ZEROSECONDE.COM: Résultats de la recherche pour astroturfing (par Martin Lessard)

ZEROSECONDE.COM

Impacts du numérique sur la communication, notre société, nos vies.

Messages triés par pertinence pour la requête astroturfing. Trier par date Afficher tous les messages
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Digg.com : noyauté par la droite américaine

Un réseau de conservateurs américains a été pris la main dans le sac à manipuler digg.com pour favoriser les articles en leur faveur. Un autre cas d'astroturfing. Source: Massive Censorship Of Digg Uncovered [alternet]

iPadLes Américains ont le don d'inventer des mots si évocateurs pour des réalités si actuelles que l'on n'ose pas trouver d'équivalent français.

Si «Grassroot» réfère à un mouvement «venant de la base», Astroturfing, du nom des plaques d'herbes synthétiques pour les stades, dit bien ce qu'il veut dire: du «grassroot» synthétique.

L'astroturfing est ce faux mouvement de la base, délibérément forgé pour donner l'impression qu'il s'agit d'un mouvement populaire spontané ("grassroots"). L'astroturfing cherche à forger l'impression qu'il s'agit d'un véritable mouvement populaire. À l'affût de ce qui se dit dans les médias et le web, ils se rendent sur les "lieux" pour "partager" leur voix et le fond passer pour celle du «peuple»

Cette manipulation sert à créer l'apparence d'un public autonome qui réagit démocratiquement. La démocratie implique pourtant que chaque individu ait une voix et une seule. L'astroturfing triche sur ce point.

Quand un mouvement se fonde sur de fausses identités et de multiples comptes, il n'y a pas de démocratie. Malheureusement, les forums ou les plateformes de participation sont souvent victime d'astroturfing.

«Digg Patriots» est le nom d'un regroupement de conservateurs américains qui sévissaient sur Digg pour promouvoir des articles prônant leur idéologie («digg») et enterrant ceux plus libéraux («bury»).

Ils se mettaient à plusieurs pour manipuler les résultats, votant pour un article choisi afin qu'il se retrouve en première page (et enterrant les autres). Un site promu sur Digg.com fait normalement exploser les visites, d'où l'importance d'être «diggué». Se faire «enterrer» correspond à un encéphalogramme plat côté visite.

La fraude à grande échelle laisse des traces

Pour détecter de telles fraudes, un outil statistique peut créer des graphes de clusters des relations: il est facile de voir qu'une minorité fait systématiquement les mêmes gestes. Statistiquement, on verrait les mêmes membres voter pour les mêmes articles de façon répétée dans le temps.

Le graphe montrerait une excroissance où les usagers se retrouvent rattachés ensemble d'une façon trop rapprochée. Ces patterns sont détectables.

Digg.com dit vouloir sortir sa version 4 qui réglerait une partie du problème (il n'y aurait plus moyen d'enterrer (bury) un article). Attendons. Mais ils auraient pu être plus proactifs avant...

L'imputabilité du contenu généré par les utilisateurs

La différence entre une plateforme de réseau social et de une plateforme de vote, c'est l'imputabilité: sur Twitter ou Facebook, quand on publie quelque chose, c'est notre propre réseau qui le reçoit. On peut pousser tout ce que l'on veut, ce sont des membres (friends ou followers), qui sont consentants, qui reçoivent la nouvelle. Il n'y a pas moyen de frauder le système sans spammer son propre réseau --il n'y a aucun intérêt. L'intérêt, c'est de spammer les autres.

La différence ici tient au fait que sa propre communauté offre une certaine garantie de qualité. Les réseaux sociaux induisent une imputabilité de l'émetteur. Il est plutôt difficile de créer une désinformation de masse, car il faut suivre la personne pour recevoir ses messages. Et le fraudeur se ferait vite remarquer...

Autre billet sur le sujet:
Astroturfing : l'usurpation de représentativité
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Astroturfing : l'usurpation de représentativité

Fake PicassoJe viens d'apprendre un nouveau mot (merci Michael Lenczner ) : chez les Américains, le néologisme "astroturfing"(définitions sur Wikipedia et SourceWatch) décrit un projet secret de relation publique qui cherche délibéremment à forger l'impression qu'il s'agit d'un mouvement populaire spontané ("grassroots") . (Astroturf est le nom commerciale de l'herbe synthétique utilisé dans certains stades)

Le but de la manipulation est de créer l'apparence d'un public autonome qui réagit ou promeut un service, un évènement, un produit, une compagnie ou une politique. Notamment via des communications aux journaux, à travers des blogues /forums ou sur la place publique. La mesure du succès est évaluée au nombre de vrais supporteurs qui s'ajoutent de bonne foi au mouvement.

Manip 2.0
La manipulation n'est pas nouvelle et existe depuis que l'opinion publique est devenu une force politique (pensons à la triste Nuit de Cristal en 1938). Son nouveau visage via la montée d'Internet force la suspicion sur tous projets qui se veulent "grassroot" afin d'éviter la manipulation idéologique, gouvernementale ou commerciale.

Les sources de la manipulation en soi sont multiples, et en un sens nous sommes tous, individuellement, manipulés d'une façon ou d'une autre, (et c'est une discussion philosophique qui mérite un billet à part), mais l'astroturfing est une variante du mensonge sur la place publique car il est basé sur une "usurpation de représentativité" et s'apparente à de la désinformation.

Les exemples cités dans les liens plus haut concernent surtout les manipulations gouvernementales. Mais les compagnies me semblent aussi une menace.

Dans une réalité démesurée où l'expérience du monde "de première main" laisse toute la place à des "expériences transmises par des tiers", se faire une idée par soi-même demande l'apport de stratégies nouvelles (dont les autorités cognitives dont j'ai souvent parlé ici).

Propagande anonyme
L'intox, la désinformation des pensées citoyennes, dépasse la simple publicité (qui possède des codes de reconnaissance relativement clairs et fait normalement appel à un contrat explicite entre le public et le marchant) pour entrer dans la domaine risqué de la manipulation des perceptions. Le placement de produit est sur ce terrain instable.

Sur le web l'absence d'identification, via les pseudos, permet ce genre de propagande. Des commentaires laissés sur des blogues, des forums permettent de répandre un point de vue. Seul le recoupement des adresses IP permet de deviner que les "différents" commentateurs sur différents sites proviennent du même ordinateur, ou d'un ensemble d'ordinateurs.

Plus c'est gros, plus on y croit
À un niveau industriel, la technique peut faire frémir. Dans un très long commentaire sur le blog de Bernard Salanié, on décrit un processus pour forger une "communauté de réputation" sur un site très connu de vente aux enchères. Avec un peu de temps et d'argent, il est possible de monter une banque de milliers d'usagers bidons qui se "vendent" et "s'achètent" mutuellement des produits pour "augmenter leur réputation".

Il ne reste plus ensuite qu'à "marchander" le vote d'influence ("je te vends 20 votes positifs pour 1000$") pour "faire monter" dans la communauté celui qui veut brûler les étapes ou tromper le monde.

Pour contrecarrer de tels astuces, il faut beaucoup de temps, donc de l'argent. A ce jeux, les individus seront toujours moins fort que les corporations.

Comment voulez-vous, vous qui allez acheter un bidule sur un tel site d'enchère, vous mettre à passer en revue chaque commentaire d'acheteurs pour "vous faire une idée" de la crédibilité du vendeur? Quand vous voyez 99% de commentaires positifs sur 1000 acheteurs, n'est-ce pas une preuve suffisante? Vous n'avez pas les moyens de vérifier, le coût est prohibitif.

L'empreinte de la fraude à grand échelle
Il y a pourtant un moyen pour déterter de telle fraude. Pour les sites ayant recours à la "réputation" ou tout système de "crédibilisation", c'est simple. Ça demande de la transparence. Ils devraient offrir un outil statistiques supplémentaire aux usagers : en créant des graphes de clusters des relations acheteurs/vendeurs.

Une machination d'usagers bidons devraient apparaître comme une excroissance où les usagers (acheteurs et vendeurs) se retrouvent d'une façon ou d'une autre rattachés ensemble d'une façon trop rapprochée. Éventuellement des patterns pourraient être détectés ou du moins devenir reconnaissable.

L'enjeu des prochaines années
L'enjeu de l'identité (et donc de la représentativité) ne fait à peine qu'émerger comme problématique collective, et il reste beaucoup à faire: à ce jeu Internet est plus un révélateur qu'un cheval de Troie. Sur Internet la suspicion permanente est de mise. Pourtant les récents scandales financiers nous démontre bien qu'il devrait en être de même pour le monde "offline"

Je l'ai écrit l'année passé, je mise sur l'espoir que la nouvelle génération sera davantage un filtre qu'un relais dans leur utilisation d'Internet. Si les marchés sont des conversations, alors il faut connaître avec qui on discute avant de reprendre indistinctement ce qu'il dit. Ou, comme le disent, les anglais follow the money! pour connaître les motivations de nos interlocuteurs.

Image du faux-Picasso par Matteo Miller-Nicolato
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Documents
Follow the Money: Exposing Big Tobacco Front Groups (PDF) un excellent document (américains) pour décortiquer les groupes écrans et trouver qui manipule qui (axé principalement pour les groupes défenseurs des droits des non-fumeurs).
"astroturfing" selon Wikipedia (english)
"astroturfing"selon SourceWatch (english)
"astroturfing"selon JarfonFile (english)
Voir aussi "Agitprop" selon Wikipedia (français)
Astroturfing + pseudonimity + personal broadcasting : les nouveaux visages de la désinformation ?
Modèle de propagande de Chomsky (Wikipedia english)

Culture en péril - les mystérieux commentaires manquants

Trois quarts de million, tel est le nombre de visionnements du vidéo viral Culture en péril dont je suis à la trace depuis 1 semaine. Mais pourquoi les commentaires n'ont pas suivi la même courbe? Étrange...

En cumulant tous les vidéos sur Youtube (et seulement sur cette plateforme), c'est plus de 750 000 téléchargements qu'il y a eu en 7 jours. Vous trouverez les chiffres ici.

Statistiques
Yves Williams m'a transmis les graphiques suivants Merci! Yves suit aussi ce dossier et tout ce qui a rapport au viral internet durant les élections du gouvernement central.

Cumul de tous les visionnements (première semaine)
Culture en péril -cumul 1 semaine
On remarque que le viral commence à ralentir dans sa croissance effrénée depuis quelques jours

Évolution des visionnements par jour (première semaine)
Culture en péril -Evolution 1 semaine
On remarque que le gros des visiteurs l'a téléchargé le vendredi avec un petit regain mercredi. Dans les deux cas, ça correspond à une exposition à l'avant-plan dans les médias traditionnels.

Évolutions de commentaires par jours (première semaine)
Culture en péril -Evolution commentaires 1 semaine
On remarque que les commentaires ne suivent pas les rebonds de visionnements

Et alors?
C'est en comparant les deux graphiques que l'on est saisi par la question: pourquoi effectivement les commentaires ne suivent-ils pas la même courbe que les visionnements?

On pourrait s'attendre à ce que le taux de gens qui "commentent" une vidéo reste égal (disons 1%) qu'importe le moment où il le visionne (au début ou à la fin de la courbe), selon l'hypothèse que la réception du vidéo est indépendante de la volonté de commenter ou non. Dans ce cas, on devrait trouver que les deux courbes se calquent.

Viral en péril
Mais ce n'est pas le cas, et je ne vois que ces trois possibilités:

Hypothèse 1: les visionnements tardifs sont le fait de personnes qui ont déjà vu la vidéo. Ce sont donc des (re)visonnement qui ne comptent pas dans la courbe de visionnement. On pourrait en conclure que c'est un écho et que les personnes qui avaient à commenter l'ont déjà fait. De plus, la hausse de mercredi peut être le fait du lancement de la version longue.

Hypothèse 2: les tardifs sont moins enclins à commenter. Donc le taux serait variable dans le temps. Les plus rapides seraient plus bavards. Il y aurait corrélation entre commentateurs et relais du viral. On peut penser que les plus rapides sont plus habiles dans la communication internet que les tardifs qui sont peut-être plus "consommateurs" que "commentateurs". De plus, il y a toujours une prime à l'ego à écrire parmi les premiers. Les tardifs se disent peut-être bof, tout a été dit...

Hypothèse 3: une horde de veilleurs commentent les vidéos dans l'espoir d'orienter les réflexions. Ce que l'on pourrait appeler l'astroturfing. L'astroturfing cherche délibérément à forger l'impression qu'il s'agit d'un mouvement populaire spontané. À l'affût de ce qui se dit dans les médias et le web, ils se rendent sur les "lieux" pour "partager" leur voix.

In coda venenum
Cette dernière hypothèse est délicate et sensible. Cherchons à nuancer. Une stratégie d'astroturfing est plus vicieuse qu'un viral en bonne et due forme. On prête moins attention à un message "officiel" et "signé"(surtout provenant du parti adverse) et plus de valeur à l’écho populaire, "source de sagesse du sens commun" et "anonyme" et "sans parti pris"

D'où le fait qu'une stratégie d'astrotufing peut influencer davantage de gens.

Premièrement, cette hypothèse demande que l'équipe d'astroturfeurs d'un ou des parti(s), ou plutôt le cluster d'astroturfeurs, soit assez gros et très agile dans ses communications pour agir rapidement. On pourrait penser que le nombre, ici, est trop élevé pour être crédible. Peut-être.

Mais justement, si on imagine ce cluster composé de sympathisants en ligne, ce nombre peut rapidement devenir élevé. Ce cluster n'a pas à être engagé ou requit de passer un message en particulier: un cluster composé d'électrons libres partageant sensiblement la même idéologie peut rester en essaim et provoquer beaucoup plus de dégâts que si chacun était isolé.

Cela demande un minimum de logistique et pratiquement rien de plus qu'une adhérence des membres à se suivre, comme une nième plaie d'Égypte.

Quel serait l'avantage de l'astroturfing?
Outre l'absence de trace de collusion (les communications sont libres entre les membres d'un parti -- il ne s'agit que de le mettre en branle au début des élections), on peut y voir deux choses:

A) Communiquer tôt dans un événement viral permet peut-être d'influencer les "précoces" dans leurs interprétations de la vidéo ou du message. Ces "précoces" sont des plus grands influenceurs car étant au début d'une pyramide de communication dans leur réseau social ils peuvent transmettre à un plus grand nombre leur message.

B) Mais aussi, communiquer tôt permet quelque chose de plus: éviter la polarisation du débat dans un sens ou dans l'autre: il vous est sûrement arrivé d'être dans un forum comme un chien dans un jeu de quilles où vos commentaires sont totalement à l'encontre des idées diffusées. Ici, en permettant un certain équilibrage des voix, ils autorisent "les gens ordinaires" à donner leur voix aussi, sans sentir a priori à côté de la plaque : d’autres partagent leurs opinions.

Dans ces deuxième cas, l'astroturfing permet un certain retour du grassroot en empêchant le débat de s'enliser dès le départ et permet de confronter les opinions.

La quadrature du viral
L'hypothèse de l'astroturfing n'est pas à être rejetée. Mais elle serait dure à démontrer (Gilles Dauphin a montré que les commentaires se répartissaient relativement également des deux côté --avec une nette animosité du côté des pro-coupure dans la culture).

La solution réside à vérifier l'origine de chaque commentaire et savoir si les personnes qui parlent le font en leur nom et si leur présence sur le web est ad hoc (astroturfing) ou établie depuis un certain temps (grassroot).

Pour ça je passe la main à d'autres...

MàJ : Michel Dumais m'a transmis cette belle pensée/ulr: "Derrière la techno, cherchez l'humain! " ;-)
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MàJ: autres de mes billets sur le sujet
Analyse du phénomène
Billet original

Exit Elodie

J'écrivais, il n'y a pas si longtemps : "La crédibilité représente la seule "réalité" dans le monde l'information. Il y a moyen de jouer dans les zones grises. Mais dès que la ligne est franchie, c'est tout le système qui éjecte immédiatement ce corps malade de peur de contaminer irrémédiablement ce qu'il y a le plus précieux : la crédibilité." Voici un cas de figure patent.

Elogie aux yeux vertsLa blogosphère et le monde des journalistes ont évacué en moins de deux Élodie, la blogueuse de droite sur les dessous de la politique. Tout le blogue a été complètement retiré d'internet. Tout? Non, une cache résiste encore à l'effacement.

Soupçonné de ne pas être celle qu'elle dit être, pointée du doigt comme étant peut-être même un collectif à la solde d'un parti politique, elle a plié bagage plutôt que de se montrer. L'anonymat n'est, ici, pas en cause. L'usurpation d'identité l'est. Un cas de figure nommé astroturfing, sur lequel je m'étais penché il y a un an et demi.

Faute et usage de faute
La blogosphère, par essai-erreur, consolide les limites de l'usage des carnets sur Internet. Écrivez ce que vous voulez, mais si vous dites que vous êtes un chat, soyez un chat. Malheur à vous si on découvre (ou même, soupçonne) que vous êtes un chien. Sur la blogosphère, c'est une faute impardonnable.

La crédibilité, dans le système de la blogosphère et journalistique, est trop fragile pour laisser planer le doute d'une manipulation des perceptions.

Toxine
Le but d'une manipulation est de créer l'apparence d'un blogueur autonome qui réagit à ou promeut une idée ou soutient une politique. L'intox, la désinformation des pensées citoyennes, consiste à laisser flotter l'idée d'une pensée "grassroot", considérée, particulièrement dans la blogosphère, comme étant plus "sincère". Donc plus virulent dans son influence auprès des autres citoyens.

La disparition du site d'Élodie est à ce prix.

Notez aussi ce fait significatif
Le travail final pour débusquer l'imposture a été fait par un journaliste des médias "trad", basé sur des indices provenant de la blogosphère. S'il y avait besoin d'une preuve de l'interdépendance nouvelle des sphères, elle toute trouvée. Mais notez bien tout de même que c'est la publication de l'article qui a fait fermer le blogue. Question de bien se souvenir des rapports de force.

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Pour remonter le fil de l'histoire:
(19 sept)Qui est Élodie Gagnon Martin ? Par charitybernhard
(28 sept)Les dessous d'un mystérieux blogue adéquiste. Par Antoine Robitaille (le Devoir)
(28 sept)Apprendre à lire entre les lignes d'un blogue politique. Par Mario Asselin (Opossum)
(28 sept)Élodie Gagnon-Martin : un blogue « clé en main »? Par Renard Léveillé
(28 sept)« Élodie Gagnon-Martin » payé(e) par l’État? par Un homme en colère
(28 sept) En dessous du masque d’Élodie Gagnon-Martin : une créature de l’ADQ !?! Par RadiCarl.net
(28 sept)La mystérieuse blogueuse adéquiste cesse ses activités. Par Antoine Robitaille (le Devoir)
Pour ceux qui n’ont pas eu l’opportunité de consulter le blogue d’Élodie Gagnon-Martin, voici quelques extraits (par Plume Souverainiste)
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Ajout du 2 octobre: un RIP d'Antoine sur le cas Élodie avec une belle brochette de citations.
Et ne manquez pas jeudi entre 13h00 et 14h00 sur CIBL 101,5 l'émission de Michel Dumais, Citoyen Numérique, où je parlerai de l'affaire Élodie avec Gilles Dauphin et Antoine Robillard.
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La confiance comme prochain eldorado

"Si je me projette dans 20 ans, je dirais qu’il n’existera plus d’institution bancaire telle que l’on en connaît actuellement. La plupart de leurs fonctions seront alors prises en charge par des systèmes de courtage en ligne ou électroniques. " Stephen Prentice, vice-président et analyste au cabinet d'études Gartner, sur Vnunet.com

"Des systèmes ouverts du type eBay, où chaque individu bâtit son propre niveau de confiance, ont tout lieu de remplacer le système existant".

"(...) des centaines de millions d’internautes effectuent des transactions sur eBay avec des individus qu’ils ne connaissent pas. Cette confiance est basée sur la transparence même du système. Il suffit de consulter les évaluations des autres visiteurs pour s’en faire sa propre opinion."

Il intéressant d'imaginer qu'une des cultures de l'internet, la reconnaissance des pairs puisse faire trembler des institutions comme les banques. Non pas qu'elles vont disparaître (je ne vais pas, même dans 10 ans, transiger 15 milliards de dollars sur Paypal, parce que mon correspondant a 15 étoiles de plus dans son karma), mais elles risquent de perdre effectivement un territoire qu'elle occupe mal et dessert peu: le micropaiement, les services financiers entre individus ou petits groupes.

Monnayer la réputation
"La sécurité est là pour maintenir la confiance et la réputation de l’organisation. EBay est un agent de confiance. Ils sont parvenus à construire un environnement qui me permet en tant qu’individu d’effectuer des transactions et de bâtir mon propre niveau de confiance vis-à-vis des autres individus",
continue d'analyser Stephen Prentice.

La sécurité technologique mais aussi algorithmique. Voir mon billet sur l'astroturfing, l'ursurpation de la représentativité.

"Nous assistons d’ores et déjà à l’émergence de systèmes similaires à eBay qui mettent en relation des microprêteurs avec des microemprunteurs (...) Des services comme eBay ou dérivés d’eBay pourraient tuer l’industrie financière. Car en effet, pourquoi utiliser les services d’un intermédiaire tel qu’une banque ou une bourse quand on a la possibilité de traiter en direct ?" , s'interroge Stephen Prentice.

Pourquoi? mais parce l'intermédiaire ne disparaîtra pas! Le système est un tiers! Comme la banque. Mais le jour où le correspondant du système avec ses milliers d'étoiles disparaîtra dans la brume, vous seul tomberez. Et si le système offre des garanties de protection, il deviendra de facto une institution financière.

C'est sur cet équilibre de risque que l'émergence d'un marché de la confiance émergera pour prendre sa place dans le marché financier à côté des banques...

Deplacement de la confiance

Les consommateurs semblent en avoir marre. La "crise" actuelle des mass-médias traditionnels découle de l’effritement d'une croyance culturelle : une information sur un événement ne s'altérait pas tout à fait dans sa transmission. Expliquons.

Pourquoi Bloguer dans un contexte d'affairesIl faut comprendre que la transmission elle-même de l'information doit être "invisible", selon cette croyance, afin de préserver "le sentiment qu'événement et information sont une et même chose" [1].

La télé use abondamment de cette croyance. La dernière mutation en cours insiste lourdement sur cette facette : la télé-réalité. Ce que vous voyez pourtant, dans ces télé-réalités, ce sont des réalités maquillées.

Objectif l'Une
La légitimité des institutions médiatiques traditionnelles a diminué à coups de suspicion permanente. Jouant sur le mot "objectif" les caméras de télévision ne donnent plus à voir le monde, mais un spectacle.

La Une des journaux populaires ne laisse place à aucun doute à ce sujet. La Une est là pour séduire.

Les barbares aux portes de Bernard Derome
Le pouvoir transactionnel de l'information se déplace depuis l'arrivée des blogs/vlog/podcast sur le terrain profane et acquiert (ou perd, c'est selon) son aura "majestueuse": tout le monde peut communiquer, tout le monde a le droit de divulguer sa version des faits. Les blogues ont permis à une multitude de gens d'exprimer leurs points de vues

Nous entrons semble-t-il dans une société où la vérité perçue ne peut plus se limiter à la capture directe par les instruments d’enregistrement d’institutions légitimantes, activités autrefois monopolistique des journalistes.

Il s'agit d'un déplacement d'acceptation de la crédibilité : on ne peut pas truquer 1000 images de 1000 sources différentes. Il semble désormais que des récits "incarnés", plus "humains" et qui dépassent les simples traces figées nous permettent d'expérimenter de façon multiple la réalité.

Influenceurs en vues
Ce transfert n'est pas nécessairement un gage de vérité[2]. Mais comme les règles du jeu sont en train de changer, il est normal de voir émerger de nouveaux influenceurs. Particulièrement dans la blogosphère.

Ces influenceurs qui transcendent parfois leur institution (Arpin, Lagacé et Pisani sont "indépendants" de leur 'journal') ou qui émergent comme des outsiders dans certaines niches (Leblanc, Asselin, Crouzet ou LeMeur), créent un espace nouveau où la subjectivité est admise et où le public en redemande : ces influenceurs ont un rayonnement moral et intellectuel, une autorité en tant que pouvoir social.

Maintenant, les blogueurs, jouant sur le mot "subjectif", donnent à voir un monde incarné dans une vision humaine, comme un sujet et non comme un consommateur.

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Pourquoi Bloguer dans un contexte d'affairesJ'explique comment "bloguer pour influencer" prend racine dans ce déplacement de la confiance chez les consommateurs dans le collectif "Pourquoi bloguer (dans un contexte d'affaires)" qui sortira bientôt. Il est actuellement en prévente et je me me ferai un plaisir de vous le dédicacer.


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[1] Weissberg, Jean-Louis, La crise fiduciaire des médias de masse, 2006, Site : Multitude Web,
[2] Lessard, Martin,Astroturfing : l'usurpation de représentativité, 2006, Site : Zéro Seconde
Photo Agoasi
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Lire aussi:
Vint Cerf, aka the godfather of the net, predicts the end of TV as we know it (Gardian, 27 août 2007)
Hubert Guillaud, La technologie va-t-elle sauver la télévision ? (Internet Actu, 30 novembre 2005)
Cyril Fievet, Télévision 2.0
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Par où commencer?

Grand cercleUn blog est un fourre-tout, classé par date, ce qui est le pire des classements pour le lecteur. Voici un classement raisonné de mes meilleurs morceaux...(à consommer à petites doses)

Zéro Seconde: liste partielle (et partiale) de mes meilleurs textes

(dernière mise à jour: 22 Août 2007)


Web 2.0, le déplacement de l'usage d'Internet
Les blogs et les médias

Comprendre les blogs, les carnets et les blogues

Décryptage de la blogosphère
L'autorité cognitive sur Internet

J'ai commencé à baliser le terrain pour démarrer une recherche sur l'autorité cognitive en vue de faire éventuellement des études au doctorat.
Gestion de la connaissance et l'Extreme KM
Tendances
Le RSS

Les moteurs de recherches déforment la réalité du monde
Une série de billets sur l'intelligence artificielle (2004)
  1. Pourquoi je crois que l'intelligence artificielle ne peut se bâtir sur des syllogismes.
  2. Comment sa complexité recèle encore de nombreux défis.
  3. Goedel et le web sémantique.

Inclassables

Politique en cybérie

La campagne électorale québécoise est lancée. Et Internet, à l’heure de ce qu’il est convenu d’appeler le web 2.0, semble devenir un vecteur de communication non négligeable. Mais les questions qui se posent ici ne sont pas de savoir si la cyberdémocratie est à nos portes, mais si Internet va se plier aux règles du «monde réel».

"Internet a beaucoup évolué depuis la campagne de 2003. Pour le citoyen, internet, ce n'est plus seulement pour chercher de l'information : c'est maintenant un moyen de diffuser de l'information. Nos règles ne sont pas nécessairement adaptées à toutes les situations. "

Voilà ce que le Directeur général des élections admet via son porte-parole (Source Paul Cauchon dans le Devoir d'hier : Internet inquiète le DGE ).

Web 2. Élection 0
Un peu maladroit comme formulation : Internet n'a pas fondamentalement changé, c'est son usage qui a changé. Il ne faut pas prendre le 2 de web 2.0 à la lettre. Le citoyen a toujours eu le moyen de diffuser de l'information; mais aujourd'hui, clairement, il lui est plus facile de le faire qu'auparavant. Pour deux raisons :
  1. Les outils mis en place par des corporations ont facilité grandement l'auto-publication pour le grand public (plateforme blogue, commentaires, wiki, espace perso).
  2. La masse critique de contenu provenant de la base (user generated content) offre une qualité suffisante pour concurrencer les grands groupes de communication.
La vraie raison, c'est que l'on ne commence à prendre au sérieux Internet qu'aujourd'hui.

Que les règles du DGE ne soient pas adaptées, j'oserais dire qu'il fallait y penser avant. Le rôle crucial du DGE est de surveiller les dépenses des partis pour faire respecter une certaine idée de la démocratie (personne ne veut revenir à une oligarchie de riches manipulant l'opinion publique avec leur sac de billets verts).

Aux blogues, citoyens!
Mais que faire des blogues politiques alors? Est-ce une dépense électorale admissible et répertoriée? S'agirait-il de "l'équivalent des lettres aux lecteurs" comme l'avance le DGE. Pourquoi pas? J'avais auparavant avancé que le billet d'un carnet est un courriel à tous. On aurait donc tous le droit d'écrire au "journal mondial".

Serait-ce une façon de minorer l'impact des blogues? Inutile de la faire, car au Québec, comme le dit Patrick Lagacé et Hou-Hou, "la blogosphère québécoise n'est pas rendue "là". Pas au niveau d'organisation et de maturité de la blogosphère américaine, par exemple".

Caisse occulte (de résonnance)
Peut-être qu'aucun blogue ne pourra rivaliser avec la machine médiatique traditionnelle, mais peut-être aussi que la blogosphère québécoise, dans son ensemble, sera une grosse caisse de résonnance pour faire percoler de l'information.

La loi régit seulement le contrôle des dépenses (qui a une incidence sur la quantité de pancartes ou des dépliants imprimés par exemple) mais contrôle-t-elle la reproduction "sans coût" des idées ou du programme? J'ai aussi souligné le rôle de relais des blogueurs: reprendre des extraits d'un site ou d'un message et les republier sur son blogue est une pratique courante. Considère-t-on son temps comme relié à une activité électorale. Dur à prouver en tout cas.

Politique pull versus politique push
Mais il ne faut pas oublier une chose : le médium Internet est un média pull. On ne pousse pas l'information, on vient la chercher. Le blogueur le plus politisé qui soit risque de n'attirer que des convertis. Et de toute façon, les sites (non-blog) partisans ont depuis le début existé: le contenu est là, sous forme de blog ou non. Car il n'y a plus besoin d'écrire à l'heure de youtube (via Patrick lagacé). Alors où est la différence avec une campagne Internet ?

Des notions d'espace média, de temps d'antenne ou d'argent dépensé ne tiennent plus. Un vidéo viral qui atteint 1 million de personnes n'est pas la même chose qu'une pub qui rejoint le même nombre de téléspectateurs. La définition d'une publicité me semble inclure l'idée de push. Et c'est ce que le DGE contrôle : les médias push.

Seconde vie
Mais que faire de la caisse de résonnance dont je parlais. Quand on voit ce que Sarkozy fait sur Second Life, on voit bien que ce serait moins pour faire des débats par avatars interposés que pour se faire parler de lui. Et la caisse de résonnance de se mettre en marche pour faire du bruit médiatique pour lui. Une seconde vie pour propulser son brand... gratuitement.

Est-ce que la construction d'un lieu virtuel fait partie des dépenses électorales? La production de ces communications devrait être comptabilisée. Mais pas leur diffusion, mixage, remixage, syndications, spin-off, détournement, citation, copie. On ne contrôle pas un mème. Mais si un élu se présente au débat virtuel, il y a lieu de comptabiliser la dépense...

Si le DGE s'entoure bien, il pourra réussir à trouver les bonnes balises. Pour l'instant, la partie est encore simple. Le débat sera vraiment plus corsé quand des équipes de professionnels, pour le compte d'un parti, réussiront à faire l'astroturfing pour modifier l'opinion publique de façon tout à fait "cyberdémocratique"...