ZEROSECONDE.COM (par Martin Lessard)

ZEROSECONDE.COM

Impacts du numérique sur la communication, notre société, nos vies.

.co lon?

Un autre grand nom de domaine (TLD) vient d'être ouvert: .co. Oui point co, sans le m. Disponibles sur GoDaddy.com, Register.com, Network Solutions, et d'autres.

L'un des premiers à adopter ce nom de domaine: Twitter, qui a le t.co de domaine, qui l'utilisera pour son service de "raccourcisseur de liens".

Comme vous pouvez l'imaginer, la plupart des noms courts (a.co, b.co, et même ta.co) sont déjà pris. Même si le service ouvre au grand public aujourd'hui, il a été depuis longtemps coloniser par les squatteurs...

Ce qui confirme que les noms de domaine sont une forme d'extorsion (ce n'est qu'une répétition des .com) et qu'il faudra éventuellement passer à autre chose (les prochaines générations n'auront plus rien à se mettre comme URL).

HackTheJobMarket.com

Il est temps pour le web de passer à l'assaut du marché de l'emploi. C'est une industrie qui attend toujours sa révolution 2.0. Plus pour longtemps.

Passez le motJ'assiste une startup montréalaise depuis quelque mois pour monter un plan d'attaque et renverser ce marché. Les investissements sont là, l'équipe de conseillers est en place. Prochaine étape cet été: engager deux contributeurs seniors qui ont le potentiel de devenir des cofondateurs (si affinités). Passez le mot.
Recherché: un gestionnaire business, ascendant geek, capable de piloter le navire entre les récifs, comprenant comment la technologie peut conquérir des marchés et sachant manipuler les modèles d'affaires pour arriver aux résultats souhaités.

Recherché: un architecte-programmeur, ascendant business, capable de bâtir des systèmes fluides et solides pour mener à bon port le bateau et ses marins-programmeurs.
Il va sans dire que l'expérience de la haute mer en startup est essentielle et votre livre de chevet est le Cluetrain manifesto

We aim for the world, by the way; so English is part of it. If you think you fit the bill and if you are willing to invest yourself in such an endeavour, go to hackthejobmarket.com

Faites suivre!

Mots-clefs: startup, opportunités, emploi, job, entrepreneur, programmeur, plan d'affaires, product manager, marketing, architecte informatique

Youtube à l'assaut de votre salon

On ne pensait pas que le géant Google allait déployer ses porte-avions aussi vite dans cette guerre de la vidéo en ligne. Dans la chaîne de valeurs de la webTV, Google viendrait-il de positionner YouTube comme le maître de la longue traîne vidéo?

TVCoup sur coup. Google déploie 3 innovations sur YouTube. Il possède une longueur d'avance pour maîtriser le territoire de la longue traîne des vidéos (comme Amazon possède une emprise sur la longue traîne des livres).

Youtube cherche maintenant à sortir de l'écran d'ordi et à s'installer sur les écrans de salon. Ce qui se joue ici dans cette guerre de salon, c'est qui saura apporter la vidéo à la demande. Google se positionne comme un gros joueur.

YouTube XL

C'est le site de YouTube, optimisé pour la télévision. Épurée et grossie, cette interface lancée en juin se prête mieux que l'original pour naviguer dans son salon.
www.youtube.com/xl

Sachant que l'américain passe en moyenne (!) 5 heures par jour devant la télé, et seulement 15 minutes par jour devant YouTube, Google espère faire monter cette moyenne.

Youtube Leanback


YouTube offre la possibilité depuis la semaine dernière de regarder un stream de vidéos, sans intervention, en plein écran. Bâti sur Flash (désolé iPad, il faudra attendre la version HTML 5), l'usager n'a qu'à cliquer sur les flèches pour sauter au prochain clip (pas de souris).
www.youtube.com/leanback

Que ce soit devant son desktop ou branché à votre télé, vous retrouvez ainsi le plaisir de zapper, sans vous lever, du contenu vidéo. Le choix se fait selon vos préférences et les recommandations de vos contacts YouTube. (Plus d'info sur le blogue officiel de YouTube)

YouTube 4K

YouTube supporte depuis vendredi dernier les vidéos en 4K. Pour vous donner une idée de ce que cela signifie, l'écran idéal pour une projection en 4K est de 25 pieds (plus de 7 mètres et demi).

Voyez par vous-même: liste des vidéos 4K disponibles.

Le full HD (1080p) roule sur YouTube depuis le mois de décembre dernier. Le 4K offre 4096 x 2304 pixels (4 x le Full HD). Inutile de dire qu'il vous faudra avoir la bande passante et le processeur adéquat pour lire correctement le tout. (source Blogue officiel de YouTube).

Un avant-goût de Google TV

On se rappelle de l'annonce de la sortie de Google TV il y a 2 mois. Les grandes chaînes télé comme le canal YouTube de votre neveu dans son sous-sol pourront être regardé dans le confort de votre salon, sur votre grand écran, sur demande.

Avec Google TV, pas de grille horaire, mais un moteur de recherche qui a fait ses preuves («passez moins de temps à chercher, passez plus de temps à regarder»). La télé sur le web n'est pas nouvelle, mais Google et sa légendaire «simplicité» sauront plaire au grand public.

Couplé aux 3 innovations, on a un bon avant-goût de ce qui nous attend.

Mais la vraie clef de la bataille, maintenant, c'est de bien l'arrimer sur les filtres sociaux (seule façon de trier la masse de contenu disponible)...

La TV social [Ajout du lendemain. Merci Laurent]

Avec Bazaar labs, où il a investi des billes en juin, Google a la peut-être la dernière pièce pour avoir cette télé du futur (la TV sociale).

Bazaar Labs développe une application qui permet aux usagers de partager en temps réel leurs «status» (opinions) sur les films et émissions de télé. Comme un genre de FourSquare pour vidéo, les usagers «check0in» et commente les émissions de télé (et acquiert des badges).

Trouver en temps réel ce que recommande que ta communauté est une stratégie gagnante dans la surabondance de contenu...

Mille vies : le roman-feuilleton web

Skibbereen, Montréal, Kingston, Vicksburg, Boston et Lowell, villes naissantes qui marquent les 1000 vies de Molly Galloway, jeune immigrante parcourant l’Amérique du 19e siècle.

À compter du 18 août 2010, tous les mercredis, les bibliothèques publiques de Montréal en collaboration avec Bibliothèque et Archives nationales du Québec nous offrent Mille Vies, un roman-feuilleton Web de l'auteur, rédacteur et historien Denis Vézina.

Vous pourrez le consulter gratuitement au http://bibliomontreal.com/1000-vies (aucun abonnement requis)

«Le site web de Mille vies est à la fois un livre, un site internet, un moyen de communiquer et assurément une belle aventure [...] Plusieurs suggestions de lecture, plusieurs liens et de nombreuses illustrations permettent d’aller plus loin et d’en apprendre davantage sur les sujets et les thèmes abordés. [...] Si le roman est fictif, la trame historique est réelle et les pistes de recherche internet sont nombreuses et fascinantes.» ( source Bibliothèque de Montréal )

Cacher ce tweet que je ne saurais voir

Lame à double tranchant, les médias sociaux confrontent les médias traditionnels : comment être authentique et rester objectif? Sur le front de la guerre des (nouveaux) médias, une victime haut placée tombe dans une embuscade et y laisse son poste.

SupertweeterCette fois-ci, c'est un haut gradé. Octavia Nasr, senior editor à CNN, 20 ans de service, qui tombe sous les tweets pour avoir gazouillé 140 caractères de trop.

Quand le leader spirituel du Hezbollaha a trépassé, elle a écrit sur Twitter sa tristesse d'apprendre sa mort et combien elle admirait respectueusement cet homme.
@octavianasrCNN: «Sad to hear of the passing of Sayyed Mohammad Hussein Fadlallah.. One of Hezbollah's giants I respect a lot.. #Lebanon» 3:24 AM Jul 4th via Twitter for BlackBerry [cache]
Mal lui en prit. 140 caractères qui ont été mal interprétés. Quand elle prend le temps d'en écrire 4371, le doute n'est plus permis.

Mais que s'est-il passé? Voilà une autre victime du mythe de l'objectivité en journalisme.

L'impartialité simulée

Qu'elle ait eu sa leçon, comme elle dit, «que 140 caractères ne soient pas assez pour s'exprimer sur des sujets controversés ou sensibles, particulièrement de Proche-Orient» (source), on peut comprendre. Qu'elle soit forcée de démissionner est autre chose.

Michael Arrington, de Techcrunch, demande «more opinion in news, not less»[2010]. Plus d'opinions chez les journalistes. Plus on connaît leurs biais, moins on les suspecte (il est moins facile de soupçonner une «intention cachée» quand on connaît la position du journaliste).

David Weinberger, du Cluetrain Manifesto, a la phrase qui résume le drame “transparency is the new objectivity" [2009]. Transparence comme objectivité. La transparence offre aujourd'hui une bien meilleure prise sur la réalité que la soi-disant objectivité. Le temps où nos parents nous filtraient, le monde extérieur est terminé. On veut voir par nous même, avec les vraies couleurs.

Ignacio Ramonet écrivait dans le Monde diplomatique [2005] : «[...] beaucoup de lecteurs préfèrent la subjectivité et la partialité assumées des [blogueurs] à la fausse objectivité et à l’impartialité hypocrite d’une certaine presse.»(source)

Je ne sais si ça sera agréable de vivre dans une société où tous les journalistes affirment leur opinion, mais la recherche de «vérité» est bien illusoire si on ne leur reconnaît pas cette possibilité.

Mythe et information

Le mythe de l'objectivité (à ne pas confondre avec le besoin de tendre vers l'objectivité) est un vernis qui craque de partout dans les vieux médias. Ce n'est pas l'information qui est de mauvaise qualité, c'est la mise en scène qui est insupportable.

La crise actuelle des médias de masse découle de l’effritement d’une croyance culturelle: une information sur un événement ne s’altérait pas tout à fait dans sa transmission. Internet a fait place à la montée de nouvelles modalités d’interprétation de la réalité.

Le mythe veut que la transmission elle-même doive être invisible afin de préserver l'adéquation de «la réalité» de l’événement quand il est transformé en information.

Ce qui émerge aujourd'hui est une exigence de «récits incarnés», ouvertement humains (donc avec des biais) et voulant aller au-delà de simples traces figées de la réalité (ce que l'objectivité tend à faire croire) : la réalité s'expérimente de multiples façons.

Si on a tous des biais, mieux vaut le savoir et on ajustera en conséquence.

Le tabou de l'opinion

Mais voilà. Twitter est là, pour commenter à chaud l'actualité. Quand Sophie Thibault, chef d'antenne à la télé de Québecor, dit «Twitter est le plus puissant des fils de presse», le signal est clair pour les journalistes.

Que des journalistes tombent dans le piège de ne pas «rester objectif» même dans leur gazouillis, on le verra de plus en plus, cela ne fait aucun doute. Mais de grâce, ne les sacrifions pas pour une sacro-sainte objectivité idéalisée.

L'affaire Nasr rappelle le danger pour eux de transgresser le tabou de l'apparence.

On est d'accord pour qu'un journaliste soit digne de confiance (démontrer de saines intentions, être véridique et impartial), c'est la dimension morale de leur travail.

Mais au fur et à mesure que l'écosystème de l'information arrime les médias traditionnels avec les réseaux sociaux, il ne faut pas se surprendre de voir émerger des biais naturels et ce genre de mauvais pas. On se calme et on respire par le nez...

Laissez-vous les camelots titrer vos articles?

En cette époque charnière où le web tout puissant semble saper les bases de la presse papier, j'ai interrogé le moteur de recherche de mon journal favori (Le Devoir) pour connaître justement ce qu'il avait à dire sur le sujet. La surprise n'est pas venue d'où je pensais.

Bruegel: La Parabole des aveuglesOn subodore parfois des réalités rien qu'à voir les types de résultats de recherche. Ma petite expérience ne fait pas exception. Promenons-nous dans les bois numériques.

Web, y es-tu?

Avec la requête «web» (difficile de faire plus vague), j'ai interrogé le site du Devoir. Résultat? Rien. Nada. Que dalle. Vide. Pas de résultat. Ah si! La page d'aide. Et celle du centenaire du journal, allez savoir pourquoi!

Bon j'imagine que le mot est soit mal indexé, ou, vraisemblablement, exclus de la base de données pour des raisons de configurations obscures mal réglées (genre: toutes les pages «web» sortaient --ou quelque chose comme ça).

Compréhensible, mais étrange. Comme si vous interrogiez la banque de données des journaux --mais sans pouvoir utiliser le mot «journal».

Internet, y es-tu?

Alors j'essaye «Internet» (hé oui, on peut faire effectivement plus vague) dans le moteur du Devoir. Résultats? Aaah! Mieux! Il y a au-dessus de 10 000 articles!

Euh... Mieux? Techniquement oui. Mais qualitativement, non. L'occurrence «Internet» était dans la plus part des cas un mot plus que secondaire dans les articles que le moteur a ressortis.

Compréhensible, mais décevant: voyez par vous-même les 10 premiers résultats. Voici les 3 premiers trouvés ce matin:

- Lucia Ferretti: «Le Québec est bel et bien une société distincte au Canada» [sur la religion]
- Des chantiers paralysés? [sur la construction]
- En bref - Magazines éducatifs pour les écoles [sur des magazines papier !! ]

Le reste est du même acabit. Donc, non, ce ne sont pas des articles sur «internet"...

Le Devoir n'a pas à se sentir seul, il est en bonne compagnie. La Presse aussi n'a pas tout à fait bien attaché ses souliers : une recherche sur «internet» donne un résultat tout aussi mitigé.

Promenons nous dans les bois pendant que le journaliste n'y est pas

Un bon programmeur définit la fonction "recherche" sur un site comme une «requête à la base de données». Et la page contenant les réponses à la requête tombe du coup sous sa responsabilité. Grave erreur. Ce n'est pas de la programmation! C'est de l'information que vous retournez!

Tout échange d'information est de l'information. Une requête à la base de donnée est un échange d'information, donc tombe dans la cours des journalistes.

Ce que vous mettez en page est de l'information. Ce que votre moteur de recherche affiche est de l'information.

Vous ne laissez pas vos camelots titrer vos articles? Ne laissez pas les TI gérer les résultats de recherche! Assurez-vous que vous avez le contrôle pour pondérer les pages.

La révolution menée par des amnésiques

Le Devoir titrait la semaine dernière «Le train numérique passe, le Québec reste à quai» en parlant du retard de plus en plus irrattrapable dans les technologies de l'information au Québec qui isole lentement le pays parmi le tiers-monde du savoir numérique, faute de colonne vertébrale politique et d'attentisme commerçant.

Comme on connaît la propension des journalistes à vouloir guider avec leur lanterne le peuple et les dirigeants dans le flou obscure de la réalité de la vie, on se demande si on ne suit pas nous même ces aveugles. Ou plutôt ces amnésiques. À lire leur moteur de recherche, on peut penser que oui.

Journaliste, y es-tu ? Entends-tu ? Que fais-tu ?

Bien sûr, il s'en écrit des choses sur «internet» et le «web» dans ces journaux, mais sans trace, comment pensent-ils avoir une perspective cohérente sur les changements en cours? Via leur moteur de recherche, ils donnent à penser qu'ils n'ont pas de réflexion profonde sur le sujet.

«Le train numérique passe, mais les cheminots sont au bar»

À bien y regarder, bien sûr il y a quelques chroniqueurs qui se sont laissé aller à donner leur avis. En général sur leur blogue. Plus rarement dans le journal papier. Mais pas souvent un article de fond ou débat sur le sujet émergeant --souvent c'est après coup.

Après on s'étonne du «retard» dans la perception des gens face aux changement causé par le numérique...

Je soupçonne que les journalistes ont accès à un outil de recherche plus performant à l'interne. Mais pourtant régulièrement ils citant des sources hors de leur journal, hors du pays.

Le New York Times, par exemple.

Juste avec ce journal américain, dans la dernière semaine, avec les requêtes «web» et «internet», on trouve des articles stimulants sur la compréhension d'internet et de leur impact sur nos vies et la société en général. Juste dans la dernière semaine!

- The Defense of Computers, the Internet and Our Brains.
- Internet Breathes New Life Into Clock Radio.
- 22 Percent of Internet Time Is Social, Nielsen Says.
- South Korea Expands Aid for Internet Addiction.
- Book Review - The Shallows - What the Internet Is Doing to Our Brain.

[5 liens parmi les seuls 10 que le NYTimes affichait ce matin pour «internet», dont 2 étaient des liens vers les catégories pertinentes. Pour en avoir plus, il faut passer par la recherche avancée par date]

Je peux comprendre la quantité --l'argent explique beaucoup de chose--, mais qualitativement, on devrait retrouver ça aussi chez nous, des articles de réflexion (Il n'y a que se pencher pour en ramasser à la pelle dans les bon réseaux sur la blogosphère)

Et on s'étonne qu'on ne cite pas souvent nos journaux francophones...

Et on s'étonne que le pays a du retard face au numérique.

Au fait... Je me demande s'il y a pas un lien de cause à effet à faire?

PS: Allez, les bleus?
- Le Monde
, pour le mot «internet» : 10 / 10
- Libé, pour le mot «internet»: 0/10
Comme pour leur équipe de foot, il faut en prendre et en laisser...

TechTOC.tv: réalité augmentée

Une émission TechTOC.tv sur la «réalité augmentée». 40 minutes de discussion et critique, en français, pour réfléchir sur ce thème.



De nombreuses questions d'ordre philosophique, fonctionelle, inspirationelle, sémantique et technique sont abordées dans l'émission,

La réalité augmentée est encore au stade du tape-à-l'oeil mais propose réellement un très fort potentiel pour bouleverser notre rapport au monde

Intéressé par le thème? Voyez plus d'exemples sur mon Introduction à la réalité augmentée

Viral Québécois (2)

Deuxième tir de Fred Poirier, bien inspiré! Voici un autre échantillon d'éléments viraux traditionnels tirés de la culture québécoise et diffusé sur Internet.

Speak White Reggae est un montage réalisé à partir d'extraits du célèbre poème engagé Speak white de la Québécoise Michèle Lalonde et remixé pour en faire une chanson reggae.


Après un des discours fondateurs de la cause souverenainiste au Québec, passé au mixeur musical de Fred Poirier, voilà un autre moment culturellement relié à la réalité québécoise des années 60.

C'est donc un sujet très marqué socialement qui peut servir de balise pour évaluer la «viralité» sur le territoire québécois -- on peut parier que le reste de la Francophonie et encore moins les autres continents linguistiques ne seront pas les principaux vecteurs de propagations de cette vidéo sur les réseaux.

On se rappelle qu'une vidéo virale se répand sur des terreaux fertiles déjà sensibles au message. C'est donc ici une façon de mesurer (1) la réceptivité de tel message culturellement chargée et (2) le potentiel technique viral sur le territoire québécois.

Je vais colliger ici les statistiques de temps en temps:
15 juin: 384 vues

Speak white est une injure proférée aux Canadiens français par les Canadiens anglais lorsqu'ils parlaient français en public, jusque dans les années 60, à la Révolution tranquille.

Le 27 mars 1970, l'Office Nationale du Film a enregistré les images que vous voyez dans la vidéo lors de la célèbre nuit de la poésie. Michèle Lalonde, l'auteure du poème, a lu celui-ci devant le public. Ce poème devint un phare pour la cause du mouvement souverainiste au Québec.

Le retour d'un tel sujet dans le contexte actuel (anglicisation galopante de Montréal et la domination sans équivoque de l'anglais sur toutes les tribunes globales) donne à penser que les préoccupations du passé trouveront écho aujourd'hui.

Les transhumains

Dans son livre Une brève histoire de l'avenir Jacques Attali raconte la fabuleuse histoire du prochain siècle. Un passage m'a intéressé, parmi des dizaines d'autres. Il me semble que cette citation fait partie du présent et qu'elle décrit ce qui se passe dans la blogosphère.
«Alors que, dans le monde de la rareté, c'est-à-dire dans le marché, autrui est un rival (l'ennemi qui vient disputer les biens rares, celui contre qui se construit la liberté et avec qui il ne faut partager aucun savoir), l'autre sera d'abord pour le transhumain le témoin de sa propre existence, le moyen de vérifie qu'il n'est pas seul. L'autre lui permettra de parler, transmettre, se montrer généreux, amoureux, de se dépasser, de créer plus que pour ses propres besoins et plus que pour ce qu'il croit capable de créer. L'autre lui permettra de comprendre que l'amour d'autrui, et donc d'abord de soi-même, est la condition de la survie de l'humanité.

Les transhumains mettront en place, à côté de l'économie de marché où chacun se mesure à l'autre, une économie de l'altruisme, de la mise à disposition gratuite, du don réciproque, du service public, de l'intérêt général. Cette économie que je nomme «relationnelle» n'obéira pas aux lois de la rareté : donner du savoir n'en prive pas celui qui le donne. [...]

Les transhumains formeront une nouvelle classe créative, porteurs d'innovations sociales et artistiques et non plus seulement marchandes.

Jacques ATTALI, Une brève histoire de l'avenir, Fayard 2006 P.273-274
On dirait que ce qui se construit dans la blogosphère est une amorce de ce que les transhumains d'Attali souhaitent bâtir.

Yann Leroux a laissé entrevoir, à mon avis, une telle émergence quand il parle sur son blogue du choc que produisent les techniques numériques.

«Nous sommes aujourd’hui au bout de quelque chose et les ordinateurs y ont leur rôle. Après avoir prolongé tous nos corps dans nos outils, nous avons fini par jeter notre système nerveux “comme un filet sur l’ensemble du globe” (McLuhan, Comprendre les médias). La dématérialisation portée par cette technique apporte et traduit des changements profonds dont nous ne percevons que les prémisses.»

Yann Leroux, La plume est une vierge, posté le 11 juin, 2010 sur Psy et geek

Réalité augmentée expliquée aux enfants

J'adore les présentations de Commons Craft. Lee LeFever a le don de simplifier (dans le fond et la forme) des sujets autrement complexes. Aujourd'hui, il explique la réalité augmentée (in english) [via Laurent Maisonnave sur FaceBook]



Le concept de réalité augmentée («augmented reality» en anglais), où on superpose une couche virtuelle d'information sur une image/vidéo de la «réalité», via des appareils mobiles composés d'écrans et de caméras, commence à se répandre et à intégrer le monde d'internet et «l'hyperlocal» (le web de proximité)

Le concept est assez abstrait pour ceux qui ne le connaissent pas. Il peut même, au contraire, paraître futile pour ceux qui ont eu l'occasion d'entrer en contact avec un exemple superficiel.

J'ai écrit 5 billets cet hiver, avec une série d'exemples vidéo qui saura mettre en perspective avec des exemples concrets la présentation ci-dessus de Lee LeFever

Référence : mes 5 billets d'introduction à la réalité augmentée

1- Intro: appréhender le monde en réalité augmentée . De simple gadget, voici un outil important d'accès aux informations de façon plus intuitive et en contexte
2- Catégorie 1: du réel dans le virtuel . L'effet «nouveauté» fait son chemin, c'est le premier contact pour le grand public.
3- Catégorie 2: du virtuel dans le réel . La naissance des fureteurs géolocaux, une sorte de révolution dans notre mobilité en temps réel.
4- Catégorie 3: objets communicants . Les «médias hyperlocalisés» résident dans des objets bavards communiquant leur «statut».
5- Conclusion: la décennie RA . Les téléphones «intelligents» sont le cheval de Troie de la réalité augmentée

Le cerveau fluide

Petite discussion hier autour de la machine à café virtuelle (Twitter): y a-t-il un impact neurologique à utiliser le web?

Cerveau fluideEn lisant l'article du NYTimes, «Your Brain on Computers - Attached to Technology and Paying a Price», qui rappelle un débat épique entre Clay Shirky et Nicholas Carr (qui a écrit l'article Is Google Making Us Stupid?), le journaliste souligne, preuves scientifiques à l'appui que des «rebranchements» de neurones se font quand on utilise (trop?) Internet.

Principalement, le temps d'attention semble avoir diminué et les oublis semblent plus fréquents. “It seems like he can no longer be fully in the moment”. Et en plus, la (sur)stimulation provoque une excitation - un boost de dopamine - que les chercheurs considèrent comme créant une forme de dépendance. En son absence, on ressent de l'ennui.
yannleroux : @martinlessard nos amis américains manquent tt de même sacrément d'arrière plan théorique http://nyti.ms/cbSuTH

Martinlessard : @yannleroux Le journaliste pressent le thème de l'heure: pcq N.Carr va sortir bientôt ça: http://j.mp/a4WPjS *. Un pavé dans la marre!

*Nicolas Carr va sortir bientôt un nouveau livre The Shallows: What the Internet Is Doing to Our Brains

sylvaincarle : @martinlessard lu ton dernier mot avec un "d" - c'est parce que je pense que Carr c'est juste de la provoc (mais je vais le lire quand même)

Emergent007 : @sylvaincarle @martinlessard Faut lire avant «The Big Switch» pour mettre en perspective...

martinlessard : @sylvaincarle @Emergent007 @yannleroux PVI Nicholas Carr: The Web Shatters Focus, Rewires Brains http://bit.ly/9Y7gqO (Wired Juin 2010)

sylvaincarle @martinlessard je sais, mais dans mon cas, le web ne "rewire" rien du tout, ça fonctionnait déjà comme ça avant, c'est le contraire!

yannleroux : @martinlessard Nicolas Carr is an agent provocateur ;-) Nous savons depuis Leroi Gourhan que la technologie nous change. Nous ne sommes d'ailleurs que cela. Et l'exemple de la machine à écrire de Nietzche est vraiment un contre-exemple*.

* référence au fait que Nietzsche aurait été influencé dans son style par la dactylo.

yannleroux : tools rewires brains.

OlivierAuber : brains rewires tools

yannleroux : Brains are tools :-)
Je ne suis pas en mesure de contester les données scientifiques que Carr apportera dans son livre (ça reste à voir) mais si les cerveaux sont des outils (Brains are tools), alors, comme pour l'adage «Quand on a un marteau, tout ressemble à un clou», on pourrait dire quand on a un cerveau, tout ressemble à des outils. Internet en est un.

J. Cascio a écrit l'an passé «Get Smarter» (dans The Atlantic, un an après Carr) un article qui a fait moins de bruit.

«Pandemics. Global warming. Food shortages. No more fossil fuels. What are humans to do? The same thing the species has done before: evolve to meet the challenge. But this time we don’t have to rely on natural evolution to make us smart enough to survive. We can do it ourselves, right now, by harnessing technology and pharmacology to boost our intelligence. Is Google actually making us smarter?»

Il y donne une définition de l'intelligence comme étant «fluide». Une intelligence fluide est l'habilité de trouver du sens dans le chaos et de résoudre de nouveaux problèmes sans nécessairement faire appel à des connaissances antérieures. Ce qui veut dire que ce n'est pas la capacité de mémoriser ni de réciter par coeur...

Internet et cerveau fluide vont-ils de pair?

[MàJ du lendemain: tiens, justement, BlokNot vient de publier ce matin un long billet sur un thème similaire: Overload, symptôme de la surconsommation d’un newsjunkie et parle de certains effets secondaires de la surconsommation de contenu...]

Réalités augmentées: retour d'expérience et futurs usages

Le 29 juin 2010, démonstration du potentiel de la réalité augmentée à L'Échangeur, Métro Arts et Métiers à Paris. Il y aura des conférences et des tables rondes sur ce sujet émergeant et très porteur dans le domaine marketing récemment (et qui a été le sujet d'une série de 5 billets détaillés ici sur Zéro Seconde). (via Julien Bonnel)

Réalité augmentéeOri Inbar, le président du Augmented Reality Consortium sera l'invité du jour («Historique, état des lieux et perspectives de la Réalité Augmentée»).

La première table ronde portera sur les usages, les bénéfices et la place de la RA dans le marketing expérientiel. J'imagine que le marketing est effectivement le vecteur porteur pour le RA.

Claire Boonstra, la cofondatrice de Layar fera une intervention («La Réalité augmentée, mass média de demain ?»). Layar est derrière les premiers fureteurs de réalité augmentée.

La seconde table ronde portera sur les données géolocalisées, les smartphones et fin des écrans.

Les démos interactives prévues: Immersion, int13. Metaio, Mobil'Factory, Nomao, ogmento, Projet Reves, previznet, Total Immersion. Je ne connais pas, mais Julien Bonnel a les liens vers la compagnies pour que vous puissiez juger par vous même.

Si vous êtes dans le coin et avez un peu de temps libre (et d'argent de poche), ça vaut peut-être le détour.

Pour vous inscrire : L'échangeur Augmente la Réalité (350 euros, tout de même)

Pour suivre l'évènement : @AREchangeur
Référence : mes 5 billets d'introduction à la réalité augmentée:

1- Intro: appréhender le monde en réalité augmentée . De simple gadget, voici un outil important d'accès aux informations de façon plus intuitive et en contexte
2- Catégorie 1: du réel dans le virtuel . L'effet «nouveauté» fait son chemin, c'est le premier contact pour le grand public.
3- Catégorie 2: du virtuel dans le réel . La naissance des fureteurs géolocaux, une sorte de révolution dans notre mobilité en temps réel.
4- Catégorie 3: objets communicants . Les «médias hyperlocalisés» résident dans des objets bavards communiquant leur «statut».
5- Conclusion: la décennie RA . Les téléphones «intelligents» sont le cheval de Troie de la réalité augmentée

Posséder à l'ère du 2.0?

C'est ma chronique mensuelle à l'émission radiophonique Citoyen numérique de Michel Dumais (CIBL 101,5). Nous continuons aujourd'hui l'exploration de la redéfinition du sens de certains mots clefs à l'ère du numérique.

J'avais discuté aux deux dernières émissions sur les notions de «relation» et de «temps» qui se sont légèrement infléchies pour refléter des réalités de la surabondance de l'information et des réseaux sociaux numériques.

Il est important de bien saisir que si le monde change, change aussi le sens des mots ou des usages.

Sur la «relation»

Dans un contexte de crise de confiance autour des journalistes, je disais que l'écrit médiatique avait perdu sa valeur, qu'il était désacralisé, qu'il s'était démocratisé, que tous pouvaient prétendre écrire: C'est la fin de la relation monopolistique du journaliste entre l'information et le public.

Ce qui reste, entre le journaliste et son public, c'est justement la relation qu'il a avec le public. Dans un monde de surabondance de l'information, divers type de relation entre les gens pour filtrer l'information. Ce que j'appelle le filtre social.

Sur le «temps»

On voit l'accès à la connaissance se répandre et emprunter des canaux non contrôler par les institutions traditionnelles du savoir. Une «légitimation informelle» des savoirs profanes se crée. Or aujourd'hui la légitimation de certaines connaissances n'est plus juste basée sur la «validation», mais aussi (et de plus en plus) sur la «participation».

Et qui dit «participation» dit temps pour participer. Wikipédia est un bon exemple: tous peut participer à la co-construction des savoirs, encore faut-il avoir du temps. Le temps compte plus que l'expertise. Qu'est ce que cela va donner au final? On ne le sait pas encore…

La propriété à l'ère du 2.0

Un certain déplacement est perceptible. Particulièrement pour ce qui est de l'information. Que veut dire posséder une information.C'est ce que je vais discuter à l'émission Citoyen Numérique.

Premièrement, qu'est ce que veut dire posséder quelque chose dans un mon de surabondance. Qu'est-ce que ça veut dire avoir quelque chose qui peut être immédiatement remplaçable à bas coût. Et pour ce qui nous intéresse, qu'est ce que ça veut dire aujourd'hui dans une économie numérique posséder de la musique, des ebooks, des applications iphones? Que possède-ton vraiment à l'ère du 2.0

Le iPad sort demain au Québec. Qu'est-ce qui peut pousser les gens à aller s'acheter cet iPhone géant. On dit que c'est la bouée de sauvetage des magazines et des journaux. Pourquoi? Comment? Le iPad offre un rapport différent du web à la possession de l'information. On en discutera.

La vie privée. Sujet de l'heure avec le changement (encore!) des paramètres de confidentialité de Facebook. Qu'est-ce qui nous appartient? Qu'est-ce qui est du domaine privé? Depuis que l'individu crée des documents sur lui- même, qu'il se documentaliste, qu'est-ce qui est à lui, qu'est-ce qui appartient aux autres? Cette question qui était une préoccupation des politiciens et des stars s'est démocratisée. On en discutera

Le copyright. Même chose. Que veut dire produire du contenu aujourd'hui, alors que tout est copiable. Que vend-on réellement? Qu'achète-t-on? Qu'est-ce que l'on possède au fond quand on produit ou que l'on crée? Sujet délicat que le droit d'auteur. Mais aujourd'hui la notion même d'auteur varie.

Alors, que possède-t-on dans un monde de surabondance? De quoi on est propriétaire? Quand tout peut être copié, pirater, envoyer, reproduit? Quand posséder un objet ou une information ressemble plus à un emprunt, ou une location, ou même à un abonnement?

Il nous reste la réputation , la crédibilité , la confiance .

Aujourd'hui, 13h30-14h00 à CIBL 101,5 . Et ne manquez pas, tout de suite après moi, Émilie Ogez qui est de passage à Montréal. Belles conversations en perspective.

Viral Québécois

«Créer un état souverain de langue française par une action démocratique constante!» René Lévesque, 1968, revisité 2010! Viral en vue!



Cette vidéo, rythmée merveilleusement par Fred Poirier, est un excellent exemple de viral qui peut rejoindre toute la société québécoise.

Une vidéo virale se répand sur des terreaux fertiles déjà sensibles à un message. Lancée récemment, cette vidéo va commencer à faire son plein dans les jours qui vont suivre, au fur et à mesure qu'elle sera connue.

On peut être surpris de la qualité «obamesque» du discours de René Lévesque. Comme quoi des dirigeants à la langue subtile et claire, imagée et évocatrice, ont déjà existé ici.

Le souverainisme québécois à sa base même (la vidéo est le discours du fondateur du parti Québécois) est intégrateur, démocratique, pacifiste et ouvert sur le monde. On est loin des bobards de ceux qui crachent sur la «gang de séparatisses», ici au Québec, et un peu partout dans le reste du Canada.

Le travail artistique de Poirier est un bel exemple d'appropriation numérique de la culture à l'ère des réseaux ( autopublication venant de la base, repiquage et remixage, réappropriation et partage)

« Ce qui nous laisse petits, c'est la peur de devenir grands. »

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Vidéo virale
Discours original (4:19) (à écouter absolument!!)
Fred Poirier : MySpace et Facebook
[mise à jour]
Stats 21 mai 2010: 15h00: 6364
Stats 27 mai 2010: 23h45: 8400
Stats 08 juil 2011: 23h05: 16059
+ variantes avec d'autres hommes politiques

TV 2.0 : Google Télévision

Google Télévision a été annoncé officiellement hier. Petit tour d'horizon.

Premièrement, n'espérez pas en voir un avant l'automne 2010 (et aux États-Unis seulement) ou même l'été 2011. Une annonce n'est pas une livraison.



Côté utilisateur

Google TV c'est le web à l'écran. Mais centré autour du célèbre rectangle magique: la boîte de recherche. Recherchez et vous trouverez. Google vous amène la vidéo trouvée sur le web directement à votre téléviseur.

Là où Apple TV vous «streamait» vos vidéos stockées sur iTunes, Google TV prend tout ce qui bouge sur Internet (YouTube, Netflix, VOD, vidéo podcast) et vous le projette à l'écran.

En un mot, il vous donne accès à toute la longue traîne de l'offre audio visuelle sur le réseau.

Les grandes chaînes comme le vulgaire canal de votre neveu dans son sous-sol sur YouTube seront là sur le même écran. Sauf que vous allez peut-être enfin regarder davantage votre neveu (ou d'autres, qui vont fatalement éclore) car vous n'aurez pas à réduire la fenêtre d'Excel pour l'écouter: il sera dans le confort de votre salon, sur votre grand écran.

Google met sur la même scène amateurs et professionnels, c'est-à-dire sur le même pied d'égalité. Ou plutôt dans la même base de données. Car avec Google TV, pas de grille horaire, mais un moteur de recherche qui a fait ses preuves auprès du grand public : «passez moins de temps à chercher, passez plus de temps à regarder» ont-ils dit.

Proposer le web sur le téléviseur n'est pas nouveau. Mais Google possède l'aura de rendre ça «mainstream» par sa légendaire «simplicité».

Plus d'info: 20 minutes, Gizmodo, Korben

Côté technique


La plateforme Google TV est basée sur leur système d'exploitation Android, qui équipe les téléphones intelligents lancés par Google il y a 1 an. Il tourne une version optimisée de Chrome, un navigateur web. Il faut un téléviseur spécial (Sony a déjà annoncé qu'il va en fabriquer) ou un boîtier dédié, tous deux équipés d'une puce Atom d'Intel.

Il sera possible aussi de traduire en temps réel les sous-titres. Une caractéristique qui, pour toute banale qu'elle puisse être, sera à mon avis très appréciée.

Le système possède aussi un accès au Blu-Ray et la fonction d'enregistrement (en cours ou différé).

Les Apps d'Androïd seront disponibles sur la Google TV, ce qui lui donne une longueur d'avance. L'intégration TV/mobile est quelque chose qui me semble tout à fait inexplorée encore. Mais l'accès aux Apps permettra probablement l'émergence d'une série d'innovations qu'il faudra observer de près...

Google annonce que le système, via le mobile, pourrait aussi être activé par la voix (via le mobile Android.

Autre chose. Regarder la télévision web ne veut pas dire se couper des autres outils internet: Twitter sera accessible en tout temps pour «accompagner» vos émissions...

Et pied de nez à Apple: Google TV supportera le Flash d'Adobe.

Plus d'info: Mashable, ReadWriteWeb FR, Abondance

Côté impact

Comme pour le web, Google propose de simplifier l'organisation de l'information: on met tout dans une base de données et on l'interroge. Pas de grille horaire, pas d'arborescence, seulement une boîte de recherche.

Si dans un premier temps, nous allons rechercher les émissions professionnelles auxquelles les grandes chaînes nous ont habitués, on ira probablement rapidement du côté des webtélé, au début pour essayer, puis de plus en plus souvent (parce que la qualité augmentera nécessairement et surtout parce notre réseau social le recommandera). Une véritable aubaine pour «l'industrie» de la webtélé.

Les agrégateurs comme Hulu.com ou Tou.tv seront alors pris en tenaille. Un bras de fer s'engagera avec Google TV pour savoir s'ils laissent entrer le loup dans la bergerie. Pour l'instant les premiers sont en position de force (ils possèdent tout le contenu de qualité télévisuelle disponible).

Mais les producteurs et les diffuseurs, une fois les questions de droits de diffusion tous azimuts réglées, chercheront éventuellement à donner le plus grand éventail de fenêtres pour leur production (on ne produira plus «de la télévision» mais bien du «contenu», or ce contenu peut/doit être vu qu'importe la plateforme). Si Google amasse des audiences records, ce sera difficile pour les diffuseurs et les producteurs de choisir de rester dans des châteaux forts assiégés.

Et finalement, avec l'absence de grille horaire (de toute façon devenue ingérable), la boîte de recherche deviendra aussi ingérable : que choisir, quel mot mot clef prendre, quoi regarder?

Là intervient notre réseau social. Une fois bien entouré, il est possible de vivre en diapason audiovisuel avec ce que ta communauté regarde. Ah! Toujours et encore, le filtre social...

TV 2.0 : Sous les RT, la plage horaire?

Nous sommes en 40 après internet; toute la Culture est occupée par le web… Toute ? Non ! Car un village peuplé d'irréductibles Télévisions résiste encore et toujours à l'envahisseur. Et la vie n'est pas facile pour les garnisons de téléphiles cathodiques des camps retranchés de Radio-Canada, France Télévisions, RTBF, RTS, Télé-Québec et TV5…

Web Télé 2.0

J'ai eu le privilège de donner une conférence sur la «Télé2.0» qui a servi de point de départ aux Journées de la CTF, la Communauté des Télévisions (publiques) Francophones lundi dernier à Québec.

La télévision, depuis plus d'un demi-siècle, est au centre de la culture populaire partout en Occident. Or, l'arrivée d'Internet dans le paysage audiovisuel change la donne, comme elle l'a fait pour l'industrie de la musique et comme elle le fait pour l'industrie de la presse écrite.

La culture web façonne nos habitudes, crée de nouvelles demandes et bouleverse les acteurs de tout l'écosystème audiovisuel pour mettre en place un nouveau terrain de jeu dont il faut apprendre les nouvelles règles.

Comment faire de la télévision en 2010 avec une atomisation de l'attention et une audience mutante qui multiplie les tâches et les écrans et qui crée elle-même une longue traîne de contenu inédit qu'elle consomme distraitement, mais massivement?

Le filtre social est devenu le nouveau syntonisateur de contenu.

La surabondance des canaux ne peut que renforcer l'agrégation et le filtrage a posteriori.

Comment faire, effectivement, pour savoir ce qui est bon et souhaitable d'écouter? Quand notre réseau laisse percoler la qualité, distillé par de multiples «retweets» et de «FaceBook j'aime», elle nous indique, comme un guide horaire social, ce qui «fait sens» dans notre communauté.

Oui, on vit la fin de l'hégémonie de la télévision comme puissant vecteur de la culture populaire et de la culture démocratique.

Sous les RT, la plage horaire?

La «web télé sociale», c'est la rencontre du «temps réel» et du direct. C'est le capital social comme pôle magnétique (comme «aimant à pupilles»).

La télé comprend que l'affranchissement de ses téléspectateurs, devenu «utilisateurs» sous les coups répétés des têtes de béliers du multimédia, passe par un transfert de pouvoir. Car ce n’est pas une question de savoir si Internet va modifier la télévision. C’est plutôt comment et à quelle vitesse.

Le contenu généré par les utilisateurs? Les utilisateurs «perdent» leur temps à écouter ces contenus? Non, ils «occupent» leur temps à produire ces contenus. C'est la «télé à moments perdus», cette télé nomade qui occupe les trous dans notre horaire, sur la route, ou entre deux appels. Une opportunité pour la télé si elle sait lâcher une partie de son contrôle. Mais ce n'est pas nécessairement leur rôle ni l'avenir.

Le temps cerveau? «Nos émissions ont pour vocation (...) de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages» Patrick Le Lay, PDG de TF1 (2004). Oui. Mais pas entre deux messages. Entre deux activités. Un défi pour la télé car si on ne peut concurrencer directement Youtube, le terrain de combat est le même : le temps cerveau. Le temps tout court.

La nouvelle barrière est la capacité limitée de réception. Ce n'est pas une barrière technique, mais bien humaine. Le filtrage social est devenu une stratégie essentielle pour se retrouver dans la surabondance de contenu.

Voir au loin

Télévision veut dire «voir au loin». Alors quand elle regarde devant, que voit la télé?

Que l'heure de pointe est perpétuelle et distribuée à travers la société et toute la journée. Que ce qui se joue se passe dans les interstices de sa pratique.

Alors, elle regarde sur ses côtés: elle voit les nouveaux joueurs. Des amateurs qui font que YouTube, 5 ans après son ouverture, a 2 milliards de visionnements par jour. Des industriels qui refont la télévision: Google, Intel et Sony proposent Google TV [MàJ: lancement annoncé aujourd'hui pour l'automne 2010]qui vous apportera le web dans votre salon.

Elle se regarde de l'intérieur et voit sa culture institutionnelle qui l'alourdit, ses chaînes de droits qui le ralentit, sa complexité qui le handicape. Face à ce mutant multiforme qu'est le web, où la notion même d'auteur, de scénario, de production est complètement redéfinie, sinon absente, elle voit son poids devenir un frein à l'innovation, alors que la seconde d'avant, c'était son avantage...

Elle regarde surtout dans son angle mort -- à ce jeu, sur l'autoroute de l'information comme dans la vraie vie, on sait que la survie c'est d'être vu. Être vu ou périr.

Le devoir de se taire

Poussons un peu plus loin le débat sur le silence, l'authenticité et la critique en ligne à l'ère du 2.0 (voir mon billet d'hier L'authenticité doit-elle être violente?).
Alex 661 Il ne serait pas nuisible de lire le dernier papier de Christian Rioux. Dans sa chronique de ce matin [abonnement; cache], il prend à partie une jeune étudiante de cinquième secondaire (Alex661). Elle s'est exprimée dans les commentaires du blogue du Devoir sur la réforme en éducation au Québec, dans un langage confus et truffé de fautes. [voir son texte]

Précisons que ni le nombre de fautes ni l'articulation des argumentations (du «niveau de la fin du primaire») ne l'incommodent au point d'en faire un article. Il est par contre outré par «l'absence totale d'inhibition chez son auteur.»

L'art d'écrire et non le besoin de s'exprimer
«Personne n'a jamais expliqué à Alex qu'avant d'écrire, il fallait d'abord apprendre à se taire — c'est d'ailleurs le plus difficile. Qu'il fallait lire beaucoup avant de songer à énoncer une petite idée. Qu'il valait mieux faire de nombreuses rédactions sur l'automne et peut-être même apprendre quelques poèmes par coeur avant de penser à avoir une opinion. Et que le vrai travail ne commençait qu'au moment de se relire.»
Il prône le devoir de silence, en quelque sorte. Une auto-censure qui va au-delà de mon billet à propos du débat où Steve Proulx (Twitter ou téteux?) parlait de: «l'exhibitionnisme stratégique sur les réseaux sociaux [qui] a créé [... ] la foire du jovialisme 2.0. Le web 2.0 est le « au royaume de la tape dans le dos», dit-il.

Rioux, lui, dit, au fond, et c'est plus radical: sans la méthode d'écrire correctement, ne dites rien.

À qui appartient la langue écrite?

«L'irruption des blogues et des opinions de toutes sortes dans Internet nous rappelle que l'opinion n'est pas notre privilège» a dit Edwy Planel , ancien directeur de la rédaction du Monde et maintenant fondateur de Médiapart, l'un des intervenants au colloque international sur l'avenir du journal indépendant.

Dans un monde d'autopublication, tout le monde a son mot à dire (cf la fameuse épidémie blogueuse du même Christian Rioux).

Rioux accuse la réforme scolaire d'avoir encouragé les jeunes à donner leur opinion sur tout et n'importe quoi. «Incitée à s'exprimer le plus librement possible, notre étudiante a donc choisi en toute logique de se "libérer" aussi des contraintes de la langue.»

Ce qu'il lui reproche le plus, «c'est l'absence de compréhension de ce qu'est la langue écrite».

Il n'a pas tort.

Opinion sous-entendue

Attention, la prémisse sous-entendue est : il existe des règles de combat dans la joute de l'écrit qu'il faut respecter.

Autre sous-entendu possible: la désacralisation de l'écriture est devenue un mal répandu. Comme l'art chevaleresque tombé en désuétude ou la fin des combats en ligne lors des guerres d'indépendance en Amérique; une «façon de faire» passe à la trappe.

Pendant que l'élite pointe du doigt la désacralisation de l'écriture, l'écrit évolue aujourd'hui pour quitter la sphère des oeuvres littéraires et rejoindre le langage parlé : désacralisation qui rime avec démocratisation.

Là où Steve Proulx dit que «la critique [sur Internet] est tout à fait légitime» (en réaction à la «moumounerie de la gentillesse 2.0» (comme surnommé par Michelle Blanc), Rioux répond, oui, mais avec la forme!

L'authenticité doit-elle être violente?

L'anonymat sur Internet a apporté son lot de désolation. Spam, troll, vulgarité et lynchage. L'arrivée de l'identité numérique en serait-elle l'exact opposé?

WarhammerSteve Proulx, du journal Voir, pense que oui et emprunte ces mots à Teddy Wayne du USA Today: «nous nageons de plus en plus dans une sorte d'Internet "aseptisé", où le ton badin est utilisé à toutes les occasions. [...] Facebook et Twitter, c'est la mort de l'authenticité...». Nuançons.

Steve Proulx insiste pour dire que «la critique est tout à fait légitime. Plusieurs, d'ailleurs, pensent la même chose. Mais personne ne le dit.» Il y a comme une retenue sur les réseaux sociaux. Mais encore plus de retenue sur Facebook que sur Twitter. Car, et Michelle Blanc le souligne bien dans sa réponse à Proulx, Facebook «est une collection de ce que l’on nomme " des amis " ».

«On est solidaire de toutes les causes. On aime tout ce que font nos amis. On félicite en série. Et quand c'est l'anniversaire de quelqu'un, on beurre son babillard de fleurs.»Ce débat porte sur la responsabilité de sa voix en public. Blanc répond«[Sa] vision « moumounesque » de la gentillesse 2.0 est donc à mon avis très parcellaire.» Essayons de discerner pourquoi elle est parcellaire.

Identité, authenticité, voix

Ce qui se discute ici, c'est la responsabilité de sa voix en public. Et Twitter/Facebook ne fait que rendre formelles des contraintes qui existaient avant. En utilisant les médias sociaux, nous y associons notre identité et notre voix.

Or, notre voix ne nous appartient pas tout à fait. Et oui! Notre personnalité dans la sphère publique n'est pas entièrement sous notre contrôle. Même dans le monde merveilleux de l'autopublication, on ne publie pas tout ce que l'on veut. Une certaine pression existe.

Paroles publiques, pas de lieux privés


L'usage des médias sociaux est une prise de parole en public. Si tu veux parler contre quelqu'un, il est impossible que cela se fasse dans son dos : toute parole est obligatoirement frontale. Il n'y a pas de place pour «parler dans le dos de quelqu'un». Il n'y a pas de revers, tout ce que l'on affirme sur quelqu'un lui arrive aux oreilles (ou sur son agrégateur). Tout finit par se savoir (ou se faire indexer).

Or, nous ne sommes pas prêts à parler contre quelqu'un devant lui, tout le temps, tout de suite. Il faut des arguments. Il faut se préparer à se battre, à essuyer des coups et répondre. Twitfight, flame, trolling. C'est inévitablement violent (à tort ou à raison). Ce n'est pas quelque chose que l'on fait tous les jours. Le silence est alors parfois un bon sanctuaire.

Auto-censure

Un certain consensus de respect s'installe. Ce qui émerge c'est une stratégie de respect et de construction où nos voix se mélangent et où les médisances n'ont pas facilement leur place (une parole méchante est si facilement échappée). Sur le web, chacun a une authenticité contrôlée, comme dirait Michelle Blanc.

Ou alors, puisqu'il n'y a pas d'échappatoire, la confrontation ne peut être que violente puisqu'il n'y a pas d'autre soupape. L'anonymat permet ça. La distance ou l'ignorance aussi. Ou la détermination d'avoir raison.

Ce qui tend à se mettre en place c’est donc ça: le respect et de la construction de bonne relation. Si je sais que l'autre va lire (éventuellement) ce que j'ai écrit, je dois l'écrire en conséquence. À terme, on protège ainsi notre espace et respecte celui des autres. Une forme d'auto-censure...

Authentique

Être soi-même, ce qu'on appelle être authentique, et c'est ce que vise Proulx, n'implique pas le laisser-aller à toutes ses impulsions. Mais que le surplus de civilité remarqué dans les réseaux sociaux ne le surprenne pas. Il y a tant de choses à faire dans les merveilleux mondes numériques, que tout différent ne mérite plus bataille. Et si on peut étendre cette civilité au-delà de notre cercle et englober une grande partie de la population, grand bien nous en fasse...

Diagnostic de Diagnostic

Une pleine page. Voilà ce que la Fédération des Médecins Omnipraticiens du Québec (FMOQ) se sont payé. Une pleine page dans le journal aujourd'hui. Pour annoncer quoi? La diffusion d'un «documentaire-choc» sur YouTube! Quand la santé embarque dans les réseaux sociaux.

YoutubeUn exemple de la mutation du paysage audiovisuel, c'est ce «documentaire» de la FMOQ sur le manque de médecins de famille au Québec (1102 exactement -- précision chirurgicale si vous me permettez le jeu de mots).

La mise en page de la pub rappelle celle que Radio-Canada propose parfois pour des grandes émissions ponctuelles. Ton dramatique dans l'image et le texte («la pénurie de médecins de famille s'est aggravée de 45%») et un titre frappant «Diagnostic: un documentaire-choc à visionner sur youtube.com/medecindefamille».

Diagnostiquons «Diagnostic»!

Bon, mettons au clair, avant toute chose: ce n'est pas un documentaire, mais bien une publicité. Un documentaire doit être signé par un cinéaste et ici, ça sent la commande. Il manque totalement le traitement «journalistique» habituel (il n'y a pas de point de vue de politiciens ou d'experts) et le message est clair: c'est un moyen de pression de la fédération pour former davantage d'omnipraticiens.

Au lieu de se ruiner à passer 30 secondes à la télévision, la FMOQ a pu se payer à la place une série de 8 clips bien léchés pour la promotion de leur message. Les clips laissent toute la place pour voir le témoignage de certains docteurs sur la question du manque de médecins de famille et on nous invite à aller s'abonner à la page Facebook pour faire pression sur le gouvernement.

Diagnostic

Côté Youtube

Page dédiée et URL unique, la FMOQ joue toute de suite la carte de crédibilité. Leur canal YouTube est sans pub, avec une image de fond corporative. La vidéo principale reste tout juste en dessous du 10 minutes maximum et une série de 7 vidéos supplémentaires (de 2 à 3 minutes) sont disponibles (principalement des interviews/témoignages).

Les signes d'autorités sont partout (le stéthoscope est dans le design de la page et il n'y a pas un docteur qui ne la porte pas autour du cou). Les témoignages des médecins permettent de montrer leur quotidien, d'une façon peut-être moins stéréotypée que dans une pub ou à travers un reportage télé. En ayant plus de temps pour passer leur message, ils peuvent espérer toucher le coeur des gens (le côté rationnel, lui, est touché par les statistiques qui sont en surimpression par moment sur les vidéos -- «2M de Québécois n'ont pas accès à un médecin de famille»).

Mais je ne crois pas que ce pseudo «documentaire-choc» soit l'objet de la pub pleine page. La pub papier est l'amorce, et YouTube est la page d'atterrissage (landing page). Le véritable appel à l'action (call-to-action) est le groupe Facebook

Côté Facebook

Page Facebook traditionnelle. Environ 1590 personnes ont «aimé la page» (Facebook Like) quand je suis passé ce midi. C'est là que ça devient intéressant. Les gens peuvent aussi donner leur témoignage: « nous sommes 6 dans notre famille des enfants de 13 ans jusqu'a 2 ans et pas de médecin de famille... faut vraiment pas être malade».

Alors que YouTube pouvait faire «arrangé», sur YouTube, les commentaires sont réputés authentiques. Pcq ceux qui postent leurs commentaires le font aussi dans leurs réseaux personnels. Même si cela ne garantit pas de «faux témoignages», la différence ici est que ceux-là le feraient devant leur propre communauté. Les réseaux sociaux induisent une imputabilité de l'émetteur. Il est plutôt difficile de créer une désinformation de masse.

Dans l'ensemble ces témoignages montrent leur perception qu'ils ont d'avoir (ou plutôt de ne pas avoir) un médecin de famille. Et c'est bigrement plus efficace qu'un vidéo de commande. La santé est un thème très porteur, donc il n'est pas difficile de toucher le monde. Les réseaux sociaux peuvent alors permettre de capturer le pouls de la population.

Côté campagne

Le pari de lier une publicité traditionnelle pour démarrer un viral numérique est toujours risqué. La vidéo principale sur YouTube a été visionnée 1500 fois (chiffre de ce midi)[MàJ2 27000 deux jours plus tard et 51000 neuf jours plus tard] }MàJ3: 111 000 2 mois plus tard]. Quand on sait que la rétention est très courte dans les médias traditionnels et que le drive-to-web n'est pas très élevé. Ça ne s'annonce pas bien? Il est encore trop tôt pour conclure, car il existe peut-être d'autres tactiques médias, mais si la pleine page n'a pas joué un rôle de «drive-to-Youtube», elle a bien joué son rôle de marque.

Si la pleine page fait un effet de marque, alors c'est le groupe Facebook qui créera le viral. Leur compte Twitter annonçait que «la FMOQ lance une conversation dans les médias sociaux qui donne la parole aux médecins de famille». Cette conversation se tiendra très probablement que sur Facebook, Twitter n'ayant que peu relayé l'information actuellement (et la limitation de 140 joue pour beaucoup). Comme Facebook est une énorme caisse de résonance, dès qu'elle se met à vibrer, elle attire rapidement l'attention.

Côté apprentissage

La campagne média a été probablement l'initiateur du mouvement du partage de témoignages sur Facebook. Mais elle servira probablement plus à des cibles traditionnelles: les journalistes et les politiciens. «Hey regardez ce que l'on montre aux citoyens» et force est de constater que cette cible ira probablement voir les témoignages sur Facebook.

Mais ce que je vois d'intéressant aussi, c'est l'effet secondaire que ça a engendré. On lance un «document» audiovisuel sans passer par les grandes chaînes de télé, et directement du YouTube, qui se trouve être un canal qui «légitime» la diffusion (et paye la bande passante). Techniquement, un site web aurait pu faire la même chose. Mais la simplicité de laisser Youtube gérer la diffusion l'a emporté.

Le «diffuseur» ne fait plus office d'intermédiaire-filtreur, mais de simple relais. Les politiciens Obama et Harper l'on compris et court-circuitent les «gate-keeper» de la «parole télévisuelle», qu'ils soient journalistes ou chaînes de télé. Ils accèdent ainsi directement à la population sans filtre.

Faire ainsi permet non pas manipuler l'opinion publique, mais de provoquer des réactions qui peuvent être bénéfiques à une cause, sans devoir passer par l'aval d'un gate-keeper.

En engendrant un mouvement de foule médiatiquement orchestré, dont l'apothéose est cette «pétition des témoignages FaceBook», quelqu'un peut réussir à créer un rapport de force contre un acteur social.

Dans le cas présent, pour la FMOQ, ils tentent de mettre leur problématique à l'ordre du jour du gouvernement, un acteur social très sensible aux pouls de la population... À suivre.

Topo sur Foursquare

Foursquare a atteint son million d'usagers récemment. Il est peut-être temps d'en savoir un peu plus.

Voici une intro «business» à foursquare (par Gregory Pouy)



Voici un document d'introduction au système Foursquare, par Régis Vansnick (via Julien Bonnel)