques"

Hubert Guillaud
"Observatoire de l’innovation pour comprendre les enjeux de l'édition électronique"

Sylvère Mercier
Le blog 2.0 d’un bibliothécaire bibliobsédé des bibliothèques (2.0)

Oliver Ertzscheid
Affordance: une veille intelligente et intelligible. Plein de chose que l'on retrouvent au hasard, par sérendipité.

Virginie Clayssen
"Une référence dans le milieu du numérique sur l'arrivée des nouveaux outils et des nouvelles possibilités de publication des contenus"

Jean Michel Billaut
"Spécialiste du web 2.0 dans les domaines industriels, avec une vision sur 2-3 ans (autrement dit, l'éternité)"

Jean-Michel Salaün
Directeur de l'EBSI. Passionnant.

Olivier Le Deuff
"Sur la culture de l'information. Le Guide des égarés existe depuis 1999 et était consacré initialement aux bibliothèques."

Bruno Rives
"Blog consacrés au Web et au numérique"

Thomas Chaimbault
"sur le monde des bibliothèques et les Sciences de l'information"

Pierre Chicoine
"Bibliothéconomie + Communication + Technologie = BiblioFusion"

Martin Jacques
Ses intérêts: les réseaux sociaux, la gestion documentaire, de l'information et de la connaissance

ePaper-france
"Actualité sur le e-paper, e-ink (papier et encre électronique) et ebook."

Homo-numericus.net
« Technologies numériques et société »

Bruits et chuchotements
Un bibliothécaire perdu dans l'information

Par-Dela
Sur l’édition et l’environnement numérique.

EBSI 2.0
Un blogue de la communauté étudiante de l'école de bibliothéconomie et des sciences de l'information

Point Livre
Réflexion sur l'édition et l'internet

Technothécaire
Revue des technos qui sont dans les bibliothèques publiques un peu partout dans le monde.

The shifted Librarian
En anglais et très bon !

Nouvellement arrivé(e)s: Marie D. Martel (Bibliomancienne) et Luc Jodoin (Bibliobabil)

Livres

Anderson, Chris. - La Longue traîne : la nouvelle économie est là !, (The long Tail)
« Les innombrables possibilités de connexion confèrent une liberté d’accès sans filtre à la culture et à des contenus de toutes sortes. ».

BOMSEL, Olivier. - Gratuit ! Du déploiement de l'économie numérique,
« Ce phénomène historique et économique singulier est souvent identifié à la baisse continue des coûts de traitement et de transport de l'information. Or il consiste avant tout dans les " effets de réseau "».

CASTELLS Manuel La galaxie Internet
« Essai d'analyse et d'interprétation du bouleversement subi par l'économie, la politique et la société du fait de l'introduction d'Internet, par une étoile montante de la sociologie, spécialiste mondialement connu de la société en réseaux ».

KEENE, Andrew. - Le Culte de l'amateur. Comment Internet tue notre culture
Mise en garde contre « un projet de société basé sur la gratuité ou la distinction entre le producteur et le consommateur tend à s’effacer, où la foule prend le pouvoir. ».

LEBERT, Marie. - Les Mutations du livre à l'heure de l'Internet, 1999
« L'Internet et les technologies numériques bouleversent le monde du livre. Imprimé sous de multiples formes depuis plus de cinq siècles, le livre se convertit. + une chronologie détaillée et une liste de sites Web ».

MANGUEL Alberto Une histoire de la lecture
« D'une anecdote à l'autre, ce livre, chronique minutieuse des lecteurs et de leurs passions, nous transporte dans un univers quasi mythique ». C'est le livre que suggérait Hubert lors de sa présentation.

SOCCAVO, Lorenzo. - Gutenberg 2.0 : le Futur du Livre,
« Le livre va vivre sa deuxième révolution après celle de Gutenberg, il y a plus de 500 ans. Le livre est un objet qui n'a cessé de connaître des évolutions au fil des millénaires. Il va, durant cette première décennie du XXIe siècle, connaître une révolution, comparable à celle de l'imprimerie au XVe siècle ».

VALADE, Jacques. - La Galaxie Gutenberg face au « big bang » du numérique, rapport d'information fait au nom de la Commission des Affaires culturelles, septembre 2007
« L’avenir du livre dépend en premier lieu – c’est un truisme, mais il faut cependant le rappeler – de l’existence d’un public pour l’acheter et pour le lire. ».

VIGNE, Eric. - Le Livre et l'éditeur
« les conséquences de ce bouleversement du monde de l’écrit sur la fiction, les ouvrages de sciences humaines et l’essai, tente de comprendre cette tendance à partir des pratiques de l’éditeur. »

Accueillir le numérique? Une mutation pour le libraire et le commerce du livre
Vous trouverez aussi d'autres références de livres (je m'en suis grandement inspiré pour ce billet)

Vidéos

Information Overload

Michael Wesch :
-Information R/evolution This video explores the changes in the way we find, store, create, critique, and share information.
- A Vision of Students Today A short video summarizing some of the most important characteristics of students today
- Machine is Us/ing Us (Final Version) "Web 2.0" in just under 5 minutes.

Prometeus :
- The Media Revolution part 1 "The futur of media"
- The Media Revolution part 2 "In the year 2015 People have access to a deep information. However the press as you know it as seed to exist. The road to 2015 began in XX century."

CommonCraft :
- Social Media in Plain English A simple story that illustrates the forces shaping social media
- Social Bookmarking in Plain English A short explanation of the features and benefits of Social Bookmarking sites like Delicious.com.
- Online Photo Sharing in Plain English A short explanation on the benefits and features of online photo sharing
- Blogs in Plain English A video for people who wonder why blogs are such a big deal.

Last.FM radio veut devenir payant

Last.FM vient d'annoncer qu'il souhaite rendre payant l'accès à son service Radio partout où la base d'utilisateurs n'est pas suffisante pour permettre l'introduction de la publicité. (via Access O Web)

Last.FMAcquis par CBS il y a 2 ans, Last.FM compte demander 3 euros par mois pour tous les pays hors des États-Unis, de la Grande-Bretagne et de l'Allemagne. Dans un titre laconique ("Last.FM Radio announcement") sur leur blogue, ils laissent entrevoir que bientôt les membres des autres pays devront payer pour avoir accès au même service --mais la pub en moins: le service étant gratuit dans les 3 pays où il y a de la pub. Last.FM prétend avoir 30 millions d'utilisateurs par mois (le double d'il y a un an).

Le modèle du tout gratuit semble montrer des signes de fatigue. L'abonnement ne concerne que le service radio et ne touche pas le reste (scrobbling, recommandations, charts, biographies, événements, vidéos...)

3 Euros est le nouveau gratuit
L'industrie musicale est en profonde crise: quel est avenir du disque et de la musique? titrait le Devoir en fin de semaine. Le numérique semblait avoir fait fondre cette industrie obèse et obscène. Les fans s'étant tournés en masse vers les services gratuits (plus ou moins légales) pour accéder à leurs chansons favorites. On n'arrête pas de citer cette industrie comme un dinosaure sans cervelle qui n'a pas vu venir la crise annoncée.

À ma connaissance, ce mouvement vers le payant représente une première initiative d'envergure depuis l'avènement du iTune store pour retrouver un équilibre budgétaire dans le monde la musique en ligne. Last.FM dit payer déjà les redevances aux artistes.

La question est de savoir si 3 euros sera la nouvelle marque pour le "quasi gratuit", c'est-à-dire que les membres voudront se payer une radio libre de pub pour ce montant quasi symbolique.

Utilisateur payeur
Le problème avec ce prix n'est pas sa valeur unitaire, mais son accumulation avec les autres services.

3 euros par mois, ce n'est rien en soi, mais si on se retrouve à payer tous les services gratuits à un coût unitaire "ridiculement bas" de 3 euros, on se retrouve vite avec une facture salée. Remercions toutes ces années de free lunch, de ce buffet ouvert all-you-can-eat : quand vient le temps de payer à l'unité, l'effet modérateur se fait vite sentir.

Je ne crois pas que 3 euros soit un frein pour last.FM. Même si plusieurs marchés du gratuit vont se développer sur ces territoires nationaux délaissés par Last.FM.

La course aux centimes
Dans cette course à la rentabilisation du "gratuit", il faut savoir une chose. Ce sont les premiers qui réussiront à entrer dans le compte de dépense de l'internaute qui gagneront. Les derniers arrivés sur le marché du "quasi gratuit" auront à se battre pour justifier que la dépense ne monte jusqu'à des sommes astronomiques.

C'est toujours la dernière goutte qui fait déborder le vase, n'est-ce pas?...

Qu’est-ce qu’un livre à l’heure du numérique ?

"Développer des liens entre, non pas les auteurs ou les oeuvres, mais les concepts les idées, les raisonnements. (,,,) Faire le lien entre tel auteur et tel autre. Entre telle étude et telle autre. Dresser le fil des connaissances, leur histoire, le parcours de la pensée qui nous amène d’une idée l’autre au niveau de connaissance où nous sommes (et pouvoir regarder derrière, pour mieux comprendre)."

Qu’est-ce qu’un livre à l’heure du numérique ?

Hubert Guillaud nous livre un texte fort, éclairant et puissant sur les avenirs possibles de ce livre que l'on dit moribond. Subissant un mutation, il rebondit et reprend vie par une lecture transformée

"Le propre de l’écriture concrétise une pensée dans sa finitude. Avec le numérique, le texte est liquide, s’inscrit dans une continuité sans fin. Ce qui pose la question de l’homogénéité, de la cohérence dans ce zapping constant. Qu’est-ce qu’on met en place pour restructurer la pensée, pour construire le fil conducteur ? Comment on recompose de la cohérence ?"

Lors de la conférence Bibliothèque de Montréal 2.0 que j'ai eu le plaisir d'animer pendant deux jours la semaine dernière, j'ai assister à un brillant exposé d'Hubert sur ce livre de demain.

" Le livre demain ne sera plus un produit isolé, clos, fermé sur lui-même (pour autant qu’il l’ait été), mais un texte ouvert aux autres textes et aux lecteurs, et qui prendra du sens en s’intégrant dans l’écosystème des livres et des lecteurs. "

La conférence (texte et présentation) est disponible ici, pour le plus grand bonheur de tous : Qu’est-ce qu’un livre à l’heure du numérique ?

Hubert Guillaud est à Montréal

Hubert GuillaudHubert Guillaud, rédacteur en chef d'InternetActu.net et responsable de la veille à la FING, est de passage à Montréal.

Si vous voulez le rencontrer, venez jeudi prochain le 19 mars 2009 au Café Méliès de 18h00 à 20h00.

Qu'est-ce que la FING?
C'est la Fondation Internet Nouvelle Génération, créée en 2000, un organisme qui a pour mission de "faire de la France, en Europe, le creuset d'une dynamique d'innovation numérique au service de la performance économique et du développement humain".

Fing est un groupe de veille prospective technologique (je n'hésite pas à dire que c'est un Cefrio à la puissance 10), une association pour susciter une réflexion sur les usages de l'Internet de demain : multiunivers, ville 2.0 , identité numérique, et tous usages innovants des technologies (internet, téléphone, radio, télévision, énergie)...

Qu'est-ce que InternetActu?
C'est le blogue de veille de la FING où on trouve les réflexions en français les plus pertinentes et les plus réfléchies sur les impact des nouveaux médias sur la société.

Hubert est en ville pour la conférence Bibliothèques de Montréal 2.0 que j'anime pendant 2 jours.

PS: Sylvère Mercier (Bibliobsession) sera peut-être présent aussi parmi nous.

À qui profite l'industrie des journaux?

Ces temps-ci on lit beaucoup (sur Internet, évidemment) que la fin des journaux est proche. Que la fin pour la plupart des journaux est proche. Les journaux tels qu'on les connaît. Et on sait qui est le coupable. Mais la société n'a pas besoin de journaux. Elle a besoin de journalistes...

Clay ShirkyAurions-nous fait exactement ce que nous ne voulions pas faire : détruire cette industrie, trahir les journalistes, fragiliser la société?

- Détruire cette industrie: oui -et elle était voué à l'être;
- Trahir les journalistes: peut-être que oui, mais on prolonge leur mission -faire circuler l'information;
- Fragiliser la société: peut-être que non -ce n'est qu'un mouvement de plaques tectoniques.

Chronique nécrologie
Pour l'industrie des journaux, Clay Shirky a signé hier un billet réaliste et fascinant (Newspapers and Thinking the Unthinkable):

L'Industrie, dans son ensemble profite à toute la société, c'est vrai. Mais elle est menacée de disparaître. Dire qu'elle va nous manquer ne créé pas exactement un modèle d'affaire très solide.

Le modèle d'affaires que l'industrie a mis en place servait à résoudre la très grande difficulté que demande le maintien en place d'une structure complexe de diffusion de l'information. Leur mission était de faire circuler l'information, tout en étant rentable.

L'industrie a rencontré Internet. Un système simple, distribué, décentralisé, qui permet justement de faire circuler l'information. La distribution industrielle traditionnelle arrive à la croisée de chemins.

Les journalistes bien-aimés
Clay raconte l'anecdote de ce jeune garçon de 14 ans qui redistribuait les articles d'un journaliste sur Internet parce qu'il aimait tellement ce qu'il écrivait qu'il voulait que tout le monde le lise. Quand la crise commence non parce qu’on vous hait, mais parce que l'on vous aime, donne un sacré mauvais départ pour les journalistes soucieux de gérer leurs affaires...

On a vu tout le mal que l'industrie de la musique s'est fait en voulant poursuivre de petites victimes...

Plaque tectonique
Comme toujours, les vieilles institutions, dans des cas similaires, se voient épuisées et démolies avant que naissent d'autres institutions. Dans le cas de l'industrie des journaux, on voit maintenant qu'elle met un frein à une autre logique sous-jacente : l'information a besoin de circuler. Et il est clair maintenant qu'elle n'en a plus ce monopole (pensons à craiglist, Wikipédia, Agoravox et à toutes les mailing-lists, par exemple).

Le prochain modèle? Aucune idée. Clay Shirky ne fait que constater que les journalistes devront se réinventer. Je pense que Rue89.com est une bonne initiative. Il dit qu'en déplaçant le problème de "sauvons l'industrie des journaux" à "sauvons la société", nous cesserons de vouloir préserver les institutions en place et commencerons à trouver autre chose....

Newspapers and Thinking the Unthinkable, par Clay Shirky
2700 mots, en anglais, 13 mars 2009
Via Bruno Boutot sur Twitter

L'empreinte des réseaux sociaux s'élargit

Global Faces and Networked Places: A Nielsen report on Social Networking’s New Global Footprint PDF, Mars 2009, 15 pages.
"How social networks are creating a potentially transformational change in consumer behaviour (...) social networks and blogs are eating into the share of time held by other sectors ".


Global Faces and Networked Places: A Nielsen report on Social Networking’s New Global FootprintLa blogosphère et les réseaux sociaux accaparent encore davantage d'attention sur ce nouveau média. Attention très précieuse qui n'est pas dédiée à d'autres sites... et d'autres médias.

(Tout à fait en lien avec la conférence que je donne et la table ronde (avec Sylvain Carle, Bruno Boutot, Yannick Gélinas et Véro B) que j'anime au Festival de cinéma des Trois Amériques: L'intersection entre le web social et la vidéo sur le web: comprendre et bâtir votre audience en ligne. Je vais en profiter aussi pour en glisser un mot à la conférence de Téléfilm sur la chaîne de valeur de la webTV à la fin du mois.)

Quelques extraits de ce qui se dit dans la blogosphère francophone:

Réseaux sociaux et blogs : les stars du web, par Julie Le Vacon (BuzzNews)
"Nielsen sort une nouvelle étude tournée Web 2.0 . On y apprend que plus des deux tiers de la population connectée au niveau mondial visitent les réseaux sociaux et les blogs"

Quand les réseaux sociaux dépassent l’email (Marketing 2.0.fr)
"Nielsen vient de publier les dernières statistiques sur les réseaux sociaux, et les faits sont là: les réseaux sociaux et blogs sont plus utilisés que les emails.

Comment les marques et leurs agences peuvent agir sur les médias sociaux ? (Kinoa)
"Neilsen propose trois principaux ingrédients qui devraient être un bon début de réponse : Conversation, Authenticité, Valeur ajoutée"

Nielsen Online: Facebook bat MySpace aux US, par Aziz Haddad (Mashable France)
"le réseau social MySpace se glisse à la deuxième place [derrière Facebook] dans les derniers chiffres de Nielsen Online." (ok, ok, pas vraiment un extrait du PDF ;-0

Tiens, t'en qu'à tricher:
Whoa, Twitter Mania by Erick Schonfeld (TechCrunch)
"Maybe it is all the TV news mentions, but Twitter is seeing the growth in U.S visitors to its site accelerating."

Note en passant...
Je remarque que la blogosphère franco commente très peu sur les blogues (en général) sur ce type de contenu, contrairement à la blogosphère anglophone qui est très prolixe. On dirait que le "focus" n'est pas le même...

Votre nom ne vous appartient pas

Vie professionnelle, vie relationnelle et vie personnelle devraient-elles faire partie de tout réseau social en ligne?

Ce qui était posé comme une affirmation sur Twitter ce matin, je le tourne en question ici. C'est qu'il me semble qu'il y a matière à se poser une préquestion : veut-on mélanger vie professionnelle, vie relationnelle et vie personnelle dans les réseaux sociaux?

Si on sépare vie en secteur professionnel, relationnel et personnel, c'est qu'ils sont déjà des zones étanches avec leur propre logique interne. Le choix de les mélanger demande de savoir à qui ces secteurs appartiennent avant.

Vie personnelle: le propriétaire de cet espace, s'il est mature, doit être capable de décider lui-même des traces qu'ils laissent sur le réseau. Où il les laisse est une autre question. On a encore en tête l'histoire de Marc L.

Vie relationnelle: nous sommes copropriétaires de cet espace. La vie amoureuse ou familiale sont des sous-secteurs qui méritent un niveau de protection supérieure ou du moins peuvent et devraient être traités séparément. La vie publique relationnelle doit, elle, cogérer sa présence en fonction des autres espaces de vie personnelle de ceux et celles ont a une "relation". Facebook offre cet espace de coprotection (pour voir la vie relationnelle d'un groupe, on doit faire partie de ce groupe).

Vie professionnelle : elle est et a toujours été la sphère publique de toute personne. On en contrôle une partie, mais elle de l'ordre public. C'est presque un devoir d'être en ligne pour contrôler son identité. J'affirmerais même que nous ne possédons pas notre nom. Je m'explique un peu plus bas.
Si on accepte que la vie relationnelle doive être corégie et qu'il faille alors la cultiver dans des réseaux sociaux protégés (à la Facebook), que penser des deux autres?

La vie personnelle et la vie professionnelle s'opposent. Elles s'opposent, sur le réseau, dans le sens qu'elle réclame le même territoire (soi-même) alors qu'elle devrait occuper deux territoires distincts (le soi intime et le soi public). Dans la vraie vie, cette contradiction se résout en ayant une attitude différente selon le lieu (public ou privée). On agit différemment si on est en situation de "vie publique" ou de "vie professionnelle ".

Traçabilité de vos vies
Sur le web, les deux vies par leurs traces se côtoient simultanément : deux profils ouverts, personnels et professionnels, ouvrent simultanément aux deux sphères respectives le contenu l'une de l'autre sans filtre. Il n'y alors pas de vie professionnelle ou personnelle distincte. C'est la même vie aux yeux de ceux qui y accèdent à travers les réseaux sociaux (prenons ici le cas de deux profils distincts, mais ouverts à tous).

C'est ce qui m'amène à dire que nous ne possédons pas notre nom. Nous n'avons jamais possédé notre nom. Internet n'y est pour rien. Votre nom est associé avec la compagnie qui vous emploie. Essayez de parler en votre nom personnel sur les réseaux à propos d'un élément extrêmement dérangeant pour votre compagnie. De multiples exemples parsèment la blogosphère.

Votre nom ne vous appartient pas
Pourquoi? parce que sur le réseau il est un mot clef avec lequel on peut faire une recherche. Votre nom ne vous appartient pas parce qu'il ne vous permet pas de vous réfugier dans votre vie personnelle (et que vous souhaitiez les amalgamer volontairement, c'est à votre guise, mais mon point tient quand même, vos deux vies ne sont pas séparées et deviennent publiques, donc professionnelles).

Notre nom ne nous appartient pas, car il était déjà public.

Dans les réseaux sociaux, sur le web, comme dans la vraie vie, si vous souhaitez une vie personnelle, il faut la protéger. L'anonymat est une façon de conserver son identité (en général, seuls les intimes savent qui se cachent derrière un nom anonyme).

En public, votre nom appartient à tous, car il est la clef de recherche. Que vous soyez à votre compte n'y change absolument rien. Vous ne faites que reprendre le contrôle du domaine, mais vous êtes à la merci de votre réputation. Vous devez respecter votre propre réputation que vous vous êtes créée. Vous ne faites maintenant que le gérer en fidéicommis. Et si vous le faites bien, vous en contrôlez ce qui en émane, pour vous permettre de créer une vie personnelle ailleurs...

Sur l'identité numérique:
2 barcamps à ne pas manqué via @eogez

Lille 28 mars You on the web premières Rencontres sur l’identité numérique, l’e-réputation et le personal branding en région Nord Pas de Calais.
Paris 4 avril E-Reputation (une centaine de place à la Cantine) ) E-reputation débat public ou privé? Gère t’on de manière différente l’e-reputation d’une personne et d’une entreprise?

Disparition d'internet

Les journalistes me demandent souvent quel sera le next big grand truc sur Internet dans 10 ans. Je réponds alors que ce ne sera pas le "web 3.0" (le web sémantique) ni un autre GoogAmazTweeterBook qui fera les manchettes. Mais plutôt, et là je vois leur face déconfite, de l'internet ambiant ou des objets communiquants. Ah ça , ils n'aiment pas, ça ne fait pas un bon scoop.

L'internet ambiant, c'est la disparition d'internet, ou pour être plus précis, la disparition de la frontière rigide entre le "en-ligne" et le "hors-ligne". Les objets se mettront à communiquer entre eux via le réseau, sans notre aide, pour échanger des informations (l'historique des objets, demandes de maintenance, pool de ressources). Nous utiliserons internet sans le savoir et dans la vraie vie, pas nécessairement assis devant un écran.

Je viens de tomber sur une vidéo qui met des images sur ça. C'est de Microsoft. C'est bien fait -très science-fiction aussi- et c'est pour dans 10 ans --là on a les éléments d'un bon papier ;-)

<a href="http://video.msn.com/?mkt=en-GB&amp;playlist=videoByUuids:uuids:a517b260-bb6b-48b9-87ac-8e2743a28ec5&amp;showPlaylist=true&amp;from=shared" target="_new" title="Future Vision Montage">Video: Future Vision Montage</a>

Évidemment, on n'a plus l'avenir que l'on avait. Cette utopie du "tout-relié" est un "image d'Épinal du futur", comme le dit mon frère, qui aime bien me rappeler que c'est comme pour Cosmos 1999: une belle utopie dans la forme. On n'a pas eu notre base Alpha, mais on a quand même maintenant la station International spatiale.

La disparition d'Internet adviendra quand on aura plus à se logger, quand il sera omniprésent et partout à la fois. C'est sûr que si ça vient via Microsoft, ça peut faire peur. Mais en soi, quand on ne parlera plus d'internet comme on ne parle plus du système téléphonique, là on dira qu'on est entré dans une autre étape.


Vidéo viraux: les 7 R

La valorisation de contenu sur le réseau, c'est-à-dire l'ajout d'une plus-value à une information --pas nécessairement financière--, dans le cadre de certaines vidéos virales, prend la forme d'un cycle qui se segmente selon les 7 "R" : Regard, Relay, Reposting, Reacting, Remixing, Re-enacting and Reinventing.

Encore ici, cette valeur est particulière au réseau, comme le cas des photos virales sur les réseaux sociaux dont je parlais hier, et elle ne semble pas pouvoir être produite dans les médias traditionnels (du moins pas de cette façon).

C'est Rahaf Harfoush qui est arrivé il y a deux semaines à ce premier cadre original et qui explique les 5 R of Viral Video-- auquel je me suis permis de rajouter deux autres R, "Regard" et un second R, "Relay", pour le remettre dans un contexte d'écosystème de vie d'une vidéo virale.

Ça n'explique pas le mécanisme viral en soi (pourquoi ça marche), mais donne un cadre sur ce qui se passe quand ça marche (c-à-d les signes extérieurs que le viral marche). N'oublions pas, on ne commande pas une vidéo virale.

En analysant une vidéo de famille anecdotique, Rahaf arrive à montrer qu'un viral de ce type crée une communauté ad hoc de "consommateurs-producteurs " et que le contenu subit de multiples métamorphoses --la vidéo ne se fait pas que se propager-- pour permettre la réappropriation par le public.

Les 7 R des vidéos viraux : Regard, Relay, Reposting, Reacting, Remixing, Re-enacting, Reinventing

(7 R : j'ai toujours un petit faible pour ces cadres conceptuels qui possèdent une poésie rythmique baptismale.)

Je me suis permis d'ajouter deux stades pré-curseurs et modifier un peu son ordre pour avoir un bon portrait de l'écosystème d'un tel viral. J'ai conservé la nomenclature anglaise.

Voyons maintenant comment un viral ne vit pas seul et engendre un nouveau type de "cadavres exquis"...

Regard
La connaissance au poidsÉtape primordiale, évidemment, c'est la façon la plus passive de participer au viral : consommer la vidéo, y porter attention. Elle doit posséder des caractéristiques pour attirer l'attention et la conserver. Elle ne répond pas nécessairement à un besoin ni ne porte de message particulier (même si ça aide). Elle
est intéressante en soi (au moins pour la première personne qui la "trouve"), mais souvent le seul intérêt provient du fait même qu'elle a été transmise (1) par son réseau social ou (2) qu'elle figure dans une liste quelconque. C'est en général le seul contrôle que possède la personne qui souhaite créer un viral : trouver un terreau fertile et y exposer son document.

Relay
5 R du viralÉtape suivante, la relayer. C'est la façon la plus simple de donner une portée au contenu : les gens lie (link) ou encapsule (embed) la vidéo sur leur site, blogue, médias sociaux, réseau social ou l'envoie par courriel. Pour ça, la vidéo doit absolument toucher cette fibre : provoquer l'impression d'être devant une petite perle rare (généralement drôle, esthétique ou parfois morbide) et provoquer le besoin d'être le premier à le faire suivre à son réseau (scoop pour engranger du capital social). À cette étape la seule valeur que possède cette vidéo est d'être distribuée par un réseau social ("Si Alice me l'envoie c'est que ça doit être intéressant"). On peut considérer l'envoi par courriel comme un simple relais si on le considère comme une communication" privée", car elle n'implique pas l'acte de "publier" (point suivant).

Reposting
5 R du viralÉtape souvent cooccurrente et complémentaire à la précédente, on republit la vidéo. Le vidéo doit être recopiée à une autre adresse. Pas seulement lié (link) ou encapsulé (embed) mais bien copié. L'acte de "(re)publier" est beaucoup plus actif que le précédent point. Ça mélange aussi les cartes (on ne sait plus quelle est l'adresse originale et on perd les traces statistiques). À ce moment précis, on rentre véritablement dans le viral réseau (et voilà pourquoi Rahaf commence à cette étape): qu'importe le copyright, le propriétaire du vidéo perd à ce moment le contrôle de sa diffusion.

Reacting
5 R du viralLa "réaction", avec la large bande passante et la démocratisation des webcams et des outils d'enregistrements vidéo, l'apparition des "commentaires vidéo" s'est assez courante sur les réseaux sociaux et les plateformes d'agrégation vidéos. Cette étape consiste à montrer sa réaction (primaire ou réfléchie) au contenu référence. Je ne crois pas qu'il faille y voir un acte artistique, mais plutôt un acte épistolaire ou conversationnel. Le consommateur cherche à donner son point de vue "meta" à l'acte de réception.

Remixing
5 R du viralOn monte ici d'un cran hors de la passivité: une personne reprend l'original et le remixe, généralement en rajoutant une forme de commentaire artistique (musique, image, titre, surtitre, effets spéciaux, voice-over). Parfois, quand c'est bien réussi, cette version possède sa propre vie et peut dépasser l'original. Cette étape démarre le véritable "cadavre exquis", particulièrement fertile sur les réseaux entourant les contenus audiovisuels linéaires. Le consommateur cherche à donner son point de vue "éditorial" (ce qui en fait par définition un producteur de contenu).

Re-enacting
5 R du viralCette étape demande plus que le remixing et implique que les auteurs (ou leurs amis) s'impliquent et jouent dans le vidéo: ils "rejouent" la vidéo. C'est un remake, une parodie, une mise en scène décalée. Actuellement la culture entourant cette étape consiste à répéter mot pour mot le vidéo original à la façon des fans de films cultes. Mais elle peut prendre plusieurs formes et implique toujours une mise en scène de nouveaux acteurs (par opposition à un remixing, qui implique le même contenu ou un mélange de contenus.).

Reinventing
5 R du viralCette étape correspond comme à un spin-off, une suite en quelque sorte, une "réinvention" à partir de certains éléments originaux. Le lien est parfois ténu, mais le contenu demande un véritable travail de création. Créativement parlant, c'est l'étape la plus aboutie et le meilleur hommage au vidéo original. On prend un personnage et on l'exploite autrement, ou on ajoute des personnages pour étoffer l'histoire originale ou la prolonger. Cette étape, par son côté référentiel, confirme l'entrée du vidéo originale dans le panthéon du viral.

En allant sur le billet original de Rahaf vous verrez les principales étapes et des exemples qui les illustrent (en anglais). Thanks Rahat for the insight.

Valorisation de l'information et réseaux sociaux

Il est intéressant de voir que les réseaux sociaux sont aussi un canal de valorisation de contenu. Valeurs pas toujours monétaires : ils permettent de donner une importance relative à une information au détriment d'une autre. Exemple.

Sans enlever le fait que le réseau social (que l'on appelait avant "social software") est aussi à la remorque ("est un parasite") des médias traditionnels, il peut aussi générer une valeur pour une information.

Quand cette valeur est exclusive au réseau, ça devient intéressant. Voyons voir.

Deus ex Ottawa
Prenons cette photo d'Obama en visite récemment dans une marche limitrophe de l'empire.
Obama cachant harper
La photo est cocasse. L'hôte, derrière la main du président iconique, est le dirigeant exécutif du comité directeur du pays qui le reçoit. Les habitants du patchwork territorial en question comprennent immédiatement l'humour de la situation : l'aura d'Obama fait de l'ombre à toute autre personne.

Dans ce cas-ci, vu leur position idéologique antagoniste sur la façon de gouverner, l'ironie est que Obama représente le futur, balayant de la main les idées du passé. Juste image de la situation actuelle.

J'aurais laissé cette anecdote-là où je l'ai trouvé (sur Facebook) s'il n'était pas un (autre) exemple de ce que j'illustre dans mes conférences: le web social crée de la valeur à partir d'éléments sans valeurs pour les médias traditionnels. Je m'explique.

Mood market
Cette photo ne pourrait jamais apparaître sur la page frontispice des quotidiens, ni au TJ de 20h. L'éthique journalistique ne le permet (heureusement) pas. Elle n'a donc aucune valeur pour ces médias (sauf à titre anecdotique marginal).

Cette photo "rejetée" a été valorisée sur Internet. Ce qui était proprement impossible de faire sur les canaux traditionnels, même s'ils le voulaient...

Le message caricatural a trouvé un terreau fertile sur les réseaux sociaux. Comme je l'ai déjà dit à propos du viral "Culture en péril": un viral fonctionne d'autant mieux quand il correspond aux attentes du terrain où il se diffuse: rien de tel qu'un bon terrain fertile pour prospérer.

Culture de net
Bien sûr les médias ne sont pas là pour donner ce que le peuple demande (officiellement, du moins, car par moment, inutile de jouer aux surpris, pour certains médias, on se le demande). Voilà le besoin que remplissent les réseaux sociaux dans le nouvel écosystème de l'information (sujet d'une série de 5 billets que je me promets de terminer) : c'est un média qui leur ressemble (tiens, on dirait un slogan de chaîne de télé populaire).

Ce média valorise l'information qui n'a pas été valorisée ailleurs. Il n'y a que l'élite qui s'offusque de voir le peuple s'occuper de ce qui l'intéresse...

Sur Facebook, tous les 'friends' ne sont pas égaux

En moyenne sur Facebook on collectionne 120 "friends", mais il semble que le nombre de vrais amis avec qui on communique fréquemment se réduit à seulement sept de ses amis.

Parmi les utilisateurs de Facebook qui ont 500 amis, ces chiffres sont un peu plus élevés (16 ou 17) mais montre bien qu'il existe une limite de la sphère de l'intimité.

Ce cercle intérieur ne semble pas s'agrandir nécessairement avec la venue d'outil réseau.

Le vrai cœur d'un réseau tourne autour d'un petit nombre de contacts. En d'autres termes, cette «mise en réseau» de nos réseaux sociaux ne sert qu'à « diffuser» nos vies au-delà de ce cercle de connaissances intimes.

Cet usage de "broadcast de vie", Sébastien Provencher l'avait repéré il y presque deux ans.
Voir l'article publié hier, Primates sur Facebook sur the Economist, qui discute de ces constats (via Andrès sur Twitter)

Dejeuner avec Heidegger

J'ai toujours dû lutter dur avec la pensée de Heidegger. Premièrement, il faut se faire violence pour comprendre qu'il y a effectivement une pensée cohérente (et non une forme de poésie dégénérée). Et deuxièmement, il m'arrive fréquemment de me retenir pour ne pas balancer le bouquin par la fenêtre tellement on peut penser que l'on me mène en bateau. Penser l'internet est un peu pareil.

HeideggerC'est pour ça que j'ai toujours trouvé plus facile de lire les critiques de Heidegger que lui-même. Avec la philosophie allemande, on ne sait jamais si on a affaire une mauvaise traduction ou si réellement l'auteur cherche à nous rendre comme l'être-qui-est-là-à-se-prendre-la-tête.

Les gens à qui je donne des formations ces temps-ci (des producteurs télé et cinéma) sont à la fois fascinés et horrifiés par Internet. Mais je me demande si parfois s'ils ne voient pas les consultants web comme Heidegger (pour ma part j'espère que non) quand on parle des traits cabalistiques des réseaux comme flux web, conversation, architecture de participation, identité, etc.

Les chemins qui mènent nulle part
Voilà que je tombe sur un récent billet de Tribak Ahmed sur son blogue "Penser" (Heidegger et le chemin) qui me donne enfin à comprendre un concept porté par Heidegger qui m'a toujours semblé attirant, mais incompréhensible: les promenades dans les chemins de la forêt (dit comme ça ça fait bizarre, mais Heidegger parle de Chemins qui mènent nulle part ("holzweg" - littéralement chemin dans le bois), de l'Etre (oui avec un E majuscule) et l'étant). Parler d'Internet entre initiés peut avoir l'air aussi abscons parfois.

Tribak résume la pensée de Heidegger dans son billet et je serais flatté si vous m'accordez l'intelligence de pouvoir vous en faire un résumé (supplémentaire) sans rien déformer ni vous ennuyer --vous ai-je déjà ennuyé auparavant? ;-)

"Penser c’est comme l’acte de marcher dans une forêt où les chemins ne sont pas sûr ". Ce sont les holzwegs. À n'importe quel moment on peut finir dans l'impasse. "[M]ais cela ne veut pas dire que ces chemins sont totalement bouclés, puisque les forestiers et les bûcherons s y connaissent parfaitement dans ces chemins imprévus".

Se sentir perdu
On peut se perdre donc, mais on ne s'y perd pas forcément. Certains se perdent, alors que les bûcherons s'y retrouvent.

"Les deux savent bien ce que veut dire marcher dans ces chemins qui pour eux mènent là où ils veulent ; par contre, ceux qui n’ont pas le savoir et l’expérience de la forêt n’arriveront nulle part, ils ignorent ces chemins."

Vous ne connaissez peut-être pas la densité des livres de Heidegger, mais si vous avez jonglé avec l'idée de le lire, ça c'est un antisèche à écrire sur la page frontispice.

"La forêt est donc pénétrable et même facile à traverser par les uns, mais très compliquée pour les autres." La forêt est la métaphore de la pensée (autre anti-sèche à rajouter). "Ainsi est le chemin de la pensée ! Il est plus clair pour ceux qui en ont l’expérience, ils y passent en faisant usage de leurs expériences, cela ne veut pas dire que ces chemins sont faciles pour eux, mais ils ont conscience de son aspect imprévisible."

Vous venez probablement de vous épargner la lecture du bouquin quoique je crois que c'est sûrement une lecture essentielle pour les philosophes comme d'aller à Lourdes pour les chrétiens.

Se perdre sur les chemins de la pensée qui ne mènent nulle part
Tribak écrit "Le chemin de la pensée n’est pas un espace plat et organisé, il est tortueux et appelle à l’attention puisqu’il est imprévisible [...] il est plutôt à découvrir, ou pour mieux dire, il est à dévoiler ! Par la force de l’interprétation." Je crois que la compréhension sur Internet suit un cours similaire.

L'interprétation est une force qui mène le web, via la blogosphère entre autres. Mais c'est à travers ces interprétations que l'on peut avancer (et je dois alors m'inscrire en faux contre cette idée que "la machine Internet" est un cerveau global).

La compréhension de l'impact d'Internet passe par de multiples interprétations. Ceux qui sont perdus dans la forêt d'Internet rencontrent des bûcherons qui leur indiquent peut-être des directions différentes.Le passant cherche une carte quadrillée. Mais les bûcherons savent qu'ils suivent chacun leur Holzweg. Ils mènent tous au bon endroit.

Bon déjeuner ;-)
---
Heidegger et le chemin, 1300 mots, de Tribak Ahmed , blogue "Penser"
Chemins qui ne mènent nulle part, 661 pages, de Martin Heidegger, Gallimard, idées.

Zero Seconde a 5 ans

Cinq années se sont écoulées depuis mon premier billet sur zéroseconde. Bilan.

818 billets en tout
Avec une longueur de billets franchement accrue avec le temps, ça me donne une moyenne de 2 à 3 billets par semaine en moyenne. Je développe davantage ma pensée sur ce blogue et réserve principalement mes découvertes sporadiques pour del.icio.us ou Twitter.

187 000 visites en tout
Ce qui donne une moyenne de 102 visiteurs par jour sur 5 ans. Mais c'est actuellement une moyenne de 200 visites environ par jour qui se répartit moitié-moitié entre la France et le Québec. 60% arrivent par les engins de recherche, 25% en provenance de sites référents, 15% en tapant directement mon adresse...

1100 abonnements par fils web
Selon feedburner, mais ça varie beaucoup selon la vitesse du vent et de la pression pascale à ce que je vois, ça monte lentement mais sûrement.

Top
Philippe Martin, Michelle Blanc, Benoît Descary et Claude Malaison me mettent dans leur palmarès québécois des 10 ou 25 plus grands influenceurs québécois. Wikio en France me place quelque part parmi les 200 blogues les plus lus de la francophonie sur les nouvelles technologies.

Je suis très flatté d'être lu par les plus grand(e)s. Ce que je suis encore plus fier, c'est la qualité des commentaires que j'ai ici. Malgré cette relative popularité, je ne suis pas affecté par un nivellement par le bas de mon lectorat, au contraire!

Mais les chiffres et les stats ne sont pas tout. La plupart des blogues que je suis n'ont pas ces chiffres et pourtant ils sont de très haute qualité. J'ai un blogoliste sur le côté pour vérifier par vous-même.

Populaire vs intéressants
Depuis que j'utilise Google analytics pour suivre les statistiques sur mon site, je remarque que certains billets très secondaires par rapport à ma ligne éditoriale sont en tête du palmarès des billets les plus lus.

Je me suis intéressé un temps au phénomène de la "conspiration" en ligne et j'ai écrit 11 septembre reloaded le 26 mars 2006 à propos du film Loose Change. Ça reste un hit Google (3500 lectures l'an passé encore). Un court billet sur Youtube HD sans envergure ramasse des visites comme le miel attire les mouches (2262 lectures en 9 mois, surtout depuis l'automne). Heureusement, mes 6 cultures d'internet vient sauver la mise ;-) avec une moyenne de 4:27 de temps de lecture.

Google Juice à donner
Paul me signale que j'ai 6/10 en ranking Goolge (et Alexa rank de 785000 [merci pour la correction, Paul]). Sûrement à cause de la plateforme Blogspot sur laquelle ce blogue tourne, ou à cause de son âge. Me retrouver haut dans l'échelle Google me fait plaisir, mais cela m'apporte plein de visiteurs pas toujours très compétents et qui repartent souvent aussitôt, effrayés de devoir lire du contenu dense et se tenir la tête entre les mains pour réfléchir à ce que j'écris.

Le ranking varie entre autre quand un blogue bien placé pointe vers un blogue moins indexé.

Comme je ne me sers pas vraiment de ce "google juice", trinquons et échangeons nos "fluides". D'ici la fin de mois de février, je vais lister ici tout ceux qui pointent vers mon blogue à partir du leur. (Si mon agrégateur ne vous capte pas, faites moi un p'tit signe dans les commentaires ou par courriel). Ça devrait modifier des rankings ou au moins faire du référencement croisé entre blogues francophones.

Michelle Blanc
Clandestins
La Feuille
Armania 360
zelaurent
Nicole Fodale
Fontaine de Pierre
Levidepoches.fr
ovologic
Crise dans les médias
Blogue marketing Interactif
InternetActu.net
Smart Mob
La pub et le droit
David Toutet
WebCom
Crise dans les médias

10 minutes avec "Internet et Opinions"

Petite tournée des blogues de qualité en langue française: aujourd'hui Internet et Opinions. 10 minutes avec François Guillot; appréciez du bon contenu pour l'esprit.

Flashmob et jeu vidéo : la contestation universitaire se diversifie en ligne (17 février 2009)
L’époque est donc à l’apparition ou au retour de nouvelles formes d’action collective.

De la conversation comme jeu (31 janvier 2009)
Entrer dans la conversation implique de se plier à la loi de la communauté à laquelle on prétend s’agréger.

10 mythes du web 2.0 (9 janvier 2009)
10 "Idées reçues" et comment les remettre à leur place.

Les groupes Facebook les plus populaires (24 décembre 2008)
Essai de typologie des mégagroupes Facebook.

Et si la sagesse des foules c’était d’abord celle de se taire ? (5 décembre 2008)
Dans les études comme dans les commentaires ou dans les sites participatifs, la production de l’information repose sur des groupes d’individus assez minoritaires.
Et son premier billet : Il faut bien un premier billet (5 août 2007)

Billets sur Zéro Seconde sur des sujets similaires:
Mythologies de la connaissance [1] - Le mythe de l'apprentissage à distance
Mythologies de la connaissance [2] - Le mythe de l'apprentissage en tout temps.
Mythologies de la connaissance [3] - Le mythe de tout apprendre
Hyperconnectivité - Sur Facebook ou Twitter je retrouve un niveau de conversation "intime" qui était sur les blogues auparavant et qui est maintenant "micro-blogué" sur ces outils.
Les réseaux sociaux comme extension de la culture de masse

"500 000 vols de films par jour en France"

" Il y a 500 000 vols de films par jour en France : 500 000 connexions illégales. Les internautes français détiennent ce triste record du monde", dixit le réalisateur/producteur Luc Besson. On dirait une cassette publicitaire à la défense des gros lobbyistes. Mise au point.

Maître Eolas, le fameux avocat blogueur, répond à l'article de Luc Besson, "Halte au piratage à grande échelle via Internet !" dans le Monde daté de samedi dernier.

Luc Besson: "Il est un délit maintenant reconnu de tous : celui de visionner des films gratuitement sur son ordinateur via Internet. On appelle ça le "piratage", bien que l'image soit bien moins glamour que celle du capitaine Sparrow bravant les forces de l'océan."

Maître Eolas: "[...] visionner un film gratuitement sur internet n'est certainement pas un délit. C'est même en principe parfaitement légal, ça ne devient illégal que si la personne qui diffuse les images n'en est pas l'auteur et n'a pas reçu l'autorisation de celui-ci. Ainsi, la plupart des vidéos sur les sites du type Youtube ou Dailymotion sont parfaitement légales."

Luc Besson: "Le piratage est tout simplement "un vol caractérisé"."

Maître Eolas: "(...) le piratage n'est pas un “vol caractérisé”, expression qui ne veut rien dire. Un vol non caractérisé, ça s'appelle une relaxe, et un vol est l'appropriation frauduleuse de la chose d'autrui. Or il n'y a aucune dépossession en cas de copie illégale d'un film, ce qui exclut tout vol (il en va différemment si on vole la copie d'un film dans un supermarché sans la payer, par exemple, mais c'est le support, non l'œuvre, qui est volé, à son propriétaire, le supermarché, l'auteur ne subissant aucun préjudice).

Le “piratage” est en réalité une contrefaçon. (...) ce sont surtout des millions de particuliers qui occupent un terrain déserté par l'offre légale. "
Maître Eolas ne défend pas le piratage, mais il ne manque Besson pour lui rappeler ceci: "La loi défend déjà ces artistes, la contrefaçon d'œuvres protégées est punie depuis bien avant l'invention de l'internet."

"Une fois de plus, face à une situation qui ne lui convient pas, une industrie appelle l'État à l'aide pour se faire voter une loi sur mesure, négligeant ce qui existe déjà et croyant qu'il suffira d'un beau texte au JO pour régler le problème. Ça fait longtemps que juristes et économistes moquent ce travers français. Ça n'est donc ici qu'un —mauvais— remake."

Marrant! L'intégralité : Quelques leçons de droit (et même un peu d'économie) à l'attention de Luc Besson (via Post.fr)

Internet: vecteur des droits de l'Homme

Internet est le plus récent vecteur de propagation de la mondialisation. Elle transporte les mèmes de plusieurs cultures d'un bord à l'autre de la planète. Brassant ainsi les idées des hommes de bonne foi. Les droits de l'homme semblent particulièrement profiter de ces nouvelles technologies...

Life Picture source tbn0.google.com/hosted/images/c?q=1c3fc14ffd41d8eb_largeIl y a clairement un effet positif, particulièrement pour l'accès à internet selon une présentation scientifique pour le colloque 2009 de l'International Studies Association (ISA) portant sur les nouvelles technologies de télécommunications et les droits de l'homme (PDF, anglais) (débusqué par Yasha sur SmartMobs).

Accédez au document complet: The Blog vs Big Brother: Information and Communication Technologies and Human Rights, 1980–2005 (PDF). Plus d'info ici sur iRevolution.

Trois façons de voir ça
Ce que certains appellent Human Rights 2.0 bénéficie-t-il de la société de l'information?

- Les optimistes répètent en choeur que l'accès renforce la liberté d'expression (et augmente les échanges d'idées, générateur de changement);

- Les pessimistes ressassent les risques de la surveillance, du contrôle et de l'augmentation de l'inégalité (le "digital divide");

- Les sceptiques haussent les épaules: il n'y a pas moyen de valider ni l'un ni l'autre.

Les sceptiques seront confondus: il y a effet positif; l'accès à Internet augmente significativement le respect des droits de l'Homme dans les pays, selon les professeurs de l'étude, statistiques élaborées à l'appui (tiré de la base de données de International Telecommunication Union portant sur une dizaine d'années).

Augmenter les coûts de la non-transparence
Ils rappellent que les nouveaux outils "permettent de disséminer rapidement des informations sur des cas ou des abus, autrement invisibles". Cela "augmente le coût pour les gouvernements qui cherchent à cacher leurs méfaits" --mais aussi la répression, ce qui pourrait annuler paradoxalement l'effet positif.

Leurs calculs montrent que l'accès à la télévision n'est pas un facteur favorisant les droits de l'homme (elle est plutôt corrélé négative sur certains points, P.16-17)

Surprenant, le téléphone cellulaire ne semble pas avoir d'impact significatif (p.18-19). Le téléphone résidentiel (à fil), lui, semble clairement corrélé négativement avec les droits de l'homme, à ce que j'en comprends.

Ils semblent que les auteurs ont bien pris des précautions pour ne pas capter des effets parasites (i.e. que les résultats proviennent d'autres causes, comme le type de gouvernement, l'urbanité. etc)

Internet semble dans tous les cas supporter les initiatives civiles, ce qui favorise les réformes plutôt que la répression devenue trop coûteuse.

Alignement des pas-nets
Cette conclusion arrive particulièrement à temps.

Prenons le cas d'un petit pays, au hasard, où son gouvernement délinquant glisse dans l'illégalité internationale de jour en jour (voir Conseil des droits de la personne de l'ONU - La réputation du Canada mise à mal -Le Devoir 13 février 2009).

Ce pays verra deux présidents américains sur son territoire prochainement:

1) Le président Bush sortant «fera part de ses réflexions au sujet des huit importantes années passées à la Maison-Blanche (...)», en mars à Calgary (source Cyberpresse 13 février 2009)

2) Le nouveau président Obama rencontrera le chef du gouvernement minoritaire à Ottawa cette semaine. Parleront-ils du rapatriement d'un citoyen illégalement emprisonné à Guantanamo?

Le premier l'a mis en prison à l'âge de 15 ans, le second pourrait le libérer maintenant à l'âge de 22 ans.

Mais le gouvernement "n'a pas l'intention d'aborder le cas d'Omar Khadr lors de son tête-à-tête avec le président Obama" (source Le devoir 12 février 2009). Quant à Calgary, on se fait une joie d'être le premier à avoir rapatrié le président sortant.

Cause
Je sais que ce n'est qu'un petit pays d'Amérique sans grande envergure, mais si vous souhaitez pousser les droits de l'Homme 2.0 dans les pays en voie d'écrasement, voici quelques adresses dans FaceBook:

FaceBook: For the immediate release of Omar Khadr from Guantanamo Bay (5900 membres)
FaceBook: The Campaign for JUSTICE for Omar Khadr (6200 membres)
FaceBook: The Campaign for JUSTICE for Omar Khadr (Mini-Feed)
FaceBook: (nouveau) Mr Harper, demandez au président Obama le rapatriement d'Omar Khadr ! & Prime Minister Harper, tell President Obama bring Omar Khadr home, now!

Quelques liens : "Par les gens, pour les gens"

Quelques liens pour accompagner vos croissants et la lecture de tooooous vos courriels accumulés durant le week-end...

L’innovation sociale pour nous sortir de la crise ! (InterNet Actu)
Il existe bel et bien. Un “bureau de l’innovation sociale” est en cours de création à la Maison Blanche. Une appellation qui prône l’innovation “par les gens, pour les gens”. Et Internet Actu en profite pour montrer 3 pistes pour l’innovation sociale à la française

La lente disparition du terme “Web 2.0″ (TechCrunch FR)
L'expression ”Web 2.0″ semble glisser dans les tendances de recherche sur Google Trends. (Tiens, Web 3.0, aussi --à la bonne heure!).

La "vraie" valeur de Facebook ? (Adscripteur)
Une valorisation fait le doigt en l'air. Mais il y a 175 000 000 facebookiens tout à fait concrets en date de la semaine dernière.

Google (presque) Fatal Error (Affordance)
Google fait une erreur et la totalité du web devient "indésirable". La meilleure analyse du 'bug" du 31 janvier 2009...

Sqworl.com
"Un service en ligne qui permet de réunir sous une même url quelques ressources que l’on souhaite partager." (Repéré sur Arkandis)

Au dessert
Et deux aventures à la douane/ sécurité d'aéroport (en anglais)
Délit de maman (Jill/txt) et délit de consultante (Facilitating Change)
Quand je disais que les blogues sont aussi un endroit d'échanges de stratégies de vie...

Television sur internet

"Peut-elle être assujettie aux mêmes règles que la télévision traditionnelle?"

Mouse Trap.JPG - http://flickr.com/photos/billselak/427719926/Au Canada le débat est miné.

Le paysage audiovisuel canadien, lourdement subventionné, miné de toutes parts par des conventions corporatives, bâti sur une schizophrénique prémisse autistique (il existerait une culture canadienne, qui est en fait double et transparente l'une à l'autre, basée pour l'une sur une volonté de se différencier de son voisin américain et sur l'autre de se reconnaître dans une mer anglophone), ce paysage est une construction artificielle complètement réglementée.
Internet est tout son contraire.

Que veut dire alors la "télévision sur internet" au Canada? Quand le CRTC, un "organisme public indépendant chargé de réglementer et de superviser la radiodiffusion et les télécommunications" fait des audiences sur le sujet, c'est comme donner un coup de pied dans un ruche d'abeilles.

On pourrait résumer l'enjeu de cette façon:

Si internet offre une "concurrence déloyale" aux radiodiffuseurs, alors :
- soit internet doit aussi être réglementé,
- soit les radiodiffuseurs doivent être déréglementés.

Les logiques implacables en jeu sont alors les suivantes :

- Les associations d'artistes sont dans la position intenable de demander de réglementer internet (du moins, de prouver les "effets pervers de l’Internet sur la profession de leurs membres" (voir le billet de Yannick sur la lettre sans équivoque de l'association des réalisateurs régionale), moitié par ignorance, moitié par intérêt vital.

- Les regroupements de télédiffuseurs devront défendre l'évidence : pour avoir une déréglementation dans leur secteur, ils laisseront Internet non réglementé au risque de perdre de l'argent en se phagocytant (déplacer leur clientèle payante vers un canal "gratuit"), mais en gagnant les coudées franches pour pouvoir engranger seul les profits.

- Les télécoms, via leurs fournisseurs d'accès internet, seront poussées par leur actionnariat à réclamer l'arrêt de la neutralité du net --même si ça veut dire tuer le net. (voir le billet de Michael Geist sur l'importance des audiences sur la neutralité du réseau)

- Et le géant du web, Google, doit absolument défendre la neutralité du net pour la simple et bonne raison que le chaos régnant sur le réseau rend son service de recherche incontournable.

Les audiences publiques commencent la semaine prochaine.

Plus d'info:
CRTC - Avis de consultation et d'audience La radiodiffusion canadienne par les nouveaux médias
Les affaires - Le CRTC sommé de réglementer les nouveaux médias
Autres articles sur CRTC sur Zéro Seconde

Restant de tabs

Petite revue de liens glanés qui ont retenu mon attention récemment.

Idées

Comprendre le net pour s'y adapter...
La meilleure revue de liens récents sur la presse trad en déconfiture, la presse en ligne qui se cherche, les usages en mutation dans une économie informationnelle en abondance (novövision)

Comptes rendu du séminaire 2008 de Mémétique
Pour ce 5ième séminaire de Mémétique francophone (Paris les 27, 28 et 29 juin 2008): 3 PDF, Quelle sorte d’humanité après l'individu ?, Mémétique et Enseignement, Mémétique et Transformation de la Société

Enseignements

Enseigner l’identité numérique
Nécessité d’une éducation à l’identité numérique, à la culture informationnelle numérique, par tranche d’âge et segments. Enjeux et pratiques d’une construction identitaire sur Internet (via Florence Meichel).

From Knowledgable to Knowledge-able: Learning in New Media Environments
De Michael Wesch , Kansas State University, professeur en Anthropo digital, qui nous a donné The Web is Us/ing us, les structures physiques, sociales et cognitives nous freinent...

Web et audiovisuel
Réponse à l’ARRQ (Association des Réalisateurs et Réalistrices du Québec)
L'association lance un appel afin de connaître la liste des “effets pervers” de la diffusion des vidéos sur le web.

La WebTV et l'art de se faire voir sur le web
Version écourté d'une présentation de Sacha Declosmesnil

Médias sociaux
La recette du succès d’une communauté en ligne (partie 1)
Un résumé de Guillaume Brunet et Martin Aubut des ingrédients pour réussir sa communauté Web 2.0. La partie 2 est ici.

En vrac

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