ZEROSECONDE.COM (par Martin Lessard)

ZEROSECONDE.COM

Impacts du numérique sur la communication, notre société, nos vies.

19 millions de blogs recensés

Presque 19 millions de blogs sont recensé sur Technorati.

Le nombre double tous les 5 mois. On peut s'attendre à dépasser le 50 millions au printemps prochain.


La courbe exponentielle suit la même que celle des pages personnelles au début du web. Mais ce qui est vraiment intéressant à observer c'est le volume de billets publiés par sujet d'actualité.

(cliquez pour agrandir)
(Le rouge correspond à des spams)

N'est-il pas étrange que le Tsunami ait suscité moins de billets que le Superbowl? C'est la nature humaine, diriez-vous. Il sera toujours plus facile de commenter un match de foot qu'un drame humain. Mais alors que penser de Katrina? Pourquoi ce surplus de posts pour cette catastrophe ? Réfléchissons.

Impliqué / pas impliqué
En regardant les autres thèmes d'actualité, on voit bien que ce ne sont que les sujets d'actualité des États Unis d'Amérique qui tirent la couverture blogosphèrique. À drame humain / catastrophe écologique similaire, Katrina recolte plus que son lot de commentaires.

On ne peut que constater :
  1. la blogosphère est encore déformée majoritairement par les américains;
  2. les blogueurs ne commentent que l'actualité qu'ils vivent: si on n'est que spectateur lointain, on observe; si on est un spectateur impliqué, on commente.
Ce deuxième point est intéressant. Quand il y a une bombe qui éclate ailleur, on est spectateur. Quand une bombe éclate "chez nous" -lire Occident-(comme dans le cas de Londres en juillet), on est plus prompt à commenter, puisqu'on est "impliqué".

Ce qui permet de confirmer que, grosso modo, la blogosphère est une véritable caisse de résonnance de l'opinion publique, une alternative au sondage d'opinion.

Commenter sa sphère
La blogosphère est donc la place publique de la masse commentant ce qu'elle vit (et non commentant l'actualité, ce qui est différent).

En ce sens, la blogosphère ne montre aucune différence avec les mass-média qui propose déjà le local davantage que le lointain, phènomène communicationnel bien connu.

Avec la montée des blogs chinois, si technorati continue de les classer dans le même graphique, ils finiront à court terme par modifier systématiquement les statistiques de volume de billets publiés.

Soit que nous allons voir avec surprise des "peeks" de billets sur des sujets chinois complètement locaux (corruption à Pékin, élection à Shanghai, match sportif à Taipei), soit Technorati va séparer les données par région.

La blogosphère est bien le reflet d'une société de chroniqueurs commentant ce qu'elle vit, pense, et a à dire. Elle a un focus principalement tournée sur elle-même, vers le local (ou plus précisément vers le régional ou, mieux, le continental pour ne pas parler de blocs).

Elle commente le lointain que de façon marginale, ou du moins une frange minoritaire seulement s'y intéresse.

Liens direct vers la capsule d'Europe 1

J'ai corrigé le lien qui poitait vers la capsule d'Europe 1 qui parlait de mon blog (voir mon billet du 12 octobre). Le URL, que je croyais permanent, pointait en fait vers un nouveau contenu chaque jour..,
Écoutez la capsule de 1 minute 20 secondes de Catherine Nivez.
Le lien d'europe 1 est valide jusqu'au 12 novembre 2005.
La possibilité de faire facilement un lien vers une information sur le site d'Europe 1 est entravé par la façon dont le site est monté. Je connais assez bien le HTML pour pouvoir m'y retrouver. C'est dommage pour les autres qui n'ont pas cette chance, surtout qu'Europe 1 a pris la peine de tout décortiquer leur programmation en capsules sonores pour pouvoir réécouter, à la pièce, les émissions.

Pouvoir citer une capsule par des liens est une autre manière de faire circuler l'information... et de mettre Europe 1 dans la blogosphère. Je rêve de voir plus de liens vers des extraits sonores indexés d'émissions radios dans mes billets. Ce serait un pas vers une intégration entre blogosphère et la "radiosphère"...

L'émergence d'Internet comme plateforme

Ça va vite, vous pensez? Voici un aperçu des derniers jours. Catch me if you can.

Microsoft et Yahoo se rapproche
AOL (AIM) domine largement le marché de la messagerie instantanée avec 53 millions d'utilisateurs, contre Microsoft (MSN Messenger 29 millions) et Yahoo (Yahoo Messenger 23 millions).
. Depuis que Google offre GoogleTalk les ennemis d'hier se sont rapprochés. Microsoft et Yahoo! feront messagerie commune... Les utilisateurs de messageries instantanées des deux grands réseaux pourront s'échanger des messages de façon transparente.

Google a répétition
Le laboratoire de Google sort des nouveaux outils au mois. Gtalk, Google Wifi, Google Video... et maintenant Google Reader. Depuis qu'il est en bourse, Google bouge! Regardez bien du côté de AOL, qui est dans le colimateur du Géant G.

Apple sort son iPod Vidéo
Vous l'attendiez, Apple l'a fait: de la vidéo sur votre iPod. Votre nano n'est même pas déballé qu'il est déjà désuet. Votre émission préférée pour 1.99$? Stay iTune!

Microsoft-RealNetworks comme larrons en foire
RealNetwork, c'est eux qui poursuivaient il n'y a pas si longtemps le Méchant MS. Il y a eu entente à l'amiable. Microsoft tente de consolider sa présence sur le domaine de la communication riche (son et image) pour devenir LE joueur Média sur Internet (par opposition à Google qui se positionne comme LE joueur Contenu). Si ça peut nous enlever Windows Media Player, ça sera ça de bon.

Vous en voulez encore?
Un petit rapprochement entre Google et Sun peut-être? Un OpenOffice sur le web?

Ça nous rappelle les beaux moments de la pré-bulle. Mais ici, c'est différent, il n'y a que des joueurs sérieux (les autres ont été écrèmés en l'an 2000).

Quel est l'enjeu? L'émergence d'Internet comme plateforme. C'est l'apparition d'une couche logiciel solide par dessus le protocol IP.

Le WEB OS est pour bientôt...

Google Reader beta est sortie

Je ne l'ai pas vu venir, celle là! Google se lance dans l'agrégation de flux web!

Google ReaderGoogle Reader est un outil d'agrégation sur le web comme peut l'être Bloglines. Il possède une intégration avec Gmail et Blogger (via les menu Gmail This! et Blog This!) et je ne sais pas si on peut les utiliser sans ces services (il parait qu'il faut un compte Gmail pour l'utiliser).

L'abonnement à un site (à un blog) est transparent (on donne le url du blog et Google Reader cherche le fil lui même). L'interface est très simple à comprendre (en autant que l'on comprend le principe de base d'un logiciel d'agrégation) car les options sont réduites à leur plus simple expression (lire le FAQ ou regardez le tour guidé)

Un menu permet de revenir au billet lu (read post) et un système d'étoile ("starred" comme dans Gmail) permet de conserver les billets intéressants.

Les tagging se font autant au niveau des blogs qu'au niveau des posts. Un avantage indéniable sur l'hiérarchie fixe (comme bloglines) où on devait choisir dans quelle branche placer un flux pour l'agrégation.

Par contre, pas de recherche sur les abonnements inscrits ("recherche KM parmi mes abonnements") ni de tri par mot clef ("extraire tous les billets qui parlent de KM"). On est encore en beta, tout de même...

(via SuperCoach)

Stat d'Europe 1

Intéressant l'impact que peut avoir une capsule de 1 minute 20 secondes sur Europe 1 sur le trafic. Trois constats à partager.


Statistique du 12 octobre 2005 de zeroseconde.blogspot.com (les heures de l'axes des x sont celles basée sur le fuseau de Montréal, soit environ 6 heures plus tôt que Paris)


1) Europe 1 diffuse la capsule à 06h17 du matin. Il y a tout de même une soixantaine de personnes qui étaient dans leur cuisine en train de prendre leur café à côté de leur ordinateur.

2) C'est l'arrivée au boulot (08h00 en Europe). Les automobilistes qui ont retenu l'adresse donnée sur les ondes visitent mon site.

3) L'heure du lunch en Europe et réveil en Amérique française. Les derniers européens qui ont la mémoire longue et les premiers nord-américains qui ont reçu mon billet du matin font un tour.

Premier constat
Le fichier journal indique que l'écrasante majorité est passée par un moteur de recherche (exclusivement Google) pour trouver mon site. Le mot clef : "zero seconde" donne heureusement mon carnet en première position.

Dont acte. La guerre des squatteurs de noms de domaine est dépassée. La valeur à contrôler devient le positionnement du nom, de la marque si vous voulez, dans des bases de données, celle de Google plus exactement. Les experts en optimisation d'indexation, s'il fallait un exemple de plus, deviennent incourtournables. Et, si vous voulez mon avis, les agences de relation publique devraient se réveiller et intégrer formellement et rapidement ces experts (ou cette expertise) dans leur trousse d'outils : les SEO font partie des RP.

Deuxième constat
Si on utilise un engin de recherche, c'est qu'on ne note pas l'adresse quand elle est diffusée à la radio. Peut-être qu'être en déplacement automobile n'aide pas. Mais possèder un "nom" unique ou facile à retenir devient comme un mot-clef qui a beaucoup de valeur (comme on vient de le dire). Un nom tel que "mon blog à moi" risque de n'être jamais retrouvé.

Mais ce qui étonne (mais dois-je être étonné?) c'est le peu d'impact sur le web que procure une telle capsule d'une si grande radio. On mesure absolument tout sur le web, avec une granularité de renseignement méconnue dans les autres médias. Je ne connais pas l'audience d'Europe 1, mais 60 visiteurs, ça donne un zéro virgule zéro zéro zéro quelque chose de "clickthrough", pour mesurer en terme de média web ;-) Les auditeurs ne passent donc pas à l'action et reste dans le même média. En fait, c'est sur la longue traîne que l'on voit un tant soi peu un impact : il y a 200 à 300 visiteurs générés en tout sur la journée.

Troisième constat
La consultation des blogs, comme le web en général, suit une courbe calquée sur l'horaire de travail. On remarque que l'arrivée au boulot permet une lecture (ou un furetage) plus abondant (pointe 2) proportionnellement que le reste de la journée. Le midi (point 3) aussi. D'ailleurs, même si ce n'est peut être pas très significatif, les nord-américains sur leur heure de lunch consultent plus de pages (portion mauve de 13h).

Ce qui reste de l'impact de la capsule (peut-être que l'heure de diffusion y est pour quelque chose) disparait très vite. C'est le phénomène des "flash crowds", ces foules qui se déplacent rapidement d'un point d'intérêt à l'autre (le terme provient d'un romancier de science fiction). Il ne reste plus de trace, moins de 24 heures après.

Personnellement
C'est plaisant de voir les autres pointer ou citer son travail. Merci Catherine. J'ai souvent conçu mon blog en fonction de gens entrant par n'importe quelle porte (chaque billet est peut-être la première page de mon site). Mais j'ai réalisé aussi qu'il faut offrir une porte d'entrée "officielle", un moyen aux curieux de pouvoir se faire guider par l'auteur même des pages et non pas par le seul hasard du moteur de recherche et de mots clefs...

Je reviendrai sur ce point...

Europe 1

On parle de mon blog!

Catherine Nivez en parle dans un petit topo à la radio de Europe 1 . Elle est la journaliste de Génération Europe 1 - Nouvelles technologies, le (seul?) magazine radio qui parle des blogs. Elle a aussi une petite capsule dans une émission du matin. C'est dans cette capsule qu'elle passe en revue mon carnet.

Réécoutez l'extrait de 1 minute 20 et 0 seconde. Le lien d'europe 1 est valide pour 1 mois seulement. (correction du 15 oct. : lien qui était erroné est OK maintenant)

Synthèse
Dévoilant l'origine du nom de mon blog, zéroseconde, elle liste aussi en rafale, aux auditeurs, mes principaux apports à la blogosphère. Recevoir des commentaires sur son propre blog à travers les ondes n'est pas chose courante.

J'ai pu admirer l'esprit de synthèse de Catherine car elle a véritablement tenté de caser plusieurs thématiques que j'aborde (entourant le monde des blogs) dans le petit format que lui réserve l'émission d'Europe 1.

Elle synthétise en quelques secondes sur les ondes mes idées qu'elle a lues dans mon carnet (je donne les références entre parenthèse):

Qu'est ce qu'un blog? Une page web avec un public, une audience.
Lire mon billet : Le blog comme page web avec public)

En quoi les blogs sont une rupture? Avec les nouvelles technologies, les blogs s'élèvent au niveau des médias de masse.
Lire mon billet : La société des chroniqueurs
(je préciserais que le mot "rupture" ici doit être entendu comme effet donné par la masse qui a un accès à des moyens de production de communication. Fait sans précédent dans l'histoire, chaque récepteur est potentiellement émetteur et la technologie n'est plus la plus grosse barrière à l'entrée. - en ce sens le web n'est qu'un énorme dazibao numérique).

La nouveauté
du phénomène? Avant la connaissance était transmise par des institutions légitimées et légitimantes (Université, l'état, etc) , aujourd'hui elle produite et transmise par les individus eux-mêmes.
Lire mes billets : Connaissance du monde et Développement du savoir profane
(je préciserais cette transmission n'est pas sans créer des problèmes d'autorité et que ce sera un des grands bouleversements qui nous attend).

Web 2.0 : une collection d'approches

"Le web 2.0 n’est pas une chose, mais une collection d’approches, qui toutes convergent sur un monde de nouveaux développements. Ces approches (...) API, RSS, Folksonomies, Réseaux sociaux (...) proposent soudainement aux créateurs d’applications une nouvelle manière d’approcher des problèmes complexes avec des résultats étonnemment efficaces."
Hubert Guillaud citant Jared Spool dans son article sur InternetActu: Qu'est-ce que le web 2.0? qui donne un bon tour de piste pour se faire une idée à propos de ce buzz word.

Mise à jour (2005-10-16)
L'article original de Jared est ici : Web 2.0: The Power Behind the Hype

Les mots laids

Laids mots les? Un mot peut-il être laid?
créée Triple voyelle, deux accents collés; sentiment de faute de frappe à tous les coups.

Amusante collection des mots les plus laids de la langue française ouverte à vos contributions (via Benoit St-André))

Les mots pour le pire

La blogosphère anglophone en parle sans arrêt depuis le milieu de cet été.
Teachers say no-one should 'fail' It's a deferred success.

En Grande Bretagne, des enseignants ont proposé de remplacer "fail" par "deferred success", c'est à dire "échec" par "succès en latence" (ou quelque chose comme ça). Source BBC

On comprend l'idée : on cherche à éviter d'ostraciser le pauvre étudiant (oups, apprenant) dans son échec scolaire. Le succès n'est seulement pas encore au rendez-vous, il n'a pas "coulé".

"(...) repeated failure, such as in exams, can damage pupils' interest in learning. (...) Elsewhere we applaud those who persevere, like marathon contestants who take days to complete. It's time we made the word 'fail' redundant and replaced it with 'please do a bit more'"

Nice try. On reconnaît au moins que les mots peuvent blesser ou enfermer quelqu'un dans une image. L'enseignement est pavé de bonnes intentions : il s'agit de ne pas enfermer un enfant dans son échec, pensent-ils.

Pourtant par le fait même ils créent un monde où nous sommes condamnés au succès, où la voie est toute tracée d'avance. C'est un système sans extérieur, où il n'y a plus de voies alternatives ni de moyen de repenser le système autrement que de l'intérieur -et Dieu sait que c'est difficile.

Et alors? Faillir dans un système ne veut pas dire que l'élément qui a failli est en faute! C'est peut-être le système qui n'est pas adapté à l'élément ! Mais on ne pourra plus le penser car tout le monde va réussir... Bourdieu dirait "C'est un rapport au monde complètement déréalisé". Un monde d'échec et de succès nous fait grandir...

Orwell a fait apparaître la novlangue 21 ans trop tôt...

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PS: Je ne peux m'empêcher de vous inviter à vous régaler avec les citations notoires recueillies par André Duny sur le système scolaire comme moule des esprits et les injustices collectives en général.

Voici quelques exemples:

"L'homme libre ne doit rien apprendre en esclave" (Platon, La République,6)

"Se faire sa propre opinion, n'est déjà plus un comportement d'esclave" (J.J. Rousseau)

"La soumission à la pensée collective dispense de penser individuellement." (Freud)

"Le système scolaire contribue à convaincre chaque sujet social de rester à la place qui lui incombe par nature et de s'y tenir" (P.Bourdieu. La reproduction.)

"L'école n'apprend pas à réfléchir, car ce serait cette réflexion qui la remettrait en cause" (A.Gide, Les nourritures terrestres.)

Les carnets corporatifs pour petites entreprises


Un excellent post (trouvé via i.never.nu) qui apporte de l'eau au moulin de ceux qui croient au "corporate blogging", aux carnets dans les petites entreprises.
An Argument for Small Business Blogging
par Chris Campbell de Particletree.

"If you think about how most people are using Google (how you use Google), you should realize that people aren’t really using them to search for new businesses or ways to spend money. People search for solutions. People search for answers. People search for things to do. And blogs are the best way to help your business share its answers, solutions and things to do."
Lire l'article

L'argumentaire tourne autour d'un hypothétique "Bob le constructeur" qui cherche a augmenter les visites sur son site web.

Statistiques
Chris construit son argument en se basant sur des données démographiques démontrant la qualité et la quantité des lecteurs de blogs : "These readers are trendsetters, early adopters, opinion makers, news junkies and the biggest advocates of their own personal interests."

Il cite des études et affiche des données pour le marché américain. 30% des américains lisent des blogs (une augmentation de 45% par rapport à l'an dernier).

Par contre, il s'excite un peu en pensant que les flux web permettront de lire davantage que la moyenne de 10 blogs actuels (lire à ce sujet mon billet sur les agrégateurs et celui de François Guité).

SEO vs Blog
L'article souligne le danger de se fier uniquement sur l'optimisation de site par des experts en SEO (Search Engine Optimization), particulièrement ceux porté à voir à court terme pour déjouer les résultats des engins de recherche. Du bon contenu est un meilleur investissement. Chris en a particulièrement contre les mauvais experts axés sur les failles des moteurs.

Mais je crois qu'un bon SEO fera toujours partie de la panoplie des outils pour faire un meilleur site web, comme un bon designer ou un bon ergonome de "usability".

Blog mode d'emploi
Il ne cache rien : "All publications require editorial expertise." Les carnets corporatifs ne font pas exception. Il donne des conseils : Don’t write entries just to sell a product. You need to create a bond. You need to be honest. You need to listen. À force de revoir toujours les mêmes conseils, on dirait des clichés. Mais pourtant il a tout à fait raison. Tous les experts le disent, le répètent. Si vous ne le croyez pas, il vous faut passer encore du temps pour mûrir sur le sujet. Lisez la mésaventure de Vichy.

Rien de vous empêche de faire de votre blog corporatif un long texte publicitaire. Rien n'incitera non plus le client à le lire aussi. Un blog s'adresse aux clients accro afin de créer du bouche à oreille.

Dans sa conclusion, Chris donne une liste de documents sur le sujet. Très utiles.

Commentaires
Lire aussi les commentaires, la plupart très pertinents, qui mettent en perspective l'article de Chris, notamment qu'un blog est une forme de SEO et que "Bob le constructeur" pourrait prendre son temps à faire autre chose que d'écrire un blog pour trouver des clients.

Mon point de vue
Pour ma part, la qualité du billet, les références et les commentaires, font de cet appel au carnet corporatif un vibrant plaidoyer en faveur des blogs. Je l'ai moi-même proposé à plusieurs reprises dans ce carnet et en personne.

Mais cette fois-ci, justement avec la qualité du billet et des commentaires, j'ai réalisé à quel point la blogosphère est un monde de gens qui aiment écrire pour des gens qui aiment lire. Ceux qui se sont rendu jusqu'à ces lignes me comprennent.

Vous devez comprendre que les carnets s'adressent à une clientèle lettrée qui évoluent dans une sous-partie du monde alphabétisée (savoir lire ne veut pas dire vouloir lire). Cette clientèle est statistiquement plus aisée. Pour Bob le constructeur, il devra déterminer s'il aime écrire. Sinon il devra trouver un prête-plume. Et il devra aussi se demander si sa clientèle aime lire. Sinon il ferait mieux de simplement faire de la publicité locale.

Et si Bob répond oui aux deux questions, il a alors un avantage concurrentiel dans son marché. À lui d'en profiter...

L'avenir appartient à ceux qui se branchent tôt...

"If you're not a curious or open-minded person, the arrival of new media channels will not change your tendencies. On the other hand, if you were curious before, chances are very good you will take advantage of the new environment".

Tim O'Brien cité par Sonja Haller (The Arizona Republic)

Le spectacle du monde

Après le sommeil, les repas, le travail, l'entretien du corps et de sa chaumière, ce qui reste ensuite s'appelle le temps libre.

On utilise parfois ce temps pour acquérir de façon utilitaire des compétences (en matière économique par exemple, ou pour le boulot) afin de s'affranchir de sa situation.

Mais principalement, soyons franc, une grande partie de ce temps est dépensé pour ce que l'on peut appeler le spectacle du monde.

On regarde le monde

Le monde est un spectacle sans fin, divertissant et instructif. On peut le faire à la table d'un café, en regardant la télévision, en lisant les journaux ou en voyageant. Le monde peut se réduire à son voisinage, au potinage artistique, au sport, ou s'étendre à la politique ou à la terre entière.

Ce spectacle est un jeu : on décide quelle partie regarder, combien de temps on l'écoute et avec quel degré d'implication on s'investit.

Deux types de jeu

On distingue souvent à ce jeu une portion "noble" et une portion "populaire": le spectacle du monde "sérieux" et un spectacle du monde "léger".

Le premier s'intéresse à ce qui s'apparente à de hauts faits historiques (le retrait de la bande de gaza) et le dernier porte principalement attention aux petites choses locales ou aux apparences superficielles des choses (ce que pense telle vedette).

La critique des mass média repose sur l'omniprésence du spectacle du monde "léger" au lieu de programme de "haut niveau". Comme si du jour au lendemain, tout le monde lâcherait le football pour faire du ballet.

Le spectateur du monde (qu'il soit léger ou sérieux) n'a pas l'ambition de maîtriser un sujet (au sens de devenir professionnellement expert), mais bien d'apprendre ce que le monde dit à propos du monde. Le succès de l'émission "Tout le monde en parle" est probant. "Le cercle de minuit" ou "Apostrophe" aussi. Seuls les thèmes changent.

Le sérieux se prend au sérieux

Évidemment, les spectateurs du monde sérieux acceptent difficilement que l'on puisse ne pas s'engager dans le jeu avec le même sérieux qu'eux. Le spectacle sérieux ne se limite pas à l'actualité et à l'Histoire, mais aussi au monde des idées - l'histoire des idées, la philosophie et même la lecture de blogs. Mais en tout cas, il s'agit d'un jeu d'observation.

Ce que dit Céline Dion ou Ariel Sharon a un poids différent dans la tête de chacun.

C'est que le "sérieux" prend son spectacle au sérieux. Le "léger" prend le sien à la légère. Normal que le premier fasse la morale au second.

Bien informé?

Être "bien informé" constitue pourtant un vecteur important pour les deux types de spectateurs.

Mais ce que "bien informé" veut dire varie d'un groupe à l'autre. Et souvent être informé veut dire recevoir cette information à travers une tierce personne (via les journaux, la radio, la télévision, les conversations, l'éducation, les blogs, etc). La connaissance de première main (comme quand on voyage) reste globalement très limitée : la connaissance du monde (que ce soit le sport ou l'actualité internationale) vient essentiellement d'une connaissance "rapportée".

Nous n'avons que très rarement accès à l'information directe - et on ne parle pas d'avoir accès au fil de presse, mais bien à l'événement lui-même.

Dans ce cas qu'est-ce qui confirme au spectateur "sérieux" qu'il regarde de façon adéquate le monde? Est-ce que son monde est vraiment plus étendu que le spectateur "léger"? N'a-t-il pas lui aussi des biais?

Vision de qualité?

Il serait faux d'affirmer que la vision des "sérieux" est meilleure parce que plus large, car ils ont probablement une conception du monde entièrement faite de connaissances de tierces parties. A un moment ou à un autre ils doivent faire confiance à ce que l'autre dit. À un moment ou à un autre, il a dû choisir l'un plutôt que l'autre. Et ce choix, c'est un biais : on ne lit pas impunément le Nouvel Obs ou le Figaro sans déformer sa réalité du monde.

Bush fils en est le meilleur exemple : à entendre ses excuses sur l'incurie de son administration après le passage de l'ouragan Katrina, il a été vraisemblablement mal conseillé. Sa vision "large" était finalement plus étroite que celle des gens sur le terrain (ou dans l'eau dans ce cas-ci).

Sa vision était plus large, mais cela ne garantit pas la qualité.

L'autorité cognitive comme préoccupation


Une vision large n'est pas nécessairement meilleure. L'inverse non plus. Seul le focus est changé.

Les spectateurs "légers" n'ont pas le problème de l'autorité cognitive : c'est-à-dire un besoin crucial d'identifier les ressources expertes sur un sujet. Il est bien plus pratique - et gratifiant - de l'être soi-même. Le sport est un monde somme toute s'appréhende facilement par un esprit humain autodidacte.

Suivre l'actualité mondiale, par contre, demande un réseau de confiance très étendu afin de cerner le maximum de nuance. Or ce choix de réseau appelle nécessaire une déformation, ne serait-ce que par intérêt personnel.

La blogosphère comme réseau de confiance

Sur le web, ce biais s'appelle blogosphère (b minuscule) qui est une sous-partie de la Blogosphère (B majuscule) de la même manière que notre univers visible (une bulle de 15 milliards d'années-lumière) n'est qu'un sous-ensemble de l'univers total (toutes les planètes de l'Univers sont au "centre" d'une bulle de 15 milliards d'années-lumière, mais toutes ne se recoupent pas nécessairement).

Les blogueurs (qui sont aussi les principaux lecteurs de blog) sont à leur manière des spectateurs du monde, des spectateurs de leur blogosphère. Un monde d'idées, de conversations, d'échange.

Ils en sont aussi des acteurs. Des acteurs abstraits peut-être - par opposition à de la coopération internationale par exemple- qui oeuvrent dans un réseau entièrement basé sur l'échange d'informations, de connaissances, d'expériences du monde "relayés". A lit B qui dit C a écrit D.

C'est un monde basé sur l'autorité cognitive, les influences et la crédibilité. Si on est un spectateur "sérieux", on regarde la blogosphère avec sérieux : et on se pose la question de la crédibilité. Les "légers" porteront moins de soin à la validation.

L'arrivée des barbares ;-)

Comme le transfert de l'auditoire de la télévision émigre lentement vers le web, il faut s'attendre à voir apparaître une grande quantité de gens surfer avec légèreté. Leur temps libre reste un moment de divertissement. Il y a de fortes chances qu'ils acquièrent tout de même une connaissance "plus large" du monde. Mais avec leur biais à eux.

Alors arrivera la confrontation des visions : ils pourront confronter les "sérieux" sur leur terrain et affirmer (avec lien à l'appui) toutes sortes de choses et leur contraire.

Ce sera alors le conflit des autorités cognitives...

De l'utilité de mon agrégateur

Petite réflexion à fil ouvert sur l'utilisation que je fais de mon agrégateur de contenu.


Tel que je les connais, les agrégateurs d'aujourd'hui ne resteront que des outils spécialisés pour infouboulimiques.

Il faut comprendre que je vois une différence entre un blog et un weblog (lire mon billet "Le blog n'est pas un weblog"). Les blogs se spécialisent en création de contenu, et les weblogs ( c'est à dire des logs de sites web) sont des liste de pointeurs, précédant en fait del.icio.us (ou tout autre services de tagging). Bien sûr la séparation n'est pas à couper au couteau.

Le problème.

Autant je peux suivre via un agrégateur
  • 20 fils del.icio.us,
  • 30 fils de site comme boing-boing et
  • 40 fils de site de journeaux,
Autant il m'apparait impossible de "suivre" 90 fils de sites de blogs comme par exemple :
Pourquoi?

Parce que pour les premiers (les "weblogs") ma recherche se limite à des mots clefs et que les seconds ma recherche exige un aspect sémantique.
  • Par exemple, pour les "weblogs" je m'attends à ce qu'ils m'indiquent (par sérendipité peut-être) des sites de contenu particulièrement intéressants. Je demande à mon agrégateur de chercher des mots comme "blogs" ou "rss" pour pouvoir scruter en diagonal les choix retournées.
  • Par contre pour les "blogs", mon agrégateur est incapable de comprendre le sens des billets à contenu. Je dois faire le tri moi-même. Mes blogs favoris ne parlent pas tout le temps de chose qui m'intéressent.
Mais autant mon agrégateur m'est d'une précieuse aide pour les premiers, autant pour les seconds, au delà d'une certaine quantité, je suis incapable ne serait-ce que de lire les titres : les billets sont trop denses (et intéressants) pour que je puisse les lire tous. Je n'ai pas le temps de me rendre à la fin de la liste.

La limite n'est même pas technique. Elle est humaine.

Je ne peux pas "réellement" suivre plus d'une cinquantaine. Et alors? Et bien, un blogroll bien simple ferait bien l'affaire...Alors pourquoi avoir un agrégateur pour 50 fils? peut-être pour voir qui a écrit quotidiennement. Mais si j'attends une semaine. Tous ont écrit quelque chose. La visite des 50 sites s'imposent. Mon blogroll dans ce cas fait bien l'affaire encore.

Pour trier l'information, l'agrégateur est imbattable. Mais quand je veux suivre ma micro-blogosphère de contenu dense, c'est moi qui est la limite... Mon agrégateur me mets en pleine face tout ce que je n'aurais pas le temps de lire.

Dès que l'on quitte le domaine de la technologie (et que l'on ne s'intéresse plus du tout à des acronymes comme xml, ajax, opml) il devient difficile de trouver de l'information sans des mots clefs univoques.

Si j'ai le malheur de m'intéresser à l'épistémologie ou l'autorité cognitive, je suis tributaire de leur emploi (ou non) dans le billet. Les geeks n'ont pas cette malchance. Par étonnant que les agrégateurs soient prisés parmi cette clientèle - mais moi, au moins, mes mots me permettent de faire des sacrés score au Scrabble!

L'agrégateur sémantique et l'autorité cognitive.

Mais est-ce qu'un "agrégateur sémantique" pourrait m'aider? Serais-je mieux servi? Ne croulerais-je pas sous l'avalanche de résultat?

Devant la somme des résultats "pertinents", ne serais-je pas devant une problématique typique de l'autorité cognitive : quels sont les critères de pertinence que je dois utiliser pour trier l'information? à qui dois-je faire confiance pour croire ce qui est écrit? On y revient toujours.

Google lance Blog Search (beta)



Enfin! On peut chercher dans la blogosphère à partir de Google : http://blogsearch.google.com/

C'est la même chose que http://search.blogger.com/ mais avec le branding de Google.

L'indexation semble avoir commencé en juillet 2005 (même avant pour certains blogs). La définition technique d'un blog n'est pas précisée : il suffit d'avoir un fil web ou de faire des pings à des services comme Weblogs.com.

Le grand avantage, c'est la recherche chirurgicale d'un billet avec mise à jour de la base fréquente. Technorati vient de perdre des plumes.

Autre bon point : chaque recherche possède son fil web (atom ou rss).

La blogosphère vient définitivement de naître (pour le gand public) : sa reconnaissance par Google permet de séparer le contenu spécifique de la blogs des autres contenus (news, forum).

Je ne serai pas étonné si blogsearch.google reste très longtemps en version beta , car il m'apparaît très difficiel (voir impossible) de définir des critères techniques pour préciser quels fils webs sont des blogs ou non (conment distinguer une mise à jour d'un site d'un commentaire d'une personne).

La première chose que l'on va voir fleurir maintenant, ce sont les "PR blogs", ces carnets corporatifs de relations publiques . Le territoire est maintenant défini. Blogsearch.google sera considéré comme un canal (ou un média) pour atteindre une clientèle.

(via Boing Boing)

You got jail !

La liberté d'expression et Internet ne font pas bon ménage en Chine. Mais nos géants favoris -Google, Yahoo, Microsoft- s'y amusent comme larrons en foire. Déluge d'indignations.
"Yahoo had to comply with a demand by Chinese authorities to provide information about a personal e-mail of a journalist who was later convicted under state secrecy laws and sentenced to 10 years in prison, according to the company's co-founder, Jerry Yang."
International Herald Tribune, 12 septembre 2005

Yahoo! confirms passing information to authorities on Chinese journalist
Australian Broadcasting Corporation, 12 septembre 2005

En 2002, Yahoo ! a été une des premières entreprises à signer l’ « Engagement public sur l’autodiscipline pour l’industrie d’Internet en Chine » ( "Public Pledge on Self-Discipline for the China Internet Industry")
Reporter sans frontières
9 septembre 2005

Yahoo! e-mail in China: must be evil to be legal Rebecca MacKinnon, RConversation, 8 septembre 2005

"The revelation reinforces a conviction among Chinese "netizens" that there is no place security forces can't find them."
Robert Marquand, The Christian Science Monitor, cité dans CORPwatch, 12 septembre 2005

Not to be read in China
de John Simpson, BBC world affairs editor, Beijing, 12 septembre 2005.
Vous avez aussi remarqué dans la dernière année:
Microsoft censors Chinese blogs (BBC, 14 juin 2005)
Arnaque et censure sur les blogs de Microsoft, (le monde.fr, 4 décembre 2004)
Google news service in China blocks banned sites, (CTV, 25 septembre 2004)
Et un compte rendu de Google-watch en septembre 2004
et beaucoup d'autres articles sur Google

Bon. Quoi penser?

Deux constats (et deux questions):
  1. Si Google, Yahoo et MSN sont prompt à être de bons citoyens pour la Chine, donc ils le sont aussi pour leur pays (mais alors que font-ils donc dans "notre" dos pour aider "leur" gouvernement américain ?)
  2. On demande maintenant aux corporations de défendre des idées politiques, et en même temps nous demandons à nos politiques de se restreindre à l'économie (n'y a-t-il pas là une cynique inversion ?)
Il faut bien comprendre. La liberté d'expression implique que nous diffusons notre point de vue au détriment de notre anonymat. Il s'agit alors de se battre pour que ce ne soit pas un crime. Ne donnons pas aux marchants le pouvoir de défendre ce droit. On ne peut leur faire confiance. Exigeons de nos politiciens de défendre ce droit (et de faire de la politique, quoi!) en faisant pression sur ces gens qui ont une conception bien limitée de l'accès à l'information...
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Notes
Le titre de ce billet vient de Physorg.com : You've got Jail!
Le premier post qui a déclenché cette recherche : Moteurs & Morale : les nouveaux citoyens "censurés-connectés" sur le nouveau blog Affordance.info

Ressources pédagogiques en NTIC

EducNet propose des exemples d’usages pédagogiques des technologies de l’information et de la communication dans l’enseignement.

Chaque document donne des exemples d'utilisation ou d'application en classe, en fonction des thèmes ci-dessous (pdf)

PDF Éducation civique, juridique et sociale
PDF Éducation physique et sportive
PDF Enseignements artistiques
PDF Français et littérature
PDF Histoire et géographie
PDF Langues anciennes
PDF Langues vivantes
PDF Mathématiques
PDF Sciences de la vie et de la Terre
PDF Sciences physiques et chimiques
PDF Sciences économiques et sociales
PDF Économie et gestion
PDF Sciences et techniques industrielles
PDF Documentation
PDF Éducation, sciences et techniques spatiales


EducNet propose aussi une page sur la recherche documentaire

La bibliothèque de l'Université du Québec à Montréal propose une site plus complet sur comment apprendre à faire une recherche d'information efficace

Sur les problèmes de la recherche documentaire lire aussi (quoique plutôt vieux) la section 3 sur les metadatas qui introduit le Dublin Core pour ceux qui ne connaissent pas:
Repérage de l'information sur Internet : Nouveaux outils, approches bibliothéconomiques et micro-structures

Tant qu'à être dans les vieux textes: Comment s'informe un intellectuel au siècle des Lumières : le cas de Voltaire.

Getting Things Done

On peut être séduit par le processus de Getting Things Done de David Allen afin d'arriver à faire tout ce que l'on veut faire. "Remedies and prescriptions to stay on top of your world". Le processus est efficace. Mais on se demande de quel monde on parle : top of my world?!

Illusion mimétique de copier la machine. Les rôles sont inversés. L'humain n'est plus le modèle pour la machine.


Cette caricature (que Marc-André avait posté il y a quelques mois) provient de Too Much Coffee Man.

Glocalization

Le Web 2.0 fait bien jaser. On l'associe à d'autres mots à la mode : remix, tagging, ouverture, social networks, open APIs, microcontenu, personalisation. La meilleure définition, à mon avis reste : read/write web.

Apophenia propose une définition plus politique:

Why Web2.0 Matters: Preparing for Glocalization


"Web2.0 is about glocalization, it is about making global information available to local social contexts and giving people the flexibility to find, organize, share and create information in a locally meaningful fashion that is globally accessible."

"Let the technology and business follow the desires and needs of people. Otherwise, Web2.0 could completely collapse or simply become a tool for the maintenance of structural power."

Charte du knowledge management

Il y a un an j'écrivais un (long) billet sur ce que j'appelais le extreme KM: une charte qui force les employés à transmettre leur connaissance à l'entreprise.

Et bien voilà, c'est fait, Martin Dugage Roulleaux annonce la livraison d'une charte du Knowledge management (pdf).

"La présente charte manifeste la volonté de l’entreprise d’assurer un développement harmonieux de son système de bases de connaissances, en faisant la promotion de son utilisation et en le préservant d'éventuels détournements d'usage."


La charte du knowledge management
La charte précise ce qu'elle entends par "partage" et "mutualisation des connaissances". Si l'entreprise "s'engage à mettre à disposition des utilisateurs un système de bases de connaissances ergonomique et moderne qui leur facilite le travail de capitalisation et de partage des connaissances en l'intégrant dans les processus de l'entreprise", l'employé, lui, doit se soumettre de force à la conservation numérique de toutes traces de ses activités professionnels, à les répertorier et coopérer à toutes requêtes sur sa production.

On ne manquera pas de remarquer que seules les compagnies qui pourront faire du data mining sur le déluge de données qui découlera de la mise en place d'une telle charte seront en profiter.

Il me semble que cette charte revendique trop une approche "top-down" et qu'elle laisse place à des abus potentiels (je crois que l'adhésion à la charte est relié à l'emploi), mais il est peut-être trop tôt pour s'en apercevoir (voici une crainte dont je faisais part). Il est évident qu'il n'y a aucune malice dans le document et il y a fort à parier que l'origine de la charte provient d'une frustration répétée de la non-coopération actuelle des travailleurs du savoir au sein de la compagnie qui en a fait la rédaction (ou selon l'expérience de ses rédacteurs).

La connaissance paye... mais à qui?
On ne se le cache pas, cette charte est là pour protéger et enrichir la compagnie (en autant qu'elle sache faire fructifier le savoir ainsi accumulé). Le KM, l'était déjà, avant, mais de façon passive. "L’entreprise est en droit de réaliser tous les traitements automatisés d’analyse et de renseignement qu’elle jugera utiles sur ses bases de connaissances."

Vous pourriez être légalement tenue de former la mémoire de l'entreprise.

Voici donc aujourd'hui la première tentative d'une société d'instituer et de conserver une mémoire corporative puisée à même ses ressources humaines qu'elle emploie. Elle pourra être la somme de tous ses travailleurs qui sont passés en son sein.

Tout ceux qui travaillent à faire circuler l'information dans leur compagnie risquent d'être séduit par les sirènes de la collaboration forcée (rétroaction rapide, l’interrelation entre les chercheurs, valorisation des processus de recherche).

Lutte des classes xml
Que l'on ne se méprenne pas sur mon point de vue : j'aime le partage de l'information, même en entreprise, mais la consignation numérique de tous les actes professionnels pourrait spolier à terme tout ce qui reste d'humain chez le travailleur (après la force mécanique, c'est au tour de l'intelligence d'être exploité). Quand la base de connaissance aura une masse critique, moins d'employés seront nécessaires pour faire vivre l'entreprise...

La conclusion que j'apportais l'an passé reste toujours pertinente:

Le besoin de rendre une communication claire et explicite demande d'être soi-même clair et concis dans ses pensées, nous sommes porté à réfléchir et retravailler notre pensée jusqu'à la complète compréhension de la problématique.

Jusqu'ici, tout va bien.

Mais alors, pour qu'elle se réalise, cette pensée, elle devra être verbalisée ou écrite. Et à ce que je sache, dans un réseau où joue la sérendipité, la transparence est de mise. Or toute idée exposée (même personnelle ou involontaire) sur un lieu de travail deviendrait la propriété de l'employeur, l'employé n'ayant pas les capacités cognitives d'arrêter le flot de sa pensée ni de conserver celle-ci sous formes d'idées non extériorisées le temps de s'extraire du territoire légal.
Les technologies d'information retrieval sont encore trop primitives pour nous permettre de réaliser tout le pouvoir caché derrière la "traçabilité des activités" inscrite dans cette charte. C'est pourtant pour demain...

A suivre...

PS: précision du 7 septembre.
Un peu de détail sur le document (par moment l'accès au document semble instable):

Charte : Utilisation des système de bases de connaissance
de l'AFAI : L'association Française de l'Audit et du conseil Informatique
Mai 2005
Publier sous Creative Commons (ça mérite mention)

Elle contient une quinzaine de page, mais seulement la moitié est consacrée à la charte elle-même. Le texte est écrit dans un langage concis, clair et accessible (ça aussi ça mérite mention).

Le comité de rédaction de la charte se compose d'une quinzaine de spécialistes en la question.

L'intérêt de cette charte est de normaliser une certaine pratique du KM d'une entreprise à l'autre (ce qu'elle réussi bien).

Il faut reconnaître qu'une charte reste un levier important pour la mise en oeuvre d'un processus de gestion de la connaissance : c'est un moyen de vaincre les freins humains à l'instauration du KM en entreprise. Bien appliquée, cette charte permet de faire collaborer ensemble les "knowledge workers" en valorisant l'aspect "échange des savoirs" et en luttant contre l'inertie typique quand il s'agit de "partager".

En résumé, elle rend obligatoire:
- la traçabilité des activités
- l'identification des contenus produits
- coopération requise
- responsabilisation de l'information diffusée quant à sa complétude et sa pertinence

La présente charte insiste aussi sur la protection des données confidentielles et sur le respect des droits de propriétés intellectuelles. Elle précise l'obligation de garder confidentiel ses modalités d’accès et d’authentification (nom d'usager et mot de passe) : il s'agit de s'assurer correctement de l'identité de l'usager du système - clef de voute à la responsabilisation de l'employé.

Elle oblige la compagnie de maintenir le système "à l'état de l'art par des améliorations et des mises à jour régulières". Quant on sait que l'ergonomie est le problème numéro 1, ce n'est pas une mince tâche de la "maintenir dans l'état de l'art"...

Ma préoccupation personnelle réside surtout dans sa contrainte contractuelle pour le travailleur d'être obligé de tout consigner ("Le non respect des règles définies dans la présente charte pourra entraîner la suppression immédiate du droit d’accès de l’utilisateur à l’outil de gestion des connaissances ainsi que des sanctions disciplinaires et/ou des poursuites judiciaires. (...)"). Dans le cadre normal de ses activités, il n'y a peut-être rien à craindre. Mais je me méfie des fois des "bonnes intentions" des "grosses compagnies" ;-)

Fil web et wiki en entreprise

Deux articles tirées d' Information Week pour alimenter votre réflexion sur les avantages des fils web et du wiki en entreprise (via Cutting Through) -

Order From Chaos Via RSS

How To Use Wikis For Business


Extrait de Order From Chaos Via RSS:
"I can create an RSS channel for the finance department called 30-days-past-due receivables - They just look at their RSS reader."

Cette idée est un bon moyen d'éviter de se faire téléphoner 3 fois par jour : Just read the F* feed! (si vous me permettez l'expression). Inventez vos propre fils : la réservation des salles, l'avance des travaux, suivi des dépenses, etc. Je disais l'année passé que le serveur de fils serait le prochain must...

Extrait de How To Use Wikis For Business
"Consider implementing a wiki if: You want to manage and organize meeting notes, team agendas, and company calendars."

Commencer simplement et facilement avec des tâches qu'aucun logiciel ne fait adéquatement (Word crée des fichiers qui se perdent dans les répertoires du réseau de partage et le email ne fait que s'accumuler dans le inbox).

Dans les deux cas, la vraie chose à ne pas négliger si vous tentez d'implanter ces deux technologies en entreprise : l'inertie des employés. Oh! aucune mauvaise foi ici, les employés ne change pas facilement leurs habitudes. C'est tout. Ce sera la chose la plus difficile du projet. Le reste n'est que techique....