ZEROSECONDE.COM (par Martin Lessard)

ZEROSECONDE.COM

Impacts du numérique sur la communication, notre société, nos vies.

Le Digital Launch Pad 2011

Le Digital Launch Pad est maintenant ouvert pour inscriptions. Ils recherchent «les meilleures innovations dans la sphère numérique québécoise». 


 « L’attention du consommateur est maintenant dirigée vers les plateformes émergentes telles la vidéo en ligne, les réseaux sociaux, les tablettes mobiles et les applications dont les marques recherchent pour trouver de nouvelles manières de rejoindre leurs publics », dixit Mark Greenspan, producteur exécutif de nextMEDIA, dans un communiqué de presse que j'ai reçu il y a quelques instants.

Comme le communiqué était long, je vais vous le faire court: « Le Digital Launch Pad vous offre la chance de connecter avec des agences à la recherche de nouvelles avenues et outils pour coller leurs marques à des consommateurs passionnés du numérique. Le Québec est un foyer d’innovations dans ce secteur et nous sommes impatients de présenter les membres de la communauté québécoise à de nouveaux partenaires potentiels. » Rien de moins.

Je crois que certains lecteurs de Zéro Seconde seront intéressés, particulièrement les étudiants de mon cours à l'UQAM. Ça reste foncièrement quelque chose qui relève de la sphère marketing et publicitaire, mais en l'absence d'aide étatique à la relève numérique, c'est peut-être un bon tremplin pour des talents d'ici pour être vu ailleurs - en autant que vous n'y perdiez pas votre âme.

Le Digital Launch Pad est présenté dans le cadre de nextMEDIA les 5 et 6 décembre prochain à Toronto. Ils attirent les gros noms torontois du secteur tels « MediaCom, Starcom MediaVest, Ogilvy Entertainment, Rethink Toronto, Initiative, Quizative, Proximity, JWT, Tribal DDB et henderson bas kohn ». La récompense consiste en des commentaires des professionnels et leaders de l’industrie,  et les six finalistes se verront offrir des entrées gratuites à nextMEDIA Toronto et aux Digi Awards.

 Les catégories 2011 sont «Hot web sites »(Sites web d’avant-gardes populaires) et « Hot Webseries» (Séries Web d’avant-gardes originales). La date limite est le 21 octobre 2011 et vous trouverez plus d'infos ici: www.nextmediaevents.com/toronto/digital-launch-pad

C'est mon petit coup de pouce à la relève.

Le Wall Street Journal lit Zéro Seconde

On reçoit des courriels des matins qui se situent dans les zones floues du pourriel ou de la bonne nouvelle. En lisant le message, ci-dessous, de Monica Sanford, dont le courriel ne me dit rien, j'apprends que le WSJ lit mon blogue, accent inclus (le gras est de moi):

Hi Martin,


The Wall Street Journal just released a new film to help promote the launch of their Facebook app “WSJ Social”. We’ve been readers of Zéro Seconde for a while now and think it’s one of the better sources of information on the social media space. We were wondering what you and maybe some of your other readers think of the video and the new Facebook app.

Thanks much,


Monica
 


Video: http://youtu.be/5gai1OmYRX8
App: http://social.wsj.com

Je publie ce billet parce que je crois que le vidéo est bien mignon et montre le changement dans la société à propos des relations humaines, des échanges d'information horizontaux entre individus et l'avancement des technologies de communication. Je n'ai pas essayé l'application.

Voici la vidéo:

Ma recherche

Le courriel ne vient pas d'une adresse du Wall Street Journal, mais comme le courriel et les liens pointent vers des éléments du WSJ, je ne vois pas qui d'autres auraient pu envoyer le message (sauf probablement une équipe mandatée par le WSJ, comme semble le suggérer l'usage d'un outil de mass mailing, Jangomail, pour envoyer le courriel).

Je ne sais pas si Monica est autorisée à dire que WSJ est un lecteur de mon blogue, mais je lui donne bien sûr le bénéfice du doute 8-) Je ne vais pas m'enfler la tête, tout de même. Je comprend le jeu des envois massifs. Je souhaite juste que mon blogue a été choisie sincèrement par cette Monica Sanford.

Si c'est la même Monica qui travaille au Daily Nebraskan (et si elle lit vraiment le français) alors je suis flatté, car j'aime bien son point de vue sur un sujet chaud (c'est le cas de le dire, car c'est sur le réchauffement planétaire) et sur le cap 'n trade dans cette discussion (quoi qu'avec qu'avec quelques réserves):


[Mise à jour 29 septembre 2011: je ne crois pas finalement que ce soit la même, mais ça n'enlève rien que la vidéo de l'interview est intéressante)

G+ trois mois après

Google Plus (G+), malgré les 25 millions d’adeptes qui se sont joints au réseau depuis son lancement au début de l'été semble subir un ralentissement. Je posais la question hier sur le blogue Triplex si cela signifiait un déclin pour la plateforme sociale de Google, pour faire écho à un buzz la semaine dernière. Mais qu'en est-il vraiment?

J'écrivais qu'un étude, qu'il faut tout de même prendre avec des pincettes, remarquait une baisse 41 % des commentaires publiés publiquement sur G+. L'étude de la firme ne prend pas en compte les commentaires privés. Mais je me posait tout de même la question : où est allé tout ce monde qui avait quelque chose à raconter?

Certains signes s'accumulent: Gizmodo.fr spéculait sur le fait que Larry Page, CEO de Google, n’ait plus posté sur G+ depuis le 15 août dernier. Huffington Post comparait les termes des recherches Google+ (et Google Plus) avec ceux d’un autre produit, Google Maps. On y voit un sursaut au lancement pour G+ suivi d’un lent déclin. Les recherches de Google Maps restent, elles, constantes. Et en comparant avec les recherches du terme Facebook au cours de l’été, on remarque aussi que G+ apparaît à peine sur le radar, alors que Facebook garde le cap allègrement.

Stats Google Analytics sur les termes Google Plus versus Google Maps:

G+ vs Maps
Avec le recul, on voit effectivement que G+, malgré sa bonne base d’abonnés et ses fonctionnalités intéressantes, n’a pas encore trouvé son souffle. G+ est encore jeune. Twitter et Facebook ont mis longtemps avant de percer, eux aussi! De plus, il faut aussi comprendre que la plateforme sociale de Google est encore en mode Beta fermée. Ce qui n'aide pas: on a beau être 25 millions, on s’y sent à l’étroit quand on ne peut pas inviter ses amis.

Voir article complet

J'ai recueillis (sur G+ !) des commentaires sur mon billet que je vous partage ici:
(source ici et ici)

Claude Champagne - Le problème, avec les "amis", est toujours le même, selon moi. Ils ont reçu une invitation, se sont abonnés, viennent faire un tour sur Google+ et "attendent" qu'il se passe quelque chose... Leurs "amis" font plus ou moins pareil, ils ne participent pas, et se disent qu'il ne se passe rien sur Google+, puis retournent sur Facebook.

Richard Sigouin - Le problème avec G+ et aussi avec les autres réseaux sociaux. Très peu de gens publie du nouveau contenu original. On se lasse à la longue de revoir et revoir les mêmes liens publiés. Soyons original dans nos publications, ça intéressera probablement plus de gens à venir y faire un tour un peu plus souvent...

Nicole Fodale - Je crois que les usagers apprivoisent la bête et que par conséquent au lieu de publier continuellement publiquement, ce que je faisais au début ne comprenant pas tout à fait la porté, maintenant les gens publient davantage à leurs cercles. L'autre chose aussi Facebook s'adapte plutôt bien en s'inspirant de G+ et pour cela je crois que G+ est perdant aussi par le fait qu'il n'est toujours pas public. Les gens sur Facebook voient arriver de belles modifications rien qui puissent les inciter à aller voir ailleurs.

Francis Robert - Je crois qu'il faut être patient. Ce qui fait la force de G+ selon moi c'est tous les outils Google qui viennent avec. Pour une personne qui utilise déjà Gmail (et Calendar, Documents, Photos, etc), c'est facile et même naturel d'utiliser G+. Mais pour bien du monde, il s'agit d'un compte de plus à créer et gérer et c'est là que c'est moins tentant.

Yves Ouellette - Oui... jeune et vieux. entre la naissance et la mort des outils sur internet est souvent rapide. Les post en mode cercle fermé est difficile à estimer mais surement un impact. J'aime bien ce produit, je suis déjà un adepte de Google qui développe des outils que me sont utiles et gratuits.

Seb Paquet - Il semble que G+ ne soit pas suffisamment différent de FB/Twitter pour justifier la migration de M. Tout le Monde.

Sophie Giroux - Parce que cela est supposé s'adresser à M. Tout le Monde? On a vu Fb ajouter des fonctionalités (Subscribe, Groups, etc.) pour tenter de ressembler à G+. Qu'est-ce qui manque ici pour qu'on ait enfin l'impression que d'y passer du temps vaut la peine?

Seb Paquet - Plus de dames!

Yves Williams - Peut-on vraiment parler de problème ?

1) Quelle est la définition de "Publics Posts"? Est-ce seulement les message en "mode public" ? Si c'est le cas, même ce "post", envoyé pour "cercles étendus", ne serait pas comptabilisé. Cette statistique est peut-être trompeuse. Elle peut aussi simplement cachée une modification dans les usages.

2) Il ne faut tout de même pas oublier que tout nouveau joujou voit son usage prendre des proportions plus raisonnables après l'effervescence de la nouveauté.

3) Quoiqu'il en soit, la version de G+ n'est, selon moi, qu'embryonnaire. Google+ est en excellente position pour développer un pôle dominante de la gestion de son identité en ligne. Son développement futur renforcera sans doute encore plus cet aspect. Pendant que Facebook fait beaucoup actuellement pour ressembler à G+, ce dernier tirera probablement son réseau dans des zones que les autres ne pourront pas le suivre.

Et un commentaire sur Triplex:

Claude Lessard - De ton analyse G+, ce que j'en comprends est que finalement l'utilisation qu'en font la plupart est de créer des contacts, du même genre que ceux de LinkedIn, et ensuite de converser avec elles en privées. Si ma compréhension est exacte, il va falloir que Google se repositionne avant d'ouvrir les portes. Car c'est loin d'être certain que les utilisateurs de LinkedIn vont migrer vers G+. J'ai toujours cru que Google voulait à la fois prendre la clientèle Facebook et LinkedIn, en offrant les fonctionnalités des deux réseaux en un seul. À mon avis, c'est ce dont on a besoin, un réseau qui couvre tous les aspects de la vie, privée ou publique, mais qui permet quand même, par son interface, de partitionner les deux aspects.

Les nouveaux supports améliorent-elle la qualité et la richesse des informations?

Quatre présentateurs télé américains reviennent sur la journée du 11 septembre et donnent leur sentiment sur l’évolution des médias. Extraits.

Kalb Reort
Je vous partage les réponses à une des questions posées, pour mémoire. Les réponses, pour succinctes qu'elles soient, n'en donnent pas moins les mots clés pour toute bonne réflexion: news broker, honnêteté, sélection, tri, confiance expérience, temps...
[Source: extraits du compte rendu sur L'observatoire des médias du dernier Kalb Report, par Benjamin Polle]

Marvin Kalb (animateur du Kalb Report) : « Est-ce que les nouveaux supports améliorent la qualité et la richesse des informations qui sont diffusées ? »


Dan Rather (CBS, « Evening news »): « je suis très sceptique au sujet de ce que Twitter par exemple peut apporter. On ne remplacera jamais l’atout d’une personne expérimentée, qui joue son rôle de courroie d’informations (« broker of news ») avec honnêteté. L’avenir passera par internet, mais impliquera d’être très sélectif dans ce que l’on retient de l’information si on veut en conserver la bonne qualité ».

Charles Gibson (ABC, « Good Morning America ») : « L’avenir des médias traditionnel passe par le commerce d’une des choses que nous avons encore à vendre : la confiance ».

Frank Sesno (CNN alors, aujourd’hui directeur de programme à la Georges Washington University) : « C’est comme lorsque l’on est malade, on commence par aller voir sur internet ce que l’on peut trouver sur le sujet, et après on finit toujours par aller voir son médecin habituel. Le bon reportage continuera de demander de l’expérience et du temps. »

Brit Hume (Fox News): « Le format ne se substituera pas à l’expérience. »

Frank Sesno : « Et si le risque de sources tronquées existait avant les réseaux sociaux, il ne fera que continuer avec eux ».
 Autres questions sur L'OdM: Le 11 septembre à la télévision, 10 ans après

La totalité de la rencontre se trouve ici:


La transcription complète est ici (PDF)

Autres billets sur Zéro Seconde sur le même sujet

- Tweets de crédibilité: le cas de Ben Laden (mai 2011)
- Les médias sociaux augmentent-ils la "morbide obésité des points de vue" ?(mars 2011)
- L'enfer est pavé de bonnes nouvelles (février 2011)
- Le ban de Wikileaks (décembre 2010)
- Le mur payant du Times confirme la "commodité" de l'information (novembre 2010)
- Le numérique est au coeur de l'avenir du journalisme (mars 2010)
- Le journaliste-réseau (mars 2011)

La sphère

Demain à 16 h, heure de Montréal, 22 h à Paris, une toute nouvelle émission à la radio de SRC (95,1 FM à Montréal): La Sphère animée par Matthieu Dugal, sur les «nouveaux médias et les réseaux sociaux». Probablement quelque chose qui va vous intéresser. Matthieu me confirme que ce sera aussi disponible en balado.
La sphère
Deux parties

Pour la première partie de l'émission, les invités seront André Mondoux, sociologue des médias et professeur à l’UQAM, et Michel Dumais, journaliste en nouvelles technologies. Vous pouvez être sûr d'entendre un autre son de cloche sur les médias sociaux et probablement quelques remontages de bretelles: ils ne sont pas reconnus pour dire des évidences et répéter les communiqués de presse.

Michel animait une émission hebdomadaire à CIBL il y a quelques années sur les technologies qui était le rendez-vous radiophonique de la communauté internet. J'y ai été invité à plusieurs reprises et les sujets étaient de hauts niveaux. Ça promet donc.

Dans la deuxième partie: Lucien Francoeur, professeur au cégep de Rosemont, et Mario Asselin, d'Opossum, sur les nouveaux outils à l'école comme aides pédagogiques. Mario est probablement le spécialiste de la question. Quand je le rencontre régulièrement, c'est immédiatement intéressant et profond. Rien ne lui échappe sur la techno dans le monde de l'enseignement.

Deux craintes

On va se croiser les doigts: espérons qu'on ne leur pas dit de faire simple pour madame Panet de la rue Panet. On est en 2011, tout de même. il ne s'agit pas de faire du Média Social 101, mais de rattraper le retard et de tirer vers le haut à deux mains.

Malheureusement, format oblige, ces deux parties sont des demi-heures quart d'heures,  alors que chaque paire d'invités aurait méritée l'heure au complet à eux seuls. Un changement de format aurait été très approprié pour un tel sujet, mais on dirait que quelqu'un a peur que les auditeurs s'ennuient. Alors on en mets 4, bien cordés. Il y en aura pour tous les goûts. Erreur.

Un grand vin se déguste en prenant son temps. Coincé dans de petits verres de dégustation, ça goutte le plastique.

À relire sur Zéro Seconde

Sur les mêmes sujets que la prochaine émission de La Sphère, voici quelques billets que j'ai écris ici:

Éducation

Éduquer au 21e siècle: tout reste à inventer (mars 2011)
Un vibrant plaidoyer qui prend acte de la rupture dans l'éducation au XXIe siècle

Internet et enseignement (octobre 2007)
Alors qu'en France on dit “La seule solution : débrancher l’école, la déconnecter. Internet, ça ne sert à rien", au US on dit commencez à vous poser la question de l'inadéquation de l'école d'aujourd'hui avec les nouveaux outils (vidéos)

Evolution de l'acquisition du savoir (août 2007)
Pistes de solutions selon L'UNESCO pour traverser des changements radicaux dû aux TIC.

Mythologies de la connaissance (Novembre 2006)
Idées reçus sur la connaissance en réseau et à distance (5 billets)

Futur des médias sociaux

G+ changera-t-il nos usages des médias sociaux? (juillet 2011)
Premiers constats sur la nouvelle plateforme

2009-l'année des médias sociaux (décembre 2009)
2009 clôt une décennie de progression exponentielle des médias sociaux en ligne.

Pour en finir avec les natifs versus les immigrants digitaux (janvier 2009)
Sur Marc Prensky, l'Internet comme auberge espagnole et les bas-fonds du RSS

L'écosystème de l'information (décembre 2008)
Une série de trois billets sur cette nouvelle écologie des médias qui commence à se mettre en place

Les 6 cultures d'internet (septembre 2006)
Impossible de comprendre le futur d'internet sans comprend sa culture en pelure d'oignon


Tiens un petit bonus pour la route: voyez le chemin parcouru par les grands médias par rapport aux réseaux sociaux

Ma série de billets sur #huisclos

1- IVI: Interruption Volontaire d'Information : Décryptage. Où on repose les questions du projet (et y réponds).

2- Huis Clos J-1: Où peut-être on sent un petit flottement dans la préparation ou du moins l'annonce du projet.

3- Huis clos J+2: Où on effleure la difficile tâche de synchroniser les hiérarchies de l'actualité.

4- Huis clos : fin de parcours: Où un #boom permet de voir le travail de filtrage à l'oeuvre.

5- « Ce qu’on a découvert grâce à Huis Clos sur le Net » : Où on ne cache pas notre perplexité face à certaines "conclusions".


Loin des yeux, loin du choeur (de plaintes)

On prend un café et on lit dans le journal ce matin : «Le ministère des Ressources naturelles et de la Faune [du Québec] a fermé hier les pages Web de son site internet qu'ils avaient consacrées à la "radioactivité au naturel" dans les dernières semaines» (Le Devoir)


On lit un peu plus bas que des voix s'étaient élevées pour publiquement dénoncer ce site qui, selon eux, banalisait le phénomène de la radioactivité («elle est partout, elle est naturelle»)

Je n'ai pas eu la chance d'aller le voir avant qu'il ferme. Destiné aux enfants, le site expliquait le phénomène pour «les intéresser à la géologie».

Sachant que le gouvernement en place trouve que les pets des vaches sont plus polluants que le forage de gaz de schiste, on se demande si le site était du même acabit en faveur de l'industrie minière.

Comme il est aussi vrai que la radioactivité (naturelle) n'est pas dangereuse et on peut se demander si les détracteurs ne criaient pas au loup.

Mais pas de site, pas de moyens de se faire une idée

Mine de rien

Mon premier problème dans cette histoire est que mes taxes ont servi à payer un site que je peux plus voir.

Le second est de me faire une tête. Soit que les fonctionnaires se sont «rendu compte que c'était une gaffe» (comme le dit Ugo Lapointe de la coalition Pour que le Québec ait bonne mine dans l'article), soit qu'ils ont l'interrupteur sensible et tirent la prise de courant dès que le ton monte.

Dans le deuxième cas, ma foi, ce n'est pas très démocratique: une minorité peut empêcher la diffusion de l'information. Dès qu'un nombre critique de voix se fait entendre (et que des médias s'en emparent), quelqu'un dans l'hiérarchie craint pour sa carrière. Si l'info était solide, il n'y avait pas à la retirer. Ils prêtent ainsi flan à la critique.

Mais dans le premier cas, en retirant le site, il n'y a plus de référence possible. Plus de contestation possible. Plus de point de comparaison. Plus moyen de juger par soi-même.

Le point aveugle du réseau: Pas de données? Pas de buzz!

Alerte aux bananes!

Si un citoyen veut faire "son enquête" (derrière son écran , dans son salon), il est bien mal pris. Il faudra bien qu'il se tourne vers les journalistes, qui sont payés pour ce type de recherche, les seuls qui vont au-delà des données accessibles...

Ou on se tourne vers Google et ses caches. [cache 1, cache 2]

Et ce qu'on y trouve est tout de même inoffensif : «Savais-tu que la radioactivité est d’abord un phénomène purement naturel? Même ta banane du matin en contient !» S'en suit un questionnaire benêt du genre : 2 + 2 = ? (a) 4; (b) 8; (c) ma petite vache a mal aux pattes.

«Au Québec, les éléments radioactifs contenus dans le sol sont surtout:
a) l’uranium, le thorium et le potassium. b) le planétarium, l’insectarium et l’aquarium. c) le strontium, le plutonium et le silicium.
Ça ne ressemble pas à de la désinformation (au sens fort).
«Cette année, le thème abordé est : la radioactivité au naturel! Découvrez où et comment se manifeste la radioactivité dans notre environnement, comment on la mesure, quels sont ses effets et comment on l’utilise. Voyez ce qu’on vous propose pour mieux connaître et explorer le sujet.»

Si le thème est «radioactivité au naturel», il ne faut pas s'attendre à ce qu'on parle de Tchernobyl ou de la vitesse où on perd ses cheveux (et la vie) quand on est exposé à 6 sieverts et plus.

Mais ça fait un peu mesquin de ne pas aborder nulle part les dangers. Par exemple, quand on creuse dans le sol pour faire de jolies mines et qu'on remonte en trop grosse concentration de gentils éléments qui déséquilibrent la radioactivité au naturel.

Mais bon. On est assez grand pour juger par nous même. Inutile de retirer le site dès que quelques personnes lèvent le ton...

Le spectacle

«Si vous n'êtes pas avec nous, vous êtes contre nous». Après une dose intense de souvenirs préformatés, dix ans après les événements du 11-septembre, où de façon compréhensible on commémore les victimes, il faut un remède de cheval pour se remettre à repenser les vrais enjeux:

Toute la vie des sociétés dans lesquelles règnent les conditions modernes de production s'annonce comme une immense accumulation de spectacles. [1]

Le spectacle n'est pas un ensemble d'images, mais un rapport social entre des personnes, médiatisé par des images. [4]

Le spectacle se présente comme une énorme positivité indiscutable et inaccessible. [12]

Dans le spectacle, une partie du monde se représente devant le monde, et lui est supérieure. [29]

Le spectacle est la carte de ce nouveau monde, carte qui recouvre exactement son territoire. [31]

Le spectacle dans la société correspond à une fabrication concrète de l'aliénation. [32]

Le spectacle est le capital à un tel degré d'accumulation qu'il devient image. [34]

Le spectacle est absolument dogmatique et en même temps ne peut aboutir réellement à aucun dogme solide [71]

Le spectacle, comme organisation sociale présente de la paralysie de l'histoire et de la mémoire, de l'abandon de l'histoire qui s'érige sur la base du temps historique, est la fausse conscience du temps. [158]

La consommation spectaculaire qui conserve l'ancienne culture congelée, y compris la répétition récupérée de ses manifestations négatives, devient ouvertement dans son secteur culturel ce qu'elle est implicitement dans sa totalité : la communication de l'incommunicable. [192]

Le spectacle est l'idéologie par excellence, parce qu'il expose et manifeste dans sa plénitude l'essence de tout système idéologique : l'appauvrissement, l'asservissement et la négation de la vie réelle. [215]

La désinsertion de la praxis, et la fausse conscience anti-dialectique qui l'accompagne, voilà ce qui est imposé à toute heure de la vie quotidienne soumise au spectacle ; qu'il faut comprendre comme une organisation systématique de la «défaillance de la faculté de rencontre», et comme son remplacement par un fait hallucinatoire social : la fausse conscience de la rencontre , l'«illusion de la rencontre». [217]

Si la logique de la fausse conscience ne peut se connaître elle-même véridiquement, la recherche de la vérité critique sur le spectacle doit aussi être une critique vraie. Il lui faut lutter pratiquement parmi les ennemis irréconciliables du spectacle, et admettre d'être absente là où ils sont absents. Ce sont les lois de la pensée dominante, le point de vue exclusif de l'actualité, que reconnaît la volonté abstraite de l'efficacité immédiate, quand elle se jette vers les compromissions du réformisme ou de l'action commune de débris pseudo-révolutionnaires. Par là le délire s'est reconstitué dans la position même qui prétend le combattre. Au contraire, la critique qui va au-delà du spectacle doit savoir attendre. [220]

in La société du spectacle, Guy Debord

BookCamp Montréal 2011

Bookcamp Montréal est de retour le 30 septembre prochain, de nouveau au Salon b / Salon Memoria, 4231 Boul. St-Laurent, (le café de la mort) pour discuter de l’avenir du livre dans le contexte de la culture numérique.

Détails et inscription ici.

Passer le mot dans votre réseau et d'ici là rendez-vous sur L’Édifice.tv pour écouter des entrevues (une nouvelle capsule tous les lundis) qui donne le ton.
Capsule de lancement de ledifice.tv pour le BookCamp Montréal.

«On ne peut pas balayer aussi vite la question»

Plusieurs commentaires de qualité à propos de mon (mes) billet(s) sur la soi-disant disparition des (grandes) idées, critique de «The elusive big idea», publié dimanche dans le NYTimes.

Comme j'ai écrit ma critique sur Triplex, Zéro Seconde et sur G+, les commentaires sont un peu dispersés. J'ai tenté de répondre quand je pouvais.

«Ta démonstration serait plus convaincante si»

Un commentaire a retenu mon attention, pour sa critique, sa pertinence (et l'autorité du commentateur). Et je la reposte ici pour mémoire (en donnant des fragments de réponses, tout en sachant qu'ils ne closent pas la question)

Sur Triplex, Jean-Michel Salaün, la première partie de son commentaire se lit comme suit:


«Ta démonstration serait plus convaincante si les exemples que tu donnes ne tournaient pas tous autour de la même question du rôle social d'internet. Et malgré leur intérêt - ce sont des blogues que je lis aussi régulièrement - ils sont difficilement comparables aux auteurs cités. Dès lors, il me semble que tu confortes plutôt involontairement l'argumentaire que tu critiques.»


J'avais cité Olivier Ertzcheid, Hubert Guillaud, Mario Asselin, Sébastien Paquet et Marie D. Martel. J'aurais pu citer aussi Vincent Olivier, Rémi Sussan ou Enkerli ou Lemire  Ou, pourquoi pas, Jean-Michel lui-même.

Mais son point reste toute fois encore valide. Ils sont tous très proches de ma sphère d'intérêt personnel (impact d'internet sur la société, avec un faible pour la science de l'information).

Par contre, je suis moins convaincu qu'ils ne produisent pas de grandes idées.

Mais si je me mets sur son terrain d'argumentation, je ne devrais pas enligner Asselin et Einstein sur le même niveau (si le premier a révolutionné une école primaire dans la ville de Québec, le second a redéfini le temps et l'espace pour toujours). Soit.

Par contre, si j'avais cité des auteurs anglophones, disons Shirky, Anderson ou Tapscott, je serais déjà au niveau de McLuhan. Et je ne conforterais pas nécessairement involontairement l'argumentaire que je critiquais.

Shirky, Anderson et Tapscott ont les caractéristiques requises, je crois, pour être de ces intellectuels qui pondent des grandes idées. Mais principalement parce qu'ils sont anglophones et qu'ils intéressent déjà les grands médias -- ils ont donc une plus grande portée que ceux de ma liste.

Dans l'argumentation initiale, la notion de «grande idée» découlait de sa popularité -- donc de sa grande diffusion. Et ceux qui ont accès aux grands médias ont de grandes idées? Ou ne serait-ce pas un effet autoréalisateur?

Les idées qui ne plaisent pas au centre restent en périphérie et n'acquièrent pas le statut de grande idée...

«on ne peut pas balayer aussi vite la question»

La deuxième partie de son commentaire sera pour moi matière à réflexion future --probablement des billets à venir sur Zéro Seconde.


«Même si la nostalgie d'une génération pour la grandeur passée de ses idées est un classique de toutes les époques. Il me semble que l'on ne peut pas balayer aussi vite la question de la rapidité de lecture, du déplacement de l'autorité et du rôle de l'intellectuel sur l'internet.»


Bon, je vois qu'on ne me laissera pas m'en sortir aussi facilement ;-0

Pour amorcer la réflexion, je me mets quelques notes, qui sont des pistes de départs (et non des conclusions). J'essayerai d'y répondre plus formellement une autre fois...

Rapidité de lecture

Lire et écrire Internet : définition, enjeux et évaluation des littératies numériques, Emmanuel Duplaa


Déplacement de l'autorité

Autorité et pertinence vs popularité et influence : réseaux sociaux sur Internet et mutations institutionnelles, Olivier Le Deuff, 2006


Rôle de l'intellectuel sur Internet

Rencontre débat : Les intellectuels s’engagent-ils sur Internet ? Avec Jean-Marie Colombani et des sociologues des médias réunis le 16 novembre 2010.

D'autres pistes?

La longue traîne des idées

Un article dans le New York Times de dimanche, «The Elusive Big Idea»  a attiré mon attention -- et celui de bien d'autres.

C'est un constat du déclin des «grandes idées» dans la société en général : les idées qui circulent aujourd’hui seraient plus ténues que par le passé.

Une «grande idée», c'est ce qui déclenche de passionnants débats, stimule l’esprit, engendre révolution et changement de perception dans la façon de voir et penser le monde.

Par exemple Einstein et sa théorie de la relativité, ou McLuhan et son «le médium est le message».

Évidemment, et c'est la faute à la surabondance de l'information, Internet, le web et les réseaux sociaux étouffent les grandes idées et polluent celles des penseurs.

On ne se contenterait plus que de se regarder tweeter à propos de sandwich que l'on mange ou d'émissions de télé que l'on écoute.

«Où se trouvent les grandes idées aujourd'hui?» J'ai écrit un billet sur Radio-Canada/triplex pour y répondre et remettre les pendules à l'heure.

L'Ancien Monde est mort

La logique de l'auteur est fallacieuse. Ce qu'il déplore, en fait, ce n'est pas la disparition des idées, mais bien que les idées ne soient plus propagées sur une grande échelle par les médias de masse.

Ou plutôt que les grands médias n'ont plus la même influence qu'avant pour imposer leurs idées. Ce qui revient au même.

Les idées n'ont plus besoin des grands médias pour se propager. Elles se propagent par les petits médias, les médias sociaux.

Les «curateurs» trient et filtrent, bien comme mal, les informations jugées pertinentes par eux et pour leur réseau.

Ce n'est plus les grands médias qui décident de ce qui va changer le monde -- et donc de désigner les «grandes idées». Une idée n'a pas besoin d'être brandé «big idea» par les «big medias» pour stimuler l'esprit, engendrer des révolutions et changer notre perception du monde.

Continuer la réflexion ici:

The (actual) future of the Big Idea Nieman Jourmalism Lab
If Big Ideas Are Elusive, Blame The New York Times, The Faster Times
The Big Idea is Alive and Well, Rickliebling

PS: j'ai publié une précision ici suite au commentaire de JM Salaün sur Triplex

Question de ratio

Il y a 50 ans, écrivait Seth Godin cette semaine sur son blogue, le ratio était de 1 000 000 à 1. Pour chaque personne dans les médias, il y a 1 million de spectateurs. Ce ratio diminue depuis des années.

La majorité des gens étaient en mode consommation. Peu étaient des créateurs de contenu.

100000:1 Les magazines ont ramené ce ratio à 100 000 pour 1. Un rédacteur d'un grand magazine pouvait espérer avoir un impact sur beaucoup de monde.

10000:1 Les canaux spécialisés sur le câble et les magazines spécialisés font baisser ce ratio à 10 000 à 1, continue de raconter Godin. Il est possible de cerner davantage les intérêts particuliers.

1000:1 Puis vient le temps des blogues et des podcasts, de YouTube et de Twitter, où chacun peut maintenant espérer avoir une audience de 1000 personnes.

Tendre vers zéro

Godin se demande à la fin de son billet à quoi peut ressembler un ratio qui tendrait vers zéro.

Je crois qu'on peut lui répondre ceci:

100:1 ? Probablement Facebook.
10:1 ? À n'en pas douter, c'est le courriel.
1:1 ? Hé bien c'est FaceTime. Mais là, le téléphone l'a devancé depuis plus de 100 ans...

Pourquoi s'arrêter en si bon chemin?

À quoi ressemblerait un ratio inverse? C'est-à-dire zéro lecteur et un créateur?

0:1 ? Un iPod branché à un Nike! Vos baskets vous renseignent sur votre état de santé ou d'avancement dans vos entraînements...


Aux +1 citoyens!

La marseillaise, à la sauce Google Plus, en ce 14 juillet:


Allons enfants de la cerclerie
 Le jour de G+ est arrivé
 Contre nous de la Facebookerie
 La privacy branlante est levée
 Entendez vous dans les cliques
 Mugir ces férus geeks
 Ils viennent jusque dans vos profils,
 Plusser vos flux, vos posts

Aux +1 citoyens! Formez vos cercles!

plussons, plussons,

Qu'un stream épuré abreuve nos sillons.

Bonne fête nationale à tous les Français !

G+ changera-t-il nos usages des médias sociaux?

J'ai eu la chance de pouvoir entrer dans Google Plus (G+ pour les intimes) parmi la première vague (l'ouverture officielle grand public est prévue le 31 juillet 2011) et d'explorer la nouvelle plateforme. Voici mes réflexions, après une semaine d'usage.
Google Plus
Google Plus

Pour une bonne description de ce que fait Google plus voir le billet du blog officiel de Google (english) ou celui de Benoit Descary (Via +michelleblanc)

G+ a attiré les power users, et en tant que tel, on ne peut que se sentir à l'aise. Éventuellement, ça va changer, mais c'est un avantage énorme: un haut taux de signal par rapport au bruit.

L'interface ressemble à Facebook. Pas nécessairement un avantage, ni vraiment un défaut -- quoique dans ce cas-ci, ça appelle une comparaison et je dois dire que pour ce qui est de la présentation du flux, FB a une longueur d'avance, mais pas pour le reste.

Évidemment, vu la nouveauté, les 3/4 des conversations portent sur l'outil lui-même. C'est d'ailleurs très pratique, car on en apprend plus vide les subtilités.

La gestion en "cercle" de ses amis est un peu surestimée. Il est judicieusement placé à la vue pour rappeler de l'utiliser, mais la métaphore des cercles (représentée par... des cercles) finira par perdre son lustre de nouveauté et on exigera un peu plus de fonctionnalités, moins de bonbon, pour gérer plus efficacement ses groupes qui ne tarderont pas à être lourds...

Phrase la plus entendue: «Oh! je viens de découvrir une autre façon de faire des invitations G+»



Facebook

Voilà le réseau qui a le plus à craindre de l'arrivée de G+. À part Martin Ouellette qui a fermé son compte FB pour rester à demeure sur G+, je ne connais pas grand monde qui abandonnera complètement Facebook. Sauf s'ils font encore des conneries avec les éléments de vie privée.

Je ne vois rien dans G+ ce qui justifierait un exode massif comme on l'a vue de MySpace vers FB. Les utilisateurs lambdas vont migrer quand leur réseau va migrer aussi. C'est la question de savoir qui de l'oeuf ou la poule quittera en premier FB...

Il est probable que les usages plus professionnels qui se faisaient dans FB vont se faire plutôt G+ qui a de facto un aspect "sérieux". Surtout lorsque le Géant de Mountain View y ajoutera des passerelles vers des outils comme Blogger, docs et maps. La gestion des cercles permet effectivement de faire travailler en collaboration des travailleurs à la maison plus facilement grâce aux conférences vidéos notamment. L'intégration de G+ dans Andoid est probablement un cheval de Troie pour entrer dans sur la place de travail. L'application est vraiment bien faite et saura plaire à ceux qui veulent rester en contact avec leur équipe.

FB est et restera une place publique pour les conversations légères (photos de vacances, échanges d’humeur, souhaits d’anniversaires). Un lieu de rassemblement pour croiser des gens de tout horizon, car il n'y a pas que des geeks qui utilisent internet. FB sera pour socialiser et G+ pour travailler?

Phrase la plus entendue: «Oh! Je viens d'éternuer»


Twitter

Twitter restera une place de diffusion pour la propagation de nouvelles (liens, primeurs, commentaires à chaud). Car c'est de facto le bulletin mondial de ce qui se passe, le haut-parleur qui scande le rythme de la vie publique des citoyens du monde. Sa structure improbable qui limite invraisemblablement les tweets à 140 caractères reste et demeure son avantage numéro uno. On scanne plus facilement un flux de tweets qu'un flux de G+.

Tweeter restera ce qu'il est et fait de mieux: un endroit pour les petites exclamations. On ne s'enfarge pas dans des conversations qui vont dans tous les sens. Twitter, c'est le fil de nouvelles mondiales (et de potin) et non pas un forum

Phrase la plus entendue: «Oh! Je viens de lire http://bitly.com/abcde»



Foursquare

G+, comme les autres plateformes, fait de la géolocalisation. Mais on est loin de l'intégration de type «check-in» dans un lieu comme Foursquare. Si vous souhaite seulement indiquer où vous êtes, G+ fait bien le travail. Mais si vous voulez indiquer l'endroit où vous êtes (magasins, parc, événement) Foursquare a encore l'avantage et G+ ne le menace pas outre mesure.

Phrase la plus entendue: «Oh! Je suis le maire du McDonald»


Quora

Comme lieu hyperspécialisé pour poser et répondre aux questions, Quora n'a pas à s'en faire. Mais tout réseau social lui fait perdre un potentiel de poser/répondre à des questions, et G+ ne fait pas exception.

Phrase la plus entendue: «Oh! Qui connait la 127e décimale de PI?»


Linkedin

Autre lieu hyperspécialisé pour connecter des gens d'affaires. Comme Rolodex et cv autoorganisé, il reste imbattable. Pour trouver quelqu'un rapidement dans son réseau d'affaires, aussi. Mais le graphe social qui s'ordonne organiquement autour d'un G+ qui attirerait des usagers plus professionnels pourrait lui faire du tort. Il est plus facile de trouver quelqu'un dans son réseau vivant sur G+ en posant une question, que d,envoyer un message sur un répertoire comme Linkedin.

Phrase la plus entendue: «Oh! Je voudrais te rajouter à mes contacts»

--
Et vous, quel est votre point de vue?

Mon palmarès blogues québécois

Dans quelques jours, Wikio va changer son palmarès mensuel pour refléter les blogues inscrits qui seraient les plus populaires au Québec. Vous avez ci-dessous la liste en «avant-première» qui sera affichée le 5 juillet. Et ma version perso plus bas.

Le palmarès Wikio de ce mois contient grosso modo les mêmes noms que les autres mois (voir les palmarès que je mets en ligne depuis quelques mois). Vous trouverez dans mon billet sur Triplex mes commentaires sur l'intérêt et les limites de telles listes (voir Besoin de palmarès).

Je vous donne le palmarès générique en premier et ensuite le mien.

Ce qui est in, ce qui est out du top 20

Vous remarquerez que Wikio est impitoyable sur le nombre de liens entrants. Plus vous publiez, plus vous courrez la chance de recevoir des liens entrants. Et plus vous montez sur le palmarès Wikio.

La grande absente du palmarès est Michelle Blanc. Un petit ralentissement et hop, impardonnable, on se fait éjecter du top 20.

Jean-François Lisée est _le_ blogue montant sur l'actualité et colle maintenant aux fesses du numéro 1 québécois de tous les temps, Vincent Abry.

Le Boa bleu continue son ascension (apparue en mai, la blogueuse se taille maintenant une place en 13e position).

Tchoubi prend des vacances de blogues jusqu'en août. On imagine tout de suite l'implacable descente qu'elle fera au prochain mois. Wikio lex, sed lex.

Blogues les plus populaires, tous genres confondus, selon Wikio au 1 er juillet 2010

1 Blog Marketing Web 2.0 et Techno
2 Le blogue de Jean-François Lisée
3 les gourmandises d'isa
4 Descary.com
5 Blogue Patrick Lagacé
6 My Beauty Québec
7 ANTONI, BORYS & CIE
8 Poste de veille
9 Le palais gourmand
10 Les mille et un délices de Lexibule
11 Les plats cuisinés de Esther B
12 Richard Hétu
13 leboableu
14 Pause lecture avec Kikine
15 Richard Therrien
16 Bibliomancienne
17 marevueweb
18 DominicArpin.ca
19 Tchoubi
20 Hollywood, P.Q.

Classement réalisé par Wikio

Une liste «populaire» me laisse toujours pantois, car elle révèle des choses étonnantes (par exemple, My beauty Québec qui dépasse les blogues de Richard Hétu et Richard Thérien).

Une liste subjective, bâtie par une personne dont vous respectez l’opinion, a probablement plus d’intérêt qu’une sélection algorithmique secrète. Voilà pourquoi que je vais vous partager ma liste des blogues québécois les plus intéressants.

Mes tops québécois sur Wikio, selon moi

Elle est créée à partir des 100 blogues les plus populaires au Québec selon Wikio au premier juin 2010 mais où je n'ai conservé que ceux reliés à ma sphère d'intérêt.

Ce sont des blogues techos qui sont inscrits dans Wikio. Je vais donc conserver l'ordre de Wikio (le chiffre entre [crochet] indique son rang dans Wikio) et lister tous les blogues les plus lus de ma sphère.
01 [01] Blog Marketing Web 2.0 et Techno
02 [02] Descary.com
03 [14] Michelle Blanc
04 [17] Bibliomancienne
05 [18] DominicArpin.ca
06 [19] Adviso
07 [30] Maxime Johnson
08 [38] Zéro Seconde (je suis ici, et vous aussi)
09 [48] Web Marketing
10 [53] Synchro Blog
11 [58] N'ayez pas peur
12 [60] Blogue de geek
13 [61] Ze Laurent
14 [71] Bloc-notes de Jean-Michel Salaün
15 [72] KimAuclair.ca
16 [83] Triplex (mon blogue collectif à Radio-Canada)
17 [85] Mieux Connaître (Les bénéficess du web 2.0)
18 [89] Mario Tout de Go
19 [94] Patrick Dion
20 [95] Diane Bourque

Bon, notez encore une fois, que ce ne sont que les blogues inscrits à Wikio. Il en manque beaucoup. Et des meilleurs. Mais ce sera pour une prochaine fois.

Mes billets sur Triplex

Ça fait un petit bout de temps que je souhaitais faire une petite liste des billets que j'ai écrits sur Radio-Canada.ca. La prochaine fois, je ne vais pas attendre aussi longtemps, juré!...
Triplex
Google acquiert SageTV pour sauver Google TV? Le place-shifting + DVR = espoir de Google TV
Internet dans une valise : le gouvernement utilise Internet comme outil militaire et diplomatique.
Les médias sociaux peuvent-ils faire la leçon aux politiciens? : «Tu ne peux pas mentir en média social, tu ne peux pas tricher en média social.» Vraiment?
Lisez ceci et épatez vos amis :  L’argument de posséder plus d’information est-il encore pertinent à l’ère de la surabondance?
Ces réseaux que les médias français ne peuvent plus nommer? Facebook et Twitter, vocables non grata
Le Pentagone répliquera aux cyberattaques par de vraies bombes : «tu me hackes, je te casse»
eG8 - Le futur d'Internet : Il faut un monde pour faire vivre Internet
Le mème de la fin des temps: N'ajustez pas votre appareil, la fin du monde n'a pas eu lieu
Les musées en partage : Les musées et la participation à la 2.0
Décalage entre l’école et la société numérique? L’école n’a plus le monopole des « environnements d’apprentissage »
Questions d'images : le cas Ben Laden : Comment illustrer un événement sans image
Messagerie vidéo mobile, c'est parti : Android 2.3.4 disposera de Google Talk vidéo
Lendemain de veille (électorale) : Votez, votez, il en restera toujours quelque chose
Mariage royal 2.0 : comme si vous y étiez (enfin, presque...): Peut-on voir dans ce mariage la consécration du web social?
PeerIndex : mesure de l'autorité : petite évaluation de Peerindex
Klout: L'influence de l'influence : petite évaluation de Klout
YouTube Live : suivez le guide: Google vient d’ouvrir son service de diffusion vidéo en continu
Besoin de palmarès: Top Québec avril 2011
Zombie d'avril: l'allégorie des jeux de zombie de nos vies surstimulées
16 ans de wiki: la raison qui fait que la culture du wiki n’est pas si répandue
Un Fab Lab au Québec: la culture du faire soi-même
Twitter a cinq ans: se médiatiser sans les médias
1 autobus, 2 personnes, 5 constats: Il y a beaucoup de Monsieur Jodoin qui font du média social sans le savoir
La Presse pense à un « plan iPad »: La Presse cherche à créer sa « révolution numérique »
La rencontre du troisième type: mon billet d'introduction à Triplex!


«La démocratie représentative est obsolète»

On évoque parfois la montée en puissance d'internet et des réseaux sociaux pour expliquer la désaffection de la population face à la politique. Le député péquiste Yves-François Blanchet, critique en matière de culture, allait un pas plus loin la semaine dernière en annonçant que la façon de faire la politique devait changer à l'image des médias sociaux.


Platon«Le franc-parler qu'imposent les médias sociaux est à la base même de la nouvelle façon de faire de la politique» (source) dit-il en faisant référence à la «ligne du parti» et au musalage des opinions des députés qui se mettent ainsi à envier la liberté que nous citoyens avons de nous exprimer, d'agir. Voir mon article sur Triplex: Les médias sociaux peuvent-ils faire la leçon aux politiciens?

Ça rejoint exactement les propos de ce matin à la RTBF de l'écrivain Flamand David Van Reybrouck, l'un des créateurs du G1000, une initiative pour réfléchir sur les défis de la démocratie représentative en Belgique: les citoyens peuvent réagir directement et pas seulement se faire demander de voter une fois tous les quatre ans.

«Le système de démocratie représentative que nous connaissons depuis 1830 est un bon système», raconte-t-il au micro belge, «Il a fonctionné pendant deux siècles, mais il touche désormais à ses limites». Van Reybrouck affirme que le système représentatif actuel est «obsolète».

Les médias sociaux pour refaire fleurir la démocratie?

Indignés du monde entier, followez-vous!

On sait que les réseaux sociaux ont joué un rôle dans les soulèvements du printemps arabe. En Syrie, en ce moment, une partie de la bataille se joue sur les réseaux sociaux. L'Égypte de Moubarak l'avait compris et avait tenté un temps de fermer complètement Internet. L'Iran propose même de créer son propre réseau (un Internet «halal») coupé du reste du monde pour contrôler les informations qui y circulent.

On se plait bien a imaginer Internet comme porte-étendard de la démocratie dans les régimes autocratiques. On pensait moins qu'il affecterait aussi nos démocraties.

L'international RSS

Le printemps arabe a des répercussions en Occident. Les manifestations des jeunes «indignés» espagnols ont pris de l'ampleur et se sont solidifié via les réseaux sociaux. . Le mouvement des «indignés» fait même des émules à Paris et en Grèce.

La vague s'est-elle rendu au Québec? La vague orange de la dernière élection fédérale participe-t-elle du même désir de «changer»? Les démissions-surprises au Parti québécois mettent-elles aussi au jour un sentiment à l'intérieur même de la machine de «changer»?

Que les médias sociaux soit un modèle au point d'être «la base même d'une nouvelle façon de faire de la politique» est une idée séduisante. Mais est-ce que le déploiement à grande échelle dans la société (participation directe) possède les mêmes attraits, ou serait-ce seulement de nouveaux habits?

On sait que les médias sociaux influencent la vie politique. Le «franc-parler» des médias sociaux est une chose, mais gère-t-on une société à coup de «like»? Les événements montrent que c'est ensuite sur le terrain que ça se passe. Mais l'un ne va plus sans l'autre.

Pistes

À quoi ressemblerait une sortie de la démocratie représentative qui prendrait en compte la culture des réseaux? Si vous avez des pistes, n'hésitez pas.

- G1000, laissons aussi les citoyens délibérer, et pas seulement les représentants du peuple.
- Génération d'idées, aspirer à un Québec meilleur! Et à le bâtir!
- Institut du Nouveau Monde, encourager la participation citoyenne et de renouveler les idées au Québec
- Les médias sociaux - Utilisations politiques et conséquences pour la démocratie représentative Canada/ Publication No. 2010-10F  (merci Kairn de Plateau)
- They Work For You. Royaume Unis / Are your MPs and peers working for you?

Réponse à mon billet 
La renaissance démocratique; une affaire de médias sociaux? Publié par paradigmes21 le juin 14, 2011

Journalisation des médias

Je ne sais pas ce que mange Stéphane Baillargeon, mais depuis plusieurs semaines sa chronique médias dans le Devoir relève le débat dans la sphère médiatique à un niveau vraiment intéressant. Il prend au mot l'accroche du Devoir.com : «libre de penser»

Les défenseurs de la pensée uniqueEncore ce matin, il donne un coup de pied dans la ruche en traitant de la «journalisation» des médias comme accélérateur de conformisme. La journalisation, c'est la domination des journalistes imposant un commentaire médiatique uniforme sur toutes les plateformes.

Il en donne pour preuve le commentaire d'un auditeur lors de la dernière émission de Christiane Charette, vendredi dernier, qui ne surprendra que ceux qui n'ont jamais écouté l'émission:
«Cette dernière revue de l'actualité démontre bien pourquoi cette émission devait se terminer. [...] Malgré la présence de six invités, [...] tous tellement prévisibles, stériles à la limite, incapable de penser en dehors d'un certain conformisme et d'une certaine bien-pensance. Le droit à la divergence est-il toujours possible dans ce type d'émissions à Radio-Canada? Allez écouter France Inter, RTI, NPR, la BBC, même la CBC pour voir ce qu'est une radio à la pensée riche, complexe, diversifiée et souvent contradictoire.»
Le poids des maux, le choc des journalistes

Baillargeon ajoute «l'information est une chose bien trop importante pour la laisser aux seuls reporters et chroniqueurs qui exercent leur pouvoir en s'exonérant parfois bien tristement de leurs responsabilités.»

Il cite ensuite le journaliste-essayiste Jean-Claude Guillebaud que cette «omnipotence malsaine» charge le journalisme de responsabilités pour lesquelles il n'est «ni préparé ni armé».

On ne peut tomber que d'accord quand Baillargeon conclut que «[l]es médias sont censés porter la pensée critique et la diversité des points de vue sur le monde. Enfin, idéalement.»

Il entend ici les grands médias de masse. «[S]i Radio-Canada ne le fait pas, quel autre média de masse et de qualité le fera en ce pays hyperconcentré?».

Ile déserteLa lutte en périphérie

Si j'en crois ce que je commence à lire dans La lutte initiale, de Philippe Nassif, il n'y a rien à espérer du côté de la médiasphère. «Le centre de nos sociétés n'est plus constitué que par une médiasphère dont le message récurrent est la jouissance immédiate»

Comme Nassif et bien d'autres, je crois qu'il se dessine un nouveau sens commun et qu'il se développe dans l'ombre, dans des niches, et à la périphérie.

C'est hors du centre qu'on trouve maintenant les penseurs de demain.

Wikio Top 20 Québec

Je continue ce mois-ci à vous donner [à l'avance] les résultats des blogues participants à Wikio, un moteur de classement de la blogosphère, pour le mois qui vient de s'écouler. [Wikio ajustera son classement le 5 juin]


Pas de grandes surprises dans l'ordre général, sinon l'apparition dans le top 20 d'un blogue beauté (7e position) et de l'arrivée d'Adviso (19e) et de la bibliothèque d'Allie (20e).

--
Légende
nouvelle position [ancienne position] (genre) nom
--

01 [01] (techno) Blog Marketing Web 2.0 et Techno
02 [03] (techno) Descary.com
03 [02] (actu) Le blogue de Jean-François Lisée
04 [04] (bouffe) les gourmandises d'isa
05 [08] (famille) ANTONI, BORYS & CIE
06 [06] (bouffe)Les plats cuisinés de Esther B
07 [--] (beauté)My Beauty Québec
08 [09] (actu) Poste de veille
09 [10] (bouffe)Les mille et un délices de Lexibule
10 [05] (bouffe)Le palais gourmand
11 [07] (actu) Blogue Patrick Lagacé
12 [--] (livres)Pause lecture avec Kikine
13 [13] (actu) Richard Hétu
14 [11] (techno) Michelle Blanc
15 [12] (actu) Richard Therrien
16 [17] (famille) leboableu
17 [15] (techno) Bibliomancienne
18 [14] (techno) DominicArpin.ca
19 [--] (techno) Adviso
20 [--] (livres) La bibliothèque d'Allie
Classement réalisé par Wikio

Et comme toujours, cette distorsion : le quart des blogues portent sur la technologie, ce qui est loin de refléter la tendance des Québécois. Et une surreprésentation, aussi, des blogues bouffe. Les premiers sont surtout tenus par les gars. Les seconds surtout par les filles.

Bonne nouvelle, deux sites "livre" s'insèrent dans le peloton -- Kikine (12e) et Allie(20e). Les blogueurs sont, après tout, de grands lecteurs.

La classification wikio ne s'applique qu'à ceux et celles qui se sont inscrits à wikio. Il y a donc des bons blogues qui ne s'y retrouvent pas. Le top blogue 100 Québec est disponible ici.

Le classement n'indique pas les blogues qui intéressent les Québécois, mais bien les blogues québécois qui ont reçu le plus de visites selon wikio. Ce qui diminue grandement sa valeur (et serait plus compliqué à compiler)

La valeur d'un tel classement reste à démontrer et comme je vois qu'après 6 mois la tendance se maintient avec à peu près les mêmes à la tête, il serait préférable de reclasser en sous-catégorie pour que ça soit plus intéressant (il n'y a rien à interpréter qu'un blogue de beauté dépasse le blogue de Lagacé, sauf à répéter des lieux communs).

Oeil pour oeil, bit pour bit

Le Pentagone avertit ses adversaires : toute attaque électronique qui a pour but de mettre à genou un réseau ou une infrastructure critique entraînera une réponse militaire de la même manière qu’une attaque sur le sol américain.

Tu me hackes, je te casse...

Voir la suite de mon billet sur Radio-Canada.ca/Triplex

Le chaos qui vient

Il y a de ces phrases prémonitoires que l'on rencontre qui vous résume si bien le désarroi actuel face à la révolution des médias sociaux. Je me permets de donner cette citation sans autre forme de contexte...

Ce que j'appelle une citation uchronique: prendre une citation ancienne et la mettre dans un contexte actuel...
«Vous vous fiez à l'ordre actuel de la société, sans songer que cet ordre est sujet à des révolutions inévitables, et qu'il vous est impossible de prévoir ni de prévenir celle qui peut regarder vos enfants. Le grand devient petit, le riche devient pauvre, le monarque devient sujet: les coups du sort sont-ils si rares que vous puissiez compter en être exempt ? Nous approchons de l'état de crise et du siècle des révolutions. Qui peut vous répondre de ce que vous deviendrez alors ?»
Tiré de «Émile» de JJ Rousseau