ZEROSECONDE.COM (par Martin Lessard)

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Impacts du numérique sur la communication, notre société, nos vies.

Péché originel des réseaux sociaux numériques

«Les merveilles des réseaux sociaux en ligne»
Harold's Planet: The wonder of online social networking

Cette image que j'ai extraite d'une caricature très british de Harold's World s'intitule «the Wonder of Online Social Networking» et circule sur internet (Via @Samia_Ghozlane, Via Henri Kaufman).

L'humour fait sourire. Pourquoi? pcq au fond, on se sent qu'il touche une corde sensible. Ou plutôt, qu'il touche un cliché: le net isole au point que l'on ne prend plus le temps de se lever et de rencontrer notre "friend" à côté. Comme une culpabilité originelle. Pourtant l'amitié en ligne n'est pas nécessairement moins sincère. Pourtant un réseautage numérique bien fait mène à plus de rencontres réelles.

Cercle
Le réseau, on le sait depuis le début, rapproche davantage ceux qui sont proches que ceux qui sont loin : on envoie davantage de courriels à des gens qui sont finalement à moins de 100KM de chez soi (rappelez-vous la promesse de «vous connecter avec le bout du monde». Les réseaux sociaux, Facebook notamment, ont permis plus de retrouvailles entre amis que tout autre autre invention de l'Homme: combien de connaissances avez-vous "retrouvés" depuis l'avènement du web (ou du web 2.0)?

Carré
Le cliché persiste tout de même. Les «merveilles des réseaux sociaux en ligne» isolent les individus, atrophient l'espace sociale, coupent les communications "naturelles".

C'est tout l'inverse. Cet outil, bien utilisé, permet même d'augmenter le suivi de son cercle de connaissance au-delà de ce qui était habituel auparavant. J'écrivais hier que l'on devrait traduire «follow» par «accompagner». Les réseaux sociaux ne fabriquent pas ex-nihilo nos amis. Il permet seulement d'inclure dans le cercle des suivis, nos «friends» et nos «followers» qui sont des »compagnons» sur la route de notre vie. La possibilité est offerte. On l'accepte ou pas.

Point
Au fond, ce qui était pris comme un ridicule de situation dans la caricature n'est qu'un constat de vérité. Il n'y a que ceux qui ne l'acceptent pas qui peuvent faire vibrer la corde sensible de la culpabilité chez ceux qui l'acceptent. Il est temps de s'affranchir de ce «péché original»...
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À lire aussi:
Facebook: connecting you to your screen
Pour ou contre Facebook?

Le point avant basculement

De nombreux bruissements me disent que le présent cycle démarré avec Facebook et Twitter arrive à son apogée et qu'une transmutation est en cours. Dans quelques jours devraient sortir les premières invitations de Google Wave. Faisons le point sur le monde avant le basculement.

Google WaveOn dirait qu'on oublie vite comment "c'était avant". "Avant", sur le web, ça veut dire deux ou trois ans. Google Wave s'en vient et je me propose de me faire une petite note sur ce quelques réflexions sur Twitter, pour mémoire. Et se rappeler ce que l'on disait avant cette "vague" qui s'en vient.

Longtemps, je me suis logué de bonne heure
On ouvre Twitter la première fois : on ne comprend rien. En fait, le site web de Twitter n'est pas l'outil qu'il faut utiliser. Du moins pas si on possède plus que quelques dizaines de personnes à suivre. Il faut aller sur un "client Twitter" comme Twirl, Seesmic, Nambu ou Tweetdeck. Au-delà d'un certain nombre de personnes, il faut arriver à segmenter par panneau ou dossier. Et même là, on ne fait que diminuer que faiblement l'impression de flot.

On n'utilise pas Twitter, on s'y noit.

Apprendre à nager devient donc essentiel. Et les bouées sont les gens que l'on veut suivre. 40 % des gazouillis sont inutiles? Mais honnis soit qui mal follow!! Tendez l'oreille dans la rue et vous aurez ce même ratio. Et pourtant, normalement, vous devriez êtes concentré sur la personne qui vous accompagne. "Follow" devrait être traduit en français par "accompagner". Vous écoutez ceux qui vous accompagnent.

Et quand vous êtes bien entouré, l'outil devient intéressant.

Twitter n'a d'autre valeur que votre réseau qui vous accompagne. Ils sont tous sur Facebook? Allez-y. Ils sont à la Chambre de commerce? restez-y. Twitter n'est pas pour tout le monde. Il y a une diversité d'outil pour tous les goûts.

Twitter vaut bien une messe
Olivier Ertzscheid a développé cet été un excellent billet sur Twitter L'hiératique contre le hiérarchique : Sur Twitter, l'information est brute. Les industries de l'information ont pour métier d'y mettre de l'ordre, or, Twitter, fait tout l'inverse: «pas d'éditorialisation, pas de "niveau supérieur" de l'information. Donc, Twitter est littéralement illisible. ». Vous vous sentez soulagé?

C'est grâce au filtrage collaboratif que le sens émerge de Twitter: on "RT", on cite "@", on "#" et on "bit.ly" et . Perdu? Bien sûr! C'est que, souligne Olivier Ertzscheid, le manque d'espace (limité à 140 caractères) force l'émergence de ces hiéroglyphes. Ce n'est pas tout.

« [C]e qui est le plus intéressant dans Twitter, ce sont les stratégies qu'il met en place pour gérer l'infobésité accrue par le temps réel sur lequel il s'efforce de se caler, et ce sans jamais faire appel à de classiques techniques de hiérarchisation, mais en préférant faire appel à des stratégies visuelles, cognitives et scripturales d'évitement, de substitution.»

Blog sans microblog n'est que ruine de l'âme
À peu près au même moment, Fred Cavazza proposa sur son blogue : comment le microblog a bouleversé les pratiques de blog : Twitter et Facebook ont supplanté le blogue comme support de prédilection pour de l’information chaude. L'écologie du système se diversifiant, il est normal que l'on voie un repositionnement des outils en place. Y compris dans l'écosystème plus large incluant les mass-media.

Il m'apparaît que nous sommes à la veille d'un changement similaire avec l'arrivée de Google Waves. Fred Cavazza résume en une formule le nouvel outil : Google Wave = Email + IM + Wiki + Mashup

Google Wave est à la fois un outil de collaboration, de discussion de document et une plateforme ouverte et extensible. En temps réel. Un (long) document vidéo circule, expliquant le nouvel outil; vous pouvez le voir en cliquant ici. (PS: voici un court)

Actuellement, je dois entrer dans Tweetdeck ou Nambu pour lire les gazouillis de mes contacts, et retourner sur le web pour Facebook. Et ouvrir Mail pour mon courriel. Puis Skype sur mon bureau. Et je n'ai pas encore géré mes SMS et mon Del.icio.us, ni mon compte linkedin ou Flickr...

Je suis le soldat qui tombe devant l'ennemi, écrasé par le poids ses propres armes. Serais-je soulevé par la "vague"?

Relisons-nous dans un an et voyons si la situation a évolué...
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Autre billets sur twitter:
la sérendipité des discussions de couloirs numériques
Parler pour ne rien dire: 40% des gazouillis sur l'outil de micro-bloggage Twitter serait du bavardage futile
Virilio et la peur de l'immédiat « L'immédiateté est le contraire de l'information » (Paul Virilio)
Rupture ou continuité?
un 14 juillet 1789 sur Twitter
Le JT de 140 caractères
Twitter entre dans l'armement stratégique américain
Une révolution 140 caractères à la fois On n'est plus spectateurs de l'événement, on y "participe".
La demi-vie de twitter
Ecosysteme de l'information

L'avenir de la musique à travers les applications Iphone

Voilà un billet (qui est de la musique à mes oreilles) que nous propose ReadWriteWeb France: Oubliez les iTunes LP, l’avenir est à l’application iPhone. Le format musical de l'avenir n’est plus l’album, mais l’application.

LP vs iPhoneSarah Perez et Guillaume Galuz expliquent comment iTunes LP, lancé récemment et qui propose un nouveau format "d’album digital", réplique l’expérience d’achat d’un album, avec paroles, notes de livret, illustrations, photos, etc. «Le seul problème est que ce format supposé interactif est en réalité tout sauf interactif.» Destiné à redresser les ventes de disques cet effort «serait bien mal inspiré» car «il essaie désespérément de forcer la porte du nouveau paradigme digital avec un modèle économique largement obsolète.»

Laissez tomber les albums, achetez une application
Certains artistes commencent à mettre au point des choses qui ne ressemblent en rien à un «album». Une application iPhone, «l'outil idéal qui permet aux fans d’interagir avec du contenu produit par ses artistes préférés». Perez et Galuz citent plusieurs applications d'artistes qui offrent la possibilité d’interagir avec d’autres fans, de partager de photos, d’écouter des morceaux et des playlists exclusives, de remixer des morceaux et pleins d'autres voies de traverse. (lire l'article)

Feu l'album?
Je le pense aussi, en voyant la montée fulgurante du iPhone en 2008, que les artistes devraient vendre des applications, et non pas des disques, s'ils veulent réellement contrôler leurs redevances numériques. Surtout les artistes qui ont certaines affinités avec la technologie (ce qui n'est pas gagné).

On ne se le cachera pas, le mobile possède un avantage immense comparé au web fixe. Les Telcos possèdent un guichet payant qui manque cruellement sur Internet (qui n'a jamais été pensé pour être une plateforme de micro-paiement).

L'album ne tirera pas sa révérence de sitôt. Mais au fur et à mesure que les générations montantes s'initieront au maelström de flux qu'est Internet, la notion d'avoir un objet fixe, surtout numérique, se marginalisera davantage. Le LP a sa place à côté de la Playlist, mais il me semblera se cristalliser comme objet de collection plutôt qu' objet de consommation de masse comme jadis...

Meilleures sites québécois 2009

Voici la liste des gagnants des prix jumeaux, version épurée par Sylvain Carle, à partir du site officiel des prix Gémeaux, le "24e gala québécois de la télévision, d'internet et des nouveaux médias*

  • Les Appendices Meilleur site Web pour une émission ou série : dramatique, humour, variétés ou animation: Marie Brissette (Productions Marie Brissette), Nadine Dufour, Julie Duhaime (Télé-Québec)
  • D’Est en Ouest Meilleur site Web pour une émission ou série : affaires publiques, documentaire, magazine ou sport: François Veillette, Pierre Blais – (Trinôme)
  • Tactik Meilleur site Web pour une émission ou série : jeunesse: Francine Forest, Jean-Pierre Morin, Nicholas Vachon (Vivavision), Marc Beaudet, Christiane Asselin (Turbulent)
  • Têtes à claques – Saison 3 – Meilleure émission ou série originale produite pour les nouveaux médias : dramatique, humour, variétés ou animation: Michel Beaudet (Salambo Productions)
  • Le tapis rose de Catherine Meilleure émission ou série originale produite pour les nouveaux médias : affaires publiques, documentaire, magazine ou sport: – Catherine Beauchamp (Les Productions Rose Nanan)
* On pourrait sauter de joie en se fiant à liste de médias et penser qu'internet et les nouveaux médias ont une part égale, mais c'est le premier mot qui compte le plus dans ce gala: télévision. La liste ci-haut le démontre bien.

On remarque que ce gala cherche, avec raison, à étendre son emprise culturelle à d'autres support. Mais j'ai l'impression que jamais on pourra "englober internet et les nouveaux médias". Un jour il faudra non plus parler de support mais de vecteur: le gala des artistes ou des scénaristes ou des producteurs de contenus culturels, de divertissements médiatiques, etc...

Bon voyage Renée

La nouvelle a déchiré mes fils web. Comme une tenaille qui te saisit brusquement le coeur. Puis cette sensation d'incrédulité fragile qui frénétiquement te pousse à emprunter la lignée de liens de plus en plus vite vers la page fatale. Et là, Twitter s'emballe. Tout déboule de partout. Confirmant l'impensable. La recherche est terminée. Renée Wathelet a réellement été assassinée.

RIP Renée Wathelet

Lanchero asesina a una turista en Isla Mujeres

On venait de tailler un portrait d'elle, deux jours auparavant, à la mesure des rêves qu'elle générait.
Une Québécoise à Isla Mujeres: adopter une île

Et hier, son dernier billet sur son blogue, pour nous montrer comment elle aimait ce qu'offre la vie.
Tranche de vie (6) – Des pas sur le sable, au petit matin

RIP Renée Wathelet: ses derniers pas sur terre, la veille de sa mort
La mort a réussi à nous arracher Renée, notre blogueuse nomade. Twitter ne gazouillera plus en direct des îles. Comme le dit Vallier Lapierre, «on va tout faire pour prolonger tes «pas sur le sable au petit matin».

Longtemps je voyais apparaître son visage, au sourire de Joconde, dans les stats de visites de mon blogue. Et à intervalles réguliers, sa présence venait mettre de la vie lors de nos rencontres Yulbiz. Elle me fascinait avec son étonnante vie à cheval entre la bruyante ville nordique (Montréal) et les lointaines îles du Sud (au large de Cancún, Mexique). Elle aimait les vagues d'un côté et les murmures de la cité de l'autre. Le meilleur des deux mondes. En alternance, 6 mois. L'art de vivre du nomade numérique.

Sa porte était grande ouverte et elle m'invitait à aller la voir un jour. Trop tard. Elle est dans un autre monde maintenant. Par contre, cette fois-ci, je sais qu'éventuellement, un jour, j'irai la rejoindre. En attendant, j'attends qu'elle ouvre @endirectduparadis. Bon voyage, Renée.

«La vie est la conservation du possible» (Paul Valery)
Galerie de photos "en direct des îles"

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PS
(Guy, fils de Renée) «Du a l’ampleur médiatique que semble prendre ce triste évènement nous demandons au médias de bien respecter notre deuil. Pour les autres, tout commentaires, pensé etc. sont bienvenus à l’adresse suivante: enmemoirederenee@gmail.com. Un service commémoratif sera organisé à notre retour du Mexique» (date à préciser).

Le crowdsourcing : dompter la folie des foules

«Le crowdsourcing qu'est-ce que c'est?» C'était la question que l'animateur Benoit Cantin, ce matin, me posait au téléphone, en direct de la radio de Radio-Canada à Toronto. Hésitation. Quand on cause "crowdsourcing" à une émission grand public, le matin, avant 09h00, on sent que l'on vient de traverser quelque chose.

Photo: lifeLe mot lui-même, rappelons-le, serait un terme inventé par Jeff Howe dans le Wired de juin 2006 . Il combine l'anglais Outsourcing (sous-traitance à l’externe) et Crowd (foule) pour donner Crowdsourcing, sous-traitance à “la foule”.

Autrement dit, c'est l’externalisation de ressources humaines (ou plutôt de l'acquisition de connaissance) qui permet de puiser hors de l'entreprise dans un ensemble des talents disséminés, dans cette longue traîne des talents (Pisani), une “sagesse des foules” ( Surowiecki ) qui saurait répondre à un besoin interne.

Bon, dit comme ça, peut-être que plusieurs auditeurs se sont étouffés avec leur gorgée de café. Il faut savoir ce que l'on veut. Il faut appeler un chat un chat, quoi. On me pose une question, je réponds.

Crowdsourcing goes public
Le crowdsourcing me semblait jusqu'à ce matin relever plutôt d'un concept pointu rattaché à la niche de la haute technologie et du multimédia web. Le mot, pas particulièrement beau, propose malgré tout une vision alternative de ce qu'est la "foule".

Tout démarre d'un constat : dans certaines circonstances le choix de groupe, en général, se révélerait meilleur, en moyenne, que celui d'un seul individu en tout temps, même spécialiste. Clay Shirky, dans Here comes everybody, raconte avec moults exemples dans quel type de secteur le choix de groupe est plus prolifique. Il n'est nullement question ici de laisser la foule bâtir à coup de vote et de SMS une fusée interplanétaire.

L'antinuit de crystal
On associe souvent la foule à des excès. On ne connaît souvent de la foule que par son côté instrumentalisé: que ce soit des gouvernements autoritaires (pensons aux atrocités qui précédaient la seconde guerre mondiale) ou les médias avides de cotes d'écoute (où elle instrumentalise la foule pour faire émerger la futilité lors de spectacles de télé-réalités.

Dans ces conditions, il est normal alors de ressentir une peur viscérale à toute prétention de faire appel à une quelconque intelligence de la foule.

Le futur pluriel
Ce que j'ai ressenti ce matin, c'est ce passage du négatif au positif. Le crowdsourcing deviendrait un "lieu commun" dans la moulinette des médias. La foule ne possède plus seulement l'aura de folie collective (n'a-t-on pas dit que le quotient intellectuel de la foule est inférieur à la somme de ses composantes?), mais offre dans certaines conditions des fruits autrefois inaccessibles, et ce, grâce à la mise en réseau massive de la population.

Face au défi qui attend l'humanité confrontée aux limites de la biosphère, pouvoir avoir avoir un accès potentiel à chaque 'bit' de savoir dans la tête des humains pour trouver une solution ne relève plus nécessairement de la science-fiction.

Le magazine Seed cette année avait mis sur sa couverture le titre "la dernière grande expérimentation" (En): les mathématiques sociales, les réseaux sociaux et les sagesses des foules peuvent-ils être mis à contribution pour trouver la bonne idée qui nous évitera le mur qui se dresse devant nous. Quelque part, quelqu'un a la réponse. Le crowdsourcing peut lui donner une chance d'être entendu.
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Autre lien sur Zéro Seconde
Crowdsourcing, mettre la foule à profit (présentation et powerpoint et vidéo)
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Image Life

Les 5 étapes de réalisation d'un site web

L’industrie de production web arrive à maturité et a établi un processus de construction d’un site web qui suit cinq étapes distinctes. Ces étapes permettent au client et aux fournisseurs d’évaluer ce qu’il y a à faire et de s’entendre sur la marche à suivre pour réussir un projet de qualité.
J'ai écrit pour le compte de l'Alliance numérique, un guide des meilleures pratiques pour développer un projet web.

Le voici, mis en page par Egzakt et grâce à l'aide de toute l'équipe de la cellule Internet de l'Alliance, un bon guide à offrir à vos clients ou pour vous même afin de bien comprendre dans les grandes lignes, les étapes de A à Z pour monter un site web.

Le processus général de réalisationQu’il s’agisse de créer de zéro un site web ou d’y apporter des améliorations, trois phases fondamentales se recoupent pour former les cinq grandes étapes d'un projet web :

Les 5 étapes de réalisation d'un site web

1- La planification stratégique : elle identifie les besoins de votre entreprise. Elle débouche sur la rédaction du document d’orientation stratégique.

2- La conception : on établit les paramètres concrets qui sont ensuite détaillés dans le livrable critique (le cahier des charges) qui sert de guide pour l’intervention de tous les prestataires lors de la production.

3- La production : elle concerne la réalisation technique et artistique proprement dite du projet.

4- La mise en ligne : on y fait le déploiement et on assure la visibilité du site auprès du public visé.

5- L’exploitation et la maintenance : la vie du site commence et une surveillance adéquate est nécessaire pour assurer son succès.

Les résultats sont comparés aux objectifs de départ et enclenchent le processus en boucle pour le prochain projet de refonte.

Expertises interdisciplinaires
Puisque chacune des trois phases fondamentales (réflexion, développement et maintenance) fait appel à des expertises différentes, il n’est pas rare de devoir gérer plusieurs équipes se succéder pour l’ensemble du processus, avec un certains recoupement au niveau des expertises. D'où l'importance que chaque mandat soit alors clair et bien délimiter les étapes ils couvrent.

Guide gratuit
Ce guide n'aurait pas pu voir le jour sans l'aide de plusieurs personnes, dans la révision et les précisions. Leurs noms apparaissent à la fin du guide. Cette version du guide est considérée un "beta", car maintenant il est offert à a communauté, qui peut se l'approprier et l'améliorer, à cette adresse: http://alliancenumerique.com/fr/publications/guide-des-meilleures-pratiques-web (s'il y a un problème d'accès, laissez moi un commentaire)

40 ans, 75 minutes, 6 personnes, 1 émission

Je serai en compagnie de Michel Cartier, Jean-Claude Guédon, Hervé Fischer, Philippe Leroux et Karl Dubost lors de l'émission Citoyen Numérique de Michel Dumais à CIBL demain jeudi 10 septembre 2009 de 13h30 à 14h30 (heures de Montréal) (+ 6 h à Paris ; - 4h à San Francisco)

Nous aurons un plus qu'une bonne heure pour discuter d'Internet à l'occasion de ses 40 ans. Il n'y a pas de podcast, malheureusement. Mais si j'arrive à l'enregistrer et à le transférer, je le mettrai en ligne. Accès à l'enregistrement ici.

Voici un aperçu des intervenants:

Michel Cartier, considéré comme le grand-père du multimédia québécois, professeur à la retraite, est connu pour penser la culture du numérique à travers trois pôles, le sociétal, l'économique et le technologique. Ce théoricien a a réussi à galvaniser durant les 3 dernières décennies des hordes successives d'étudiant(e)s à développer ce champ des communications qui allait un jour s'appeler le multimédia et les réseaux.

Jean-Claude Guédon, professeur au Département de littérature comparée a écrit Internet, Le monde en réseau chez Gallimard où il suit les premières traces de révolution Internet. Il a été président d'ISOC-Québec.

Hervé Fischer a écrit plusieurs livres, dont La planète hyper et Nous serons des dieux et cherche à penser la culture en mutation avec les réseaux. Il me semble être le seul à recourir à la philosophie grecque pour expliquer les divers aspects des mondes virtuels.

Philippe Leroux, président de ex- VDL2, devenu récemment Phéromone, est présent dans la sphère web depuis ses débuts. Il est un des observateurs des avancés d'Internet au pays et livre régulièrement, avec le CEFRIO des études statistiques d'utilisation des internautes québécois.

Karl Dubost, qui était au W3C, poète urbain de La Grange, a été au coeur du HTML, le code moteur de la révolution Internet.

Et moi, présent, bien content d'être si bien entouré.
Et aux commandes, Michel Dumais, journaliste et chroniqueur technologique, à Branchez-Vous, au Devoir (jusqu'à récemment), maintenant animateur de Citoyen Numérique depuis environ 2 ans.

Pour réfléchir
Quelques repères sur l'émergence d'ARPANET, d'Alexandre Serres

Google Holodeck

Imaginez une immersion totale dans Google Earth. C'est comme voler non pas dans Second Life, un monde numérique imaginaire, mais au-dessus de notre Terre numérisée. C'est Google Holodeck.



J'ai glissé quelques mots sur ce blogue sur Google Earth comme interface commerciale pour la planète. On pourrait voir Google Earth comme interface touristique. Qui a encore besoin de voyager comme touriste lambda quand on peut utiliser Google Holodeck.

Interface touristique
Certains voyages touristiques de masse peuvent être avantageusement remplacés par un voyage numérique (spécialement si c'est pour visiter des monuments architecturaux au pas de course, comme cela arrive étrangement). Du moins, à un niveau scolaire, on peut apprendre sans se déplacer. Dire « j'y ai été » prend une toute nouvelle tournure

Interface sociale
Maintenant, je pense qu'il ne manque pas grand-chose pour avoir Google Earth comme interface sociale. Avec des avatars, ou de la vidéo en temps réel, il y aurait moyen d'aller visiter de la parenté sur un autre continent, ou suivre les péripéties « sur place » d'un voyageur. Sans oublier encore un contact direct avec un commerçant (« envolez-vous vers ce nouveau magasin qui vient de s'ouvrir sur la 5e Avenue à Manhattan! »).

Les moteurs de confiance

Alex Cambell (DTDigital / OgilvyInteractive, Melbourne) écrit dans son blog aujourd'hui: I no longer depend on Google to find stuff (via BrunoBoutot)
«Today I had a stark realisation: I no longer depend on Google to find stuff. I still use it to locate things: e.g. “find me the Wikipedia page on Ted Kennedy’s acquatic activities”. But I rarely - if ever - use it to find businesses, places to visit, interesting blogs, etc.»
"Je ne dépends plus de Google pour trouver de nouvelles choses" dit-il en substance. Google est toujours utilisé, comme assistance à la recherche, trouver ce que l'on cherche (une page Wikipédia, par exemple) mais les réseaux sociaux servent à trouver des choses, des recommandations, des suggestions, des découvertes... (ex. Twitter, Praized, Facebook, Friendfeeds, Linkedin, Viadeo, etc)

In Google we trust?
Il pointe quelque chose d'intéressant: les réseaux sociaux sont basés sur la confiance ("trust"). Ce que n'a pas Google, dit-il.

Il exagère un peu, mais sur le fond, on peut dire qu'avec la montée en puissance des professionnels du rayonnement web, on peut se demander si la pertinence est toujours au rendez-vous...

Je dirais pour être plus juste, Google est plutôt un outil de popularité. Les réseaux sociaux tablent eux vraiment sur la confiance. Voilà une nuance fort pratique lorsqu'il s'agit d'expliquer la valeur stratégique du web 2.0.

La montée de réseaux sociaux
Le genre de discours que porte Cambell rejoint les échos qui grandissent depuis la montée des réseaux sociaux depuis quelque temps. Son mérite est de le formuler d'une façon percutante et libératrice ("nous ne sommes plus dépendants de Google") et en ce sens il rejoint mon point fait hier dans le billet Les couloirs numériques, où je présente Twitter comme outil de sérendipité professionnel.

Mais Cambell s'arrête en chemin -- il fait une conclusion typique de la blogosphère anglophone très portée sur le fonctionnel et l'impératif ("if your brand is not social then it doesn’t exist"). L'ouverture qu'il a créée mérite que l'on ferme la parenthèse pour lui, pour notre plus grand bonheur cognitif.

Descendre du piédestal
Voilà ce qui se passe : Google est en passe de devenir ce qu'il a toujours été : un simple moteur de recherche, un outil pour trouver quelque chose que l'on cherche. Jusqu'à tout récemment son monopole de succès le rendait maître des lieux. Il représentait par métonymie l'Internet au complet.

Ce que Cambell dit, c'est que la sérendipité («fortuité» selon le Grand Dictionnaire) n'est plus une exclusivité de Google. «Fait de trouver quelque chose alors même qu'on recherche autre chose» se fait en butinant sur les réseaux sociaux maintenant. Mais qu'est-ce que chercher?

IR
Olivier Ertzscheid et Gabriel Gallezot, dans Chercher faux et trouver juste, serendipité et recherche d’information (PDF) expliqué qu'il y avait un sens double à "rechercher".

- Il y a « rechercher » de la recherche d’information (Information Retrieval en anglais, IR)
- Et il y a le « rechercher » de l’épistémé, la recherche (Research en anglais).

Bon, ne vous sauvez pas parce que j'ai employé "épistémé": "recherche" est trop ambigu, alors je garde le terme académique.

Pour l’IR, Google est un outil du traitement de l’information sur un corpus documentaire.

Pour l’épistémé, le but est de découvrir, de produire de nouvelles connaissances.

Vous êtes comme M.Jourdain et vous faites de l'épistémé sans le savoir à chaque fois que vous découvrez quelque chose sur les réseaux sociaux (d'ailleurs comment avez-vous "découvert" ce billet?)

Les trois recherches
Ertzscheid et Gallezot résument les 3 « états initiaux » de l'IR (Information Retrieval / recherche d’information).

1- [Je sais] [ce que je cherche] . On fait alors des requêtes (Querying). C'est l'usage que Cambell semble vouloir faire de Google quand il cherche une page Wikipédia sur un sujet.

2- [Je ne sais pas] [ce que je cherche]. On procède par exploration (Searching), induction et abduction (avec moi vous avez des mots qui comptent triple pour le Scrabble). C'est le type de découverte que vous faites en librairie en repartant avec le livre à côté de celui que vous recherchiez. La structure de l'endroit ou du classement favorise ou non la sérendipité. Un BarCamp permet ce type de découverte.

3- [Je sais] [que je ne sais pas ce que je cherche]. Ici, nous sommes en mode d'apprentissage (Learning). C'est l'état dans lequel vous êtes quand vous entrez dans un réseau social. Vous pourriez autant trouver la référence au billet de Cambell que le fait que votre ami mange un sandwich...
Google nous a offert pendant plusieurs années ces trois types de recherche. Ce qui a été dit ici, c'est que le troisième type n'est plus l'apanage de Google, qu'il a perdu (définitivement?) son emprise sur ce secteur.

Quand on dit que ne sommes plus dépendant de Google, c'est affirmer que l’influence de la sérendipité en matière de construction de connaissances ne repose plus dans les mains monopolistiques du géant de Mountain View.

Les réseaux sociaux sont nos moteurs de confiance et carbure à notre saine curiosité. Ils répondent à ce besoin de confort communautaire de construction de la connaissance...

Révolution rhétorique?

Narcissique, futile, décadent. Quels ne sont pas les qualificatifs que nous n’entendons pas à propos de la génération Internet. Le plus grand médium écrit de tous les temps, Internet demande pourtant un alphabétisme plus que basique. Rhétorique, stylistique, pragmatique sont en passe de se voir révolutionner par la base comme jamais depuis longtemps.

«new litteracy»Andrea A. Lunsford, professeur à l'Université de Stanford n'hésite pas à aller plus loin: "I think we're in the midst of a literacy revolution the likes of which we haven't seen since Greek civilization" rapporte Wired dans sa dernière édition (en).

Nous oublions bien vite qu'avant Internet la majorité des citoyens n'avaient plus aucune incitation à écrire après l'école ( sauf pour les travailleurs du savoir).

Produire un texte n'était que l'apanage d'une minorité.

Cette expertise se démocratise et Lunsford a trouvé que jauger une audience (on écrit toujours pour une audience) et adapter son ton et sa technique d'écriture pour "passer leur message" devenait une compétence de plus en plus répandue et recherchée.

Voir l'article écrit par Clive Thompson qui n'est pas très long (en anglais): Clive Thompson on the New Literacy (630 mots, 3 min)

Objet trouvé
J'y ai trouvé une notion intéressante : le «kairos», pratique de rhétorique qui gouverne le choix d’une argumentation, dans un but persuasif.

Je m'empresse de voir comment il s'applique à notre domaine.

  • Envoyer un gazouillis à la bonne heure pour maximiser sa diffusion;
  • Usage des mots clefs ou de hastags pour augmenter la probabilité de reprise;
  • Technique de suivi (following);
  • Échange de liens
  • "Followfriday"
Ce sont autant de manières d'attirer l’attention des auditeurs pour augmenter les chances que son message passe. Autrefois réservé aux médias de masse, le «kairos» se démocratise et prend des formes nouvelles. Intéressant.
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Image: Smithsonian

Les couloirs numériques

L'écart grandissant entre la lecture courte et la lecture profonde (voir mon billet sur l'article de Vanderdorpe) attire le regard des observateurs sur l'impact social et intellectuel du microbloggage et particulièrement de l'outil Twitter. Ce dernier entraîne un usage tout à fait original dans le numérique et répond à un besoin très précis: la sérendipité des discussions de couloirs.

LIFE coffee machineTwitter, on conviendra tous, n'a aucun sens, seul. Toute sa valeur repose sur l'engouement de son usage sur le réseau. Affirmer ceci met en lumière un paradoxe étrange: nous voilà devant un cas autogénéré de "l'oeuf ou la poule". Le hasard et la nécessité a créé ce service improbable (il ne répondait à aucun besoin a priori) et pourtant essentiel (pour la technorati, blogorati et la linkerati particulièrement)

Succès exogène
Twitter, je le signale, ne doit son succès qu'à Facebook. Plus précisément au service "statuts " de Facebook. Twitter correspond à cette fonction, mais "désencloisonné" des murs faussement protecteurs du monde numérique artificiel de Facebook. Ce dernier l'a d'ailleurs bien compris, toutes ses récentes mises à jour tournent autour de ce service. Twitter a eu besoin de Facebook pour faire comprendre à quoi il servait. Il faut le comprendre à petite échelle pour saisir son potentiel à grande échelle.

Twitter est un descendant de l’IRC, un canal de chat partagé, mais hybridé avec l'apparition des identités numériques et les conversations du web 2.0.

Le plus pauvre des pauvres sera le premier à entrer dans le royaume du web 2.0
Plusieurs critiquent sa pauvreté d'interface (peu de fonctionnalités, limite de 140 caractères, perte de suivi de conversation, etc.) et propose des "améliorations" qui toutes tombent faute d'appui de la masse: on dirait que les défauts mêmes de Twitter en font son succès.

Et pourtant certains modes alternatives de microbloggage existent et ont même du succès. Mais détrompez-vous, ils ne sont pas sur le même créneau que Twitter.

Vous voulez conserver une trace d'une conversation (ce que le "statut" de Facebook fait de façon remarquable)? vous n'êtes que dans un microforum ad hoc centré sur le commentaire. Vous voulez faire des recherches sur les archives (ce qui est la base même du web)? vous voilà revenu sur le nerf de la guerre des moteurs de recherche.

La beauté cachée des laids des laids
Non, Twitter marche parce qu'il se limite à 140 caractères (le nombre exact importe peu, l'ordre de grandeur davantage), qu'il n'offre pas de suivi de conversation aisé dans le temps (avez-vous déjà reçu un message faisant référence à un de vos gazouillis dont vous aviez oublié déjà l'existence?), qu'il ne conserve pas les messages antérieurs à plus de 10 jours (dans la base de recherche). Voilà de quoi renvoyer à la planche à dessin n'importe quelles applications.

Ce qu'offre Twitter, et en ce sens il se retrouve aujourd'hui inégalé, c'est d'offrir la possibilité de (re)vivre des conversations de couloir. On parle souvent de "Water Cooler meeting" ou ces discussions autour de la machine à café.

Éternel Twitter
Twitter est et restera Twitter tant et aussi longtemps qu'il restreindra ses fonctions à de courtes salves de texte, en temps réel et sans permission de voir le contexte (du moins sans en faciliter le retour en arrière).

C'est exactement ce que vous avez dans une conversation de couloir: vous prenez la conversation au bond, sans pouvoir remonter en arrière (sauf à interrompre la conversation par une demande de mise à jour inopportune) et sans possibilité de suivi quand vous quittez le groupe.

Il faut être là au bon moment.

D'où l'importance de choisir ses couloirs où vous voulez accrocher au hasard une bonne conversation.

ROI, Retour sur l'investigation
La valeur ajoutée? Demandez-le à n'importe quel collègue fumeur. La sérendipité des découvertes sur n'importe quel sujet (futile ou stratégique) se passe dans ces fumoirs et a toujours laissé sur le bas côté de la route les gens soucieux de leur santé pulmonaire. D'ailleurs, je serai curieux de savoir si les mises à pied touchent plus souvent les non-fumeurs vu leurs incompétences à accéder à des informations stratégiques.

Twitter offre ces conversations de couloirs au travailleur du savoir, en général à la pige (freelance en français), soucieux de rester en contact phatique avec leurs pairs pour partager compétence, liens, informations ou simplement le fait qu'il mange un sandwich...

PS (lundi): autre de mes billets sur le sujet écrit le lendemain : les réseaux sociaux comme moteur de confiance, nous ne dépendons plus de Google!
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Photo: Life

La lecture en éclats

"Le véritable supplément à la mémoire n’est plus le document ni même la bibliothèque, mais Google". Christian Vandendorpe, l'auteur de l'excellent Du papyrus à l'hypertexte: Essai sur les mutations du texte et de la lecture, propose un brillant exposé pour raconter le divorce de la lecture longue et de la lecture courte (via JM Salaün).

Star Pupil, 1954Dans La lecture en éclats, publié dans la revue Arguments l'an passé [3400 mots / 15 min], il soutient que "’hypertexte donne au lecteur la même liberté de coq-à-l’âne que la conversation familière". La lecture, on s'en doute maintenant, serait influencée par le support.

Première victime de la "technologie"
Le rouleau de papyrus, par exemple, qui fut durant trois mille ans le support de l’écrit, a été remisé aussitôt le codex apparu. Cet ancêtre de notre livre actuel ayant montré qu'il était meilleur support pour la lecture, nous raconte le professeur au Département de français de l'Université d'Ottawa. Le livre, alors, restera-t-il au côté de l'ordinateur? Il ne va jusqu'à annoncer sa disparition.

Ce qu'il fait par contre c'est de décrire le déploiement de la lecture courte et le retranchement de la lecture profonde causé par les nouvelles technologies.

"Le livre étant une totalité finie, il propose implicitement un contrat de lecture qui va de la première à la dernière page." "L’imprimerie a fait de la lecture une activité privée".

"Le roman est [...] le livre par excellence, que le lecteur va lire de la première à la dernière page et dans lequel il peut se laisser absorber au point de perdre toute conscience du monde extérieur."

Cette activité de lecture de la continuité, sur lequel reposait le livre, a volé en éclat. L'art du romancier a comme base le temps, et consiste à retarder le dénouement tout en le faisant désirer de plus en plus fortement, dit-il. La lecture profonde demande un abandon.

L'écran superficiel
Mais on ne lit pas de livre à l'écran. Du moins, premièrement, l'équipement actuel n'autorise ni un confort visuel, ni une aisance dans la position de lecture et deuxièmement l'offre interactive ou sociale se trouvant souvent à un clic, il y a peu de chance que Proust ou Tolstoï puissent compétitionner avec Facebook, YouTube ou vos courriels.

Vanderdorpe appelle cet espace un "espace de séduction" où abondent icônes et couleurs, alertes et correspondance qui ont l'heur de distraire le lecteur de l’attention cognitivement exigeant que la véritable lecture de fond requiert. (Avez-vous réussi à tenir jusqu'ici sans basculer la fenêtre de zéroseconde?)

Lire comme on converse
"L’art d’écrire, tout comme celui de raconter, consistait jusqu’ici à créer des attentes chez le lecteur pour ensuite les satisfaire." rajoute l'auteur, or l’hypertexte offre des occasion à un interlocuteur pour facilement "saisir au bond un élément quelconque pour changer le sujet en suivant ses jeux d’association."

La "conversation" caractérisant le "web 2.0" trouve ainsi sa source.

"[L]e lecteur cédera facilement à la tentation de changer de sujet, de soulager la tension mentale que pose sa lecture en dérivant sur un sujet connexe". Ce qui est l'apanage de la lecture courte.

"[U]ne lecture «en immersion», mobilisant totalement l’imaginaire du lecteur sur une longue période de temps" est la caractéristique de la lecture profonde.

Avec l'arrivée imminente des tablettes et l'amélioration des liseuses electroniques, pourra-t-on revoir resurgir une lecture profonde qui "est une excellente école pour entraîner la mémoire, l’attention au détail et la capacité de synthèse"?

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Image : Superbomba

Rue89 débarque au Québec

Quebec89.com est le nom du site et est l’extension québécoise du site français Rue89. Géré par Branchez-vous! partenaire officiel de Rue89, sa rédaction est entièrement québécoise et indépendante de celle de Rue89 ( et elle est aussi indépendante de la rédaction de Branchez-vous! matin ).

Quebec89

Donc, 65 ans après le débarquement des Québécois en Normandie, les Français débarquent dans le paysage médiatique québécois avec l'aide de la résistance de Patrick Pierra et qui constituera constitue en quelque sorte le «magazine journalistique et participatif d’actualité» du groupe.

Il est annoncé que la filiation entre les deux sites est "directe", mais que "Québec89 présente quelques caractéristiques qui le distinguent de son grand frère" :

- Une spécialisation sur le Québec et l’actualité directement pertinente pour les Québécois (pasi d’information internationale) : politique, médias et société

-Une équipe et des moyens plus réduits (le Québec est dix fois plus petit que le marché français): environ un article est prévu par jour.

- Une fonction « En direct » permettant aux usagers de "publier plus immédiatement leurs informations et leurs commentaires".

- L’association au portail d’information BRANCHEZ-VOUS.com, dont Québec89 constitue en quelque sorte le «magazine journalistique et participatif d’actualité».
Pourquoi «Québec89»? parce que Rue89. Pourquoi «Rue89»? «89» pour évoquer les 3 révolutions: la liberté (Révolution française de 1789), les «murs qui tombent» (Berlin, 1989) et l’invention du Web (1989).

Petits caractères

Vous voulez participer? Le site accepte seulement les contributions les journalistes professionnels (ou les étudiants en journalisme). Tous les autres collaborateurs sont bénévoles. Les articles sont achetés à prix fixe : 50$, quelle que soit sa longueur (Si jamais par la suite, il ne peut être publié alors qu’il a été livré, la compensation de 25$. Maximum 12 articles rémunérés par mois.

Ce qui donne un gros max 600$ (383 EUR) de revenus pour le journaliste pigiste = 7200$ par année (4600 EUR). Finalement, il n'y a pas beaucoup plus de différence que de bloguer gratuitement sur le web...

MàJ : 3 pigistes/correspondants réguliers assureront l'armature du site, et les efforts de développement et de gestion (technique, promotion, vente).(source)

Parler pour ne rien dire

Curieuse statistique : 40% des gazouillis sur l'outil de micro-bloggage Twitter serait du bavardage futile ("pointless babble"), c'est-à-dire "parler pour ne rien dire". Ça a fait le tour du monde... blogosphèrique. L'étude sortie la semaine dernière a fait chauffer beaucoup de pixels. Et si c'était plutôt l'étude qui parle pour ne rien dire?

Et pourtant, elle n'est pas inintéressante, cette étude, au contraire. Rappelons les faits, pour ceux qui étaient offline sur la plage.

Résumons
En capturant au hasard près de 2000 gazouillis, entre 9 heures et 5 heures, du lundi au vendredi, deux semaines de suite et en répartissant les résultats dans 6 catégories, voici le résultat:
  • (3.6%) News: les fils des médias trad comme Radio-Canada ou France-Info (ils excluent Techcrunch et autres médias sociaux)
  • (3,.75%) Spam: ils proposent les mêmes âneries que pour le courriel (en espérant que vous le captiez en faisant une recherche), ils squattent les mots clefs (#hastags) populaires (ex "see how I enlarge you twitter follow-up base")
  • (5.85%) Self-Promotion: ces gazouillis qui redirigent vers le blog ou le site du gazouilleur pour promouvoir son contenu.
  • (40.55%) Pointless Babble (bavardage inutile): "Je mange un sandwich"
  • (37.55%) Conversational: Tout gazouillis dialoguant avec un usager (en utilisant un @)
  • (8.7%) Pass-Along Value (relais): tout gazouillis qui retransmet la conversation d'un autre usage (en utilisant un RT)
Quel titre pensez-vous que la plupart ont utilisé pour transmettre l'information? 40% des gazouillis sont du bavardage inutile.

Pourtant
On aurait pu aussi bien additionner les deux dernières catégories (conversation et relais) comme représentatives du média social (échange des informations bottom up ou à l'horizontale) et obtenir 46% des gazouillis est des informations utiles socialement (37.55% + 8.7%).

Les "conversations utiles" sont divisées en deux à cause d'un vecteur objectif (l'usage ou non du code @ ou RT). Mais quand est-il d'un usage implicite? Si je dis "je suis sortie du métro" et qu'un groupe m'attend au restaurant, ne suis-je pas en train de converser (j'annonce que je ne tarde pas à arriver).

"Je mange un sandwich" peut être une nouvelle pour la famille d'un anorexique ou pour tout un groupe qui l'attend pour commencer une réunion.

Et alors?
"What are you doing?" (qu'est ce que vous faites) était la question originale demandéapr Twitter (il est maintenant "Partager et découvrez ce qui se passe maintenant, partout dans le monde") et alors selon qui vous suivez, ce sera la révolution iranienne ou cette personne qui mange un sandwich.

J'imagine bien Einstein aujourd'hui gazouiller "Wunderbar, E=MC2" et le voilà classé dans le bavardage inutile.

Si on prenait un échantillon de tous les articles publiés, de tous les livres publiés, des émissions de radio diffusées, des appels téléphoniques, nous allons toujours, je dis bien toujours, trouver un nombre effroyable de bavardages insensés, inutiles, futiles, ridicules. Il n'y aurait plus de journalisme, de littérature de reportage, que du babillage. En moyenne.

Parce que, voyez-vous, dans la communication médiatique, sociale ou traditionnelle, on n'écoute pas tout, on choisit. La communication n'est rien d'autre que ça : repérer du signal dans une mer de bruit.

Il est donc inutile de souligner que 40% des gazouillis sont futiles, ce n'est que répéter qu'il y a du bruit (qui ne fait pas de sens pour nous) et on ne fait que parler pour ne rien dire.

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Post-scriptum du lendemain :

Lire aussi Jean-François Renaud (Adviso) : Twitter, un outil pour rejoindre les ambassadeurs (18 août 2009)
«on dit que 5% des utilisateurs créent 75% de l’activité [Sysomos]. C’est le même constat que l’on fait dans les réseaux sociaux en général où 1 à 10% des utilisateurs créent du contenu dont 100% profite. La question dont peu d’articles font état, c’est la notion d’actif. Est-ce qu’un utilisateur qui ne fait que lire des twitterers plus actifs que lui et qui clique sur les liens proposés doit être considéré comme inactif ?»

Et aussi Danah Boyd Twitter: "pointless babble" or peripheral awareness + social grooming? (16 aût 2008) (via Yann Leroux)
«I challenge each and every one of you to record every utterance that comes out of your mouth (and that of everyone you interact with) for an entire day. And then record every facial expression and gesture. You will most likely find what communications scholars found long ago - people are social creatures and a whole lot of what they express is phatic communication.»

Infidélité online

Vous voilà arrivé à la mi-temps des vacances. En entrant dans votre chambre d'hôtel, vous retombez sur votre iPhone dans le fond de la valise. Votre être bien aimé est sur la plage, vous avez quelques minutes avant de vous retrouver au restaurant. Vous n'arrivez pas à vous retenir. Le crime est si léger, allez, ouvrez internet et hop offrez vous un petit fix: voilà ce qui s'est passé quand vous étiez down dans les 15 derniers jours...

Réalité augmentée chez les commerçants

Je vous parlais des premiers essais de la réalité augmentée en mai dernier. Les marchants s'y mettent déjà: bestbuyin3d.com

Réalité augmentée chez Best Buy

En recevant une carte spécialement marquée, l'acheteur peut se faire une idée du type d'objet que le marchand propose.

Tous ceux qui sont dans la publicité, en particulier le marketing direct, auront de quoi à suggérer à leurs clients pour la rentrée scolaire. Comme toute nouveauté, dans le domaine de la pub, ça ne durera pas longtemps.

En général, ça développe l'expertise dans l'industrie et la connaissance est ensuite partagée dans les autres sphères.

Plusieurs usages peuvent en découler :

  • On peut imaginer des intranets d'entreprise l'offrir à leurs employés dans le cadre de formation ou d'indications demandant un aspect de visualisation spatiale.
  • On peut voir dans les manuels de classe de sciences des exemples "poppant" réellement hors du livre pour expliquer la structure d'une molécule, d'une organe ou d'un objet mathématique.
  • On peut croire que certains agents d'immeuble vont proposer des vues 3 D de propriété éloignée.
  • On peut espérer que les sculpteurs ou les musées présenter des oeuvres dans leur portfolio de cette façon.
  • On peut peut-être raconter des histoires à des petits.
D'autres pistes?

PS (19 août 2009) voir aussi l'excellent récapitulatif de ce qui se fait en termes de réalité augmentée... sur le blogue du longboard-Montréal

Premier Rendez-vous des médias citoyens

Le premier Rendez-vous des médias citoyens offre des échanges autour de la création de contenu, des nouvelles plateformes technologiques et les différents modèles d'affaires pour la communauté des médias collaboratifs. À la SAT le 26 août 2009 à 14h30.

Le Rendez-vous des médias citoyens

L'événement visent les blogueurs, les cinéastes engagés, les photographes et les journalistes citoyens (experts des médias, praticiens des médias alternatifs et autonomes). Il est organisé par Paroles Citoyennes / Citizen Shift et L'Institut du Nouveau Monde et Média@McGill.

Où vont les médias citoyens?"
La programme de la demi-journée tentera de répondre à ces questions:
  • Quels sont les défis inhérents auxquels ces projets médiatiques font face en 2009?
  • En quoi un projet médiatique du web social devient-il structurant pour la communauté?
  • Quelles opportunités devons-nous saisir aujourd'hui afin de propulser des voix multiples et alternatives?
  • Comment pouvons-nous nourrir la participation citoyenne à un projet médiatique sans se brûler?
Plusieurs intervenants sont prévus, dont Véronique Marino (INIS), Geraldine Cahill (The Real News Network), David Beers (The Tyee), Laurent Mauriac (Rue 89) et David Beers (The Tyee, ex-Mother Jones) et animé par Rufo Valencia (Radio-Canada International) + Mahalia Verna (CBC)

L'évènement est ouvert à tous et l'inscription est gratuite, mais obligatoire (attention, les places sont limitées).

Sommaire du mois de juillet 2009

Juillet, mois de vacances, mais pas du cerveau. La blogosphère ralentit, alors tournons-nous vers des grands auteurs.

Seth Godin : sortie de son livre Tribus, en version française.
Paul Virilio : « L'immédiateté est le contraire de l'information ». Vraiment? Pourquoi cette attaque contre Twitter. On décortique.
Bernard Poulet : compte rendu de son livre : La fin des journaux.
Michel Foucault : vivons-nous une rupture ou une continuité.
Chris Anderson : copie, persiste et signe.

Et des petites brèves
Parole Citoyenne passe aux mains de l'INM
Tweeter dans les cours d'Histoire?
Joost est-il mort?

Et tweetons le 14 juillet 1789 !

Tribus -version française

À l'occasion de la sortie du livre Tribus, la version française de Tribes de Seth Godin (voir mon interview avec lui), voici un extrait de la préface, écrite par Marylène Delbourg-Delphis, tirée du blog de l'éditeur Diateino.

TRIBUS de Seth GODIN« Seth Godin a publié son livre avant l’élection d’Obama (en octobre 2008) et note simplement que « dans le monde d’aujourd’hui, Barack Obama parvient à lever 50 millions de dollars en 28 jours ». De fait, Obama a levé 500 millions de dollars au cours de ses 21 mois de campagne pour la Maison-Blanche. Un record, à coup sûr. Mais comment se fait-il qu’Obama ait été si extraordinairement efficace et que ni Hillary Clinton (lors des primaires des démocrates) ni John McCain (lors de l’élection présidentielle) n’aient su bénéficier d’Internet dans des proportions comparables ? »

«(...) Jusqu’en 2006, Internet est essentiellement un media ayant pour fonction d’informer et d’accéder aux masses – avec le présupposé que plus on touche de gens, mieux c’est. Avec Obama, Internet est une plateforme pour identifier et générer des réseaux différenciés de fans, des micro-mouvements d’activistes, des tribus très différentes entre elles, mais qui sont interconnectées par un message. Ce message, exprimé au travers d’informations transmises en temps réel, a opéré comme une sorte de protocole de communication établissant un langage de base commun. Les internautes auxquels s’est adressée la campagne Obama n’étaient pas seulement des millions de paires d’yeux, mais une myriade de petites tribus dans chacun des 50 États des États-Unis, chacune étant susceptible de se retrouver sous un angle ou sous un autre dans la tribu Obama globale. »

« (...) L’approche Obama, ajoute David Plouffe [le directeur de campagne d’Obama], « a déchaîné l’imagination et le talent de millions d’Américains dans la détermination du résultat ». Ces millions d’Américains se sont approprié le message d’Obama en restant dans leur sphère à eux et leur imaginaire. Internet n’a pas seulement consisté à diffuser le même mot d’ordre à tout le monde, mais un même message que les gens pouvaient traduire dans leur langage à eux sur le terrain, ce qui est très différent. Comme l’écrit Seth Godin : « Ce que font les leaders : ils donnent aux gens des histoires qu’ils peuvent raconter eux-mêmes. Des histoires sur le futur et le changement. »

« (...) L’important n’est peut-être pas tant dans le fait qu’une tribu est toujours une tribu, qu’elle soit ou non numérique ; l’important est le type de coopération qu’un leader établit entre sa tribu dans le monde physique d’une part et sa représentation Internet de l’autre. »

« Le versant Internet d’une tribu est son architecture organisationnelle, qui permet une communication immédiate et à tout le monde de savoir quoi faire à tout moment : Internet ajoute une dynamique et une réactivité impossibles à imaginer hors-ligne et peut donc changer l’impact d’une tribu d’une façon considérable. »
La version électronique peut être achetée ici. Le livre papier devrait atteindre les tablettes à partir de la mi-août 2009.

Pour en savoir plus sur Seth Godin, voir mon billet.
Pour lire l'interview que j'ai fait avec lui en avril 2009.