ZEROSECONDE.COM (par Martin Lessard)

ZEROSECONDE.COM

Impacts du numérique sur la communication, notre société, nos vies.

[Webcom2006] Michel Cartier et la schématique

La schématique?

"Chaque fois qu'un groupe d'êtres humains doit traiter une plus grande quantité d'informations, il invente un nouvel outil de communication pour amorcer son passage"
(source Michel Cartier, ConstellationW : section notre rupture)

Michel Cartier est professeur à l'Université du Québec à Montréal en Communication. Ceux qui l'ont croisé connaissent sa passion de communiquer par la schématique. Son site Michelcartier.com en est truffé, de schémas. Il sera à Webcom2006 au panel "quels sont les changements que vous devrez apprivoiser?".

La schématique, nouveau langage
Intrigué par sa grande utilisation des schémas, je lui ai demandé si la schématique ne participerait pas à cette rupture dont il parle. Bien sûr "Le schéma ne remplace pas le texte" écrit-il, "il décrit la réalité différemment". La schématique est un mode de communication qu'il trouve tout à fait approprié à l'ère d'Internet. Mais est-ce que l'approche de la schématique est elle-même une rupture ou un retour au monde de l'image pré-gutenberg?

"Pour comprendre la schématique il faut savoir que les Égyptiens et les Sumériens utilisaient déjà des schémas (cartes, plans, etc.) 4000 avant J.-C. ; utiliser des schémas n'est pas chose nouvelle. Ce qui est différent cette fois-ci, c'est leur très grande utilisation publique et surtout leur démocratisation. On a assisté au même phénomène, un bond de cette utilisation, avec l'arrivée de l'imprimerie il y a cinq cents ans, le même phénomène se répète avec Internet."

Je ne suis pas tout à fait d'accord avec lui quant il fait remonter la schématique aussi loin. Du moins sur la base de ma croyance que "l'image pré-moderne" et celle d'aujourd'hui n'ont plus le même sens. L'image pré-moderne exprimait le "monde", celles d'aujourd'hui concerne des "concepts sur notre monde". La schématique aujourd'hui est bien plus que les cartes et plans des Sumériens.
Pourquoi cette grande utilisation soudaine? Michel Cartier y voit 3 raisons

• Le facteur temps : au prise avec une infobésité galopante d'informations de toutes sortes, les lecteurs désirent des synthèses.

• Le facteur coût: des espaces-mémoires moins coûteux,. une plus grande largeur de bande et des logiciels faciles à manipuler et à diffuser (PowerPoint par exemple) multiplient l'utilisation des schémas.

• Le facteur clientèles: les jeunes (digital natives) vivent dans un monde de plus en plus visuel fait d'écrans de toutes sortes tandis que les nouvelles clientèles voudraient bien naviguer mais avec des affichages où il y a moins de textes.
La nouvelle schématique , grâce aux nouvelles technologies, voit de nouvelles applications : "les cartes 3D, la géolocatisation (GoogleMap ou Google Earth) les systèmes de prises de décisions et les War Rooms ou Crisis Rooms, les tableaux de bord pour les entreprises, les projets d'Internet Mapping, le Concept Mapping, etc". Avec en prime, aujourd'hui la puissance de calculs des ordinateurs, l'interactivité et le collaboration par l'intelligence collective.

Un autre mode de pensée : pour en lire davantage sur le site de Michel Cartier

Les outils du monde métaphorique

La lecture d'un texte et celle d'un schéma ne fonctionne pas de la même façon


Le passage d'une société industrielle à une société du savoir


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Avant le 11 septembre

"9/11 happened so suddenly. They were no warnings. But Bush knew it ahead. What did he do? Nothing." C'est en ces mots que l'on peut résumer ce nouveau vidéo qui vient d'apparaître sur Google vidéo: 9/11 : press the truth

Via le billet The Antidote to ABC's "The Path To 9/11" ... de Jon Husband

(Mise à jour 7 octobre 2006: le vidéo a disparu de Google. Un aperçu se retrouve sur http://www.911pressfortruth.com/ et aussi ici. Bien évidemment, on peut commander le DVD. Comme j'ai pu voir le vidéo, je peux au moins vous dire que ce n'est pas un racket. Le vidéo est bien fait et possède une structure très sérieuse. Il est par contre difficile de savoir si le but premier était de faire de l'argent sur cette cause. Mon impression est que non. Pas plus en tout cas que Michael Moore et son Farenheit 911)

On dit que près du quart des Américains croit qu'il y eut complot
Encore un vidéo autour des événements du 11-septembre. Mais cette fois-ci, la théorie de la conspiration va un cran plus loin. Ils reprennent exactement des citations des grands journaux américains, les plus crédibles, sur les informations qui ont conduit à l'effondrement des tours jumelles.

Il en ressort que Ousama Ben Laden aurait été instrumentalisé d'une certaine manière par la Maison blanche afin de faire avancer son agenda.

Rhétorique du complot
L'argumentation ici est tout à fait différente de Loose change. Il ne s'agit plus ici de voir des signes qui confirment des théories «a priori».

Par exemple, Loose Change voit des explosions le long des tours jumelles lors de l'effondrement de celles-ci. La vidéo est claire. Le constat est clair : il y a effectivement des signes que quelque chose éclate le long des parois des tours.

Le problème, c'est que les signes ne sont pas les preuves d'explosion intentionnelles. Que des preuves que quelque chose éclate (sous la pression?)

Autre exemple: l'apparence d'un impact d'un missile sur le pentagone n'est pas la preuve d'un missile. La ressemblance des traces n'est pas une preuve d'un complot interne. Tout au plus, elle soulève des doutes troublants. Pas des preuves, mais des ressemblances d'empreintes. Troublant, en tout cas.

Mais à chaque fois, c'est pour faire avaler l'idée d'un «frame-up» global et total.

Un attentat récupéré
Mais ici, le vidéo de 9/11 : press the truth n'embarque pas dans la conspiration d'un complot interne, qui, finalement, il faut l'admettre, est trop "gros". Par contre, démontrer que Bush a "récupéré" un événement pour son propre agenda, ça, c'est troublant : Afganistan, Patriot Act, Irak. Il y aurait eu un détournement immense, si c'est le cas.

Suivez bien la rhétorique cette fois-ci: elle est drôlement plus convaincante que Loose Change et ne cherche pas à prouver le même point, mais pourtant elle pourrait ébranler davantage et faire plus de dégât que l'on pense...

Et comment s'y sont-ils pris? en créant, avec l'intelligence collective et la patience de la collectivité, un "timeline" de la crise du 9/11. Avant, pendant, après. Avec uniquement des sources crédibles : les médias «papier» et télés «traditionnel». Tout ça grâce à complete911timeline.org

Un argumentaire serré, mais pas infaillible
C'est en quelque sorte une "commission libre", des rats de bibliothèque qui recoupent l'information comme aucune commission sur le 9/11 n'aurait pu faire, et uniquement à partir de sources sûres.

Écoutez-le, mais restez critique, car, vous allez voir, à la fin, ils vont manquer à leur propre jeu en citant une source indienne (Times of India) sans jamais se demander si les journalistes auraient pu être manipulés par leur propre service secret (l'article accuse les services secrets pakistanais d'être lié avec l'attentat de New York - ce qui change le cours complet du film). (Indice: la nouvelle n'a jamais d'ailleurs été "reprise" dans les autres médias occidentaux)

Et à un certain moment, ils nous montrent que la machine à désinformer commence à polluer les sources "sûres" (2002-2003-2004). On connaît déjà la malheureuse histoire du New York Times et sa conviction que les armes de destructions massives existaient.

Mais voilà, cette machine à désinformer ne pouvait pas être en marche avant le 11 septembre. C'est là la force du film. Et écoutez bien comment la Maison blanche banalise le fait que rien ne pouvait être prévu. Les sources d'avant le 11-septembre prouvent le contraire.

Et de penser alors que l'équipe de Bush a laissé faire l'attentat d'Al-Qaida pour servir ses propres fins, il n'y a qu'un pas...

Invité à Sociétés Ouvertes

Je serai l'invité de Jean Carette et Michel Rioux à leur émission Sociétés ouvertes sur les ondes de Radio-Ville-Marie.

Je passe à la radio lundi prochain de 11h00 à 12h00, heure de Montréal, et en reprise à minuit. L'auditoire oscille autour de 50 000 personnes. C'est que Jean et Michel font une émission, Sociétés Ouvertes, qui brasse la cage des idées reçues et plus souvent qu’autrement traitent de sujets pertinents et d’actualité.

Au menu
1. Nous parlerons de "l’analphabétisme" des gens qui n’utilisent pas les nouvelles technologies. L’expression est de Jean. Michel Cartier aurait dit que ce sont des Digital Migrant qui n’auraient pas encore "migré", finalement.

2. Nous aborderons aussi le rapport qu’entretiennent les médias traditionnels face aux nouveaux médias tel que je l’abordait dans mouvement de marée informationnelle où les médias adaptent leur diffusion en fonction de l’usage d’internet.

3. Le troisième volet touchera notre rapport à la communication. Un sujet si vaste que je n’ai pas encore fini d’en parler sur mon blogue depuis plus de 2 ans…

4. Le dernier, mais non le moindre, sujet de prédilection de nos animateurs et où j’aurai à de pas trop « décaler » car j’ai devant moi un ancien syndicaliste et un ancien de Radio-Canada : comment internet modifie la pratique de la démocratie ?

En direct lundi 25 septembre 2006, sur les ondes 91.3FM à 11h00 à Montréal ou en direct à 15h00 en temps universel (GMT) sur le web.

Un blog n'est pas dans la sphère privée

Un adolescent a été arrêté hier par les policiers pour avoir formulé des menaces de mort contre les élèves de son école secondaire.

"L'adolescent de 15 ans aurait exprimé ces menaces dans Internet sur le site VampireFreaks, que fréquentait Kimveer Gill, l'auteur de la fusillade du collège Dawson. Gill tenait un blogue sur ce site et des propos inquiétants laissant présager de ses intentions y ont été retrouvés après sa mort." (source SRC)

S'il fallait un nouvel exemple, voici une preuve que les blogues sont des journaux dans la sphère publique, et non privée. Ce qui est dit et écrit sur le web est donc réputé être une déclaration sujette aux lois en vigueur dans le pays où réside le blogueur. J'ai écrit là dessus en mai dernier: Blogueur/journalisme même combat.

Après la fusillade du Collège Dawson à Montréal la semaine dernière, les services de protection rajouteront la blogosphère, les newsgroups et tout forum de communautés "suspectes" pour détecter à l'avance des dérapages individuels. Dans le cas qui nous concerne, ç'eut été une bonne chose. Gill semble être le premier à être passer à l'acte après "annonces publiques".

La blogosphère entre dans la sphère publique par une bien triste porte.

[Webcom2006] Blogueur officiel

Je serai le blogueur officiel, avec mon collègue et ami Sylvain Carle, pour le colloque Webcom 2006 à Montréal. Nous allons entretenir la discussion avant le jour J, pendant le jour J et après le jour J.

D'autres blogueurs se joindront à nous le 11 octobre pour blogger en direct. Moi je m'occuperai plus de l'avant et de l'après colloque.

J'aurai accès aux présentateurs pour leur créer des "conversations" afin d'en faire profiter la blogosphère.

Je garde toute mon indépendance: je ne suis pas lié à Webcom, ni Eventia, l'organisateur de l'événement, et je ne suis pas rémunéré. Tous les blogueurs invités auront un accès à la journée en échange de leur collaboration. C'est tout.

Digital Natives et Digital Migrants
En en discutant avec Michel Cartier, je me rends compte que ce colloque aura comme toile de fond la fameuse séparation entre les Digital Natives et les Digital Migrants. Les premiers sont les personnes qui ont grandu avec la technologie inteactive. La seconde a appris à s,en servir plus tard dans leur vie.

Tous les intervenants sont trop agés pour être (réellement) dans la première catégorie. Ils ont par contre tous "migré", à différents degrés, à un moment ou un autre, dans leur nouvel habitat numérique. Et ils s'adresseront, il n'y a pas à en douter, à une clientèle qui cherchent soit à migrer, soit à comprendre ces "habitants numériques" que sont les jeunes.

Il y aura d'ailleurs un panel composé de ces jeunes "Digital natives" venus parler de ce qu'il vivent et viennent chercher dans ce "nouveau monde".

Voici le programme de la journée:
08h15::Jon Husband::Que veut dire travailler dans un monde interconnecté?

09h15::René Barsalo (SAT)::
Comment s'entendre et travailler avec l'autre génération qui émerge?

10h30::Loic Le Meur::
Les blogues : un avenir individualiste ou collaboratif?

11h30::Claude Malaison::
Que nous promet le Next Net?

14h00::Michel Germain (Celsa)::
Sommes-nous prêts pour la «e-transformation» de notre organisation?

15h00::Marc Prensky::
La main-d'oeuvre du futur - Que peut-elle faire pour vous? Et surtout comment l'y inciter? David Philip Dunne, (Edelman):: Les sites du Web 2.0 : Une mode ou l'avenir du Web ?e


16h15:: Panel "Ce que nous pensons que sera l'Internet de demain?" avec Frédérick Giasson ,Frédéric Lazure, Marie-Chantale Turgeon. Modérateur Denis Boudreau

17h15:: Panel
"Quels sont les changements que vous devrez apprivoiser?" avec
Martine Gingras, Réal Jacob (HEC/Céfrio), Derrick de Kerckhove (McLuhan Program in Culture & Technology), Michel Cartier (Université du Québec à Montréal), Jean Lanoix (Net 2 Évolution), Sébastien Paquet (Socialtext). Modérateur François-Pierre LeScouarnec

(Dernière modification : 21 septembre : correction et ajouts des panels de 16h15 et 17h15)
Lien à visiter : La société des Digital Natives sur ConstellationW

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Le retour des intermédiaires

Philippe Martin m'a envoyé un lien vers l'interview tourné avant-hier de Johana Colan de Rocketboom dans le cadre du Podcamp de Boston qui a eu lieu cette semaine. Elle répond aux questions en français (with English subtitles). C'est sérieux et rafraîchissant. (accès au vidéo)

Elle aborde des sujets qui me tiennent à coeur et qui apparaissent un peu partout sur mon blog, à savoir, le rapport au savoir des bloggeurs (et des podcasteurs) et leur émergence comme autorité face aux savoirs qu'ils transmettent. (Voir ma note sur l'autorité cognitive sur Internet et plus récemment ma note sur les 6 cultures d'Internet)

Elle dit que ces gens sont automatiquement perçus comme des "autorités" sur ces même savoirs. Ce qui est faux, précise-t-elle. Ils ont plutôt le rôle de "repackager" l'information pour leur donner du sens. On peut dire qu'il sont des passeurs de savoirs . Prenant de l'un et le passant à l'autre pour qu'il aille plus loin.

Médiatisation d'Internet
Il est étrange que l'arrivée d'Internet dans nos vies ait été annoncé comme le système par excellence pour "sauter par dessus" les intermédaires. Or, ils ont eu tout faux: c'est le plutôt retour des intermédiaires. De nouveaux intermédiaires : des courtiers du sens. Le web 2.0 surfe exactement sur cette veine.

Sur ce sujet, Johana reste très humble. Elle reçoit l'information de la communauté sur internet et la reformate pour son émission RocketBoom et cette nouvelle information redevient de la matière première pour la communauté qui la reformate comme elle le veut. Internet est un dialogue entre ses membres, dit-elle, et le savoir engendre d'autres savoirs.

Les firmes peuvent-elles participer au dialogue?
À la question sur les avantages pour les organisations de collaborer à ce dialogue, elle répond qu'il y en a, en donnant un cas concret: celui de Steve Rubel, VP chez Edelman, une grande boîte de Relations publiques. Et cet exemple m'a profondément marqué.

Steve et plusieurs à la tête du départment de marketing ont un blogue. Celui de Steve est "Micro persuasion". Il blogue sur son temps personnel, de façon indépendante de son travail. Et sa compagnie en profite, car Steve s'enrichie de toutes ces interactions. Celà profite à tous, car ce système d'échange des idées lui permet davantage d'exceller dans son rôle au boulot.

Mon questionnement
Moi, je blogue depuis 2004, de façon indépendante de mon travail, sur mon temps personnel, mais la compagnie pour laquelle je travaille n'en profite pas, n'en retire rien et n'arrive même pas à y voir un avantage.

Ce qui me fait comprendre 2 choses.

Premièrement, qu'une compagnie de service n'est pas nécessairement une compagnie capable de profiter du dialogue. Elle doit pour ça être ouvert à l'écoute. Ou plutôt que l'écoute soit un vecteur important pour sa croissance. Une boîte de RP (comme Edleman) l'est, par définition - elle doit être à l'écoute du marché.

Deuxièmement, qu'une compagnie qui ne comprend pas ce qui m'enrichit n'est pas faite pour moi. Dont acte.

Webcom2006

Anciennement Intracom, Webcom est un colloque sur les communications interactives. Cette année le thème annnoncée est au goût du jour : le web 2.0 ! "Quels sont les changements que vous devez apprivoiser ou anticiper?"



Concentrés en une seule journée (mercredi 11 octobre 2006), ces conférences, intégralement en français, abordent le web collaboratif, les blogues, les wikis et le rss mais aussi les jeunes qui l'utilisent et les changement à l'intérieur des entreprises.

Pour la plupart des lecteurs ici présents, ces sujets vous sont familiers. Mais je suis bien content que le colloque prenne cette tournure en quittant son focus sur les "intranet, extranet, internet". Il est rare au Québec d'avoir des conférence en français sur la communication interactive avec des intervenants du milieux.

L'an passé j'y avais donné une conférence très courue sur le "web 2.0", et l'année précédente aussi, sur les "nouveaux outils de communication de groupe : le RSS, les wikis, les blogs, etc". Que le colloque y consacre maintenant toute son énergie est une bonne chose.

À qui cela s'adresse?
Bien sûr, si vous suivez déjà ce sujet, vous n'y trouverez aucun scoop. Par contre, il s'agit d'une excellente place pour inviter vos clients ou vos prospects pour qu'ils s'initient à la chose.

Malgré ce que l'on pense le web 2.0 est très peu connu hors du milieu des professionnels du web. L'avantage que je vois à ce colloque, c'est qu'il vous permet d'éduquer vos clients, vos employés, vos patrons ou vos collègues d'une façon "neutre". Vous pourrez dire : "Ah vous voyez! Ça doit être vrai, eux le disent!" ;-) Vous ne passerez plus pour le "savant fou" comme moi à mon boulot.

Les conférenciers
Ne serait-ce que pour rencontrer les intervenants qui sont des personnes clefs de l'internet québécois, canadien et français, ça vaut le détour.
  • Loic LeMeur vient nous dire si les blogues ont un avenir individualiste ou collaboratif ?
  • Jon Husband propose d'examiner les nouvelles formes de contribution des outils comme le blogue et le wiki.
  • René Barsalo, qui est à la tête de l'extraordinaire SAT, un lieu dédié à l'art médiatique, parlera de la génération native réseau et comment la comprendre.
  • Michel Cartier permettera à vos clients de savoir quels changements ils devront apprivoiser.
Et plusieurs autres encore, dont j'aurai plus tard l'occasion de parler.

Un absent, malheureusement, Jean Lanoix, qui lui a choisi l'édition torontoise de Webcom (qui a lieu en novembre) pour parler de l'Internet du futur. [correction 21 septembre : il sera présent au panel de la fin. Yé!]

De plus un panel de synthèse, qui intéressera tout autant vos clients, est prévu à l'horaire. La programmation est pratiquement bouclée, mais j'imagine qu'il pourrait y avoir quelques changements encore...

À suivre...

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Portrait de blogueur #9

Grâce à mes copains Philippe Martin et Christian Aubry me voilà croqué sur le vif à discuter du web 2.0.

Je suis le neuvième de la série de "portrait de blogueurs" qu'ils tournent depuis le début de l'été (et ce malgré le fait que Philippe en introduction parle du huitième de la série).

On commence par expliquer pourquoi j'ai commencé à bloguer, puis on aborde la mémétique et puis, une fois bien réchauffé, on se met à parler de web 2.0 et j'explique les 6 cultures de l'Internet pour comprendre que le web 2.0 est en fait une culture et non une technologie.

(en prime : les deux petits easter eggs sonores hors cadre à la toute fin...ça c'est du direct;-)



Les autres portraits de blogueurs sont sur le site de Christian.

Les 6 cultures d'Internet

Il y a eu 5 grandes cultures qui ont façonné Internet depuis ses débuts : (1) les militaires, (2) l'élite technico-scientifique académique, (3) les programmeurs, (4) les communautés virtuelles et (5) les entrepreneurs. L'émergence de ce qui convient d'appeler le web 2.0 laisse une place à l'influence nouvelle d'une sixième vague: celle des "opérateurs de symboles".

cultures fractalesOn est en droit de dire que la mouvance en cours sur le web laisse émerger une culture qui semble redéfinir l'utilisation du réseau, d'où l'appellation web 2.0. Mais on pourrait tout aussi bien écrire Internet 6.0 puisqu'Internet n'a pas débuté avec l'avènement du web.

Cet Internet 6.0, ou, restons simple, ce web 2.0, offre, pour le meilleur et le pire, par sa simplicité d'utilisation et d'agrégation, une place accrue à une tranche de la population (en général très jeune) de diffuser, contrôler, créer, mixer et remixer du contenu sur Internet.

Ceux qui génèrent de l'information, de la connaissance ou de l'émotion sont des "opérateurs de symboles", ce que Robert Reich [#1] appelait en 1990 les "symbolic analysts", ces travailleurs de la connaissance qui créent une offre de contenu, qui en font une manutention ou qui se spécialisent dans leur réception ou leur repackaging.

Ces opérateurs manipulent les symboles sous toutes ses formes (écrit, visuel, audio) afin de générer du sens. Dans les médias traditionnels, on les appelait des journalistes, des réalisateurs, des dessinateurs, des speakerines, des orateurs, des chanteurs, etc. Ce sont aussi maintenant ces "multimédiateurs" qui font gonfler youtube de milliers de clips amateurs ou (semi) professionnels. Ce sont ces blogueurs, podcasteurs, taggeurs/folksonomiste, monteurs, animateurs 3D, scripteurs, diggers, etc qui viennent changer la donne dans le monde de la communication de masse.

Internet n'est pas une culture, mais un amalgame de plusieurs entrecroisements de cultures. Pour bien voir dans quel contexte le web 2.0 s'inscrit, rappelons-nous ces 5 premières cultures d'Internet et leur legs...

Le ground zero : les militaires
ARPAnet mapLa première culture, celle dont il ne reste presque plus de trace, mais qui explique la réticence de la Maison blanche à Washington à lâcher le contrôle de ICANN, c'est celle des militaires. Ils ont offert l'essence d'Internet : la décentralisation technologique. Leur besoin stratégique et leur subside ont fourni la première impulsion qui donna jour à ARPAnet.

C'est en vue d'une éventuelle et probable guerre nucléaire que le réseau s'est construit dans les années 60-70 de telle sorte qu'il pouvait s'écrouler en partie et toujours fonctionner: il n'y avait pas de centre. Voilà l'essentiel (et tout ce qui reste) de l'influence des militaires.

Mais ce point reste fondamental. Ce legs explique aujourd'hui pourquoi dans le débat en cours sur l'Internet à deux vitesses la résistance est si farouche sur Internet : tous les noeuds, toutes les routes, toutes les informations doivent rester égales, au nom de la décentralisation.

Les premiers dieux: l'élite technicienne et scientifique du milieu académique
Les fondateurs d'ArpanetLa seconde culture, c'est la culture techno-méritocratique, comme le nomme Manuel Castells [#2], celle qui provient de la sphère académique de l'enseignement supérieur et de la recherche. Par leurs applications technologiques, ils ont apporté ce désir de toujours innover qui donne aujourd'hui le vertige.

Ils ont surtout transmis la spécificité universitaire de la "communauté des compétents" que sont les pairs, où tous sont égaux. La reconnaissance des pairs est une autre valeur fondamentale de la communauté Internet. C'est un moteur de la dynamique culturelle sur Internet afin de créer de nouvelles autorités.

Et comme dans la tradition de la recherche universitaire, ils ont transmis la culture du partage et de la communication des découvertes technologiques sans jamais chercher à en tirer un avantage personnel. Les plus grands ambassadeurs de ce groupe sont Vint Cerf et Bob Kahn (créateurs du TCP/IP), Jon Postel (éditeur des RFC), Paul Mockapetris (créateur du DNS) et Tim Berners-Lee (créateur du WWW) . Aujourd'hui, ils sont surtout à l'oeuvre en arrière-fond dans les organismes comme le W3C, le IETF et la Internet Society.

La horde: les programmeurs sont dans la bergerie
la matriceProvenant du monde des micro-ordinateurs (par opposition aux gros et mini-ordinateurs), cette troisième vague, les programmeurs, appelés Hackers par Castells, ont investi Internet et submergé le précédent groupe, tout en adoptant (et en popularisant) la culture de méritocratie à grande échelle.

Leur valeur fondamentale est et reste la liberté. La liberté de créer, la liberté de s'approprier toute connaissance, de la remixer, de la diffuser sous toute forme et par tous les canaux. C'est la mouvance des logiciels libres. C'est aussi la coopération, ce qui est aujourd'hui appelé le "crowd sourcing". Ce sont eux qui réclament : "information wants to be free". Une phrase qui pourrait à certain égard représenter l'image de marque d'Internet.

La culture du don demande en retour la renommée immédiate des pairs, renforçant la culture de la communauté des pairs. Un hacker est reconnu comme tel par un autre hacker. Aujourd'hui, la définition d'un blogueur suit le même principe.

Parmi les figures les plus connues, citons Marc Andreessen (premier browser Internet : Mosaïc), Blake Ross (ultime browser internet: Firefox), Linus Torvalds (le système d'exploitation libre : Linux). Rappelons que le Darth Vader désigné de ce groupe n'est nul autre que Bill Gates, (Microsoft) puisqu'il a détourné à son profit et pour sa gloire personnelle des ressources créées en commun. Il n'a en fait qu'appliqué la logique d'une autre culture : le capitalisme.

Le peuple virtuel : les temps modems
La quatrième vague à prendre d'assauts Internet, avec une foule encore plus nombreuse que la précédente, nous vient du monde des BBS (les babillards électroniques). Ils ont envahi et perfectionné les forums de discussion, newsgroups et autre forme de tchatche de l'époque.

Ils ont adopté le principe de méritocratie et de liberté de l'information et ils l'ont appliqué dans leurs réseaux sociaux : ils sont les premiers à utiliser Internet comme outil pour modifier les rapports dans la société "réelle". La technologie pour la technologie? pas pour eux. L'outil servait à combler un besoin d'échange et de contact pour des fins personnelles ou communautaires.

On entrait dans ces communautés pour le contenu qu'elle nous apporte. La compétence technique n'était plus une barrière à l'entrée. Le WELL, FIDOnet et la (défunte) DDC (Amterdam's Digital City) en sont les premières émergences. La vague s'est poursuivie avec les Majordomos, Mud et les Moo, Palace, jusqu'au Yahoo Groups, et même Second Life aujourd'hui.

Ce qui a découlé de cette vague, c'est qu'il était possible d'utiliser Internet comme outil de communication horizontale (par opposition à la communication "sommet vers le bas" --top-down-- comme la télévision) tout en propageant une nouvelle forme de liberté de parole, basée sur la liberté individuelle de communiquer. Autrement dit, une culture d'autonomie de la communication par rapport aux institutions, diffusant l'individualisme réseauté comme forme de sociabilité acceptable, avec une invitation très claire que le combat n'est plus sur la rue ni contre les organisations, mais dans l'opinion publique. C'est à dire, influencer les esprits plutôt que prendre le pouvoir.

Web 1.0 : Grandeur et décadence des entrepreneurs
Cinquième grande culture, une explosion foudroyante dès l'ouverture des .com. Les entrepreneurs découvrent un territoire anarchique, riche en innovations, avec un potentiel infini et une communauté d'individus autopolicés, autonomes, assoiffés de nouveautés technologiques et sociales.

Souvent l'effort financier pour participer à l'aventure consistait à prendre une année sabbatique, travailler très fort et convaincre des capitalistes d'investir. Remplacer capitaliste par mécène et vous avez le portrait d'un artiste.

Ces entrepreneurs, d'une tout autre race que les programmeurs, parfois issus d'elle, mais plus souvent harnachant leurs savoirs, sont de véritables créateurs de mondes. Ils ont créé la bulle internet soit (en fait ce sont plutôt les capitalistes-corbeau qui ont irrationnellement perdu leur fromage aux mains des renards), mais ils ont réussi à faire entrer la finance et leurs dollars dans le monde virtuel. Ce qui faisait cruellement défaut depuis le début.

Internet est devenu ainsi du jour au lendemain un pilier essentiel dans nos vies. Ou plutôt, notre vie réelle a pu retrouver ses repaires dans un monde virtuel ainsi "monétarisé". Évidemment, l'annonce que le web ne serait qu'un vaste supermarché n'a pas fait de vieux os. Heureusement.

C'est ce que l'on peut appeler le web 1.0, un malheureux effet de diligence, une utilisation des nouveaux outils avec des protocoles anciens, qui a donné une culture entrepreneuriale et commerciale à une partie de l'Internet : c'est la culture du service pour répondre à un besoin du public. Elle poursuit son travail en fournissant de nouveaux services à la nouvelle culture dominante.

Le web 2.0 : la nouvelle culture Internet 6.0
Nous voilà arrivés à aujourd'hui. Depuis 2-3 ans au moins, il est clair qu'une nouvelle horde a envahi Internet. Celle qui a grandi avec le réseau. Mais aussi ces vieux qui étaient dans la communication hors ligne.

Internet est devenu, par cette suite de cultures en pelures d'oignon, grâce aux serveurs décentralisés (culture 1) , aux protocoles standardisés de communication (culture 2), aux codes libres et partagés (culture 3), à des communautés d'intérêts (culture 4) et un entreprenariat aisé (culture 5) qui a ouvert des sites gratuits pour offrir à tous et chacun, un lieu pour communiquer facilement et simplement par Internet (HotMail, Gmail, Blogger, Word press, Youtube, del.icio.us).

Cette horde n'est plus uniquement intéressée par la communauté de pratique et les groupes d'intérêt, mais par la diffusion de leur message, n'importe quel message, de un vers tous. Ces manipulateurs de symboles, écrits, sonores ou visuels, sont l'essence de la culture du web 2.0

On fait erreur à vouloir associer la vague du web 2.0 à une période temporelle ou à des outils. En acceptant l'approche qu'il existe des pelures d'oignon de culture sur Internet, on peut mieux comprendre par exemple que ce que l'on appelle web 2.0 a commencé bien avant l'an 2000 (wiki, blogue) et qu'aujourd'hui encore on voit apparaître des artefacts de la culture des programmeurs avec la montée des logiciels libres du pair-à-pair poste-à-poste (peer-to-peer), par exemple ou aux portails "user content-generated" géré par les entrepreneurs surfant sur la nouvelle vague.

Le web 2.0 est cette sixième culture d'Internet, une culture de diffusion pour la diffusion, mais basée sur les cultures précédentes : liberté d'expression et de partage des informations et du code, l'individualité en réseau, la reconnaissance des pairs et la méritocratie. Aujourd'hui, toutes ces cultures se côtoient.

La nouvelle culture et ses outils ne sont pas sans danger. Elle n'est pas non plus universelle, car seule une minorité sera toujours intéressée à communiquer. Mais elle est différente des précédentes et c'est elle, je crois, qui donne ce sentiment que nous passons à autre chose aujourd'hui, à une version 2.0 du web... ou à Internet 6.0.

(post-scriptum : Yulbiz.tv a un interview où je parle des 6 cultures)

--- Références ---

#1 Robert B. Reich, (site personnel, bio, blog) The Work of Nations, Preparing Ourselves for 21St-Century Capitalism, Knopf 1991.
pour la notion d'opérateur de symboles

#2 Manuel Castells, (bio) La galaxie Internet, Fayard 2002.
pour les cultures 2 à 5.

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Maintenant sur petit écran

Depuis quelques jours j'ai ajouté mon flux web à Hubdog, un aggréagateur de fils rss pour unités mobiles (appelés "portables" en France, "cellulaires" en Amérique du Nord et "Handy" en Allemagne). "Unité mobile" a l'avantage d'être un nom prêt à l'intégration prochaine des lecteurs mp3, de la téléphonie mobile et des jeux vidéos portables.

Windows Mobile Edition with Hubdog for Pocket PC & SmartPhone

On peut avoir une idée de ce que mon blog donne sur le petit écran. J'imagine très bien un jeune, après une scéance intensive de skate, mettre sa casquette dans l'autre sens, s'étendre sur une marche, un iPod shuffle aux tympans, surfer avec enthousiasme mon blog Zéro Seconde sur son écran unité mobile avec à peu près zéro centimètre carré. ;-)

"Martin, me réponds Andres Restrepo de chez Hubdog, le scepticisme est une attitude répandue face aux nouveaux médias... Ne vous en faites pas on en sait quelque chose la dessus!"

J'évoquais récemment que les jeunes consommaient volontier plus d'un média à la fois, mais je ne me voyais pas particulièrement comme un ingrédient de leur diète.

Mais c'est qu'il n'y a pas que les jeunes qui utilisent le téléphone portable.

"Hubdog veut amener du contenu optimisé vers un type d’audience mobile présentement mal desservie en termes d'offre de contenu: soit les utilisateurs d’unités Windows Mobile (très populaires auprès des hommes d’affaires et des jeunes professionnels). Nos canaux sont aussi compatibles avec n'importe quel type de reader RSS desktop: Bloglines, Newsgator…" ajoute Andres.

Bien sûr, je vais aussi côtoyer du contenu optimisé pour ces gens d'affaires comme ceux de Devil's Film, des previews coquins plutôt hard -channel 18295 pour les curieux- qui aggrémentera leurs voyages en longs courriers. Mais évidemment grâce à Zéro Seconde, c'est pour le texte que l'on est abonné ;-)

La lecture sur unité mobile n'est pas spécialement ma spécialité, je ne crois pas que mon écriture est particulièrement adapté pour le petit écran, mais si je peux donner de l'espoir aux gens d'ici (Hugdog est une firme québécoise) qu'il y a du contenu riche sur les ondes, je serai bien content... ;-)

Se faire plutonner

"Ladies and Gentlemen, Pluto has left the system". L'annonce de l'Union astronomique internationale a fait le tour du monde, et Pluton est retourné d'où il venait : la ceinture de Kuiper! Heureusement la déclassification, basée sur des critères scientifiques,est impartiale. Comme les engins de recherche. Vraiment?

PlutonDieux du ciel! Dire qu'à un moment donné la semaine dernière, non seulement Pluton a failli rester dans la liste des planètes du système solaire, mais en plus, trois autres plutons auraient été rajoutés, et même jusqu'à une douzaine d'autres plutons auraient pu être rajoutés ! Voyez-vous ça, plus de plutons que de planètes! C'est notre représentation du monde qui change!

Quand nous consultons une page d'un engin de recherche, nous ne disposons pas seulement d'une page de résultats provenant d'un savant croisement combinatoire algorithmique, mais d'une représentation du monde dont la neutralité n'est pas démontrée. Derrière la liste se cachent des principes implicites de classification du savoir et d'organisation de la connaissance. L'exemple de Pluton vient nous le rappeller.

Définition à géométrie variable
Il fallait suivre le fil des nouvelles au cours du dernier mois pour voir comment la "définition" de "planète" a variée pour inclure ou non le pauvre caillou qui se voulait planète. À un moment donné, seul le critère de rondeur planétaire était évoqué. Pluton resterait alors un planète. Malheureusement, une autre planète se rajoutait aussi dans la chaîne d'astéroïdes entre Mars et Jupiter. Ainsi que plusieurs autres candidats qui attendaient dans l'ombre de la ceinture de Kuiper, ce périphérique bourré de cailloux aux confins de notre système.

Il faut l'admettre, la Science n'est pas "objective" quand elle classe les objets. Elle applique un critère subjectif pour faire entrer les objets dans leur classe. Comme de la même façon qu'une carte n'est pas le territoire, une classe est un algorithme intersubjectif pour contenir des caractéristiques considérées comme importantes.

Rien nous empêche de créer une classe d'objet qui contient un pingouin, une feuille de thé, le mot "aimer", la sensation de la brise à l'automne, un poëlon brulé, le refus, la quantité de pois dans un boîte de conserve et un rideau rouge et or. Son utilité serait peut-être limitée.

Critères, critères
Les planètes auraient pu avoir comme critère canonique d'être les planètes nommées comme telles au moment du vote. Pluton aurait alors conservé sa place. Mais Xérès, un corps plus gros que Pluton, qui flotte encore plus loin, n'aurait pas été admis.

Pluton, de façon flagrante, n'est pas comme les autres. Plus petite que la Lune, pleine de glace, une orbite excentrique inclinée hors du plan qui la fait croisée celle de Neptune, elle mets plus de deux siècles à faire le tour de notre étoile.

Ce qui s'est passé à Pragues, ce n'est pas que Pluton a été éjecté du système suite a un critère objectif, c'est que l'on a cherché à tout prix une définition dont la conclusion impliquait soit le retrait ou l'inclusion de Pluton. La définition, l'algorithme si vous voulez, a été conçu en ayant en tête le cas de Pluton.

C'est parce qu'il y avait une majorité d'astronomes qui était contre la présence de Pluton que la définition a été changée afin qu'elle provoque son retrait de la liste.

Un nouveau verbe : se faire plutonner
Choisir un algorithme de définition de ce qui entre dans le résultat n'est pas anodin. Il exclut ou inclut des "objets", il n'est pas neutre. Bien sûr, vouloir catégoriser la complexité de la nature dans des listes n'est pas facile : ma liste ci-dessus ne manque pas de charme mais n'est pas très opérationnelle.

Mais comme les engins de recherche, c'est en fonction du but "opérationnel" que les algorithmes sont développés. Ils ne sont pas neutre. Ils déclassent aussi des "plutons" d'information. Il y a plein de sites web qui se font ainsi "plutonner"...

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Lire aussi sur mon blog: C'est l'algorithme qui décide! et Rechercher, rechercher, il restera toujours quelque chose à trouver.

Lire sur Figaro.fr : La situation devenait absurde et Un petit corps froid et excentrique

Lire sur Libé : Sans Pluton, est-ce que le zodiaque tombe à l'eau?

Lire sur Wikipedia : l'entrée sur Pluton

« Révolte du pronétariat » en ligne

Bravo pour l'initiative! Six mois environ après sa publication, le livre « la révolte du pronétariat, des mass media aux media des masses » vient d’être mis en ligne sous licence « Creative Commons » avec l’autorisation de l’éditeur Fayard, le livre intégral en versions html, pdf, mp3 (110Mo), xml et pour Itunes.

la révolte du pronétariat, des mass media aux media des masses Joël De Rosnay et Carlo Revelli appliquent ce qu’ils préconisent : "la mise à disposition gratuite au plus grand nombre d’un ouvrage de référence sur la révolution du Web et la prise de pouvoir des pronétaires dans de nombreux domaines culturels, économiques, médiatiques, politiques ou scientifiques." (source Le blog de la révolte du pronétariat)

Les auteurs sont aussi derrière le portail de nouvelles citoyennes agoravox.fr. Ils ajoutent que "tout ceci constitue une première dans l’édition française et même internationale."

Un cas unique?
Mais est-ce vraiment "une première dans l’édition internationale" si Being Digital de Negroponte l'avait fait auparavant (source, leur livre, p.59) ? Wired magazine publie systématiquement ses articles intégraux depuis la mi-90. The ClueTrain Manifesto en 2000 est un autre exemple. We the media, aussi

Je ne trompe sûrement pas en estimant que certains écrivains ou maisons d'éditions obscures ont dû aussi les devancer aussi sur ce terrain, mais qu'un éditeur et un auteur reconnus fassent un si beau travail c'est tout de même digne de mention. L'offre combinée est très bien fait. C'est une belle initiative

Logique économique 404?
Mais je dois aussi préciser que l'offre vient des auteurs et non de l'éditeur (Fayard), car ce dernier n'offre pas le lien vers les copies en ligne. J'ai l'impression que l'éditeur reste imperméable au contenu du livre en question et je reste persuadé qu'il y aura beaucoup d'eau qui coulera sous les ponts avant qu'un éditeur se fasse concurrence à lui-même volontairement de cette façon. Après tout, son modèle d'affaire est de vendre du papier. La logique commerciale est sauve.

Mais alors à qui profite ce geste? Premièrement aux internautes (les" pronétaires"). Mais alors où se trouve la logique commerciale? Le livre de Negroponte a connu un rebond formidable après sa "publication" sur Internet. Je cite les auteurs, page 60. Serait-ce le cas, ici? Pourquoi pas? et tant mieux!

Publish or publish (online)
Mais alors c'est que le succès commerciale d'une telle initiative ne marche que dans des cas bien précis:

1. L'initiative provoque du bruit médiatique qui engendre la notoriété du livre papier auprès de
(a) ceux qui n'ont pas accès à Internet,
(b) ceux qui ne trouvent pas le lien sur Internet,
(c) ceux qui préfère le format "livre".

2. L'initiative provoque du bruit médiatique basé sur la nouveauté (donner accès au téléchargement gratuit) qui engendre aussi la notoriété du livre auprès de ces mêmes gens; mais alors la nouveauté s'estompera si la technique est répétée systématiquement :
soit (a) il n'y aura pas d'engendrement de notoriété,
soit (b) le public attendra systématiquement aussi la version en ligne gratuite en nuisant aux ventes papier...

Mutations loin devant
Il y a bien une mutation en cours dans le monde de l'édition . Mais elle est encore très mineure. Je ferais le pari que c'est pcq la vraie édition en ligne n'est pas encore là : télécharger sur le web fera allure de comportement de cro-magnon d'ici peu.

Faites apparaître les eBook Reader sur papier digital, ou les radio-podcast wifi et si le téléchargement d'un livre (et sa lecture) se fait aussi facilement que de télécharger un mp3 et l'écouter sur son baladeur, je suis sûr que cela refroidira l'ardeur des auteurs et des éditeurs (du moins si leur but est de faire de l'argent avec le livre).

Il faut regarder du côté des musiciens et leurs stratégies web pour avoir une idée de la façon dont le monde de l'édition va réagir à la mutation. Intéressant à suivre...

Les favoris de Stratégies

Hé bien, me voilà "favoris" chez Stratégies.fr

La rédaction de Stratégies publie, une fois par semaine, dans sa rubrique "favoris" une sélection des meilleurs blogs.



J'y suis donc cette semaine, quelques mois après mon collègue Phillipe de N'Ayez Pas Peur. Ça fait plaisir!

Allez faire un tour, il y a vraiment une sélection de bons blogs!

Mouvement de marée informationnelle

J'évoquais justement ce matin la différence entre lire des journaux papier et sur le web.

Voilà que je lis dans le New York Times d'aujourd'hui (papier) (et voici le lien web) que le magazine Time planifie de déménager sa sortie hebdo du lundi au vendredi.

En anglais, on dirait "from week days to week end". Pourquoi? pour attirer plus de lecteurs! Je crois qu'il y a là un signal à décoder

Territoires occupées
Internet offre une concurrence indéniable aux publications traditionnelles papier. Le retrait du Time indique que le territoire de la semaine pour s'alimenter en nouvelles semble appartenir de plus en plus au web et la fin de semaine, aux journaux/revues.

L'écran se fréquente volontier durant la semaine de travail, mais, comme pour les vacances, on préfère un autre média pour s'alimenter en dehors des heures de travail.

C'est comme un mouvement de marée. La semaine, on serait en mode "pull" (tirer l'information) et le weekend en mode "push" (pousser l'information).

À ce jeu, les sites webs auraient la cote la semaine, durant les heures ouvrables, et les médias traditionnels le reste du temps, (comme si on se "se reposait"...). D'où le geste du Time de déménager sa sortie pour profiter de "l'effet de marée".

Le sens par la mise en page
Ce matin je disais que la mise en page créait du sens. Marc-André, dans un commentaire, ajoutait que le journal Le Devoir, sur son site web, offrait les articles à égalité. Ce qui enlève une grande part de l'intérêt du site. À ce compte, Google News (ou tout agrégateur de nouvelles) offre plus et mieux.

En fait, aussi limité que soit le journal papier, on peut toujours dire qu'il crée davantage de sens que les nouvelles sur le web (1) par ce qui est publié, (2) par l'endroit où la nouvelle est placée, et (3) ce qu'ils ne publient pas. Souvent ce qui n'est pas publié en dit davantage!

Filtre/non filtre
Sur le web, il n'y a que le point 1. Objectivement, Paris Hilton ou Ehoud Olmert ont le même "poids". Seul la culture de l'usager peut filtrer la différence.

La semaine, c'est le "travail" que fait l'usager: filtrer l'information. Mais le weekend, il se met en congé, et comme en vacances, il se mets à lire sur les bons vieux médias, qui lui "pousse" ce qui a de l'intérêt.

En partie pour se "reposer" de d'être un filtre, mais aussi pour "apprendre" à savoir trier la semaine suivante...

L'actualité en vacances

Il y a quelque chose de comique cet été.

Les journalistes traditionnels, durant leur vacances, ont abandonné toute lecture de journaux ou de revues pour aller se reposer loin du brouhaha. Ils ont évidemment suivi l'actualité à distance grâce à Internet.

Les bloggeurs et autres geeks de la communication réseau, durant leur vacances, ont abandonné toute lecture de leur agrégateur ou de signets web pour aller se reposer loin du tourbillon. Ils ont évidemment suivi l'actualité à distance grâce aux journaux papier.

Et ils reviennent tous mainenant de vacances.

Et chacun découvre que, pour l'un la mise en page sur papier est en soi une information qui permet de trier, filter, rendre séduisant une information afin de donner sens à l'actualité, et pour l'autre les liens, les références, le hasard mettent en perspective une autre vision de ce flot sans fin de l'actualité.

Il y a quelques choses de rassurant dans la mise en page papier qu'aucune page web ne réussit à rendre : l'hierarchie des informations "légitimes".

Le web n'offre jamais aucune perspective d'ensemble : il n'y a pas de fin, pas de début, pas d'ordre. Il n'existe pas de nouvelles "non publiées", que des nouvelles encore "non-lues". Rien n'a nécessairement plus de "légitimité"...

Le journal, par sa limitation, offre une valeur intrinsèque à la nouvelle publiée. Sa mise en page, (et la place dans le cahier) est elle-même le sens. Alors que sur le web, ce sont les liens qui donnent le sens.

On ne peut pas lire le site web d'un journal et prétendre que c'est la même chose que de lire l'édition du jour...

Chacun revient de vacances et retrouve son véhicule préféré pour s'informer. Peut-être ont-ils compris un peu plus ce que l'autre monde apporte de différent?...

Leçon numéro 1

Ne jamais laissez votre petite fille de 2 ans et demi s'approcher de votre clavier quand vous faites une modification à la template de votre blog!

Elle m'a pianoté ça si subitement que tout la moitié inférieure de mon modèle a été remplacée par quelques caractères ascii aléatoires... Évidemment, j'ai sauvegardé sans m'en rendre compte. Et je n'avais pas de backup. Bonjour le code ce matin.

Mais avec sa petite frimousse qui vous offre un si beau sourire, il est impossible de lui en vouloir...

Tout devrait être revenu dans l'ordre, maintenant. Sinon faites m'en part ...

Teen Teen, Boring Boring

Un sondage réalisé aux États-Unis d'Amérique révèle que les adolescents et les jeunes adultes s'ennuient. Malgré la multiplication des médias, l'omniprésence d'Internet et des loisirs électroniques.

Plus de la moitié des jeunes consomment plusieurs médias à la fois ( clavardage, tv, podcast, etc). Le quart de leur temps est consacré au minimum à deux médias. .

Pourquoi ? "Parce qu'il est ennuyeux de ne faire qu'une seule chose à la fois".
(Source Le Monde d'hier)

L'ennui au cube
Mais les jeunes s'ennuient, quand même. Et comme le fait remarquer Jean-Michel Dumay, "le multitasking a des allures, pour certains, de fuite en avant."
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"On voit d'ici, pour les pédagogues, les arguments susceptibles de nourrir la nouvelle querelle de modernes et d'anciens. Les premiers miseront sur la spontanéité et la créativité d'une jeunesse zappante et curieuse, intuitive et visuelle. Les seconds déploreront la disparition de la constance et de l'effort, la dispersion de l'attention, la perte de concentration, de temps, de productivité et l'accroissement de la fatigue engendrée par cette quête d'échappement à l'ennui. Bref, l'absence d'approfondissement soutenant la réflexion."
Jean-Michel Dumay. Le Monde, source
Here we are now - Entertain us!
Effectivement, puisque le multitasking -qui comporte tout de même de sérieux travers (lire Los Angeles Times et EurekAlert )- n'est pas le panacé pour apprendre, les jeunes ne peuvent espérer voir leur soif de curiosité être comblée de la même façon que l'on se distrait.

Ce qui fait dire à François Guité :"Dans ces circonstances, les enseignants n’ont guère d’autre choix que de montrer aux élèves comment composer avec plusieurs tâches de façon efficace, mais surtout à quel moment il faut éviter le multitasking pour se concentrer sur une seule tâche." Source Guitef

Mais vont-ils davantage aimer à apprendre ?

Ô vie terne et merveilleuse
Ils s'ennuient de toute façon? Mais n'est ce pas leur karma, l'ennui?

Voyez ce video qui fait fureur: 1 million de hits depuis février dernier. Le sujet? deux frères qui s'ennuient en jouant à la bataille naval. Et qui génèrent des "tributes", des vidéos-hommages, en l'honneur du clip. [PS : si vous n'êtes pas impressionné, celui-ci, du même groupe, a eu 15 millions de visionnements]

Smosh, c'est le nom qu'ils se sont donné, se spécialise dans ce genre de vidéo où l'ennui génère une bouffonnerie morbide ou d'absurde historiette. N'oubliez pas de visiter le store pour avoir votre T-Shirt.

Nul besoin de porter un jugement sur ce nouvel art (vidéo) naïf. Il plait. Point. Dans le cas de Smosh, ce sont des karaoké-clips, ni plus, ni moins. [PS: et si vous pensez que c'est seulement au US et nulle part ailleurs, voici de charmants petits québécois].

Mais il faut admettre que ces histoires sont conçues pour une clientèle qui, manifestement, surfe sur deux ou trois médias à la fois avec une attention span sérieusement réduite.

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ps: mon titre fait référence à Ren & Stimpy et leur fameux Joy Joy Happy Happy. Comme quoi, les 'vieux' doivent se rappeler aussi leur 'folle jeunesse'...

Le YouTube des jeux Xbox

Microsoft annonce une version grand public de leur outil professionnel de création de titre de jeu vidéo pour la Xbox 360, le XNA Game Studio Expres, à partir de la fin août 2006.

XNA logoVous avez une bonne idée, du temps et du talent? Les games designers en herbe dans leurs sous-sols pourront maintenant aller à l'assaut du gigantesque marché du jeux vidéos. Le crowdsourcing va révolutionner l'industrie.

Peter Moore, (de Microsoft): "It's our first step of creating a YouTube for videogames.(...) If it enables people to put ideas into practice then it could also be a good gateway into the professional industry." (Source BBC).

Ça donne aussi un avantage concurrentiel face aux autres plateformes de jeux : l'industrie pourra ensuite se servir parmi cette masse de designers qui sauront se démarquer (et s'autoformer) à bon coût.

Limite de l'expansion maximale de la blogosphere

Qui aime les blogues n'est pas inquiet pour la blogosphère. Concernant la pérennité de ce que nous créons, Google et les autres sont là pour en conserver le souvenir dans leur cache. Les blogs se résumeraient à une mode, si on persiste à y voir un tsunami qui renverse l'ordre établi. Ceux qui crachent sur ce canal de communication (mais qui oserait agir ainsi aujourd'hui?) n'y voit qu'une fièvre passagère. Demi-vérité.

Mesurer la blogosphereEst-ce que la blogosphère va continuer à grossir? Oui. Mais à moyen terme elle fera le plein d'adeptes. La vague actuelle est sans précédent car, sur toutes les tranches d'âge, elle fait actuellement mouche. D'un coup la pyramide complète d'âge est exposée au bas coût d'entrée dans la blogosphère. La portée sera donc maximale.

Épuisement naturelle
L'engouement saturera bientôt chaque tranche d'âge. Et la tendance s'inversera. Si chaque blogue peut être démarré facilement, on ne peut pas en dire autant de sa maintenance. Il y aura donc inévitablement un recul. Quand tous auront été exposés à la possibilité de démarrer un blog, ou pas, il n'y aura plus réellement de nouveaux convertis, que des défroqués, ces blogueurs qui ont terminé ce qu'ils ont à dire...

Les relèves
Les seules tranches d'âge où on pourra voir une croissance se trouveront aux deux extrémités. Chaque nouvelle génération montante se frottera au blog (ou une variante connexe d'expression sur le réseau), mais cette fois-là, ce ne sera plus comme appropriation révolutionnaire, mais bien comme continuation d'un acte traditionnel : le modèle ne sera plus leur collègues de banc d'école, mais bien l'émulation d'une aristocratie d'écrivains auto-publiés âgés et expérimentés. En clair, ils vont faire comme les 'vieux'. Comme pour le journal de l'école ou la radio étudiante.

À l'autre extrême, la mise à la retraite verra l'occupation du temps libre de certains à la promulgation d'idée, de ressentiments, de commentaires, d'opinions trop longtemps retenus. On pourra voir l'apparition de blogeurs qui occupent leur retraite à écrire comme d'autres voyagent ou cultivent leur jardins.

Mais dans tout les cas, ce ne sera qu'une augmentation résiduelle qui maintiendra la population blogosphèrique sans jamais recréer l'inflation que l'on observe ces années-ci.

Une nouvelle pièce à l'édifice médiatique
La blogosphère aura réussie son atterrissage en douceur dans le paysage médiatique comme un "pool" de "commentaires des lecteurs" ou comme "voix citoyenne" dans l'espace publique.

Le paradigme existait déjà : il s'agit de lire il y a 20 ans le courrier des lecteurs ou les lignes ouvertes à la radio pour comprendre que certains passaient beaucoup de temps à parasiter les médias. Aujourd'hui, la différence, c'est que cette communauté a son propre canal pour s'exprimer...

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